Mouvement des Focolari

Je m’étais vendu au monde, jusqu’à toucher le fond. Un jour, j’ai décidé de faire marche arrière et de tout recommencer à zéro

Je suis né et j’ai grandi dans une famille qui s’est toujours engagée à transmettre les valeurs chrétiennes basées sur le respect et sur l’amour du prochain, sans discrimination aucune. Dès mon plus jeune âge, je me suis proposé de vivre respectant ces valeurs : avec mon équipe de football, en classe, avec mes amis, je me suis toujours efforcé d’aller à contre-courant et de ne pas me laisser entraîner par tout ce que la société de consommation propose. En effet, en Europe, prédomine le matérialisme, et l’avoir et les apparences comptent plus que l’être. A une certaine période de ma vie, les plaisirs et les joies passagères m’ont fait dériver. En pratique, je me suis vendu au monde. Je voulais connaître tout ce que, jusqu’alors, j’avais considéré comme la voie la plus facile, et en même temps, la plus vaine. C’est ainsi qu’a commencé pour moi, une nouvelle phase de ma vie, où le respect envers les personnes et envers Dieu n’avaient plus de valeur. J’ai commencé à faire des expériences qui m’apportaient des satisfactions passagères. Tout de suite après, j’éprouvais un grand vide dans mon âme, une immense solitude qui me faisait me sentir très mal. Après avoir plongé maintes fois, j’ai décidé de recommencer et de revenir à mes origines. J’ai voulu retrouver les valeurs qui avaient toujours été présentes en moi, même si elles étaient ensevelies sous mille choses vaines. A présent, dans cette cité pilote où je vie avec des jeunes du monde entier, je fais une expérience très belle. Je découvre de nombreuses choses que je ne connaissais pas, grâce aux personnes que j’ai autour de moi. Je découvre dans le frère une voie pour grandir, un miroir dans lequel me refléter. Je recherche et je trouve l’amour pur, donné gratuitement. Un amour qui naît du cœur, sans préjugés. Cet amour, qui a ses racines dans l’Evangile vécu, me porte à me détacher des choses passagères et c’est une voie vers la vraie liberté, une route qui me porte à Dieu, ensemble avec mes frères. (J. – Italie) Témoignage donné à la Fête des jeunes, O’Higgins, Argentina, le 27 septembre 2009

Octobre 2009

Le terme grec, traduit en français par « persévérance », inclut d’autres qualités comme la patience, la constance, la résistance, la confiance.
La persévérance ainsi comprise, est bien nécessaire dans la souffrance, les tentations, les moments de découragement, les séductions du monde ou les  persécutions.
Ces situations, tu as dû toi aussi les connaître, découvrant que ta persévérance t’a empêché de tomber. Ce qui a d’ailleurs pu t’arriver quelques fois. Peut-être même vis-tu actuellement une telle épreuve ?
Alors quoi faire ?
Ressaisis-toi et… persévère. Sinon tu ne peux te dire vraiment chrétien.
Tu le sais : celui qui veut suivre le Christ doit prendre sa croix chaque jour, et, au moins avoir la volonté d’accepter la souffrance. La vocation chrétienne est une vocation à la persévérance.
L’apôtre Paul présente à la communauté la persévérance comme un signe d’authenticité chrétienne. Il ne craint pas de la situer au même niveau que les miracles.
En outre, si nous prenons notre croix et si nous persévérons, nous pourrons suivre le Christ monté aux cieux et donc « gagner la vie ».

« C’est par votre persévérance que vous gagnerez la vie. »

On peut distinguer deux catégories de personnes. Les premières se sentent appelées à être de vrais chrétiens. Mais cet appel tombe dans leur cœur comme la semence jetée sur un terrain pierreux. L’enthousiasme est grand mais tel un feu de paille, il s’éteint bien vite.
Les personnes de la seconde catégorie accueillent l’appel, comme le bon terrain reçoit la semence. Et la vie chrétienne se développe, grandit, arrive à surmonter les difficultés et à résister aux tempêtes.
Ces personnes vivent la persévérance et…

« C’est par votre persévérance que vous gagnerez la vie. »

Naturellement, si tu veux persévérer il ne te faudra pas compter sur tes seules forces. L’aide de Dieu te sera nécessaire.
Saint Paul parle de Dieu comme du « Dieu de la persévérance » (Rm 15,5).
C'est donc à lui que tu dois la demander, et il te la donnera. Si tu es chrétien, tu ne peux pas te contenter d’être baptisé, de quelques pratiques religieuses et d’une charité occasionnelle. Il faut que le chrétien grandisse en toi. Et toute croissance sur le plan spirituel ne peut se réaliser qu’au milieu d’épreuves, de souffrances, d’obstacles et de combats.
Et celui qui aime sait vraiment persévérer. L’amour ne s’arrête pas aux obstacles, aux difficultés, aux sacrifices. La persévérance est l’amour éprouvé.
[…] Marie est la femme de la persévérance.
Demande à Dieu de faire naître en ton cœur l’amour pour Lui et, ainsi, dans toutes les difficultés de la vie, ta persévérance te conduira à la vie éternelle.

« C’est par votre persévérance que vous gagnerez la vie. »

Mais ne l’oublions pas non plus… la persévérance est contagieuse. Celui qui la possède encourage aussi les autres à aller jusqu’au bout.
[…] Visons haut. Nous n’avons qu’une vie et elle est brève. Tenons bon, jour après jour, affrontons chaque difficulté l’une après l’autre pour suivre le Christ. Et nous « gagnerons » la vie éternelle.
 
Chiara Lubich

Je ne pouvais pas trahir ma conscience

Après l’obtention de mon diplôme de dentiste, je désirais tout de suite mettre à profit toutes mes années d’études. Ma profession me plaît et je la vois comme une possibilité concrète de contribuer à une société plus humaine. J’ai eu très vite une proposition de travail mais je me suis rendu compte très vite que si j’adhérais à ce projet, je devrais me plier à des pratiques contraires à l’éthique professionnelle. Le salaire était très intéressant et j’en aurais eu vraiment besoin, mais la conviction que je ne devais pas trahir ma conscience a été plus forte. J’ai décidé de ne pas accepter cette proposition. A cette même période, on m’a proposé de participer au lancement d’un projet socio-éducatif : il s’agissait d’un travail d’enseignant dans un jardin d’enfants. Mes proches et mes amis ont pensé que j’allais perdre du temps et de l’énergie. Ils ne comprenaient pas pourquoi je refusais une offre avantageuse dans mon domaine professionnel pour me consacrer à « changer des couches ». Mais j’étais heureuse que me soit donnée une possibilité concrète de construire la fraternité. Et en effet, cette expérience a été très belle : nous étions plusieurs personnes à y participer, toutes motivées pour réaliser un projet qui nous apparaissait comme la semence de quelque chose de grand : apporter des réponses aux nécessités de ce quartier que nous voulions servir. A ma grande surprise, on m’a proposé un autre travail d’orthodontiste. L’expérience du jardin d’enfants m’avait ouvert des horizons. Ma profession n’était plus seulement un moyen de me réaliser comme personne mais un espace pour « donner », pour « aimer ». Les occasions d’être cohérente avec les choix fondamentaux de ma vie continuaient à ne pas manquer. Par exemple, une autre possibilité s’est présentée à moi de gagner une somme rondelette, en utilisant des méthodes pas très licites. Dans une société comme celle dans laquelle je vis, avec de nombreux besoins et une mentalité de corruption généralisée, la chose pouvait apparaître comme tout à fait « normale ». Mais encore une fois, il me fut clair que je ne pouvais pas céder à ce genre de proposition. Un jour, une personne indigente est venue dans le cabinet dentaire où je travaillais. Aucun de mes collègues ne voulait le soigner. Je savais bien que dans cette personne se trouvait Jésus, et je n’ai pas pu faire autrement que l’accueillir et le soigner comme je l’aurais fait pour Jésus. A quelque temps de là m’a été donnée une possibilité incroyable : m’associer avec une personne qui a les mêmes idéaux que moi. Nous allions pouvoir travailler à notre compte, en offrant à tous un service juste, digne d’adhérer au projet de l’Economie de communion. Cela m’est apparu comme « ce qui est donné par surcroît », après avoir cherché le Royaume de Dieu ! Je suis heureuse de pouvoir entreprendre cette nouvelle voie et de donner tout de moi-même dans la construction d’une société nouvelle. (E. Venezuela)