Mouvement des Focolari
Instruments de Son amour

Instruments de Son amour

Nouvelle musique entre nous « Lorsque j’ai connu l’Évangile, j’ai compris que je devais aimer. Par qui commencer? Par ma professeure de musique, que je ne supportais pas. En classe, j’avais dit à plusieurs reprises ce que je pensais d’elle et, pour cette raison, elle avait convoqué ma mère plusieurs fois et s’était plainte de moi. Un jour, après le cours, j’ai demandé à lui parler. Croyant que je voulais contester la note qu’elle m’avait donnée, elle ne voulait pas me recevoir. Je lui ai répondu que je souhaitais seulement lui demander pardon et que j’avais compris que, dans la vie, nous pouvons essayer d’aimer tout le monde. Même si au début elle m’a mal comprise, j’ai continué à lui parler de moi, de mon nouveau rapport avec Dieu, même en sachant qu’elle n’est pas croyante. Notre entretien s’est poursuivi et j’étais vraiment heureuse. Depuis, nous avons établi un bon rapport, et je découvre en elle beaucoup de choses positives que je n’imaginais pas auparavant. » (Veronica, République Tchèque) La beauté d’aller à contre-courant « Je travaille dans un salon de beauté, avec d’autres coiffeuses et esthéticiennes. Le salon est toujours plein de clientes. Il y a beaucoup de bavardages, parfois il arrive même d’entendre des plaintes ou des disputes. J’essaye de vivre ici aussi ce que j’ai appris de l’Évangile. J’aide une collègue qui fait seule un travail difficile, je tends le sèche-cheveux à une autre. Lorsqu’il fait trop chaud, je prépare quelque chose à boire pour tout le personnel. Il arrive parfois que des femmes riches entrent, accompagnées d’une domestique, et la laissent dehors, malgré la chaleur. Alors je les fais entrer au frais et leur offre à boire. Quelques fois, certaines me regardent avec curiosité, dans le salon il n’est pas habituel de faire cela. Mais l’Évangile me donne le courage d’aller à contre-courant. Et puis je vois que personne ne m’a fait de remarques. L’amour silencieux ne dérange pas. » (Razia, Pakistan) Social Ice Cream « Une glace pour se connaître: l’année dernière, la formule avait plu! Les habitants de notre rue s’étaient réunis autour d’une glace. Cette année, nous avons dit: pourquoi ne pas élargir l’initiative à toutes les familles du quartier? Des familles provenant de différents pays y vivent. Nous sommes tous très occupés et toujours pressés. Pourtant, il suffit de peu pour se connaître, échanger quelques mots, instaurer de nouveaux rapports de voisinage. Alors que nous invitions personnellement chaque famille en faisant du porte à porte, on ressentait la curiosité et l’envie de se connaître. Plus de soixante personnes de tous âges sont venues à la soirée, qui s’est tenue dehors dans notre rue. En plus de la glace, chacun a voulu apporter quelque chose à partager, dans un climat d’amitié, souligné par une musique de fond, un choix de mélodies des différentes ethnies des participants. Depuis lors, dans la rue ou dans les magasins, nous nous saluons chaleureusement et avec complicité. Nous avons quelque chose en commun. Nous nous connaissons mieux, nous partageons les nouvelles, bonnes ou mauvaises. Un de nos voisins, lorsqu’il a appris que quelques familles avaient besoin de meubles, a offert sa salle à manger, encore en excellent état. Il a suffi d’une glace pour créer une petite communauté. » (Vince et Maria, Canada) De “Una Buona Notizia,”, Città Nuova Editrice, Roma 2012,

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Sicile: d’un “Quartier X” à un “Quartier Nouveau”

«Nous sommes mariés depuis plusieurs années et nous avons trois enfants. Il y a quelques années, nous devions déménager, et pour être cohérents avec notre choix de vie » – marqué par la fraternité – « nous avons choisi d’aller habiter dans un quartier pauvre, démuni de tout. Nous voulions partager, spécialement avec les derniers, les problèmes et les besoins qui se présentaient à eux chaque jour ».

Gela, depuis 1987, est connue pour sa forte présence de criminalité organisée, accompagnée de violence et d’homicides. Peur et préoccupations engendrent l’indifférence et la fermeture, et chacun est amené à vivre isolé entre les quatre murs de chez lui. Le Quartier Fondo Iozza est le nouveau domicile de la famille. Rues étroites, pleines de boue, sans éclairage public… Un changement est nécessaire. Rosa et Rocco comprennent qu’il doit partir d’eux-mêmes.

Une nuit, au cours d’un orage, le téléphone sonne. Quelques garages étaient sous les eaux et une menuiserie risquait d’être noyée dans l’eau et les ordures. Le propriétaire, un voisin, était désespéré. « Je me suis aventuré dans la boue avec la voiture » explique Rocco. « Cette nuit-là nous avons travaillé jusqu’à cinq heures du matin, en faisant tout notre possible pour évacuer l’eau des locaux et encourager le propriétaire de la menuiserie ; d’autres sont venus donner un coup de main, la solidarité a commencé à se frayer un chemin et petit à petit nous avons eu la sensation que la situation s’était débloquée : si nous n’étions pas intervenus, les dommages auraient été plus grands ».

Avec les familles du quartier on commence à discuter sur des problèmes variés: les conduites des eaux usées qui n’existent pas ce qui occasionne les maladies graves, la condition des routes et du réseau d’eau. « Nous avons réussi à dialoguer parce qu’avant nous avons cherché le rapport entre les différentes familles – déclare Rose – et cette expérience nous a menés à voir de manière différente ces mêmes problèmes avec les administrations.  Nous avons réussi avec le temps à passer de la logique de la protestation  à celle du dialogue avec les différents maires qui à partir de ce moment-là étaient plus disponibles à collaborer ».

Un comité naît et Rocco est nommé président, grâce à la confiance conquise « sur place ». Premier objectif : redonner espoir aux personnes découragées par les promesses qui n’ont pas abouti. Lentement chacun s’est découvert « un sujet politique », justement grâce à la participation active à la solution des problèmes. Cela n’est pas resté inaperçu et le groupe obtient le déblocage de fonds pour l’assainissement du quartier.

A Fondo Iozza, avant appelé « Quartier X », beaucoup de choses ont changé : le réseau d’eau potable et d’eaux usées est fait, comme la connexion au gaz et l’éclairage public. On arrive même à la réalisation d’infrastructures secondaires (l’église paroissiale, le secteur sportif, un centre social pour « vivre » la communauté qui est en train de se former). Rebaptisé   « Nouveau Quartier », il est reconnu comme un quartier « pilote », où chaque jour un pas en avant se fait pour humaniser le territoire qu’on habite.

Passages d’une conversassions, d’il y a quelques années, de Rocco Goldini, diacre et inspecteur-chef de la police municipale de Gela, en Sicile, connu pour son engagement pour une citoyenneté « active ». Un engagement qui même aujourd’hui, après sa disparition, continue à donner des résultats.

Source : Humanité Nouvelle online.

Mars 2014

« Si vous observez mes commandements, vous demeurerez dans mon amour, comme, en observant les commandements de mon Père, je demeure dans son amour »

Demeurer dans son amour donc. Que veut dire Jésus par cette expression ?

Il veut dire, sans aucun doute, que la mise en pratique de ses commandements est le signe, la preuve que nous sommes ses vrais amis ; c’est à cette condition que Jésus nous donne ‘en échange et nous assure son amitié.

Cependant, cette expression peut aussi s’interpréter ainsi : vivre ses commandements construit en nous un amour qui est celui de Jésus lui-même. Il nous communique sa façon d’aimer, celle que nous constatons dans toute sa vie terrestre : un amour qui faisait de Jésus un seul être avec le Père et le poussait, en même temps, à s’identifier à tous ses frères, à n’être qu’un avec eux, surtout les plus petits, les plus faibles, les plus marginaux.

C’était un amour qui guérissait toute blessure de l’âme et du corps, donnait la paix et la joie à tous les cœurs, surmontait toute division en reconstruisant la fraternité et l’unité entre tous. Si nous mettons en pratique sa parole, Jésus vivra en nous et nous fera devenir, nous aussi, instruments de son amour.

« Si vous observez mes commandements, vous demeurerez dans mon amour, comme, en observant les commandements de mon Père, je demeure dans son amour »

Comment vivre la Parole de vie de ce mois ? En vivant résolument l’objectif proposé : une vie chrétienne qui ne se contente pas d’observer au minimum ses commandements et de façon froide et extérieure, mais qui soit empreinte de générosité. Les saints ont agi ainsi, eux qui sont Parole de Dieu vivante.

Ce mois-ci, prenons une des Paroles de Jésus, un de ses commandements et cherchons à le traduire dans notre vie.

Et puisque le commandement nouveau de Jésus : « Aimez-vous les uns les autres comme je vous ai aimés » est un peu le cœur, la synthèse de toutes les paroles de Jésus, vivons-le de la façon la plus radicale possible.

Chiara Lubich

*Parole de Vie publiée en mai 1994

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La vie, une recherche de l’harmonie divine

Notre expérience sur terre s’inscrit continuellement dans nos relations avec les autres. Quand on est en contact avec les enfants, on voit que de leurs yeux émane une lumière qui vient d’ailleurs. On rencontre aussi des personnes  sincèrement engagées au service de l’humanité ou des travailleurs très justes et honnêtes, capables de diffuser autour d’eux un climat qui  élève au-dessus des contingences matérielles.

La nature humaine est à la recherche, inconsciemment peut-être, du divin. Mais on a besoin de le trouver et cela demande qu’on s’y applique. Qui cherche trouve. Toute notre existence, faite de hauts et de bas, de joies et de peines,  d’expériences en tout genre,  aspire vers ce bien que nous appelons Dieu, même si nous ne nous en rendons pas compte.

Inversement, si nous nous en apercevons, autrement dit si nous valorisons chaque événement pour scruter le mystère de l’existence, nous trouvons Dieu et en lui la paix et la compréhension des choses. La révélation de Dieu à l’âme  ressemble à l’éducation que les parents donnent à leurs enfants, elle est faite de caresses et de réprimandes, de sourires et de larmes. C’est ainsi que le Père Eternel agit avec nous. Notre intimité avec Lui grandit au fur et à mesure des purifications. On Le sent pour autant qu’on l’aime. Le Seigneur a dit : « Heureux les cœurs purs, ils verront Dieu » (Mt. 5, 8). Pour entrer dans cet amour qui rend Dieu manifeste, la pureté de cœur est donc requise.

Ceux dont  le cœur est ainsi  perçoivent le monde comme traversé par un souffle qui donne vie à l’âme, tout en lui offrant simultanément la poésie et l’art, le savoir et la santé, la victoire sur le mal, l’effusion des sentiments, la conscience d’une vitalité plus grande que les galaxies. Nous ne nous en rendons peut-être pas compte, mais ce souffle correspond  presque à celui de l’Eternel, qui produit cellules et  planètes, sentiments et raisonnements, qui donne joie à l’enfant et paix au vieillard.

L’homme libre, au cœur pur, se trouve ainsi entraîné par un courant d’amour sans limites qui ne laisse personne de côté. Dieu accueille tous les hommes, il les veut tous parce qu’ils sont tous ses enfants, il faut pour cela vaincre les obstacles que l’on peut vite surmonter si nous aimons. – C’est à ce signe  que le  monde reconnaîtra que vous êtes mes disciples : si vous vous aimez les uns les autres – c’est le commandement qui plaisait le plus à Beethoven : il concentre presque en lui l’harmonie divine de l’univers. Certes des dissensions surgissent constamment entre les hommes, mais le Christ nous enseigne d’abord la concorde, puis il nous demande de mettre fin à la spirale des offenses et des vengeances, et de rétablir le circuit de la communion moyennant le pardon. Pardonner aux hommes qui nous ont fait du mal c’est accomplir le bien, c’est faire un don à Dieu qui nous aime. Cela veut dire que vivre c’est aimer et qu’aimer c’est comprendre.

Igino Giordani, extrait de  L’unico amore, Città Nuova, 1974

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Prix « Chiara Lubich pour la Fraternité »

Lampedusa, symbole de l’immigration: de douleur et d’accueil. Les nouvelles d’arrivées de migrants ne cessent pas, tout comme l’engagement de la Commune et de ses habitants. De là « L’Acte de Lampedusa« , signé sur l’Ile par des centaines d’associations internationales et par des milliers de citoyens. Un véritable vade-mecum pour un accueil respectueux des droits humains de tous les habitants du globe, « dans toutes les Lampedusa du monde », comme le maire, Giusi Nicolini, l’a affirmé.

Pour cette raison, l’Association Villes pour la Fraternité a choisi d’attribuer le Prix « Chiara Lubich pour la fraternité » à la Commune de

Lampedusa pour sa 5e édition. Inspirée par la pensée de Chiara Lubich, fondatrice des Focolari, l’Association est née en 2008 sur proposition du maire de Rocca di Papa, Pasquale Boccia, à l’occasion du 65e anniversaire de la fondation du Mouvement des Focolari. Composée aujourd’hui de 133 communes italiennes qui ont adhéré à l’initiative, elle exprime l’intention de créer un réseau de dialogue et d’échange entre communes et d’autres collectivités locales avec l’objectif fondamental de promouvoir la paix, les droits humains, la justice sociale et surtout la fraternité, à travers des comportements et actes administratifs.

La Première Citoyenne de l’Ile a encouragé les promoteurs à poursuivre avec des actions qui renforcent la fraternité, parce qu’il faut « créer et cultiver la sensibilité envers des thèmes aussi importants ». Le but du Prix, en effet, est de mettre en évidence, chaque année, une Commune qui s’est particulièrement distinguée pour des actes et des comportements de fraternité. La remise du prix s’est passée à Ariccia (Rome), au Palazzo Chigi, samedi 8 février 2014. Pour décerner les honneurs, Emilio Cianfanelli, maire d’Ariccia, et Pasquale Boccia, maire de Rocca di Papa et président de l’Association Villes pour la Fraternité. Autre promoteur de l’événement, le Mouvement politique pour l’unité, représenté par le président de la section italienne, Silvio Minnetti.

Comme pour les autres éditions, un congrès de réflexion et formation a précédé la remise du prix. La thématique abordée cette année était: « Économie et Communauté riment-elles avec Fraternité? La pensée d’Adriano Olivetti comparée à celle de Chiara Lubich. » Une excellente occasion pour remarquer l’actualité brûlante de quelques principes communs entre le mouvement Communauté d’Olivetti et l’Économie de Communion.

D’un grand intérêt ont été les interventions de Melina Decaro, du Centre d’Études « Fondation Adriano Olivetti » et professeur à l’université LUISS de Rome; de Luigino Bruni, professeur ordinaire d’Économie à l’université LUMSA de Rome et coordinateur de la Commission internationale Économie de Communion; et de l’entrepreneur Giovanni Arletti, vice-président de l’Association d’Entrepreneurs pour l’Économie de Communion.