Mouvement des Focolari

Les couleurs du silence

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À Trente, ville tranquille du nord de l’Italie, le phénomène du racisme se ravive de façon inattendue, jusqu’à arriver à des épisodes d’intolérance extrême. Dans ce décor est mise en évidence la vie d’une famille, d’une communauté et de quelques jeunes qui se retrouvent engagés, malgré eux, dans une réalité plus grande qu’eux. La tolérance, l’accueil, l’écoute réciproque et la recherche d’une amitié vraie sont des ingrédients utiles pour défaire le nœud de la discorde, de la haine et la peur de la différence.

Turquie: unis dans la douleur

Turquie: unis dans la douleur

© Foto: AFP

« Pour notre petite communauté bigarrée– nous écrivent-ils – composée de chrétiens de différentes Églises et de musulmans, il est temps de prier, d’être solidaires, de partager la souffrance de nos frères et sœurs. Et de confier à Dieu, avec foi, le futur de notre pays, encore. Aussi le Pape François a prié ‘pour la mine en Turquie, et pour ceux qui sont pris au piège dans les galeries’. La communication a été transmise dans le pays, avec une reconnaissance profonde. »

Jusqu’ici, 282 victimes ont été officiellement recensées, mais le nombre pourrait encore augmenter (et est peut-être beaucoup plus élevé). L’explosion s’est produite il y a trois jours, lors du changement d’équipe, ce qui a malheureusement doublé le nombre d’hommes restés dans les profondeurs de la mine de charbon de Soma, à 120 km de Smirne, Au moins 80 mineurs sont blessés, alors que plusieurs dizaines manquent à l’appel. Le gouvernement a décrété trois jours de deuil national, pour ce qui est la pire tragédie industrielle survenue en Turquie.

Les images qui proviennent du lieu de la catastrophe touchent, en particulier la dignité de ces personnes, dont les hommes et les jeunes, parfois très jeunes, sont habituées au travail très dur. Un mineur, venant de sortir du tunnel, est aidé pour monter sur la civière de l’ambulance: « Est-ce que je dois enlever mes bottes? », demande-t-il, craignant de salir le drap blanc.

Le pays proteste: ces accidents de travail sont trop fréquents et, cette fois encore, les données, les circonstances et les implications de ce qui est arrivé semblent être plutôt confuses, alors que le gouvernement n’arrive pas à donner l’image d’une réelle préoccupation et proximité envers le peuple. Le nombre de morts sur le lieu de travail en Turquie a un triste record: selon les syndicats, 5000 personnes sont mortes en 2013, dont 19% dans les mines. La Turquie est le premier pays européen en termes d’accident sur le lieu de travail et le troisième au niveau mondial.

Cette catastrophe survient en outre dans un moment extrêmement délicat de la vie sociale et politique en Turquie, après que les dernières élections administratives ont vu de nouveau le parti d’Erdogan sortir en tête et le pays se prépare pour les présidentielles du mois d’août. La tension de l’époque, Place Taksim en juin dernier, est latente et les protestations explosent de nouveau. Les syndicats ont déclaré un jour de grève générale, chose rare dans ce pays, où la défense des droits des travailleurs a beaucoup de chemin à parcourir.

« L’évêque de l’Église latine catholique d’Istanbul – concluent-ils – a exprimé, par un message aux autorités, sa participation à la douleur de la nation et sa proximité envers les familles des victimes. »

Source: Mouvement des Focolari

Turquie: unis dans la douleur

Migration et mémoire

Le  Comité Humanité Nouvelle, expression sociale du mouvement des Focolari, depuis trente ans œuvre aussi dans le centre historique de Gènes en faveur des personnes les plus marginalisées. Il a développé une série d’initiatives liées au sujet de la migration.  Avec le parrainage de diverses institutions et associations de la région ligurienne un réseau de relations toujours plus étroit s’est formé,  qui a enrichi le tissu de liens dans la ville. Le lieu  choisi a été Galata Musée de la Mer, où, en ajoutant les nombreux témoignages de la vie marine, ont été reconstitués des scènes historiques de la migration italienne : des paquebots remplis de passagers d’il y a quelques années aux quartiers de la Boca à Buenos Aires ou Ellis Island aux Etats Unis.

Voilà ce qui a tenu lieu de corniche à l’exposition, au début de 2014, dont le titre : « En profondeur : voyage entre mémoire et migration », focalisé sur le thème des migrations intérieures, c’est-à-dire sur l’état d’âme qui coïncide avec le nomadisme culturel de l’art contemporain. Des artistes de différentes provenances y ont exposé comme Ignacio Llamas d’Espagne ou Claire Morard de France, mais aussi Piero Gilardi, un des premiers artistes pop italiens, célèbre au niveau international.

Le sujet de la migration a été un lieu de convergence pour le dialogue multiculturel, interreligieux, œcuménique, de rencontre et d’étroite collaboration entre quelques mouvements catholiques déjà engagés auparavant dans les manifestations liées à « Ensemble pour l’Europe » (Cursillos, Sant’Egidio, Equipes Notre Dame, Rencontres Conjugales et Renouveau de l’Esprit),  les migrants eux-mêmes y ont participé directement comme acteurs.  Le mouvement Familles Nouvelles a ensuite présenté les sujets du soutien à distance et de l’intégration scolaire, qui fait participer 200 étudiants des écoles supérieures de Ligurie. Un millier de personnes  y a participé, y compris un laboratoire d’écriture créative et le concert-Finissage, bien préparé par la classe de Jazz du Conservatoire Paganini de Gènes. Ils ont ainsi donné la possibilité de se rencontrer à une  vingtaine d’artistes ce qui a donné vie à trois jours de dialogue,  dans un nouvel élan et de nouvelles énergies pour continuer sur la route de la communion artistique.

<img class="alignright size-full wp-image-105791" style="margin-left: 10px;" title="Desert Refugees" src="https://www.focolare.org/wp-content/uploads/2014/05/20140515-02.jpg" alt="" width="319" height="224" /

Dignité et valeur de la personne ont caractérisé le débat tout en laissant la place à des expériences touchantes  comme celle de Chaia, jeune Saharawi qui a raconté son expérience douloureuse et celle de jeune maghrébin qui, après avoir traversé le désert, a débarqué à Lampedusa mais qui maintenant se trouve intégré dans le milieu genevois.

Il y eut des moments de dialogue significatifs qui ont eu des intervenants de valeur dans le monde religieux et associatif, tel le président des Migrants, le pasteur de l’Eglise Evangélique d’Amérique du Sud, l’Imam de la communauté musulmane et l’abbé d’un temple bouddhiste. Voici un commentaire qui semble exprimer la réalité vécue par la plupart : « Il me semblait que cet endroit avait acquis une sacralité et devenait un temple, une pagode, une salle, une mosquée, parce que l’on accomplissait une unique prière envers l’unique Dieu de tous les hommes, et ce n’était pas une question de sentiments uniquement, mais d’intelligence et de cœur qui devenaient un ».

 

Turquie: unis dans la douleur

Prix Fondation St. Ulrich à Ensemble pour l’Europe

  Bâtisseurs de ponts en Europe en faisant des pas vers la réconciliation et tissant des amitiés outre frontières. Il en est sorti un courant d’espérance inspiré de l’évangile… » : c’est le motif du Prix Européen de St Ulrich, reçu par le comité d’orientation de Ensemble pour l’Europe le 3 mai à Dillingen, ville historique de Bavière (Allemagne). Ensemble pour l’Europe rassemble 300 mouvements et communautés chrétiennes et s’engage dans la réconciliation et l’amitié entre les peuples européens. Y participent des chrétiens catholiques, évangéliques réformés, orthodoxes, anglicans et chrétiens appartenant à des églises libres.

Les bénéficiaires du prix et les représentants de 50 mouvements et communautés sont accueillis par les autorités civiles et religieuses : le maire Kunz, l’évêque catholique Zsarda de Augusta et l’évêque régional évangélique Grabow, en plus de personnalités de l’économie et de la culture de la région.

La laudatio  a été faite par le cardinal brésilien João Braz de Aviz, préfet de la Congrégation pour la vie consacrée, venu de Rome : « Je vois avec reconnaissance le témoignage œcuménique du chemin Ensemble pour l’Europe. Des aspects toujours nouveaux s’ouvrent dans ce chemin, dans lesquels il est possible de se rencontrer fraternellement, en faisant naitre l’amour réciproque entre les Eglises et en ouvrant ainsi de nouvelles approches sur des points qui nous divisent encore. ».

La fondation européenne St-Ulrich nait dans la ville de Dillingen (Bavière occidentale) en 1993 à l’occasion des 1000 ans de la canonisation de  l’évêque Ulrich. Son but est le développement de l’unité de l’Europe dans la tradition occidentale. Le président du conseil d’administration, l’évêque d’Augsbourg, Mgr Konrad Zdarsa,  a présidé la cérémonie religieuse avec son collègue évangélico-luthérien, l’évêque Michael Grabow. Parmi les personnalités qui ont déjà reçu le prix ont peut citer l’ex chancelier de la république fédérale allemande, Helmut Kohl, l’ex président de la république allemande Roman Herzog, l’ex président polonais et prix Nobel de la paix, Lech Walesa, l’ex archevêque de Prague, le cardinal Miroslav Vlk, Andrea Riccardi, fondateur de la communauté de Saint Egidio.

Le président de la Fondation St Ulrich, Landrat Leo Shrell : « la variété impressionnante des mouvements engagés montre de manière évidente que l’intuition de Ensemble pour l’Europe est soutenue par des personnes de diverses Eglises et de provenances variées, qui ont un unique objectif : contribuer à l’unité européenne ». Selon Schrell ce chemin « est capable d’indiquer une route vers le futur. »

La somme allouée au prix (10000 Euros) est programmée pour servir à faire participer des jeunes des pays de l’Europe de l’Est à l’initiative de Ensemble pour l’Europe, en particulier pour le prochain congrès 2016.

Gerhard Proß (de l’YMCA de Esslingen), en tant que représentant du comité d’orientation de « Ensemble pour l’Europe » a remercié pour l’honneur reçu. Le prix est considéré comme un encouragement à continuer le travail : aider à découvrir la richesse de la multiplicité européenne, en ce moment historique où l’on assiste à la renaissance des nationalismes : « le futur de l’Europe est dans l’Ensemble ».

Turquie: unis dans la douleur

« Sharing with Africa » au cœur de la Semaine Monde Uni.

Ubuntu: je suis parce que nous sommes. C’est autour de cette idée fortement  inscrite au cœur de  nombreuses cultures africaines que s’articule le projet Sharing with Africa (Partage avec l’Afrique). Du 27 avril au 5 mai une centaine de jeunes, provenant de 29 pays,  se sont réunis à Nairobi. Mais qu’est-ce que précisément l’Ubuntu ?  Le professeur  Justus Mbae, doyen de l’Université catholique de l’Afrique de l’Est, l’a expliqué au cours d’un dialogue non minuté: “Chaque situation ou réalité qui concerne notre personne procède de  la communauté, parce que l’individu en fait partie : c’est à travers la relation avec les autres personnes qui la composent qu’il devient lui-même une  personne »

Dans la Cité Pilote de Nairobi, au Kenya,  a Sharing with Africa, les jeunes partagent aussi projets et expériences pour répondre aux défis que doivent relever leurs propres pays. Une créativité et un engagement surprenants : ils sont capables d’interpeller les institutions publiques.

Leur manifeste s’inspire d’un discours de Chiara Lubich, fondatrice des focolari, qui suggère les étapes pour changer sa propre ville: choisir des amis animés des mêmes intentions, aller vers les plus démunis pour les secourir et demander à Dieu de pourvoir à ce qui manque. C’est la voie pour asseoir le projet d’une ville renouvelée  et élargir notre  regard au monde entier.

Bénédict est un jeune infirmier de l’hôpital d’Iringa (Tanzanie) Dans son pays le sang est assurément un bien précieux. Il en manque beaucoup dans les hôpitaux et c’est une des causes de  mortalité. Un jour, à  la section maternité, beaucoup de mamans doivent rentrer chez elles: le laboratoire n’a plus aucune poche de sang. Bénédict confie cette situation aux jeunes des focolari avec lesquels il chemine depuis un certain temps. Ils sont attentifs aux besoins des plus pauvres. La solution arrive du groupe : pourquoi ne pas proposer une collecte publique de sang ? « C’est vrai que dans notre pays nous avons peu de choses à partager tant la misère nous écrase parfois. Mais du sang nous en possédons tous, il se trouve à l’intérieur de chacun » C’est ainsi qu’un appel est diffusé par lettre et en quelques heures 22 poches sont à disposition. Le chef du laboratoire confie n’avoir jamais vu une telle générosité. C’était en 2010. Au cours des quatre dernières années l’initiative s’est étendue au point de devenir une référence officielle pour les institutions sanitaires du pays et en janvier les jeunes de la Ruaha University d’Iringa et ceux de l’Institut musulman Dar el Salaam se sont portés comme donneurs volontaires.

C’est là seulement l’une des 800 “parcelles de fraternité” recueillies depuis 2012. Nous les appelons ainsi pour souligner que même si elles sont petites, ces actions sont en mesure de produire du changement et de la nouveauté. Le reste se trouve dans la Carte de la Fraternité, la nouveauté de cette 17ème Semaine pour un Monde Uni, un rendez-vous annuel qui se propose de  montrer aux institutions internationales des initiatives qui rendent possible la fraternité entre les hommes. L’ouverture officielle a eu lieu à Nairobi le 1er mai. A cette occasion vingt minutes de streaming ont  relié le monde entier à Sharing with Africa.

Maria Voce, présidente des focolari, dans son message d’encouragement, s’est réjouie de la « persévérance courageuse» qui a caractérisé les actions engagées pour ce projet « au cœur des  situations complexes du monde actuel » et pour la Carte de la fraternité. On a conscience d’œuvrer  pour « un immense chantier, mais il s’agit du Rêve d’un Dieu  comme Chiara Lubich aimait le définir. Et cela est aussi une garantie. La fraternité universelle n’est pas une utopie, loin de là : si elle exige de l’humanité un chemin ardu, elle en est aussi la perspective inéluctable » L’objectif de cette nouvelle année sera d’intéresser les délégations nationales de l’UNESCO à la reconnaissance officielle de  la Semaine Monde Uni, en raison de  sa contribution à l’unité de la famille humaine.

Bon travail à tous les Jeunes pour un Monde Uni !