Mouvement des Focolari
Chiara Lubich et les religions: Indouisme

Chiara Lubich et les religions: Indouisme

Natalia Dallapiccola, témoin des débuts du mouvement des focolari à Trente et le dr. Aram, représentant hindou, un des présidents d’alors de la WCRP (Conférence Mondiale des Religions pour la Paix, à laquelle participent aussi les Focolari) se trouvent parmi les protagonistes de ce dialogue. Depuis le décès du dr. Aram, la Shanti Ashram, de concert avec différents représentants du gandhisme dans l’État du Tamil Nadu, a invité Chiara Lubich en Inde en janvier 2001, lui attribuant le prix Defender of Peace 2000. La motivation de ce prix mentionne ce qui suit : « c’est infatigablement que Chiara Lubich a tenu le rôle de semeuse de paix et d’amour entre tous les hommes, renforçant continuellement de cette manière le cadre fragile de paix qui permet le développement de la prospérité, du bien-être, de la culture et de la spiritualité dans le monde. » Lors de la cérémonie, à laquelle participaient quelque 500 personnes, hindoues ou d’autres religions, Chiara a parlé de son expérience spirituelle, relevant des éléments communs à l’Évangile et à l’écriture hindoue. « Je suis venue ici pour connaître, gardant le plus possible le silence – écrit-elle dans son journal à propos de ces journées – J’ai trouvé, au dessus de toutes les règles, la tolérance, l’amour : il y  a sans doute place pour notre dialogue ! » Par la même occasion, la professeur. Kala Acharya, de l’institut culturel Somaiya Sanskriti Peetham, profondément touchée par Chiara, a décidé d’organiser, en peu de jours, une rencontre au Somaiya College de Bombay, à laquelle quelque 600 personnes participeront. Ces événements ont marqué le commencement du dialogue avec des groupes hindous de Mumbai et de Coimbatore. Mumbai a vu la naissance d’un dialogue profond avec des professeurs d’université. Pour continuer dans cette voie, il a été décidé de tenir des symposiums au niveau académique. Le premier s’est tenu en 2002 à Rome sur le thème “Le Bhakti et l’Agapé comme voie de l’amour vers Dieu et vers les frères”. La professeur Kala Acharya, a défini la rencontre comme « Une profonde expérience spirituelle ». Chiara Lubich s’est à nouveau rendue en Inde en 2003.  Dans le centre de la culture Bharatiya Vidya Bhavan Indien Natalia Dallapiccola se concentre sur un aspect de l’art de l’amour trouvé dans l’Evangile, «être un» avec l’autre, comme un dialogue clé, citation Chiara. Elle se concentre sur l’un des aspects de l’art d’aimer découvert dans l’Évangile, « se faire un » avec l’autre, comme clé du dialogue: « Au moment où nous rencontrons l’autre – explique Chiara –  il convient que nous nous placions sur le même plan, quel qu’il soit. Et cela exige de se détacher de tout, y compris des richesses qui sont propres à notre religion. Dans le même temps, il convient de faire le vide en nous, pour laisser au frère la liberté d’exprimer sa pensée et pour pouvoir le comprendre. Cette attitude est  indispensable, et elle comporte deux effets : elle nous aide pour notre inculturation dans le monde du frère, pour en connaître le langage, la culture, la foi etc. et ensuite elle permet de prédisposer le frère à l’écoute. On passe ainsi à l’ « annonce respectueuse » dans laquelle, par loyauté devant Dieu et sincérité vis-à-vis du prochain, en respectant toujours la pensée de l’autre – nous disons ce que nous pensons et ce que nous croyons sur la question posée, sans rien imposer, sans vouloir conquérir qui que ce soit à nos idées ».  “C’est le début d’un parcours qui nous mènera loin” – a commenté le professeur Dave, président honoraire de l’institution.. Cette expérience de dialogue corrobore ce que Jean-Paul II avait dit, justement en Inde: “À travers le dialogue, nous faisons en sorte que Dieu soit présent au milieu de nous pour que, tandis que nous nous ouvrons l’un l’autre dans le dialogue, nous nous ouvrions aussi à Dieu. Et le fruit en est l’union entre les hommes et l’union des hommes avec Dieu” (Jean-Paul II, Discours aux représentants des différentes religions de l’Inde, Madras, 5 février 1986)». Le dialogue avec les mouvements du gandhisme qui, depuis le début, caractérise cette expérience, continue à Coimbatore où, chaque année, depuis août 2001, se succèdent des tables rondes qui abordent et approfondissent des aspects spirituels et humains dans les deux perspectives : celle du gandhisme et celle de la spiritualité de l’unité. La collaboration concerne aussi des projets sociaux et en particulier la formation à la paix des nouvelles générations. On croît surtout dans la connaissance réciproque et un rapport de vraie fraternité se crée entre tous. Le 20 mars 2014, auprès de l’Université Urbaine de Rome, se déroulera un événement dédié à « Chiara et les religions : ensemble vers l’unité de la famille humaine ». Il voudrait mettre en évidence, après six ans de sa disparition, son engagement pour le dialogue interreligieux. La manifestation coïncide avec le 50° anniversaire de la déclaration conciliaire « Nostra Aetate » sur l’Eglise et les religions non chrétiennes. On prévoit la participation de personnalités religieuses des Hindou. Pour approfondir: Video: Minoti Aram http://vimeo.com/88062756 “Le voyage vers l’unité de l’humanité” “Mumbai, hindous et chrétiens en dialogueMinoti Aram, pionnière du dialogue interreligieux”

Chiara Lubich et les religions: Indouisme

Le défi de l’Eglise est la communion

La société d’aujourd’hui a grand besoin du témoignage d’un style de vie d’où transparaisse la nouveauté que le Seigneur Jésus nous a donnée : des frères qui s’aiment même dans la différence… ce témoignage fait naître le désir d’être entrainés dans la grande parabole de communion qu’est l’Eglise ». Le pape François a salué de cette manière le 27 février le groupe des évêques amis du mouvement des Focolari reçu en audience dans la salle Clémentine, au cours de leur congrès annuel. Le pape Bergoglio a défini « une bonne chose » la possibilité d’une « vie fraternelle ensemble, où partager les expériences spirituelles et pastorales dans la perspective du charisme de l’unité ». « En tant qu’évêques – leur a-t-il dit – vous êtes appelés à porter à ces rencontres la respiration large de l’Eglise, et faire en sorte que ce que vous recevez ici s’étende au bénéfice de toute l’Eglise ». Citant la lettre apostolique Novo millennio ineunte de Jean Paul II, il a rappelé le devoir de « faire de l’Eglise la maison et l’école de la communion » pour assurer « l’efficacité de tout engagement dans l’évangélisation ». Il a ensuite souligné qu’il « faut promouvoir une spiritualité de la communion », la faire émerger comme principe éducatif partout où se forme l’homme et le chrétien » et que « cultiver la spiritualité de communion contribue, en plus, à nous rendre plus capables de vivre le chemin œcuménique et le dialogue interreligieux ». La salutation initiale a été adressée au nom de tous par Francis-Xavier Kovithavanij, archevêque de Bangkok et modérateur du congrès. Il a ensuite fait référence à la constatation personnelle que « avec Chiara Lubich, en découvrant Jésus crucifié et abandonné comme le ‘super-amour’, nous avons un accès toujours disponible à la joie, à la source de l’irradiation chrétienne dans le monde d’aujourd’hui ». Comme tout un chacun, « dans la vie quotidienne nous rencontrons les souffrances, les problèmes, les échecs, les contrastes », mais nous essayons de les assumer « comme unique occasion de ressembler au Christ… en faveur de son corps qu’est l’Eglise ». Une longue file de poignées de main, de brefs échanges personnels, suivis de la photo de groupe en fête, a conclu l’audience avec le pape François, laissant dans le cœur des participants un parfum de la collégialité vécue. Ces quelques jours, du 24 au 28 février, passés au Centre mariapolis de Castel Gandolfo entre une soixantaine d’évêques des quatre continents, se sont déroulés sous le titre de « la réciprocité de l’amour parmi les disciples du Christ ». Maria Voce, présidente des Focolari, a offert une réflexion sur ce thème central de la spiritualité des Focolari, qui a été suivie d’un dialogue intense avec commentaires et témoignages. Très appréciées aussi les voix des laïcs et en particulier celles d’une famille et d’un groupe vivace de jeunes. Deux tables rondes ont facilité une réflexion à plusieurs voix sur deux thèmes cruciaux : « Lignes ecclésiologiques qui ressortent de la première année du pontificat du pape François », avec le card. João Braz de Aviz, Préfet de la congrégation pour la vie consacrée et Mgr. Vincenzo Zani, secrétaire de la congrégation pour l’éducation catholique ; et « Synodalité et Primat, à la lumière de l’enseignement et de la praxis du pape François », avec le card. Kurt Koch, président du conseil pontifical pour la promotion de l’unité des chrétiens, Mgr. Brendan Leahy, évêque de Limerick, Irlande, et Mgr. Christoph Hegge, évêque auxiliaire de Münster, Allemagne. Les quatre journées romaines, immergées dans la spiritualité de l’unité, furent aussi une occasion privilégiée pour écouter la voix et l’engagement des chrétiens des églises répandues dans le monde avec leur problématique. Dimension qui a suscité l’intérêt de nombreux médias qui en ont amplifié la voix en recueillant les témoignages des évêques présents – spécialement de ceux qui venaient de pays marqués par la guerre, l’instabilité politique, économique et sociale – et l’expérience faite de la « collégialité affective et effective ». Victoria Gomez Voir vidéo audience et articles sur le sujet

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Suisse: musulmans, chrétiens et famille

Des mélodies orientales, les versets du Coran et le Notre Père chantés, une traduction en turc…Tout contribuait, au cours de la rencontre qui s’est déroulée le 9 février au Centre Eckstein (Baar, Suisse), à créer une atmosphère chaleureuse et accueillante. Les 90 participants, chrétiens et musulmans, ont répondu à l’invitation du Mouvement des Focolari pour approfondir ensemble les valeurs de la  famille, en tant que cellule sur laquelle repose la société.

Même si elles habitent en Suisse,  plusieurs, parmi les personnes présentes, ont leurs racines ailleurs: Tunisie, Maroc, Algérie, Madagascar, Albanie, Kosovo, Iran, Syrie, Somalie, Turquie, Egypte, Sénégal et Sri Lanka.

La projection de quelques extraits d’une conférence de Chiara Lubich introduit le sujet : elle y raconte les origines du Mouvement durant la Seconde Guerre mondiale et précise le lien qui existe, dans la langue italienne, entre les mots “focolare” et “famille ». En s’ouvrant aux différentes religions et cultures, la « famille » des Focolari a créé un espace d’unité et de dialogue entre personnes de diverses confessions chrétiennes et fidèles d’autres religions.

Les témoignages, parfois douloureux, des personnes présentes, ont exprimé des difficultés : celle de l’intégration dans un pays étranger, comme cette jeune algérienne abandonnée par son mari après deux ans de mariage; ou bien, dans un autre domaine, celle de ce couple suisse dont l’un des trois fils est tombé dans les filets de la drogue, ou celle de ces jeunes parents qui perdent leur premier enfant… ou encore celle de ce jeune égyptien qui a dû quitter son pays d’origine et sa famille. Tous  ont souligné la force que procurent la Foi en Dieu et le soutien de la communauté, deux points essentiels pour surmonter les épreuves.

“ La famille ne se limite pas aux liens de parenté: même le prochain peut devenir notre frère ou notre sœur », c’est ce que soulignait Chiara lors de son intervention au Congrès International sur la famille à Lucerne (1999), retransmise par vidéo. Et elle ajoutait que tout ce qui arrive en son sein peut être vécu comme attente et grâce de Dieu : de même qu’un édifice a besoin de fondations pour s’élever, la famille se consolide à travers les épreuves mais aussi grâce au partage des joies. Elle est en fait une école d’amour qui comporte de nombreux aspects qui vont du pardon réciproque à l’invitation à toujours recommencer. Il faut en somme considérer la famille comme une  source de sollicitations positives et de vitalité, en vue du bien de chacun mais aussi de la communauté.

Très intense la liaison internet avec un couple musulman du Mouvement en Algérie, qui s’est présenté avec une expérience personnelle sur le pardon: “ Un soir je n’étais pas d’accord avec ma femme au sujet d’une décision à prendre le lendemain. Mais, le matin, la voix de Dieu dans ma conscience me dit: « Pourquoi es-tu en colère contre elle ? Moi je ne suis pas en colère contre toi et pourtant cela fait une semaine que tu ne récites pas la prière » Alors, plutôt que de m’en prendre à ma femme, je me suis mis à l’aider »

Ils ont aussi parlé des  nombreuses autres familles musulmanes qui s’engagent avec eux à vivre la spiritualité de l’Unité.

Dans son message de salutation, l’Imam Mustapha Baztami de Teramo (Italie) s’est dit convaincu que les chrétiens et les musulmans peuvent rendre un immense service à l’humanité s’ils s’engagent ensemble pour promouvoir les valeurs de la famille »

A la fin, une des participantes s’est exprimée ainsi: “En raison de mon éducation, il était clair pour moi que nous possédions la vérité et que les autres étaient dans l’erreur. Aujourd’hui, ici, j’ai appris à m’ouvrir ; j’ai découvert qu’il faut faire tomber les murs et les préjugés »

Chiara Lubich et les religions: Indouisme

Venezuela. Entre l’affrontement et la réconciliation

«Ce matin nous avons prié le Notre Père pour la paix au Venezuela et dans le monde – écrit C., enseignant dans une maternelle. Lorsque nous avons fini, une enfant s’approche de moi et me raconte : « Maîtresse, j’étais à la maison avec ma maman qui, dans le jardin, tapait sur une casserole (la fameuse « cacerolazo », qu’on utilise comme instrument de protestation), quand des personnes sur de grosses motos sont arrivées ; nous avons fui à toute vitesse parce qu’elles nous tiraient dessus ». Mes yeux se sont remplis de larmes : ceci n’est pas le pays où je suis née, où j’ai grandi et me suis formée ! »

De fait, le Venezuela est traditionnellement un peuple de frères. Sur cette terre sud-américaine, ils ont trouvé une maison avec de nombreux immigrants de toutes les latitudes, formant un peuple multiethnique, ouvert, accueillant et fraternel. « Au-delà de tout – essaie d’expliquer C. à ses propres élèves – notre pays est très beau, c’est une maison gigantesque où nous sommes tous frères ».

C’est pour cela que ces scènes d’affrontement et de violence qu’on voit depuis quelques années, est “antinaturel”.  Le malaise populaire a augmenté ainsi que la détérioration socio-économique grandissante du pays qui, ces derniers mois, est arrivé à des niveaux jamais vus.

Ils écrivent de Caracas : « le 12 février, à l’occasion de la journée nationale de la jeunesse, dans tout le pays des manifestations d’étudiants pour protester pacifiquement ont eu lieu, à cause des graves problèmes sociaux et économiques : insécurité, manque de denrées alimentaires et médicaments, répression. Malheureusement ils n’ont pas été entendus et la situation a dégénéré en violence avec quelques morts, beaucoup de blessés, même graves à cause des coups reçus ».

Dans ce contexte la communauté des Focolari est consciente de pouvoir s’offrir comme espoir de pacification. Ils écrivent : « Notre regard se tourne idéalement vers les débuts du mouvement, vers Chiara Lubich et le premier groupe durant la seconde guerre mondiale, quand tout s’écroulait et seul Dieu restait. (…) La situation dans laquelle nous vivons ne peut pas être un obstacle au témoignage de notre idéal évangélique, nous avons un cœur qui peut encore aimer, pardonner, recommencer. C’est avec cette certitude que nous avons commémoré les 10 ans de « L’Association La Perle », une initiative d’éducation alternative qui veut donner une réponse concrète au besoin de former les enfants selon les principes d’une « pédagogie de la réciprocité ». Nous nous sommes demandé s’il est juste de faire des célébrations en ces moments si délicats mais la communauté a répondu par l’affirmative. Nous avons réalisé des activités sportives et récréatives dans les rues, avec les familles, dans un climat de joie et d’espoir. « Ce fut comme un rayon de soleil au milieu de la tempête », a dit un des participants ».

N., depuis de nombreuses années limitée physiquement par une grave maladie, raconte comment elle vit cette période : « Je prie pour tous les manifestants, sans distinction de tranchée, en particulier pour ceux qui meurent. Je disais à Jésus : « Je n’ai pas de forces physiques, ni d’armes, mais je possède la prière et j’offre ma vie pour qu’ils puissent Te rencontrer avant de mourir ». Il y a deux soirs, devant chez moi, il y a eu une grande manifestation, avec les « cacerolas », cries, slogans ; ils ont allumé le feu dans la rue et la fumée a pénétré chez nous. Alors ma sœur a transporté notre neveu – lui aussi malade – dans ma chambre. J’ai inventé quelque chose pour le faire rire, et il s’est un peu détendu ».

Nous vivons des moments très délicats. Le Pape François a invité tous les fidèles à « prier et œuvrer en faveur de la réconciliation et la paix ».

Chiara Lubich et les religions: Indouisme

Nigéria: une goutte de fraternité

Alors que la crise en Ukraine tient le monde en haleine et que les projecteurs des médias sont rivés sur de nombreux autres points de la planète comme la Syrie ou le Venezuela, nous avons la possibilité de dialoguer avec quelques amis des Focolari qui se trouvent au milieu des tensions que vit le Nigéria, pays le plus peuplé d’Afrique avec plus de 160 millions d’habitants.

Le Nigéria est la cohabitation islamo-chrétienne la plus importante du monde. Selon vous, est-ce la cause des graves actes de violence qui secouent le pays?

« Malheureusement, ces dernières années, le Nigéria est sur le devant de l’actualité spécialement en raison des fréquents attentats terroristes perpétrés tant par les musulmans que les chrétiens, comme le prouvent les douloureux événements des dernières semaines survenues dans les États de Borno et d’Adamawa, dans le nord-est du pays. Vu du dehors, on pourrait croire que ce qui se passe est l’expression d’un conflit de religion, mais les habitants peuvent témoigner que tout n’est pas vrai. Le fait est que, dans une grande partie du Nigéria, la cohabitation est pacifique et respectueuse. »

Y a-t-il beaucoup de violence?

« Dans quelques régions, en particulier au nord, il y a des tensions continuelles qui ont causé des milliers de victimes. Les raisons sont nombreuses: le manque de ressources économiques, les blessures subies dans le passé entre les différentes ethnies, mais, surtout, les activités destructrices de groupes terroristes. »

Comment essayez-vous de réagir face à cette situation?

« Nous, les membres du Mouvement des Focolari, avec beaucoup d’hommes et de femmes de bonne volonté, essayons d’être des constructeurs de paix dans la vie quotidienne: de reconnaître en chaque personne que l’on rencontre un frère ou une sœur à respecter, à soutenir, à aider avant tout. Et nous nous engageons à avoir cette attitude partout où nous sommes: en famille ou au travail, dans la rue, au marché ou à l’école; à commencer par les petits gestes, comme un bonjour, ou s’intéresser à ce que l’autre apprécie, etc. »

Face à des situations dangereuses, lors desquelles il faut protéger sa propre vie ou celle d’un autre…?

« Nous essayons de ne pas nous arrêter aux différentes appartenances ethniques ou religieuses, pour être prêts à aider toute personne se trouvant dans le besoin. Nous voyons que ces actes, petits ou moins petits, peuvent aider à ralentir et, parfois aussi, à arrêter la spirale de violence. Ils peuvent petit à petit promouvoir une nouvelle mentalité, c’est-à-dire aider à changer le climat de haine et de vengeance avec une attitude de respect et de fraternité. »

Depuis peu, vous avez ouvert un nouveau centre à Abuja, la capitale du Nigéria…

« Oui, il y a un mois. C’était une décision prise avec l’Église locale pour pouvoir être proches des communautés du nord du pays, plus exposées aux tensions. Ainsi, nous pourrons soutenir et encourager ceux qui vivent pour la paix et la fraternité, malgré tout. »