Mouvement des Focolari
Lisbonne 2023 : un pas vers les Journées Mondiales de la Jeunesse

Lisbonne 2023 : un pas vers les Journées Mondiales de la Jeunesse

Être « pressé » d’aller vers l’autre, comme la Vierge Marie. Tel est le cœur du message des prochaines Journées mondiales de la jeunesse (JMJ) qui auront lieu à Lisbonne (Portugal) du 1er au 6 août 2023. Quelques faits intéressants sur les préparatifs. « Chers jeunes, je rêve qu’aux JMJ vous puissiez à nouveau expérimenter la joie de la rencontre avec Dieu et avec vos frères et sœurs. Après de longues périodes de distance et d’isolement, – avec l’aide de Dieu – nous redécouvrirons ensemble à Lisbonne la joie de l’étreinte fraternelle entre les peuples et entre les générations, l’étreinte de la réconciliation et de la paix, l’étreinte d’une nouvelle fraternité missionnaire ! » C’est avec ce souhait que le pape François, depuis la basilique Saint-Jean-de-Latran (Rome), s’est adressé aux jeunes du monde entier le 15 août 2022, à l’occasion de la solennité de l’Assomption de la Bienheureuse Vierge Marie, en expliquant le sens profond du thème choisi pour la prochaine Journée mondiale de la jeunesse : « Marie partit en hâte » (Lc 1, 39). En ces temps difficiles, où l’humanité éprouvée par le traumatisme de la pandémie est déchirée par le drame de la guerre, l’épisode évangélique de la Visitation est le chemin sur lequel se déplaceront les pas de tant de jeunes qui participeront à la rencontre internationale de Lisbonne du 1er au 6 août 2023; ce sera un moment de grande joie et une occasion de témoigner, de méditer et de partager ensemble sur les pas de Marie. Comment se déroulent les préparatifs de ces JMJ ? Mariana Vaz Pato, jeune designer de Lisbonne, qui fait partie de l’équipe du mouvement des Focolari chargée de l’organisation, nous raconte : « Lorsque j’ai appris que les JMJ se tiendraient au Portugal, j’ai réagi à cette nouvelle avec une grande joie. J’ai immédiatement décidé de faire partie de cette équipe car je sentais que je pouvais contribuer, consacrer mon temps à la construction de ce grand événement ». Mariana, que se passe-t-il en coulisses en ce moment ? Dans les coulisses, il se passe beaucoup de choses et l’esprit général est celui d’un grand enthousiasme. Pour l’instant, l’accent est mis sur les inscriptions qui viennent d’être ouvertes et nous devons faire passer le mot pour ne laisser personne de côté. Mon équipe a travaillé sur différentes parties du programme des JMJ. L’une d’entre elles est la préparation d’une catéchèse à la lumière du charisme de l’unité. À ce stade, nous travaillons sur le contenu lié au thème des JMJ, en suivant les directives du Dicastère pour les laïcs, la famille et la vie. Nous travaillons à la création d’un stand dans la Cité de la Joie (Exposition des Vocations), où les pèlerins trouveront des contenus interactifs et des expériences du monde entier, liés aux différentes étapes de la vie de Marie. Avec le complexe international Gen Verde, nous préparons un autre moment – les ateliers Start Now – qui se dérouleront dans un quartier social, dans la banlieue de Lisbonne, et culmineront dans l’une des étapes du Festival de la Jeunesse. En plus du programme principal des JMJ, nous ressentons le besoin de proposer une rencontre post-JMJ, où les participants peuvent vivre et réfléchir à tout ce qu’ils ont vécu pendant les JMJ. La rencontre aura lieu à la Mariapolis d’Arco-Íris et est ouverte à tous ceux qui souhaitent y participer. Nous sommes également impliqués dans d’autres groupes pour l’accueil des pèlerins, la gestion des volontaires et le chœur officiel. Qu’est-ce que cela signifie pour un jeune d’aujourd’hui de « se lever » et de partir en toute hâte ? Le thème de cette journée nous appelle à partir en mission, en prenant pour exemple Marie, qui a répondu à l’appel de Dieu. Je pense que pour les jeunes, « se lever » signifie être des missionnaires. C’est-à-dire être prêt à partir, à sortir de soi (du confort d’être assis), à aller vers son prochain, à ne pas rester indifférent aux problèmes qui existent autour de nous. Cette JMJ est également confiée à quelques Saints Patrons ou témoins de la foi, des figures de référence qui ont ce processus en cours. Pourquoi est-il si important aujourd’hui d’aspirer à la sainteté ? Je pense qu’aspirer à la sainteté, c’est aspirer au bonheur. Pour les jeunes, il est important d’avoir un modèle et les saints sont la preuve qu’il est possible d’avoir un style de vie chrétien différent de ce que nous voyons autour de nous. La figure qui me frappe le plus, par exemple, est la bienheureuse Chiara Badano. La façon dont elle a vécu, à contre-courant et avec une grande confiance en Dieu, est une source d’inspiration et nous montre qu’il est possible de devenir un saint même dans le monde d’aujourd’hui. Pour plus d’informations, visitez le site : JMJ Lisboa 2023

Maria Grazia Berretta

Luisetta, l’institutrice

Luisetta, l’institutrice

Le 31 décembre 2022, Luisa Del Zanna, l’une des premières focolarines de Florence, nous a quittés. Elle est née en 1925 dans une famille chrétienne de huit enfants. Elle a immédiatement fait sienne la spiritualité de l’unité. En 1954, elle rejoint le focolare de Florence. Au cours des années suivantes, elle vit naître et suivit diverses communautés du Mouvement. À partir de 1967, elle vit à Rocca di Papa (Italie), où Chiara Lubich, fondatrice du mouvement des Focolari, l’a appelée pour faire partie de son secrétariat, pour suivre les archives du mouvement (qu’elle a coordonnées jusqu’en 2007). En cette même année 1967 elle est chargée, avec l’un des premiers focolarini, Vitaliano Bulletti, du Centre Sainte Claire, le Service de la Communication, qui vient d’être mis en place. « Gardienne des « trésors des Focolari », lit-on dans un article de Città Nuova de 2008, Luisetta, un prénom qui nous rappelle la créature délicate et douce, la petite silhouette de Luisa Del Zanna, une de ces personnes à qui l’on confie habituellement des tâches importantes en raison de leur discrétion, de leur compétence et de leur fidélité, dont on ne se rend pas toujours compte de la valeur parce qu’elles n’apparaissent pas, mais sans qui certains rouages finiraient par se gripper… » Au cours de ses premières années de vie en focolare, elle a travaillé comme institutrice dans un petit village de montagne au Nord de l’Italie, qu’elle rejoignait en faisant un bout de chemin à pied ou à dos d’âne. L’expérience que nous publions ici remonte à cette époque : nous vous la livrons telle qu’elle-même l’a rédigée, en 1958. « S’il vous plaît, la route de Bordignano ? »[1] Après quatre heures de bus, j’étais arrivée au chef-lieu de ce village que je n’avais pas réussi à trouver sur la carte à l’échelle de 1/100 000. Aucune agence d’information ne le connaissait, et les horaires des différents moyens de transport ne le mentionnaient pas. Pourtant, ma feuille de route était claire : « Vous êtes invitée à prendre vos fonctions le vendredi 7 octobre à l’école primaire de Bordignano, dans la commune de Firenzuola. » Ce nom était écrit en lettres majuscules, il ne pouvait y avoir d’erreur. La personne à qui je m’étais adressée, un homme grand et fort, me regarda d’un air dubitatif : « « Qu’avez-vous dit ? » et il me fit répéter la question. Il pensait avoir mal compris. Alors il m’indiqua du doigt : « Vous voyez cette colline là-bas ? Derrière, il y en a deux autres et puis il y a B….. J’y vais de ce pas pour distribuer le courrier. » » A la vue de ses grandes bottes et de son teint basané, j’ai tout de suite compris qu’il s’y rendait à pied. Un instant déconcertée, je regarde cette colline, les bottes de cet homme, je comprends qu’il n’y a pas d’autre moyen, je reprends courage. « Je vais aller avec vous », dis-je d’un air décidé. Le facteur ne sembla pas comprendre, comme au début, mais je suis partie et je l’ai suivi. Ce fut une longue marche de trois heures, interrompue seulement par de brefs moments de pause au sommet des montées abruptes ; il y avait des rafales de vent impétueuses là où la vallée s’ouvrait. Me voilà enfin arrivée : trois maisons en pierre sont là, alignées et, en haut d’une allée bordée d’arbres, on peut voir l’église et son clocher. J’ai salué un monsieur âgé, en train de fumer la pipe, assis à l’entrée de sa maison. Je lui ai dit que j’étais l’institutrice. Il s’est levé et s’est déplacé pour m’accompagner. Nous sommes entrés par une porte disjointe dans la deuxième maison de la rangée, elles lui appartenaient toutes ; la première était une boutique, remplie de tout (sauf des choses que je n’avais pas et dont j’avais vraiment besoin). Il y avait de gros souliers cloutés, des allumettes, des pièges à souris de toutes sortes, du pain rassis, des cahiers, bref, de tout. Nous avons emprunté une petite échelle et sommes entrés dans l’école. Une grande pièce, quelques pupitres entassés dans un coin (je n’en avais jamais vu de semblables : chacun d’eux pouvait accueillir jusqu’à six élèves !), une chaise en mauvais état, un tableau noir endommagé : voilà pour ce qui était du mobilier. – De ce côté, c’est votre logement – me précisa le monsieur – vous pouvez vous estimer heureuse : cette année, il y a l’eau courante. Je l’ai fait mettre, à mes frais !  Il me fit entrer dans une petite cuisine ; dans un coin, on pouvait remarquer une cheminée sans feu. J’avais froid. Il commençait à faire sombre : j’ai cherché l’interrupteur pour éclairer la pièce, mais en vain. (J’ai appris au cours des jours suivants à utiliser la lampe à huile, à travailler et écrire à la lumière d’une petite flamme vacillante). J’ai été rendre visite à monsieur le curé le jour même (j’ai appris que son église était l’église paroissiale, la plus belle parmi celles de la vallée et des collines environnantes) et je l’ai supplié d’annoncer à la messe du dimanche que l’école commençait. « Eh, Mademoiselle, c’est la saison des récoltes. En ce moment on ramasse les châtaignes et bientôt ce sera la cueillette des olives ; on compte beaucoup sur l’aide des garçons pour ces travaux. Pour ce qui est de l’école – a-t-il ajouté – nous en parlerons en janvier. » Une situation à mes yeux impossible. Peu de temps avant, j’avais appris à ne pas reculer devant les difficultés, au contraire – m’avait-on dit – elles servent de tremplin – et j’avais constaté que c’était vrai. J’ai trouvé un autre moyen de faire savoir aux familles que j’étais arrivée. J’ai repéré les habitations de mes élèves parmi les maisons éparses et isolées et je m’y suis rendue. La première était celle d’Angiolino et de Maria. Il m’en reste un vague souvenir de noirceur et de fumée : Maria, accroupie dans un coin tout près des cendres de l’âtre (elle avait mal à la gorge), tenait son bras au-dessus de son visage pour que je ne la voie pas. Angiolino, debout dans un coin, la tête basse, suivait la conversation que j’avais avec sa mère. En parlant, j’ai compris la méfiance de ces villageois envers l’école et encore plus envers l’enseignant. J’ai beaucoup écouté, en silence. Je m’efforçais de saisir les propos de cette femme qui s’exprimait dans un dialecte dur, rancunier, presque incompréhensible. J’ai appris que son fils avait quitté l’école deux ans auparavant, sans avoir terminé ses études élémentaires, en raison de sottises qui exaspéraient les enseignants. J’ai dit peu de choses : que j’étais là pour eux, que l’école était gratuite, que les garçons auraient l’après-midi libre pour aider aux travaux des champs. « Nous verrons – dit la femme – je vais envoyer Maria. En prenant congé, j’ai salué son frère : « Je voudrais rendre cette école belle pour les petits qui viendront, si tu peux venir m’aider… je t’attends. » Je n’ai pas eu besoin d’insister davantage. Les enfants sont arrivés un par un, les petits frères par deux, incertains, craintifs. Ils s’étaient passé le mot en jouant, dans les champs, en train de garder le troupeau, ou en se retrouvant dans les bois, tous courbés pour ramasser les châtaignes. « Tu viens aussi ? C’est agréable, tu sais ! » « C’est bien, la maîtresse ne nous frappe pas ! » L’école est rapidement devenue accueillante grâce à l’aide précieuse d’Angiolino. En ce mois d’octobre la nature, riche de feuilles multicolores, offrait largement de quoi décorer la classe. J’ai fondé mes relations avec les élèves, et celles des élèves entre eux, sur le commandement de Jésus : « Aimez-vous les uns les autres… » Ce fut la base de tout le travail de l’année. L’école est devenue un petit paradis. L’Évangile devint le livre préféré de ces enfants et leurs intelligences, réfractaires et fermées aux discours habituels, s’ouvraient à la logique de l’Évangile avec une spontanéité surprenante. Cette méthode était engageante. « Pro eis sanctifico me ipsum » (pour eux je me sanctifie), avait dit Jésus, sans quoi rien n’allait plus. Je me suis rendue compte en fin d’année que la vie évangélique des enfants ne s’était pas arrêtée aux murs de l’école, mais qu’elle s’était diffusée dans les foyers, dans les familles. Je m’en suis aperçu lors des salutations reconnaissantes des parents qui n’étaient pas restés indifférents au souffle de vie joyeuse que les enfants leur transmettaient. L’écorce rugueuse qui les avait fait paraître insensibles s’était retirée de leurs âmes et, inconsciemment, ils étaient habités par cette même vie.

                                                                                                                               Histoire de Luisa Del Zanna

[1] Bordignano municipalité de Firenzuola (Florence, Italie)

Le Gen Rosso à Madagascar et au Liban

Le Gen Rosso à Madagascar et au Liban

Deux étapes décisives pour vivre des échanges culturels, susciter des parcours d’inclusion grâce à l’art et développer des talents musicaux. Yann Dupont est professeur en France. Il enseigne à l’Institut Sainte Catherine à Villeneuve-Sur-Lot. Il avait un rêve : emmener quelques élèves à Madagascar, à Moramanga, pour un échange culturel avec l’école d’Antsirinala. Il se trouve qu’un jour, Yann Dupont a rencontré Valerio Gentile du groupe Gen Rosso. Un dialogue vivant, simple et sincère. Une idée est née : pourquoi ne pas partir ensemble (le Gen Rosso et cinq de ses élèves à Madagascar), pour un échange culturel et humanitaire ? Aussitôt dit, aussitôt fait ! Les jeunes français ont donc été inclus dans le groupe de formation “train the trainer” auquel participaient également des jeunes intéressés par les arts du spectacle. Ils avaient pour devise les mots qu’ils ont ensuite mis en pratique lors des ateliers à Madagascar : « Vivre le respect mutuel, se mettre à la place de l’autre, vivre l’un pour l’autre avec joie, recommencer. » Un circuit de 8 jours en novembre – grâce au soutien financier de l’ONG Edugascar – dans quatre villes différentes : Ambatondrazaka, Moramanga, Antsirinala, Antingandingana. Les journées se sont déroulées entre des ateliers de danse, de percussion, de chant et des concerts. Plus de 500 jeunes ont été impliqués. « Nous pensons que nous avons tous fait ici, à Madagascar, l’expérience d’un monde plus solidaire », c’est le sentiment du Gen Rosso, « nous avons découvert un peuple qui transmet l’espoir, la patience, le sens de l’adaptation, la sérénité et le courage pour affronter la vie avec ses défis quotidiens. » Nancy Judicaelle, une jeune fille de Madagascar, se confie : « D’un côté, je suis triste que mon temps avec eux ait été si court, mais je suis très heureuse et profondément émue, et j’éprouve une joie inexplicable. » Angel, l’un des jeunes participants, ajoute : « Le concert a été formidable, car nous avons eu un échange sur la musique, l’éducation des plus jeunes, le respect de l’environnement. C’était un grand spectacle où les enfants aussi ont pu apporter leur contribution à l’ensemble de notre communauté. » Les cinq élèves français et le Gen Rosso ont poursuivi leur tournée, d’abord à Antsirinala où ils ont été accueillis – dans une ambiance très conviviale – par une école de 200 enfants et jeunes jumelés avec l’école de Villeneuve, puis à Ambatondrazaka. Ici la rencontre avec la communauté des Focolari fut très festive car c’était la première fois que le Gen Rosso débarquait à Madagascar. « J’ai vécu d’incroyables moments d’échanges culturels qui se sont déroulés de manière tout à fait naturelle entre le Gen Rosso et le peuple malgache plein d’humanité », raconte Nicolas Dumoulin, un reporter français qui a suivi le voyage, « y compris un groupe d’étudiants français qui étaient ici dans le cadre d’un échange. Ce fut pour eux une grande aventure de vie. » Étape libanaise Autre rendez-vous important pour le groupe international : le Liban, dans le cadre du projet HeARTmony. Après une expérience en Bosnie, ce programme de formation a fait une halte à Beyrouth en novembre pour les jeunes intéressés par les méthodologies d’inclusion sociale des migrants et des réfugiés à travers l’art. Une incitation à renforcer les compétences interculturelles et à réfléchir sur les causes et les effets de la migration en Méditerranée. Adelson, Michele, Ygor et Juan Francisco, représentant le Gen Rosso, ont rencontré des jeunes de Caritas Égypte, Caritas Liban et des membres d’Humanité Nouvelle Liban. Ils ont atterri à Beyrouth et ont été chaleureusement accueillis par les membres les focolari. L’objectif principal du voyage était d’apprendre à utiliser la musique et l’art comme outils pour rassembler les gens, en particulier ceux qui vivent en marge de la société comme les migrants, afin qu’ils se sentent les bienvenus dans une communauté. « L’art est un moyen d’expression puissant », souligne M. Adelson du Gen Rosso, « la musique permet d’aller là où les mots ne suffisent souvent pas. Une personne peut se sentir aimée et répondre à l’amour de nombreuses façons. » La même méthode est reprise : à travers des ateliers de chant, de musique et de percussion, les talents des participants sont mis en valeur en vue de construire le spectacle final. Un soir, le groupe et les participants au projet ont été invités à une fête organisée par la communauté des Focolari de Beyrouth : faire de la musique et apprendre à se connaître. C’était l’occasion de partager des expériences de vie et d’en savoir plus sur la réalité que vivent les jeunes Libanais aujourd’hui. « Je veux quitter le pays, mais je sens que le Liban ne changera que si j’ai le courage de rester, si je mets en pratique ce que j’ai appris », a déclaré une jeune fille au cours de la soirée. « En ce moment, il est difficile de dire aux jeunes de rester, mais les mots de cette jeune fille m’ont profondément frappé », a poursuivi M. Adelson, « Je pense que c’est là que nous pouvons recommencer : mettre de l’amour dans ce que nous faisons, devenir les protagonistes de notre propre réalité. Peut-être ne verrons-nous pas les résultats immédiatement, mais je suis sûr que bientôt le Liban renaîtra, tel un « phénix » ! »

                                                                                               Lorenzo Russo

     

2022 à travers les yeux du Gen Verde

2022 à travers les yeux du Gen Verde

Les émotions vécues au cours d’une année inoubliable. Perspectives pour la nouvelle année Nous oublierons difficilement 2022. La guerre en Ukraine, comparable à un virus encore sans vaccin, nous a marqués chaque jour de cette année qui s’achève. Cependant, ce fut l’occasion pour de nombreux artistes de donner des messages de paix et d’espoir. C’est ainsi qu’est née la chanson « We Choose Peace » enregistrée par le groupe artistique international Gen Verde au début du conflit en Ukraine. Le vidéoclip, enregistré avec des jeunes de la cité de Loppiano et lancé pendant la Semaine du monde uni, a fait parler de lui tout au long de 2022, notamment lors de divers concerts en Europe. Le groupe a également enregistré une autre chanson « Walk On Holy Ground » , écrite spécialement pour les disciples de St Vincent de Paul mais aussi pour tous ceux qui se sentent appelés à suivre Jésus.   « Me sentir regardée et aimée par Celui qui m’a choisie telle que je suis », dit la chanteuse vénézuélienne Andreína Rivera du Gen Verde, « m’a donné la force de continuer avec encore plus de conviction ». Cette année a également été marquée par le retour des concerts sur les places et dans les salles, avec des ateliers et des laboratoires, après un peu plus de deux ans d’arrêt dû à la pandémie. Le Gen Verde a donné plusieurs concerts en Italie et a effectué une tournée européenne spéciale. L’expérience la plus forte a été celle de la prison pour femmes de Vechta, en Allemagne. « Pour la première fois, j’ai été en mesure de ne pas me sentir en prison. C’était tellement beau », a déclaré une détenue à la fin du concert : « Je n’ai pas senti de différence, elles étaient comme nous ». Certaines d’entre elles avaient les larmes aux yeux. Elles nous ont vraiment comprises. Et encore : « De nombreuses chansons étaient si appropriées à notre situation, en particulier la chanson « On the other side » car elle aide à ne pas juger ceux qui sont différents de toi ». Une autre détenue souligne combien « le temps est passé si vite et nous ne voulions pas qu’il se termine ». Les paroles des chansons sont aussi mon passé et c’est pourquoi je ne me sens pas seule avec ma douleur. Maintenant, je sais que d’autres personnes avec les mêmes histoires, avec la même douleur, ont également réussi à trouver le bonheur ». Nous parlions du retour après la pandémie. Pour Gen Verde, il était passionnant de reprendre le « Start Now Workshop Project », c’est-à-dire de rencontrer les jeunes dans les ateliers d’art et de monter sur scène avec eux. « C’était génial de rencontrer des jeunes de différentes régions d’Europe », confie Raiveth Banfield, une chanteuse panaméenne, originaire du Gen Verde. En partageant nos expériences, tant de lumière est revenue dans leurs yeux. Une confirmation que cela vaut la peine de vivre pour la fraternité universelle ». Ces mots font écho à ceux de deux jeunes filles slovaques : « Avant de venir, nous ne savions pas dans quoi nous nous engagions. Au début, nous ne voulions même pas sortir de nous-mêmes. Puis, dans les ateliers, nous avons découvert que nous avions tous tant de choses en commun, même si nous ne nous connaissions pas ou si nous ne pouvions pas nous comprendre à cause des différentes langues. Nous avons donc découvert que chacun d’entre nous a une petite lumière en lui, malgré quelques ténèbres. Cette expérience est inoubliable : nous la porterons en nous pour le reste de notre vie ». Gen Verde commence à entrevoir un 2023 plein de surprises et de nouveautés. « Nous nous préparons depuis plusieurs mois parce que l’année sera remplie de voyages, de tournées, de concerts et aussi de surprises », déclare Alessandra Pasquali, chanteuse et actrice italienne, « Nous ne pouvons pas encore révéler le contenu car il est en cours d’élaboration et il y a tellement de travail en cours ».

Lorenzo Russo

Info: https://www.genverde.it/

Pérou : la prière, lieu de la rencontre

La prière n’est pas seulement le meilleur moyen de chercher Dieu mais, plus que tout, c’est être disposé à être trouvé par Lui. C’est de cette expérience de la grâce que vient notre force et c’est dans la prière que des jeunes du Pérou, confrontés à une situation douloureuse, ont trouvé la réponse. Comment vivre la prière ? C’est le thème sur lequel les communautés du mouvement des Focolari sont appelées à réfléchir cette année et qui a également joué un rôle de premier plan le 13 novembre 2022, lors de de la Journée Gen2day, qui a mobilisé les jeunes du mouvement des Focolari, reliés en streaming en direct depuis de nombreuses régions du monde. De nombreuses expériences ont souligné l’importance de la prière. On a retenu celle d’un groupe de Gen d’Arequipa (Pérou), relatée dans une vidéo par Verónica, Alejandra, Anel et Katy. « Nous voulons partager avec vous une expérience d’amour, d’unité et de prière que nous avons récemment vécue et qui concerne en particulier une Gen, une grande amie à nous, Pierina. Une semaine après son anniversaire, un événement inattendu se produit, une nouvelle qui choque tout le monde : Pierina tombe malade avec des conséquences très graves. Nous avons immédiatement compris la gravité de la situation et qu’il s’agirait d’un processus long et délicat. Nous étions très inquiets et avions l’impression d’avoir les mains liées. Que faire ? Soudain, une idée a jailli de nos cœurs : réciter un chapelet et une prière par l’intercession de la Bienheureuse Chiara Luce Badano pour la santé de Pierina. Avec la communauté des Focolari d’Arequipa, nous avons commencé tous les jours à 8 ou 9 heures du soir à nous réunir via le web. Nous avons pu voir comment, petit à petit, ce temps passé ensemble a porté des fruits inattendus, même en nous. Chaque soir, ce chapelet était notre force. Même si la situation continuait à être compliquée, nous avons tout mis dans les mains de Dieu : la santé de Pierina, sa guérison et aussi la force pour la famille. Les mois ont passé et il a été très agréable de voir comment Pierina est sortie des soins intensifs et a ensuite commencé un lent rétablissement. Cela nous a semblé être un signe que cette prière devait se poursuivre. Nous nous sommes rendu compte que ce précieux espace que nous nous étions réservé était devenu un moment d’unité entre nous, où chacun pouvait non seulement confier la vie de Pierina à Dieu, mais aussi apporter ses peines, ses fardeaux, partager et découvrir la beauté de la rencontre avec Dieu. C’était une très belle expérience, qui, aujourd’hui encore, est une force pour nous tous. »

                                                          Propos recueillis par Maria Grazia Berretta