Mouvement des Focolari

L’amour est plus grand que tout

Août 22, 2018

Un amour à peine déclaré mais qui embrase déjà l'âme toute entière, la joie inouïe d'être ensemble, une expérience de bonheur qui conduit vers des choix définitifs. C'est la genèse de chaque mariage. Mais ensuite? Voici l'intervention de Anna et Alberto Friso, du Mouvement des Focolari, collaborateurs du dicastère Laïcs Famille et Vie.

Il y a maintenant plus de cinquante ans, nous-mêmes ne connaissions pas l’origine de notre amour.Il suffisait de nous savoir sur le chemin d’une aventure sans fin, stupéfaits de voir nos diversités si ajustées, si agréables et complémentaires que, tout en restant différents, nous nous sentions merveilleusement égaux. Nous étions prêts à tout, convaincus que personne ne s’aimait comme nous, parce que nous avions inventé l’amour. Moins d’un an après avoir prononcé notre oui à tout jamais, quelques ombres commençaient déjà à obscurcir notre horizon. Le travail, la fatigue, la routine… On le sait, arrive un moment où l’état amoureux finit. C’est alors que quelqu’un nous a révélé que la source de chaque amour est Dieu, car Il est amour. Nous aurions dû le savoir, parce qu’au moment de notre mariage Il était là avec nous, établissant pour toujours sa demeure au milieu de nous. Mais nous n’avions pas conscience d’un tel privilège, nous ne savions pas que sa présence faisait partie du « pack »! Nous ne l’avons compris que par la suite: Il nous donne tout de lui-même, et en échange Il ne nous demande qu’une petite chose: que nous nous aimions chaque jour de l’amour même dont Il nous aime. L’état amoureux finit-il? C’est alors à l’amour de prendre la relève. Parce que si la foi est une vertu pour ainsi dire intérieure, l’amour est son complément extérieur, visible. L’amour est plus grand que tout: plus que la foi, plus que l’espérance. Dans l’autre Vie, il n’y aura plus besoin de ces deux vertus. L’amour, au contraire, demeure aussi au Paradis. C’est l’amour qui fait de deux personnes une seule chair, une seule entité intouchable et indissoluble, un « nous » ouvert à l’Absolu. L’amour doit arriver à ce point paradoxal qui consiste à savoir devenir rien pour vivre l’autre. C’est seulement ainsi que notre amour peut refléter son dessein initial. Ce « nous » que constitue le couple est le premier fruit de la fécondité vitale de notre amour. La complémentarité entre l’homme et la femme, qui s’exprime à travers mille gestes quotidiens de service réciproque et de tendresse, jusqu’à la plénitude de l’intimité des corps, se réalise aussi dans le partage des espaces, des temps, des engagements: il s’agit d’un « nous » qui sait aller à l’extérieur, avant tout vers les enfants, et aussi vers les autres. Ce « nous » caractérise la façon dont les époux évangélisent, en se présentant aux autres comme un exemple parmi d’autres, jamais comme le modèle de la famille idéale, elle n’existe pas. Notre unique chance c’est l’amour, même si nous nous sentons imparfaits, même si nous avons l’impression d’avoir tout raté. L’important est de croire que dans l’instant présent nous pouvons être la personne qu’il faut pour l’autre, et cela s’avère possible à partir du moment où nous décidons de l’aimer tel qu’il est, sans prétendre qu’il change, en mettant en pratique les trois paroles « magiques » que nous enseigne le Pape François: s’il te plaît, merci, excuse-moi. On dit que la famille est en train de traverser aujourd’hui sa crise la plus tragique. Ne regrettons pas les bonheurs d’autrefois. Le temps propice au bonheur, c’est aujourd’hui. C’est au cœur de la famille que jaillit la vie. On y apprend à partager, à se réjouir et à souffrir, à connaître la maladie et à affronter la mort. L’amour en fait le lieu de l’impossible. En témoignent de nombreuses familles qui accueillent l’enfant même s’ils naît avec un handicap, qui l’adoptent précisément précisément pour cette raison, qui prennent chez eux leurs parents âgés, qui ouvrent leur maison aux migrants, qui aident à se rétablir leurs enfants en proie aux addictions. Au cours de ces cinquante ans et plus, la vie nous a enseigné beaucoup de choses. Nous avons appris à nous réjouir et à prier, à accueillir et à espérer. Nous nous sommes trompés bien des fois, mais avec la grâce de Dieu et en pardonnant, nous avons recommencé à aimer. En remettant constamment notre amour entre Ses mains, Dieu n’a jamais hésité, comme à Cana, à changer notre pauvre eau en un vin généreux, en le mettant même prodigieusement à la disposition de ceux qui nous entourent. Et désormais, même si, avec le temps qui passe, la passion diminue et viennent en évidence les limites de nos caractères, nous continuons à puiser avec confiance à Son intarissable source, heureux de nous sentir compagnons et complices jusqu’à la fin.

0 commentaires

Soumettre un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *


S'abonner à la lettre d'information

Mot du jour

Articles connexes

En audience chez le pape Léon XIV

En audience chez le pape Léon XIV

Le samedi 21 mars 2026, les participants à l’Assemblée Générale du Mouvement des Focolari ont été reçus en audience privée par le pape Léon XIV. Le souverain pontife a réaffirmé l’essence et la fécondité du charisme de l’unité, don de Dieu pour l’Église et pour le monde, et a encouragé à vivre cette phase de post-fondation avec confiance, transparence et responsabilité.

Évangile vécu : « Reste avec nous, car le soir tombe » (Lc 24,29)

Évangile vécu : « Reste avec nous, car le soir tombe » (Lc 24,29)

Comment pouvons-nous prendre conscience de la présence de Jésus lorsque la nuit, les injustices et les inégalités surviennent? Lorsque la fatigue et la souffrance semblent obscurcir toute espérance? Le chemin d’Emmaüs devient le symbole du parcours de foi de chacun, de notre désir profond de retrouver le Christ dans les choix de chaque jour ; une rencontre qui conduit à la joie et au témoignage partagé. C’est l’invitation émouvante que nous pouvons tous lui adresser afin que, une fois retrouvé, il demeure avec nous et parmi nous.

Pâques : le fondement de la grande espérance

Pâques : le fondement de la grande espérance

Cette réflexion sur les raisons et les origines pascales de l’espérance chrétienne, qui « ose » encore parler aux hommes d’aujourd’hui, nous est proposée par Declan J. O’Byrne, théologien et recteur de l’Institut Universitaire Sophia.