Mouvement des Focolari
Meeting des jeunes : Omar, ambassadeur de paix

Meeting des jeunes : Omar, ambassadeur de paix

OmarAbouBaker« Que la paix soit avec vous » lance Omar Abou Baker. Omar est ambassadeur de paix depuis 2016, depuis que le Forum Mondial de la paix pour les jeunes, qui s’est déroulé au Caire, l’a nommé, ainsi que 47 jeunes et tout jeunes (de 8 à 23 ans) pour représenter l’Égypte. Ils sont musulmans et chrétiens, et travaillent ensemble. “Je fais partie de la chorale Héliopolis du Caire, qui a été créée avec l’objectif de diffuser une culture de paix. L’année dernière nous avons organisé une fête pour la journée internationale de la paix. Pour la première fois nous nous sommes présentés à plusieurs ambassades pour leur expliquer qui nous sommes et quel est notre but. A travers nos spectacles nous avons transmis le désir de construire la paix sur notre terre à un vaste public, où se trouvaient des ambassadeurs, des acteurs, des chanteurs et des personnes bien connues. ». Durant le Ramadan, mois sacré pour le monde musulman, où l’on jeûne dès les premières lueurs de l’aube jusqu’au coucher du soleil, les ambassadeurs ont organisé un dîner pour 400 personnes indigentes. Chacun a mis la main à la pâte selon ses propres talents, pour procurer de la nourriture, animer la soirée avec des chants, des poèmes, des danses, des jeux, maquiller les enfants. Mais surtout, ils se sont engagés à construire des rapports interpersonnels. “Avec d’autres organisations nous avons réussi à organiser un marathon pour athlètes handicapés. Leur vie représente un défi continuel. Pendant l’événement, chacun des ambassadeurs s’est occupé d’un aspect : la chorale a présenté des chansons pour célébrer leurs succès, d’autres par contre, ont travaillé sur la présentation, fait des photos ou organisaient quelques activités et laboratoires. A l’occasion de la Journée Nationale pour les orphelins, les enfants ont chanté avec leur chorale. Ce fut pour eux une expérience fondamentale, parce qu’en s’exprimant à travers la musique ils ont pu développer une plus grande confiance en eux ». « Je crois que la paix est un concept très élevé, que seules atteignent les personnes qui font tous les efforts possibles pour qu’elle se réalise. Parce que la paix n’est pas seulement un mot à l’intérieur d’un article ou d’une chanson. Il s’agit d’un effort commun qui devrait se fonder sur un ensemble de valeurs à vivre en commençant par soi-même : justice, tolérance, aide aux autres. Le seul moyen de construire un monde de fraternité et de paix est l’amour en acte. Si je suis aujourd’hui ici – conclut Omar – c’est pour témoigner par mes paroles et ma vie que la paix est possible si je commence par moi ».

Angola : le courage de pardonner

Angola : le courage de pardonner

Angola-a«Mon frère était né le 12 mars 1995 dans la ville de Bié, au sud de l’Angola. C’était un enfant joyeux, il aimait la nature, monter dans les arbres, cueillir les fruits et les apporter aux autres. Il était vif et actif et avait commencé très jeune à travailler. A l’âge de 15 ans, il a commencé à atteindre ses objectifs. Ne voulant pas peser sur ses parents, il a commencé à travailler comme aide maçon. Puis à 16 ans, comme mécanicien de moto et de vélo.  Il rêvait de devenir médecin pour pouvoir aider les gens, comme notre père. Oui, parce que je suis en train de vous raconter la vie de mon frère. Il y a deux ans, avec trois de ses amis, ils sont allés à la mer. Alors qu’ils rentraient à la maison, ils ont été surpris par les policiers. A cette époque-là, il y avait beaucoup de tensions en ville, beaucoup de violence. Afin de la contrôler, la police avait décrété un couvre-feu : tous ceux qui étaient dans les rues après 18 heures devaient être arrêtés. C’était une façon de faire peur aux délinquants et de tranquilliser la population. La plupart des personnes cependant, n’avaient pas été encore averties de cette décision qui n’en était qu’à son premier jour d’application. Parmi celles-ci, mon frère et ses amis qui se sont tout simplement trouvés au mauvais endroit au mauvais moment. Mon frère, pris pour un délinquant, a été arrêté. Le temps passait et il ne rentrait pas à la maison. Angoissés, nous avons été le chercher partout : dans la famille, dans les hôpitaux, en prison, à la plage où il était allé. Mais aucune trace de mon frère. A la fin, un oncle nous a proposé de le chercher dans le dernier endroit où nous aurions voulu aller : la morgue. Son corps était là. Il avait seulement 20 ans et tout le futur devant lui. Cela a été un moment très dur, une très grande souffrance pour notre famille. Vues les traces sur son corps, on comprenait que les policiers avaient été très cruels avec lui et qu’il avait souffert terriblement avant de mourir. Cette tragédie a provoqué une profonde crise, en particulier chez mon père. Lui qui avait choisi de travailler pour sauver des vies humaines, se trouvait maintenant devant le drame d’un fils qu’il n’avait pas pu aider… Je connaissais la spiritualité du Mouvement des Focolari depuis longtemps, et j’essayais de mettre l’Évangile concrètement en pratique. Dans le fait de me donner aux autres, j’avais trouvé une plénitude de vie. Mais avec la mort de mon frère, est né en moi un sentiment de haine envers les policiers qui avaient commis cette atrocité. La douleur creusait en moi un vide impossible à combler. J’ai été longtemps tourmentée intérieurement : dans mon for intérieur, je sentais cependant  qu’un processus de pardon se mettait peu à peu en route. Mais cela n’a pas été facile. Seulement Dieu pouvait remplir ce vide et rendre mon cœur capable de miséricorde. Au cours de ce processus, l’amour de la communauté des Focolari dans ma ville a été fondamental. Je me suis sentie aimée, écoutée et aidée par tous. J’ai ainsi trouvé en moi la force de pouvoir faire ce choix. J’ai redécouvert le don de la paix en la reconstruisant tout d’abord en moi-même. Jusqu’à arriver à regarder chaque policier avec, dans les yeux et le cœur, plein de miséricorde.»

Rome : le « Village de la Terre »

Rome : le « Village de la Terre »

20170429-04La colline du Pincio est un balcon privilégié qui donne sur la ville de Rome. De sa célèbre terrasse on jouit d’une vue imprenable. Mais du 21 au 25 avril une foule en fête a pris la place du panorama pour en devenir l’acteur indiscutable : les participants au « Village de la Terre », manifestation organisée par Earth Day et le mouvement des Focolari dans le cadre de la Villa Borghese, véritable centre et poumon vert de la capitale. 130 000 visiteurs, familles, enfants, jeunes, citoyens de passage, mais aussi des ministres, des personnalités connues de la vie économique et culturelle, des cardinaux et divers responsables de différentes religions. Cinq jours d’événements, de rencontres institutionnelles, de forum à thèmes, de cours, de spectacles (même des big de la musique), un village des enfants – dans le contexte des célébrations mondiales sur le thème de l’écologie et le respect de l’environnement – qui ont attiré même des touristes qui par bandes se promenaient, sous un soleil complice des jours de fête. Dans le Village de la Terre, le mouvement des Focolari a trouvé, déjà l’an dernier, l’endroit idéal où réaliser une de ses manifestations les plus significatives, la Mariapolis : une ville temporaire mais effective, où les habitants reprennent la décision de vivre la Règle d’or qui invite à « faire aux autres ce que tu voudrais qu’on te fasse à toi-même ». « Cette règle est pour nous le cœur vivant de l’écologie intégrale », expliquent les organisateurs de la manifestation, qui ont eu l’an dernier la visite inattendue du pape François. Concept repris par le Cardinal Parolin, Secrétaire d’Etat du Vatican, pendant la messe célébrée au Village : « La flamme qui pousse vers Dieu » équivalant à une « flamme qui se tourne vers nous-mêmes, dans sa partie la plus vraie, la plus profonde, la plus essentielle (…). Une attitude nouvelle vis-à-vis de la  création, le développement d’une écologie intégrale vécue avec joie et authenticité à l’exemple de St François d’Assise ». 20170429-01Nombreux ont été les sujets abordés. Un thème particulier a été celui de l’Économie de Communion. Il se base sur un concept de marché qui dépasse les logiques du capitalisme sauvage, préférant penser l’économie comme instrument d’humanisation des rapports. L’Économie du Village. La Communauté et les Entreprises, animée par l’économiste Stefano Zamagni. Etape d’un parcours de formation qui a proposé aux participants – citoyens et opérateurs économiques et culturels – un espace de partage d’idées, d’expériences et de projets basés sur paix et économie. Binôme qui aujourd’hui semble irréalisable, vu que derrière chaque conflit, et même derrière les migrations de milliers d’exilés, se cachent d’énormes intérêts financiers. Il existe pourtant – et au Village nous les avons vus – des économistes et des entrepreneurs qui ont fait le choix, à contrecourant, de construire des entreprises qui produisent des bénéfices qu’ils destinent, en partie, à alléger des situations de pauvreté. Dans le panorama actuel, on trouve des réponses concrètes qui donnent espoir. Autre thème central, le dialogue interculturel et interreligieux. Le témoignage provenant de Fontem par Maria Bencivenni et Martin Nkafu a été significatif. Dans le petit village du Nord-Ouest du Cameroun, au fin fond de la forêt équatoriale humide, se trouve l’hôpital Mary Health of Africa, fondé par les focolarini en 1966. En raison d’une haute mortalité infantile, le roi du village avait demandé de l’aide. En réponse, les Focolarini avaient envoyé des médecins, des infirmières, des ingénieurs civils, et des techniciens, ouvrant ainsi une histoire extraordinaire d’amitié et de vie harmonieuse entre chrétiens et fidèles de religions traditionnelles, européens et africains. Foto Flora fotografiaLivia Turco, plusieurs fois députée et Ministre de la Santé, ainsi que Béatrice Lorenzin, actuelle Ministre italienne de la Santé, avec Vittorio Pelligra, professeur en Économie, ont présenté le volume « Fidélité créatrice. Les défis de l’actualisation d’un charisme » de Jesús Morán, actuel coprésident du mouvement des Focolari. Un échange sur politique et charismes, deux sujets apparemment éloignés, au point que Chiara Lubich elle-même avait défini la politique, instrument par excellence apte à répondre aux besoins et aux défis d’aujourd’hui, l’ « amour des amours ». Fidélité créatrice : idéalité et concret, nouveauté et fidélité. Un défi identitaire, dans tous les milieux. « Fidélité créatrice signifie ne pas avoir peur de regarder en face les changements, mais en même temps rester solidement ancré dans ses propres principes et valeurs. Ce n’est pas facile sur cette terre mondialisée de construire un monde d’équité et de justice sociale – a affirmé L. Turco – C’est un défi énorme et difficile ». Un  message de paix a été lancé le dernier jour. Alors que les enfants participaient au laboratoire Jouons ensemble pour la paix afin d’apprendre les différences que l’on rencontre entre les religions chrétienne, juive, musulmane et bouddhiste ainsi que les différents lieux de culte, et une mosaïque faite de mots à peine appris, sept femmes de cinq religions différentes ont donné vie à un panneau « Mère de la Terre », table ronde de dialogue interreligieux sur la protection de l’environnement vue par les religions. « Les femmes – a déclaré Franca Cohen, présidente de la communauté juive Beth Hillel – de par leur nature savent ce que veut dire s’occuper et protéger une graine pour qu’elle puisse devenir un être sain et harmonieux. Par le dialogue entre les différentes cultures et croyances religieuses elles peuvent surmonter la peur de la différence et œuvrer en synergie pour honorer l’œuvre de l’unique créateur ». « Selon notre tradition – a ajouté Lilamaya Devi, de l’Union Hindouiste italienneDieu se repose sur les pierres, respire avec les arbres, dort avec les animaux et se réveille en l’homme. Les religions ont une fonction très importante, celle de rappeler à tout le monde le lien profond avec la Terre ». « La nature – Mervat Kelli, syrienne, syro-orthodoxe – est un sanctuaire qui nous enseigne le rapport réciprocité que nous devons entretenir et comment vivre en profonde harmonie ». Le Village pour la Terre a fermé ses portes et ouvert de nombreux cœurs. Les participants sont rentrés en s’immergeant dans la réalité métropolitaine, décidés à vivre pleinement en communion avec leur environnement et l’humanité qui se trouve autour d’eux.  

Côte d’Ivoire : un prêtre en bicyclette

Côte d’Ivoire : un prêtre en bicyclette

Beda BaumgartnerEn 2010, j’ai été envoyé dans la paroisse de Sainte Marie, dans les environs de Man, capitale de la Côte d’Ivoire. A ce moment-là, je ne connaissais pas les traditions et la culture africaines. J’ai tout de suite été touché par la force et la vitalité de ces personnes, malgré la grande pauvreté et les conséquences désastreuses de la guerre. Avec le temps, j’ai appris à reconnaître la peur ancestrale par rapport aux blancs. Pour moi, prêtre d’origine suisse, il ne s’agissait pas de distribuer des aides économiques, mais de me mettre profondément à l’écoute. Ce que je pouvais offrir, c’était moi-même, mon entière disponibilité, l’absence de prétentions. J’habitais dans la Mariapolis Victoria, citadelle du Mouvement des Focolari, près de Man. Je partais de là chaque matin à vélo, vers mon quartier, j’allais à la rencontre des personnes dans les magasins, les bureaux, les rues. Je saluais tout le monde, en passant dans les ruelles, et m’arrêtant pour parler, en essayant parfois d’apporter la paix au milieu d’une bagarre. Je portais une attention particulière aux enfants : je parlais et je jouais avec eux et si quelqu’un n’était pas bien, je l’emmenais au dispensaire de la citadelle. Je faisais aussi la même chose avec les parents et la famille. Pour cette raison, presque tous les enfants de la paroisse ont appris à me connaître et à me présenter à leur tour  aux adultes. A l’occasion des fêtes, je traversais avec eux le quartier pour souhaiter les vœux aux familles chrétiennes et musulmanes. J’ai ainsi pu faire amitié aussi avec l’Imam et avec les pasteurs d’Églises évangéliques. Un jour, un jeune de la paroisse m’a accosté, il voulait faire quelque chose pour les jeunes des villages, qui à cause d’un malentendu avaient décidé de ne plus fréquenter l’Église. Dans le but de les soutenir pour leurs voyages, je les ai encouragés à faire de petites activités : un geste d’auto-financement très apprécié également par l’évêque. Dans les onze villages dans lesquels nous nous sommes rendus, les jeunes du lieu, après avoir été sensibilisés, se sont mis à visiter les malades et les personnes âgées. Au cours de l’Année de la Miséricorde, avec les habitants de la Mariapolis Victoria, nous avons soutenu l’évêque dans les projets du diocèse, en accueillant une rencontre avec les chefs selon la tradition, les pasteurs des églises évangéliques et les Imam. La marche pour la fraternité entre les peuples, qui a traversé toute la ville, s’est terminée dans la citadelle. J’ai également remplacé pour une période, l’aumônier de la prison civile. Pendant les célébrations, j’essayais de souligner l’importance de mettre en pratique l’Évangile. Parfois, d’autres personnes m’accompagnaient afin de donner leur témoignage. Ces célébrations se déroulaient sous un préau, dans une cour, au milieu d’une grande confusion. J’ai donc apporté un haut-parleur, en les invitant à l’utiliser aussi lorsqu’ils faisaient d’autres activités. J’ai su par la suite qu’ils l’avaient prêté aux musulmans, et que l’Imam avait été touché par cet acte de générosité, qu’il avait qualifié de ‘’typiquement chrétien’’. Avant mon départ, ils ont voulu organiser une fête pour me saluer, la direction de la prison était aussi présente. Et ils m’ont dit :’’Tu as mis en pratique ce que tu as prêché’’.

“Fazenda de la Esperança” en visite chez les Focolari

“Fazenda de la Esperança” en visite chez les Focolari

P1730766_panorama_neu L’amitié des Focolari avec  Fazenda da Esperanca  remonte à plusieurs années, lorsque la première « Fazenda » voit le jour. On est en 1983 : Nelson Giovanelli, un jeune brésilien de la ville de Guaratinguetà (dans l’arrière-pays de Sao Paulo), rentre en contact avec un groupe de jeunes toxicomanes, poussé par les paroles de l’apôtre Paul : « Je me suis fait faible avec les faibles… ». Un des jeunes se sent concerné et demande de l’aide pour sortir de son addiction à la drogue. Beaucoup d’autres le suivent. Nelson connaît et vit la spiritualité de l’unité de Chiara Lubich. A ses côtés Hans Spatel, un franciscain allemand, soutient son initiative dès le début. L’œuvre naissante va donc se développer et repose sur ces « deux charismes », comme l’a souligné le pape émérite Benoit XVI lors de sa visite à la communauté de Pedrinhas au cours de son voyage apostolique au Brésil en 2007 : le charisme de l’unité de Chiara Lubich et celui de la pauvreté de St François d’Assise. Dimanche 23 avril 2017: un groupe de 60 personnes, des jeunes et des adultes, visite le Centre international du Mouvement des Focolari, à Rocca di Papa (Italie). Ils viennent pour la plupart du Brésil, mais il y a aussi des représentants d’autres pays latino-américains comme l’Uruguay, l’Argentine, le Paraguay et le Mexique ; l’Allemagne et la Suisse ; l’Angola et le Mozambique, et les Philippines. Leurs quatre fondateurs sont avec eux : Frère Hans Stapel, Nelson Giovanelli Rosendo dos Santos, Lucilene Rosendo, Iraci Leit, ainsi que leur conseil général pour l’Europe. P1730720“Le but de ce voyage – explique Frère Hans – est de faire connaître en Europe l’expérience de la Fazenda. Offrir cette possibilité d’aide aux jeunes qui aujourd’hui souffrent de l’esclavage des addictions. Nous irons en Italie, mais aussi  en Suisse, en Allemagne, en France, en Pologne et au Portugal, c’est-à-dire dans les Pays où des Fazendas sont présentes et où ces 60 personnes donneront leur témoignage. Chez nous elles ont découvert une vie nouvelle et c’est pourquoi elles ont décidé d’entreprendre, pendant trois mois,  une expérience missionnaire et d’évangélisation en Europe. Elles ont fait un gros effort pour payer leur billet d’avion, un signe concret de leur témoignage vécu dans la gratuité ». Pourquoi vous rendre au Centre du Mouvement des Focolari? « Parce que c’est notre grand désirrépond Nelson Giovanellide leur donner l’occasion de connaître les origines du charisme dans lequel s’enracinent les Fazendas ». Et de rappeler ensuite sa lettre écrite à Chiara Lubich en 1990, où il lui fait part de son appel à aimer « Jésus abandonné dans les personnes victimes de la drogue ». Chiara l’encouragea à suivre cet appel de l’Esprit. Aujourd’hui on compte 124 Communautés de Vie réparties dans diverses régions du monde. Elles accueillent plus de 3000 jeunes décidés à se libérer de l’addiction à la drogue, à travers une redécouverte personnelle de la dignité et des valeurs de la vie. En Europe il y a 14 Fazendas et au cours de ces mois quatre autres seront inaugurées (en France, Pologne et Italie). P1730754Dans les “Fazendas de l’Espérance”, des personnes se dédient  volontairement et s’engagent gratuitement au service des jeunes. Elles  forment ainsi  la communauté de la « Famille de l’Espérance ». « Mon père était alcoolique, il ne croyait pas en l’amour… – raconte Priscilla, une jeune argentine -. Quand j’ai découvert la Fazenda et que je m’y suis engagée comme bénévole, j’ai retrouvé la relation avec lui, après quinze ans d’éloignement. Je lui ai pardonné et petit à petit il a cessé de boire. Le pardon pour moi c’est tout, il résume ma vie : Dieu, je le trouve dans l’amour que je donne ». Jesús Morán, coprésident des Focolari, leur a transmis les salutations de Maria Voce et les a remerciés pour leur témoignage de vie évangélique. Il leur a souhaité à tous « d’être toujours proches des personnes qui souffrent, de Jésus abandonné, afin que “tous soient un”, en commençant par les plus délaissés ». Leur séjour en Italie prévoit la visite de la ville de St François et de la Cité pilote internationale de Loppiano, où ils participeront au Meeting « Pulse » ainsi qu’au rendez-vous festif des jeunes le 1er mai.

Le printemps de la famille

Le printemps de la famille

Family Highlights_LebanonChaque année, le printemps commence avec quelques jours d’avance par rapport au calendrier, pour qui se souvient de Chiara Lubich. Le 14 mars est un bouquet complet d’initiatives et rendez-vous, partout dans le monde, avec des caractéristiques et tonalités diverses, pour rappeler la fondatrice des Focolari, le jour de sa mort, ou mieux, de sa naissance au ciel, survenue en 2008. En 2017, cette récurrence particulière et sincère s’est croisée avec une autre, le 50ème anniversaire de la fondation de Familles Nouvelles, la branche du mouvement qui comprend 800 000 familles de tous les continents qui se proposent de vivre la spiritualité de l’unité et irradier, dans leur environnement, les valeurs de la fraternité universelle. Chiara Lubich et la famille, un binôme puissant. Mis en évidence par l’attention particulière et par l’accent juste donné par la fondatrice à un « dessein audacieux, magnifique, exigent », dont « les valeurs immenses et très précieuses, projetées et appliquées à l’humanité, peuvent la transformer en une grande famille ». « Là, devant vous, il me semble voir Jésus qui regarde le monde, regarde les foules, et en a pitié – avait déclaré Chiara Lubich durant l’historique discours de fondation de Familles Nouvelles, le 19 juillet 1967 – parce que de toute cette partie du monde, j’ai mis sur vos épaules celle qui est la plus abîmée, la plus semblable à Jésus dans son abandon. (…) Cette pitié n’est pas restée dans le plan sentimental, mais s’est transformé en œuvres. » Family Highlights_bDes œuvres qui sont visibles aujourd’hui: initiatives culturelles, soutien aux mineurs, séminaires pour familles, aide aux séparés, projets sociaux et éducatifs qui mettent en lumière la valeur anthropologique et universelle de la famille à l’interne de la grande « famille humaine ». La concrétisation est typique de cette « première cellule » de la société, qui a été fortement soulignée aussi dans les deux Synodes sur le thème (2014-2015) dont les contenus sont présents dans l’exhortation apostolique Amoris laetitia du pape François, qui fête ces jours son premier anniversaire de publication. « La joie de l’amour », dont parle le pape, est bien représentée dans les mille voix et sur les visages des personnes et familles venues des cinq continents à Loppiano (Italie) en mars dernier, pour participer à l’événement (le multi événement international) « Family Highlights« , trois jours pour apprendre l’art de la réciprocité. « La vie matrimoniale est comme une barque, commentait une famille du Pérou, si on rame seul, on fait un énorme effort » et cet « art d’aimer » donne la force à la famille de se régénérer, à travers la confiance, le pardon, la responsabilité, la créativité, l’accueil, le soutien. Family HighlightsL’événement de Loppiano a été le pivot autour duquel, autant avant qu’après, se sont déroulées plus de cent manifestations dans le monde entier, à commencer par l’événement inaugural, le 27 janvier dernier au Caire (Egypte) et ensuite durant les mois suivants (certains sont encore en cours) à Panama, Croatie, Italie, Ouganda, Tanzanie, États-Unis, Brésil, France, Kenya, Lituanie, Australie, Belgique, Canada, Burundi, Singapour… où ont été présentées des expériences concrètes et des séminaires sur les thèmes de l’éducation, de la relation de couple, de l’accueil, des histoires du quotidien et héroïsme caché en zone de guerre, de solidarité en situations difficiles et envers les peuples défavorisés, avec des workshops, spectacles, moments de fête ou de prière commune. S’il est difficile de tous les nommer et de décrire les caractéristiques que chaque événement a eu sous les différentes latitudes, il est impossible de ne pas reconnaître, dans cet allumage joyeux de « lumières pour la famille » – presque des feux d’artifice – allumées en harmonie avec d’autres mouvements, représentants d’Églises, religions et institutions civiles diverses, ces « semences de communion pour l’humanité du Troisième millénaire » prophétisées par Chiara Lubich en 1993.