6 Jan 2008 | Non classifié(e)
Lorsque Dieu a créé le genre humain, il a façonné une famille. Lorsque l’auteur sacré voulait manifester l’ardeur et la fidélité de l’amour de Dieu envers le peuple élu, il s’est servi de symboles ou d’analogies en lien avec la famille. Lorsque Jésus s’est incarné, il s’est entouré d’une famille et quand, à Cana, il a commencé sa mission publique, il était en train de fêter une nouvelle famille. Des constatations simples, qui révèlent néanmoins à quel point la famille est précieuse et importante dans la pensée de Dieu. Dieu, non seulement lui a donné une grande dignité mais il l’a voulue « à Son image », la liant au mystère même de Sa vie, qui est Unité et Trinité d’Amour. Un grand dessein donc, sous-tend la famille et la met sur les traces de la Sainte Famille de Nazareth. Lieu d’un amour- qui va et revient – de communion, de fécondité et de tendresse, la famille est signe, symbole, modèle de tout autre forme d’association humaine. Ce n’est pas simple rhétorique que d’affirmer que la famille est le premier bien social. Dans sa gratuité fondamentale, qui donne tout son sens et toute sa valeur à ses fonctions d’engendrement et d’éducation, la famille injecte dans le tissu social ce bien irremplaçable qu’est le capital humain, se présentant ainsi comme ressource efficace pour l’humanité. En plus de cela, la famille sait ouvrir maison et cœur aux drames qui traversent la société, et elle sait apporter la chaleur du foyer là où structures et institutions, malgré toute leur bonne volonté, ne peuvent arriver. Mais si le dessein est important, tout aussi important doit être l’engagement pour le réaliser. Aujourd’hui plus que jamais, nous voyons la famille manifester au monde sa propre fragilité. Nous voyons des époux qui, face aux premières difficultés rencontrées dans la vie à deux, cessent de croire dans leur amour. Nous voyons des enfants qui, privés de la proximité de leurs parents unis, éprouvent des difficultés à prendre leur envol vers un engagement futur. Nous voyons des personnes âgées qui, écartées du noyau familial, se retrouvent sans citoyenneté ni identité. Aujourd’hui plus que jamais, la famille doit être aimée, protégée, soutenue. Il ne faut jamais cesser de revenir à son dessein originel, qui la voit unie dans un « pour toujours » qui la renforce et la réalise. Il est nécessaire de remplir de sens le vécu familial par une spiritualité de communion, constitutive de la famille, petite communauté d’amour. Il faut insuffler des courants d’opinion fondés sur des valeurs et des politiques familiales correspondantes. C’est le souhait que je mets dans les mains de la très sainte Vierge Marie, siège de la sagesse et femme au foyer, pour le bien de la famille aujourd’hui et pour la réalisation de la famille humaine tout entière. Chiara Lubich
6 Jan 2008 | Focolare Worldwide
« Les attentes et les objectifs des derniers jours ont été largement dépassées. Toute la célébration s’est déroulée dans un climat de joie et de communion profonde. Chaque intervention a fait venir en évidence la difficile réalité à laquelle la famille se trouve confrontée aujourd’hui et témoignait, en même temps, de l’espérance, de la force que possède la « famille chrétienne », pour l’Eglise et comme fondement de la société. » C’est ce qu’ont écrit de Madrid les membres du Mouvement des Focolari qui ont participé activement à la préparation de cet événement, avec le Chemin catéchuménal, Sant’Egidio, les Charismatiques, communion et Libération et plusieurs autres Mouvements, en communion avec les diocèses espagnols. L’événement a dépassé toutes les attentes, aussi pour la participation, avec un million et demi de personnes. Les interventions des 5 fondateurs et présidents de ces réalités ecclésiales, le message de Chiara Lubich, les témoignages des familles ont exalté la beauté d’une famille unie, où chaque génération apporte sa contribution spécifique et indispensable : depuis les – nombreux – enfants en bas âge jusqu’aux jeunes, aux adultes de toutes les vocations et aux grands parents qui témoignaient de la valeur de la fidélité. Moment touchant que celui de la liaison en direct avec le pape, au cours de l’Angélus, place Saint Pierre : un nouvel encouragement « afin que les familles, s’inspirant de l’amour du Christ pour les hommes, rendent témoignage devant le monde de la beauté de l’amour humain, du mariage et de la famille ».
31 Déc 2007 | Non classifié(e), Parole di vie
Instituée pour la première fois du 18 au 25 janvier 1908, la semaine de prière pour l’unité des chrétiens célèbre cette année son centième anniversaire. Mais ce n’est que depuis 1968 que le Conseil œcuménique des Églises d’une part et l’Église catholique d’autre part préparent en commun cette semaine. Et depuis cette date, tous les ans, des chrétiens de différentes Églises ont pris l’habitude de travailler ensemble pour publier un recueil de propositions pour la célébration de cet événement.
La Parole choisie pour cette année par un large groupe œcuménique des États-Unis, est tirée de la première lettre de St Paul aux chrétiens de Thessalonique, en Grèce. L’apôtre Paul sentait la nécessité de consolider l’unité entre les membres de cette petite communauté naissante. Aussi, les invitait-il à « vivre en paix », à être patients envers tous, à ne pas rendre le mal pour le mal, mais à toujours rechercher le bien entre eux et à l’égard de tous, et aussi à « prier sans cesse ». Comme s’il voulait souligner que la vie d’unité dans la communauté chrétienne n’est possible qu’au moyen d’une vie de prière. Jésus lui-même n’a-t-il pas prié pour l’unité des siens en demandant au Père : « Que tous soient Un » .
« Priez sans cesse »
Pourquoi « prier sans cesse » ? Parce que la prière est essentielle à la personne en tant qu’être humain. Chacun de nous a été créé à l’image de Dieu, capable d’une relation de communion avec Lui, un peu comme un « tu » en face de Dieu . La relation d’amitié, l’entretien spontané, simple et vrai avec Lui – c’est cela la prière – est donc un élément constitutif de notre être, il nous permet de devenir des personnes authentiques, des fils et des filles de Dieu, dans la plénitude de leur dignité.
Créés comme un « tu » en face de Dieu, nous pouvons vivre cette relation de façon constante, le cœur rempli d’amour par l’Esprit Saint et avec la confiance d’un enfant envers son père : dans une intimité qui nous amène à lui parler souvent, à lui exposer ce qui nous touche, nos pensées, nos projets. C’est cette profonde intimité qui nous fait attendre avec impatience le moment réservé à la prière – pris dans la journée sur le temps consacré aux tâches professionnelles et familiales – pour nous mettre profondément en contact avec Celui dont nous nous savons aimés.
Il faut « prier sans cesse », non seulement pour nos besoins, mais aussi pour édifier le Corps du Christ et apporter notre pierre à la communion pleine et visible dans l’Église du Christ. Peut-être comprendrons-nous mieux ce mystère en pensant aux vases communicants. En ajoutant de l’eau dans l’un d’eux, le niveau du liquide s’élève dans tous les vases. Il en va de même lorsque quelqu’un prie. La prière est une élévation de l’âme vers Dieu pour l’adorer et le remercier. Comme dans les vases communicants, lorsque quelqu’un s’élève, les autres s’élèvent aussi.
« Priez sans cesse »
Comment faire pour « prier sans cesse » ? spécialement lorsque nous nous trouvons dans le tourbillon de la vie quotidienne ?
« Priez sans cesse » ne signifie pas multiplier les prières, mais orienter son âme et sa vie vers Dieu, accomplir sa volonté : étudier, travailler, souffrir, se reposer et, aussi mourir pour Lui. Au point de ne plus réussir à vivre dans la journée sans être à l’unisson avec Lui.
Toute notre action prend ainsi un caractère sacré et la journée tout entière devient prière.
Un conseil, pour nous aider : offrir à Dieu chaque action, en l’accompagnant d’un « Pour toi, Jésus » ou, dans les difficultés : se dire « Qu’importe ? T’aimer importe ». Ainsi, nous transformerons tout en un acte d’amour.
Et notre amour continu rendra notre prière continuelle.
Chiara Lubich
(suite…)
21 Déc 2007 | Non classifié(e)
Quand un émigrant arrive dans un pays lointain, Il lui faut s’adapter à son nouvel environnement, Mais il apporte souvent avec lui sa culture et ses coutumes. Ainsi, quand le Verbe de Dieu s’est fait homme, Il s’est adapté à la façon de vivre du monde Et il fut enfant, fils exemplaire, puis homme et travailleur, Mais il a apporté avec lui la façon de vivre de sa patrie céleste, Et il a voulu que les hommes et les choses Se recomposent selon la loi du ciel : l’amour. Chiara Lubich
30 Nov 2007 | Non classifié(e), Parole di vie
C’est par ces mots que se conclut une section de l’épître aux Romains où Paul présente la vie chrétienne comme une vie animée par l’amour de nos frères. Tel est, en effet, le nouveau culte spirituel que le chrétien est appelé à offrir à Dieu sous la conduite de l’Esprit Saint , l’auteur principal de cet amour dans nos cœurs. Synthétisant le contenu de cette section l’apôtre affirme que l’amour du prochain nous permet de réaliser pleinement et parfaitement la volonté de Dieu indiquée dans la Loi (c’est-à-dire dans les commandements). L’amour de nos frères est la façon la plus authentique de démontrer à Dieu notre amour envers Lui.
« L’amour est le plein accomplissement de la loi. »
En quoi consistent alors cette plénitude et cette perfection ? On peut le déduire des versets précédents où l’apôtre décrit les expressions et les effets de cet amour.
En premier lieu l’amour véritable envers le prochain ne lui fait aucun tort . Par conséquent, il nous fait vivre tous les commandements de Dieu , puisque leur premier objectif est de nous empêcher de faire du mal, à nous comme aux autres.
Cet amour nous porte non seulement à ne faire aucun tort à nos frères, mais il nous pousse aussi à accomplir envers notre prochain tout le bien dont il a besoin .
Cette Parole nous conduit à un amour solidaire, sensible aux besoins, aux attentes, aux droits légitimes de nos frères et sœurs. À un amour respectueux de la dignité humaine et chrétienne ; à un amour pur, compréhensif, capable de partage, ouvert à tous, comme nous l’a enseigné Jésus.
Cet amour n’est possible que si nous sommes disposés à sortir de notre individualisme et de notre suffisance. C’est pourquoi cette Parole nous aide à surmonter toutes les tendances égoïstes (orgueil, avarice, luxure, ambition, vanité) que nous avons tous et qui sont le principal obstacle à l’amour .
« L’amour est le plein accomplissement de la loi. »
Comment allons-nous vivre, en préparation de Noël, cette Parole de vie ? Nous garderons présentes à l’esprit toutes les exigences de l’amour du prochain auxquelles elle nous renvoie. D’abord nous nous appliquerons à ne faire aucun mal à notre prochain. Nous aurons constamment à l’esprit les commandements de Dieu qui concernent notre vocation, notre activité professionnelle, le milieu où nous vivons. Pour réaliser l’amour chrétien, la première exigence est de ne jamais aller contre les commandements de Dieu.
Puis nous veillerons à ce qui constitue l’âme, le moteur, l’objectif de tous les commandements. Nous l’avons vu : chacun d’eux a pour but de nous conduire à un amour plus vigilant, plus délicat et respectueux, plus concret envers nos frères. En même temps nous chercherons à nous détacher davantage de nous-même, à dominer notre égoïsme, comme l’exige l’amour chrétien. Nous accomplirons ainsi « pleinement » la volonté de Dieu. Nous lui prouverons notre amour de la façon qui lui est agréable .
« L’amour est le plein accomplissement de la loi. »
Voici l’expérience d’un avocat italien employé au Ministère du Travail. « Un jour, raconte-t-il, j’avais présenté au directeur d’une entreprise une réclamation des ouvriers sur le non-respect de la réglementation en matière de salaires. J’étais enfin parvenu à prouver les irrégularités. Je demande à Jésus la force d’être fidèle à ses paroles, demeurant à la fois dans la charité et dans la vérité. Face aux preuves, le propriétaire se défend en dénonçant l’injustice de certaines lois. Je lui fais remarquer que nous ne pouvons prétexter l’incohérence des textes pour justifier nos erreurs. Au cours de la discussion, je me rends compte qu’il partage avec moi les exigences de justice et d’égalité, mais qu’il s’est laissé entraîner par tout un courant de pensée. À la fin il me dit : « Vous aviez le moyen de m’humilier et de m’écraser, mais vous ne l’avez pas fait. C’est donc mon devoir de réparer. » Une urgence l’attend. Nous n’avons pas le temps de rédiger l’acte de conciliation. Il signe alors une feuille blanche qu’il me remet, me donnant ainsi la preuve de son accord pour rétablir la situation. »
Chiara LUBICH