Mouvement des Focolari
Etre « le miroir » de Jésus

Etre « le miroir » de Jésus

Les paroles de Jésus ! Elles ont été certainement sa plus grande œuvre d’art. Le Verbe qui s’exprime en paroles humaines : quel contenu, quelle intensité, quel accent, quelle voix ! Nous l’entendrons à nouveau au Paradis. Là, il nous parlera. La Parole de Dieu n’est pas comme les autres paroles. Elle a le pouvoir d’opérer ce qu’elle dit. Elle engendre Jésus dans notre âme et dans l’âme d’autrui. La Parole doit se transformer en actes et guider notre vie. De cette manière, elle se révèle attrayante. Il suffit de quelques lettres et de quelques règles de grammaire pour savoir lire et écrire, mais si on ne les connaît pas, on reste analphabète toute sa vie. Ainsi, celui qui n’assimile pas, l’une après l’autre, les paroles de l’Evangile, ne sait pas écrire le Christ avec sa vie. Il suffit de peu de phrases pour former en nous Jésus. Nous n’avons pas d’autre livre que l’Evangile, nous n’avons pas d’autre science, pas d’autre art. Là est la Vie ! Celui qui la trouve ne meurt pas.

Parole de Vie juin 2008

Celui qui aime ne voudrait jamais être séparé de la personne aimée. Ce désir est aussi celui de Dieu, qui est Amour. Il nous a créés pour que nous puissions le rencontrer et nous n’aurons la plénitude de la joie que lorsque nous parviendrons à être intimement unis à lui qui seul peut répondre à l’attente de notre cœur. Il s’est fait chair pour demeurer parmi nous et nous introduire dans la communion avec lui.
Dans sa première épître, Jean parle de « demeurer » réciproquement l’un dans l’autre, Dieu en nous et nous en lui, faisant écho à la recommandation exprimée par Jésus au cours de la dernière Cène : « Demeurez en moi comme je demeure en vous ». Il avait souligné, par l’image de la vigne et des sarments, combien est fort et vital le lien qui nous unit à lui.
Mais comment parvenir à l’union à Dieu ? Simplement en observant ses commandements, répond Jean.

« Celui qui garde ses commandements demeure en Dieu, et Dieu en lui. »

Y a-t-il beaucoup de commandements à observer pour parvenir à cette unité ?
Non, puisque Jésus les a résumés en un seul : « Voici son commandement – dit le verset qui précède immédiatement celui qui a été choisi comme Parole de Vie de ce mois – adhérer avec foi à son Fils Jésus Christ et nous aimer les uns les autres… »
Croire en Jésus et nous aimer comme lui-même nous aimés : voici l’unique précepte.
Si notre existence trouve son accomplissement lorsque Dieu demeure parmi nous, il n’y a qu’une seule manière de nous épanouir pleinement : aimer ! Jean en est tellement convaincu qu’il ne cesse de le répéter dans son épître : « Qui demeure dans l’amour demeure en Dieu, et Dieu demeure en lui »  ; « Si nous nous aimons les uns les autres, Dieu demeure en nous. »
La tradition raconte, à ce propos, que lorsqu’on l’interrogeait sur les enseignements du Seigneur, Jean, désormais avancé en âge, rappelait souvent les paroles du commandement nouveau. Quand on lui demandait pourquoi il ne parlait pas d’autre chose, il répondait : « Parce que c’est le commandement du Seigneur ! Si on le met en pratique, tout est là ».
Et il en est ainsi pour toute Parole de Vie : elle conduit invariablement à aimer. Il ne peut en être autrement, parce que Dieu est Amour. Chacune de ses Paroles contient l’amour, l’exprime ; et si elle est vécue, elle transforme tout en amour.

« Celui qui garde ses commandements demeure en Dieu, et Dieu en lui. »

La Parole de ce mois-ci nous invite à croire en Jésus, à adhérer de tout notre être à sa Personne et à son enseignement. Croire qu’il est la manifestation de l’amour de Dieu parmi nous – comme nous l’enseigne encore Jean dans son épître – et que c’est par amour qu’il a donné sa vie pour nous . Croire même lorsqu’il nous semble lointain, lorsque nous ne percevons pas sa présence, lorsque surviennent les difficultés ou qu’arrive la souffrance…
Forts de cette foi, nous saurons vivre à son exemple, et pour obéir à son commandement, nous aimer comme il nous a aimés.
Aimer même quand l’autre nous paraît impossible à aimer, même quand nous avons l’impression que notre amour n’est pas celui qu’il faudrait, ou nous paraît donné en pure perte, sans réciprocité. En agissant ainsi, nous raviverons les relations entre nous, les rendant toujours plus sincères et profondes, et notre unité attirera la présence de Dieu entre nous.

« Celui qui garde ses commandements demeure en Dieu, et Dieu en lui. »

« Nous nous aimions profondément, mon mari et moi, et nos relations étaient si faciles les premières années de notre mariage, raconte une amie japonaise. Ces derniers temps, cependant, je le sentais fatigué et stressé. Au Japon le travail est un fardeau lourd comme une montagne. Un soir, en rentrant du travail, il s’est mis à table pour le dîner. J’ai voulu m’asseoir à côté de lui, mais il m’a crié de m’en aller : “Tu n’as pas le droit de manger, parce que tu ne travailles pas !” J’ai pleuré toute la nuit, je songeais à quitter la maison, à me séparer de lui. Le lendemain une pensée lancinante : “Je me suis trompée en l’épousant, je n’arrive plus à vivre avec lui”. Dans l’après-midi j’en ai parlé aux amies avec lesquelles je partage ma vie chrétienne. Elles m’ont écoutée avec amour et cette communion m’a donné la force nécessaire pour me remettre sur pied. J’ai réussi à préparer une nouvelle fois le dîner pour mon mari. Au fur et à mesure que l’heure de son retour approchait, ma crainte augmentait : comment va-t-il réagir aujourd’hui ? Mais une voix au fond de moi me disait : “Accueille cette souffrance, tiens bon, continue à aimer”. Et lorsqu’il est apparu sur le seuil de la porte, j’ai vu qu’il m’avait apporté un gâteau. “Pardonne-moi – a-t-il dit – pour ce qui s’est passé hier”. »

Chiara LUBICH

Mai 2008

« Là où est l’Esprit du Seigneur, là est la liberté. »

Aujourd’hui comme au temps de Paul, Jésus Ressuscité, le Seigneur, continue à agir dans l’histoire et en particulier dans la communauté chrétienne, à travers son Esprit. Il nous permet à nous aussi de comprendre l’Évangile dans toute sa nouveauté et il l’écrit dans nos cœurs afin qu’il devienne la loi de notre vie. Nous ne sommes pas guidés par des lois imposées de l’extérieur. Ni non plus les esclaves de règlements que nous ne comprenons ni n’approuvons. Le chrétien est animé par un principe de vie intérieure – que l’Esprit a déposé en lui par le baptême – par sa voix qui redit les paroles de Jésus, les lui faisant comprendre dans toute leur beauté, expressions de vie et de joie : il les rend actuelles, il lui enseigne comment les vivre et en même temps il insuffle en lui la force pour les mettre en pratique. C’est le même Seigneur qui, grâce à l’Esprit saint, vient vivre et agir en nous, en nous faisant être Évangile vivant. Être guidés par le Seigneur, par son Esprit, par sa Parole : voilà la véritable liberté ! Elle coïncide avec la réalisation la plus profonde de notre moi.

« Là où est l’Esprit du Seigneur, là est la liberté. »

Cependant l’Esprit Saint ne peut agir, nous le savons bien, que s’il nous trouve dans une attitude d’entière disponibilité pour l’écouter, prêts à changer notre mentalité s’il le faut, pour adhérer ensuite totalement à sa voix. Il est si tentant de se laisser conditionner par les pressions de notre entourage social qui peuvent nous entraîner dans de mauvais choix ! Comment vivre la Parole de vie de ce mois ? Apprenons à dire un « non » ferme à la tentation de nous accommoder de comportements qui ne sont pas conformes à l’Évangile. Et répondons un « oui » convaincu à Dieu chaque fois qu’il nous appelle à vivre dans la vérité et dans l’amour. Ainsi nous découvrirons la relation entre la croix et l’Esprit, comme un lien de cause à effet. Chaque émondage, chaque dépouillement, chaque « non » à notre égoïsme est source d’une lumière nouvelle, de paix, de joie, d’amour, de liberté intérieure, de réalisation de soi ; c’est la porte ouverte à l’Esprit. En ce temps de Pentecôte, Il pourra nous partager ses dons de façon plus abondante ; il pourra nous guider ; nous serons reconnus comme de vrais fils de Dieu. Nous serons toujours plus libres du mal, toujours plus libres d’aimer.

« Là où est l’Esprit du Seigneur, là est la liberté. »

Cette liberté, un fonctionnaire des Nations Unies l’a trouvée au cours de son dernier poste dans un pays balkanique. Ses missions représentent un travail gratifiant, mais très prenant. Il ressent notamment la difficulté causée par ses absences prolongées loin de sa famille. Même une fois rentré chez lui, il lui faut faire un gros effort pour se couper de ses soucis de travail et se consacrer, l’esprit libre, à sa femme et ses enfants. Et voilà qu’on lui demande de déménager dans une autre ville, toujours dans la même région. Or, il est impensable d’y emmener sa famille car, malgré les accords de paix récemment signés, les hostilités continuent. Que choisir ? La carrière ou la famille ? Il en parle longuement à sa femme avec laquelle il partage depuis longtemps une profonde vie chrétienne. Après avoir demandé la lumière de l’Esprit Saint pour comprendre la volonté de Dieu, ils prennent la décision de quitter un travail très convoité. Décision vraiment singulière dans ce milieu professionnel. Il raconte lui-même : « La force de ce choix a été le fruit de notre amour réciproque. Ma femme n’a jamais reculé devant les sacrifices que ma vie lui imposait. De mon côté, j’avais cherché le bien de ma famille, au-delà des avantages économiques de la carrière et j’avais trouvé la liberté intérieure. » Chiara LUBICH