Mouvement des Focolari

« La fraternité en politique »

Juil 18, 2012

Du chantier du Genfest arrivent des nouvelles de l’Observatoire permanent sur la fraternité. Allons explorer les racines de ce message, à travers quelques extraits d’un discours de Chiara Lubich aux politiques slovaques.

Vidéo en italien

C’était en mai 2001. Un groupe de parlementaires slovaques se retrouve pour réfléchir sur la fraternité. Chiara Lubich leur parle d’une prise de conscience, afin que la fraternité puisse devenir un point de rencontre authentique entre tous, dans la méthode comme dans les contenus, en racontant quelques épisodes qui impliquent aussi les représentants politiques.

« Ceux d’entre nous qui avaient des références religieuses la voyaient comme une expression à réaliser en politique, de l’expérience de se découvrir tous fils de Dieu et donc frères entre nous. Ceux qui se tournaient vers la laïcité, comme on dit aujourd’hui, se référaient au projet de la modernité, politiquement exprimé entre ombres et lumières par la révolution française – liberté, égalité, fraternité –, et la captaient dans les racines profondes de chaque être humain, même si, parmi ces objectifs, la fraternité était restée la moins suivie dans l’application.   (…)

Parce que la fraternité offre des possibilités surprenantes. Elle permet, par exemple, de comprendre et partager aussi le point de vue de l’autre, si bien qu’aucun intérêt, aucune exigence ne restent de côté. La fraternité permet de garder ensemble et de valoriser des expériences humaines qui risquent, autrement, de se développer en des conflits insolubles. La fraternité harmonise les expériences d’autonomies locales nées à nouveau, des jeunes citoyens qui contribuent beaucoup à la maturation de la démocratie, avec un sens de pleine appartenance à la patrie. (…) Elle consolide la conscience de l’importance des organismes internationaux et de tous ces processus qui tendent à surmonter les obstacles et réalisent d’importantes étapes vers l’unité de la famille humaine. La fraternité permet, en outre, d’introduire de nouveaux principes dans le travail politique quotidien et fait en sorte qu’on ne gouverne jamais contre quelqu’un ou en étant seulement l’expression d’une partie du pays. Il y a ceux qui ont une charge au gouvernement et d’autres à l’opposition : mais c’est seulement ensemble qu’ils garantissent la souveraineté des citoyens.

La fraternité concède encore que l’on vive pleinement le rapport entre l’élu et les citoyens de son territoire : lieu privilégié d’un dialogue qui fait jaillir les programmes de la collaboration entre sociétés civile et politique. Et encore pour la fraternité qui donne paix, sérénité, les partis trouveraient plus facile de se renouveler et de redécouvrir la grandeur de leur charge, parce qu’aucun d’eux n’est né par hasard, mais d’une exigence historique, d’un besoin partagé d’affirmer une valeur ; et ils seraient poussés à mettre en lumière la propre inspiration originale et les propres valeurs de fondation. Chaque parti, en même temps, reconnaîtrait les valeurs et les charges des autres partis en les stimulant, aussi à travers une critique, mais pleine d’amour et d’estime pour exprimer leur vraie identité et pour exécuter l’action que le bien commun attend d’eux. (…)

Donc la fraternité ne serait pas un « plus » de la politique, mais la substance, et elle devrait en définir les méthodes et les objectifs. C’est seulement ainsi que la politique pourrait acquérir son vrai sens : de service à la communauté, avec le citoyen comme sujet actif. (…) »

Bratislava (Parlement), 10 mai 2001

Chiara Lubich à un groupe de parlementaires slovaques

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