Mouvement des Focolari
Même la République de Centre Afrique verra la paix

Même la République de Centre Afrique verra la paix

20101009-01Difficile d’évaluer les chiffres – les sources Misna font état de 60 morts et 300 blessés – et d’écrire la suite des événements dans un pays qui, depuis mars 2013, où un groupe de rebelles a renversé le président en fonction, s’est enfoncé dans une grave crise politique qui périodiquement remonte à la surface. Comme ces jours-ci. « La situation sociopolitique a empiré – écrit Geneviève Sanzé, originaire de la République de Centre Afrique – des familles chrétiennes vivent entre la maison et la forêt, pour ne pas qu’on les trouve chez elles (on risque sa vie). Un prêtre, qui habite dans le nord où la situation est très tendue, accueille 12.000 réfugiés dans sa paroisse, à l’abri des projectiles qui pleuvent de partout. Il ne sait pas comment les soigner ni quoi leur donner à manger. Dans la région il n’y a aucune autorité administrative, politique ou militaire et des bombes peuvent tomber aux endroits les plus peuplés ». Et le Focolare de Bangui écrit : «Nous étions en train de nous préparer à faire quelque chose de concret pour nous mobiliser pour la paix dont notre pays a tellement besoin : une compétition sportive avec des équipes mixtes composées de chrétiens et musulmans; une marche pour la réconciliation, avec la présence de tous les groupes, d’ethnies, de confessions et religions différentes. Un concert avec divers groupes musicaux dont le nôtre, pour sensibiliser l’opinion publique sur l’exigence et la nécessité de la paix pour le bien de tout le monde ; continuer les visites aux réfugiés ici à Bangui et à la prison. Nous avions invité à participer à ces actions et à d’autres encore, nos amis musulmans, et ceux d’autres Eglises chrétiennes pour les réaliser ensemble et ils avaient adhéré avec enthousiasme ». «Le premier rendez-vous, fixé pour le 26 septembre, n’a pas eu lieu parce que le même jour ici à Bangui un massacre a éclaté, raconte Bernardine, qui travaille à la nonciature. Tout a commencé lorsque le corps sans vie d’un jeune musulman a été découvert dans un quartier habité par les chrétiens. Mais jusqu’à présent on ne sait pas qui l’a tué, ni pour quel motif. Dans les quelques heures qui ont suivi, les maisons des non musulmans ont été assaillies et de nombreuses personnes tuées ». Morts, pillages, destructions de maisons, d’églises, d’écoles, de bureaux des organismes internationaux, et beaucoup de gens en fuite, parmi eux quelques-uns de la communauté des Focolari. Certains ont perdu des parents proches. « Nous nous encourageons mutuellement – écrivent-ils – à continuer à aimer, chacun là où il se trouve, prêts à « mourir pour notre peuple ». Priez vous aussi avec nous, pour nous et pour tous ceux qui vivent dans de pareilles situations ». Durant des jours la ville semblait morte. « Personne n’allait au travail – écrit encore Bernardine – les magasins sont fermés, seules les voitures des nations unies et des militaires français circulaient dans la rue. La population a organisé une manifestation invitant tout le monde à la désobéissance civile, demandant de remettre sur pied une armée nationale qui défende la population. Pendant la manifestation d’autres personnes sont mortes et tout s’est arrêté. Ces jours-ci la situation s’est un peu améliorée, nous avons repris les activités, même si les écoles sont encore fermées. Nous sommes dans les mains de Dieu et nous croyons toujours en Son amour, tôt ou tard la paix s’installera aussi en RCA ». Cette espérance est soutenue par la visite très attendue du pape fin novembre : « Toute la population en fait – raconte Fidelia, du focolare de Bangui – sans distinction d’ethnie, ou de religion, attend avec joie sa venue. On sent dans l’air que les gens l’attendent en tant que porteur d’espérance. Tout le monde se prépare matériellement et spirituellement pour avoir le cœur prêt à accueillir toutes les grâces que la visite de François apportera ».

La contribution de l’Économie de Communion aux Semaines Sociales de France (SSF)

La contribution de l’Économie de Communion aux Semaines Sociales de France (SSF)

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© Focolari-Alain Boudre

La grande tradition des Semaines Sociales de France a commencé en 1904. Depuis toujours leur but est de faire connaître la pensée sociale chrétienne et son éclairage sur les questions de société, en appliquant aux problèmes du moment la doctrine sociale de l’Église. Le titre de cette édition, à laquelle près de 2000 personnes ont participé, était : « Religions et cultures, ressources pour imaginer le monde« . Les thèmes centraux, vu les grandes questions d’actualité, étaient les migrants et l’environnement, que la récente encyclique du pape François, Laudato Si, a résolument placé au centre de l’attention du monde aujourd’hui. La première journée tout entière a été centrée sur la situation actuelle concernant ces deux thèmes. La seconde journée a été entièrement consacrée à la contribution des religions en réponse à ces urgences. La dernière journée a été centrée sur l’Encyclique Laudato Si, qui a été commentée de divers points de vue.
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© Focolari-Alain Boudre

Luigino Bruni est intervenu le second jour, samedi 3 octobre, dans le cadre de la table ronde intitulée : “Avec les religions, renouveler la vision de la mondialisation”. L’idée était de réfléchir ensemble à une vision d’un monde « fini » et « commun » dans un monde fait de multiples cultures et de niveaux inégaux de développement. Trois religions, chrétienne, musulmane et bouddhiste, sont entrées en dialogue à partir de leurs textes respectifs sur la création.
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© Focolari-Alain Boudre

Les trois intervenants en dialogue ont été Luigino Bruni, Cheikh Khaled Bentounes, musulman, guide spirituel de la confraternité soufi Alâwiyya (fondateur des scouts musulmans et promoteur avec d’autres du festival interreligieux “Vivre Ensemble à Cannes” ) et Philippe Cornu, bouddhiste, président de l’Institut d’Études Bouddhiques. Anouk Grevin, qui traduisait Luigino Bruni en direct, nous parle de cette heure vraiment particulière : « Chacun dans son intervention a cité un texte de sa propre tradition religieuse sur la création, l’a commenté, et en a tiré des idées vraiment très profondes, face à un public très attentif, en grande écoute. À la fin Luigino a posé à l’improviste quelques questions à ses interlocuteurs, et cela a fait naître un dialogue très profond et fraternel, un beau témoignage de dialogue interreligieux, d’où ressortait l’estime réciproque et où venaient en lumière de nombreux points communs de leurs visions respectives. Le dialogue s’est conclu par l’accolade fraternelle des trois intervenants, sous les applaudissements de toute la salle ». L’intervention de Luigino Bruni « Une réflexion anthropologique et économique à partir des premiers chapitres de la Genèse » a touché les thèmes de la création, de la terre, de la fraternité ; d’Adam et Caïn ; de Noé et de la Tour de Babel, en les transférant à aujourd’hui. Luigino a conclu ainsi son intervention : « Hors de l’Éden, dans le jardin de l’histoire, nous ne trouverons pas la nouvelle langue d’Adam en revenant en arrière ni en arrêtant le cours de l’histoire, enfermés dans des tours avec ceux qui nous ressemblent. Nous ne pourrons la retrouver qu’en marchant à la suite d’une voix, d’un arc-en-ciel, d’une étoile, d’un araméen nomade. De nos jours en Europe, en ces temps de déluges financiers et sociaux, la tentation de Babel revient avec force. Cependant, les Noé aussi se multiplient ; ce sont eux qui combattent les barques de la mort et leurs trafiquants, en donnant vie à des arches de salut, à tous les niveaux. Nous devons continuer à abattre les hautes tours et à construire des arches, pour sauver les hommes et nous sauver nous-mêmes des déluges, anciens et nouveaux. Mais, surtout, nous devons sauver les enfants, nos enfants, les filles et les fils de tous les hommes. La terre promise est pour eux. » Voir intervention de Luigino Bruni Source: EdC online

On the Other Side Tour : on commence en Grande Bretagne

On the Other Side Tour : on commence en Grande Bretagne

20151005-01On a travaillé dur. Pendant trois ans, nous nous sommes mis à l’écoute de milliers de personnes, surtout des jeunes, que nous avons rencontré chez nous ou dans nos tournées. Nous avons composé de la musique, écrit des textes, mais surtout, nous avons essayé de  »vivre » dans le sens littéral du terme : en se mettant au jeu, en risquant, en accueillant le beau et le laid de l’humanité. Nous sommes impatientes de partir pour la Grande Bretagne : nous allons pour accueillir et partager, mais aussi pour donner ». C’est Sally McAllister, manager du Gen Verde, irlandaise d’origine et anglaise d’adoption qui parle : « J’ai vécu à Londres pendant plus de 30 ans et j’ai appris à connaître et à aimer les gens. C’est donc avec une grande joie que nous répondons à l’invitation de retourner là ». Les Focolari sont présents en Grande Bretagne depuis 1963, dans pas mal de villes du Royaume Uni et ses membres sont catholiques, anglicans, fidèles des Églises Libres. Il y a aussi des musulmans et des sikhs qui, dans leur mesure, sont un réel témoignage d’unité vécue, soufferte et réalisée dans le quotidien. « Pourquoi nous ont-ils appelées ? – continue Sally – Ce sont les communautés des Focolari qui ont organisé la tournée entière. Une vingtaine de groupes de jeunes et d’adultes, de familles, dispersés dans le Royaume Uni. Nous l’avons rêvé et organisé avec tous. Ils nous ont dit de vouloir ouvrir mieux et davantage les mains et les cœurs, recomposer les relations, vaincre la haine et la méfiance ; rencontrer les gens et communiquer le don de la communion dans la diversité ». « Il en a fallu du courage et je peux dire que ces gens en ont à revendre !. Nous ferons 12 dates pour un total de 7 spectacles  »Start Now » et cinq concerts acoustiques et ce, à côté de différents autres rendez-vous ». En écoutant Sally, on comprend que les concerts ne sont que la pointe de l’iceberg de la tournée, si on peut dire, et que le voyage musical du Gen Verde dans le Royaume Uni, peut toucher la corde sensible des personnes. « Nous nous exhiberons dans des villes complexes comme Londres, Birmingham, Glasgow, Oxford, Liverpool, Portsmouth et Cardiff – explique Sally – avec un tissu social et culturel qui a été défini post-chrétien, désagrégé, mais également où les dimensions œcuméniques et interreligieuses sont encore actuellement fortes. A travers la musique, les paroles et les chorégraphies, nous raconterons la vie qu’il y a entre nous et dans beaucoup de coins du monde : une vie faite de communion, fraternité, sacrifice et réciprocité. Nous voulons faire émerger le  »bien plus » qui est là présent, mais qui ne se raconte pas de la société britannique, celle qui se dépense pour les autres mais qui risque de rester cachée derrière les titres des médias qui souvent crient exclusion, défense, peur ». A Londres, le Gen Verde rencontrera aussi les jeunes du Centre Islamique, à l’invitation de l’imam dr. Mohammad Ali Shomali. Un rendez-vous qui n’est nullement gagné en ces moments-ci. « Misons sur les valeurs qui nous unissent et nous voulons travailler ensemble ». De la passion qui anime Sally, il est évident que justement les jeunes auront une place privilégiée dans la tournée : « Ils sont le thermomètre de la société, ils en vivent souvent les abysses les plus obscurs et ce n’est pas un mystère, qu’aussi en Grande Bretagne, comme dans d’autres pays européens, violence et suicides sont en forte augmentation parmi les under 30 ». Dans le nouveau show qui sera mis en scène en Grande Bretagne, il y aura aussi les nouveaux morceaux de  »On The Other Side », l’album qui sort actuellement. « Il est dédié justement aux jeunes et les thèmes sont universels. Il s’agit d’un voyage en quatre étapes : on commence avec les défis, ceux qui sont profonds, qui font en sorte que tu regardes en toi ; puis la question arrive : est-il possible de les relever ? Et à la fin, l’invitation à sortir de soi-même pour construire le présent et le futur ensemble et que nous avons voulu appeler  »No frontiers », sans frontières, car ensemble, nous pouvons faire la différence ».

LoppianoLab 2015: Faire rêver les jeunes en Afrique

LoppianoLab 2015: Faire rêver les jeunes en Afrique

20151002-02« Accueillir dans l’ordinaire, l’extraordinaire, en exerçant l’œil à voir l’arbre qui grandit : si les prophètes venaient à manquer, la vie serait le lieu du pessimisme et non de l’espérance qui nous unit ». Il est possible de résumer en ces paroles de l’économiste Luigi Bruni, la Convention nationale des réseaux de l’Économie de Communion, dans le cadre de la sixième édition de LoppianoLab qui a enregistré plus de deux mille participants du pays entier et non seulement. Économie de Communion, un modèle pour repartir. « C’est seulement en régénérant les relations que l’on vainc la peur et que l’économie repart : alors qu’aujourd’hui, méfiance et pessimisme freinent la reprise en Europe et en Occident, nous avons osé regarder l’économie avec les yeux des jeunes africains – a exhorté Bruni. Si nous voulons contribuer à la renaissance de l’économie, il faut régénérer les territoires, les familles, les relations, redécouvrir et pratiquer les vertus civiles ».  »Au-delà de la peur. Culture du dialogue, citoyenneté active, économie civile », ce titre choisi par l’édition LoppianoLab 2015, organisée par le Groupe éditorial Città Nuova, le Pôle Lionello BonfantiEconomie de Communion (EDC), l’Institut Universitaire Sophia (IUS) et le Centre international de Loppiano (Florence), ne l’a pas été par hasard. Évidemment pressant, l’appel du secteur économique, dans le cadre dans lequel, il y a environ 200 entreprises en Italie, 800 dans le monde, qui adhèrent et mettent au centre de l’agir économique, l’homme et la dimension relationnelle, adhérant à l’Économie de communion. 20151002-01En rêvant l’Afrique. Les rappels ont été fréquents au congrès international EdC, qui s’est déroulé en mai dernier à Nairobi, à propos duquel Geneviève Sanze, économiste centre-africaine, a raconté la  »vitalité ». Sur son continent, jusqu’à aujourd’hui, environ une trentaine d’entreprises ont adhéré au projet et un réseau de soutien aux jeunes est né, de la part des entrepreneurs EdC. « L’Économie est une science de la richesse, pourrions-nous penser : on pense qu’il faut aller dans les grandes métropoles pour l’exercer, mais avec l’EdC, elle est devenue une science de la communion – a-t-elle affirmé. Échange, dialogue, fraternité : nous avons compris à Nairobi que chaque personne porte en elle une richesse dans sa compréhension et dans son unicité, comme par exemple, l’entrepreneur avec sa créativité, il cherche à enrichir son lieu de travail, son territoire, sans vouloir s’aligner à de lointains standard mais bien en portant son attention sur les périphéries qui sont dans le besoin. Parler d’économie au niveau international en partant de l’Afrique, c’est vraiment un nouveau processus mais ce l’est encore plus quand on parle de contribution que l’Afrique peut donner, plus que recevoir, donnant ainsi confiance et élan nouveau aux africains eux-mêmes pour accroître leurs possibilités dans leurs pays ». L’Afrique est un continent jeune, deux étudiants africains engagés à l’Institut Universitaire Sophia à Loppiano, Gloria et Melchiot l’ont témoigné : « Faire rêver les jeunes en Afrique, signifie éviter le phénomène de l’immigration : pourquoi ne pas penser ouvrir des entreprises en Afrique, leur faire trouver là du travail ? ». Deux projets EdC. « Deux projets économiques sont partis de Nairobi ainsi que la naissance d’un cours de diplômé en Économie de Communion à l’université CUIB (Catholic University Institute of Buea) au Cameroun – explique Anouk Grevin – économiste (Université de Nantes et Institut Universitaire Sophia) – : dès 2017, commencera l’ incubateur  »Siobhan » en soutien à la naissance de nouvelles entreprises en Afrique. Le second projet, portant le nom de François Neveux, pionnier français de l’EdC, mettra en contact des entrepreneurs du monde entier, donnant vie à un réseau d’accompagnement économique et de réalisations, adressé surtout aux jeunes entrepreneurs ». Source : Città Nuova

Le pape à Philadelphie : les Etats plus unis

Le pape à Philadelphie : les Etats plus unis

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Foto © Renato Araujo

Philadelphie est le cœur des USA, ici ont eu lieu la rédaction en 1776 de la déclaration de l’Indépendance et de la Constitution des Etats Unis. Et c’est ici que s’est conclue la visite du pape : journées historiques qui ont profondément touché le peuple américain. Dans la salle de l’Indépendance, avec son sourire de toujours, le pape François dit clairement qu’il n’est ni de gauche ni de droite. Il met en lumière l’importance de la liberté religieuse et du dialogue dans une société multiculturelle, mais il souligne le positif qui existe déjà dans le peuple américain : « rappelons les grandes luttes qui ont mené à l’abolition de l’esclavage, à l’extension du droit de vote, à l’extension du mouvement des travailleurs et à l’effort progressif pour éliminer toute forme de racisme et de préjugés dirigés contre les vagues successives de nouveaux américains », dit le pape. Et puis une salutation spéciale aux immigrants de langue espagnole, de la part d’un pape qui vient d’une famille d’immigrés : « Vous apportez de nombreux talents à votre nouvelle nation. N’ayez pas honte de vos traditions » affirme-t-il avec force, ce qui a provoqué des applaudissements spontanés. François nomme, parmi les autres valeurs, la foi fervente et le sens profond de la vie familiale des hispanophones : « Quand vous apportez vos talents, vous trouverez non seulement votre place ici, mais vous aiderez l’humanité à se renouveler de l’intérieur ». Jennifer Huertas de Porto Rico, depuis deux ans aux USA, commente : « Le pape nous dit de ne pas oublier nos racines et de toujours voir en toute personne son unicité. Oui, la diversité n’est pas un mal, parce que tout être humain est unique ».
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Foto © Andrea Re

Quelques heures plus tard seulement, le rendez-vous pour la conclusion de la Journée Mondiale de la Famille, tellement attendue par les participants : jeunes familles, d’autres composées de plusieurs générations, des couples, des personnes seules, des religieux et religieuses avec leurs habits différents, des prêtres, tous accueillis par la ville qui a préparé chaque détail avec grand soin. Après avoir écouté six témoignages de couples et familles, qui racontent comment ils ont essayé de surmonter les défis de la vie en s’appuyant sur la foi en Dieu, le pape prononce un discours passionnant qui met en valeur l’importance de la vie en famille. Un enfant lui demande ce que faisait Dieu avant de créer le monde : « Dieu aimait, parce que Dieu est Amour », répond-il. Et la chose la plus utile que Dieu crée pour partager cet amour est la famille ; ce qui le prouve aussi c’est le fait que « Dieu envoie son Fils dans une famille ». Tout n’est pas rose ni plein de fleurs, « quelquefois les assiettes volent en éclats, mais on surmonte les difficultés avec l’amour », affirme-t-il. Ses paroles laissent le demi-million de participants – qui ont attendu de longues heures dans le Benjamin Franklin Parkway – enchantés et heureux : « C’était fantastique de voir le pape », disait Théa, une jeune de Los Angeles. « J’ai aimé quand il disait que Dieu n’a pas placé Jésus dans un Royaume mais dans une famille. Aujourd’hui beaucoup de gens vont rarement rendre visite à leurs parents, beaucoup de mes amis vivent ainsi et ça me fait de la peine. Même dans ma famille ce n’est pas toujours facile, nous avons de la difficulté à nous écouter jusqu’au bout, mais les paroles du pape nous aideront maintenant à mieux affronter ces difficultés ». Le jour suivant les foules attirées par François se soumettent patiemment aux longs contrôles de sécurité, en chantant et en dansant. Sans perdre leur calme, ils sourient et remercient les policiers qui font leur travail. « Mon fils fête aujourd’hui ses 2 ans, mais avec ma femmes nous nous sommes dit que c’est une occasion qui arrive une fois dans la vie », dit un des gardes du corps. Environ un million de personnes sont présentes à la messe, et plusieurs millions le suivent en direct à la télé. François salue tout le monde, bénit les enfants avant de commencer la messe comprenant des lectures en espagnol et en vietnamien. La liturgie du jour emploie des paroles fortes, où Moïse d’abord puis Jésus, affirment que même celui qui n’appartient pas à leur groupe peut faire des miracles au nom du Seigneur. « Nous ne devons pas nous scandaliser de l’amour de Dieu » dit le pape, et il lance un message clair pour une Eglise qui doit accepter les diversités et qui met sa confiance dans l’action de l’Esprit Saint. François invite ensuite les familles à accomplir de petits gestes d’amour et de compassion : un repas chaud après une journée de travail, une bénédiction, une étreinte : « L’amour se manifeste par de petites choses », affirme-t-il. Cela veut dire « être prophètes, dépasser ‘le scandale d’un amour restreint et mesquin’ ». Plus significatives encore sont les rencontres personnelles : avec les prisonniers, les victimes d’abus sexuels de la part du clergé ; à ce propos le pape dit « Dieu pleure ». C’est comme une messe noire, « il n’y a pas d’excuses ». En conclusion de ces jours-ci, non seulement l’Eglise catholique des USA a changé, mais le pays tout entier. Le pape a remis en évidence les richesses culturelles, partant des fondations du pays et a rappelé aux américains qu’ils doivent être fidèles à ces valeurs : l’amour, la famille, la dignité de tout être humain, prendre soin des pauvres. Et en quittant les Etats Unis, il envoie un message sur Twitter : « Avec toute ma gratitude, que l’amour du Christ guide toujours le peuple américain ! #GodBlessAmerica». Susanne Janssen e Sarah Mundell  

Une clinique à Kinshasa

Une clinique à Kinshasa

Alcuni membri CL Lemba« Un jour, nous étions en train de fermer, lorsqu’une maman se présente à 16h30 avec son enfant d’environ huit mois, pour un prélèvement de sang. » Aline M. est infirmière et biologiste dans la clinique universitaire de Kinshasa. Au Congo/RDC, l’indice de natalité est très élevé, tout comme ceux de mortalité et de mortalité infantile. L’espérance de vie à la naissance et l’âge moyen de la population sont très bas. « Mes collègues avaient déjà fermé les cahiers de registre et voulaient partir. Mais les paroles de l’Évangile me trottaient dans la tête: aime ton prochain comme toi-même. ‘Je dois aussi accueillir cette maman’, pensais-je. J’ai fait le prélèvement au petit et, alors que je ferme, la maman me dit d’une voix appuyée: ‘Que Dieu vous bénisse, madame!’ C11Je réussis juste à convaincre une collègue de la banque du sang d’être encore disponible pour cette urgence, lorsqu’une autre situation grave se présente. C’était déjà 17h. Une maman en larmes, ne pouvant payer les soins médicaux, avec son enfant de quatre ans dans les bras, atteint d’anémie grave. Ma collègue, décidée, m’annonce que ce n’est plus possible d’accepter quelqu’un. ‘Autrement je perdrai mon travail’, s’exclame-t-elle. J’étais touchée par cette souffrance. J’atteste alors par écrit que je prends en charge le coût de la transfusion de sang pour ce petit. Ma collègue a ainsi accepté et immédiatement fait la transfusion au garçon, lui sauvant ainsi la vie. La maman de l’enfant me dit: ‘Dieu vous rendra l’argent. J’en suis sûre!’ De retour à la maison, je me suis demandé: ‘Comment se fait-il que, justement à la fermeture du service, je rencontre deux mamans avec leur enfant si souffrant?’ Je lis la Parole de Vie, une phrase de l’Évangile, et j’y trouve du réconfort. C04La semaine suivante, je reçois une invitation de mon service de santé. J’ai été choisie parmi tous mes collègues pour suivre une formation professionnelle de trois jours. L’aide financière reçue pour la participation est de 150 dollars américains! Voici la réponse de Dieu. Pour avoir payé 25 dollars la transfusion de sang, j’ai reçu deux bénédictions et cette somme qui me permet maintenant de payer aussi les frais de scolarité pour mes enfants. » A.M. – Kinshasa, Congo/RDC