29 Sep 2015 | Focolare Worldwide
« Start Now! » C’est-à-dire, commence ici et maintenant. À faire quoi? Construire des relations authentiques et générer de la confiance. Une invitation qui « vaut son pesant d’or » dirait-on, celle que le Gen Verde a choisie comme titre du concert-workshop, présenté sur la scène du Tágas Tér Festival, le 25 septembre dernier à Szeged (Hongrie). Les protagonistes, dans huit workshops avec les artistes, étaient 120 jeunes de deux écoles supérieures, dont ceux d’un institut professionnel fréquenté par des étudiants venant d’un milieu familial difficile. « Tágas Tér, qui signifie littéralement ‘espace ouvert’ – explique un des organisateurs – est de fait un grand rendez-vous œcuménique qui montre le réseau des centaines d’activités dans le monde pour la solidarité citoyenne. Szeged est à 15km de la frontière avec la Serbie et, par conséquent, beaucoup de personnes qui étaient présentes au spectacle assistent quotidiennement au passage des milliers de migrants, avec la mer de questions et douleurs qui va avec.
« On the Other Side »: de l’autre côté – Durant le concert, beaucoup de titres de « On the Other Side« , le dernier album du Gen Verde, sorti moins d’un mois auparavant. Mais qu’est-ce que « l’autre côté »?, beaucoup se le sont spontanément demandé. « C’est la personne devant moi, qui pense différemment de moi; c’est la personne pour laquelle je n’ai pas d’estime, ou que je n’apprécie pas », explique Adriana García, bassiste mexicaine du groupe. Un spectacle puissant, palpitant et en même temps capable de remettre en question des positions, opinions et styles de vie, comme quelqu’un l’a déclaré. Parce que ce qui émerge de la musique et des textes, c’est la certitude que la route vers la solution à un monde cassé et séparé par des murs, passe par la compréhension de la richesse inhérente à la diversité. Parmi les onze titres de l’album, il y a l’histoire du difficile chemin d’un peuple entier dans le morceau « Voz de la Verdad » (Voix de la vérité) sur l’Évêque salvadorien Oscar Romero, ou la chanson sur la division des deux Corée, très actuelle et réalisée sur des mélodies K-pop, presque un aveu que parmi les jeunes coréens la blessure n’est pas encore guérie. « Ce sont des histoires qui ne nous permettent pas de tomber dans l’indifférence – commente une jeune – ou d’oublier nos frères dont nous sommes séparés par une frontière. Nous avons senti un fort appel, celui de donner même notre vie dans la lutte pour la justice ». « Inutile de dire que, peut-être aussi en raison de ce que nous vivons dans notre pays avec la question de l’immigration, le moment le plus fort du concert a été la chanson ‘Chi piange per te’ (Qui pleure pour toi) – une douce berceuse dédiée à une fillette disparue dans les eaux du Canal de Sicile – a confié une amie qui travaille dans les médias. Le pasteur réformé Gábor Czagány, un des organisateurs du Festival: « Ce qui m’a le plus touché, c’était le visage des jeunes des écoles qui ont participé aux workshops: joie, participation, engagement. On pressentait la portée de l’expérience réalisée: sept jours qui ont laissé des traces. Maintenant, c’est à nous de faire en sorte que tout ne soit pas perdu ».
Des jeunes offrent une espérance d’unité – Alessandra Pasquali, actrice et chanteuse du Gen Verde, tient à préciser: « Notre travail n’est pas de monter sur une scène, chanter, nous produire et repartir. Nous ne pouvons pas faire abstraction de la construction de rapports authentiques avec les personnes, de ‘sentir’ ce que vivent les personnes qui viennent assister à nos concerts, dans quelles eaux naviguent les jeunes avec lesquels nous faisons les workshops ». C’est pour cette raison que les vidéos-interviews aux jeunes participants aux laboratoires, projetées avant le début du concert à Szeged, faisaient partie intégrante du spectacle, parce qu’ils l’avaient construit. Voici quelques réactions des jeunes: « Le projet ‘Start Now!’ m’a ouvert les yeux: il m’a appris à ne pas juger les étrangers. Et cela demande du travail: il faut de la persévérance et de la confiance ». « J’ai appris à faire attention aux autres. » « J’ai compris l’importance de maintenir l’unité d’une communauté et que l’humanité pour être famille a besoin de la collaboration de chacun. » « Je suis très contente que mon école ait participé au projet ‘Start Now!’ avec l’autre école. Au début, nous ne nous connaissions pas. Ça nous a pris du temps, mais, ensuite, nous avons gagné la confiance réciproque et, maintenant, je peux dire que nous bougeons comme une seule personne, nous sommes extrêmement contents. »
28 Sep 2015 | Focolare Worldwide
La participation comme méthode, la capacité de dialoguer tout en respectant non seulement les idées et les convictions différentes, mais aussi les souffrances de l’autre ; une biodiversité qui valorise les richesses mutuelles, le fait de ne pas se contenter de la »justice du ‘déjà là’, mais de chercher celle du ‘pas encore là’ », transformer l’indignation en action collective pour changer le monde. Ce sont les valeurs qui nourrissent les dizaines d’actions et projets, expressions de la vitalité de la société civile italienne aujourd’hui. La sixième édition de LoppianoLab s’est conclue avec une pluralité de voix, actions, et stimuli qui partent »du bas », en Italie et non seulement. Plus de 2000 personnes présentes qui ont donné de la qualité à la confrontation et au dialogue entre entrepreneurs, politiciens, professeurs, citoyens, jeunes, communicateurs et administrateurs locaux : somme toute, la société civile dans sa multiplicité d’expressions.

Mgr. Nunzio Galantino, Secrétaire de la Conférence épiscopale italienne
»Nous ne devons pas nous rendre face à la crise actuelle. Nous sommes là pour trouver des solutions lumineuses ». Mons. Nunzio Galantino, secrétaire de la CEI (conférence épiscopale italienne) part de la pensée anthropologique d’Antonio Rosmini, grand penseur, dans son intervention au rendez-vous culturel de LoppianoLab organisé par l‘Institut Universitaire Sophia (IUS) et de Città Nuova, le soir du 25 septembre sur »Une idée de personne, une idée de société, une idée d’économie. L’humanisme d’Antonio Rosmini ». »Se fermer à l’autre et nier la relation ,signifie nier soi-même – continue le secrétaire CEI, faisant écho aux paroles prononcées par le pape François aux États-Unis ces derniers jours – il faut récupérer les input culturels forts qui aident l’humanité à affronter la crise culturelle encore avant celle humanitaire que le monde est en train de vivre ». Il ajoute ensuite que c’est l’époque actuelle avec ses murs, ses contradictions et ses nombreuses questions existentielles sur le sens et le destin de l’homme qui demande une vision unitaire et complète de la personne non gouvernée seulement par les sciences, mais également faite d’esprit, de relations et de proximité. Les pistes de LoppianoLab 2015 Citoyenneté active – Reprenant les paroles de Chiara Lubich, fondatrice des Focolari, Lucia Fronza Crepaz, coordinatrice des projets École de Préparation Sociale, Trente, dans le congrès central du 26 septembre »Au-delà de la peur », a motivé le devoir social de celui qui fait de la politique : »Nous ne voulons pas faire une action ‘pour les pauvres’ mais bien avec les pauvres parce qu’ils sont les sujets et la mesure de la société que nous voulons construire et elle a indiqué la ville comme étant le ‘gymnase’ de la fraternité universelle. Carlo Petrini, fondateur et président de Slow Food et Terra Madre lui a fait écho, confirmant que la citoyenneté active est le lieu qui peut générer de nouveaux agriculteurs, de nouvelles entreprises, de consommateurs conscients. La consonance profonde avec l’encyclique Laudato si’ du pape François pour laquelle il a écrit la préface dans une des éditions sortie en librairie. »Une opportunité – a-t-il déclaré – inattendue. Tout pouvait m’arriver dans la vie, mais je n’aurais jamais cru qu’à 67 ans, un pape m’aurait téléphoné, moi qui suis agnostique. Il s’agit là de nouvel humanisme. Nous en avions besoin. Il n’existe aujourd’hui au monde aucun leader politique aussi incisif, visionnaire, concret que ce pape ». Le sociologue Mauro Magatti ajoute : »Si nous ne récupérons pas la dimension de la rationalité comme trait distinctif de notre condition, l’humanité est destinée à succomber. Il faut revenir à ‘produire de la valeur’ ensemble, avec d’autres. 
Luigi Bobba, sous-secrétaire du ministère du Travail – Luigino Bruni, économiste
Engagement civil – Luigi Bobba – sous-secrétaire au ministère du Travail et des Politiques sociales, a défini l’époque actuelle, un vent de nouveauté dont il faut exploiter l’énergie pour donner vie à des institutions capables de donner forme au changement. Il va pleinement dans le même sens que l’économiste Luigi Bruni lorsqu’il affirme que les minorités peuvent changer le monde et sont capables de transformer l’indignation en action politique et économique collective. Culture du dialogue – »Il est nécessaire de dépasser la perspective eurocentriste, lorsqu’on parle de migrations : elles ne sont pas seulement un fait humanitaire, mais une question de politique internationale ». Ainsi, Pasquale Ferrara, diplomate et secrétaire général de l’Institut Universitaire Européen de Florence. Les migrants sont le témoignage tragique des mutations historiques. Avec eux marche l’histoire et tous les nœuds irrésolus de la politique internationale se rendent manifestes. Tous les hommes sont destinataires de la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme. Celle-ci crée une seconde nationalité pour cela, personne ne peut être considéré clandestin et personne, illégal ». C’est Vincenzo Morgante, directeur du TGR (Journal télévisé) RAI qui fait parler le monde de la communication, observateur privilégié de la »capacité » de dialogue dans les communautés italiennes. »A travers le travail des journaux régionaux, je me rends compte que la culture du dialogue est bien présente, mais elle n’est pas suffisamment développée. C’est plutôt celle du heurt, de l’affrontement qui prévaut. Il faudrait parler un peu moins des phénomènes et un peu plus des histoires, des personnes qui sont dedans ». 
Vincenzo Morgante, Directeur du TGR (Journal télévisé) RAI – Michele Zanzucchi, Directeur Città Nuova
L’édition 2015 de LoppianoLab se conclut aussi avec une ample participation du Social, mais les projets et l’engagement concret et quotidien de milliers de citoyens continue sur le terrain. On travaille à reconstruire un tissu social souvent lacéré, au travers de processus de réconciliation et de reconstruction de communautés qui ne soient pas uniquement l’assemblage d’une multiplicité d’intérêts, mais capables d’une prise de conscience personnelle et collective. Source : Communiqué de presse ‘Servizio Informazione Focolari Loppiano’
23 Sep 2015 | Focolare Worldwide
« Depuis le jeudi 17 septembre, – jour du coup d’Etat – nous sommes tous à la maison : les écoles, bureaux, magasins, tout est fermé. Nous épargnons l’essence et la nourriture, et si on réussit à trouver quelque chose, les prix sont doublés », explique Aurore De Oliveira du Focolare de Bobo-Dioulasso, deuxième ville du Burkina Faso. Là, on sent venir la contestation mais pas aussi forte que dans la capitale Ouagadougou (1.500.000 hab.), théâtre des principales tensions de la dernière semaine où il y a eu plus de cent blessés et au moins 10 morts. « C’est une population déterminée qui ne veut plus être assujettie. Dans toutes les grandes villes du Burkina Faso, ils ont tous manifesté, mais pour la paix. Il y a aussi beaucoup de peur, il ne faut pas le nier, parce que la guerre peut éclater d’un moment à l’autre ». » Les activités à Ouaga – où l’armée est entrée – se sont ralenties », écrit Jacques Sawadogo, de la communauté des Focolari dans la capitale. »Les banques, les magasins, les gares sont fermées. De petites activités de subsistance vont de l’avant. En tant que membres du Mouvement à Ouagadougou, nous essayons de rester en contact via e- mail ou avec le téléphone. Nous essayons d’être des artisans de paix dans les actions et dans les paroles ». Nous rejoignons aussi par téléphone, le père Sylvestre Sanou, vicaire général du diocèse de Bobo-Dioulasso. La situation est en évolution continuelle et on craint qu’elle puisse dégénérer. »Il y a grève générale dans tout le pays – explique père Sylvestre – En réalité, il ne s’agit pas d’un véritable coup d’Etat, mais de l’irruption d’un petit groupe de la Garde Présidentielle, guidé par le général Gilbert Diendéré, proche de l’ex- président Blaise Compaoré, monté au pouvoir avec un coup d’état en octobre 1987 et contraint de fuir après 27 ans, seulement en octobre 2014, après de nombreux jours de contestation populaire. Depuis lors, il s’est réfugié en Côte d’Ivoire. »le général Diendéré a tenté de négocier son immunité, d’après ce que l’on comprend, après avoir agi pendant de longues années comme main droite du président Compaoré ». Il ne s’agit donc pas de conflits religieux, entre musulmans (50%), chrétiens (30%) ou religions traditionnelles (20%) mais bien de nature politique. »L’armée semble prendre position en faveur de la population et aussi les gouverneurs des différents pays sont contraires au »coup d’Etat » ; cela va même jusqu’au village natal de Diendéré où on a brûlé sa maison. »La violence appelle à la violence », continue le père Sylvestre. »Le 22 septembre, nous sommes restés le souffle coupé à cause de l’ultimatum de l’armée, arrivée de 4 villes vers la capitale. Le futur politique du pays est incertain, malgré la médiation des présidents du Bénin et du Sénégal, au nom du CEDEAO (Communauté Économique des États de l’Afrique de l’Ouest) et le retour du président de la transition du Burkina Faso, Michel Kafando et aussi du premier ministre Isaac Zida (arrêtés et puis relâchés) ». » J’étais à peine rentré d’un séjour dans la cité-pilote »Victoria » du Mouvement des Focolari en Côte d’Ivoire et je me suis retrouvé dans cette situation » conclut le P. Sanou. »Le processus en cours a été bloqué, celui qui trouvait les différents partis en dialogue et qui était en train d’arriver à un certain consensus. Mais maintenant tout est en l’air. Prions pour qu’une solution soit trouvée, sans effusion de sang et rapidement. Entre-temps, avec les prêtres, religieuses/religieux et catéchistes du diocèse, nous avons commencé avec notre évêque, la rencontre pastorale programmée avant ces événements. Il nous semble important d’aller de l’avant et de prier pour les nôtres et pour notre pays ». « Comment sommes-nous en train de vivre ? Au début, nous étions furieux, déçus – confie Aurora De Oliveira – parce qu’après les faits survenus en 2014, la situation politique était en train de bien évoluer. A un pas des élections, prévues initialement le 11 octobre (et maintenant déplacées au 22 novembre) arrive un groupe armé et tout est compromis. Voilà notre première réaction qui nous faisait sentir le besoin de protester. Le pas successif a été celui de reconnaître dans cette douleur un visage de Jésus abandonné et donc de chercher à reconsolider l’unité entre nous pour pouvoir transmettre la paix et le pardon. Nous avons essayé de contacter ceux qui partagent la spiritualité de l’unité, car l’amour doit vaincre ». « Continuons à prier et à vivre dans l’unité plus étroite avec vous tous, certains de la protection de Marie » écrit la présidente des Focolari Maria Voce, à la communauté du Burkina Faso, alors que se déroule la rencontre des délégués des Focolari de différentes nations, qui rend plus proches les attentes et les souffrances de tellement de parties du monde. https://vimeo.com/140074710
19 Sep 2015 | Focolare Worldwide
« J’ai tout perdu – confie dans les larmes un pêcheur de Guanaquero, petit village à 450 km au nord de Santiago, au bord du Pacifique – Mais on s’en remettra, comme nous l’avons toujours fait, nous les Chiliens ». Le cameraman l’embrasse, en un geste solidaire. Mercredi soir 16 septembre, peu avant 20 heures, la séquence de secousses sismiques commence. La première est très forte : 8,4 degrés sur l’échelle de Richter. Les répliques dépassent les 7 degrés. Nous nous réfugions dans la cour de la maison. Les voisins du quartier sortent aussi dans la petite rue. Échanges réciproques : « Ça va ? » « Oui, c’est bon, pas de soucis. Et toi ? Tu as besoin de quelque chose ? » Ni peur ni énervement. Même les enfants savent ce qu’il faut faire, car au Chili, on l’enseigne dans les écoles. Les grands édifices, les écoles, les supermarchés signalent tous la zone de sécurité qui protège d’éventuels écroulements. Après la catastrophe de 2010, le pays est mieux préparé. Nous sommes à La Serena, à 480 km au nord de Santiago, la capitale du Chili. L’intensité du séisme nous montre que l’épicentre est proche de nous. Il n’y a plus d’électricité et c’est seulement lorsqu’on trouve une petite radio à piles que nous apprenons qu’il est à environ 100 km d’ici, dans un triangle de petites villes de 20 à 30 000 habitants. Illapel a subi de gros dégâts, mais pas les grands centres. Cela fait moins d’une heure et la radio confirme l’alerte au tsunami. Dans tout le pays commence l’évacuation de six mille km de côtes, du nord désertique au sud et sa froidure. Un million de personnes doivent chercher refuge à au moins 30 mètres au-dessus du niveau de la mer. Les vagues arrivent, une masse d’eau qui avance et élève de quatre mètres le niveau de la mer. Le port de Coquimbo, 150 000 habitants, est en partie submergé. Les nouvelles des victimes nous parviennent. Nous sommes à quelques heures des festivités traditionnelles pour l’indépendance du Chili les 18 et 19 septembre. Douze personnes manqueront à l’appel cette année. Cinq sont portées disparues. Parmi les morts, trois pour infarctus, trois autres ont été emportés par la mer, les autres ont perdu la vie à cause de l’éboulement de rochers ou de murs. Le gouvernement déclare l’état de catastrophe dans plusieurs provinces de la 4e Région. La Présidente, Michelle Bachelet s’adresse au pays : les secours s’organisent. La pensée va à ceux qui ont tout perdu : villages de pêcheurs, habitants de la zone de l’épicentre. C’est le huitième état d’urgence en moins de deux ans. Le tremblement du Nord l’an passé, et cette année, les inondations. Au mois de mars la région la plus aride de la planète : le désert d’Atacama, a été inondée. Puis les volcans : une éruption l’an dernier et une autre il y a quelques mois ; la terrible sécheresse du nord au sud, Valparaiso frappée deux fois par les incendies des zones environnantes et maintenant de nouveau le tremblement de terre et le tsunami… Après ce terrible bilan, revenons au vieux pêcheur de Guanaquero. « Nous nous en remettrons ! » Je vois dans ses yeux un reflet de ténacité et de persévérance. La même qui nous explique comment il se fait que sur les versants désertiques et abrupts des collines de ce Nord, de grandes taches vertes apparaissent. Ce sont les cultures d’avocats et de vignes. Littéralement arrachées à la terre, profitant de chaque goutte d’humidité pour leur irrigation. Seules la ténacité et la persévérance peuvent obtenir des fruits d’une nature qui, ici, ne fait pas de cadeaux. C’est comme ça que ce pays a été construit. Comment ne pas l’aimer ? ». D’Alberto Barlocci, du Chili
18 Sep 2015 | Focolare Worldwide
« Cela fait plus de trente ans que je vis hors de mon pays d’origine. Chaque fois que j’y suis retourné, j’ai toujours trouvé soit un de mes frères et sœurs qui s’était marié, soit une naissance d’un neveux ou nièce et, à mon dernier voyage, il y a deux ans, j’ai connu le dernier des mes quinze neveux. Nos liens de famille et en particulier la foi de maman, une femme simple et courageuse comme plusieurs femmes d’Afrique, ont toujours été la force qui m’a soutenu dans le choix que j’ai fait de ma vie. Déjà dans ma tendre enfance, j’avais été marqué par une attitude, celle de mon oncle, un frère franciscain qui, quand il venait nous rendre visite, il avait une attention spéciale pour tous les enfants, pas seulement pour moi et mes frères, mais pour tous les petits de notre quartier ; cela a laissé une marque dans mon petit Cœur d’enfant, celui d’être comme lui quand j’aurais grandi. Pendant mon adolescence, Mandela était encore en prison, le massacre des jeunes de Soweto me révolte j’explose de colère contre Père Paul, un jésuite belge : « si tout dépendait de moi, tous les blancs doivent rentrer chez eux ». Avec calme, il me dit, entre autre, « tu sais, tu peux lutter contre les discriminations raciales avec une autre arme »; des mois après il m’invite à connaître le groupe de Parole de Vie de ma ville. Cinq ans après, j’étais à Fontem (Cameroon), la première cité pilote en terre africaine, où je me trouve côte à côte avec des jeunes italiens, français, irlandais, belge, burundais, ougandais, kenyan, camerounais ; et avec eux, je découvre que nous sommes des frères, malgré nos différences. Ainsi dans mon coeur naît un grand désir, celui, non seulement de crier sur le toit que nous sommes tous frères, mais surtout, de le témoigner dans le quotidien. En 1986, j’arrive à Man (Côte d’Ivoire) et pendant 8 ans avec les autres focolarini et les jeunes que l’on me confie, nous faisons l’expérience de l’amour réciproque entre nous et à travers des activités concretes envers les personnes en nécessité et par la musique, nous disons que le monde uni n’est pas une utopie.
À 40 ans, je me retrouve à São Paulo (Brésil) en train d’apprendre une nouvelle langue, là je rencontre un peuple multiculturel que j’aime appeler un « peuple fait des peuples » : les indios, les brésiliens d’origine et, puis les descendants d’allemands, italiens, ukrainiens, japonais, chinois, noirs d’Afrique et beaucoup d’autres, tous brésiliens! Un peuple créatif, généreux et joyeux de cette joie contagieuse, que je connais en Afrique. Je ne tarde pas à être un des leurs, donc brésilien. Dans la cite pilote, plus d’une trentaine de familles venues des plusieurs parties de ce pays, aux dimensions continentales, pour construire avec les focolarini la mariapolis Ginetta. Pendant quinze ans, j’ai travaillé comme graphiste et producteur des livres et du magazine Cidade Nova, ce qui me permet de tisser de relations sincères, au sein de notre maison d’édition et avec les fournisseurs, les imprimeurs et même avec les gardiens qui doivent te faire ouvrir le porte bagage de la voiture pour le contrôle de routine. J’ai coordonné aussi, avec d’autres focolarini, les activités des adolescents : gen3 et des juniors ; une expérience que je considère plus importante de ces années, car avec eux j’ai appris à être « ado»bien qu’adulte. Par l’amour que nous avions envers chacun d’eux et qui existait entre nous, j’ai découvert qu’ils sont capables de grands sacrifices, car d’énergie et d’enthousiasmes ils en ont « à vendre ». J’ai aussi compris que les parents commencent à avoir les cheveux blancs quand ils ont un ado en famille. Maintenant, me voici de retour en Côte d’Ivoire pour continuer à construire ensemble ce bout de chemin commencé avec les jeunes pour un monde uni. Une expérience vécue dans la cite pilote Victoria, pendant la période de guerre m’a toujours impressionnée. Les focolarini, alors qu’ils pouvaient être évacués, choisissent de rester auprès des nôtres. Ils scellent un pacte, comme Chiara Lubich et ses premières compagnes, d’être prêts à donner leur vie les uns pour les autres. Ce témoignage me tient beaucoup à cœur, je voudrais, avec la grâce de Dieu, vivre selon cette mesure avec chacun et tous les nôtres dans notre zone. Je ne sais pas si nous vivrons des choses extraordinaires, mais je voudrais vivre chaque instant de façon ordinaire, comme s’il était le dernier de toute la vie ». Source : Nouvelle Cité Afrique, Juillet 2015
16 Sep 2015 | Focolare Worldwide
Il m’accueillit en pleurant « Il était un mythe pour moi. J’étais fier d’avoir un père comme ça, mais un jour, il nous quitta. Notre mère ne nous en expliqua jamais la raison, car je devais grandir pour le savoir : il s’était construit une nouvelle famille. Je ne voulus plus le voir, même pas lorsqu’il venait nous chercher. Un jour, une amie à l’école, qui se trouvait dans une situation semblable à la mienne, me raconta que, en tant que chrétienne, elle avait pardonné à son père et qu’elle en avait retiré une grande joie. Afin de faire concrètement ce pas, qui me coûta beaucoup, j’allai à la rencontre de mon père. Lui m’accueillit en pleurant. Les explications ne furent pas nécessaires. Nous étions redevenus amis ».(R.S.- Venezuela). L’élève »dérangeant » « Un jour, un garçon un peu rebelle de la classe a eu une crise et a jeté en l’air un banc, heureusement sans graves conséquences. Un collègue, qui depuis toujours voulait se débarrasser de cet élève »dérangeant », pensa procéder par voie légale, en écrivant un rapport sévère au préfet. D’une part, je voulais éviter une rébellion ultérieure de l’élève avec une détérioration de sa situation psychologique ; mais d’autre part, je voulais tenir compte de l’opinion de mon collègue et respecter sa souffrance. Le rapport a été écrit, mais nous l’avons fait ensemble en cherchant les paroles justes de manière à ne pas envenimer la situation. Les causes de son comportement venaient plus en lumière ainsi qu’une plus grande compréhension du problème. Il y a maintenant avec le collègue, une nouvelle complicité : il a décidé de collaborer avec moi pour les projets de récupération des élèves en difficulté ». (R.R.- Italie) Le petite grand-mère
« Une personne âgée habitait notre quartier. Elle vivait seule. De temps en temps, elle venait nous trouver pour nous faire lire les lettres qu’elle recevait ou pour se faire accompagner pour retirer sa pension. Lors d’une fête ou l’autre, nous l’invitions à la maison, où elle se sentait toujours à l’aise. Nos enfants l’aimaient bien aussi et ils l’accueillaient chaque fois avec joie : pour eux, elle était la »petite grand-mère », pour tous, »le plus petit » dont l’Évangile parle. Un jour, elle fut touchée par un accident cérébral et les voisins nous appelèrent tout de suite, comme si nous étions sa famille naturelle. Elle resta à l’hôpital pendant deux mois, toujours assistée par nos soins. Lorsqu’elle fut rétablie, elle accepta d’aller vivre dans une maison pour personnes âgées. Mais nous avons continué à nous occuper d’elle, avec la collaboration d’autres personnes. Grâce à »la petite grand-mère », aussi bien dans l’hôpital que dans le quartier, beaucoup de solidarité s’est mise en route ». (M.S.C. – Espagne)