Mouvement des Focolari
Chiara Lubich: se faire saints ensemble

Chiara Lubich: se faire saints ensemble

Lucia Abignente fait partie du Centre Chiara Lubich: Centre de documentation, d’études, de recherche scientifique et de promotion de la figure historique de la fondatrice des Focolari.

Les saints sont témoins de la foi, l’Eglise catholique les montrent comme exemple : quel est l’exemple que donne Chiara Lubich ?

Abignente : (…) Sa vie  s’est toujours distinguée par la transmission aux autres de la joie toute pure de la foi. Aux débuts des années 40, un prêtre lui avait dit: “Dieu t’aime immensément”. Cette certitude, qui a été un fondement de sa vie, Chiara a tout de suite voulu la partager : non seulement Dieu « m »’aime, mais il « nous » aime tous immensément. Son chemin n’a jamais été celui d’une personne isolée mais il a toujours eu l’aspect de l’universalité. La même chose s’est passée pour son cheminement vers la sainteté. « Se faire un ensemble » nous répétait-elle. Voilà pourquoi elle nous a toujours fait participer à ce que Dieu lui donnait de comprendre, pour cheminer ensemble vers Lui. « Que tous soient un » : a été le désir et le but de la vie de Chiara jusqu’au dernier moment (…)

La présidente Maria Voce a expliqué que de divers endroits – même de la part de personnes d’autres Eglises et religions – le souhait que le procès commence a été exprimé…

Abignente : Les dialogues œcuménique, interreligieux et avec les personnes d’autres convictions sont toujours nés de manière naturelle, déterminés par les circonstances plus que par une intention théorique, dans le mouvement des Focolari. Les premiers à entrer en dialogue ont été, en 1961, les évangéliques allemands frappés par l’expérience de Chiara, par sa manière  de vivre l’évangile, déjà depuis qu’en 1944, pendant la guerre, dans les abris, elle lisait l’évangile avec ses compagnes et qu’ensemble elles essayaient de le mettre en pratique. Chiara était particulièrement proche du patriarche de Constantinople Athënagoras (…)  Les personnes d’autres confessions ou religions et même celles qui n’ont pas de credo religieux ont senti que l’humanité de Chiara qui les a attirées  est enracinée dans sa vie dela Parole. Pourcela nous aussi nous voyons l’ouverture de ce parcours comme quelque chose qui ne divise pas, même dans les signes extérieurs, par rapport aux frères des autres confessions ou expériences parce que la sainteté fondée surla Bibledoit inviter à une adhésion plus profonde à ce chemin vers Dieu ou vers les valeurs morales non religieuses que nous partageons avec des personnes d’autres convictions.

Comment suivrez-vous le parcours qui s’ouvre aujourd’hui?

Abignente : Précédemment un grand travail a été accompli pour récolter tous les écrits publiés par Chiara et ils seront soumis à un examen dans le cadre de l’étude sur la béatification. Il s’agit de milliers de pages. Il faudra ajouter la recherche de documents, même inédits, venant de sources différentes des archives du mouvement. Ces années-ci après sa disparition, le souvenir de Chiara est toujours resté très vivant et l’anniversaire de sa mort, le 14 mars, beaucoup d’Eucharisties sont célébrées souvent présidées par des évêques, ainsi que des rencontres et initiatives de différents genres. Une « réputation de sainteté » entoure sa figure  dans le monde entier accompagnée de signes de grâces reçues. Nous ne savons pas comment cela se passera, mais ce qui nous semble clair c’est que ce parcours (…) peut aider chaque personne à approfondir son rapport avec Dieu.

Source : Chiara Santomiero, Aleteia, 9 décembre 2013

Chiara Lubich: se faire saints ensemble

En direct des Philippines…

 « Jusqu’à présent nous avons réussi  à secourir environ 500 familles qui, à leur tour, en soutiennent d’autres, grâce aux aides venues du monde entier à travers les Focolari et beaucoup d’autres.  En ce moment nous recueillons des fonds pour reconstruire les maisons détruites. Aussi nous comptons encore sur l’aide de tous » C’est le message que Carlo Gentile et Ding Dalisay ont fait passer en direct aux 6343 points d’écoute répartis dans les cinq continents, lors d’une liaison internet mondiale. Ding Dalisay est elle-même directement impliquée dans les opérations de secours des secteurs les plus durement touchés. Ils continuent en relatant des faits qui témoignent d’une forte solidarité malgré des conditions  de vie très précaires : « Le lendemain du typhon quelques uns d’entre nous ont rejoint les populations les plus sinistrées pour leur venir en aide. Il y a ceux qui ont choisi de quitter leur ville, et d’autres, au contraire, d’y rester : « Nous ne pouvons pas nous en aller et fuir nos responsabilités. Nous devons verser les salaires, aider la ville à se relever… » explique Bimboy, Président de l’Université locale et membre des Focolari. Chaque jour il fait 10 kms à pied pour se rendre à son travail et assurer un  minimum de normalité.    Responsables de la communauté locale des Focolari à Tacloban, Pepe et Marina cherchent à se mettre au service de chacun : un voisin a besoin d’essence, ils lui donnent le peu qui reste  dans le réservoir de  leur voiture. Mais comment vont-ils faire ? Et voilà que le lendemain arrive, de façon inattendue, un de leur cousin qui a décidé de quitter la ville  et de leur confier son fourgon jusqu’à son retour ! A Cebu les aides provenant des Focolari du monde entier affluent.  On peut lire dans la revue New City des Philippines : « Le soutien de la communauté internationale est tout simplement bouleversant. La prophétie de l’Evangile : « Quand je serai élevé de terre, j’attirerai tous à moi » semble vraiment se réaliser ici à Tacloban. Même de jeunes enfants envoient, des différentes parties du globe, l’argent de leur tirelire » On assiste à une réaction en chaîne très positive. Un couple italo-philippin résidant en Italie raconte que les membres du mouvement ont envoyé 23 colis à Abuyog, le village où habite leur famille. « Pas seulement des aides alimentaires, précisent-ils, mais aussi des tentes, des moustiquaires, des petits matelas et bien d’autres choses. Ces colis ont pas mal bourlingué et se sont trouvés bloqués à quelques heures de la ville…mais ils ont fini par les récupérer » Cela a permis la mise en place d’un réseau solidaire en faveur des plus éprouvés : « Les bénévoles arpentent les régions les plus touchées, distribuent les colis reçus et le riz qu’ils ont réussi à acheter; ils laissent aux familles en difficulté des petits mots les invitant à rejoindre leur maison en vue d’obtenir d’autres aides » Celles-ci continuent d’arriver, à travers AFN (Action pour Familles Nouvelles) et l’AMU (Action pour un Monde Uni), les deux ONG du mouvement des Focolari présentes dans la région depuis des années et très proches de la population.   Angel, une jeune Philippine du mouvement des Focolari, a encouragé ses professeurs et ses camarades de classe à se priver de quelque chose pour les victimes du typhon : « Si une partie de nous se sacrifie, leur a-t-elle dit, c’est pour qu’une autre vive ! » En un seul jour elle a recueilli toutes sortes d’affaires et 20.000 pesos (400 euros).  Michaël, un autre jeune du mouvement, a pu remplir 7 sacs de bons vêtements auprès des habitants de son village qui sont pourtant pauvres. Il faut d’ailleurs préciser que toutes ces aides ont  mobilisé autant des pays pauvres que des pays riches. Mais laissons le dernier mot à Amiel : « Il faudra beaucoup de temps pour revenir à une vie normale. Mais, ayant vécu une expérience semblable à celle de Chiara Lubich pendant la guerre, nous irons de l’avant. C’est notre façon de témoigner que Dieu est Amour ! » Associazione Azione per un Mondo Unito – Onlus presso Banca Popolare Etica, filiale di Roma Codice IBAN: IT16G0501803200000000120434 Codice SWIFT/BIC CCRTIT2184D Causale: emergenza tifone Haiyan Filippin AZIONE per FAMIGLIE NUOVE Onlus c/c bancario n° 1000/1060 BANCA PROSSIMA Cod. IBAN: IT 55 K 03359 01600 100000001060 Cod. Bic – Swift: BCITITMX

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Lucia Degasperi, nous laissait il y a 10 ans

Depuis qu’elle est petite, Lucia est une enfant dont la joie est constante et contagieuse. Dernière de huit enfants, elle grandit dans une famille très pauvre à Terlano (Bolzano-Italie).  Malgré les difficultés économiques, le couple Degasperi garde toujours une grande foi. Au fur et à mesure des années, cependant, Lucia se rend à l’évidence que l’amour sur la terre n’existe pas et penser aimer sans être aimée en retour lui fait peur. Lorsque Lucia a vingt ans, son frère Carlo change d’attitude à l’improviste à la maison : il se met à refaire les lits, nettoyer les chaussures. Curieuse, Lucia lui demande des explications, alors elle est invitée à la mariapoli, rencontre de plusieurs jours des Focolari. Lucia est profondément frappée par les nombreuses expériences concrètes basées sur la certitude que Dieu est amour et aime tout le monde personnellement, au point que, prise de peur, elle laisse la rencontre avant la fin. Cependant une phrase lui reste gravée : « Tout ce que vous aurez fait au plus petit, c’est à moi que vous l’avez fait » (Mt 25,40). Elle commence à la vivre avec engagement. Par la suite elle sent que Dieu l’appelle à le suivre au focolare. A partir de 1964 quand la spiritualité de l’unité commence à se répandre en Allemagne, Lucia est à Berlin Ouest et après les premières années 80 en DDR, terre où la situation du régime oblige les nombreux adhérents de la spiritualité des Focolari à se rencontrer en semi-clandestinité, et avec mille difficultés. Même Lucia doit passer un mois dans un lager, avant de déménager à Lipsia. Les autres prisonniers sont rapidement touchés par son amour : elle remet la chambrée en ordre et offre le café qu’elle pensait emporter avec elle à Lipsia. Petit à petit beaucoup suivent son exemple et le dernier jour une des gardes confesse à Lucia : « un groupe aussi beau, nous ne l’avons jamais eu… ». Le téléphone sous contrôle et les micro-espions en voiture, Lucia fait travailler sa fantaisie, elle invente des milliers de stratagèmes pour rencontrer les personnes qui lui sont confiées : elle invite les enfants à déjeuner, organise des fêtes pour les jeunes, rend visite à beaucoup de familles. En 1999 les focolarines et les gen (les jeunes des focolari) de la DDR fêtent la chute du mur  de Berlin en faisant un long voyage à Trente et à Rome, où beaucoup d’entre elles, pour la première fois rencontrent Chiara Lubich. Des années de grande expansion s’ensuivent, mais à l’improviste en 1994 le diagnostic tombe sur Lucia : une tumeur. C’est une très grande souffrance, et comme elle le racontera des années après : « ce fut comme une condamnation à mort ». Il faut comprendre un peu avant que « le moment est arrivé de re-confier à Dieu ma vie ». Vivre le moment présent lui est d’une grande aide et devient une source de lumière pour beaucoup. Les années suivantes, les forces physiques diminuent, mais grandit la force spirituelle. « Je ne te souhaite pas ‘courage Lucia’ – lui écrit Chiara Lubich le 3 décembre 2003 – tu as toutes les grâces qu’il te faut et plus. Sois heureuse ».Dans une sérénité, le 10 décembre Lucia part pour le Ciel. « Merci pour ta force », sont quelques uns des nombreux messages qui pleuvaient de partout les jours suivants.

Chiara Lubich: se faire saints ensemble

Bolivie: la Casa de los Niños

Cochabamba, Bolivie: là où la population est constituée à 50% d’enfants et d’adolescents, pour la plupart abandonnés par leurs parents, l’Association de bénévoles “Casa de los Niños” (Maison des Enfants) est active depuis quelques années.

« Nous sommes le fruit de la rencontre avec le visage de Jésus, qui s’est fait concret dans les personnes qui ont croisé notre chemin – nous écrivent les responsables du projet –, poussés par les rêves d’espérance et de bien pour les personnes qui vivent des situations de graves douleurs ou de marginalisation, spécialement les enfants. »

Chiara Lubich, fondatrice du Mouvement des Focolari, a exprimé un jour le désir que l’on puisse fermer les orphelinats, espérant que chacun des petits pensionnaires puisse jouir de la chaleur et de l’amour d’une famille. « Suivant ce rêve de Chiara Lubich – racontent-ils – nous mettons tout en œuvre, où cela est possible, pour recomposer, héberger temporairement et soutenir les familles ou les proches d’enfants en détresse. Avec l’aide de beaucoup, nous avons réussi, ces six dernières années, à réunir presque une centaine de familles, leur offrant un logement digne. »

L’histoire de M.R., à qui avait été diagnostiqué le virus du VIH huit ans auparavant, en est un exemple. Lorsque les employés de l’Association l’ont rencontrée, elle ne parlait pas et ne marchait pas. Renvoyée du service de thérapie intensive où elle avait été hospitalisée pour une infection, elle a été accueillie à la Casa de los Niños. « M.R. aura 10 ans dans quelques mois – racontent-ils avec joie. Entretemps, sa maman, expulsée de sa maison parce qu’elle était tenue pour responsable de la situation, a été à son tour hébergée par la structure, et un petit noyau familial s’est ainsi recomposé. »

« Notre Centre – poursuivent-ils – est maintenant un point de repère de toutes les institutions publiques de la ville pour les personnes qui vivent avec le virus du VIH. 20% des familles de Cochabamba atteintes vivent ici avec nous. Aussi 30% des enfants séropositifs de la ville sont hébergés dans notre « Petite ville Arc-en-ciel », où ils vivent avec 200 autres enfants ayant des histoires différentes derrière eux.

L’action concrète, mais fondamentale et nécessaire, ne peut toutefois pas être séparée de ce qui donne sens et valeur à chaque geste: « L’art de la rencontre a marqué notre vie – racontent les employés – et ce que nous voyons fleurir autour de nous est le fruit du rapport avec des personnes extraordinaires, avec lesquelles nous partageons la vie et les désirs les plus profonds. Cela nous permet d’embrasser la douleur innocente, celle des enfants qui souffrent de la plus absurde des injustices, d’une vie qu’ils n’ont pas choisie et qui les oblige à lutter à contre-courant dès les premiers instants. Nous sommes ici avec eux, avec la ténacité des miséreux et la foi des faibles. Nous croyons ingénument que, malgré les tracas quotidiens, le bien triomphe toujours. »