Familyfest 2005… au pape de la famille
« L’amour construit la paix », idée force du pontificat de Jean-Paul II, a été le fil conducteur du Familyfest. Depuis la place du Capitole, à Rome, deux mères de famille de Jérusalem – une israélienne et une palestinienne -, ont témoigné d’une amitié possible entre les deux camps opposés : Parmi les 9 liaisons effectuées durant la transmission, signalons celle avec l’Afrique du Sud, dans le quartier de Soweto, à Johannesbourg, lieu emblématique où a eu lieu la luttre de Nelson Mandela contre l’apartheid, et la liaison avec l’Europe de l’Est, point chaud du monde visité plusieurs fois par le pape : les participants étaient 4000 à Zagreb, catholiques de Croatie mais aussi musulmans de Bosnie.
Le temps des crises . Le Familyfest n’a pas été marqué seulement par l’aspect festif, l’internationalité, la solidarité. Il a fait face à l’hiver de la crise, de la souffrance qui touche beaucoup de familles. « L’homme et la femme, par leurs noces, ne sont plus deux mais une seule chair. Se diviser, après une telle unification, signifie se tuer, en s’ouvrant les veines. C’est la mort. » Ces paroles d’Igino Giordani, écrivain, journaliste, homme politique, père de quatre enfants, premier responsable du mouvement Familles Nouvelles, résonnent sur la place. « Pour que l’union conjugale soit préservée, il n’y a pas d’autre force de cohésion que l’amour, mais un amour qui vient de l’amour de Dieu, qui dépasse les vicissitudes de la nature et les humeurs des hommes. » « Deux époux qui perdent leur temps à ne pas s’aimer, perdent leur temps à mourir. » Parmi les témoignages, celui d’un couple espagnol qui a raconté la renaissance soufferte après le drame de la division.
La souffrance. Depuis le podium du Capitole, un couple de journalistes, lui italien, elle américaine, a fait le don à tous de son expérience d’une maladie qui ne pardonne pas, une vie qui trouve une nouvelle plénitude, comme l’a écrit Jean-Paul II dans son testament. Elle a déclaré notamment : « Il faut vivre avec la mort bien présente pour réaliser une vie en plénitude. » » Nous avons appris à regarder en face la souffrance et ce visage qui a pour nous un nom : Jésus qui accepte de rester sur la croix, jusqu’à se sentir abandonné du Père, pour donner au monde ses dons. » Des dons qui deviennent expérience vive de « lumière, joie, sérénité, qualité de vie supérieure au laps de temps que je pourrai avoir. »
« Nous ne voulons pas que le mariage soit une pièce fermée au reste du monde, mais nous désirons partager notre bonheur avec de moins chanceux que nous », a témoigné un jeune couple de 21 et 24 ans : voyage de noces en Tanzanie, parmi les orphelins du sida, auxquels est allé sa somme équivalant à leurs cadeaux de mariage.
Solidarité. Ce n’est pas un fait isolé : depuis 25 ans, les Familles Nouvelles soutiennent dans le monde plus de 14000 parrainages d’enfants. Un nouveau projet de solidarité a été lancé au Familyfest : « Un toit pour chaque famille » : un toit pour les familles les plus déshéritées qui vivent à la périphérie des grandes villes philippines et dans les régions dévastées par le tsunami, au Sri Lanka et en Thailande. Une idée qui est née justement des familles les plus pauvres. Les contributions peuvent être versées pour la France à l’association Actions Familles Nouvelles (Un toit pour chaque famille) 1, rue de la forêt Multonne 61000 Alençon
Message de Chiara Lubich. Le dernier mot a été laissé à Chiara Lubich, par l’intermédiaire d’un message pre-enregistré. Il a la saveur d’une consigne : « Oui, dit-elle notamment, la source de l’amour vrai jaillit de l’amour de Dieu. La famille devient ainsi source de vie en société, vivier de fraternité universelle. » Elle a souhaité aux familles : « Soyez toujours et partout des témoins de cet amour, afin que se rapproche l’heure où, sur la terre, du « Que tous soient un ».
[:it]La gioia di Chiara Lubich e del Movimento dei Focolari per l’elezione del nuovo Papa
Igino Giordani : la source de l’amour
Igino Giordani, écrivain et journaliste, homme politique, marié et père de quatre enfants, a été également le premier animateur et responsable de Familles Nouvelles et on le considère comme cofondateur du Mouvement des Focolari. Depuis l’année dernière, sa cause de béatification est en cours. Pour examiner ses écrits – plus de cent livres et quatre mille articles – deux commissions viennent d’être créées : l’une historique, et l’autre, théologique. Nous souhaitons l’évoquer ici, en ce vint-cinquième anniversaire de son départ de cette terre, par ce petit texte sur l’amour conjugal, qui a été lu durant la retransmission en direct du Familyfest, le 16 avril dernier. La source de l’amour – texte d’Igino Giordani «L’homme et la femme, par leur mariage, ne sont plus deux mais un. Se séparer, après une telle unification, c’est comme se tuer en s’ouvrant les veines. C’est la mort. Pour que l’union conjugale puisse durer, il n’y a par d’autre courant unificateur que l’amour: mais un amour qui vient de l’amour de Dieu, qui surpasse les vicissitudes de la nature et les humeurs des hommes.
Si je regarde ma vie, je peux dire que mon mariage est réussi dans la mesure où je réalise cet amour. C’est là, avant tout, que réside sa valeur, et non dans les comptes en banque, le bien-être, le succès, ni dans la prestance et l’allure élégante. Il devient le tombeau de l’amour, lorsque, passés les élans physiques échangés par amour, l’esprit qui lui donne vie vient à disparaître. S’aimer chaque jour davantage, ne pas relever les défauts, ne pas s’arrêter aux torts, pardonner toujours, recommencer toujours à s’aimer… Alors, la vie devient une joie. Quant à l’indifférence, l’égoïsme, à quoi servent-ils? Ils servent à créer un enfer sur terre. Deux époux qui perdent leur temps à ne pas s’aimer, sont deux êtres qui perdent leur temps à mourir. Mais s’ils s’aiment, Dieu passe entre eux. Voilà comme faire de ta maison une maison du bonheur, même au milieu des plus grandes épreuves».
