Mouvement des Focolari

«Arrisquei o emprego, mas alguma coisa mudou»

Sou médica obstetra e durante anos trabalhei no departamento de gravidez anômala do hospital de Lubiana, na busca constante de construir relacionamentos verdadeiros com as pacientes, os colegas, os superiores. Sempre procurei defender a vida, muitas vezes sendo humilhada e arriscando perder o emprego por causa do meu comportamento.

Muitos pais redescobriram a alegria da maternidade e da paternidade, e às mães que queriam abortar foi poupado o drama do remorso. Aos poucos os colegas e superiores começavam a respeitar as minhas escolhas e com freqüência me consultavam antes de tomar decisões importantes.

Depois adoeci, era uma doença rara: não podia fazer esforços, tinha fortes dores de cabeça e nas articulações, inchaços, perda de concentração. Os colegas me ajudavam como podiam. Fiquei limitada no trabalho, mas sentia que ainda precisavam de mim.

Uma vez foi internada uma mãe no sexto mês de gravidez. Ela já tinha a bolsa rompida e a medica de plantão aconselhou o aborto. Procurei convencer a mãe a não realizá-lo, ma não consegui. Porém me recusei a dar a injeção e a mesma coisa fizeram as enfermeiras depois de mim. O menino nasceu vivo. Os pais re-avaliaram a própria decisão e agora o menino vive o pai é orgulhoso por ter um filho homem.

Com a difusão da prática da fecundação assistida penetrou no hospital uma certa cultura da morte, com a eliminação dos embriões que sobram. Com este tipo de fecundação muitas vezes são concebidos vários filhos, mas somente um é ajudado a viver. Para mim este é um sofrimento insuportável, que encontra sentido somente se unido ao sofrimento de Jesus na cruz.

Por este constante caminhar contra a correnteza enfim alguma coisa mudou no nosso setor. Muitas colegas de trabalho começaram, junto comigo, a lutar pela vida. E até a chefe do departamento, que não possui nenhum referencial religioso, me apóia, mesmo sem entender de onde tomo a força para agir desse modo, onde encontra-se escondido o meu segredo.

(J. P. – Slovenia)

Novembre 2008

Parce que tu es dans le monde, ne crois pas que tu peux y nager comme un poisson dans l’eau. Parce que le monde pénètre chez toi par la radio et la télévision, ne crois pas que tu puisses écouter ou voir n’importe quoi. Parce que tu circules dans les rues du monde, ne crois pas que tu peux regarder toutes les affiches et t’acheter n’importe quelle publication sans faire un choix. Parce que tu es dans le monde, ne crois pas que tu puisses adopter n’importe quel genre de vie : expériences faciles, immoralité, avortement, haine, violence, vol.
Non, non. Tu es dans le monde. C’est évident. Mais tu n’es pas du monde2.
C’est là que réside toute la différence. C’est ce qui te classe parmi ceux qui se nourrissent non pas des choses du monde, mais de celles que t’exprime la voix de Dieu en toi. Elle est présente dans le cœur de tout homme et – si tu l’écoutes – elle te fait pénétrer dans un royaume qui n’est pas de ce monde, un monde où l’on vit l’amour vrai, la justice, la pureté, la miséricorde, la pauvreté. Un royaume où la maîtrise de soi est la règle.
Pourquoi beaucoup de jeunes fuient-ils en Orient, en Inde par exemple, afin d’y trouver un peu de silence et découvrir le secret de certains grands sages qui, grâce à la longue mortification de leur moi intérieur, laissent transparaître un amour (…) qui impressionne tous ceux qui les approchent ? C’est une réaction compréhensible devant le vacarme du monde, le bruit qui règne en nous et autour de nous, et qui ne laisse plus place au silence pour entendre Dieu. Eh bien ! Faut-il vraiment aller en Inde alors que depuis deux mille ans le Christ nous dit : « renonce à toi-même… renie-toi toi-même… » ?
Le chrétien ne choisit ni la commodité ni la tranquillité. Le Christ n’a pas demandé et ne te demande pas moins que cela si tu veux le suivre. Le monde t’assaille comme un fleuve en crue et tu dois marcher à contre-courant. Pour le chrétien, le monde est un maquis épais dans lequel il faut bien voir où mettre les pieds. Où les mettre ? Dans les traces que le Christ lui-même t’a laissées en passant sur cette terre : ses propres paroles. Aujourd’hui à nouveau, il te dit :

« Si quelqu’un veut venir à ma suite, qu’il se renie lui-même »

Une telle attitude t’exposera peut-être au mépris, à l’incompréhension, aux moqueries, aux calomnies. Elle t’isolera, te poussera à accepter de perdre la face, à abandonner un christianisme à la mode.
Mais il faut aller encore plus loin :

« Si quelqu’un veut venir à ma suite, qu’il se renie lui-même et prenne sa croix chaque jour, et qu’il me suive. »

Que tu le veuilles ou non, la souffrance afflige chaque existence. Y compris la tienne. Petites et grandes douleurs surviennent tous les jours. Tu veux les éviter ? Tu te révoltes ? Tu lances des imprécations ? Eh bien, tu n’es pas encore chrétien.
Le chrétien accueille la croix, il accueille la souffrance, au milieu des larmes certes, parce qu’il connaît leur valeur. Ce n’est probablement pas sans raison que parmi les moyens dont Dieu disposait pour sauver l’humanité, il ait choisi la souffrance.
Cependant, Lui, ne l’oublie pas, après avoir porté la croix et y avoir été cloué, il est ressuscité. La résurrection, voilà aussi ton destin3, si, au lieu de mépriser la souffrance que te procurent ta cohérence de chrétien et tout ce que la vie t’apporte, tu sais accepter cette souffrance avec amour. Tu découvriras alors que la croix est le chemin, qui dès cette terre, mène à une joie encore jamais éprouvée. La vie de ton âme commencera à se développer. Le royaume de Dieu en toi prendra consistance et autour de toi petit à petit le monde disparaîtra à tes yeux. Il te semblera fait de carton-pâte. Et tu n’envieras plus personne.
Tu pourras alors te dire disciple du Christ :

« Si quelqu’un veut venir à ma suite, qu’il se renie lui-même et prenne sa croix chaque jour, et qu’il me suive. »

Et, comme le Christ que tu as suivi, tu seras lumière et amour pour panser les plaies qui déchirent l’humanité d’aujourd’hui.

Chiara LUBICH

Dernier au-revoir à l’Imam de la paix : W.D. Mohammed

Dernier au-revoir à l’Imam de la paix : W.D. Mohammed

« Nous nous engageons plus que jamais à parcourir ensemble le chemin que nous ont ouvert nos deux grands guides », a écrit la nouvelle présidente des Focolari, Maria Voce, aux membres de sa famille et aux collaborateurs  « du très aimé Imam W.D. Mohammed, qui a donné sa vie pour la paix et la fraternité universelle ».

Depuis une dizaine d’années, une profonde amitié spirituelle liait Chiara Lubich et l’Imam Mohammed, reconnu, pour son autorité morale, comme le principal leader des musulmans afro-américains.

L’Imam W.D. Mohammed est décédé à 74 ans, le 9 septembre dernier, dans sa maison de Markham, dans l’Illinois.

« Les milliers de personnes accourues de tous les Etats-Unis pour participer à ses funérailles, rendent hommage – comme on a pu le lire dans la presse américaine – à l’un des plus grands leaders musulmans des Etats-Unis. » On pouvait encore lire : « Des groupes de musulmans, frappés à une époque par des divisions internes, se sont trouvés unis devant un homme qui a dépensé sa vie sans compter pour porter l’unité. »

Parmi les impressions recueillies ce jour-là, on peut lire cette affirmation d’un de ses disciples : « Le 11 septembre 2001 avait marqué une journée triste pour les musulmans. Aujourd’hui, en revanche, est pour nous un jour qui nous remplit d’orgueil. »

En 1975, son père, Elijah Mohammed lui avait confié, sur son lit de mort, la responsabilité de la Communauté afro-américaine « La Nation de l’Islam », fondée pour la réhabilitation sociale et morale des afro-américains. W.D. Mohammed s’est employé à amener les membres de son groupe à un Islam plus fidèle à ses racines, tout en faisant ressortir la tolérance raciale et l’universalité de l’Islam. Il s’est fait constructeur de ponts entre les musulmans afro-américains et les musulmans du Proche Orient et d’Asie émigrés aux Etats-Unis, avec les chrétiens, et entre blancs et noirs. Son travail extraordinaire dans le domaine interreligieux lui a valu d’être nommé, en 1994, parmi les Présidents internationaux de la Conférence Mondiale des Religions pour la Paix (WCRP).

Le chemin parcouru ensemble par l’Imam Mohammed et Chiara Lubich a débuté le 8 mai 1997, à la mosquée Malcom Shabazz (connu aussi sous le nom de Malcom X) de Harlem. Pour la première fois dans l’histoire, une femme chrétienne, une blanche, prenait la parole dans cette mosquée. Trois mille musulmans et une représentation des membres des Focolari étaient présents. Chiara Lubich avait raconté ce jour-là, son expérience de chrétienne, citant l’Evangile et quelques passages du Coran qui illustrent ce que nous avons de commun, souvent interrompue par des applaudissements et l’exclamation «Dieu est grand ». Peu de temps après, dans un entretien privé, W.D. Mohammed et Chiara Lubich avaient conclu un pacte au nom du Dieu unique : travailler sans trêve pour la paix et l’unité.

La fidélité à ce pacte a porté de nombreux fruits d’unité entre les communautés du Focolare et les disciples de l’Iman Mohammed. Le dialogue entre eux s’est développé et il est devenu signe d’espérance, lumière pour beaucoup. Il s’est révélé particulièrement important après les attentats du 11 septembre 2001.

Il s’en est suivi plusieurs voyages de l’Imam W.D. Mohammed et de membres de son groupe à Rome, pour participer à des rencontres interreligieuses organisées par le mouvement des Focolari. En 1999, en préparation au Jubilé de l’an 2000, il avait été invité à intervenir en tant que représentant du monde musulman à la grande rencontre interreligieuse place Saint Pierre. Le pape Jean-Paul II, présent à cette rencontre, avait encouragé et béni le dialogue entrepris avec le Focolare.

En 2000, W.D. Mohammed avait de nouveau invité Chiara Lubich à parler à 7000 participants – musulmans et chrétiens – réunis à Washington pour deux journées intitulées : « Faith Communities Together » (Communautés religieuses ensemble) car, disait-il, « l’Amérique a besoin d’écouter ton message, de voir l’unité qui nous lie ».

A partir de ce moment sont nés – et continuent à se tenir – dans plusieurs villes des Etats-Unis (Washington, Los Angeles, Miami, Chicago, New-York, etc.) des rendez-vous intitulés «Rencontres dans l’esprit de la fraternité universelle » : durant ces rendez-vous de dialogue, est approfondi à chaque fois un point de la spiritualité de l’unité, du point de vue chrétien et du point de vue musulman, avec des échanges d’expériences de vie concrètes.

Les derniers contacts entre l’Imam Mohammed et les responsables des Focolari ont eu lieu quelques jours seulement avant son décès. Il avait, en effet, programmé de participer avec un groupe de ses collaborateurs, à la prochaine rencontre internationale de dialogue islamo-chrétien organisé par les Focolari à Castel Gandolfo (près de Rome), du 9 au 12 octobre prochain. Mais le médecin lui avait interdit les longs voyages en raison des troubles cardiaques dont il souffrait.

Homme profondément uni à Dieu, au cours leur rencontre nationale de 2005, l’W.D. Mohammed, parlant à 4000 membres de son groupe, avait affirmé avec force : “Nous devons aimer tous comme ils sont en droit d’être aimés : nous devons aimer les chrétiens de manière à ce qu’ils deviennent de meilleurs chrétiens, nous devons aimer les musulmans de manière à ce qu’ils deviennent de meilleurs musulmans.”

Lorsqu’on avait demandé à Chiara Lubich quelles étaient ses relations avec l’Imam Mohammed, elle avait répondu : “Je me sens à mon aise avec lui, car il me semble que le Seigneur l’a mis à côté de nous, comme il nous a mis, nous, à côté de lui, pour que se réalise Son plan d’amour ; et nous le découvrirons au fur et à mesure que nous avancerons en faisant grandir la communion entre nous et en travaillant ensemble.”

Et, l’Imam Mohammed avait déclaré lors d’une interview : “Selon moi, il est possible de nous libérer du poison des préjugés si nous sommes guéris spirituellement. C’est ce dont nous pouvons témoigner, en tant que personnes de religions différentes qui reconnaissent qu’elles font partie d’une unique humanité. Je crois que nous sommes en train d’accomplir un grand travail ; nous permettons à des personne qui se haissaient, de se libérer de la haine, de découvrir une nouvelle vie, un nouveau bonheur, parce que leur coeur a été libéré du poids des préjugés.”

Octobre 2008

Ne t’est-il jamais arrivé de recevoir un cadeau d’un ami et de ressentir la nécessité de lui en offrir un à ton tour ? Non pas tant pour t’acquitter d’une dette, mais pour lui exprimer ta reconnaissance et ton amour ? Oui, certainement.
Si cela t’arrive à toi, tu peux imaginer ce qu’il en est pour Dieu, pour Dieu qui est Amour. Il donne toujours en retour à chaque cadeau que nous faisons à notre prochain en son nom. Cette expérience les chrétiens la vivent souvent. Et c’est chaque fois une surprise. On ne s’habitue jamais à l’imagination de Dieu. Je pourrais te donner des quantités d’exemples, même en écrire un livre. Tu verrais combien cette image est vraie : « une bonne mesure, tassée, secouée, débordante, qu’on versera dans le pan de ton vêtement ». Une image qui exprime la générosité avec laquelle Dieu sait payer de retour.
« La nuit était déjà tombée sur Rome. Et dans leur petit appartement en sous-sol, le groupe des quelques jeunes filles qui s’étaient engagées à vivre l’Évangile, se souhaitait bonne nuit. C’est alors que la sonnette retentit. Qui pouvait bien venir à une heure pareille ? Un homme était à la porte, complètement paniqué, désespéré : il allait être expulsé le lendemain de chez lui avec sa famille, parce qu’il n’avait pas payé son loyer. Les jeunes filles se regardèrent et ouvrirent le tiroir où, dans des enveloppes distinctes, elles avaient rassemblé ce qui restait de leurs salaires, ainsi qu’une réserve pour les quittances du gaz, du téléphone et de l’électricité. Elles donnèrent tout à cet homme sans raisonner davantage. Cette nuit-là, elles dormirent heureuses, un Autre penserait bien à elles. Dès l’aube un coup de téléphone. “J’arrive tout de suite en taxi” dit la voix, celle de l’homme qu’elles avaient reçu quelques heures auparavant. Étonnées par le choix de ce moyen de transport, les jeunes filles attendent. Le visage de leur hôte indique que quelque chose a changé : “Hier soir, à mon retour chez moi, j’ai trouvé dans le courrier une lettre m’informant que je venais de recevoir un héritage auquel je ne m’attendais absolument pas. Mon cœur me pousse à le partager avec vous”. La somme qu’il déposa entre leurs mains correspondait au double de ce qu’elles avaient généreusement donné. »

« Donnez et on vous donnera. C’est une bonne mesure, tassée, secouée, débordante qu’on versera dans le pan de votre vêtement. »

En as-tu fait toi aussi l’expérience ? Sinon rappelle-toi que le vrai don est de donner avec désintéressement, sans espoir de retour, et à quiconque te le demande. Essaie. Ne le fais pas pour voir le résultat, mais pour aimer Dieu.
Tu me diras : « Mais je n’ai rien à donner ». Ce n’est pas vrai. Si nous le voulons, nous avons des trésors inépuisables : notre temps libre, notre cœur, notre sourire, nos conseils, notre culture, notre paix, notre parole pour convaincre celui qui a de quoi donner à celui qui n’a pas…
Tu me diras encore : « Mais je ne sais pas à qui donner ». Regarde autour de toi : tu te souviens de ce malade à l’hôpital, de cette veuve toujours seule, de cet étudiant recalé et tellement découragé, de ce jeune chômeur toujours triste, de ton petit frère qui a besoin d’aide, de cet ami en prison, de cet apprenti hésitant ? C’est en eux que le Christ t’attend.
Assume l’attitude imprégnée d’Évangile du chrétien, attitude qui exclue fermeture et préoccupation. Renonce à placer ta sécurité dans les biens de la terre et appuie-toi sur Dieu. C’est là que l’on verra ta foi en lui, foi qui sera d’ailleurs rapidement confirmée par la récompense que tu recevras en retour.
Il est normal que Dieu n’agisse pas ainsi pour t’enrichir ou nous enrichir. Il le fait pour que d’autres, beaucoup d’autres, constatant les petits miracles obtenus par les dons, se mettent à suivre cet exemple. Il le fait pour que, possédant plus, nous puissions donner davantage ; pour que, véritables administrateurs des biens de Dieu, nous fassions tout circuler dans la communauté qui nous entoure, afin que l’on puisse dire, comme pour la première communauté de Jérusalem : il n’y avait aucun pauvre parmi eux.
Ne sens-tu pas qu’avec cela tu contribues à donner une âme sûre, un fondement solide à la révolution sociale que le monde attend ?
« Donnez et l’on vous donnera ». Il est certain que Jésus pensait tout d’abord à la récompense que nous aurons au Paradis, mais ce qui nous arrive sur cette terre en est déjà le prélude et la garantie.

Chiara LUBICH