16 Juin 2023 | Non classifié(e)
Est publié aujourd’hui le premier épisode du nouveau podcast produit par United World Project. Il raconte des histoires d’acteurs de changement – changemakers ayant décidé de se lancer dans une activité nouvelle, sous le coup d’une étincelle qui les a poussés d’agir pour rendre leur société meilleure.
Une étincelle peut inspirer le changement
Aujourd’hui, 16 juin 2023, United World Project est heureux de vous présenter un nouveau podcast en anglais: Sparks (Étincelles). Dans chaque épisode, nous raconterons des histoires de changemakers, de différentes parties du monde, qui ont donné vie à un projet, une entreprise ou une activité, après avoir été inspirés par une « étincelle »: une petite lumière qui a occasionné la contagion de beaucoup d’autres personnes. Chacune d’elles, chacun d’eux nous emmènera dans son pays, pour nous plonger dans sa culture et nous raconter comment son projet a commencé. Il n’est pas besoin d’être Greta Thunberg ou Ghandi pour engager un changement. Nous croyons que chacun de nous peut faire la différence. Peut-être à peine une étincelle suffit-elle !
Le premier épisode : Giving back to society one jar at a time
Restituer à la société, pas à pas. Nous avons tous de grands rêves. Celui de Mabih était de travailler aux Nations Unies et pendant des années, elle a tout fait pour y parvenir. Mais cela n’a pas été comme elle l’espérait. En 2019, elle a réalisé que son rêve, poursuivi en vue d’aider les autres, n’était peut-être qu’un désir personnel de pouvoir s’affirmer dans la société. Ainsi, en laissant à ce rêve la possibilité de se transformer, sa vie a changé d’une manière jamais imaginée auparavant. Aujourd’hui, à 38 ans, Nji Mabih est à la tête d’une petite entreprise et vit au Cameroun. Pour continuer à lire, cliquez ici. Pour écouter l’épisode immédiatement sur Spotify, cliquez ici ! Si vous préférez écouter des podcasts sur d’autres plateformes, vous pouvez également trouver « Sparks » sur Apple Podcast, Google Podcast, Amazon Music et Audible. Bonne écoute!
Laura Salerno
8 Juin 2023 | Non classifié(e)
Comme le public le sait, le pape François a subi hier, 7 juin, une intervention chirurgicale à la Polyclinique Gemelli de Rome. Le souverain pontife est « en bonnes conditions générales » et serein. Il remercie pour les messages de proximité qui lui parviennent du monde entier et demande que l’on continue à prier pour lui. Margaret Karram lui a fait parvenir ses prières et son affection, de même que celles du Mouvement des Focolari.
Rocca di Papa, 8 juin 2023
Sainteté, cher pape François
Nous suivons avec attention les mises au courant suite à l’intervention que vous avez subie hier et nous nous réjouissons des nouvelles réconfortantes reçues récemment concernant votre état de santé. Unis à toute l’Église, avec les communautés du Mouvement dans le monde, nous vous accompagnons de nos prières et de l’offrande de nos vies. Soyez assuré que nous continuerons à vous soutenir, en demandant au Père votre plein rétablissement, afin que vous puissiez poursuivre votre si précieux ministère.
Je vous prie de recevoir mes affectueuses salutations et celles du Mouvement des Focolari !
Filialement,
Margaret Karram
30 Mai 2023 | Non classifié(e)
Une chapelle œcuménique a récemment été inaugurée au Centre Éducatif Fiore (CEF), situé à Mixco (Guatemala). Les directeurs Maresa Ramírez et Luis Martinez nous expliquent comment l’idée est née et coïncide avec la Pentecôte : dans l’hémisphère sud, la Semaine de prière pour l’unité des chrétiens est associée à cette fête.
« Nous ne nous concentrons pas sur une seule dénomination chrétienne, mais nous cherchons ce qui nous unit au sein de la chrétienté. C’est pourquoi notre chapelle est œcuménique, nous voulons que personne ne se sente en dehors de la famille de notre Centre Éducatif Fiore où nous voulons vivre une inclusion réciproque » C’est par ces mots que Maresa Ramírez explique l’objectif de la nouvelle chapelle œcuménique construite dans le Centre Éducatif Fiore (CEF), situé à Mixco (Guatemala), dont elle est la Directrice générale avec Luis Martinez, le directeur administratif.
Depuis 10 ans, le Centre accueille des enfants de différentes confessions chrétiennes et, suite à la pandémie, leur nombre a progressivement augmenté. La chapelle fait partie du projet éducatif de l’école, qui repose sur un parcours pédagogique, physique, émotionnel et spirituel. La chapelle comporte plusieurs éléments qui visent à créer une relation avec Dieu, en tenant compte de l’âge des enfants qui fréquentent l’école. Luis Martinez raconte : « La conception de la chapelle inclut des processus ludiques, utilisant des jeux pour rapprocher les enfants de Dieu et établir une relation avec Lui. Par exemple, nous avons placé des tubes qui partent de l’entrée de la chapelle vers la Croix, pour que l’enfant, s’il en ressent le besoin, puisse envoyer un message secret à Jésus. Ensuite, les nuages servent à créer l’atmosphère du ciel, car nous associons Dieu au ciel. Les enfants sont les premiers concernés et lorsqu’ils entrent dans ce lieu, une relation à la fois ludique et sérieuse se crée immédiatement. » L’école offre aux enfants cet espace dans lequel ils peuvent entrer lorsqu’ils ressentent le besoin de passer un moment avec Dieu. Dans le cadre de l’éducation à la foi et aux valeurs, les enfants s’exercent à faire des origamis afin d’écrire et d’y déposer leurs actes d’amour en les offrant à Jésus, « selon le conseil de Chiara Lubich aux enfants : après avoir fait un acte d’amour, en faire un petit paquet et l’envoyer au Ciel. »
La collaboration a été essentielle pour l’inauguration, car le dialogue entre le mouvement des Focolari au Guatemala et le Conseil œcuménique chrétien de ce Pays est très dynamique. « Nous avons établi une relation avec chacun de ses membres, en particulier avec l’évêque catholique, Monseigneur Valenzuela. En parlant avec lui, nous nous sommes rendu compte de l’importance de la présence de cette chapelle, car au Guatemala le dialogue œcuménique est quelque chose de nécessaire », explique Luis Martinez. Ces contacts fondés sur la fraternité ont été partagés par des fidèles de sept églises chrétiennes, et environ 25 personnes ont assisté à l’inauguration de la chapelle. Le programme de l’inauguration a été organisé entre le Centre Éducatif Fiore et Monseigneur Valenzuela : il comprenait des psaumes, la lecture de la Parole et diverses prières de bénédiction et de louange. Les élèves ont participé en récitant une prière pour la paix. « Les personnes qui ont pris la parole nous ont dit que les enfants sont placés au centre de notre parcours éducatif et que nous sommes la première école du pays à disposer d’une chapelle œcuménique », a conclu la Directrice, Mme Ramírez.
Diego Santizo
26 Mai 2023 | Non classifié(e)
Une occasion unique de se connaître, de partager et de redécouvrir la beauté d’être, ensemble, témoins de la Résurrection. C’est ce que les mouvements ecclésiaux et les nouvelles communautés présentes en Terre Sainte ont pu expérimenter lors du voyage parcouru ensemble à partir de la Pentecôte, il y a un an. Communion, participation et mission : ce sont les trois mots clés liés au chemin synodal lancé en octobre 2021. Le Pape François, en inaugurant ce chemin, a invité l’Église universelle à être une Église de l’écoute, de la proximité, et c’est précisément dans ce contexte, spécifiquement dans la phase locale du Synode, que les Mouvements ecclésiaux et les nouvelles Communautés présentes en Terre sainte, à l’invitation du patriarche des Latins de Jérusalem, Pierbattista Pizzaballa, ont trouvé le moyen de s’écouter, de se rencontrer et de travailler en communion pour la réalisation de la Veillée de la Pentecôte 2022. Une occasion spéciale au cours de laquelle chacun a éprouvé la joie de se sentir comme un seul corps dans l’Église, animé et revigoré par le souffle de l’Esprit Saint. Dans le contexte sociopolitique et culturel de la Terre sainte, la possibilité de générer de « l’unité », en apprenant du charisme de chacun et en mettant le sien au service de tous. « Je crois que la première chose à faire pour se sentir un seul corps, a déclaré Monseigneur Pierbattista Pizzaballa, c’est de parler, de communiquer, d’écouter surtout. Écouter ne signifie pas seulement entendre, cela signifie essayer de se mettre, en attente de l’autre, où l’autre devient le sujet, non pas moi le sujet, mais l’autre ». La Pentecôte inaugure le temps de l’Église qui, dans son pèlerinage à la rencontre du Seigneur, reçoit constamment de Lui l’Esprit, ce même Esprit qui la rassemble dans la foi et la charité, la sanctifie et l’envoie en mission. À l’occasion de la Pentecôte 2023, nous partageons l’histoire de cette expérience de communion.
Maria Grazia Berretta
Voir la vidéo (activer les sous-titres en français) https://youtu.be/I8aQgmAPBOg
25 Mai 2023 | Non classifié(e)
Près d’un mois et demi après les inondations qui ont frappé les régions des Marches et de l’Émilie-Romagne (Italie), voici le récit de l’expérience personnelle de Maria Chiara Campodoni, focolarine mariée, enseignante et ancienne conseillère municipale de la commune de Faenza, fortement touchée par cette catastrophe. Les inondations qui ont frappé les Marches et l’Émilie-Romagne (Italie) il y a environ un mois et demi ont causé la perte de 15 vies, le déplacement de milliers de personnes et le débordement de pas moins de 23 rivières. À ce jour une centaine de municipalités ont été inondées. De nombreux glissements de terrain ont affecté les petits producteurs, des dizaines de kilomètres carrés de terres agricoles et d’élevages ont été détruits par la puissance de l’eau, ainsi que des ponts et des routes. Les aides collectées par la Coordination d’urgence du mouvement des Focolari, AMU et AFN s’élèvent actuellement à 182 000 euros. En collaboration avec l’APS Emilia-Romagna, un Comité local d’urgence a été mis en place et a identifié certaines zones d’intervention : Cesena ; Sarsina ; Faenza ; Castel Bolognese ; Ravenne. Les besoins de la population touchée sont en train d’être recueillis, principalement par le biais de relations personnelles et en remplissant des formulaires dans lesquels chaque personne déclare les dommages subis et sa demande.
Parmi les nombreuses personnes touchées, Maria Chiara Campodoni, focolarine mariée, enseignante, conseillère aux sports de 2010 à 2015 et présidente du conseil municipal de Faenza de 2015 à 2020, nous raconte le drame qui a été vécu, mais aussi l’espoir nécessaire pour pouvoir aller de l’avant. Maria Chiara, comment avez-vous vécu ce moment ? Il y a eu deux inondations à Faenza. Chez nous, l’eau est entrée pour la première fois le 2 mai à hauteur de 30 cm. C’était l’après-midi, il faisait jour, et j’étais à la maison avec un de nos enfants. Nous avons d’abord vécu cela presque comme une « aventure », mais ce soir-là, j’ai préféré que mon mari, qui était sorti pour récupérer nos deux autres enfants après des activités sportives, ne rentre pas, parce qu’il y avait beaucoup plus d’eau à l’extérieur qu’à l’intérieur et que nous n’avons que des portes-fenêtres au rez-de-chaussée. Leur ouvrir aurait signifié laisser entrer beaucoup plus d’eau. Ils sont donc allés dormir chez leurs grands-parents et nous avons essayé de monter quelques affaires à l’étage, nous avons dîné dans les chambres et nous sommes allés nous coucher. Les pompiers qui étaient passés nous ont également rassurés en nous disant que la situation ne s’aggraverait pas. Le lendemain, le niveau d’eau entre l’intérieur et l’extérieur était le même et, en accord avec mon mari, nous avons décidé de quitter les lieux. Lorsque, 15 jours plus tard, on a commencé à conseiller aux gens d’évacuer les rez-de-chaussée parce que l’inondation allait se reproduire, toute la ville s’est mise en alerte et a compris qu’elle devait se mobiliser parce qu’il s’agissait d’un événement d’une plus grande ampleur. Et que s’est-il passé la deuxième fois ? Cette deuxième inondation, qui nous a obligés à partir, s’est produite dans la soirée. Vers 20 h 30, la digue s’est rompue juste au-dessus de notre maison. Jusque-là, équipés d’une pompe à l’intérieur de la maison, nous n’étions pas sortis convaincus que nous pouvions contrôler le débit des pompes, maintenir l’eau à un niveau bas, avec en plus l’aide de sacs de sable. Au lieu de cela, en l’espace de 20 minutes, l’eau a atteint le premier étage, atteignant 3m en un rien de temps, et c’est là que nous nous sommes retrouvés piégés. Nous avons appelé les secours, qui ont immédiatement répondu en disant qu’ils allaient arriver, mais entre-temps, dans l’après-midi, la rivière Savio avait déjà débordé à Cesena, de sorte que la protection civile et les pompiers, qui, encore la veille se trouvaient tous à Faenza, étaient déjà un peu plus dispersés dans les différents secteurs. De plus, dans ma rue, le courant était si fort que les véhicules à moteur n’ont pu entrer qu’à quatre heures du matin et nous n’aurions pas pu tenir jusque-là. Les pompiers nous ont dit d’aller sur les toits, mais nous n’avons pas de lucarne, donc il fallait passer par l’extérieur, à la nage. La situation était vraiment dangereuse. À un moment donné, un cousin de mon mari, ayant appris par les réseaux sociaux que la rivière était sortie de son lit juste à côté de notre maison, l’a appelé pour lui demander si nous étions déjà sortis. Il a compris au ton de sa voix que nous étions en danger et comme c’est un athlète, (il faisait du surf depuis tout jeune), il a enfilé sa combinaison, a attrapé sa planche et a sauté dans le courant. Il a nagé jusqu’à notre maison en poussant son surf, nous a chargés un à un et transportés sains et saufs jusqu’aux remparts de la ville, à 500 mètres de chez nous. Qu’avez-vous vu une fois dehors ? Une fois dans le courant, le cadre changeait complètement. L’eau dépassait déjà les panneaux de signalisation, de sorte que l’on ne savait plus si on se trouvait dans la rue ou dans le jardin d’une maison. Nous avons franchi des portails, des garages, et nous étions si haut qu’à un moment donné, notre cousin m’a demandé de m’agripper à ce qui ressemblait à un buisson, mais qui était en fait, maintenant que je le vois, un arbre. J’ai été la dernière à être sauvée. Trempés, nous avons été accueillis dans la maison d’une dame qui nous connaissait. Elle nous a fait changer d’habits dans sa salle de bain, nous a donné des vêtements propres car le froid était terrible cette nuit-là et il pleuvait. Nous nous sommes réchauffés et avons fait 6 km jusqu’à la ville où vit ma belle-mère. Nous avons eu beaucoup de chance car nous avons été parmi les premiers à sortir. Surtout, nous n’avons pas vécu ce que beaucoup de gens nous ont raconté plus tard, une véritable nuit de terreur dans la ville. Les enfants ont-ils pris conscience du danger ? Oui. J’ai trois enfants de 10, 8 et 6 ans. À un moment donné, le plus jeune n’arrêtait pas de courir dans les escaliers parce qu’on voyait l’eau monter petit à petit et il m’a dit : « Il manque cinq marches, quatre marches. Allons sur la terrasse, il faut qu’on s’échappe » et nous avons dit : « Restons à la fenêtre, parce qu’il pleut dehors. Les secours vont arriver. » Bref, ils ont compris et ont dû lentement métaboliser, surtout l’aîné. Au bout d’une heure, nous avons craint de ne pas y arriver. Une fois chez leur grand-mère, ils étaient plus calmes, même si en arrivant ils ont commencé à se rendre compte que nous avions tout perdu. Ils m’ont dit : « Maman, mais on n’a plus nos cartables, nos livres, et maintenant ? » Je leur ai expliqué que beaucoup de personnes nous aideraient. Et c’est ce qui est arrivé. Comment se sont passés les premiers jours ? Où avez-vous trouvé refuge ? Nous sommes restés chez ma belle-mère pendant quelques jours, car nous ne pouvions pas nous déplacer dans la ville. Puis, plus tard, nous avons été accueillis par la tante d’un ami de mon fils qui vit à l’étranger et qui nous a prêté sa petite maison au centre de la ville pendant un mois, à 10 minutes à pied de notre domicile, pour que nous puissions commencer à déblayer à la pelle. Nous étions à l’étroit, mais c’était vraiment un grand cadeau et j’en ai encore eu plus conscience par la suite, lorsque j’ai commencé à entendre les histoires des autres. Ensuite, des bénévoles ont commencé à arriver dans toute la ville. Je dois dire que chez nous, en partie grâce au mouvement des Focolari et en partie grâce aux nombreuses relations de mon mari, des amis sont toujours venus : de Parme, de Plaisance, de Vénétie… et aussi d’Emilie, car ceux qui ont souffert du tremblement de terre dans cette région il y a quelques années ont ressenti un véritable appel à nous venir en aide. Il y avait une atmosphère merveilleuse, un réel soutien et c’est dans ce climat que j’ai lentement commencé à tout jeter, mais j’étais vraiment sereine. Déblayer la boue, c’est épuisant : au début on essaie de faire de son mieux, on se fatigue, mais au fur et à mesure on se rend compte que ce ne sont pas les choses, ni les objets qui font notre vie, mais tout le reste. Votre mari a également un restaurant… Oui. Il avait vu sur les caméras qu’il n’y avait heureusement pas d’eau, mais il fallait qu’il aille voir par lui-même. Un jour, il est parti à six heures du matin en pensant prendre l’autoroute, mais celle-ci aussi était fermée. Nous avons eu une idée : « Appelons le maire adjoint et disons-lui que s’il t’emmène avec la protection civile au restaurant, tu feras la cuisine pour tous ceux qui en ont besoin. » Il a accepté avec plaisir que nous nous mettions à son service, parce qu’il y avait beaucoup d’habitants évacués. Heureusement toutes les personnes handicapées ou âgées avaient été emmenées plus tôt et logées dans un hôtel très proche du restaurant de mon mari, mais dont les cuisines n’étaient pas en état de marche. Mon mari et deux employés ont donc passé une journée entière au restaurant, ils ont servi 700 repas entre le déjeuner et le dîner : pour cent personnes évacuées, pour les pompiers, la protection civile. Comme le restaurant se trouve sur la Via Emilia, un point de passage, beaucoup de personnes restées bloquées sur la route avaient dormi dans leur voiture sans manger et sont venues au restaurant pour demander de l’aide. Toute la région de Cesena et de Forlì était paralysée. Comment allez-vous vous organiser maintenant ? Pour l’instant, nous avons quitté la petite maison qui nous hébergeait. Nous allons déménager dans une maison que nous avons au bord de la mer pendant un certain temps, puis nous louerons un appartement pendant 18 mois en attendant de remettre notre maison en état. L’objectif est d’y rentrer en septembre 2024. Il y a ensuite beaucoup de points d’interrogation : y aura-t-il des entreprises en mesure de rénover toutes ces maisons car nous sommes très nombreux : 12 000 personnes ont perdu leur maison. 6 000 familles rien que dans notre ville, et certaines maisons, les plus anciennes, ont été déclarées inhabitables. Les habitations doivent maintenant être asséchées. Nous avons déjà tout démonté. Nous avions du parquet et nous l’avons enlevé, les faux plafonds du rez-de-chaussée se sont effondrés d’eux-mêmes lorsque l’eau est descendue et, avec l’aide de nombreuses personnes, nous avons au moins réussi à enlever les installations sanitaires. Maintenant, tous les matins nous allons ouvrir les fenêtres et le soir nous les fermons pour mettre en route le déshumidificateur. Heureusement, c’est l’été. Si c’était arrivé en automne, cela aurait été plus gênant. La solidarité continue-t-elle ? Absolument, et sous différentes formes. Par exemple, au début, nous pensions aller à la recherche d’une maison déjà meublée pour ne pas avoir à déménager deux fois, mais nous nous sommes rendu compte que les gens commençaient à donner beaucoup de choses : armoires, matelas, chambres, canapés. Nous avons choisi de prendre une maison vide pour commencer à l’aménager avec tout ce mobilier offert. Dans dix-huit mois nous ramènerons tout dans notre maison, sachant qu’à ce moment-là, il y aura certainement beaucoup d’autres priorités. Les gens sont vraiment heureux d’aider et je dois dire que cela a été une leçon pour moi. Je me souviens d’un jour, après la première inondation : ma maison était sens dessus dessous et ma machine à laver était en panne. Je me suis dit : « Je vais faire trois sacs, un avec du linge blanc, un avec du linge de couleur, un avec du linge sombre, et je vais au travail. » À la première collègue qui me demande « comment puis-je t’aider ? », je réponds « si tu es prête à tout, voici du linge à laver. » Le temps que j’arrive à l’école, tout était déjà distribué. Dans ce genre de situation, un lien plus fort se crée avec les personnes et surtout, je n’avais pas honte de demander de l’aide. Nous avons accepté ce qu’on nous donnait et je pense que c’est aussi une façon de faire de mes besoins en toute simplicité et de dire c’est bien ainsi, on s’aime comme on est. Un lien agréable s’est également créé avec les voisins. Nous habitons le quartier depuis quatre ans et demi, mais je n’étais jamais entrée dans autant de jardins de notre rue, parce que la vie est quand même trépidante, on court partout. Désormais les gens entrent, se saluent, s’entraident. Quelle phase s’ouvre maintenant ? La deuxième phase a débuté, celle de la création de comités de citoyens pour commencer à communiquer avec l’administration municipale. Je me serais retiré tout de suite pour diverses raisons, notamment parce que j’ai occupé certains rôles dans le passé, mais maintenant je suis au milieu du processus. Nous avons choisi de prendre une maison vide que nous pourrions commencer à redécorer avec cette providence et ensuite, dans 18 mois, tout ramener dans notre maison, aussi parce qu’alors il y aura certainement d’autres priorités. Les gens sont vraiment heureux d’aider et je dois dire que cela a été une leçon pour moi. Je me souviens d’un jour, après la première inondation, ma maison était sens dessus dessous et ma machine à laver était en panne. Je me suis dit : « Je vais faire trois sacs, un avec du linge blanc, un avec du linge de couleur, un avec du linge noir, et je vais au travail ». La première collègue qui me demande « comment puis-je vous aider ? », je lui dis « si vous êtes prête à tout, voici les gants de toilette » ». Je ne suis même pas arrivée à temps à l’école que je les avais déjà distribués. Dans ces cas-là, un lien plus fort se crée avec les gens et surtout, je n’avais pas honte de demander de l’aide. Nous avons accepté ce qu’on nous donnait et je pense que c’est aussi une façon de mettre à nu mes besoins et de dire c’est bon, on s’aime comme on est. Un lien fort sympathique s’est également créé avec les voisins. Nous habitons là depuis quatre ans et demi, mais je n’étais jamais entrée dans autant de jardins voisins, parce que la vie est quand même trépidante, on court partout. Mais désormais les gens entrent, se saluent, s’entraident. Quelle phase s’ouvre maintenant ? La deuxième phase a commencé, celle de la création de comités de citoyens pour commencer à communiquer avec l’administration municipale. J’aurais voulu me retirer immédiatement pour diverses raisons, notamment pour avoir tenu certains rôles dans le passé, mais je me suis rendu compte que sans trop m’exposer, en écoutant, en restant dans les réseaux, en aidant les responsables de ces comités, je pouvais apporter ma pierre à l’édifice. Je le dois à mes enfants qui me demandent encore : « Mais est-ce qu’il faut retourner vivre là-bas ? Est-ce qu’on va construire un escalier extérieur qui nous emmène sur le toit la prochaine fois ? » Il faut une citoyenneté active pour garder un œil sur la situation. J’ai senti que je devais aussi mettre mon expérience à disposition, sous les formes adéquates, en créant des liens autant que possible, parce qu’aujourd’hui, comme toujours lorsqu’il y a une reconstruction, la plus grande peur est de rester seul. Avez-vous de l’espoir ? Oui, tout à fait. L’autre jour, nous devions faire un petit cadeau à la dame qui nous a accueillis dans sa maison durant le premier mois, et comme Faenza est une ville connue pour ses céramiques, je lui ai offert un carreau à accrocher au mur avec la phrase « Les belles choses de la vie décoiffent ». Je me suis dit qu’il s’agissait d’une énorme épreuve. Il nous faudra peut-être du temps pour nous en remettre et nous nous en sortirons, mais j’ai le sentiment que je n’aurais pas pu vivre certaines expériences sans passer par cette période difficile. J’ai vraiment l’impression d’avoir atteint le stade où l’on regarde l’essentiel, ce qui compte. C’était terrible, mais je ne peux pas me contenter de penser à la catastrophe, au fait que l’eau a tout emporté et que tout finit là. Il y a beaucoup, beaucoup plus.
Maria Grazia Berretta Interview par Carlos Mana