Mouvement des Focolari

Évangile vécu : « Recherche la paix et poursuis-la ! ».

La Parole de vie de ce mois-ci est une invitation à l’accueil et à la générosité envers tous. Écouter Dernièrement, en raison d’une maladie, j’éprouve des difficultés à parler et pour moi, communiquer est vital! Je ne peux pas faire grand-chose mais je peux accueillir et écouter profondément ceux qui viennent me rendre visite. Parfois, les gens me partagent leurs douleurs et quand ils partent, ils semblent soulagés. Alors je remercie Dieu pour ma condition. (Marisa – Italie) Pullover Mon mari se préparait à partir pour un congrès et avait besoin d’une paire de chaussures et d’un pull. Nous avons réussi à acheter les chaussures, mais nous n’avons plus le temps pour le pull car il nous semblait plus important d’aller à une rencontre d’un groupe de familles où nous partageons nos expériences de l’Evangile vécu. Là, dans le groupe, une dame avait apporté deux pulls pour ceux qui en auraient besoin. À notre grande surprise, en les essayant, ils allaient parfaitement à mon mari. (D.M. – Serbie) Prière Mon mari et moi cherchions un logement pour mon frère qui devait se marier. Les prix et les conditions nous rendaient le choix difficile. Le temps passait et je commençais à m’inquiéter. Comme j’aurais voulu l’aider ! Un jour, notre plus jeune enfant nous a suggéré quelque chose à laquelle nous n’avions pas pensé : demander à Dieu ce qui nous tenait tant à cœur. C’est ce que nous avons fait. Quelques heures plus tard, mon frère m’appelait, tout heureux : il avait trouvé le bon appartement ! (M. N. – Liban)

Au Népal pour créer des liens

Au Népal pour créer des liens

Ce qui les pousse à partir pour donner vie à un focolare temporaire, c’est le désir de partager la découverte qui a donné sens et joie à leur vie. Pour que d’autres puissent expérimenter que de vivre la fraternité universelle est la plus belle des aventures. Ce sont des jeunes, adultes et familles, qui en petits groupes partent vers les pays lointains, où les attendent des communautés et des villages pour parcourir ensemble un bout de chemin, et faire l’expérience de l’accueil et de l’échange entre cultures différentes, de se donner à l’autre, et se ‘’faire un ‘’ dans les joies et les souffrances. Car – ils en sont convaincus – l’homme se réalise pleinement en aimant son prochain. Et la fraternité est possible aussi entre des personnes ayant des fois et des convictions différentes :’’Fais à l’autre ce que tu voudrais qu’il te soit fait’’ est la Règle d’or que tous les hommes peuvent faire leur. Ces petits groupes sont ce qu’on appelle les ‘’focolare temporaires’’, traduction itinérante des traditionnels focolare, centres nodaux du Mouvement sur le territoire et cœur battant de la vie dans son intimité. Ces dernières années, ils sont nés par dizaines. Dans le sillage des ‘’pionniers’’ du Mouvement des Focolari, qui à partir des années cinquante furent envoyés par Chiara Lubich sur les différents continents afin de porter le charisme de l’unité. Comme des apôtres modernes. Au Népal, lieu de rencontre entre les populations mongoles de l’Asie, et celles caucasiennes des plaines indiennes, avec une profonde spiritualité qui, en partant du bouddhisme, se trouvent côte à côte, le christianisme et l’hindouisme, un groupe de focolarini a accompli son voyage. Du 20 octobre au 7 novembre, de la capitale Katmandou à Dharan, au sud, et puis plus au nord jusqu’à Pokhara. Surtout en créant des liens. Issus de l’Inde, de l’Italie, de la Grande Bretagne, dès le début, les membres du focolare se sont immergés dans la culture népalaise. A leur arrivée était en cours, le Dashain Hindu festival, le plus grand festival hindou, qui implique le pays tout entier, et ils ont participé au rite de la Tika, recevant la traditionnelle bénédiction. A Daharan, le groupe a été accueilli dans quelques paroisses, ils ont raconté l’histoire du Mouvement et l’engagement pour la fraternité universelle. Grand fut l’enthousiasme des personnes rencontrées et des prêtres. Dans la capitale, deux jeunes népalais qui ont participé au Genfest 2018 de Manille, ont rejoint le groupe et ont partagé leur expérience avec des étudiants d’une école animée par des pères jésuites. A Pokhara, la rencontre avec quelques familles hindoues, pauvres et sans moyens financiers : harmonie et dignité emplissaient ces maisons. Les focolarini ont parlé de l’idéal de l’unité, avant d’être invités à manger ensemble, en écoutant des musiques traditionnelles. Le groupe a ensuite rendu visite à l’Évêque Paul Simick, Vicaire apostolique du Népal, qui a exprimé sa joie de voir leur présence dans le pays et les a invités à rencontrer les prêtres. Un voyage d’enrichissement réciproque, celui-là du Népal, où l’idéal de l’unité a rencontré la culture locale. Un proverbe bouddhiste le décrit d’une manière efficace : Ceux qui ont des pensées ‘’élevées’’, ne sont pas heureux de rester à la même place, mais comme les cygnes, ils quittent leur maison et volent vers une maison plus haute.

Claudia Di Lorenzi

Le présent et l’avenir de Fontem

Depuis des mois, nous suivons avec appréhension l’évolution de la situation de la première cité-pilote africaine. Margaret Long et Etienne Kenfack, au nom de la communauté, nous font le point de la situation. « L’année 2018 a été difficile pour Fontem en raison des affrontements qui se poursuivent dans les régions du nord-ouest et du sud-ouest du pays et qui ne semblent pas s’apaiser. Beaucoup d’habitants ont dû quitter leurs maisons et se sont réfugiés dans la forêt ou dans les villes voisines ; le collège est fermé depuis un certain temps et l’hôpital fonctionne au ralenti ». « Depuis que nous, focolarini, avons quitté Fontem en octobre dernier – une décision qui n’a pas été facile à prendre mais qui a été prise ensemble dans la certitude que c’était la chose à faire – explique Margaret Long, beaucoup de personnes ont déménagé, surtout des familles qui voulaient donner à leurs enfants la possibilité de fréquenter les écoles et que la cité-pilote ne peut plus offrir en ce moment. Malheureusement, nous ne sommes pas en mesure de dire quand la vie pourra reprendre comme avant. Nous sommes en contact quotidien avec ceux qui sont restés : Aracelis Nkeza et Mbe Tasong Charles ; ils animent la vie de la communauté des Focolari ». « En ce qui concerne l’hôpital – poursuit Etienne Kenfack – la situation actuelle dangereuse ne nous permet pas de garantir la protection et la sécurité des personnes qui y travaillent. Nous avons donc consulté les autorités sanitaires pour comprendre comment poursuivre. Sur base de leurs conseils, nous avons partagé la situation aux employés et nous avons mis fin à la relation de travail conformément à la législation en vigueur au Cameroun. Les membres du personnel qui voulaient continuer le travail l’ont décidé librement, sous leur propre responsabilité personnelle ; la structure continue donc à fournir un service de base minimum à la population ». Interrogée sur l’avenir de la citadelle, Margaret répond, que pour tout le monde, il y a un grand espoir que la vie reprenne et que les gens puissent reprendre une vie normale. « La proximité de ceux qui prient dans le monde entier ou qui nous écrivent nous donne beaucoup de force. » En plus de détruire des vies humaines, des biens matériels et des rêves, le doute pourrait s’installer que le conflit est en train de compromettre également la mission de Fontem en tant que phare d’unité et du dialogue interculturel pour le continent africain, comme l’avait vu Chiara Lubich. Etienne rappelle que depuis le début des années 1960, Chiara comparait la cité-pilote à une lumière qui jaillit de l’amour réciproque vécu par tous : « Aujourd’hui, cinquante ans plus tard, nous avons l’impression que cet amour et la solidarité ont grandi entre tous ; on pourrait même dire qu’ils augmentent dans le danger et la précarité ». Margaret ajoute que la situation a bien changé en Afrique depuis ces débuts : « A l’époque, la spiritualité de l’unité n’était arrivée qu’à Fontem alors qu’aujourd’hui elle a atteint tous les pays du continent. Il y a la cité pilote de Man (la Mariapolis Victoria) en Côte d’Ivoire qui témoigne du dialogue interculturel. Il y a aussi la Mariapolis Piero au Kenya, centre de formation à la spiritualité de l’unité pour tout le continent africain ; de plus, de nombreux focolarini qui étaient à Fontem partent renforcer les autres focolares sur le continent. « Malgré les défis continuels, malgré les incertitudes de chaque jour, malgré l’issue inconnue du conflit, nous sommes sûrs que le plan de Dieu pour Fontem ne s’est pas interrompu ; comme le dit le Pape François, nous ne sommes qu’au début et l’Esprit Saint, qui fait toutes choses nouvelles, fera naître certainement aussi un nouveau Fontem ».

Stefania Tanesini

« Créer l’égalité pour susciter la paix »

A l’occasion de la 52ème Journée Mondiale de la Paix, et pour soutenir le message du Pape « La bonne politique est au service de la paix », nous proposons un extrait de Chiara Lubich de 2002: elle intervient au Colisée (Rome), lors d’une rencontre avec les Juniors pour l’unité du Mouvement des Focolari. Quelle est la clé de la promotion de la paix? Vivre la Règle d’or pour construire une fraternité universelle. https://vimeo.com/148631350 […] La paix. Est-ce d’actualité aujourd’hui ? Oui, tout à fait, et sans doute plus que jamais. En effet, des dizaines de guerres sont en cours sur notre planète, mais il y a plus grave : la paix est menacée de façon plus sournoise qu’avant. […] La situation est donc grave. Dans de telles conditions, les forces humaines ne peuvent suffire à affronter un si grave danger. Il y faut les forces du Bien avec un B majuscule. Or le Bien – vous le savez tous – c’est Dieu lui-même ainsi que tout ce qui prend sa source en Lui : c’est la sphère spirituelle, ce sont les grandes valeurs, l’amour vrai, la prière. […] Mais la paix est aujourd’hui un bien si précieux que nous devons tous, jeunes et adultes – que nous ayons des postes de responsabilité ou soyons de simples citoyens – nous engager à la sauvegarder […] Naturellement, pour savoir comment nous comporter, il faut connaître à fond les causes profondes de la dramatique situation actuelle. Vous savez que la Justice ne règne pas vraiment dans notre monde où des pays riches en côtoient d’autres très pauvres. Dieu a sur l’humanité un projet bien différent : Il désire que tous soient frères, qu’ils soient une seule grande famille autour d’un seul Père. […] Comment rétablir l’égalité, comment susciter une certaine communion des biens ? Les biens ne circulent pas tant que les coeurs ne sont pas mis en branle. Il faut répandre l’amour, l’amour réciproque qui engendre la fraternité. Il faut envahir le monde d’amour ! Et commencer par l’exiger de nous-mêmes. Vous aussi, juniors. Quelques-uns d’entre vous pourraient me demander : l’amour, le fait de nous aimer, estce dans la ligne de ce que nos cultures religieuses nous ont transmis ? Oui, tout à fait. Si vous cherchez dans vos Livres Saints, vous y trouverez certainement ce que l’on appelle la « Règle d’or ». Dans le christianisme, elle s’énonce ainsi : « Fais aux autres ce que tu voudrais qu’on te fasse » (cf. Lc 6,31). Dans le judaïsme : « Ce que tu n’aimes pas, ne le fais à personne » (Tb 4,15). Dans l’Islam : « Aucun de vous n’aura vraiment la foi s’il ne désire pour son prochain ce qu’il désire pour lui-même. »3. Dans l’hindouisme : « Ne fais pas aux autres ce qui te causerait de la souffrance si on te le faisait »4. En d’autres termes, ces phrases veulent toutes dire : respecte et aime ton prochain. Et toi, junior musulman, aime ; et toi, chrétien, aime ; et toi, hindou, aime et vous parviendrez certainement à vous aimer réciproquement. Et étendez cet amour au plus grand nombre. C’est ainsi que se composera une portion de fraternité universelle. […] Aimer : c’est le secret, l’un des secrets de la paix aujourd’hui. Mais il faut aimer d’un amour d’une certaine qualité. Il ne s’agit pas de l’amour qui se limite à la famille ou aux amis, mais d’un amour qui s’adresse à tous, sympathiques ou antipathiques, pauvres ou riches, petits ou grands, compatriotes ou pas, amis ou ennemis. Bref, tous. C’est également un amour qui aime en premier, en prenant l’initiative, sans attendre d’être aimés. Et c’est un amour qui ne s’exprime pas seulement par des mots, mais concrètement, par des faits ; et c’est un amour réciproque. […] Si vous agissez ainsi, si nous agissons tous ainsi, la fraternité universelle s’élargira, la solidarité grandira, les biens seront mieux distribués et un arc-en-ciel de paix resplendira dans le monde, ce monde qui, d’ici quelques années, sera entre vos mains. Chiara Lubich (TÉLÉRÉUNION CH – 5 décembre 2015)

Un travail au-delà de toute espérance

Perdre son travail à l’âge de 53 ans, en ayant trois enfants à charge, pouvait mettre à l’épreuve n’importe qui. Mirco ne s’est pas découragé, il s’est remis aux études et a donné vie à un projet basé sur la danse comme moyen d’unir les personnes et favoriser l’échange des émotions. « Quelqu’un m’a dit :’’Pourquoi ne fais-tu pas un travail de ta passion ?’’. Le défi a commencé ainsi, tout sauf simple : me construire une nouvelle identité en tant que travailleur ». Mirco Castello, né en 1955, aujourd’hui Art Counselor, après la perte du travail (« un bon travail dans le monde du textile et de l’habillement ») et de la mise au chômage, en 2008, il a commencé à faire les comptes d’un budget familial toujours plus précaire. « J’ai essayé d’écouter les conseils qui m’étaient donnés, mais surtout une ‘’voix’’ intérieure qui me suggérait de m’y remettre, depuis de nombreuses années, je pratiquais le mime, j’étais acteur et danseur par passion. J’ai essayé de transformer cette passion en un service rendu aux autres, en particulier, aux enfants. J’ai commencé avec un projet de danse à l’école maternelle et primaire, pour jouer avec la danse et la musique ». La danse – explique une psychologue de l’enfance – a le pouvoir de retrouver une nouvelle harmonie. Mais elle ne suffit pas : pour travailler avec les institutions, une qualification s’impose et donc, Mirco se remet à étudier, il se met au courant des nouveautés dans ce domaine, il obtient un diplôme en Art Counselor et un master en médiation familiale. Il contacte les écoles publiques et privées d’Italie, ouvre un site (www.ledanzedimirco.it), dans lequel il propose des stages pour les enseignants et des rencontres avec les enfants. « Depuis 2008, avec ma famille, nous vivons ‘’à la limite’’, en espérant toujours qu’une dépense imprévue ne nous tombe pas dessus. Mais je peux dire que rien ne nous a jamais manqué. En profonde unité avec ma femme et avec les amis de la communauté des Focolari à laquelle j’adhère et qui me soutiennent, je me suis fié à Dieu. Lui me montre les pas à faire et avec mon travail, je peux témoigner qu’Il m’aime et ne m’abandonne pas. Je le considère comme mon nouvel employeur ». Actuellement, Mirco mène un projet qui implique deux mille enfants par an, non seulement en Italie mais aussi en Europe : «  Avec la musique, je joue avec les enfants et je me rends tout de suite compte de leurs gênes. Combien souffrent-ils, les enfants d’aujourd’hui! Il leur manque les valeurs, les règles, l’autonomie, ou vivent des situations de séparation ou de conflit entre les parents ». Avec sa femme, Mirco porte de l’avant aussi un projet pour les adultes. « Nous parlons de franchise, de confiance en soi, de compréhension, de pardon ». « Et tu connais la chose la plus belle ? Cela fait dix ans que nous n’allons plus en vacances parce qu’on ne peut pas se le permettre et maintenant, on nous a offert un voyage au Kenya en janvier, pour rencontrer des enfants de deux écoles et d’un orphelinat et un autre en Russie. Comment ne pas percevoir dans tout cela, l’amour de mon nouvel employeur ? ».

Chiara Favotti