28 Avr 2017 | Non classifié(e)
Le 24 avril, le Professeur Benjamin Barber nous a quittés après une courte maladie. Il avait 77 ans. Il laisse son épouse Leah et sa fille Cornélia. Philosophe de la politique, auteur de divers ouvrages, dont le best-seller Jihad Vs. McWorld, Barber a dédié sa vie, passionnément et jusqu’au dernier instant, aux questions de la citoyenneté et de la démocratie. Il était convaincu que les grands défis de l’interdépendance peuvent se résoudre de façon positive si les citoyens s’engagent à vivre les vertus civiques et participent activement à la vie politique. Sceptique quant à la capacité des états-nations à donner des réponses aux défis de la globalisation contemporaine (changement climatique, terrorisme, immigration, pauvreté), Barber a souligné, au cours des dernières années, l’indispensable rôle protagoniste des villes. Dans son livre “Si les Maires gouvernaient”, il a démontré comment les villes répondent aujourd’hui de manière plus efficace que les États aux problèmes de notre monde interdépendant. C’est pourquoi, ces dernières années, Barber, avec la passion et la ténacité qui l’ont toujours caractérisé, avait créé le Parlement Mondial des Maires, auquel ont déjà adhéré 49 maires, parmi lesquels les italiens Leoluca Orlando et Virginio Merola. J’ai connu Barber le lendemain du 11 septembre, à New-York, dans la maison du journaliste italien Antonio Monda. Nous dînions en compagnie de Leoluca Orlando et Barber nous a parlé d’une de ses nouvelles initiatives : proposer chaque année une Journée Mondiale de l’Interdépendance le 12 septembre, jour qui suit l’anniversaire de l’attaque des Tours Jumelles et du Pentagone. En fait, pour Barber la réponse à l’attaque du 11 septembre ne pouvait pas être militaire, mais elle devait naître d’un engagement commun pour trouver ensemble des solutions appropriées et durables aux grands défis de la globalisation, qui, ne pouvaient pas être traités de manière isolée. Rappelant que les États-Unis étaient nés avec la Déclaration d’Indépendance, Barber a insisté sur la nécessité d’une nouvelle Déclaration de l’Interdépendance. Par la suite, j’ai collaboré étroitement avec lui pour organiser la première Journée de l’Interdépendance, symboliquement célébrée à Philadelphie. Ensemble, nous avons conçu et organisé la deuxième édition de cette journée à Rome, en 2004, avec la contribution essentielle du Mouvement des Focolari. C’est à cette occasion que j’ai eu le privilège de présenter Chiara Lubich au Professeur Barber et d’être témoin des différentes rencontres et des entretiens qu’ils ont eus au cours des années 2003 et 2004. Je me souviens que vers la fin de leur première rencontre, en juin 2013, à Rocca di Papa, Chiara, après l’avoir écouté attentivement, fit remarquer que le concept d’interdépendance était important, mais pas suffisant. Chiara, au cours de cette première rencontre, lui a dit: “Il faut non seulement l’interdépendance, mais ensuite aussi la communion. Il faut que les biens circulent. Mais ils ne bougent pas tout seuls, et pour cela il faut que les cœurs se mobilisent. C’est la raison pour laquelle je parle de la fraternité universelle, que nous réalisons pour le moment entre personnes ou entre groupes, mais si nous commencions à faire vivre cette fraternité entre les nations, nous pourrions résoudre le problème du terrorisme à sa racine ». Barber répondit: «Oui. L’expression “interdépendance” est une version légère du mot “communion”. C’est le premier pas vers la communion ». Et d’ajouter: « La démocratie a aussi à voir avec l’esprit, elle commence par une habitude qui vient du cœur et ensuite elle s’exprime de façon séculière. Aussi très souvent la séparation entre le spirituel et le temporel est exagérée ». Ce dialogue entre Barber et Chiara Lubich résonne encore de nos jours en raison de son indiscutable actualité. Barber nous laisse aujourd’hui le précieux héritage d’un engagement intellectuel et civique pour donner vie à une citoyenneté globale qui nous rapproche de l’unité Aldo Civico Source: Città Nuova
27 Avr 2017 | Non classifié(e), Parole di vie
À la fin de son évangile, Mathieu raconte les derniers événements de la vie terrestre de Jésus : Il est ressuscité et a mené sa mission à son terme. Il a annoncé l’amour de Dieu qui régénère chacun et permet la fraternité entre les hommes. Pour l’évangéliste, Jésus est « le Dieu avec nous », l’Emmanuel promis par les prophètes et attendu par le peuple d’Israël. Avant de retourner au Père, Jésus rassemble ses disciples et leur confie la poursuite de son œuvre. Entreprise difficile ! Mais le Seigneur les rassure : il leur promet sa présence chaque jour « jusqu’à la fin des temps » pour les accompagner et les encourager. Avec son aide, ils seront ses témoins. Alors beaucoup pourront le rencontrer à leur tour, vivre son commandement d’amour et former le nouveau peuple de Dieu. On pourrait dire que la joie de Dieu est de se tenir à côté de chacun de nous chaque jour jusqu’à la fin de notre histoire personnelle et de celle de l’humanité. Où pouvons-nous le rencontrer ? Chiara Lubich affirmait : « Jésus est là, au coin de la rue, à côté de moi, de nous. Il se cache dans ceux qui sont démunis, méprisés, les petits, les malades, ceux qui ont besoin de conseils, ceux qui sont privés de liberté. Il est en tous ceux qui n’ont plus apparence humaine, dans les marginaux et il dit : “J’ai eu faim et vous m’avez donné à manger” 1. Apprenons à découvrir où il se trouve 2. » Il est présent dans sa Parole et, si nous la mettons en pratique, elle renouvelle notre vie. Il est présent dans l’eucharistie et dans son Église. Il est présent quand nous faisons naître la concorde autour de nous 3. « Et moi, je suis avec vous tous les jours jusqu’à la fin des temps » : que d’espérance nous donne cette promesse ! Quel encouragement à le rechercher sur notre route ! Ouvrons notre cœur et nos mains à l’accueil et au partage, personnellement et dans nos communautés : familles, églises, lieux de travail, associations civiles et religieuses. Jésus nous émerveillera de sa joie et de sa lumière, signes de sa présence. Alors nous ferons peut-être nous aussi une expérience comme celle-ci : « Ma belle-mère a une grande affection pour son fils, au point d’être un peu jalouse de moi. Or il y a un an, elle est tombée gravement malade. Du coup, il lui fallait une aide à domicile et des soins, que ma belle-sœur, sa fille, n’était pas en mesure de lui donner. « À peu près à cette époque, j’ai participé à une rencontre d’été des focolari, où j’ai découvert l’amour de Dieu. Ma vie en a été bouleversée ! En rentrant, mon mari et moi avons décidé d’accueillir ma belle-mère à la maison, sans aucune crainte. La lumière reçue me donnait un regard nouveau. Je savais désormais que c’est Jésus que je soignais et assistais en elle. À ma grande surprise, elle a accueilli avec amour chacun de mes gestes pendant cette longue période. « Après des mois de souffrances, elle est partie auprès de Dieu dans la sérénité, en laissant une grande paix dans le cœur de chacun. » Ce mois-ci, levons-nous chaque matin avec cette pensée : « Aujourd’hui je voudrais découvrir où Dieu désire me rencontrer. » Letizia Magri ___________________________________________________ 1 Mt 25,35. 2 D’après Chiara LUBICH, Découvrir Dieu proche (parole de vie de juin), Città Nuova, 26 [1982], 10, p. 44. 3 Cf. Mt 18,20.
27 Avr 2017 | Focolare Worldwide
En 2010, j’ai été envoyé dans la paroisse de Sainte Marie, dans les environs de Man, capitale de la Côte d’Ivoire. A ce moment-là, je ne connaissais pas les traditions et la culture africaines. J’ai tout de suite été touché par la force et la vitalité de ces personnes, malgré la grande pauvreté et les conséquences désastreuses de la guerre. Avec le temps, j’ai appris à reconnaître la peur ancestrale par rapport aux blancs. Pour moi, prêtre d’origine suisse, il ne s’agissait pas de distribuer des aides économiques, mais de me mettre profondément à l’écoute. Ce que je pouvais offrir, c’était moi-même, mon entière disponibilité, l’absence de prétentions. J’habitais dans la Mariapolis Victoria, citadelle du Mouvement des Focolari, près de Man. Je partais de là chaque matin à vélo, vers mon quartier, j’allais à la rencontre des personnes dans les magasins, les bureaux, les rues. Je saluais tout le monde, en passant dans les ruelles, et m’arrêtant pour parler, en essayant parfois d’apporter la paix au milieu d’une bagarre. Je portais une attention particulière aux enfants : je parlais et je jouais avec eux et si quelqu’un n’était pas bien, je l’emmenais au dispensaire de la citadelle. Je faisais aussi la même chose avec les parents et la famille. Pour cette raison, presque tous les enfants de la paroisse ont appris à me connaître et à me présenter à leur tour aux adultes. A l’occasion des fêtes, je traversais avec eux le quartier pour souhaiter les vœux aux familles chrétiennes et musulmanes. J’ai ainsi pu faire amitié aussi avec l’Imam et avec les pasteurs d’Églises évangéliques. Un jour, un jeune de la paroisse m’a accosté, il voulait faire quelque chose pour les jeunes des villages, qui à cause d’un malentendu avaient décidé de ne plus fréquenter l’Église. Dans le but de les soutenir pour leurs voyages, je les ai encouragés à faire de petites activités : un geste d’auto-financement très apprécié également par l’évêque. Dans les onze villages dans lesquels nous nous sommes rendus, les jeunes du lieu, après avoir été sensibilisés, se sont mis à visiter les malades et les personnes âgées. Au cours de l’Année de la Miséricorde, avec les habitants de la Mariapolis Victoria, nous avons soutenu l’évêque dans les projets du diocèse, en accueillant une rencontre avec les chefs selon la tradition, les pasteurs des églises évangéliques et les Imam. La marche pour la fraternité entre les peuples, qui a traversé toute la ville, s’est terminée dans la citadelle. J’ai également remplacé pour une période, l’aumônier de la prison civile. Pendant les célébrations, j’essayais de souligner l’importance de mettre en pratique l’Évangile. Parfois, d’autres personnes m’accompagnaient afin de donner leur témoignage. Ces célébrations se déroulaient sous un préau, dans une cour, au milieu d’une grande confusion. J’ai donc apporté un haut-parleur, en les invitant à l’utiliser aussi lorsqu’ils faisaient d’autres activités. J’ai su par la suite qu’ils l’avaient prêté aux musulmans, et que l’Imam avait été touché par cet acte de générosité, qu’il avait qualifié de ‘’typiquement chrétien’’. Avant mon départ, ils ont voulu organiser une fête pour me saluer, la direction de la prison était aussi présente. Et ils m’ont dit :’’Tu as mis en pratique ce que tu as prêché’’.
26 Avr 2017 | Non classifié(e)
l ne reste que trois jours avant l’ouverture, le 29 avril, de la Semaine Monde Uni avec du Meeting international des Jeunes pour un Monde Uni à Loppiano. Un RDV très attendu :500 jeunes sont dans les starting-blocks. « United World Project » est l’objectif qui les anime et qu’ils diffusent à l’aide de toutes les modalités de communication possibles. Mais en quoi consiste le Projet dont ils veulent être les protagonistes ? C’est un réseau de gestes innombrables, contagieux et courageux, qui puissent jeter des ponts, ouvrir des chemins de dialogue et de solidarité, montrer des parcours de fraternité. “La crise financière, économique et surtout culturelle qui traverse tous les Pays – peut-on lire dans le programme intitulé « Fraternité universelle : une chance pour le monde ? » – pose des questions à notre époque. Comment donner un avenir de paix, de liberté, de justice, aux peuples de la terre ? Nous voulons avancer en partant de l’unité de la famille humaine, montrer l’horizon de la fraternité universelle aux hommes et aux peuples. C’est le projet de notre vie ». La bordure qui va du Golf du Mexique à l’Océan Pacifique (3169 kms de barrières métalliques et de és, de tours de contrôle), donne symboliquement forme aux rêves brisés de nombreux migrants à la recherche d’un avenir. Dans les environs, à Mexicali (mais c’est le cas aussi à Calexico, du côté des États-Unis), un groupe de jeunes mène des actions depuis plusieurs années : malgré ce mur, ils croient vraiment à un monde sans murs. “Nous avons commencé à chanter dans un parc de notre ville situé juste à côté du mur frontalier. Une façon d’apporter un peu de réconfort à ceux qui transitent dans le secteur. La deuxième étape a consisté à entrer dans la prison de très haute sécurité de la ville où cohabitent 4000 personnes, pour leur offrir musiques et chansons. Après avoir subi de nombreux contrôles, on nous a permis de passer quelques heures avec 130 détenus réunis dans une salle. Pendant le déjeuner, ils nous ont dit que c’était la seule visite qu’ils avaient eue au cours de ces deux années ». En 2016 une étape de la course de relais mondiale Run4unity a eu lieu juste à côté du mur. « Nous avons voulu mettre notre drapeau le long du mur comme symbole de l’unité que nous nous engageons à construire avec tous ceux qui vivent de l’autre côté ».
25 Avr 2017 | Focolare Worldwide
L’amitié des Focolari avec “Fazenda da Esperanca” remonte à plusieurs années, lorsque la première « Fazenda » voit le jour. On est en 1983 : Nelson Giovanelli, un jeune brésilien de la ville de Guaratinguetà (dans l’arrière-pays de Sao Paulo), rentre en contact avec un groupe de jeunes toxicomanes, poussé par les paroles de l’apôtre Paul : « Je me suis fait faible avec les faibles… ». Un des jeunes se sent concerné et demande de l’aide pour sortir de son addiction à la drogue. Beaucoup d’autres le suivent. Nelson connaît et vit la spiritualité de l’unité de Chiara Lubich. A ses côtés Hans Spatel, un franciscain allemand, soutient son initiative dès le début. L’œuvre naissante va donc se développer et repose sur ces « deux charismes », comme l’a souligné le pape émérite Benoit XVI lors de sa visite à la communauté de Pedrinhas au cours de son voyage apostolique au Brésil en 2007 : le charisme de l’unité de Chiara Lubich et celui de la pauvreté de St François d’Assise. Dimanche 23 avril 2017: un groupe de 60 personnes, des jeunes et des adultes, visite le Centre international du Mouvement des Focolari, à Rocca di Papa (Italie). Ils viennent pour la plupart du Brésil, mais il y a aussi des représentants d’autres pays latino-américains comme l’Uruguay, l’Argentine, le Paraguay et le Mexique ; l’Allemagne et la Suisse ; l’Angola et le Mozambique, et les Philippines. Leurs quatre fondateurs sont avec eux : Frère Hans Stapel, Nelson Giovanelli Rosendo dos Santos, Lucilene Rosendo, Iraci Leit, ainsi que leur conseil général pour l’Europe.
“Le but de ce voyage – explique Frère Hans – est de faire connaître en Europe l’expérience de la Fazenda. Offrir cette possibilité d’aide aux jeunes qui aujourd’hui souffrent de l’esclavage des addictions. Nous irons en Italie, mais aussi en Suisse, en Allemagne, en France, en Pologne et au Portugal, c’est-à-dire dans les Pays où des Fazendas sont présentes et où ces 60 personnes donneront leur témoignage. Chez nous elles ont découvert une vie nouvelle et c’est pourquoi elles ont décidé d’entreprendre, pendant trois mois, une expérience missionnaire et d’évangélisation en Europe. Elles ont fait un gros effort pour payer leur billet d’avion, un signe concret de leur témoignage vécu dans la gratuité ». Pourquoi vous rendre au Centre du Mouvement des Focolari? « Parce que c’est notre grand désir – répond Nelson Giovanelli – de leur donner l’occasion de connaître les origines du charisme dans lequel s’enracinent les Fazendas ». Et de rappeler ensuite sa lettre écrite à Chiara Lubich en 1990, où il lui fait part de son appel à aimer « Jésus abandonné dans les personnes victimes de la drogue ». Chiara l’encouragea à suivre cet appel de l’Esprit. Aujourd’hui on compte 124 Communautés de Vie réparties dans diverses régions du monde. Elles accueillent plus de 3000 jeunes décidés à se libérer de l’addiction à la drogue, à travers une redécouverte personnelle de la dignité et des valeurs de la vie. En Europe il y a 14 Fazendas et au cours de ces mois quatre autres seront inaugurées (en France, Pologne et Italie).
Dans les “Fazendas de l’Espérance”, des personnes se dédient volontairement et s’engagent gratuitement au service des jeunes. Elles forment ainsi la communauté de la « Famille de l’Espérance ». « Mon père était alcoolique, il ne croyait pas en l’amour… – raconte Priscilla, une jeune argentine -. Quand j’ai découvert la Fazenda et que je m’y suis engagée comme bénévole, j’ai retrouvé la relation avec lui, après quinze ans d’éloignement. Je lui ai pardonné et petit à petit il a cessé de boire. Le pardon pour moi c’est tout, il résume ma vie : Dieu, je le trouve dans l’amour que je donne ». Jesús Morán, coprésident des Focolari, leur a transmis les salutations de Maria Voce et les a remerciés pour leur témoignage de vie évangélique. Il leur a souhaité à tous « d’être toujours proches des personnes qui souffrent, de Jésus abandonné, afin que “tous soient un”, en commençant par les plus délaissés ». Leur séjour en Italie prévoit la visite de la ville de St François et de la Cité pilote internationale de Loppiano, où ils participeront au Meeting « Pulse » ainsi qu’au rendez-vous festif des jeunes le 1er mai.