1 Mai 2006 | Non classifié(e)
A Loppiano, le rendez-vous des Jeunes pour un Monde Uni avait pour thème cette année, la ville comme lieu de fraternité : la construire et l’expérimenter au-delà de toute division. Le rendez-vous du Portugal, misait lui aussi sur la construction d’un monde uni, en ce temps caractérisé par la peur de l’autre et les conflits.
Loppiano (Florence) – La ville comme terrain privilégié d’expérimentation de la fraternité. C’est sur ce
thème que s’est focalisé le 1er mai à Loppiano, rendez-vous annuel pour des milliers de jeunes italiens et européens, qui en arrive désormais à sa 36e édition.
Au programme : De nombreux témoignages ont été donnés par des jeunes des zones chaudes de la planète ou des régions qui sont le théâtre des « guerre oubliées » : Colombie, Irak, Burundi, Biélorussie et Corée? Ces jeunes étaient invités à raconter leur itinéraire et leur contribution dans leur pays à la construction de la paix, de la solidarité et de la cohésion sociale. Chiara Lubich leur a envoyé un message qui était aussi un défi : « Une ville ne suffit pas ».
Un espace spécial était également réservé à l’Economie de Communion, et en particulier au dialogue avec des chefs d’entreprise italiens qui souhaitent déplacer une partie de leurs activités sur le nouveau pôle industriel de la cité pilote. Ce dernier sera inauguré au mois d’octobre prochain et accueillera une trentaine d’entreprises qui adhèrent au projet de l’Economie de communion.
Le rendez-vous se dédouble – Cette année, le rendez-vous de Loppiano s’articulait en deux journées. Dès le 30 avril, à 15h, 7 workshop d’approfondissement était en place : Economie de communion, dialogue interreligieux, dialogue avec la culture, écologie, sport, musique, architecture, communication. Ces centres d’intérêt ont été proposés à la réflexion mais aussi à l’action des jeunes, avec la présence d’experts, des espaces de dialogue et des contributions videos.
Arc-en-ciel (Portugal) : « Légende pour l’unité » est le titre qu’avaient choisi les jeunes portugais. Sous-titre qui peut construire une communication nouvelle grâce aux nouvelles technologies que les Jeunes pour un Monde Uni du Portugal proposent aux jeunes de leur âge. Une communication marquée par le dialogue pour parvenir à construire un monde de paix. 1500 participants était attendus, nombre en constante augmentation depuis la première édition de 2002.
La cité pilote de Loppiano est la première des 33 cités pilotes des Focolari nées sur les 5 continents. Elle est située sur les collines de Toscane, près de Florence, sur la commune d’Incisa Val d’Arno : avec des écoles de formations, des entreprises, des centres artistiques, elle compte aujourd’hui près de 900 habitants de 70 nationalités. Parmi eux, des jeunes, des familles, des religieux(ses), des prêtres, étudiants, enseignants, professionnels, artisans, agriculteurs, artistes. Il y a également des chrétiens de plusieurs Eglises et des croyants d’autres religions. Sa caractéristique est l’internationalité, qui en fait un lieu privilégié pour le dialogue entre peuples et cultures.
La cité pilote Arc-en-ciel, située à Abrigada, à 45 km de Lisbonne, est née en 1997. Sa construction se poursuit progressivement, grâce à la contribution généreuse de beaucoup. Dès les débuts, elle a pu compter sur l’appui et les encouragements des autorités civiles et religieuses, considérée par la municipalité de Alenquer comme un projet d’utilité publique. Outre le fait d’être un espace privilégié pour le dialogue avec des personnes de différentes cultures et convictions, elle est aussi un point de rendez-vous pour les jeunes. L’engagement commun de tous les habitants est de mettre en pratique l’unique loi commune à toutes les cités pilotes : l’amour évangélique, pour témoigner qu’une vie pacifique et fraternelle entre personnes de conditions sociales et d’âges les plus divers est possible.
30 Avr 2006 | Non classifié(e), Parole di vie
« Je me rends compte en vérité que Dieu est impartial et qu’en toute nation, quiconque le craint et pratique la justice trouve accueil auprès de lui » (Ac 10, 34-35).
Comme est grand le cœur de Dieu ! Il ignore les divisions entre peuples et nations, entre ethnies et langues. Il ne voit en nous que ses enfants, d’égale dignité.
Pourtant, les premiers chrétiens de Jérusalem avaient bien du mal à comprendre cette mentalité ouverte et universelle. Tous issus d’un même peuple, et conscients d’appartenir au peuple élu, il leur était difficile d’établir des rapports de fraternité authentique avec des membres d’autres pays. Et ils avaient été scandalisés d’apprendre que Pierre, à Césarée, était entré dans la maison de Corneille, un centurion romain, un étranger. Pourquoi donc fréquenter ces gens-là ?
Mais pour Dieu, personne n’est étranger.
« Il fait lever son soleil sur les méchants et sur les bons, et tomber la pluie sur les justes et les injustes » . Dieu aime tous les hommes, sans distinction.
Cela, Pierre l’avait affirmé devant le soldat romain, dépassant lui aussi tous les préjugés à l’égard d’autres peuples.
« Je me rends compte en vérité que Dieu est impartial et qu’en toute nation, quiconque le craint et pratique la justice trouve accueil auprès de lui. »
Si Dieu se comporte ainsi, nous devons, nous ses enfants, agir comme lui, ouvrir grand notre cœur, abattre toutes les barrières, nous libérer de tout esclavage.
Car ne sommes-nous pas devenus esclaves de nos divisions entre riches et pauvres, générations, races, cultures et nations ? Combien de préjugés portons-nous vis-à-vis des immigrés, des étrangers ? Que d’idées toutes faites n’entend-on pas sur ceux qui sont différents de nous ! Cela fait naître un sentiment d’insécurité, la crainte de perdre son identité, l’intolérance…
Et que dire des barrières encore plus subtiles séparant notre famille des autres, notre groupe religieux d’un autre qui suit d’autres orientations, les quartiers d’une même ville, les partis, les clubs sportifs… Ne cherchons pas plus loin l’origine des méfiances, des rancœurs sourdes et profondes, des inimitiés persistantes…
Avec un Dieu qui ne fait aucune différence entre les personnes, comment ne pas avoir à cœur la fraternité universelle ?
« Je me rends compte en vérité que Dieu est impartial et qu’en toute nation, quiconque le craint et pratique la justice trouve accueil auprès de lui. »
Étant tous frères et sœurs, aimons donc tous les hommes, en commençant par celui qui se trouve à côté de nous. Et ne nous arrêtons pas. Ainsi, notre amour ne sera ni platonique ni abstrait, mais concret, fait de service.
Aimons-les d’un amour capable d’aller à la rencontre de l’autre. D’engager un dialogue, de se mettre à la place de l’autre quand il est dans la peine, de porter le poids de ses préoccupations. Au point qu’il se sente compris et accueilli dans sa différence et libre d’exprimer toute la richesse qu’il porte en lui.
Un amour qui entretient des rapports vivants et actifs entre personnes de convictions différentes, sur la base de la « règle d’or » : « Fais aux autres ce que tu voudrais que l’on te fasse », reportée par tous les livres sacrés et inscrite dans les consciences.
Un amour qui nous pousse à mettre nos biens en commun, à aimer le pays de l’autre comme notre patrie, qui nous fait construire des structures nouvelles, qui croit possible de faire reculer les guerres, le terrorisme, la faim, les innombrables maux qui déchirent le monde.
« Je me rends compte en vérité que Dieu est impartial et qu’en toute nation, quiconque le craint et pratique la justice trouve accueil auprès de lui. »
Moira, une jeune indigène catholique du Guatemala, descendante des mayas Cakchiquel et aînée d’une famille de onze enfants, en a fait l’expérience. Les indigènes, victimes de nombreuses discriminations, ont un fort complexe d’infériorité vis-à-vis des métis et, plus encore, des blancs. Sa rencontre avec Fiore, l’une de mes premières compagnes de Rome, devait la marquer profondément.
Fiore, témoigne Moira, n’avait pas de préférence, sa façon d’être allait droit au cœur des gens et faisait tomber toute barrière :« Je n’oublierai jamais l’accueil chaleureux de Fiore. Son amour envers moi était un reflet de l’amour de Dieu. Ma culture indigène et l’éducation familiale m’avaient habituée à des comportements durs et fermés, qui éloignaient les gens de moi. Fiore a été pour moi une maîtresse, un guide, un modèle… et m’a aidée à sortir de moi pour m’ouvrir aux autres avec confiance. Elle m’a aussi proposé de reprendre mes études, m’a soutenue et encouragée lorsque, devant les difficultés de culture et de méthode, j’étais tentée de tout laisser tomber. Cela m’a permis d’obtenir mon diplôme de secrétariat. Elle m’a surtout donné conscience de ma dignité humaine et libérée de ce sentiment d’infériorité profondément ancré en moi. Depuis mon enfance, je rêvais de me lancer dans une bataille de libération de mon peuple. Fiore m’a fait comprendre que je devais commencer par moi-même. Il fallait que je sois « nouvelle », si je voulais que naisse un « peuple nouveau ». »
Avec un Dieu qui ne manifeste de préférence pour aucun de ses enfants, on peut, comme Moira, avoir de grandes ambitions : « En disant oui à Dieu, je pouvais ouvrir une voie me permettant de faire connaître cette façon de vivre à mon peuple et je dois dire que cela s’est déjà en partie réalisé dans ma famille » .
Chiara LUBICH
La Parole de Vie du mois de mai est extraite des lectures du dimanche 21 mai 2006.
24 Avr 2006 | Non classifié(e)
Panama – Les « Clubs du don » : voyage à Cebaco Les Juniors pour un Monde Uni organisent de nombreuses activités pour soutenir leurs projets. L’une d’entre elles, comparable aux Foires de Foire de Printemps d’Italie qui se poursuivent dans la durée, se passe au Panama. Il s’agit des « Clubs du don » qui existent désormais depuis des années : on peut devenir membre seulement si l’on vit la « culture du donner », en commençant par donner un objet auquel on tient beaucoup. En 2005 le Ministre de l’Education du Panama, venu à connaissance de cette initiative, l’a insérée dans le programme d’activités à suivre dans le cadre des heures de service social obligatoire. Les Juniors pour un Monde Uni Panama écrivent : “Nous n’avons plus à obtenir l’autorisation des chefs d’établissement pour nous présenter dans les différentes écoles : il suffit de faire référence à la circulaire du Ministre ! La chose la plus belle c’est que tous les professeurs y participent aussi.” Et cette année, il y a eu une nouveauté : grâce à une embarcation, une délégation de juniors, accompagnée de parents et d’enseignants, se rend sur l’île de Cebaco – à 8 heures de voyage de là – pour porter aux familles dans le besoin les produits d’alimentation récoltée les mois précédents. La population les accueille à bras ouverts, leur offrant tout ce qu’ils ont de meilleur. “La relation construite avec eux ces huit dernières années est très belle – poursuivent les Juniors – et nous avons tous expérimenté qu’en allant là-bas pour donner, nous recevons beaucoup. En effet, nous sommes revenus très heureux. » L’un dentre eux, Jorge, dit ancore : “Très souvent, nous avons envie de choses dont nous n’avons pas réellement besoin. Maintenant que j’ai connu les amis de Cebaco, je ne peux pas m’arrêter ; nous devons faire beaucoup plus ! Et je suis heureux de ne pas devoir attendre d’être grand pour pouvoir donner !” En Allemagne – un bon gain pour le projet Scoolmates Nous sommes à Mannheim. Les écoliers de fin du primaire doivent réaliser un projet pour les matières d’économie et droit. Une idée est alors proposée : pourquoi ne pas lancer la proposition de trouver un travail pour quelques matinées, de façon a gagner un peu d’argent pour le projet Scoolmates ? La proposition plaît à tous, mais une première difficulté se présente : trouver un poste de travail. Un des jeunes élèves qui a réussi à se faire embaucher après trente tentatives, affirme : « A présent, je sais à quel point c’est difficile de trouver un travail.” Boulangers, électriciens, coiffeurs, commis épiciers, jardiniers, employés dans un restaurant, dans une entreprise de transports publics, employés de bureau : à la fin, tous les élèves de la classe ont obtenu un petit travail. Résultat final : 1443 euros, gagnés par l’ensemble de la classe et redonnés avec joie pour que d’autres jeunes puissent eux aussi aller à l’école.