27 Mar 2012 | Non classifié(e)

Video: Santuario di Guadalupe (Messico), 7 giugno 1997
« Nous nous retrouvons tous ici devant la très belle effigie de la Vierge de Guadalupe, peinte au ciel, avant tout, bien sûr, par amour pour le bien-aimé peuple mexicain. Nous nous rencontrons ici, où je désirais vivement venir avec vous tous après avoir connu plus profondément cette douce Mère de Dieu et notre Mère, à travers plusieurs lectures qui m’ont surprise et émue.
Quels sentiments naissent dans notre cœur au contact de cette réalité céleste en contemplant le privilège que le monde, et avant tout le Mexique, a reçu avec l’apparition de la douce Dame ? Je crois pouvoir affirmer qu’est née spontanément en nous une profonde conviction : cette Vierge, la Vierge de Guadalupe, est étroitement liée à nous, aux membres du mouvement des Focolari ou Œuvre de Marie.
Pourquoi ? Parce que la Vierge de Guadalupe est la Vierge de l’amour et l’amour est notre spiritualité. La Vierge de Guadalupe, en effet, manifeste, explique, enseigne de manière sublime cet art d’aimer que nous avons trouvé dans l’Évangile. Nous savons que l’amour surnaturel a des exigences précises. Cet amour exige avant tout que l’on aime tout le monde. C’est pourquoi on ne regarde pas si une personne est sympathique ou antipathique, plaisante ou déplaisante, de notre pays ou étrangère, asiatique ou africaine. L’amour que Jésus a porté sur la terre, exige que l’on aime tout le monde.
Qu’a donc fait la Vierge de Guadalupe ? Elle nous a donné un exemple extraordinaire : elle a aimé les indigènes et les Espagnols. Le véritable amour, de plus, nous pousse à aimer en premier, comme Jésus l’a fait. Lorsque nous étions pécheurs, il a donné sa vie pour nous. C’est ce qu’a fait la métisse céleste. De façon inattendue, elle est apparue à un indigène, soulignant, entre autres, de cette manière, les prédilections de Jésus. À une époque où le peuple indigène vivait son terrible Vendredi Saint, elle est apparue non pas à qui dominait à cette époque-là, mais à un indigène et elle parlait sa langue. Elle n’est pas seulement apparue, elle a apporté aussi le réconfort et la joie et, avec une douceur céleste, la conversion de millions d’hommes, de l’un et de l’autre côté, à son Fils, Jésus.
L’amour surnaturel, nous le savons, ne se nourrit pas de sentiments ou d’un peu de bienveillance ou seulement de solidarité ou uniquement d’aumône. C’est cet amour que Jésus lui-même a témoigné, en se faisant un avec nous à l’incarnation puis lors de sa passion et mort.
En effet, un autre attribut de l’amour est celui de se faire un avec les autres pour les comprendre et partager leurs joies et leurs souffrances.
Cet attribut de l’amour : se faire un, est essentiel à l’inculturation si nécessaire que l’Église souligne beaucoup aujourd’hui pour pouvoir offrir une évangélisation authentique.
Marie de Guadalupe est vraiment la mère du véritable amour, la mère du se faire un. La Vierge de Guadalupe est un exemple extraordinaire et merveilleux d’inculturation, inculturation qu’elle a exprimée par sa manière de se présenter. Elle n’a pas un visage blanc comme on imagine celui de Marie de Nazareth, mais ses traits sont ceux d’une femme ni blanche ni indigène. Elle est métisse et prêche ainsi à tous la nécessité de ne jamais s’opposer, mais de toujours se fondre. Elle indique sa maternité divine, que symbolisent les rubans foncés, qui tombent sur sa poitrine, selon l’usage aztèque. En se présentant dans un habit réservé à Dieu et au roi, elle a voulu montrer que, bien que n’étant pas d’origine divine, elle était la reine de l’univers. Elle porte, à côté des rubans noirs, une petite croix indigène, pour indiquer que le centre de l’univers est le Christ, que Marie porte en son sein. Cependant cette croix est accompagnée d’une petite croix chrétienne, qui est gravée sur la broche qu’elle porte à son cou.
Son image met en évidence la présence du soleil derrière elle, mais aussi des étoiles sur son manteau, et de la lune sous ses pieds : soleil, étoiles et lune, non pas rivaux, comme on avait coutume de penser, mais en paix entre eux, coexistant pacifiquement.
Nous pourrions continuer… Et vous, qui êtes mexicains, vous auriez beaucoup plus de choses à nous dire. Cependant ce que je vous ai signalé est suffisant, me semble-t-il, pour nous faire comprendre une chose très importante : l’inculturation ne consiste pas seulement à « se faire un » spirituellement avec un autre peuple, découvrant peut-être et renforçant les semences du Verbe qui sont présentes en lui, elle consiste à adopter nous aussi, avec humilité et reconnaissance, ce quelque chose de valable que la culture de nos frères offre. L’inculturation requiert un échange de dons. C’est ce que veut nous dire la Vierge de Guadalupe. Ainsi seulement l’Évangile pourra pénétrer au fond des cœurs et y opérer sa révolution avec toutes les conséquences que cela comporte ».
25 Mar 2012 | Focolare Worldwide
« Est-ce vraiment vivre que de vivre ici sur la terre ? Non pas pour toujours ici sur la terre, Mais seulement pour un bref instant. Même les jades se brisent, Même les ors se fendent, Même les plumes de quetzal se cassent. Non pas pour toujours ici sur la terre, Mais seulement pour un bref instant. » Ainsi écrivait Netzahualcóyotl (1402-1472), roi de Texcoco, en mettant en évidence à quel point les peuples originaires du Mexique avaient le sens de la transcendance. Les « États-Unis du Mexique » – nom officiel du pays – sont composés de 31 États fédéraux et d’un District fédéral et s’étendent sur un vaste territoire (1 972 550 km2) au sud des USA et au nord du Guatemala, où habitent 17 groupes ethniques originels qui représentent 10% de la population totale : 112 millions d’habitants. Le Mexique se présente comme un pays aux forts contrastes : des zones métropolitaines modernes cohabitent avec des zones rurales (15 millions de personnes vivent dans la pauvreté extrême). D’immenses étendues de cultures sont destinées à l’exportation, alors que des milliers de paysans ont seulement un hectare de terre. 200 ans après son indépendance, le Mexique cherche encore une identité propre, expression de la rencontre de ses propres valeurs culturelles ancestrales avec les valeurs apportées par le christianisme. Le fameux « événement de Guadalupe » marque un tournant décisif de réconciliation et fusion de ces deux cultures, qui a formé un nouveau peuple, le peuple mexicain justement. Cet événement singulier s’est produit il y a cinq siècles, entre le 9 et le 12 décembre 1531. Selon la tradition, une « douce Dame » au visage métis se présente à un indigène, Juan Diego, comme la « Mère de tous ». Jean-Paul II, lors de son voyage en 1999, a souligné l’importance de ce fait qui « a eu une répercussion déterminante pour la nouvelle évangélisation, influence qui va plus loin que la nation mexicaine pour atteindre tout le continent. L’Amérique, qui historiquement a été un creuset de peuples, a reconnu dans le visage métis de la Vierge Marie un fort exemple d’évangélisation parfaitement inculturée ».
Chiara Lubich aussi, en visitant le Mexique en 1997, a repris le thème de la rencontre entre les différentes cultures à partir de l’événement de Guadalupe. « L’inculturation, a-t-elle déclaré à cette occasion, n’est pas seulement se faire un avec un autre peuple spirituellement – peut-être en y découvrant et en développant les « semences du Verbe » présentes en lui – mais assumer nous aussi, avec humilité et reconnaissance, ce quelque chose de valable qu’offre la culture de nos frères. L’inculturation exige un échange de dons. C’est ce que veut nous dire Notre-Dame de Guadalupe. » Le Mouvement des Focolari est présent au Mexique de façon stable depuis 1980, même si, depuis 1975 déjà, quelques focolarini faisaient des voyages depuis la Colombie. Aujourd’hui, il y a des centres à Mexico, Netzahualcóyotl, Guadalajara et Acatzingo (Puebla), où se trouvent le Centre Mariapolis et la Cité-pilote El Diamante. Cette dernière a été fondée en 1990 et est le cœur palpitant du Mouvement ; un lieu qui prouve aux quelque 20 000 visiteurs annuels que, dans une nation aussi riche en contrastes culturels, sociaux, ethniques, l’inculturation de la vie de l’Évangile est possible si elle se fonde sur le dialogue et l’échange de dons des différentes cultures. Les communautés du Mouvement (environ 15 000 personnes qui se sont approprié la Spiritualité de l’unité), dispersées sur tout le territoire, de Mexicali (frontière avec les USA) à Mérida (sud-est), s’ouvrent au dialogue dans les différents domaines de la société pour apporter une contribution d’unité, à commencer par les rapports tissés, depuis de nombreuses années maintenant, entre les mouvements et les nouvelles associations de l’Église catholique. En août 2011 s’est tenue la première rencontre de « Juntos por México » (Ensemble pour le Mexique), qui a rassemblé 350 leaders qui représentaient environ 8 millions de catholiques de tout le pays. Beaucoup entrevoient l’ouverture de nouvelles voies de communion dans l’Église mexicaine qui pourra aboutir à un plus grand rôle des laïcs dans les différents domaines de la société. Dans le domaine de la société civile, en collaboration avec l’Institut Mora de Mexico, il faut mettre en évidence le cycle de conférences mensuelles, qui dure une année, sur la « Fraternité en politique », avec la participation de quelques politiques qui adhèrent à la « Spiritualité de communion » et de personnes engagées dans la fonction publique. Un événement positif qui a marqué une étape importante dans la formation de la conscience civile. Enfin, les Séminaires de bioéthique, qui se sont déroulés dans différentes villes, ont été une initiative de l’Association de Bioéthique et Droits humains « Netemachilizpan AC » avec le mouvement « Humanité Nouvelle » des Focolari. Des centaines de personnes attirées par les sujets abordés y ont participé. Les thèmes, développés avec une vision claire de la pensée de l’Église et éclairés par le point de vue médical et scientifique, ont illuminé tous les participants. À souligner en particulier le groupe important de jeunes de l’Université La Salle de Neza qui ont trouvé des réponses à leurs doutes. En parallèle, le groupe d’experts, qui dirige les cours de bioéthique, travaille auprès de la Chambre des députés pour soutenir et rédiger les lois en faveur de la vie. Site web : www.focolaremex.org