Washington : l’unité, une nouvelle frontière


De notre envoyé Roberto Catalano
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À la Fordham University, réflexion sur La spiritualité de l’unité
Institution universitaire fondée et gérée par les Jésuites, la Fordham University a deux campus à New York. Le principal se trouve dans le Bronx, tandis que celui de Manhattan, construit au début des années 60, en plein boom économique, accueille la Fordham School of Law (faculté de Droit). Il se situe au cœur de la Grande Pomme, dans le Lincoln Center, avec le New York Philarmonic, le Ballet Accademy, près de Broadway.
C’est justement à la Fordham, le 5 avril, que s’est déroulée une journée de réflexion universitaire sur La spiritualité de l’unité: un don pour notre temps. Se sont alternés des spécialistes de différentes disciplines : théologiens, spécialistes des religions, experts de morale, mais les principaux ont été représentés par un groupe de juristes de différentes matières : avocats, juges et professeurs de droit de cette université et d’autres. Ce n’est pas seulement la préparation universitaire de grande valeur qui a marqué leurs présentations, mais la communauté de valeurs et de perspectives dont ils ont fait preuve dans leur façon de découvrir la dimension de communion. Droit et communion est en fait le titre de leur projet, qui, après des années de travail en faveur de la personne et des relations interpersonnelles, souvent à contre courant, a trouvé une expression de premier niveau dans la réalisation de ce symposium. Avec des collègues de différentes universités, ce groupe a présenté comment la spiritualité de communion peut constituer un modèle de référence pour ceux qui travaillent dans le milieu juridique. Il s’agit d’un groupe d’origines très variées : Russell Pearce et Ian Weinstein, tous deux professeurs de Droit, sont juifs. Amy Uelmen et Greg Louis sont catholiques. D’autres collaborent à distance : Deborah Cantrell, par exemple, professeur de Droit à l’Université du Colorado, est bouddhiste, David Shaheed, juge à la Cour Suprême de Marion Contry à Indianapolis, est musulman afro-américain.
Quatre tables rondes ont été proposées durant cette journée :
- la spiritualité de l’unité,
- une économie basée sur la communion plutôt que sur de simples intérêts égoïstes,
- la question éthique et la réalisation personnelle,
- le concept d’amour du prochain dans le milieu juridique.
Une intervention de Maria Voce, présidente des Focolari, a conclu les travaux. Elle a répondu aux questions exigeantes et importantes des participants : de l’économie au domaine juridique, du dialogue interreligieux et interculturel à la théologie morale et au rôle de la femme dans l’Eglise. La présidente ne s’est pas dérobée: elle a esquissé des conseils précis sur la recherche de justice et de vérité dans le domaine juridique, elle a encouragé à travailler pour une mise en place de valeurs et de catégories qui paraissent altérées dans la sphère humaine, pour ainsi dire, mais qui n’en sont au contraire que la substance incontournable. Il s’agit de travailler pour trouver également les termes adaptés, alors qu’ils sont souvent sujets à de potentiels malentendus ou à des compréhensions partielles, comme celui, essentiel, de ‘fraternité’. Elle a parlé de la nécessité de continuer le dialogue, en dialoguant : c’est la vraie méthodologie pour arriver à accepter les différences et à les surmonter. En plus d’avoir souligné que c’est dans la relation qu’on construit sa propre identité, elle n’a pas eu peur de réfléchir sur la place actuelle de la femme dans l’Eglise et sur la nécessité que, au-delà du rôle des sexes, elle soit la leadership de la prévalence de l’amour. Surtout, Maria Voce a encouragé tout le monde à continuer à témoigner de l’unité dans la diversité. « Je sais que ce n’est pas facile – a-t-elle dit – car en fait, qui sait combien de moments de découragement et de déception vous avez déjà éprouvés, mais je vous remercie, parce que la vie de votre groupe dans la Fordham University a permis de trouver ici même un chemin vers la fraternité universelle ». De notre envoyé, Roberto Catalano [nggallery id=26]
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[:it]Messaggio di Chiara Lubich al Movimento Umanità Nuova
Le Jubilé des Focolari dans le Nouveau Monde
A la fin, on a l’impression d’être sur la Broadway, à la conclusion d’un musical. Chemises noires pour les hommes comme pour les femmes, petits foulards jaunes ou bleus pour les jeunes filles, des danses et une suite de chansons connues qui racontent les joies et les préoccupations, les douleurs et les rêves du peuple américain des Etats-Unis. L’applaudissement prolongé exprimait la joie et la reconnaissance pour «cette journée inoubliable pour toute l’Amérique du Nord», comme le commentaient les présentateurs, journée qui a demandé un demi siècle de préparation !
Le rendez-vous, qui avait lieu à 150 km au nord de New York, célébrait en fait le 50ème anniversaire de la présence du Mouvement des Focolari en Amérique du Nord. Sont présentes 1300 personnes, représentant les nombreuses communautés répandues dans tout le Canada, les Etats-Unis et les Caraïbes. Des juifs et des afro-américains musulmans partagent aussi cette fête. «C’est un pays adapté à la spiritualité du Mouvement – affirmait Chiara Lubich, à son arrivée aux USA en 1964 – il y existe un vrai sens de l’internationalité».
C’était sa première visite. Il y en aura six autres, ce qui souligne l’importance stratégique qu’elle attribuait à cette partie de continent. A chaque fois, la fondatrice a ouvert des voies nouvelles : du dialogue avec les afro-américains musulmans (elle a été la première femme à parler à la mosquée Malcolm X) à la collaboration avec des acteurs, des metteurs en scène et des scénaristes de Hollywood.

Et dire que ça ne semblait pas le moment de débarquer dans le Nouveau Monde. Voilà comment ça s’est passé. Julia Conley, de Détroit, rentrée aux Etats-Unis après la Mariapolis de Fribourg en 1960, écrivit à Chiara Lubich et à don Foresi d’envoyer quelqu’un aux USA qu’elle aurait accueilli. La lettre ne produisit aucun effet. Mais cette femme (en vraie américaine), sans état d’âme, écrivit de nouveau, en envoyant cette fois-ci la somme pour deux billets d’avion. Chiara dit alors: «ça c’est un signe de Dieu». Et elle envoya Silvana Veronesi, une de ses premières compagnes, et Giovanna Vernuccio. Et c’est en 1961 que Giovanna retourne à New York avec Serenella Silvi (présente dans la salle et fêtée) et Antonio Petrilli qui ouvrirent les deux focolares.
Jouant avec les apps – applications sur les téléphones de dernière génération –, les jeunes ont fait faire le tour de l’Amérique du Nord à la salle, en présentant avec des photos, récits en direct et vidéo, la vie et les initiatives des différents Etats. Les effets spéciaux pouvaient-ils manquer? Et voilà que la communauté de la Côte Ouest, celle du Pacifique, où se trouve Hollywood, ont eu l’idée de commencer avec le jingle d’ouverture des films de la Twenty Century Fox (studio de production), avec les projecteurs pointés sur le ciel – vous vous souvenez – et la musique incomparable, remplaçant le nom du studio par celui de West Coast Focolare (‘Côte Ouest Focolari’).

Mais le moment culminant devait encore arriver. C’est alors que Maria Voce et Giancarlo Faletti monte sur la scène pour un dialogue avec la salle. Soixante minutes de conversation, en répondant à onze questions qui concernaient des thèmes fondamentaux, de la peur de la souffrance et de la mort au rapport entre l’Evangile et les niveaux de bien-être, des abus sexuels dans l’Eglise américaine au rapport avec les mass média.
«Permettez-moi de penser à ces deux jeunes filles qui avaient devant elles cette immense nation – a confié la présidente – et de voir aujourd’hui, après 50 ans, combien s’est développée la famille que vous représentez». Une courte pause, puis une recommandation pour chacun: «Voilà le souhait de Chiara, celui d’être une Silvana, une Giovanna qui retourne dans sa ville avec le même désir brûlant de témoigner du charisme de l’unité».
Maria Voce est touchée par la simplicité, pureté et générosité de ce peuple, mais elle souligne à présent l’optimisme, qui en n’importe quelle situation aide toujours à trouver une solution. Et elle lance spontanément une phrase qui résonne comme un slogan: «Après ces 50 ans, il y a encore quelque chose à faire, et nous le ferrons!»
Dans son message, Benoît XVI avait formulé le souhait que «conscient de la dimension multiculturelle importante du Focolare en Amérique du Nord, je prie afin que les liens tissés avec les membres des autres communautés religieuses portent des fruits en abondance pour que progresse la compréhension réciproque et la solidarité spirituelle au service de toute la famille humaine».
Paolo Lòriga
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