Mouvement des Focolari
Jérusalem: Prix Mount Zion 2013

Jérusalem: Prix Mount Zion 2013

Le Prix Mount Zion a été créé en 1986 par Wilhelm Salberg, prêtre catholique allemand. Il a été attribué à des personnes et institutions reconnues pour avoir apporté une contribution importante au développement du dialogue entre religions et cultures en Terre Sainte et à la compréhension entre juifs, chrétiens et musulmans.

L’édition 2013  a été attribuée à Margaret Karram, chrétienne, déléguée du mouvement des Focolari pour la Terre Sainte, et à Yisca Harani, juive, formatrice et consultante au niveau du gouvernement pour les relations avec les chrétiens.

Margaret Karram est née (1962) à Haïfa, dans une famille catholique d’origine palestinienne. Elle a étudié l’hébreu aux Etats Unis (Lee collège, Université hébraïque de Los Angeles). En 2001 elle a été nommée déléguée du mouvement des Focolari pour Israël et les Territoire Palestiniens. Elle est membre de la Commission épiscopale pour le dialogue interreligieux de l’Assemblée des Ordinaires catholiques de Terre Sainte. Elle collabore aussi avec la direction de l’Interreligious Coordinating Council en Israël (ICCI).

Yisca Harani est née (1961) à Jérusalem, d’une famille juive pratiquante. Elle a fait une spécialisation en Christianisme en Terre Sainte à l’Université de Tel Aviv, concentrant son intérêt sur les Eglises orientales. Elle est formatrice et consultante pour les questions religieuses dans le secteur public et privé. Elle a développé des projets de formation pour personnes non en lien avec le monde académique; d’une valeur toute particulière un projet scolastique de communications et de correspondance entre enfants juifs et musulmans de Tel Aviv et de la vieille ville de Jérusalem.

La cérémonie de la remise du prix a eu lieu le 27 octobre 2013 dans l’église de la Dormition située sur le Mont Sion, à Jérusalem.

Page de l’événement Mount Zion Award 2013 

Jérusalem: Prix Mount Zion 2013

MariTè: l’unité en musique

Chanter l’espérance et le désir vivant des nouvelles générations de retrousser les manches pour construire l’avenir, sans s’abaisser à des compromis avec ses idéaux de vie: c’est le choix de MariTè, jeune chanteuse soul et afro-pop, guitariste autodidacte italienne de parents congolais, gagnante de la catégorie musicale de l’édition 2013 du prix La Belle et La Voix, décerné à Saint-Vincent.

Dans une interview à Africa News, elle répond à quelques questions:

MariTè, que peux-tu nous dire sur ta musique?

Le trio dont je fais partie privilégie un mélange entre soul et musiques africaines, je dirais Afro-Soul. Maintenant, je m’approche du Gospel. En effet, je dirige un chœur de 30 chanteurs, et j’ai repris une vieille passion, le R’n’B, mais toujours avec des influences africaines.

Qu’est-ce qui inspire particulièrement ton art?

Je trouve l’inspiration dans tout ce qui m’entoure. Je suis compositrice-interprète et mes textes expriment, en effet, ce que je vis. Mais je trouve l’inspiration aussi dans la vie quotidienne: un fait divers qui peut-être m’a touchée de façon particulière, la rencontre avec une personne, etc.

Quels sont les obstacles que tu rencontres le plus souvent dans ta carrière musicale?

Étant une femme, ce n’est pas toujours facile. Il existe parfois une possibilité de pouvoir faire des travaux importants, de grande visibilité, mais en échange de quelque chose. Refuser pour respecter mes valeurs est un grand défi. Parfois cela fait mal, mais je crois que cela peut aussi être un signe de force: démontrer qu’il est possible de chanter, jouer et danser, sans s’abaisser à des compromis.

Quel est ton message aux jeunes de la seconde génération, ceux qui sont nés en Italie de parents immigrés?

Je crois profondément que les secondes générations sont des ponts entre leur pays d’origine et celui de naissance. Il est important de se former, d’étudier, pour pouvoir devenir une contribution utile à nos pays d’origine et, en même temps, aider le pays de naissance à s’ouvrir toujours plus aux secondes générations, qui sont une partie intégrante, vivante et combative du pays. Lorsque je pense à moi et au fait que je fais partie moi aussi des secondes générations, je suis très fière. J’aime mes deux pays, et je suis heureuse et honorée de pouvoir être le porte-drapeau des deux cultures.

Et nous en ajoutons une autre:

 Vivre la spiritualité de l’unité influence ta façon de concevoir l’art et de l’exprimer?

Je connais Chiara Lubich et le Mouvement des Focolari depuis mon enfance. Lorsque j’avais 20 ans, j’ai participé à un congrès pour les artistes à Castel Gandolfo, qui a été pour moi une illumination. J’ai écrit à Chiara pour la remercier, parce que je sentais que j’avais compris ma « mission ». La musique et ma voix sont un don que Dieu m’a donné et que je veux mettre à disposition pour porter des messages d’unité. Je chante fort à l’espérance qui semble, aujourd’hui, cachée par la superficialité. Nous, les jeunes, ne devons pas et ne pouvons pas nous laisser abattre; c’est nous qui créons notre avenir. Et pour le rendre meilleur, nous devons retrousser nos manches.

Voir la vidéo: http://www.youtube.com/watch?v=ooCiwDvV2ss

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Celui qui suit la voix de Dieu se met au service

«La vie est à l’image d’un théâtre. Au théâtre ce qui se voit le plus ce sont les cas pathologiques: divorces, adultères, manies. Dans la vie ce qui vient le plus en relief ce sont les guerres, les malheurs, les massacres avec leurs acteurs, démagogues, voleurs, fous… et l’on croit se trouver dans un théâtre, où l’inspiration  est remplacée par la folie. Il faut une sensibilité et une vue de l’esprit pour avertir au delà des problèmes les vertus qui fleurissent dans l’ombre, l’héroïsme qui se consume entre quatre murs, les résistances des travailleurs et des mères, des étudiants et des maîtres. Il faut recréer en soi le silence pour sentir le courant du bien, ce courant où circule avec la bonté des hommes la grâce de Dieu dont un grand nombre a perdu la notion et en ignore l’expérience.

Si nous puisons à cette source nous voyons que l’image des hommes importants devient une ombre éphémère, ceux dont parlent les journaux et qui remplissent les journées de leur vacarme. Autrement nous risquons de nous appauvrir, en solitude, sans aide, chacun seul face à la tragédie du monde. Cette solitude s’enracine au dedans de nous, et l’âme requière la solidarité d’autres âmes, elle veut sa vie sociale. Les personnes qui aiment, en donnant de la solidarité, sont les saints, non seulement les grands, ceux qu’on met sur les autels ou les martyrs, mais aussi les humbles, les innombrables âmes humbles qui en ce moment souffrent comme nous à cause des actions nuisibles des hommes de tous les coins de la planète. Illusion?… Non plus celle pour laquelle notre pensée va tout d’un coup au-delà les limites du monde.
Nous voyons les forces cosmiques à travers leurs effets, nous faisons l’expérience de la communion des saints par leurs fruits. Et avant tout par les énergies qu’elle apporte à notre vie intérieure, ensuite par les aides mêmes que de toute part elle fournit à notre propre existence intérieure. Si aujourd’hui tant de créatures utilisent ce dont elles n’ont pas besoin pour aider les populations en difficulté, si des milliers de missionnaires, infirmiers, serviteurs volontaires de l’humanité se pressent pour assister des êtres humains jamais vus auparavant et se prodiguent pour eux jusqu’au sacrifice de leur vie, si tant de personnes souffrent de la souffrance des autres et dépensent leur vie à produire le bien au profit des enfants des autres, ils le font parce qu’ils suivent la voix de l’amour qui est la voix de Dieu.
Avec les dons spirituels qui dérivent de ces actions s’opère une cohabitation de personnes, qui dépasse les divisions politiques et territoriales, linguistiques et de castes: une communion qui agit dans la substance et est faite de la substance même de nos âmes, qui sont sorties des mains de Dieu, substance divine donc. Nous pensons à toutes ces humbles créatures qui visitent les taudis, soignent les plaies, portent le pain aux affamés et espoir aux tourmentés.
Et derrière eux et avec eux les grands frères et les sœurs lumineuses qui les ont précédés dans cette donation et dans cette fatigue: les saints des autels et ceux qui, pas sur la liste des martyrologes, sont inscrits dans le livre de la Vie. Et infatigables, ils participent à notre expérience, ils soutiennent notre patience et alimentent notre force».
Igino Giordani dans:  les fêtes,  Société des Editions internationales, 1954
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Lorsque l’Évangile est vécu

Je crois en l’amour.

Affligés et déçus d’avoir découvert que notre fils Bob, avec deux amis, avait volé de l’alcool, nous avons essayé de leur montrer notre amour au-delà de tout. Au tribunal, alors que nous attendions la sentence, voyant que l’un des autres jeunes responsables du vol avait été abandonné par ses parents, nous sommes allés lui donner du courage. Vu notre comportement, le juge a accepté les remords exprimés par notre fils, reconnaissant le soutien qu’il avait à la maison, et n’a pas prononcé de condamnation ni pour lui ni pour les deux autres. Quelques jours plus tard, ayant demandé à Bob en quoi il croyait s’il ne croyait pas en Dieu, je l’ai entendu dire: « Je crois en l’amour, parce que je l’ai vu en toi et en maman ». (K.A.L. – Australie)

Ce geste de solidarité

On m’informe par téléphone qu’un parent de la dame qui travaille chez nous comme domestique va très mal. Ils me demandent d’aller lui rendre visite. Je suis fatigué et il fait froid. Je cherche le regard de ma femme et je comprends que c’est aussi l’occasion d’être fidèle à ce style de vie pour les autres que nous essayons de poursuivre ensemble. Je sors et je vais chez le malade. Nous l’amenons à l’hôpital, où les médecins prennent immédiatement la situation en main. Rentré à la maison très tard, je trouve ma femme qui m’attend encore pour le dîner. Nous ne nous parlons pas beaucoup, mais quelque chose a changé entre nous; notre rapport s’est enrichi grâce à ce geste de solidarité. (D.R. – Colombie)

Dans le camp de réfugiés

Le service social du camp de réfugiés m’avait été confié, mais je ne disposais d’aucun moyen, il n’y avait rien à leur donner. Un groupe d’orphelins comprenait un enfant de sept ans qui était resté séparé de sa famille. Sa mère, après des jours de marche, est arrivée au camp et l’a retrouvé. Elle était cependant très faible, parce qu’elle ne mangeait pas depuis des jours. Il me restait 300 francs, environ un dollar: une fortune. J’en avais besoin, mais elle plus que moi. Je les lui ai donnés et, ainsi, elle a pu acheter de la nourriture, de l’eau et une petite hutte pour se protéger. Je suis rentré à la maison convaincu que Dieu allait penser à moi. Ma grande sœur est arrivée peu après, qui me cherchait dans le camp depuis trois jours. Elle m’a apporté 1000 francs. (C.E. – Rwanda)

Source: L’Évangile du jour, novembre 2013, Città Nuova Editrice.

Jérusalem: Prix Mount Zion 2013

31 octobre: jour de la Réforme

Le 31 Octobre 1517 à Wittenberg, ville universitaire d’Allemagne, le professeur de théologie Martin Luther exposa 95 thèses sur les indulgences “par amour pour la vérité et avec le soin de l’examiner et de l’approfondir”. Cette date marque le début de la “Réforme protestante”, et la conséquente division à l’intérieur de l’Eglise d’occident.

Depuis lors presque 500 ans sont passés, et ce moment de l’histoire n’est plus considéré simplement comme un moment obscure. Et même, on célèbre l’anniversaire avec l’expérience de 50 années de dialogue théologique entre les catholiques et les protestants. Le 21 octobre dernier une délégation de la Fédération Mondiale Luthérienne a été reçue par le Pape François, qui lui a remis le dernier fruit du dialogue théologique, au titre significatif: “Du conflit à la communion. L’interprétation luthéro-catholique de la Réforme en 2017”. Il a souligné surtout l’engagement à progresser dans l’œcuménisme spirituel qui constitue “l’âme de notre chemin vers la pleine communion”, et “nous permet de goûter déjà en avant première  quelque fruit, même s’il n’est pas parfait”.

Comment pouvons-nous transmettre ce quelque chose de nécessaire pour une vie avec Dieu, pour laquelle cela vaut la peine de lutter?  Comment transmettre à nos contemporains les traditions pour qu’ils soient soutenus dans la vie chrétienne intense sans creuser de nouvelle tranchée? Voilà les questions que pose ce document “Du conflit à la communion”. On en parle avec Heike Vesper, focolarine luthérienne d’Allemagne, actuellement en Italie, où elle collabore avec le Centre Un, secrétaire du mouvement des Focolari pour l’œcuménisme.

Depuis 35 ans je vis la spiritualité de l’unité avec mes amis catholiques, orthodoxes, anglicans et réformés.  De cette manière j’ai connu des personnes d’autres Eglises et leur vie avec Dieu. C’est un enrichissement extraordinaire.  La grandeur de Dieu me surprend ainsi que  l’agir de l’Esprit Saint que mon Eglise toute seule ne pourrait pas exprimer. J’avais environ vingt ans, je connaissais depuis quelques années le mouvement des Focolari, lorsque j’ai compris que Dieu m’appelait à donner un témoignage d’unité possible, justement avec la diversité que j’apportais dans la communauté. Malgré les peurs et les différences que je voyais par rapport aux catholiques, j’ai senti que j’avais le courage d’adhérer à cet appel de Dieu et je suis entrée dans une communauté des Focolari à Lipsia. L’expérience de ces années fut justement ce que le Pape a souligné le 21 octobre à la rencontre avec les Luthériens: “Dans la mesure où nous nous rapprochons avec humilité d’esprit à Notre Seigneur Jésus Christ, nous sommes surs de nous rapprocher même entre nous et dans la mesure où nous invoquons le Seigneur pour le don de l’unité, nous pouvons être certains que Lui nous prendra par la main et Lui sera notre guide”.

Les difficultés n’ont pas manqué,  les perplexités pour certaines formes de la tradition catholique qui m’étaient inconnues. En recommençant j’ai toujours senti que je devais regarder ce que nous avions en commun et souvent je l’ai trouvé là où je ne m’y attendais pas. Cela m’a encouragée à me laisser guider par Jésus, par Jésus au milieu de nous. La première des 95 thèses de Luther sur les indulgences dit: “Notre Seigneur et maître Jésus Christ, en disant “faites pénitence”, veut que toute la vie des fidèles soit une pénitence”. Cela veut dire être capables de pardonner. Dieu me donne continuellement une chance, parce que Jésus sur la croix prend aussi tous mes manquements, ceux de chaque homme. Voilà ma “pénitence”: être capable d’oublier, de me réconcilier!

Le document  “Du conflit à la communion” se termine par 5 impératifs œcuméniques qui invitent catholiques et luthériens à réfléchir sur les perspectives d’unité, pour donner visibilité au Corps du Christ. Ce qui confirme mon expérience dans le mouvement des Focolari:

  • “partir de la perspective de l’unité et non pas du point de vue de la division,  dans le but de renforcer ce qu’ils ont en commun, même s’il est plus facile de s’apercevoir et de faire l’expérience des différences”
  • “Se laisser continuellement transformer par la rencontre avec l’autre et par le témoignage réciproque de foi”
  • “s’engager à rechercher l’unité visible, à élaborer et développer ensemble ce que cela comporte”
  • “redécouvrir  conjointement la puissance de l’évangile de Jésus Christ pour notre temps”
  • “rendre visible le témoignage de la miséricorde de Dieu dans l’annonce de l’évangile et au service du monde”