31 Déc 2008 | Non classifié(e), Parole di vie
As-tu déjà eu l’occasion de rencontrer une vraie communauté de chrétiens ? Tu auras alors remarqué qu’entre eux les fonctions sont multiples. Il y a celui qui a le don de parler et de communiquer des réalités spirituelles qui te touchent profondément ; celui qui sait aider efficacement les autres, en particulier ceux qui souffrent ; celui qui avec sagesse sait renforcer ta foi, celui qui sait gouverner, comprendre et consoler. La variété de ces dons, tu la saisis sûrement, ainsi que l’unique esprit qui anime tous les membres de cette communauté si vivante. C’est lui qui fait de cette société originale un tout, un seul corps.
« Il y a donc plusieurs membres mais un seul corps. »
Paul aussi s’est trouvé face à des communautés chrétiennes très vivantes, suscitées d’ailleurs par sa parole. Une de ces jeunes communautés était celle de Corinthe où l’Esprit-Saint avait largement distribué ses dons ou charismes, comme on les appelle et certains hors du commun en raison de la vocation spéciale de l’Église naissante. Cependant, cette communauté, après avoir fait l’expérience des différents dons de l’Esprit saint, avait connu également la rivalité et le désordre justement entre ceux qui en avaient été les bénéficiaires. Il fut alors nécessaire de s’adresser à Paul, qui se trouvait à Éphèse, pour obtenir des éclaircissements.
Par sa lettre, Paul répond aux Corinthiens en expliquant comment utiliser ces grâces particulières. Il rappelle qu’il y a diversité de charismes, de ministères, comme celui des apôtres ou des prophètes ou des maîtres, mais qu’un seul est le Seigneur de qui ils proviennent. Certes dans la communauté, on trouve des personnes capables de faire des miracles, d’obtenir des guérisons, d’autres sont portées de façon exceptionnelle à aider, d’autres encore à gouverner. L’un parle en langues, un autre les interprète.
Cependant, ajoute Paul, un seul est le Dieu qui leur donne origine. Puisque les différents dons sont librement communiqués par l’Esprit-Saint, ils ne peuvent qu’être complémentaires et en harmonie entre eux. Ils ne servent pas à la satisfaction personnelle, ils ne peuvent pas être motif d’orgueil ou d’affirmation de soi. Au contraire, ils sont donnés pour une fin collective, pour construire la communauté, leur but est de servir. Ils ne peuvent pas engendrer la rivalité ou la confusion. Paul, tout en se référant à des dons particuliers qui concernent justement la vie de la communauté, pense que chaque membre a sa propre capacité, son talent à faire fructifier pour le bien de tous et chacun doit être content du sien. Paul présente la communauté comme un corps et se demande : « Si le corps entier était œil, où serait l’ouïe ? Si tout était oreille, où serait l’odorat ? Mais Dieu a disposé dans le corps chacun des membres, selon sa volonté. Si l’ensemble était un seul membre, où serait le corps ? »
« Il y a donc plusieurs membres mais un seul corps. »
Si chacun est différent, chacun peut être un don pour les autres, et en étant lui-même, chacun peut réaliser le dessein de Dieu sur lui par rapport aux autres.
Paul voit dans cette communauté si riche en dons la réalité du Christ. En effet ce corps original que composent les membres de la communauté est vraiment le Corps du Christ. Le Christ continue à vivre dans son Eglise et l’Église est son corps. Par le baptême, l’Esprit-Saint incorpore en Christ le croyant qui est inséré dans la communauté. Là tous sont Christ, chaque division est effacée, chaque discrimination est surmontée.
« Il y a donc plusieurs membres mais un seul corps. »
Si le corps est un, les membres de la communauté chrétienne réalisent bien leur nouvelle façon de vivre en établissant entre eux l’unité, cette unité qui suppose la diversité, le pluralisme. La communauté ne ressemble pas à un corps de matière inerte, mais à un organisme vivant aux membres divers. Provoquer la division pour un chrétien, c’est faire le contraire de ce qu’il doit.
« Il y a donc plusieurs membres mais un seul corps. »
Alors comment vivre cette nouvelle parole que l’Écriture te propose ?
Il faut avoir un grand respect pour les différentes fonctions, les dons et les talents des membres de la communauté chrétienne. Il faudra dilater ton cœur sur la riche variété de l’Église et non seulement sur ta petite église locale que tu fréquentes et connais bien, ta paroisse, ton association chrétienne ou le mouvement d’Église auquel tu appartiens. Il s’agit de s’ouvrir sur l’Église universelle dans ses formes d’expression multiples. Il faut que tu ressentes tout cela comme tien parce que tu fais partie de cet unique corps. Alors, de même que tu prends en considération et protèges chaque membre de ton corps humain, ainsi feras-tu pour chaque membre de ce corps spirituel. Tous sont dignes de ton estime et tu dois faire ton possible pour qu’ils puissent se rendre utiles à l’Église le mieux possible.
Et toi, ne déprécie pas ce que Dieu te demande là où tu es, aussi monotone et privé de sens que puisse te paraître le travail quotidien. Nous appartenons tous au même corps et, en tant que membre, chacun participe à l’activité du corps tout entier en restant à la place que Dieu a choisie pour lui. L’essentiel c’est que tu possèdes ce charisme qui, comme l’annonce Paul, dépasse tous les autres : l’amour. L’amour pour chaque homme que tu rencontres, l’amour pour tous les hommes de la terre. C’est par l’amour, par l’amour réciproque que les multiples membres peuvent constituer un seul corps.
Chiara LUBICH
(suite…)
30 Nov 2008 | Non classifié(e), Parole di vie
T’en souviens-tu ? Cette phrase Jésus l’a adressée à son Père au jardin de Gethsémani donnant son sens à sa passion et à sa résurrection. Elle exprime l’intensité du drame qui se déroule au plus intime de lui-même. C’est le déchirement que provoque en lui la répugnance profonde de sa nature humaine devant la mort. Cependant le Christ n’a pas attendu ce jour-là pour faire sienne la volonté de Dieu. Il l’a fait tout au long de sa vie. S’il s’est comporté ainsi, chaque chrétien doit adopter cette même attitude. Toi aussi tu dois répéter dans ta vie :
« Que ce ne soit pas ma volonté, mais la tienne qui se réalise ».
N’y as-tu jamais pensé, même si tu es baptisé et fils de l’Église ? Peut-être as-tu réduit cette phrase à une expression de résignation prononcée lorsque l’on ne peut pas faire autrement. Ce n’est pas la bonne interprétation.
Écoute-moi bien. Dans la vie tu as le choix entre deux directions : faire ta volonté ou choisir librement de faire la volonté de Dieu. Tu feras deux expériences.
La première, vite décevante parce que tu veux gravir la montagne de la vie avec tes idées limitées, tes propres moyens, tes pauvres rêves, tes seules forces. Tôt ou tard tu connaîtras le train-train quotidien d’une existence faite d’ennui, qui n’aboutit à rien, dans la grisaille et parfois même le désespoir. Ta vie s’avérera plate, même si tu t’efforces de lui donner du piquant, et elle ne satisfera jamais tes aspirations les plus profondes. Tu ne peux le nier, n’aie pas d’illusions sur ce point. Et à la fin elle se terminera par une mort qui ne laissera aucune trace : quelques larmes et puis l’inévitable, le total oubli.
L’autre expérience, c’est celle où tu répètes toi aussi :
« Que ce ne soit pas ma volonté, mais la tienne qui se réalise ! »
Représente-toi Dieu comme le soleil d’où partent de nombreux rayons rejoignant tous les hommes. Ils sont la volonté de Dieu sur chacun. Dans la vie, le chrétien, ainsi que chaque homme de bonne volonté, est appelé à marcher vers le soleil, dans la lumière de son propre rayon, qui est différent et distinct de tous les autres. II accomplira le dessein merveilleux et particulier de Dieu sur lui.
Si toi aussi tu agis de cette manière, tu te sentiras entraîné dans une aventure divine que tu n’aurais jamais imaginée. Tu seras à la fois acteur et spectateur de ce que Dieu peut opérer de grand en toi et, à travers toi, dans l’humanité.
Tout ce qui t’arrive, souffrances et joies, grâces et disgrâces, événements importants (succès, coups de chance, accidents ou décès d’êtres chers), faits insignifiants (comme les tâches quotidiennes à la maison, au travail ou à l’école) tout, tout acquiert un sens nouveau, puisque tu le reçois de la main de Dieu qui est Amour. Il veut, ou permet tout pour ton bien. Et si dans un premier temps, seule la foi te fait penser ainsi, tu découvriras ensuite le fil d’or qui relie les événements pour composer une magnifique broderie : le dessein de Dieu sur toi, justement.
Cette perspective t’attire peut-être. Et tu veux sincèrement donner à ta vie son sens le plus plein.
Alors écoute. Je te dis avant tout à quel moment tu dois faire la volonté de Dieu.
Réfléchis un peu : le passé s’en est allé, tu ne peux pas le rattraper. Il ne te reste qu’à le remettre dans la miséricorde de Dieu. Le futur n’existe pas encore. Tu le vivras lorsqu’il sera là. Seul le présent est entre tes mains. C’est là que tu dois chercher à accomplir cette phrase :
« Que ce ne soit pas ma volonté, mais la tienne qui se réalise ! »
Quand tu voyages en train – et la vie est aussi un voyage – tu restes tranquillement assis à ta place. Il ne te vient pas à l’esprit d’aller et venir dans le wagon. Ce que ferait une personne qui voudrait vivre en rêvant à un futur qui n’existe pas encore, ou en pensant au passé qui ne reviendra jamais.
Non : le temps avance tout seul. Il faut se tenir fermement dans le présent et nous parviendrons à l’accomplissement de notre vie sur terre.
Tu me demanderas : mais comment distinguer la volonté de Dieu de la mienne ? Dans le présent il n’est pas difficile de savoir quelle est la volonté de Dieu. Je t’indique un moyen. Écoute en toi cette petite voix, que tu as peut-être trop souvent étouffée et qui est devenue presque imperceptible. Écoute-la bien : c’est la voix de Dieu2. Elle te dit que c’est le moment d’étudier, ou d’aimer une personne dans le besoin, ou de travailler, ou de surmonter une tentation, ou de suivre ton devoir de chrétien, ou de vivre ta responsabilité de citoyen. C’est elle qui t’invite à écouter quelqu’un qui te parle au nom de Dieu, ou à affronter avec courage des situations difficiles…
Écoute, écoute. Ne fais pas taire cette voix c’est le trésor le plus précieux que tu possèdes. Suis-la. Instant par instant tu construiras alors ton histoire, humaine et divine à la fois, parce que vécue par toi en collaboration avec Dieu. Tu verras des merveilles. Tu verras ce que Dieu peut accomplir dans une personne dont toute sa vie dit :
« Que ce ne soit pas ma volonté, mais la tienne qui se réalise ».
Chiara LUBICH
23 Nov 2008 | Non classifié(e)
Chiara Santomiero : On peut dire que l’Institut de formation universitaire « Sophia », est né d’un paradoxe : du moment où Chiara Lubich « a mis ses livres au grenier »… Maria Voce : Chiara désirait ardemment connaître la vérité et elle espérait la connaître grâce à l’étude de la philosophie. A un certain moment, elle a perçu au- dedans d’elle que Jésus lui demandait de ne pas rechercher la vérité dans les livres mais de le suivre, Lui qui était la Vérité incarnée. C’est pour cela qu’elle a choisi de mettre ses livres au grenier, de renoncer au rêve qu’elle avait d’étudier pour le suivre. Elle a senti également que Jésus lui disait : « C’est moi qui serait ton professeur », il lui promettait de lui révéler Sa vérité, Son savoir. C’est ce qui s’est réalisé avec le don d’un charisme, le charisme de l’unité. C’est de la conviction profonde que le charisme porte en lui la capacité d’engendrer une doctrine capable d’éclairer les différents domaines du savoir, que naît aujourd’hui un institut universitaire. Chiara Santomiero : « Sophia » – a-t-on dit – a comme ambition d’être un laboratoire de formation et de recherche où sont renoués les liens profonds entre vie et pensée, étude et vécu. Qu’est-ce que cela signifie concrètement ? Maria Voce : la tentative de vivre l’unité entre ces différents aspects signifie que ceux qui s’inscrivent dans cet institut universitaire arrivent déjà avec des critères de préparation : ils sont disposés à aimer les autres, à être ouverts à toutes les personnes, en faisant abstraction de leur culture, leur religion, leur pays d’origine ou leur milieu. Les étudiants de l’institut Sophia acceptent de faire et font une expérience de vie dans laquelle ils découvrent qu’ils peuvent être ouverts les uns aux autres, non seulement en tant que personnes, mais que leurs cultures peuvent être aussi ouvertes les unes aux autres. Ils découvrent en oute que chaque discipline est liée profondément aux autres disciplines et que le fondement de tout le savoir est la Sagesse, c’est-à dire la manière dont dieu voir les hommes et les réalités humaines. Chiara Santomiero : Quelles sont vos attentes et celle du mouvement des Focolari, par rapport au parcours entrepris avec l’Institut Sophia ? Maria Voce : Nous nous souhaitons de former des hommes et des femmes qui sachent allier la doctrine et la vie et soient donc en mesure d’apporter une contribution d’unité – d’être des hommes et des femmes constructeurs d’unité -, là où la société les conduira dans leurs domaines professionnels et leurs activités sociales. Nous attendons vraiment que ces personnes soient comme des catalyseurs dans le groupe social où elles se trouvent, qu’elles puissent peu à peu constituer un point de référence, un point autour duquel se construisent des cellules d’unité qui s’élargissent toujours plus dans la société, jusqu’à ce que « tous soient un », jusqu’à ce que l’unité de la famille humaine soit recomposée. C’est la prière de Jésus au Père, c’est le rêve de Chiara Lubich, notre rêve et donc aussi le mien.