Mouvement des Focolari

Rome, le 20 mars 1983 : « Vers une humanité nouvelle »

Très Saint- Père, (…) Les volontaires hommes et femmes sont l’ame du “Mouvement Humanité Nouvelle”. Leur vocation est de se donner totalement à Dieu, tout en n’ayant aucune consécration particulière. Plongés dans le monde, lieu privilégié de leur rayonnement, ils vivent l’Evangile à l’exemple des premières communautés chrétiennes avec lesquelles ils désirent rivaliser en ce siècle, étant un seul coeur et une seule âme, avec pour conséquence la communion des biens spirituels et matériels. Dans notre monde glacé par le matérialisme et par la société de consommation, appauvri et dévié par l’hédonisme, la violence et tous les maux existants, les volontaires tâchent de porter le feu, la lumière et la force, richesse du Ressuscité. Ils s’efforcent donc de Le faire resplendir en eux-mêmes: étreignant les croix de chaque jour, et s’engagent à engendrer, par l’unité la plus profonde entre eux, Sa présence dans les maisons, les hôpitaux, les écoles, les parlements, les usines, partout, afin que les différents “mondes” puissent être éclairés, guidés et soutenus par Lui, dans le cheminement vers le renouvellement (…). Chiara Lubich

« La fraternité en politique »

« La fraternité en politique »

Vidéo en italien

C’était en mai 2001. Un groupe de parlementaires slovaques se retrouve pour réfléchir sur la fraternité. Chiara Lubich leur parle d’une prise de conscience, afin que la fraternité puisse devenir un point de rencontre authentique entre tous, dans la méthode comme dans les contenus, en racontant quelques épisodes qui impliquent aussi les représentants politiques.

« Ceux d’entre nous qui avaient des références religieuses la voyaient comme une expression à réaliser en politique, de l’expérience de se découvrir tous fils de Dieu et donc frères entre nous. Ceux qui se tournaient vers la laïcité, comme on dit aujourd’hui, se référaient au projet de la modernité, politiquement exprimé entre ombres et lumières par la révolution française – liberté, égalité, fraternité –, et la captaient dans les racines profondes de chaque être humain, même si, parmi ces objectifs, la fraternité était restée la moins suivie dans l’application.   (…)

Parce que la fraternité offre des possibilités surprenantes. Elle permet, par exemple, de comprendre et partager aussi le point de vue de l’autre, si bien qu’aucun intérêt, aucune exigence ne restent de côté. La fraternité permet de garder ensemble et de valoriser des expériences humaines qui risquent, autrement, de se développer en des conflits insolubles. La fraternité harmonise les expériences d’autonomies locales nées à nouveau, des jeunes citoyens qui contribuent beaucoup à la maturation de la démocratie, avec un sens de pleine appartenance à la patrie. (…) Elle consolide la conscience de l’importance des organismes internationaux et de tous ces processus qui tendent à surmonter les obstacles et réalisent d’importantes étapes vers l’unité de la famille humaine. La fraternité permet, en outre, d’introduire de nouveaux principes dans le travail politique quotidien et fait en sorte qu’on ne gouverne jamais contre quelqu’un ou en étant seulement l’expression d’une partie du pays. Il y a ceux qui ont une charge au gouvernement et d’autres à l’opposition : mais c’est seulement ensemble qu’ils garantissent la souveraineté des citoyens.

La fraternité concède encore que l’on vive pleinement le rapport entre l’élu et les citoyens de son territoire : lieu privilégié d’un dialogue qui fait jaillir les programmes de la collaboration entre sociétés civile et politique. Et encore pour la fraternité qui donne paix, sérénité, les partis trouveraient plus facile de se renouveler et de redécouvrir la grandeur de leur charge, parce qu’aucun d’eux n’est né par hasard, mais d’une exigence historique, d’un besoin partagé d’affirmer une valeur ; et ils seraient poussés à mettre en lumière la propre inspiration originale et les propres valeurs de fondation. Chaque parti, en même temps, reconnaîtrait les valeurs et les charges des autres partis en les stimulant, aussi à travers une critique, mais pleine d’amour et d’estime pour exprimer leur vraie identité et pour exécuter l’action que le bien commun attend d’eux. (…)

Donc la fraternité ne serait pas un « plus » de la politique, mais la substance, et elle devrait en définir les méthodes et les objectifs. C’est seulement ainsi que la politique pourrait acquérir son vrai sens : de service à la communauté, avec le citoyen comme sujet actif. (…) »

Bratislava (Parlement), 10 mai 2001

Chiara Lubich à un groupe de parlementaires slovaques