6 Déc 2021 | Non classifié(e)
Nous sommes dans le temps liturgique de l’Avent. D’attente donc, de préparation pour Noël. Un temps pour veiller et prier. Mais comment faire ? En cette occasion aussi, nous sommes aidés par les circonstances, par les frères et les sœurs que nous rencontrons tout au long de nos journées : l’amour que nous saurons donner sera notre prière et elle sera agréable au Ciel. « Veillez et priez » (…) ces simples mots renferment le secret qui permet d’affronter aussi bien les événements dramatiques de la vie que les inévitables épreuves quotidiennes. Mais aujourd’hui, dans le rythme frénétique où la vie nous entraîne, comment réussir à ne pas nous laisser séduire par le chant de si nombreuses sirènes ? Et pourtant ces paroles de l’Évangile sont faites pour nous aussi… Jésus ne peut pas nous demander quelque chose que nous ne serions pas en mesure de réaliser, même aujourd’hui. Il ne peut nous exhorter à faire quelque chose sans nous donner aussi le moyen de vivre selon sa parole. Comment rester alors éveillés et sur nos gardes comment être sans cesse recueillis dans la prière ? Peut-être avons-nous cherché à le faire en nous protégeant de tout et de tous. Mais ce n’est pas la bonne route et l’on ne tarde pas à s’apercevoir qu’il faudra un jour ou l’autre, rebrousser chemin. La voie qu’il faut suivre, nous la trouvons aussi bien dans l’Évangile que dans l’expérience humaine. Quand on aime une personne, notre cœur veille sans cesse tandis que nous l’attendons, chaque minute qui passe sans elle, est vécue en fonction d’elle. Celui qui aime est un bon veilleur. Veiller est le propre de l’amour. C’est ainsi qu’agit celui qui aime Jésus. Il fait tout en fonction de Lui, Lui qu’il rencontre à tout moment dans les manifestations simples de sa volonté et qu’il rencontrera solennellement au jour de sa venue. (…) Ce sourire à donner, ce travail à accomplir, cette voiture à conduire, ce repas à préparer, cette activité à organiser, cette larme à verser pour le frère ou la sœur qui souffre, cet instrument à jouer, cet article ou cette lettre à écrire, cet événement joyeux à fêter, ce vêtement à nettoyer… Si nous faisons tout cela par amour, tout, tout peut devenir prière. Pour veiller, pour prier sans cesse, il faut donc être dans l’amour : aimer la volonté de Dieu et chaque prochain qu’il placera à nos côtés. Aujourd’hui j’aimerai. Ainsi je veillerai et je prierai à chaque instant.
Chiara Lubich
(Chiara Lubich, in Parole di Vita, a cura di Fabio Ciardi, Opere di Chiara Lubich, Cittá Nuova, 2017, pag. 634-636)
3 Déc 2021 | Non classifié(e)
« Planter des graines de paix et les voir s’épanouir ». Les paroles de Margaret Karram lors de la table de dialogue « Graines d’espoir contre prophètes de malheur : un partenariat entre Religion et Gouvernement pour une nouvelle politique d’unité méditerranéenne » à Rome MED 2021, organisé par le Ministère italien des Affaires étrangères et de la Coopération internationale et de l’ISPI.
« Je crois que dans la région méditerranéenne, les politiques gouvernementales devraient créer un environnement politique propice au pluralisme et à l’égalité des citoyens ». C’est par ces paroles que Margaret Karram, Présidente du mouvement des Focolari, s’est exprimée lors de la septième édition de Rome MED 2021 (Dialogues méditerranéens) à Rome (Italie) le 3 décembre dernier. « Je pense que les religions aussi, a-t-elle poursuivi, peuvent faire partie de la solution, en offrant et en promouvant un récit différent. (…) Chacun de nous a son propre récit et nous devons écouter, comprendre et respecter le récit de l’autre personne ». L’événement, qui s’est déroulé à Rome du 2 au 4 décembre 2021, est l’initiative annuelle de haut niveau promue par le Ministère italien des Affaires Étrangères et de la Coopération Internationale et l’ISPI (Institut Italien d’Études des Politiques Internationales), qui réunit des hommes politiques, des universitaires, des entrepreneurs, des chefs religieux, des ONG, sur les opportunités offertes par la Méditerranée et sur la manière de faire face aux nombreuses crises qui l’entourent et la traversent. L’intervention de Margaret Karram faisait partie d’un panel intitulé « Graines d’espoir contre prophètes de malheur : un partenariat entre Religion et Gouvernement pour une nouvelle politique d’unité méditerranéenne ». Le dialogue, modéré par Fabio Petito (responsable du programme Religions et relations internationales de l’ISPI) et Fadi Daou (cofondateur de la Fondation Adyan), a vu la participation de la Vice-ministre italienne des Affaires Étrangères et de la Coopération Internationale, Marina Sereni, de Noemi di Segni (Président de l’Union des communautés juives italiennes), d’Azza Karam (Secrétaire Général des Religions pour la paix), de Mons. Miroslaw Wachowski (Sous-secrétaire pour les Relations avec les États du Saint-Siège) et Haya Aliadoua (Conseillère du Secrétaire Général de la Ligue musulmane Mondiale). La réflexion du panel sur la crise de désunion qui, depuis quelque temps et pour diverses raisons, affecte les rives de la Méditerranée, théâtre d’affrontements entre les différentes civilisations, a fait avancer le débat et, en même temps, a laissé la place à d’éventuelles nouvelles initiatives et à une plus grande implication des leaders religieux et des communautés dans la vie publique, afin de promouvoir de nouveaux chemins de fraternité et de paix. « Hier encore, a déclaré Margaret Karram, le Pape François, à son arrivée à Chypre, a souligné que « mare nostrum » – comme l’appelaient les Romains – est « la mer de tous les peuples qui se tournent vers elle pour être reliés et non divisés[1] ». Je pense que c’est la véritable identité de la région méditerranéenne ». Penser la Méditerranée, poursuit Margaret Karram, non pas comme une crise permanente mais comme une opportunité de travailler efficacement : « Nous sommes présents en tant que Focolari dans cette région de la Méditerranée depuis plus de 50 ans. Faire entrer l’engagement interreligieux dans la vie quotidienne, aider concrètement les personnes dans leurs besoins, c’est la leçon que nous avons apprise et à laquelle nous tenons beaucoup ; je crois que les stratégies de haut niveau n’ont pas un impact profond ». En parlant d’actions concrètes, la Présidente des Focolari a présenté quelques exemples et témoignages qui, du Liban à la Syrie, révèlent l’importance de mettre la personne au centre, de soigner les relations et la diversité, et soulignent le rôle que les religions peuvent jouer dans ce domaine. « L’amour et le souci de chaque être humain sont au cœur de ce message », a-t-elle conclu. « Les religions ont cette capacité naturelle de créer des réseaux, d’attirer les gens dans un espace où nous pouvons planter des graines de paix, des graines d’espérance, et les voir fleurir ».
Maria Grazia Berretta
[1] Le Pape François, Rencontre avec les autorités, la société civile et le corps diplomatique – “Ceremonial Hall” du Palais Présidentiel à Nicosie (Chypre), 2 décembre 2021. Cfr. https://www.vatican.va/content/francesco/fr/speeches/2021/december/documents/20211202-cipro-autorita.html
3 Déc 2021 | Non classifié(e)
Sur le chemin de la diversité réconciliée. Tel était le cœur de la dernière réunion des « Amis d’Ensemble pour l’Europe » (EpE), un événement qui a eu lieu le 6 novembre dernier à Castel Gandolfo (Rome), riche en réflexions et expériences de vie pour une communion de chemins qui se concrétise chaque jour davantage.
Le réseau international des Mouvements chrétiens s’est retrouvé également en 2021 : 16 membres du comité d’Orientation de « Ensemble pour l’Europe » (Communauté de Sant’Egidio, YMCA Allemagne, Efesia France, ENC Autriche, Focolari, Schönstatt, Syndesmos), et plus de 150 personnes connectées via le web, se sont retrouvés le 6 novembre 2021 au Centre international du mouvement des Focolari à Castel Gandolfo (Rome-Italie) pour un moment de partage et d’engagement concret. Polarisation, réconciliation et diversité réconciliée ont été les thèmes abordés. La journée était animée par diverses interventions, dont la contribution de Gerhard Pross, YMCA (Young Men’s Christian Association) d’Esslingen (Allemagne), actuellement modérateur de « Ensemble pour l’Europe », et de Margaret Karram, Présidente du mouvement des Focolari. Dans son discours, Monsieur Pross a invité à être « porteurs d’espérance » : « Au milieu des bouleversements et des crises de notre temps, nous pouvons vivre l’espérance indestructible de l’Évangile et être des messagers de Dieu ».
Margaret Karram, par son message d’unité dans une époque de polarisation, a encouragé les participants à devenir des « apôtres du dialogue » : « S’engager avec d’autres horizons culturels, d’autres façons de penser, d’autres habitudes et paradigmes pour apprécier, ne désoriente pas, mais enrichit ». La mission d’EpE a toujours été la libre convergence des Communautés et des Mouvements chrétiens de différentes Églises, capables de créer des relations de communion dans le respect de la diversité. Une réponse efficace au besoin constant d’une culture de la réciprocité et de la fraternité. Les Comités nationaux, groupes de travail qui se sont formés spontanément au fil des ans, apportent depuis quelque temps déjà leur contribution en partageant leurs démarches. Depuis la République Tchèque, nous avons écouté le récit du voyage qui a conduit quelques membres d’EpE à la Montagne Blanche, près de Prague, le 9 mai 2021, la journée de l’Europe. 400 ans après s’être affrontés sur ce lieu lors de la guerre de Trente Ans (1618-1648), des catholiques et des protestants ont reconnu leurs fautes en public, souhaitant, dans un pardon mutuel, de se mettre au service de la société tchèque, aujourd’hui largement non croyante. En Allemagne, en décembre 2020, le Comité national a proclamé une année de rencontre et d’amitié. Depuis janvier, en effet, un « salon virtuel » a été créé où, une fois par mois, les différentes réalités sont invitées à se rencontrer et où, à tour de rôle, un représentant d’une Communauté est interviewé afin de mieux se connaître et de partager des expériences. La Serbie a offert sa contribution en relatant l’action d’un groupe de Mouvements de différents pays engagés dans l’aide aux réfugiés : « À Belgrade, nous sommes souvent en contact avec différentes personnes dans les camps de réfugiés. Après avoir demandé l’asile en Hongrie à l’ambassade de Belgrade, les attentes sont généralement longues ; de belles amitiés naissent en leur offrant de la nourriture ou un abri et se poursuivent également dans la prière commune et les visites mutuelles ». https://www.together4europe.org/il-green-pass-invisibile/
Maria Grazia Berretta
29 Nov 2021 | Non classifié(e)
Le 4 mars 1989, Chiara Lubich répondait aux questions des animateurs des Jeunes pour un Monde Uni. Dans ce passage, elle fait référence au respect de la Création, un thème nouveau pour ces années-là et une véritable urgence aujourd’hui encore pour l’ensemble de l’humanité. Le développement des sciences et de la technologie. Cela a été quelque chose d’énorme, de merveilleux, qui a stupéfié tout le monde. Cependant […] la plupart du temps, il a été réalisé sans tenir compte de Dieu. Et maintenant, nous vivons sur une planète qui, comme vous le savez, peut sauter d’un moment à l’autre si nous continuons ainsi ou, mieux, peut tous nous condamner à subir une autre catastrophe qui, à présent, n’est plus la catastrophe atomique, mais la catastrophe écologique, etc. […] C’est comme si les hommes portaient de grosses chaussures de montagne : ces dernières décennies, ils ont marché n’importe comment, dans la boue, éclaboussant de partout, et ils ont jeté dans l’atmosphère des choses qui n’allaient pas, dans les fleuves des choses qui n’allaient pas, dans la mer des choses qui n’allaient pas. Ils ont détruit les arbres, ils ont tout détruit… Et pourtant, il y a eu beaucoup de découvertes, beaucoup de choses merveilleuses, un grand développement. Donc, le bien était mêlé au mal. Les hommes n’ont pas agi devant Dieu, ils ne l’ont pas écouté. Et maintenant, ce phénomène nous oblige à revoir les choses tous ensemble, en construisant le monde uni. Si nous ne prenons pas à bras le corps ce problème tous ensemble, nous ne le résoudrons pas. Ceci pour dire que tout tend à l’unité : même les choses mal construites nous font comprendre que oui, il faut bâtir une fraternité universelle, mais en Dieu. Oui, il nous faut y revenir, nous devons vivre sur cette planète, nous ne devons pas la détruire ; mais rappelons-nous que Dieu existe. […] Ceci pour dire qu’il y a une impulsion – même à travers des facteurs négatifs -, qui fait tout tendre à l’unité, qui nous contraint à ‘’être un’’, comme le problème écologique, par exemple, qui nous oblige à bâtir une fraternité différente […] Voyez tous les événements, surtout les événements douloureux qui sont plus difficiles à interpréter, ils doivent être compris de deux manières. […] : ils sont tels qu’ils sont car matériellement, ils sont ainsi ; mais ils ont en eux quelque chose, ils ont l’action de Dieu, la Providence de Dieu, qui les transforme, comme par une alchimie et les transforme en « carburant » pour notre vie spirituelle. La croix était nécessaire pour nous racheter, cette souffrance (…), ce cri : « Mon Dieu, pourquoi m’as-tu abandonné ? », était nécessaire pour nous racheter. Notre souffrance aussi est nécessaire pour arriver à créer un monde nouveau, pour changer le monde, pour transformer les personnes et les créatures. Il faut endurer, il faut souffrir.
Chiara Lubich
(Chiara Lubich, Réponses aux questions des animateurs des Jeunes pour un Monde Uni, Castel Gandolfo, 4 mars 1989)
25 Nov 2021 | Non classifié(e)
Le témoignage de deux parents du nord du Pérou, sur la façon dont ils ont fait face à la maladie de leur fille, soutenus par l’amour de Dieu et par une grande famille acquise. « Nous étions en train de dîner quand je me suis rendu compte que notre plus jeune fille avait une grosse boule dans la gorge », raconte Marisela, la maman. Le médecin l’a examinée et l’échographie a révélé une tumeur de 5 cm. Il nous a conseillé d’aller chez l’endocrinologue pour en savoir plus. Le spécialiste a demandé une biopsie, qui a malheureusement confirmé la présence d’une tumeur maligne avec des métastases. Une intervention immédiate était nécessaire. C’était une nouvelle très forte à laquelle aucun de nous ne s’attendait. En rentrant chez moi, je me suis enfermée dans la salle de bains pour me défouler et, en pleurant, j’ai demandé à Dieu le pourquoi de cette souffrance ». « J’ai été très éprouvé, de plus, l’opération était très chère », poursuit Luis, le père, « mais j’ai essayé d’éviter la préoccupation des soucis financiers à Marisela. Nous allions demander un prêt pour que l’opération se fasse à Lima, la capitale, mais où loger le temps que prendraient l’opération et la convalescence ? Nous avons pris contact avec les responsables du Mouvement des Focolari, dont nous faisons part. Notre Centre était déjà occupé par quelques familles vénézuéliennes qui avaient immigré au Pérou en raison de la situation difficile dans leur pays, mais un religieux du Mouvement offrait un logement aux invités de la congrégation à ce moment-là, et en étant accueillis, nous avons vraiment ressenti la proximité de Dieu. À Lima, le spécialiste des néoplasmes a ordonné une seconde biopsie et d’autres tests par sécurité, mais ce dernier espoir s’est également éteint et le diagnostic a été confirmé. Notre fille a éclaté en sanglots et le médecin l’a consolée, lui assurant que tout irait bien ». « La communauté de Lima, raconte Marisela, a fait de son mieux pour rassembler et mettre à notre disposition une somme d’argent qui a suffi à couvrir le coût de l’opération, tandis que la tombola organisée par notre fille aînée a couvert d’autres dépenses. La veille de l’opération, le père Nacho nous a rendu visite, a donné à notre fille l’onction des malades et nous a accompagnés à la clinique. Pendant l’opération, une armée de personnes a prié pour le succès de l’opération. Et ce fut le cas ! » « Le médecin a ensuite décidé qu’une thérapie à l’iode serait nécessaire », explique Luis, « et même cela était trop cher pour nous ! Mais la foi déplace les montagnes et guérit les malades, nous nous sommes dit. Le médecin nous a aidés à inscrire notre fille dans le SIS (système de santé intégral) et lorsque nous avons vérifié ses données, elle était déjà inscrite. Quelqu’un, que nous ne connaissions pas, payait son assurance médicale depuis trois mois. C’était une surprise pour nous ! Elle a donc subi tous les examens gratuitement et a reçu le traitement nécessaire ». Une fois de plus, conclut Marisela, nous avons vu le pouvoir de la prière et aujourd’hui nous sommes très reconnaissants à cette grande famille du Mouvement des Focolari pour l’amour exprimé de mille manières et pour ne pas nous avoir laissés seuls dans ce moment très difficile.
Recueillis par Gustavo E. Clariá