Mouvement des Focolari

Vivre bien le moment présent

Chiara Lubich parle du moment présent : en vivant bien chaque moment, nous pouvons prendre d’excellentes habitudes, notre charité, l’amour réciproque et l’union à Dieu grandissent, et l’âme est remplie de sérénité, de paix et de joie tout au long de la journée. […] Voici deux ans que nous sommes tous engagés à vivre l’instant présent, tout en le modulant selon le « mot du jour ». […] Eh bien, nous avons observé que cette façon de vivre, si elle est fidèle et intense, a pour effet de nous faire acquérir d’excellentes habitudes que nous n’avions pas auparavant. En voici quelques exemples. Il devient habituel, par exemple, d’offrir à Jésus les actes que nous accomplissons en lui disant : « Pour toi », ce qui transforme notre journée en une prière ininterrompue. En vivant l’instant présent, en effet, nous recevons une grâce actuelle qui nous rappelle de dire avant chaque action : « Pour toi. » Une autre chose : lorsque des tentations nous assaillent, nous savons nous en défendre beaucoup plus vite qu’avant.[…] Nous donnons leur juste place aux actions que nous devons accomplir, sans vouloir les anticiper si elles sont agréables ni les renvoyer à plus tard quand elles sont pénibles, ce qui se passe souvent. Ou  encore :  des paroles  d’encouragement, d’estime,  de  louange,  jaillissent  spontanément  de notre cœur envers les frères avec qui nous vivons ou envers ceux que nous rencontrons d’une manière ou d’une autre, par téléphone, par les lettres que nous leur adressons, en préparant des discours pour eux, des enseignements, etc. Et, de plus en plus fréquemment, nous voyons Jésus en eux.   Comme   notre   charité   grandit,   devient   toujours   plus   délicate,   notre   union   à   Dieu s’approfondit. Un autre effet : nous n’oublions pas de saluer ni d’adorer Jésus chaque fois que nous passons près de lui présent dans le tabernacle, ou chaque fois qu’un crucifix ou une image nous le rappelle. […] Nous nous rendons compte que nous parvenons à demeurer plus facilement toute la journée dans l’amour réciproque. Pour les chrétiens que nous sommes, c’est capital. En effet, l’Écriture affirme que le commandement nouveau fait de nous des chrétiens accomplis : « Si nous nous aimons les uns les autres, dit Jean, Dieu demeure en nous et son amour en nous est accompli » (1 Jn 4,12). Auparavant, il faut en convenir, malgré notre bonne volonté, la charité réciproque connaissait des hauts et des bas, avec des reprises certes, mais aussi des interruptions. Devenus plus parfaits dans les petites choses, nous sommes mieux à même d’accomplir les grandes. Tout au long du jour, nous sommes dans la sérénité, la paix et la joie. Ces habitudes acquises développent en nous les vertus. Et c’est précisément une bonne récolte de vertus […]. Puisque nous trouvons tout cela en nous, et davantage encore, si nous vivons avec persévérance l’instant présent, il faut en conclure que nous sommes sur la bonne voie. […]

Chiara Lubich

(d’une conférence téléphonique, Castel Gandolfo 23 octobre 2003) Extrait de : Chiara Lubich, Conversazioni in collegamento telefonico, Città Nuova Ed., 2019, pag. 661.  

Semaine Laudato Si’ 2021

Semaine Laudato Si’ 2021

Du 16 au 25 mai 2021, l’événement verra la participation de plus d’ un milliard de personnes à travers le monde pour témoigner que l’on peut encore faire quelque chose pour la planète. Le 9 mai, en conclusion de la Semaine Monde Uni, les Jeunes pour un Monde Uni du Mouvement des Focolari ont lancé une nouvelle action pour l’année à venir 2021-2022 : #daretocare pour les personnes et pour la planète, en proposant une « conversion écologique » à travers des initiatives qui peuvent impliquer des associations, des organisations, des institutions, mais aussi à travers nos simples gestes quotidiens, pour briser la logique de violence, d’exploitation, d’égoïsme, typique de la culture du gaspillage. Le Mouvement des Focolari est un partenaire du Mouvement Catholique Global pour le Climat et collabore avec des associations, des organisations, des institutions, des mouvements de différentes Églises et avec diverses religions et cultures pour le soin de la planète. Un réseau mondial de personnes qui ont à cœur de prendre soin de la planète. L’année dernière, le pape François avait lancé la Semaine Laudato Si’ à l’occasion de la cinquième année de l’encyclique sur l’environnement. A la fin, François a appelé l’Année spéciale Laudato Si’ à approfondir l’encyclique sur l’écologie, en donnant rendez-vous à la prochaine « Semaine Laudato Si’ » du 16 au 25 mai 2021, qui coïncide avec le sixième anniversaire (24 mai) de l’encyclique. L’événement est organisé par le Dicastère pour le Service du Développement Humain et Intégral avec Renova, CIDSE, Caritas International, les Jésuites – Compagnie de Jésus, Union Internationale des Supérieurs Généraux, JPIC – Curie Générale des Franciscains OFM, Union des Supérieurs Généraux. U.S.G. et facilité par le Mouvement Catholique Mondial pour le Climat en collaboration avec environ 150 organisations catholiques dont les Focolari. L’objectif est de susciter une conversion écologique, principalement par le dialogue. Il y aura également un événement au cours duquel seront présentés des témoignages de chefs religieux de pays du monde entier, notamment ceux qui ont été dévastés par la pandémie de la COVID-19, comme l’Inde, les États-Unis et les Philippines. La « Semaine Laudato Si’ » servira également à planifier d’autres actions en vue de la Conférence des Nations unies sur la Biodiversité (COP15), de la 26e Conférence des Nations Unies sur le Changement Climatique (COP26), et pour la décennie à venir. La « Semaine Laudato Si’ » aura un riche programme d’actions, de webinaires et de témoignages pour dialoguer, échanger des opinions, proposer des actions concrètes pour la planète. Le thème est « Car nous savons que les choses peuvent changer » (Laudato Si’ 13), pour souligner l’espoir dans le monde que quelque chose peut encore être fait pour renverser la situation. La Semaine mettra également en évidence l’impact transformateur de « Laudato Si’ » sur l’éducation mondiale et comprendra le festival « Chants pour la Création », la journée mondiale d’action et le lancement de la Plate-forme d’ initiatives « Laudato Si’ ». Tous les événements mondiaux seront traduits simultanément en anglais, espagnol, italien, portugais, polonais et français. Des dirigeants de diverses religions du monde entier, des orateurs et des auteurs de renommée mondiale et plus d’un milliard de personnes se réuniront pour célébrer également la conclusion de l’Année Spéciale Laudato Si’ dans le courant du mois. « À l’heure où le cri de la terre et celui des pauvres s’intensifient, la semaine Laudato Si’ est l’occasion idéale de prendre soin de notre maison commune », déclare Tomás Insua, Directeur Exécutif du Mouvement Catholique Mondial pour le Climat. Le temps presse. Chacun est invité et souhaité à participer à la célébration et à l’action, par le biais d’activités locales, d’événements en ligne et plus encore ».

Lorenzo Russo

La perte auditive et une nouvelle aventure musicale

La perte auditive et une nouvelle aventure musicale

Pour Oscar, qui est passionné de chant et de musique, il a été difficile d’accepter la nouvelle qu’il risquait de devenir sourd. Mais avec l’aide des jeunes des Focolari en Bolivie, une nouvelle aventure a commencé qui l’a aidé à surmonter cette difficulté. En 2014, j’ai traversé une période très difficile, au point de penser au suicide. Tout a commencé un matin où je me suis réveillé avec un fort bourdonnement dans ma tête. Au fil des jours, le bourdonnement est devenu insupportable. Est-ce que je devenais fou ? Un jour où je ne supportais plus le bruit, je suis allé aux urgences. Le médecin ORL m’a expliqué que le bourdonnement resterait pour toujours, ou plutôt, que je deviendrais sourd….. C’était très dur pour moi ! J’ai essayé de faire face à la situation de manière décisive mais, parfois, le désespoir semblait l’emporter. J’ai demandé de l’aide à la communauté des Focolari et je crois que ce sont leurs prières qui m’ont sauvé. Un après-midi, j’ai pu accepter cette situation et j’ai trouvé la force de continuer. Continuer à se battre pour Carminia, ma femme et nos 6 enfants est devenu un défi de taille. J’ai commencé à m’habituer au bourdonnement et, en pensant à Jésus abandonné, je me suis vu comme semblable à Lui, proche de Lui. Chaque matin, je le saluais avec un « Salut, Jésus ». Cette époque a été magnifique. Cela peut paraître étrange, mais c’est précisément dans cette douleur que j’ai ressenti le plus la présence de Dieu ! Après de nombreuses consultations médicales et les nombreux médicaments que j’ai pris, j’ai trouvé une certaine paix, mais le bourdonnement a continué à m’accompagner. Un soir, j’ai pensé : le temps viendra où je ne pourrai plus chanter ou jouer de la musique… C’était difficile à accepter, mais j’ai dit un autre « oui » à Dieu, même si j’ai posé quelques conditions : « J’accepte que je ne chante plus sur cette terre, mais je demande à faire partie de Ta chorale au Paradis ». Nous vivions à El Alto (La Paz, capitale de la Bolivie), à une altitude de 4 150 mètres ! Les médecins m’ont conseillé de déménager dans une ville en plus basse altitude. En 2015, nous avons déménagé à Cochabamba (2 500 mètres) et la communauté locale du Mouvement nous a accueillis à bras ouverts. Ce fut l’occasion de faire plus ample connaissance avec les jeunes garçons et filles Gen, avec les jeunes des Focolari et, avec eux, commença une aventure musicale que je n’aurais jamais imaginée. Moi qui avais déjà abandonné mon rêve de continuer à chanter, je me suis retrouvé au milieu de l’énergie et de la vie des Gen exprimées par la musique. Un jeune m’a suggéré d’organiser un groupe de musique. J’étais heureux, mais inquiet pour mon audition, qui ne fonctionnait déjà plus aussi bien qu’avant. Mais la vitalité des Gen, mon expérience avec des groupes musicaux de jeunes, ainsi que les instruments que nous avions dans notre famille, car 4 de nos enfants sont musiciens, m’ont convaincu. Un jour, nous avons reçu une batterie en cadeau et c’était une grande fête. Les jeunes étaient pleins de talents : l’un chantait bien, l’autre jouait des instruments avec passion, l’un était un génie en informatique et un autre en son… Nous avons donc participé à 6 événements organisés par le Mouvement des Focolari. Quel bonheur de voir les jeunes si heureux et les adultes pris par la contagion de leur vitalité ! Dieu, finalement, ne s’est pas laissé vaincre en bonté, car j’ai pu continuer à chanter et je continue à le faire.

Óscar Condori (Bolivie)

Inde, la solidarité dans l’épreuve

Inde, la solidarité dans l’épreuve

Du partage de biens matériels à l’offre d’un soutien spirituel et émotionnel, tous les efforts semblent être une goutte d’eau dans le vaste océan de la tragédie du Covid-19 en Inde. Pourtant, les communautés locales continuent de lutter dans la foi en Dieu et dans la confiance réciproque.  « Cela fait exactement une semaine que nous avons été testés positifs. Nous ne recherchons aucune information sur Internet et nous ne nous permettons pas de regarder le téléjournal ou de nous plaindre de quoi que ce soit. Nous prenons les choses au jour le jour, en nous améliorant. Vos prières, messages, souhaits et votre nourriture pleine de chaleur ont continué à nous donner de la force et nous pouvons sentir la proximité et le soutien de chacun d’entre vous. Nous continuons à offrir notre gratitude pour les plus petites bénédictions qui nous ont été données ». Ce message WhatsApp diffusé par une famille de la communauté des Focolari à Mumbai a été un rayon d’espoir et de courage en ces temps sombres. Il ne se passe pas un jour sans que l’on apprenne le décès de collègues, d’amis et parfois de membres de la famille. Cela s’ajoute aux rappels constants, dans tous les médias, de l’effondrement des systèmes et de l’incapacité des familles à honorer leurs proches malades ou défunts ». Avec une population de 1,3 milliard d’habitants, on s’attendait à un taux élevé de cas en Inde. Pendant une année entière, jusqu’en avril dernier, le pays a réussi à endiguer la propagation grâce à diverses mesures, allant du confinement rigide au traçage des contacts et aux vaccinations de masse. Mais actuellement, la situation s’aggrave chaque jour, alors que le virus mute dans diverses régions du pays et que le système de santé publique peine à répondre à la demande sans précédent de médicaments, d’oxygène et de ventilateurs. Pendant la pandémie, la communauté des Focolari a travaillé sans relâche et a relancé une communion de biens à l’échelle nationale pour montrer sa proximité et offrir une aide financière à ceux qui ont perdu leur emploi ou qui ont besoin d’argent pour les provisions quotidiennes. Le projet Udisha des Focolari en Inde a permis d’atteindre près de 80 familles dans certaines communautés à faible revenu de Mumbai, en leur fournissant de la nourriture, des médicaments, en payant leurs frais de scolarité, des livres, le loyer de la maison, les factures d’électricité, etc. Au milieu du déchaînement de la deuxième vague, quelques jeunes continuent leur travail pour le projet #DareToCare en servant des repas cuisinés à domicile aux sans-abri une fois toutes les deux semaines. Dans le but de sauver des vies, une grande partie des efforts et des énergies des communautés des Focolari sont désormais dirigés vers les soins de santé. Lorsque nous avons reçu la demande urgente de l’hôpital Holy Family de Mumbai de concentrateurs d’oxygène pour ses 160 lits du service Covid, la communauté a rapidement trouvé des sponsors pour deux machines et il en cherche maintenant d’autres. Alors que la deuxième vague continue de frapper de plein fouet, les familles des Focolari ont ressenti le besoin de se soutenir plus étroitement et ont commencé à se connecter quotidiennement pour prier ensemble pendant une demi-heure, trouvant un soutien bien nécessaire dans la douleur, le désarroi et la solitude de certains. Comme aux premiers jours du Mouvement, lorsque la communauté de Trente (Italie) a découvert que Dieu est Amour même dans le déchaînement de la Seconde Guerre mondiale, la prière en ligne avec la communauté indienne devient un moyen puissant d’exprimer leur appartenance à une seule famille, tous égaux et unis dans l’amour de Dieu.

Annabel Dsouza de Mumbai, Inde

Ne soyons pas tièdes mais ardents ! 

Notre amour a besoin d’être continuellement vivifié par des actes d’amour toujours plus parfaits, toujours plus sincères. Chiara Lubich compare l’amour du prochain à un feu alimenté par du bois, pour manifester à Dieu et au prochain notre engagement. […] vivre avec plus de conviction notre Idéal, qui peut se résumer entièrement en cela : vivre l’amour réciproque, raffermir notre unité, nous pousser à la porter le plus au large possible. […] Car le feu – et il s’agit de feu – ne se maintient pas s’il n’est pas continuellement alimenté par du bois, de la paille, etc. De même notre amour a besoin d’être continuellement ravivé par des actes d’amour toujours plus parfaits et toujours plus sincères. Ceux qui sont au début de la vie spirituelle ou à mi-chemin ne sont pas les seuls à en avoir besoin. Ceux qui se sont efforcés de pratiquer longuement, pendant des années, la charité, peuvent aussi tomber dans une certaine routine de la charité, qui n’a plus la splendeur ni la chaleur de la flamme, mais diminue lentement et se dissimule toujours plus sous la cendre. C’est ce qui se produit, par exemple, dans notre vie quotidienne, quand, entre frères, nous ne nous déclarons plus spontanément l’unité ou quand nous constatons que notre charité ne produit plus aucun effet, que son rayonnement s’affaiblit toujours plus, que nous sommes peu utiles au Royaume de Dieu et que les fruits diminuent : nous devenons tièdes. C’est pourquoi nous devons nous souvenir de raviver continuellement le feu, de maintenir sans cesse l’amour vivant en nous. Oui, car Dieu n’aime absolument pas les tièdes : « Tu n’es ni froid ni chaud – dit l’Écriture -, que n’es-tu l’un ou l’autre ! Ainsi, puisque te voilà tiède, ni chaud ni froid, je vais te vomir de ma bouche » (Ap 3, 15-16). C’est terrible ! Cela montre l’urgence de recommencer toujours à être « chauds« , à vivre vraiment intensément la charité. […] Alors courage ! Faisons souvent un examen de conscience. Avons-nous jeté du bois sur le feu ? Notre amour est-il quelconque ou ardent ? Avons-nous saisi toutes les occasions pour démontrer à Dieu et au prochain notre ferveur ? S’il en est ainsi, grâce aussi à notre effort, Dieu réalisera toujours plus son et notre projet. […] Rappelons-nous uniquement ces mots : « Ne soyons pas tièdes mais ardents ! »

Chiara Lubich

  (lors d’une conférence téléphonique, Rocca di Papa, 28 février 1991) Extrait de : Chiara Lubich, Conversazioni in collegamento telefonico, Città Nuova Ed., 2019, p. 422.