20 Avr 2018 | Non classifié(e)

Jesús Morán. Photo © 2018 Conseil Œcuménique des Église
« Avec le progrès des moyens de transport et des techniques d’information, l’univers s’est brusquement rétréci ; les distances ont cessé d’être un obstacle aux contacts entre les hommes les plus divers ». Et pourtant cette multiplication des relations « débouche la plupart du temps sur une multiplication des barrières et des incompréhensions ». L’intervention de Jesús Morán à Genève sur le dialogue, caractéristique émergente de notre époque, bien qu’encore inachevée, débute par la citation de ces propos de Roger Bastide, anthropologue français, qui a vécu au siècle dernier. « L’humanité est plus que jamais proche d’être elle-même, mais elle se voit dans l’obligation de constater son incapacité à répondre à sa vocation ». Le contexte est celui d’un événement suscité pour rappeler la riche collaboration et l’amitié entre le Mouvement des Focoalri et Chiara Lubich et Le Conseil Œcuménique des Églises, l’organisme, créé en 1948, qui a fait du dialogue le principal instrument d’une effective recherche d’unité entre les Église Chrétiennes. Le dialogue – soutient le coprésident des Focolari – est si enraciné dans la nature humaine que dans toutes les cultures, occidentales et orientales, nous pouvons en trouver les « sources ». Pour les chrétiens, Jésus lui-même est la « clé » du dialogue : l’amour réciproque, perdre sa propre vie par amour jusqu’à l’abandon.» Quels sont les points forts d’une culture du dialogue ? – se demande Morán -. Le premier est que le dialogue est inscrit dans la nature de l’homme. L’homme devient davantage homme dans le dialogue ». Le deuxième est que « dans le dialogue chaque homme est complété par le don de l’autre. Nous avons besoin les uns des autres pour être nous-mêmes. Dans le dialogue je fais don à l’autre de mon altérité, de ma diversité ». De plus « chaque dialogue est toujours une rencontre personnelle. Il n’est pas seulement fait de paroles ou de pensées, mais il consiste à donner notre propre être. Le dialogue n’est pas une simple conversation, ni une discussion, mais quelque chose qui touche au plus profond des interlocuteurs ».
Et d’ajouter: “Le dialogue exige silence et écoute” et “constitue une expérience existentielle, parce que nous y risquons nous-mêmes, notre vision des choses, notre « identité », y compris culturelle, ecclésiale, qui toutefois ne sera pas perdue mais enrichie dans son ouverture ». « Le dialogue authentique n’est pas sans lien avec la vérité, il est toujours un approfondissement de la vérité. […] Chacun participe et partage avec les autres sa propre relation à la vérité, qui est une pour tous”. « Le dialogue – poursuit Morán – exige beaucoup de volonté. Comme le dit Chiara Lubich, il s’agit de « Se faire un de la manière la plus profonde ». Le modèle sublime et ineffable de ce dynamisme d’amour est, nous le savons, Jésus Abandonné. Il représente vraiment le risque de l’altérité qui conduit à la réciprocité. […] En se perdant par amour, Il a gagné pour nous et en nous un espace éternel de lumière et de Vérité : l’Esprit Saint ». Enfin le dialogue n’est possible qu’entre personnes vraies », sur la base d’une loi, « celle de la réciprocité, où il trouve son sens et sa légitimité ».
Jesús Morán décrit ensuite un aspect ultérieur, mis en évidence par la contribution spécifique des Focolari à la cause de l’unité des chrétiens: le “dialogue de la vie”. Celui-ci conduit à « vivre des relations fondées sur l’Évangile, sur l’échange d’expériences, sur tout ce que l’on a de plus précieux à partager avec nos frère et sœurs appartenant à une autre Église ». Citant les paroles du cardinal Walter Kasper, évêque et théologien catholique, président du Conseil Pontifical pour la Promotion de l’Unité des Chrétiens (« L’œcuménisme de l’amour et l’œcuménisme de la vérité, qui ont assurément toute leur importance, doivent se concrétiser au moyen d’un œcuménisme de la vie »), Morán fait observer : « Il faut se convaincre que cette dimension vitale du dialogue n’est pas dépourvue de pensée théologique, mais elle se situe à un niveau fondamental et plus radical, à partir duquel, et seulement à partir duquel, on peut accéder, dans un second temps et avec un véritable profit, au niveau de la raison théologique ». « Le dialogue – conclut Morán – est le rythme des relations trinitaires. En lui il y a un échange continuel des rôles et des dons. […] Rien n’est perdu. Dans le risque du dialogue se joue le tout de notre personne et de celle de l’autre, dans l’espace transcendant de l’Esprit qui nous unit. En lui il y a donc toute l’humanité. Celui qui dialogue fait l’histoire ». Foto gallery: https://oikoumene.photoshelter.com/galleries
20 Avr 2018 | Non classifié(e)
L’Institut Universitaire Sophia (IUS) a accueilli, le 16 avril dernier, la cinquième étape du projet de dialogue et collaboration Wings of Unity, qui a mobilisé des professeurs et des spécialistes du monde chrétien et musulman. Aux côtés de l’IUS, l’Islamic Centre of England de Londres et le Risalat International Institute de Qum sont aussi promoteurs. Au cours de ce projet, codirigé par Piero Coda et Mohammed Shomali, quelques pistes innovantes ont été explorées dans le cadre du dialogue interreligieux, à travers des séminaires, des conférences publiques, des universités d’été et diverses publications. La journée d’étude s’est déroulée dans le contexte plus large de la visite organisée du 15 au 18 avril dans la Cité pilote de Loppiano, où se trouve aussi l’Institut Universitaire Sophia. Au cours de ces journées, le groupe d’amis musulmans a eu la possibilité de connaître de façon plus approfondie l’originale cohabitation multiculturelle animée par le charisme de Chiara Lubich. Source: Institut Universitaire Sophia https://vimeo.com/265783668
19 Avr 2018 | Focolare Worldwide
« 18 années sont déjà passées mais la force de cet événement nous remue encore nous tous qui y avons participé. J’étais arrivé à Rome en décembre ‘99, juste quelques mois avant. Une période commençait pour moi, pendant laquelle j’allais travailler comme illustrateur au Centre Gen international, en préparation au Genfest. Je ne pouvais pas encore imaginer quelles surprises m’aurait réservées cette année-là ! Un jour de février, alors que je me trouvais seul avec ma guitare, je pensais à Chiara ‘’Luce’’ Badano : c’était une gen comme nous, morte dix années auparavant, et dans les derniers moments de sa vie, elle avait offert sa douleur pour la réussite du Genfest. J’ai alors eu l’inspiration, je ne me l’explique toujours pas aujourd’hui, de composer une chanson qui lui est dédiée : ‘’Cours, cours, dis-moi qu’il n’y a rien à craindre. Cours, cours, brille, brille maintenant que ta lumière est en moi’’. Je ne pouvais que l’intituler :’’Luz’’, lumière. Le jour suivant, à Loppiano, il y avait au programme le premier d’une série de rendez-vous avec le groupe qui devait s’occuper de la musique. Il s’agissait de choisir les quatre chansons officielles du Genfest. Un peu tendu, je proposai aussi celle-ci, en la chantant devant tout le monde. ‘’Luce’’ fut choisie, et depuis lors, jusqu’à aujourd’hui, elle a été chantée et traduite en différentes langues, devenant le symbole d’une expérience faite justement par énormément de jeunes, selon l’exemple de Chiara badano, qui en 2010 a été proclamée bienheureuse. Longtemps après, ses parents, Maria Teresa et Ruggero, m’ont dit en m’embrassant :’’Tu as trouvé la meilleure façon de la faire connaître, car qui chante, prie deux fois !’’.
Ce Genfest, le premier organisé entièrement par nous, les jeunes, était un réel défi, une expérience d’unité entre nous et de maturité. Au moment du choix d’un logo, je fis une proposition, le signe d’une vague qui serait restée incessante dans le temps. Et, autre grand cadeau, ce logo fut aussi choisi ! Tout était prêt pour le 17 août. De bon matin, nous étions déjà sur le podium pour le sound check, et les derniers préparatifs. Avant de commencer, 25 mille personnes attendaient de pouvoir entrer dans le Stade. Trois, deux, un…avec une percussion aux rythmes divers et un son léger et incessant, comme le battement cardiaque, finalement débutait ce que nous préparions depuis des mois. Un programme riche pour montrer aux jeunes du monde entier que l’unité était possible. Vers 18:30, c’était à mon tour avec une chanson que j’avais composée au Costa Rica quatre ans auparavant (‘’Un sourire suffit’’).
L’histoire de Chiara ‘’Luce’’ Badano, présentée comme un exemple de sainteté à seulement 18 ans, tandis que passaient les photos de son visage lumineux et souriant sur grand écran, fut accueillie dans un silence absolu. On croyait vivre un moment d’éternité. Tout de suite après, les premiers accords de ‘’Luce’’. Et enfin, le moment le plus attendu, la proposition de Chiara Lubich :’’L’idée d’un monde plus uni pour lequel de nombreux jeunes se battent aujourd’hui, ne sera plus seulement une utopie, mais deviendra, avec le temps, une grande réalité. Et le futur est surtout entre vos mains’’. Et donc le lancement du’’Projet Afrique’’. Mais ce n’était pas encore terminé, le grand rendez-vous des JMJ, les 19 et 20 août sur l’esplanade de Tor Vergata, avec Jean-Paul II. Une autre journée historique avec deux millions de jeunes à qui ni la chaleur du jour ni le froid de la nuit n’avaient entamé la joie d’être ensemble. Inoubliable la consigne du Pape :’’N’ayez pas peur d’être les saints du troisième millénaire’’. Avant de rentrer au Costa Rica en décembre de cette année-là, j’ai eu la possibilité de saluer personnellement Chiara Lubich et de lui laisser un souvenir de cette expérience magique que j’avais vécue cette année-là : un petit livret. Mais les cadeaux n’étaient pas terminés pour moi : après plusieurs années, j’ai rencontré une fille autrichienne qui avait comme moi participé à ce Genfest, Tina. Maintenant, elle est devenue ma femme !’’
Sandro Rojas Badilla
Ecoute : ‘’Un sourire suffit’’ (Basta un sorriso) Ecoute : ‘’Luz’’ Photo: Sandro Rojas Badilla
19 Avr 2018 | Non classifié(e)
Nous sommes nés chacun dans une famille traditionnelle et conservatrice de Tlemcen, une ville très ancienne, berceau de la culture arabo-musulmane – raconte Farouk. Nous sommes mariés depuis 42 ans, avons trois enfants et deux petits enfants. Au cours de notre première année de mariage, comme beaucoup de couples, nous avons découvert que nous avions des caractères différents et cela n’a pas été sans causer quelques frictions. Notre rencontre avec le Mouvement des Focolari nous a fait comprendre que nous devions prendre le chemin d’un amour vrai. Cette expérience nous a comblés de l’amour de Dieu et nous a permis de faire les premiers pas l’un vers l’autre. Nous avions un tel désir de connaître en profondeur la spiritualité de l’unité, que notre vie à commencé à se dérouler entre Oran, où l’on habitait, et Tlemcen où se trouve le centre de rencontre du mouvement. Nous nous sommes mis à partager notre foi musulmane et à comprendre comment incarner la spiritualité de l’unité dans notre credo. A Oran, une petite communauté s’est formée autour de nous et notre maison est devenue un lieu de rencontre, un « Phare » comme Chiara Lubich elle-même a voulu l’appeler. De nombreux musulmans ont connu le focolare: nourris et enrichis par un amour surnaturel, nous avons commencé à mettre tout en commun. Au début des années 1990, le contexte guerrier qui secouait notre pays nous rappelait les circonstances analogues de la naissance du Mouvement, et la découverte de Dieu comme unique idéal ».
« Avec l’adolescence de nos enfants – poursuit Schéhérazad – nous avons traversé une période mouvementée. Nous avons cherché à vivre avec eux la concertation et le dialogue, mais surtout à leur prodiguer notre amour. Nous pouvons dire qu’avec nos deux aînés nous avons réussi à créer une relation basée sur la franchise. Dans la communauté du focolare j’entendais des témoignages où l’on parlait de Dieu Amour. J’apprenais petit à petit à m’abandonner avec confiance à Dieu, à sa miséricorde. En suivant ce cheminement spirituel, je me suis libérée de mon moi, des peurs que j’éprouvais dans ma relation avec les autres. L’engagement à mettre Dieu à la première place est certes personnel, mais nous avons choisi de le vivre comme famille. Reconnaître nos propres limites et celles de l’autre est un exercice continu, il faut sans cesse se remettre dans l’amour, se demander pardon et recommencer ». « En Islam – explique Farouk – la prière est un moment solennel. Avant nos prières n’étaient pas régulières et chacun les faisait de son côté. Maintenant nous cherchons à les faire ensemble, par amour, et non par obligation. De nombreux jeunes subsahariens viennent étudier en Algérie. Parmi ceux-ci quelques uns fréquentent le focolare. L’un d’entre eux, chrétien, a vécu chez nous pendant un an et demi, et avec lui nous avons construit une relation si profonde qu’il nous considérait comme sa seconde famille ; souvent nous lui prêtions notre voiture pour qu’il puisse se rendre à la messe ». « Dans la communauté des Focolari – c’est à nouveau Schéhérazad qui parle – il y a un échange sincère et sans équivoque sur la foi. Nous avons appris à connaître la foi chrétienne. Chaque échange se fait dans le respect de chacun, avec un amour désintéressé, qui ne prétend pas convertir l’autre, mais l’aider à être plus lui-même. Lorsque nous rencontrons un chrétien, il est naturel pour nous de voir en lui un frère à aimer. Nous ne sommes pas nés pour vivre dans la rivalité, mais pour bâtir un projet commun. Construire l’unité n’est pas une chose acquise une fois pour toutes, mais un engagement à renouveler continuellement. Ensemble, musulmans et chrétiens, nous pouvons avancer vers « l’Un qui unifie ». Dans notre vie, grâce à Chiara Lubich, nous avons compris que cet Un unificateur se réalise si deux frères, deux sœurs, s’aiment, prêts aussi à donner leur vie l’un pour l’autre ».
18 Avr 2018 | Non classifié(e)
On en parlera samedi 21 avril de 16h00 à 19h00 au cours de l’événement « ensemble pour donner espoir. Chrétiens et Musulmans en chemin dans le charisme de l’unité », organisé par le mouvement des Focolari, où participeront environ 600 personnes de 23 pays, de confessions chrétienne et musulmane, au centre mariapolis de Castel Gandolfo (RM) du 19 au 22 avril. Dans un contexte social marqué, surtout en Occident, par la peur de la différence, les préjugés et les méfiances, qui bâtit des murs et prononce des paroles qui alimentent la lutte et la séparation, il est nécessaire de lancer un message à contrecourant et jette des semences d’espoir par le témoignage d’un engagement partagé entre chrétiens et musulmans unis pour la paix, la solidarité, le développement, l’harmonie, entre personnes de fois, de cultures et de traditions différentes. Vivre ensemble dans la concorde, le respect, la solidarité et la paix, c’est possible. Et même travailler ensemble est possible, partager des buts communs et coopérer pour y arriver, sans affaiblir la propre identité et le patrimoine de valeurs de chacun, mais tout cela dans une confrontation loyale et franche en renforçant la connaissance réciproque et le respect par le choix de ce qui unit et non pas ce qui divise. Une voie stimulée par le charisme de l’unité de Chiara Lubich, et d’où elle tire toute son élan. Dans son discours à la mosquée Malcom X de Harlem (New York), le 18 mai 1997, Chiara, qui faisait un pacte pour travailler ensemble pour la paix et l’unité avec l’Imam Wallace Deen Mohammed et la communauté musulmane présente alors, disait : « J’ai fait ici l’expérience d’une profonde fraternité. C’est quelque chose d’extraordinairement beau qui ne peut venir que de Dieu. Il a vraiment fait de nous une seule famille dans le but qu’Il connait. » Et sur la base de ce chemin de communion elle expliquait : « Ce qui est présent dans presque toutes les religions, même si dans des versions diverses, est ce que l’on appelle la Règle d’or : «Ne fais pas aux autres ce que tu n’aimerais pas qu’on te fasse à toi-même ». Cette Règle d’or suffirait pour garantir notre lien d’amour avec tout prochain, et cet amour suffirait pour faire de l’humanité une seule famille ». Sur les traces de cette expérience et des initiatives pour le dialogue islamo-chrétien qui sont nées dans différents pays, la rencontre à Castel Gandolfo veut être un nouveau pas en avant dans le chemin vers la fraternité universelle, un signe d’espérance pour l’humanité. “L’éducation religieuse est attention à la paix”, affirme Adnane Mokrani, professeur à l’Université Pontificale Grégorienne et à l’Institut Pontifical des études arabes et islamiques (PISAI) ainsi que président du Cipax, qui participera au congrès. « Dans la même ligne, il ne doit y avoir aucune séparation mais solidarité, collaboration, unité entre les hommes de différentes fois qui sont appelées à travailler ensemble pour le bien commun de l’humanité, et se mettre au service de tout le monde sans distinction ». Au cours de cet espace ouvert interviendront entre autres Maria Voce, Présidente du mouvement des Focolari, le cardinal Jean-Louis Pierre Tauran, Président du Conseil Pontifical pour le dialogue interreligieux, Abdullah el Radwan, Responsable du Centre Islamique Culturel d’Italie, Izzedin Elzi, imam de Florence et président UCOII, Piero Coda, Président de l’Institut Universitaire Sophia, Mohammed Shomali, directeur du Centre Islamique de Londres. De nombreuses expériences de dialogue et de collaborations fécondes seront présentées durant cet espace, en tant que fragments d’unité à multiplier.