Mouvement des Focolari

Claretta Dal Rì et l’aventure de l’unité

Fév 26, 2016

Le 25 février s’en est allée une des premières amies de Chiara Lubich. Voici un article écrit par elle il y a quelques années, extrait de Città Nuova online, où elle relate sa rencontre avec l’Idéal de l’unité. Ses obsèques ont eu lieu le samedi 27 février au Centre Mariapoli de Castel Gandolfo.

Claretta_dal_Ri-04“Décembre 1948. Ce soir-là, dans le bureau de mon père, se retrouve la fine fleur des catholiques de Rovereto : les responsables des jeunes de l’Action Catholique, de la Conférence St Vincent de Paul, des Filles de Marie, du Tiers Ordre franciscain, et bien sûr notre curé. J’y suis aussi, âgée de 18 ans, responsable de la Jeunesse étudiante. Celle qui est venue nous parler s’appelle Valéria Ronchetti. Quelque chose en elle me surprend : elle parle de Dieu, mais pas comme j’en ai entendu parler jusqu’ici ; pour elle Dieu n’est pas une réalité extérieure, ni le fruit d’un raisonnement : Valéria est habitée par Lui. Elle exprime une réalité jaillie du cœur, qui émane de toute sa personne … J’en suis toute retournée. C’est un récit sur fond de guerre, avec des expériences sur ce qu’elle a trouvé dans l’Evangile avec ses compagnes, sur la façon dont elles ont découvert Dieu qui est Amour; c’est un torrent d’eau vive qui me submerge. A la lumière d’une bougie, car une coupure de courant est survenue, un monsieur d’un certain âge et très sérieux lui demande de façon un peu ironique : « Mais vous n’avez pas peur, mademoiselle, en enflammant ainsi la jeunesse ? Et si tout cela n’était qu’un feu de paille ? ». Claretta_dal_Ri-02Valéria est du genre très enthousiaste, elle s’exprime avec passion, y compris quand elle répond. Elle se lève et dit avec la même ardeur : « Mais comment donc? On n’a pas peur d’enthousiasmer les jeunes pour le sport, la musique, la peinture, la montagne, toutes choses très belles, mais qui passent ; et l’on a peur de les enthousiasmer pour Dieu qui est l’unique bien qui demeure ? » Grand silence dans la pièce. Je suis littéralement prise. La montagne, la musique, la peinture…n’avais-je pas jusqu’ici goûté à tout cela ? J’avais touché à tout ce qu’on peut avoir de beau et de sain, cela m’avait même occupée pendant des années, mais rien ne m’avait jamais vraiment comblée. Dans ma recherche, j’étais toujours restée insatisfaite. Mais alors… c’est là le cœur du problème, de ce que je cherche : c’est Dieu qui est la réponse à cette dernière période d’insatisfaction, de solitude, de relations confuses, d’activisme, d’ennui. . Tout le monde quitte le bureau, visiblement content, et salue Valéria avec le sourire. Mais il ne me semble pas qu’ils aient vraiment compris quelque chose de tout ce qu’elle a dit. Je me demande alors: si elle peut posséder ce dont elle a à peine parlé – et cela saute aux yeux – pourquoi n’en serait-il pas de même pour moi ? Et me revient alors à l’esprit cette phrase de St Augustin : « Si ceux-ci et ceux-là, pourquoi pas moi aussi ? » Je tends la main à Valéria: “ Je veux vivre comme toi, aide-moi!”. Nous nous saluons et nous nous donnons rendez-vous pour le lendemain. C’est alors que commence l’aventure ”. Source: Città Nuova online

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