Mouvement des Focolari

Chiara Lubich : À Dieu par le frère

Dans sa première lettre, Jean déclare : « Celui qui n’aime pas son frère qu’il voit, ne peut pas aimer Dieu qu’il ne voit pas » (1 Jn 4, 20). Dans ce passage, Chiara Lubich réfléchit sur comment l’amour pour chaque prochain, frère ou sœur, que nous rencontrons est un passage obligé pour aller vers Dieu, pour expérimenter l’union à Lui. (…) Il y a un moyen typiquement nôtre pour être certains d’avancer sur une voie droite, qui porte de façon sûre au but, à Dieu. Cette voie comporte un passage obligé qui est notre frère. Élançons-nous à nouveau pour aimer chaque frère que nous rencontrons pendant la journée. Ravivons dans nos cœurs le désir le plus ardent et le plus louable que Dieu veut sûrement : le désir d’aimer chaque prochain, en nous faisant un avec Lui en tout, avec un amour désintéressé et sans limites. (…) L’amour ravivera relations et personnes, et ne permettra pas aux désirs égoïstes de surgir, au contraire, il en sera le meilleur antidote. (…) Nous pourrons préparer ainsi, comme un don pour Jésus, nos fruits riches et savoureux, et nos cœurs brûlés, consumés par l’amour. Le mot d’ordre qui pourra nous rappeler cette résolution pourra être : à Dieu par le frère !

Chiara Lubich

(Chiara Lubich, Conversazioni, Città Nuova, 2019,À)

Chiara Lubich : l’authenticité des disciples du Christ

La Parole de Vie du mois de mai 2022 nous propose de mettre en œuvre le Commandement nouveau de Jésus : l’amour réciproque. Regarder au-delà des différences – si accentuées ces temps-ci – afin de créer donner vie à de véritables communautés qui révèlent la grande nouveauté de l’Évangile Comme tu le sais peut-être, Jésus est présent dans les sacrements : dans l’Eucharistie par exemple, Jésus est là. Mais il est aussi présent là où se vit l’amour réciproque. Il dit en effet : « Là où deux ou trois se trouvent réunis en mon nom – ce que l’amour mutuel rend possible -, je suis au milieu d’eux[1]. » Par conséquent lorsque la vie profonde d’une communauté est fondée sur l’amour réciproque, Jésus peut rester présent efficacement. Il peut continuer, à travers la communauté, à se révéler au monde et à exercer son influence sur lui. C’est formidable et donne aussitôt le désir de vivre cet amour avec nos proches, les chrétiens. Jean, […] voit dans l’amour réciproque le commandement par excellence de l’Église dont la vocation est précisément d’être communion, d’être unité. […] Si tu veux trouver la vraie marque d’authenticité des disciples du Christ, si tu veux connaître leur signe distinctif, c’est dans l’amour réciproque vécu qu’il faut les découvrir. C’est par cette caractéristique que l’on reconnaît les chrétiens. Si elle manque, le monde ne découvrira pas la présence de Jésus dans l’Église. […] L’amour mutuel engendre l’unité. Mais que fait l’unité ? « Que tous soient un – dit encore Jésus – , afin que le monde croie[2] …» L’unité, en révélant la présence du Christ, entraîne le monde à sa suite. Le monde, confronté à l’unité, à l’amour mutuel, se met à croire en lui. […]

Chiara Lubich

(Chiara Lubich, in Parole di Vita, Città Nuova, 2017, p. 171. [1]Mt 18,20. [2] Jn 17, 21.

Une vocation au service du dialogue

Le 30 avril 1982, 7000 prêtres, religieux et séminaristes du monde entier, unis par la spiritualité de l’unité, se sont réunis à Rome pour l’événement « Le prêtre aujourd’hui, le religieux aujourd’hui ». Souvenir de ce jour, 40 ans plus tard. Des prêtres qui se sentent appelés à être avant tout des témoins de l’Évangile et des hommes de dialogue ; des religieux qui ont trouvé dans la spiritualité du mouvement des Focolari un aiguillon pour incarner plus pleinement le charisme de leurs fondateurs ; des séminaristes qui ont compris qu’ils veulent choisir Dieu et confirmer leur appel. Telles ont été les expériences de nombreux participants au Congrès international intitulé « Le prêtre aujourd’hui, le religieux aujourd’hui », qui s’est tenu le 30 avril 1982 dans l’Aula Nervi au Vatican. Un rendez-vous qui a vu la participation d’environ 7000 personnes et qui, à travers des témoignages provenant de toutes les parties du monde, a mis en évidence les fruits de la rencontre du charisme de l’unité avec les ministres de l’Église catholique et des autres Églises et le renouveau apporté à de nombreuses communautés religieuses. Chiara Lubich, dans son exposé ce jour-là, a souligné les deux points centraux de cette expérience : Jésus crucifié et abandonné comme modèle du prêtre et du religieux ; l’amour réciproque et l’unité comme style et finalité de leur mission. Être des hommes de « dialogue ». C’est le mandat qui, déjà à l’époque, résumait le désir d’une Église sortante, comme le montrent les paroles de la fondatrice des Focolari, qui sont plus actuelles que jamais : « Jamais autant qu’aujourd’hui où l’Église doit regarder hors d’elle-même vers tous les chrétiens, vers ceux qui croient différemment et vers ceux qui ne croient pas, vient en lumière ce que certains appellent le mandat missionnaire du quatrième Évangile. Jean le donne en ces termes : « A ceci, tous vous reconnaîtront pour mes disciples : à l’amour que vous aurez les uns pour les autres ». (…) Aujourd’hui, les chrétiens sont appelés à évangéliser de cette manière aussi : en s’aimant les uns les autres et en présentant aux autres l’expérience de leur nouvelle vie. Elle ne peut manquer de toucher, d’étonner et de questionner. Et ainsi le dialogue s’épanouit. Ce jour-là, le Saint-Père Jean-Paul II a présidé « la plus grande concélébration depuis l’institution de l’Eucharistie », selon les termes de L’Osservatore Romano. Ce fut un moment de joie et de partage, une occasion de faire le bilan, un point de départ pour de nouveaux développements. Aujourd’hui, 40 ans plus tard, nous écoutons les témoignages de certains des participants.

Aux bons soins de Maria Grazia Berretta

  https://youtu.be/YPKlI4cujxU  

Universités en réseau : Sophia dans le monde

Universités en réseau : Sophia dans le monde

Élargir les horizons de la connaissance. Du 27 mars au 2 avril, en Colombie, la rencontre « Université, savoir et sagesse : une perspective pour l’Amérique latine ». Un siège latino-américain pour Sophia. Ouverture et progressivité. Tels étaient les principes directeurs de la réunion « Université, savoir et sagesse : une perspective pour l’Amérique latine ». Organisé à Tocancipá, en Colombie, du 27 mars au 2 avril, l’événement a réuni le recteur de l’Institut Universitaire Sophia, Giuseppe Argiolas, et la Commission Transdisciplinaire et Interculturelle qui travaille depuis plus de dix ans à jeter les bases de la future branche latino-américaine de l’université. Étaient également présents Francisco Canzani et Renata Simon, représentant le Conseil général du mouvement des Focolari. Au centre des réflexions se trouvaient les orientations de la Congrégation pour l’Éducation Catholique pour la réalisation d’un projet sans précédent dans l’histoire des universités pontificales : les unités individuelles de l’Institut Universitaire Sophia, même si elles sont ouvertes sur d’autres continents, feront partie d’une seule université globale dont le siège sera à Loppiano (Florence, Italie). Si le projet Sophia ALC (Amérique latine et Caraïbes) est approuvé, il constituera la première étape de la construction de cette « université en réseau » et se déclinera dans trois contextes distincts : en Argentine, le projet prévoit l’offre d’un master « Écologie intégrale et inter culturalisme » selon une modalité hybride (en personne et en ligne) ; au Brésil, un cours diplômant en présence en « Pédagogie avec une adresse en Humanisme intégral » ; au Mexique, des cours d’extension universitaire ( surtout en ligne). Pendant les six jours de la rencontre, les membres de la commission ont travaillé intensément pour trouver des solutions pour la mise en œuvre progressive de ce projet complexe, dans ses différents aspects : de l’adéquation aux normes ecclésiales à l’adaptation à la législation locale ; de la durabilité économique aux stratégies de collecte de fonds et de diffusion ; des infrastructures aux programmes d’études. Enfin, une certitude : le moment est venu d’élargir encore davantage les horizons de l’expérience d’unité dans la diversité construite jusqu’à présent par les membres de la commission locale Sophia ALC, provenant de pays tels que l’Argentine, le Brésil, la Colombie, le Costa Rica, le Mexique et l’Uruguay, et de disciplines telles que l’économie, l’administration, la théologie, la philosophie, l’histoire, le droit, la pédagogie, la sociologie et la communication. L’avenir du projet dépend de l’approfondissement du dialogue déjà intense avec le Recteur et le corps enseignant de Sophia, avec les Responsables du mouvement des Focolari et surtout avec la Congrégation pour l’Éducation Catholique, qui indique les voies par lesquelles le rêve de Chiara Lubich peut être progressivement réalisé désormais sur le continent latino-américain.

Daniel Fassa

#DARETOCARE : Semaine Monde Uni 2022

#DARETOCARE : Semaine Monde Uni 2022

 « Oser prendre soin » sera à nouveau le thème central de la prochaine Semaine Monde Uni, du 1er au 8 mai 2022. Une occasion à ne pas manquer pour les grandes régions et les territoires. Nous y sommes presque ! Dans quelques jours ce sera la Semaine Monde Uni 2022, qui, cette année encore, impliquera des milliers de personnes de tous âges, toutes origines, races et croyances à travers le monde. Souvent, à propos de cet événement, nous viennent immédiatement à l’esprit les jeunes, les grands rassemblements et les « manifestations ». Mais la Semaine Monde Uni est bien plus que cela, car elle ne concerne pas seulement les jeunes. Tout au long de l’année, il y a une richesse de vie, qui voit les différentes générations du mouvement des Focolari, associées à d’autres groupes, agir tous ensemble pour la fraternité universelle. Les Jeunes pour un Monde Uni ont proposé, il y a près de 27 ans, de consacrer une semaine par an pour impliquer plus activement l’opinion publique dans le cheminement vers un Monde Uni. Je me souviens qu’en mai 1995, au cours du Genfest, on essayait de comprendre le sens de cette proposition et comment agir à l’avenir. La réponse est venue quelques semaines après et, comme toujours, elle s’est clarifiée en l’incarnant. L’invitation était et reste très précise car depuis la première SMU en 1996 jusqu’à la dernière en 2021, 25 ans d’histoire l’ont confirmée : il s’agit avant tout d’approfondir et de donner une continuité à toutes les activités que les communautés des Focolari réalisent avec courage et parfois même sans bruit, pour soutenir le chemin vers l’unité dans les contextes les plus divers (dans les quartiers, dans les écoles, sur les lieux de travail, dans les situations de fragilité et de détresse) en faisant une proposition aux villes, aux institutions, aux médias, pour promouvoir l’unité et la paix à tous les niveaux, et avec toutes les personnes animées par les mêmes principes et objectifs. Les jeunes n’agissent pas seuls, mais avec le concours de tous, y compris des adultes, avec l’implication des familles, des professionnels, des acteurs sociaux, des politiques… tous unis par les valeurs de la fraternité universelle. Ensemble et de manière inclusive, grâce à des actions de grande envergure qui modifient le tissu social et l’améliorent, nous pouvons avoir un plus grand impact sur l’opinion publique mondiale. David Sassoli (1956-2022), l’ancien président du Parlement européen récemment décédé, s’était adressé ainsi aux Jeunes pour un Monde Uni à l’occasion de la Semaine Monde Uni 2021 : « Je crois que c’est un travail de pédagogie citoyenne qui d’une certaine manière doit nous concerner, il nous concerne nous les politiques, nous les institutions mais aussi bien sûr tout le tissu associatif européen qui est très important. Je crois que vous êtes tout particulièrement dans une position privilégiée, car vous avez déjà compris qu’il est non seulement important de prendre soin des autres, mais aussi de prendre soin d’améliorer les conditions de vie des autres. » Tel est le « soin » dont le monde a besoin et, en cette année très spéciale, n’a pas manqué d’être vécu sur tous les continents. « Oser prendre soin des autres est un acte de courage », affirme Jomery Nery, un jeune avocat fiscaliste brésilien qui est aussi le directeur des projets de l’Anpecom (Association nationale pour une économie de communion.) L’ Anpecom est à l’origine d’une initiative appelée Supera (Programme for Overcoming Economic Vulnerability). Jomery le décrit comme suit : « Tout au long de l’année, nous recevons des messages, des courriels, des communications de personnes qui ont besoin d’aide pour manger, pour construire une maison parce qu’elles vivent dans un logement très précaire, pour payer un loyer, pour étudier ou pour créer une entreprise. Supera est une campagne visant à collecter de l’argent, qui est ensuite utilisé pour aider les personnes dans le besoin. » Une façon de prendre soin de contextes et de situations fragiles. Mais Belfast, la capitale de l’Irlande du Nord, ne ménage pas moins ses forces car depuis quatre ans, la ville accueille une initiative que nous pourrions définir comme à la fois écologique et sociale et qui se déroule de la même manière dans d’autres parties du monde : il s’agit du Repair Café, où des bénévoles se mettent à la disposition des personnes qui apportent leurs objets cassés pour les faire réparer et passent entre-temps une agréable matinée ensemble. Le Repair Café est une véritable expérience, tant pour les bénévoles qui réparent que pour les personnes qui décident de prendre de leur temps pour leur apporter un objet abîmé plutôt que de le jeter. Les motivations de ce choix sont les plus diverses, ce peut être aussi bien le souci du changement climatique que le désir de voir à nouveau un objet familier en usage. Avec ce prétexte des relations et des liens se tissent, et on trouve plus de force pour faire face aux défis quotidiens. À Lecce, en Italie, une communauté composée de familles, de jeunes, de professionnels et d’artistes, ainsi que des associations et de la paroisse, travaille au réaménagement d’un quartier de banlieue, difficile et triste à bien des égards. « La première idée était de rendre le mur de l’oratoire plus joyeux et coloré – explique Don Gerardo – d’où l’idée de la première peinture murale, qui a également été appréciée par la population» Peu à peu, grâce au bouche-à-oreille et aux jeunes écrivains de la région, des artistes du monde entier sont arrivés pour embellir les bâtiments du quartier du Stadio, et avec eux des photographes, des touristes et des administrateurs locaux, attirés par les véritables œuvres d’art que représentent ces peintures murales. Voilà qui résulte d’une fraternité créée entre les artistes et les habitants du quartier et qui a déclenché un changement vertueux dont chacun se sent partie prenante : un véritable projet d’aide aux plus faibles, qui a aussi comporté des actions en faveur de l’emploi et du réaménagement environnemental et social. Ce sont des histoires comme celles-ci qui donnent une âme à la Semaine Monde Uni : ces communautés de personnes actives se mobilisent et, du 1er au 7 mai 2022, trouveront, à travers  # Dare to Care (Oser prendre soin) une vitrine dans de nombreux rendez-vous, virtuels et présentiels, dispersés dans le monde, une façon de recueillir et mettre en valeur la vie qui existe un peu partout: « Oser prendre soin », voilà un titre de grande actualité qui fait écho aux paroles que Chiara Lubich a adressées en 2002 à la Semaine Monde Uni: « C’est toujours une occasion un peu spéciale. C’est l’une des initiatives les plus conformes au charisme. »

Paolo Balduzzi