Mouvement des Focolari

Février 2008

Entouré d’une grande foule, Jésus gravit la montagne et prononce son célèbre discours. Dès les premiers mots : « Heureux les pauvres de cœur, heureux les doux… », apparaît la nouveauté de son message.
Ce sont des paroles de vie, de lumière, d’espérance que Jésus enseigne à ses disciples. Elles les guideront et, grâce à elles, leur vie acquerra tout son sens et sa saveur. Transformés par ce message, ils sont invités à transmettre aux autres les enseignements reçus et traduits en vie.

« Celui qui mettra en pratique (ces commandements) et les enseignera, celui-là sera déclaré grand dans le Royaume des cieux. »

Aujourd’hui, nous sentons combien notre société a besoin de connaître les paroles de l’Évangile et de se laisser transformer par elles. Jésus doit pouvoir répéter encore : ne vous mettez pas en colère contre vos frères ; pardonnez et l’on vous pardonnera ; dites la vérité sans avoir besoin de prêter serment ; aimez vos ennemis ; reconnaissez que vous n’avez qu’un seul Père et que vous êtes tous frères et sœurs ; tout ce que vous voulez que les hommes fassent pour vous, faites-le aussi pour eux. Voilà ce que signifient quelques-unes des nombreuses paroles du « discours sur la montagne ». Il suffirait qu’elles soient vécues pour que le monde change.
Jésus nous invite à annoncer ses Paroles. Cependant, pour être crédibles, il nous demande de commencer par les mettre nous-mêmes en pratique. Pour être des témoins de l’Évangile et l’annoncer par la parole, nous avons à devenir en quelque sorte des « Évangiles vivants ».

« Celui qui mettra en pratique (ces commandements) et les enseignera, celui-là sera déclaré grand dans le Royaume des cieux. »

Quelle est la meilleure façon de vivre cette Parole ? Laissons Jésus nous l’apprendre lui-même : attirons-le à nous et parmi nous par notre amour réciproque. Il nous suggérera les mots pour approcher les autres, il nous indiquera la voie à suivre, nous aidera à trouver le chemin du cœur de nos frères, pour témoigner de lui partout, même dans les milieux hostiles et les situations compliquées.
Nous verrons alors la petite partie du monde où nous vivons se transformer, se convertir à la concorde, à la compréhension, à la paix.
L’important est que, par notre amour réciproque, nous maintenions vivante la présence de Jésus parmi nous et que nous soyons attentifs à sa voix, celle de la conscience qui nous parle toujours pourvu que nous sachions faire taire les autres voix.
C’est lui qui nous enseignera comment « observer » les moindres préceptes avec joie et en faisant preuve d’imagination : notre vie d’unité en sera améliorée sous de nombreux détails. Que l’on puisse dire de nous, comme on le disait des premiers chrétiens : « Voyez comme ils s’aiment et sont prêts à mourir l’un pour l’autre » 1. Que l’Évangile soit capable d’engendrer une société nouvelle, on pourra le voir à la façon dont les relations entre nous seront renouvelées par l’amour. Qu’en voyant le renouvellement des relations entre nous on puisse alors croire que l’Évangile peut engendrer une société nouvelle.
Nous ne pouvons pas garder pour nous le don reçu : « Malheur à moi si je n’annonce pas l’Évangile » 2, sommes-nous appelés à répéter avec Paul. Si nous nous laissons guider par la voix intérieure, nous découvrirons des possibilités nouvelles pour communiquer, que ce soit en parlant, en écrivant, ou en dialoguant. Que l’Évangile revienne briller, grâce à nous, dans nos maisons, dans nos villes, dans nos pays. Une nouvelle vie fleurira en nous ; la joie grandira dans nos cœurs ; le Ressuscité resplendira davantage… et il nous considérera comme « grands dans son Royaume ».
La vie de Ginetta Calliari montre cela de façon merveilleuse. Arrivée au Brésil en 1959, avec le premier groupe des Focolari, elle est choquée par les immenses inégalités du pays. Elle s’emploie à vivre l’amour réciproque, à mettre en pratique les Paroles de Jésus. Elle disait : « C’est lui qui nous ouvrira la voie ».
Peu à peu grandit avec elle une communauté qui progressivement se consolide. Elle compte aujourd’hui des centaines de milliers de personnes de toutes origines et de tous âges, venant des classes aisées ou des bidonvilles, qui se mettent au service des plus pauvres dans des actions qui ont changé le visage des bidonvilles en plusieurs cités.
C’est un petit « peuple » uni qui continue à prouver que l’Évangile est vrai. C’est la dot que Ginetta a emportée lorsqu’elle est partie pour le Ciel.

Chiara LUBICH

Le doctorat honoris causa en théologie conféré à Chiara Lubich par l’université Hope de Liverpool

Le doctorat honoris causa en théologie conféré à Chiara Lubich par l’université Hope de Liverpool

Chiara Lubich, fondatrice et présidente du Mouvement des Focolari s’est vu conférer le doctorat honoris causa en théologie par l’université Hope de Liverpool, unique université européenne de fondation œcuménique. La motivation du doctorat reconnaît dans l’œuvre de Chiara Lubich et dans le mouvement qu’elle a fondé une importante contribution : à la vie de l’Église, à la paix et à l’harmonie dans la société, à la réunification des chrétiens des différentes confessions, à la promotion du dialogue et de la compréhension entre les religions. Le 5 janvier dernier, une délégation de la Liverpool Hope University – conduite par le recteur et vice-chancelier Gerald John Pillay – est venue remettre la distinction en mains propres à Chiara Lubich, dans sa maison de Rocca di Papa, près de Rome. La cérémonie universitaire officielle a eu lieu le 23 janvier à Liverpool et le message envoyé par la lauréate a été lu publiquement. De nouvelles avancées se profilent déjà en vue d’une « collaboration et d’un enrichissement réciproque » entre l’université Hope et le Mouvement des Focolari, en particulier avec le futur institut universitaire des Focolari, comme l’a annoncé le recteur au cours d’une interview pour la revue Città Nuova. La Liverpool Hope University est un institut universitaire qui propose un grand choix de disciplines. Elle accueille 7 000 étudiants de Grande-Bretagne et d’autres pays. C’est une des universités les plus récentes, mais forte d’une tradition de haute formation culturelle de plus de 150 ans. Elle est née en 2005 de la fusion de deux collèges, un anglican et un catholique, auxquels s’est joint ensuite un autre collège catholique, qui ont formé en 1980 une fédération œcuménique. C’est sur cette base que s’est développée la Liverpool Hope University, avec les encouragements des évêques de Liverpool, Mgr Derek Worlock (catholique), et David Sheppard (anglican), tous deux activement engagés dans le dialogue œcuménique. Avec pour mot d’ordre « C’est mieux ensemble », ils ont vu dans cette initiative culturelle « un signe d’espérance ».

Le doctorat honoris causa en théologie conféré à Chiara Lubich par l’université Hope de Liverpool

Création de l’Institut universitaire Sophia du Mouvement des Focolari

L’Institut universitaire « Sophia » – né d’une intuition de la fondatrice et présidente du Mouvement des Focolari (Œuvre de Marie), Chiara Lubich, et fondé par elle avec un groupe international d’enseignants – a été institué officiellement par le Saint-Siège dans un décret du 7 décembre 2007. Siège – L’Institut aura son siège à Loppiano – cité-pilote du Mouvement – sur la commune d’Incisa Val d’Arno (Florence, Italie). Dès la rentrée 2008-09, il proposera sur deux ans un mastère en « Fondements et perspectives d’une culture de l’unité ». La phase initiale prévoit une cinquantaine d’étudiants par an. Le doctorat correspondant sera ensuite mis en place. Proposition – La première année du mastère, des cours communs seront dispensés dans quatre domaines fondamentaux : théologie, philosophie, sciences de la vie sociale et raisonnement logique scientifique. La seconde année, l’étudiant aura le choix entre un cursus philosophique et théologique et un cursus politique et économique. Caractéristiques – Il s’agit d’un laboratoire universitaire de formation, d’études et de recherche avec une importante dimension relationnelle à la lumière de l’évangile, occasion novatrice de croissance humaine et culturelle, qui conjugue études et expérience au sein d’une communauté de vie et de pensée, où la relation entre les personnes est à la base de la relation entre les disciplines. Les études, la recherche et les cours visent à instaurer un dialogue constant au sein du corps enseignant et entre étudiants et enseignants. Ce qui induit un enseignement à plusieurs voix  de la part des enseignants et une contribution personnelle des étudiants à la recherche commune. Les cours théoriques seront accompagnés de travaux pratiques, de visites, de rencontres avec des témoins, de stages dans des domaines divers, en particulier dans des lieux d’implication professionnelle, culturelle et sociale qui sont expression d’une « culture de l’unité », comme par exemple les entreprises de « l’Économie de communion ». Des rencontres sont aussi prévues avec des représentants des institutions civiles et ecclésiales, des communautés des différentes traditions chrétiennes, des autres religions et des multiples expressions de la culture contemporaine. Objectifs – Les cours sont destinés à donner une solide compétence culturelle à caractère humaniste et anthropologique, en valorisant les connaissances universitaires déjà acquises dans diverses disciplines et en organisant leur intégration avec de nouvelles compétences spécifiques à caractère interdisciplinaire, interculturel et relationnel. L’objectif de l’Institut est de former des leaders et des universitaires préparés à affronter la complexité du monde d’aujourd’hui, avec un bagage de capacités intellectuelles et de compétences interdisciplinaires, interculturelles et relationnelles. Le corps enseignant – Le doyen de l’Institut est Piero Coda, actuellement professeur titulaire de théologie systématique à l’université pontificale du Latran à Rome et président de l’Association théologique italienne. Parmi les professeurs résidents qui s’occuperont de l’enseignement et de la recherche dans les disciplines fondamentales : Antonio Maria Baggio, maître de conférences en éthique sociale à l’université pontificale grégorienne à Rome ; Luigino Bruni, maître de conférences en économie politique à l’université de Milan Bicocca ; Judith Povilus, ex professeur de mathématiques à l’université De Paul à Chicago et coordinatrice du groupe international de recherche Mathzéro en logique formelle ; Sergio Rondinara, professeur de philosophie des Sciences à l’université pontificale salésienne de Rome et d’éthique environnementale à l’université grégorienne ; Gérard Rossé, professeur d’exégèse du Nouveau Testament à l’Institut Mystici Corporis de Loppiano et à l’école de la foi de Fribourg (Suisse). Décret pontifical – Le décret d’institution est signé du cardinal Grocholewski, préfet de la Congrégation pour l’éducation catholique, qui souligne – dans la lettre adressée à Chiara Lubich qui l’accompagne – la nouveauté de l’Institut « qui a ses racines dans la spiritualité de l’unité et dans la riche expérience du Mouvement » et il adresse ses vœux  pour « cet important projet, bien enraciné dans la tradition universitaire et en même temps courageux et tourné vers l’avenir ». Le cardinal Bertone, secrétaire d’État, a parlé de ce nouvel  Institut à l’occasion d’une rencontre avec les prêtres diocésains focolarini (centre Mariapolis de Castel Gandolfo, 15-01-08) : c’est « un don pour l’Église et pour la société de notre temps ». Il a mis en avant les « objectifs de communion », en particulier le caractère résolument interdisciplinaire, la « formation de leaders », et les perspectives d’impact dans les domaines politico-économique, scientifique et philosophique.

Le doctorat honoris causa en théologie conféré à Chiara Lubich par l’université Hope de Liverpool

Cardinal Bertone : la communion, fondement de l’Église

  Le cardinal a entendu les témoignages de quelques « focolares sacerdotaux » sur les effets du charisme de l’unité dans des contextes ecclésiaux et socio culturels. En Irlande où, dans un contexte de sécularisation croissante, une relation nouvelle s’établit avec l’évêque et avec les autres prêtres, à quoi s’ajoute un engagement dans les universités, dans le domaine œcuménique et interreligieux et une présence efficace dans le monde des médias. En Suisse, où le témoignage de l’unité suscite des vocations, où la vie commune entre prêtres devient un point de référence pour les autres presbytères et un antidote aux crises de la vocation, où l’assemblée est plus nombreuse à la messe dominicale. Et en Italie, à Ascoli Piceno, où la collaboration entre prêtres et laïcs animés par la spiritualité de communion insuffle une vie nouvelle dans les villes, comme par exemple en octobre dernier, quand les jeunes des Focolari ont réussi à impliquer les institutions civiles et la population dans l’organisation d’une de leurs manifestations. Les prêtres ont posé des questions au Secrétaire d’État sur le déroulement du magistère de Benoît XVI, sur les défis actuels de l’Église dans le monde, sur les lacunes des communautés ecclésiales, sur les priorités dans les choix pastoraux… Le rôle des mouvements d’Église, « l’Église communion », la formation dans les séminaires, l’aide aux prêtres en difficulté ont aussi été abordés, ainsi que les relations personnelles quotidiennes du cardinal avec le pape. « Le peu d’importance accordé à la foi », « l’isolement et la solitude » sont les principaux défis actuels à relever par les chrétiens. Le cardinal a rappelé cette réflexion du cardinal Ratzinger, publiée dans un ouvrage récent : « La preuve extrême de la solitude incommunicable est l’enfer ». « Cela veut dire que la solitude, nous la commençons dès maintenant, l’enfer, nous le commençons dès maintenant ». Il a cité Sartre : « L’enfer, c’est les autres », et Gabriel Marcel, pour qui les autres sont le ciel. « Alors – a-t-il ajouté – le ciel, le paradis, nous le commençons ici avec la spiritualité de communion, avec le charisme de communion. Le contraire de la solitude ». En réponse au relativisme : « Il ne faut jamais se lasser de chercher la vérité et les témoins de la vérité ». Et la réponse à cette question personnelle : « Vous êtes un illustre fils de saint Jean Bosco. De quelle manière cette filiation charismatique vous aide-t-elle dans votre ministère actuel ? ». « Le charisme salésien m’a toujours aidé dans ma vie, depuis mon adolescence. Puis je suis entré dans la congrégation, j’ai assimilé cet esprit de famille, la capacité d’écoute et d’accueil, de confiance… ». Sur les mouvements d’Église : « Ils ont toute leur place dans l’Église. Leur présence, vive, efficace, transformante, suscite aussi l’attention des non chrétiens ». Et à propos des anciens et nouveaux charismes : « Le Seigneur continue son œuvre de création, le processus de création est en cours dans l’univers, dans le cosmos… surtout par l’action de l’Esprit Saint ». Le cardinal a encouragé à « développer l’esprit et la pratique de communion entre les nouveaux charismes et les instituts qui ont une longue histoire ». Le cardinal Bertone a adressé un « chaleureux salut » à Chiara Lubich, non sans avoir reconnu le rôle essentiel des fondateurs dans la vie de l’Église.

Le doctorat honoris causa en théologie conféré à Chiara Lubich par l’université Hope de Liverpool

« Donnons de la couleur à nos villes » Une action des Juniors Pour un Monde Uni sur tous les continents

Un programme engageant : la « conquête » de la ville. Depuis quelques années, les Juniors Pour un Monde Uni ont décidé de se retrousser les manches dans leurs villes où, on le sait bien, se joue le défi de la cohabitation entre les hommes. Leur mot d’ordre est simple : « Donnons de la couleur. » Leur champ d’action de préférence ? Les angles les plus gris de leurs villes et de leurs villages. Objectif ? Leur donner de la couleur avec la fantaisie de l’amour, sur les cinq continents, par une méthode bien résumée dans le think globally, act locally qui les fait, justement, penser globalement et agir localement, comme le requiert la société d’aujourd’hui. A Milan, par exemple, les Juniors ont pris dans leur ligne de mire un camp Rom. Au Rwanda, ils ont pris comme objectif de leur action un orphelinat, un  service de pédiatrie dans un hôpital et les malades du Sida. En Californie, dans une école où règne une atmosphère de racisme, ils ont créé un club pour diffuser la culture du respect dans la diversité. En Inde, des juniors indous et chrétiens vont ensemble aider des jeunes de leur âge handicapés. Mais mettons le projecteur sur ce qui est arrivé à un groupe de Juniors africains qui avaient décidé de rendre visite à des détenues de la prison de Iringa, en Tanzanie. Ils racontent… « La première difficulté a été de convaincre le personnel pénitentiaire de nous laisser entrer. La seconde, a été de réussir à apporter les cadeaux que nous avions mis en commun : fruits, sel, savons… et aussi la ‘’Parole de vie’’, nos expériences et nos chants. Nous avons marché trois kilomètres avant de nous présenter devant les militaires de garde à l’entrée. Ils étaient armés et, sur leur visage, pas l’ombre d’un sourire ! Nous souvenant que nous devions reconnaître aussi en eux le visage de Jésus, nous les avons salués, en commençant nous à leur sourire. « Vous ne pouvez pas tous entrer ! nous ont-ils déclaré. Et ceux que nous choisirons parmi vous ne devront pas chanter là-dedans. » En revanche, ils nous ont permis de porter nos cadeaux. Avec les détenues, nous avons lu la Parole de vie et témoigné de comment elle change notre vie. Tandis que nous parlions de l’amour de Dieu qui s’adresse à tous et auquel nous pouvons répondre aussi par le nôtre, les gardes nous écoutaient en silence. A la fin, la joie des prisonnières a éclaté en des chants et des danses : c’était leur manière de nous remercier. Le personnel de surveillance, se demandait intérieurement : ‘’Mais qui sont ces jeunes ?’’ Nous sommes retournés chez nous heureux, avec de nouvelles forces pour continuer à donner de la couleur à la ville. »