Mouvement des Focolari

Après Grand Bassam : un témoignage de la Côte d’Ivoire

Mar 28, 2016

L’attentat terroriste du 13 mars, qui a fait 18 morts, a déstabilisé la région. Les menaces continuent à tomber en différents endroits. La petite communauté des Focolari, qui travaille dans le quotidien à construire la paix, ne plie pas face à la violence. Les paroles du nonce et de l’imam.

20160329-01« Le 13 mars dernier la Côte d’Ivoire et le monde entier ont appris avec stupeur que la ville balnéaire de Grand-Bassam a été durement frappée par des inconnus et qu’il était encore difficile de compter le nombre des victimes », écrivent Jeanne Kabanga et Damase Djato, des Focolari à Abidjan. « On peut imaginer le carnage, parce que durant le week end beaucoup d’abidjanais s’y rendent, 40 km séparent les deux villes, ainsi que des gens d’autres endroits de la région, pour se reposer sur cette plage devant l’hôtel appelé ‘l’étoile du Sud’. C’est un endroit fréquenté surtout par les touristes de tout bord. Grand-Bassam –rappelons-le- fut la première capitale de la Côte d’Ivoire et a été classée au patrimoine mondial de l’UNESCO ».

MonsJosephSpiteri

Mons. Joseph Spiteri

Le même jour, 180 personnes étaient réunies à Abidjan pour souligner l’actualité du message de Chiara Lubich, qui avait reçu en 1996 le prix UNESCO pour l’éducation à la paix et dont la date anniversaire de la mort était justement le 14 mars. Parmi eux se trouvaient le nonce apostolique en Côte d’Ivoire, Mgr Joseph Spiteri, et l’imam Diara. Chaque année, à son invitation, la communauté des Focolari participe à la célébration du Maouloud dans sa mosquée (commémoration de la naissance du Prophète). « Leurs paroles – et partant de l’invitation de Chiara faite aux politiciens de vivre l’art d’aimer comme véritable thérapie pour notre temps – nous ont fait découvrir ensemble notre devoir commun de rester fidèles à l’amour envers tout le monde sans distinction. Cela éviterait de se perdre dans le fondamentalisme, et de développer au contraire l’espérance et la miséricorde ». « Notre tendance, par contre, a souligné le nonce, est de faire passer le jugement avant la miséricorde », alors que « si musulmans et chrétiens s’aimaient », a souligné l’imam, « le monde serait sauvé ». Les jeunes garçons et filles présents racontent leur engagement à récolter des signatures pour la paix : après avoir préparé avec soin des messages de Gandhi, de Mère Teresa de Calcutta, de Chiara Lubich, du Dallai Lama, à distribuer aux personnes, ils sont sortis dans la rue. « Ce n’était pas facile de nous approcher des adultes pour présenter notre projet, que nous continuerons pendant le Semaine Monde Uni, mais nous avons dépassé notre peur ». Les expériences de vie des plus petits est ce qui a le plus touché les participants, parce qu’elles étaient imprégnées d’épisodes concrets qui expriment leur engagement à être « messagers de paix dans leur milieu. « Une fois, à la maison –raconte Marie Lucie – ma petite sœur n’avait pas fait la vaisselle. Au déjeuner nous n’avions donc pas où manger. Je lui ai dit de la faire mais elle n’a pas voulu. Je me suis dit ‘si je les lave je fais un geste de paix’. C’est ce que j’ai fait et nous avons pu déjeuner ». « A l’école – raconte Prince – quelques-uns de mes copains se moquaient d’un autre, plus faible, en l’insultant et le frappant. Accompagné d’un autre garçon, nous avons décidé d’intervenir en parlant avec eux. Nous avons expliqué les idéaux de paix auxquels nous croyons et leur avons demandé de le laisser tranquille. Ils se sont arrêtés et maintenant ils sont devenus amis. » Dans ce contexte, même la présentation de l’Economie de Communion, qui en Côte d’Ivoire a déjà fait brèche, montre un antidote possible à la pauvreté et à la misère ; actions, même petites, comme l’activité de Firmin en faveur de l’instruction dans un des quartiers d’Abidjan, qui prennent plus de valeur puisqu’elles essaient de construire la paix de façon capillaire. La récolte de signatures pour la paix a poussé chacun à s’engager plus personnellement. 160220_Abidjan_06_rid« Seulement de retour chez nous – continuent Jeanne et Damase – nous avons appris à la télévision la nouvelle de l’attentat de Grand-Bassam. Après cette journée où nous avons entendu parler et expérimenté la paix, l’appel était clair pour être des ouvriers de paix, en mettant en pratique ce que nous avions appris et surtout en essayant avant tout de conserver la paix en nous, pour ensuite la répandre autour de nous. Seulement ainsi, nous semble-t-il, nous pouvons faire notre part pour désamorcer le terrorisme et toute sorte de haine ».

0 commentaires

Soumettre un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

S'abonner à la lettre d'information

Mot du jour

Articles connexes

1er septembre : début du « Temps de la Création »

1er septembre : début du « Temps de la Création »

Dans le message publié à l’occasion de la Journée mondiale de prière pour la sauvegarde de la Création, Léon XIV exhorte à surmonter la crise éthique et culturelle actuelle, qui se caractérise par la soif de guerre, la domination et la recherche du profit. Il faut « une véritable conversion écologique » qui naisse du cœur.

Évangile vécu : le regard tourné vers le frère

Évangile vécu : le regard tourné vers le frère

La Parole de l’Évangile proposée pour ce mois-ci est : « Mon âme exalte le Seigneur », le début du chant de Marie lors de sa rencontre avec Élisabeth.
“ Les paroles de cet hymne”, dit le commentaire de la Parole de Vie, “nous invitent à comprendre l’intervention salvifique de Dieu dans notre histoire personnelle et communautaire, jusqu’aux cieux nouveaux et à la terre nouvelle que la révolution sociale de l’Évangile inaugure “.
Ces expériences nous montrent que louer Dieu signifie prendre le parti des petits et croire que le monde peut, et doit, changer.