20 Sep 2017 | Non classifié(e)
En 2000, Chiara rappelle sa première « découverte » de Jésus abandonné : « Dans un épisode des premiers mois de 1944, nous avons une nouvelle compréhension de Jésus. Dans une circonstance particulière, nous apprenons que la plus grande douleur que Jésus a éprouvée, et donc son plus grand acte d’amour, a été lorsque sur la croix il a expérimenté l’abandon du Père : “Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m’as-tu abandonné ?” (Mt 27,46). Nous en sommes profondément touchées. Et le jeune âge, l’enthousiasme, mais surtout la grâce de Dieu, nous poussent à le choisir précisément dans son abandon, comme voie pour réaliser notre idéal d’amour. A partir de ce moment, il nous a semblé découvrir son visage partout. » Autre moment clef pour la compréhension de ce « mystère de douleur-amour ». Pendant l’été 1949, Igino Giordani rejoint Chiara qui s’est retirée pour une période de repos dans la vallée de Primiero, à Tonadico, dans les montagnes du Trentin. Avec la communauté, ils vivent intensément le passage de l’Évangile sur l’abandon de Jésus. Ce sont des jours d’intense lumière et à la fin de l’été, au moment de descendre de ce petit Thabor pour rejoindre la ville, Chiara écrit d’un seul jet ce texte qui commence par un vers devenu célèbre : « J’ai un seul époux sur la terre : Jésus abandonné. […] J’irai par le monde en le cherchant à chaque instant de ma vie » (C. Lubich, Pensée et Spiritualité, Nouvelle Cité 2003, p. 142). Des années plus tard, Chiara écrit : « Depuis le début nous avons compris que tout a une face cachée, que l’arbre a ses racines. L’Évangile te couvre d’amour, mais il exige tout. “Si le grain de blé qui tombe en terre ne meurt pas – peut-on lire dans l’Évangile de Jean – il reste seul ; si au contraire il meurt, il porte du fruit en abondance” (Jn 12,24). Jésus crucifié en est la personnification, et le fruit en a été la rédemption de l’humanité. Jésus crucifié ! Lui qui avait expérimenté la séparation des hommes d’avec Dieu et entre eux et qui avait senti le Père loin de lui, fut reconnu par nous non seulement dans toutes les douleurs personnelles, qui n’ont pas manqué, et dans celles de notre prochain, souvent seul, abandonné, oublié, mais également dans toutes les divisions, les traumatismes, les scissions, les indifférences réciproques, petites ou grandes : dans les familles, entre les générations, entre pauvres et riches ; dans sa propre Église parfois, puis, plus tard entre les différentes Églises, comme par la suite entre les religions et entre les croyants et ceux qui n’ont pas d’option religieuse ». « Mais toutes ces déchirures ne nous ont pas effrayées – continue Chiara – au contraire, par amour pour Jésus abandonné, elles nous ont attirées. Et c’est lui-même qui nous a enseigné comment les affronter, comment les vivre, comment les dépasser quand, après l’abandon, il a remis son esprit dans les mains du Père : “Père, entre tes mains, je remets mon esprit” (Lc 23,46), en donnant ainsi la possibilité à l’humanité de se recomposer en elle-même et avec Dieu, et en lui en indiquant la façon de le faire. Il s’est donc manifesté à nous comme la clé de l’unité, remède à chaque division. Il était celui qui recomposait l’unité entre nous, chaque fois qu’elle avait pu se fissurer. Il est devenu notre unique Époux. Et notre vie avec un tel Époux a été si riche et si féconde qu’elle m’a poussée à écrire un livre, comme une lettre d’amour, comme un chant, un hymne de joie et de gratitude à son égard. »
19 Sep 2017 | Focolare Worldwide
Les paroles du Pape François, prononcées lors de la Journée Mondiale de la Jeunesse de Rio de Janeiro 2013, ‘’Allez pour servir sans peur’’, ont donné lieu, auprès des jeunes des Focolari, à l’élan ‘pour jouer le jeu’. C’est ainsi que ceux de la ville de Juiz de Fora (500.000 habitants), dans l’État brésilien de Minas Gerais, ont lancé un projet qui rassemble des jeunes de différents charismes. « L’idée est celle de témoigner l’unité dans la diversité de l’Église – disent les jeunes -, en étant disciples du Christ et missionnaires, en continuité avec l’invitation des évêques latino-américains adressée à tous les chrétiens. Les difficultés ne manquent certes pas, mais cela ne nous décourage pas ». C’est l’archevêque Gil Antonio Moreira qui a donné au groupe – ils sont environ 60 – le nom de ‘’Jeunes Missionnaires continentaux’’ (JMC). « Nous sommes issus de différentes expériences spirituelles – nous expliquent-ils – : Renouveau dans l’Esprit ; nouvelles Communautés ; groupes paroissiaux et Mouvement des Focolari. La mission, au départ, s’ouvre avec la consécration personnelle à Dieu, pour une année, qu’on peut renouveler pour une autre encore. Trois points nous aident à orienter la boussole : la prière, la formation et la mission, en se mettant au service ».
Après quatre années du lancement du projet, les missions qui se sont déroulées dans les paroisses de l’archidiocèse de Juiz di Fora sont nombreuses, avec une centaine de visites aux familles des communautés rurales, aux périphéries et aux quartiers violents de la ville, aux jardins d’enfants et orphelinats ainsi qu’au centre de rééducation pour mineurs d’âge ayant commis des délits. « Nous avons entrepris des itinéraires de sensibilisation sanitaire, comme dans le cas de la lutte contre le dengue (maladie tropicale), en travaillant là où le taux de mortalité est le plus élevé. Nous nous sommes penchés en particulier sur les soins pour l’hygiène de l’environnement, en éliminant les déchets et déchetteries qui favorisent la prolifération des moustiques qui transmettent la maladie, mais également en informant la population avec des dépliants et des affiches. Actuellement, nous sommes engagés dans des missions spéciales à Haïti et dans la ville de Obidos (État du Pará), dans le Centre Éducatif pour mineurs délinquants et avec les ‘’cartoneros’’ (bennes à ordures pour papier qui est ensuite recyclé). Nous avons mis en évidence leur important travail au bénéfice de notre planète». L’aide psychologique et économique à des jeunes en situation particulièrement difficile n’a pas fait défaut. « De plus, ‘’Noël solidaire’’ nous donne la possibilité de récolter des vivres non périssables de première nécessité que nous donnons ensuite à une œuvre de charité ». Les JMC, avec le temps, ont voulu s’implanter dans d’autres lieux, en allant jusqu’à Obidos (État du Pará), au cœur de l’Amazonie. « Au contact avec les personnes, nous avons vu résonner en elles l’appel à une vie missionnaire et vu naître une variété de vocations ».
Et au-delà des frontières du Brésil, ils sont arrivés jusqu’à Haïti. Le 17 juillet dernier, un groupe de six personnes de l’archidiocèse de Juiz de Fora avec leur archevêque, fait route vers Haïti. La situation de ce pays connaît de grands défis à relever depuis le tremblement de terre qui l’a dévasté il y a sept ans : en à peine 35 secondes, plus de 300 mille édifices civils ou institutionnels se sont écroulés, provoquant la mort de 200 mille personnes . Avec ses 7,2 degrés sur l’échelle de Richter, il a été le pire tremblement de terre jamais enregistré dans les Amériques. « Haïti est la plus pauvre périphérie de l’Amérique Latine. C’est vers ce lieu – écrit Mgr. Gil Antonio Moreira – que mes yeux se dirigent et les yeux des Jeunes Missionnaires Continentaux. C’est avec une grande joie que nous allons, pour servir, sans peur, car le motif, notre objectif, est Jésus Christ ». Les jeunes des Focolari concluent : « Ce qui nous donne la sécurité que nous sommes sur la bonne voie sont paradoxalement, les difficultés que nous rencontrons, dans lesquelles nous tentons d’aimer le visage de Jésus Abandonné. C’est Lui le secret de notre joie et des fruits que nous constatons ».
18 Sep 2017 | Non classifié(e)
L’imprévu Tout de suite après avoir découvert que nous attendions notre premier enfant, un imprévu s’est présenté: un petit nodule au sein. Les examens révèlent qu’il s’agit d’un cancer. Pour moi et pour mon mari, qui est médecin, ce fut un coup dur. Trois jours après l’entretien avec le spécialiste je suis opérée. Selon lui, garder cet enfant est un facteur aggravant : il propose une interruption de grossesse immédiate pour commencer la chimiothérapie. Nous ne voulions pas nous y résigner. Dans la confiance en Dieu nous avons consulté d’autres médecins, en cherchant des solutions alternatives. Finalement nous avons opté pour une césarienne au septième mois de grossesse, lorsque l’enfant serait parfaitement en mesure de survivre. Après quoi on pourrait engager la chimiothérapie et la radiothérapie. Huit ans se sont écoulés depuis et nous attendons notre troisième enfant. F.D. – France L’inconnu Un jour j’étais en voiture avec un homme qui m’avait demandé de le prendre. Il était midi. Je lui ai demandé où il allait manger et il m’a répondu : « Je n’ai pas un sou en poche et je ne sais pas comment je vais faire pour manger ». Soupçon et méfiance m’ont traversé l’esprit, mais j’ai chassé ces pensées en disant à Jésus : « Peu importe qui il est, ce que je fais pour lui, c’est pour toi que je le fais ». J’ai fouillé dans mes poches et lui ai donné ce que j’avais, en ajoutant, pour ne pas l’humilier : «Tu chercheras à me rendre cette somme lorsque tu le pourras ». Quelques jours après un client m’a restitué une enveloppe contenant la somme exacte que j’avais donnée cet inconnu. Voilà qui m’a en quelque sorte confirmé que l’Évangile est vrai. A.G. – Italie Fête en famille Plusieurs familles amies ont eu l’idée d’organiser une grande fête pour les sénégalais présents dans notre ville. Nous nous sommes tous engagés à faire que ces jeunes émigrés ressentent la chaleur de la famille. A un certain moment l’un d’eux a fait remarquer : « Tout a dépassé nos attentes. Aucun d’entre vous ne nous a fait sentir que nous étions différents et du coup nous nous sommes sentis comme chez nous. Nous avons le même Dieu qui nous rend frères ». La fête s’est terminée, mais non pas l’amitié. G.L.- Italie Nous avons un Père Nous nous étions retrouvées par hasard après des années. Je ne la voyais plus depuis nos années au lycée. En raison de diverses vicissitudes, elle, licenciée en mathématiques, se trouvait dans ma ville sans le sou, obligée de mener la vie de clocharde. Elle était désespérée et je l’ai écoutée. Sur le moment je n’avais rien à lui donner, mais je lui ai promis de l’aider : elle devait en être sûre, parce que – lui ai-je dit – « Nous avons un Père au Ciel ». Nous nous sommes donné rendez-vous pour le lendemain. Entre temps, avec l’aide d’autres personnes, j’ai trouvé une solution temporaire et rassemblé une petite somme d’argent : au moins de quoi pouvoir vivre, manger et se laver. Deux jours après elle est venue me rendre cette somme en m’expliquant qu’on lui avait proposé un travail comprenant logement et nourriture. Et d’ajouter: « Je dois te dire merci pour cet argent, mais surtout parce que ce jour-là tu m’as redonné ce qui m’était le plus utile : l’espérance et la certitude que j’ai un Père qui m’accompagne ». Franca – Italie
16 Sep 2017 | Non classifié(e)
« En Jésus abandonné se manifeste l’amour infini de Dieu, amour qui est mis dans le cœur des croyants pour réaliser, dès à présent, son dessein sur l’humanité : l’unité. Aimer Jésus abandonné signifie alors revivre sa Pâque en nous-mêmes, le passage continu, pour nous qui sommes encore en chemin, de la mort à la vie, de l’absence de Dieu à sa présence, ce qui caractérise l’existence chrétienne. Il ne s’agit pas de se résigner ou de vouloir souffrir comme Jésus a souffert mais plutôt de parcourir à nouveau le chemin qu’il a ouvert et de reconnaître – au-delà des apparences – sa présence active en tout ce qui n’est pas Dieu en nous et autour de nous. C’est Lui dire oui et le dire comme Lui, de façon à ce que l’Esprit Saint puisse faire irruption dans notre néant voulu et y manifester le don de l’agape divine qui nous ouvre à la vie future, éternelle et nous permet d’y participer. Jésus abandonné, en même temps, nous fait aller à la rencontre de l’humanité justement là où elle souffre davantage et vit dans les ténèbres. Jésus abandonné, embrassé et aimé, met ainsi l’amour là où se trouve la haine, la vie là où se trouve la mort, la communion et l’unité là où se trouve la division. Aimer Jésus abandonné est donc l’espérance contre toute espérance, la proximité de Dieu là où Dieu n’est pas, la présence de Dieu là où se trouve le silence de Dieu. Cette espérance est certitude d’un monde et d’une histoire humaine qui ne s’enferment pas sur elles-mêmes mais s’ouvrent à la rencontre toujours nouvelle avec Dieu et, en Lui, s’ouvrent à la rencontre toujours nouvelle des hommes entre eux, dans une communion fraternelle aux dimensions vraiment universelles. » Da Pasquale Foresi – LUCE CHE SI INCARNA – Città Nuova 2014 pagg. 172-3
15 Sep 2017 | Non classifié(e)
« Maria Au pied de la croix, dans le déchirant « stabat » qui fait d’elle un océan d’amertume et d’angoisse, Marie est l’expression, la plus élevée qui puisse être dans une créature, de toutes les vertus. Elle est la douceur par excellence, la pauvreté jusqu’à perdre son fils qui est Dieu. Elle est la juste qui ne se plaint pas d’être privée de ce qui lui appartient par pure élection, la pure dans le détachement héroïque qui la prive de son Fils, de son Dieu… En Marie désolée, les vertus de foi et d’espérance triomphent par la charité, ce feu qui l’anima toute sa vie et qui, dans cette participation si vive à la rédemption, l’enflamma tout entière. Dans la désolation, qui la revêt de toutes les vertus, Marie nous enseigne à nous couvrir d’humilité et de patience, de prudence et de persévérance, de simplicité et de silence, pour que dans la nuit de notre moi, de l’humain, brille pour le monde la lumière de Dieu qui habite en nous. Marie, Notre-Dame des douleurs, est la sainte par excellence, monument de sainteté vers lequel les hommes peuvent et pourront tourner leur regard pour apprendre la vraie mortification, que l’Église enseigne depuis des siècles et que les saints, chacun à sa façon, ont toujours rappelée. Nous accordons trop peu de considération à la « passion » de Marie, aux glaives qui lui ont transpercé le cœur, à l’abandon effroyable qu’elle a éprouvé au Golgotha quand Jésus l’a confiée à un autre… C’est peut-être parce que Marie a su trop bien couvrir de douceur, de lumière et de silence les affres de son agonie si vive. Pourtant il n’est pas de douleur semblable à sa douleur… Si, un jour, nos souffrances atteignent des sommets où tout en nous paraît se révolter, parce que le fruit même de notre « passion » nous semble ôté des mains, arraché du cœur, souvenons-nous d’elle. Ce sera par cette détresse que nous deviendrons un peu semblables à elle, que s’imprimeront en nous les traits de Marie, la toute belle, mère de tous parce que détachée de tous et surtout de son fils par la volonté de Dieu. Dans sa désolation au pied de la croix, Marie est la sainte par excellence. Je voudrais la revivre dans sa mortification. Je voudrais savoir rester seule avec Dieu, comme elle, même lorsque je suis parmi mes frères et faire de toute ma vie un dialogue intime avec Dieu. Il faut que je mortifie mes paroles, mes pensées et mes actes qui sont en dehors du moment de Dieu, afin de les enchâsser dans l’instant qui leur est réservé. Marie désolée est certitude de sainteté, source éternelle d’union avec Dieu, vase débordant de joie». Chiara Lubich, Pensée et spiritualité, Nouvelle Cité Paris, 2003, p. 192-194