11 Juin 2013 | Focolare Worldwide

« La première fête, le premier voyage, le premier rendez-vous, la première danse… ne s’oublient jamais! Les premières fois, des événements qui nous émeuvent lorsque nous nous les rappelons, provoquant un sourire ou une larme. C’est ce qui m’arrive déjà lorsque je me rappelle de ma première Mariapolis, terminée depuis peu.
J’avais reçu l’invitation par un ami proche et, malgré des doutes et des incertitudes, j’ai décidé de participer. Lorsque je suis arrivé à Esmeraldas – ville habitée principalement par des descendants d’Africains, avec des traditions, cuisine et rythme particuliers – je connaissais peut-être 10 personnes sur les 350 participants à la Mariapolis. J’étais donc un « parfait étranger ».
J’ai dû partager la chambre avec deux inconnus, priant qu’ils ne ronflent pas, et j’ai ensuite participé à des réunions, des tables rondes, des moments de rencontre avec des personnes jamais vues auparavant… Mais en écoutant leurs expériences, leurs rêves, la manière dont ils cherchaient leur bonheur et celui de leurs prochains, j’ai ressenti la confiance nécessaire pour me lancer et parler de moi.

Parmi les différentes méditations, celle qui m’a le plus touché était une lettre que Jean-Paul II a écrite à Chiara, dans laquelle il invite les membres du Mouvement à être « des apôtres du dialogue ». Comment faire? En écoutant et en s’ouvrant au prochain. J’ai pensé à mon père, qui aura bientôt 85 ans et a de moins en moins d’amis, parce que beaucoup sont déjà au ciel. J’ai compris que je peux être son ami, en l’écoutant parler de sujets qui l’intéressent: avec lui, je ne peux pas parler d’iPad ou d’internet, mais je peux l’aimer et passer plus de temps avec lui.
Le titre de la Mariapolis disait: « L’autre différent de moi, un autre moi ». Une expérience très forte dans ce sens a été d’aller rendre visite aux détenues de la prison pour femmes et voir tomber de nombreux préjugés et indifférences, découvrant que nous possédons toujours quelque chose à donner: l’amour.
Mais la Mariapolis n’a pas été qu’engagement et méditations. Durant la soirée-talent, où chacun montrait ses talents artistiques, je me suis rarement autant amusé. En outre, la messe afro-équatorienne était splendide: la représentation exacte de la joie qui existe dans nos cœurs lorsque nous participons à une rencontre avec Dieu.

Lorsque je suis rentré dans ma ville, même si j’avais le ventre vide – parce que je n’ai pas mangé les fameux plats traditionnels à base de poisson, comme le corviche ou l’encocado –, mon cœur était plein d’amour. On nous a dit que la Mariapolis commence vraiment lorsque nous retournons à la maison, dans notre routine. Alors, j’ai cherché à mettre en pratique ce que j’avais appris, plus particulièrement en essayant de voir le visage de Jésus dans beaucoup de frères que je côtoyais durant la journée.
Je peux affirmer que la Mariapolis d’Esmeraldas a été ma première, mais sûrement pas ma dernière Mariapolis. »
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Mariápolis Esmeraldas Flickr photostream
Information sur les Mariapolis dans le monde: www.focolare.org/mariapolis
10 Juin 2013 | Focolare Worldwide
« Après avoir parlé dans les temples bouddhistes et dans la mosquée de Harlem, Chiara était heureuse de pouvoir s’adresser aux frères juifs. « C’est une grande joie pour moi – a-t-elle dit – que d’être aujourd’hui parmi vous, qui appartenez à l’une des plus nombreuses communautés juives du monde. Une grande joie, parce que (…) Je n’avais jamais eu la chance de rencontrer un groupe aussi nombreux de ceux que je considère, pour le dire avec Jean-Paul II, mes “frères aînés” et la chance de pouvoir les honorer et de les aimer comme tels ». Les 150 personnes présentes ont entonné Shalom, le chant de la paix. Tout s’est déroulé dans un climat cérémoniel sacré, rythmé par les Paroles de Dieu de l’Ancien Testament et par la perception d’assister à un événement qui – comme il a été dit – a la signification de « clore une époque et en ouvrir une autre: celle de l’unité ». Devant, un grand chandelier à sept branches (la menorah) avec les bougies allumées une à une solennellement: la première représente la lumière, la deuxième, la justice, la troisième, la paix, la quatrième, la bienveillance, la cinquième, la fraternité, la sixième, la concorde. Chiara et le président [du B’nai B’rith, Jaime Kopec, ndr] ont été invités à allumer la septième, la bougie centrale: c’est la bougie de la vérité, le sceau de Dieu, le cœur de la vie. Une fois la Menorah allumée, Chiara s’est adressée au président pour lui proposer de faire un pacte d’unité à cet instant. Il a répondu: « c’est un pacte ». Ensuite, dans son discours, dans lequel il s’est adressé à Chiara en l’appelant « sœur », il a voulu l’expliquer à tous comme « un pacte d’amour, de foi en regardant le futur, d’enterrer les siècles d’intolérance. Ce n’est pas facile, mais seuls les valeureux accomplissent des entreprises difficiles ». « L’unité se fait dans le respect de la diversité – a ajouté Mario Burman [chargé du dialogue interreligieux de la B’nai B’rith, ndr] –. Une nouvelle époque commence. » Et s’adressant directement à Chiara: « Chiara, l’Argentine a besoin de votre message ». « Je suis ici – a affirmé Chiara – avec des frères avec qui nous avons en commun une foi authentique en un seul Dieu et un patrimoine inestimable, celui de la Bible pour la partie que nous appelons l’Ancien Testament. Que faire? Que penser? Je viens de dire que la Règle d’or (fais aux autres ce que tu voudrais qu’on te fasse) peut, à elle seule, nous permettre de fraterniser entre fidèles de religions différentes, sinon au nom de Dieu, du moins dans la foi en un Être supérieur. À plus forte raison, que va-t-il se produire si le Seigneur commence à nous manifester que c’est Sa volonté que nous tissions entre nous, chrétiens et juifs, des liens de fraternité? (…)Mais ce qui m’a surtout éclairée, ce sont les nombreuses vérités divines, dont votre tradition juive est si riche, et qui nous sont communes. Ce sont des vérités qui peuvent cimenter les relations entre notre vie spirituelle et la vôtre. (…)Mon rêve serait donc de pouvoir vivre avec vous ces vérités afin de donner au monde, grâce à notre profonde communion et à notre collaboration, un nouveau motif d’espérance » ». Tiré de “Le luci della menorah – con Chiara Lubich in Argentina e Brasile”, Città Nuova Ed., Roma, 1998, pp. 132,34. (non traduit en français)
8 Juin 2013 | Focolare Worldwide

« Après une expérience en paroisse en tant qu’adjoint au curé pendant onze ans, mon évêque, avant de me confier la paroisse, m’a donné l’opportunité de passer quatre mois dans la citadelle de Loppiano, au Centre de formation des prêtres diocésains. Là, je me suis retrouvé avec une vingtaine de prêtres et séminaristes de tous horizons, pour vivre une expérience évangélique de communion, dans la ligne de la spiritualité de l’unité.
Entre nous au début, il n’était pas facile de communiquer à cause de la langue. Par exemple quand Yvon de Madagascar qui parlait seulement le français, est arrivé, je devais traduire de l’italien à l’anglais et Peter des Etats-Unis, de l’anglais au français, afin de communiquer avec lui. C’était laborieux, mais nous le faisions avec toute la fraternité possible et nous avons réussi à très bien nous comprendre.
Dans cette école de vie tout se fait dans la concorde : prier, méditer ensemble, faire des études riches en approfondissement théologique, biblique, pastoral dans les milieux les plus divers ; mais aussi, travailler au jardin, cuisiner, laver le sol, traduire en diverses langues, apprendre l’italien, jouer au foot … Ceci afin de ne pas se limiter aux activités typiques des prêtres pour faire aussi de nombreux travaux manuels, comme a fait Jésus pendant trente ans à Nazareth, ceci fait que notre cours est une école vraiment intégrale.

Par exemple, servir la messe le dimanche avec les religieux et les laïcs qui partagent cette expérience, accueillir avec un bon repas les nombreux visiteurs à Loppiano, mettre la table puis laver les casseroles, les plats etc.… un tas de choses que l’on réussit à faire seulement ensemble avec les autres : même avec plaisir. C’est seulement un détail des activités qui se déroulent ici, mais pour moi tout était nouveau et cela a été un bel enseignement.
Le fait de travailler du lundi au vendredi à l’atelier de menuiserie m’a fait considérer sous un jour nouveau le samedi et le dimanche, comme le vivent mes paroissiens.
Pour travailler dans l’artisanat, (peinture, polissage, travail du bois) il a été nécessaire d’apprendre à bien utiliser la vue, l’ouïe, le toucher ; et à doser la force musculaire, sinon on risque d’abîmer les pièces ou les machines. L’artisanat est une école d’attention et de délicatesse, caractéristiques fondamentales dans la vie, spécialement dans la vie d’un prêtre.
Même la messe quotidienne a acquis une saveur différente. Par exemple offrir le travail au moment de l’offertoire est une chose beaucoup plus concrète quand le dos te fait mal parce que tu as passé la matinée incliné, à piocher la terre ou à polir un morceau de bois…
D’autre part, s’occuper des travaux domestiques tous ensemble m’a aidé à dépasser « l’à peu près ». J’avais toujours fait la plupart des choses mais, en me confrontant aux autres, j’ai découvert qu’il y a une meilleure manière de les faire. Nous ne devons pas nous contenter de faire le bien, nous devons bien le faire !
Je me suis beaucoup enrichi de ces quelques mois vécus dans une école intégrale de vie. Le travail manuel m’a fait comprendre davantage la vie de mes paroissiens, et ce que signifie témoigner la foi sur le lieu de travail. J’ai ainsi redécouvert le sacerdoce royal de chaque chrétien qui doit être à la base de mon sacerdoce ministériel.
(Extrait de la revue de vie ecclésiale Gen’s)
6 Juin 2013 | Focolare Worldwide
Je vis depuis 18 ans en France, mon mari est français, j’ai deux petits garçons de 6 et 4 ans. J’enseigne l’italien, dans la banlieue Nord de Paris, en ZEP, c’est-à-dire une « zone d’éducation prioritaire », défavorisée du point de vue socio-économique. Les établissements où j’enseigne, collège et lycée, ont une population d’élèves multiculturelle et assez hétérogène : certains sont très capables, d’autres ont beaucoup de difficultés ; tous conditionnés, d’une façon ou d’une autre, par un environnement défavorisé. L’école se trouve dans une petite ville, Saint-Ouen, dans laquelle il y a du trafic de drogue, du trafic d’armes, du racket…de plus, en face de notre collège, il y a des trafiquants qui cherchent à contaminer les jeunes et à les enrôler comme trafiquants. Dans ce contexte, l’école a un rôle très important non seulement celui de transmettre les connaissances et les compétences mais aussi d’être le lieu où les élèves ont la possibilité de faire des expériences positives qui soutiennent leur formation humaine. D’habitude, ce sont les enseignants au tout début de leur carrière qui sont envoyés dans ces écoles ; à peine ont-ils acquis les points suffisants – normalement au bout de 3- 4 ans – ils demandent leur changement et vont dans des écoles moins difficiles. J’aurais pu faire de même, mais j’ai décidé de rester et, de fait, je suis là depuis 12 ans. Je reste parce que dans cette école je ne risque pas de tomber dans la routine ; je dois constamment trouver des idées nouvelles, des intérêts nouveaux pour motiver les élèves et leur apporter – car je pense que c’est justice – la même qualité d’enseignement que reçoivent les élèves des meilleures écoles de Paris. Après les premières années pénibles, je sais comment me comporter et accueillir mes élèves ; j’ai appris à avoir avec eux un rapport pacifique et constructif, cela en instaurant un dialogue aussi avec leur famille. Je peux également aider mes jeunes collègues qui abordent cette réalité et qui sont novices : certains s’écroulent psychologiquement (il n’est pas rare de trouver une collègue qui pleure dans la salle des professeurs), d’autres renvoient continuellement les élèves difficiles devant le conseil de discipline… Il est important, du fait de mon expérience, d’être présente à cette souffrance des collègues, de la partager et de les aider à surmonter les difficultés qu’ils rencontrent. Au début, pour moi aussi, ça a été dur. Il m’est arrivé d’être insultée par les élèves. Une fois, j’ai garé ma voiture – une panda rouge – trop près de l’école et les élèves, ayant compris que c’était la voiture d’un professeur, me l’ont démolie à coups de pied. Là, je ne savais plus comment me comporter, je n’étais pas préparée à affronter cette agressivité, je me mettais sur la défensive en réagissant d’une façon trop sévère ou parfois d’une façon trop permissive. Peu à peu j’ai appris. Maintenant je me sens prête à affronter cette agressivité, je sais comment aider mes collègues à la dominer, je sais comment rétablir le calme en classe. Il faut du temps pour trouver la façon juste de communiquer avec les élèves, qui fait qu’ils se sentent respectés et en même temps pose des limites sans jamais couper la relation. Et aussi trouver des moments et des lieux pour suivre les élèves qui, par leur comportement indiscipliné, manifestent une souffrance ou une difficulté. Je pense à Sidi qui a un petit frère handicapé et qui habite avec 6 frères, que la maman élève seule. En 6ème , c’était un très bon élève… maintenant – en 3ème – il n’est plus motivé : il s’est trouvé à devoir affronter des problèmes trop grands pour lui, à devoir s’occuper de son frère handicapé tandis que la maman travaillait toute la journée. J’ai cherché à l’aider à sortir de cette souffrance permanente. Je l’ai encouragé à donner le meilleur de lui en classe. Je disais à une collègue : « il est important que nous cherchions à ne jamais perdre patience avec lui. Nous ne savons pas si ce que nous faisons aura un résultat positif mais l’important est d’être sûres d’avoir fait tout ce que nous pouvions. » Notre regard devant ces élèves en difficulté doit être positif et nous ne devons pas perdre espoir d’obtenir le meilleur d’eux, en leur faisant confiance. Je pense que notre attitude à leur égard est fondamentale pour qu’ils surmontent leur difficulté. En classe, je cherche à ne pas leur faire perdre de vue que je suis là pour les faire grandir intellectuellement et culturellement et que j’attends d’eux qu’ils donnent le meilleur d’eux-mêmes. Je cherche à encourager la participation. Au début de l’année, je pose des règles : personne n’a le droit de se moquer des autres quand ils parlent. Peu à peu s’instaure une atmosphère de respect mutuel où chacun est libre de s’exprimer. Dans ce climat de participation active et de valorisation, si quelqu’un cherche à s’en démarquer, il se sent vite isolé du reste de la classe et comprend qu’en agissant ainsi il ne donne pas une image positive de lui. Ils comprennent que la valeur d’un cours dépend de moi mais aussi d’eux s’ils s’engagent à y participer activement pour arriver à communiquer dans une autre langue. Du point de vue didactique, j’appuie mon enseignement sur des projets culturels interdisciplinaires qui se concrétisent chaque année par un voyage d’étude – financé par les organismes officiels : municipalité, Conseil Général, banques mais aussi par des petites activités au cours de l’année ; ceci afin de faire vivre aux élèves des expériences culturelles en dehors de l’école. Beaucoup d’entre eux sont dans des situations de souffrance entre les quatre murs de l’école mais si nous les emmenons en dehors, ils deviennent d’autres personnes, expriment toutes leurs possibilités. Je pense, par exemple, à Yanis. En classe, il est très passif. En parlant avec lui, je suis arrivée à savoir que dès l’école primaire, les enseignants et même son père lui avaient dit qu’il n’était bon à rien et il a fini par y croire : quand il arrive en classe, il devient amorphe. En Sicile, où nous sommes allés cette année pour notre voyage de classe, je me suis rendu compte que cet élève a énormément d’intérêts… par exemple, il est passionné d’électronique. En classe, alors qu’il déteste l’Histoire, en Sicile, il s’est montré fasciné par le théâtre grec de Taormina ainsi que par l’aqueduc romain de Syracuse. J’ai vu qu’il était très sensible à la beauté artistique et très réceptif à cette pédagogie de la découverte culturelle. Son comportement durant tout le voyage a été exemplaire. Certains enseignants pensent qu’il n’est pas possible d’emmener ces élèves en voyage en dehors de l’école. Au contraire, je dis : « Si nous ne les faisons pas sortir de leur ambiance qui les conditionne, les juge et les marginalise, comment pouvons-nous les éduquer autrement ? » Les voyages, selon moi, sont un moyen de leur faire vivre de belles expériences, de fraternité qui contribuent aussi à rehausser leurs aspirations, à les faire voler plus haut. Par ailleurs, je m’occupe d’orientation. Je cherche à leur faire comprendre que quelque soit l’orientation qu’ils prendront, ils doivent envisager l’excellence. Ainsi, j’ai accompagné dans son orientation Maxime, qui voulait devenir cuisinier et je lui ai dit : « Tu as la chance d’avoir les idées claires sur ce que tu veux faire ; c’est rare. C’est pourquoi tu dois être ambitieux et envisager une excellente formation » J’ai fait la demande à la « rue Ferrandi », une des meilleures écoles de cuisine de Paris, à la sortie de laquelle toutes les portes sont ouvertes. Il a été accepté. Ce fut une grande joie ainsi que pour sa mère, séparée. Quand il est venu m’annoncer cette belle nouvelle, Maxime m’a dit : « Je créerai des recettes… et une recette sera un ‘Tiramisu Amoroso’ (mon nom de famille). Certes, moi aussi, je rencontre parfois des difficultés en classe, il me semble que je n’arrive à rien changer ; les moments de découragement sont humains. Par contre, j’ai la preuve tangible, certaines fois, que les relations construites portent du fruit. Je pense, par exemple, à Youssef qui m’a fait désespérer durant ses années de collège ; il était une provocation permanente, il interrompait continuellement le cours par des demandes impertinentes et par des attitudes de supériorité apparente parce qu’il avait de l’argent (qu’il se procurait de façon illicite). J’ai craint le pire pour lui. Mais il avait un grand amour pour sa mère et j’ai cherché à avoir une relation avec elle qui, avec moi, se désespérait, pleurait. Cette générosité dans l’accueil de sa famille l’a profondément touché. Dans les commissions disciplinaires, nous ne nous sommes jamais résignés à l’expulser ; nous avons fait tout ce que nous avons pu. Maintenant, je le retrouve au lycée, profondément changé, motivé par le désir d’être un bon élève. Je ne suis plus son enseignante, mais quand je l’ai rencontré, il y a peu de temps, il m’a dit : « Restons en contact, parce que pour moi votre amitié est fondamentale », tout en m’offrant des petites pyramides en cristal de sa terre d’origine, l’Egypte. Toujours avec l’objectif d’offrir un enseignement de qualité, j’ai proposé, il y a trois ans, de créer des classes bilingues. Nous proposons, dès la 6ème, la possibilité d’apprendre deux langues (d’habitude cela n’est possible qu’à partir de la classe de 4ème). Le but de ce projet est de réunir tout le corps enseignant, de proposer des projets interdisciplinaires et de faire participer les enfants et les familles à la vie culturelle et scolaire. Ce qui m’a aidée durant ces années a été le fait de partager les responsabilités. Surtout avec les collègues. J’ai un bon rapport avec la plupart de mes collègues du collège ainsi que du lycée. Il est important d’écouter, de parler, de partager les expériences positives et aussi les négatives. J’ai appris à ne pas voir les résultats tout de suite. Dans certains cas, les résultats ne se voient qu’avec le temps. Mais, même quand un élève ne change pas, il est important de croire en lui et de l’accompagner. Ne pas s’arrêter à ce qui ne va pas mais accueillir tout le positif qui est en lui et avoir sur lui un regard, une attitude et des attentions qui le valorisent et le gratifient. (Maria Amata – Francia)
5 Juin 2013 | Focolare Worldwide
«Nous sommes arrivés à la Mariapolis Piero (Nairobi, Kenya) le matin du 10 mai, accueillis comme savent le faire les Africains: sourires et embrassades pour tous! Car c’est la personne qui est au centre de leurs journées, et nous l’avons découvert à travers leurs vies, les récits de leurs tribus qui ont été présentés au cours de l’Ecole d’inculturation (Scuola d’Inculturazione). Ce fut une expérience enrichissante d’insertion dans toutes ces cultures, en en découvrant les points qu’elles ont en commun et ce qui, en revanche, les distingue. Outre ceux qui étaient arrivés des pays de l’Afrique subsaharienne, on retrouvait des jeunes provenant des pays voisins du Kenya: de l’Ouganda, de Tanzanie, du Burundi, du Rwanda, mais aussi de Madagascar, de Zambie, d’Angola, de Malawi … deux venant d’Amérique du Sud qui vivent un temps dans la citadelle, et nous 5: Chiara, Giulia, Aurelio, Paula et moi-même. La naissance du projet nous a été contée et deux activités nous ont été proposées: rejoindre les Samburu dans la savane et vivre avec eux 4 jours d’échanges avec eux et apprendre à connaître les racines et fondements de leur culture, ou aider personnellement au sein du centre de nutrition de Madare, bidonville (slum) de Nairobi, et à Njabini, village à2600 mètres d’altitude. Avec un groupe de 8, nous avons choisi la seconde activité. Le premier jour, nous avons été accueillis dans une chapelle en tôle, la journée centre de nutrition et le soir Temple de Dieu. La réalité du bidonville est pesante, c’est une condition de misère absolue, une dégradation sociale qui touche la déshumanisation mais, ce qui s’élève, c’est la dignité de la personne qui ne faiblit pas et qui s’accroche à une certitude: Dieu Amour. Quelques sœurs italiennes, missionnaires à Madare depuis les années soixante-dix, nous ont confirmé l’intensité de la foi et combien celle-ci mène à l’amour réciproque. La responsable du centre de nutrition est elle-même née dans le bidonville, où elle a grandi; maintenant, ayant adopté la spiritualité de l’unité, elle a mis en œuvre cette activité qui non seulement assure une instruction minimale et deux repas par jour, mais encore enseigne aux enfants l’art d’aimer à travers le dé de l’amour. Lorsque ces enfants rentrent à la maison, ils rayonnent sur toute la famille déclenchant un jeu d’amour qui donne plus de plénitude à la vie spirituelle.
Le jour suivant, nous nous rendons à Njabini. Après 3 heures de voyage, nous avons été accueillis par une famille comprenant Mama Julia, Papa Joseph, Mary, Absunta et Anthony, originaires de la tribu Kikuyu. Nous sommes restés avec eux trois jours, en aidant aux travaux domestiques, dans les champs et pour le bétail. Le dernier soir, pendant un moment de partage, j’ai vraiment senti qu’elle était devenue ma vraie famille et je ne me suis plus sentie une « mzungu » (une blanche) au milieu d’eux! Et mama Julia nous a confié: « Avant que vous arriviez, je pensais avoir quatre enfants; maintenant, j’ai le sentiment d’en avoir 8 de plus! ». Etre retournée, ce n’est pas vraiment ce que je ressens, car je crois que les voyages sont un aller simple. Quelque chose a changé en moi pour toujours: une culture diamétralement opposée à la mienne m’a enrichie et m’a rendue plus consciente des points forts et des points faibles de notre mode de vie. Une chose est certaine: j’ai fait de la philosophie de l' »Ubuntu » ma philosophie de vie: je ne puis me réaliser comme personne qu’à partir du moment où j’entre en relation avec l’Autre et où je le mets au centre de ma vie. Finalement, au fond, il s’agit de l’amour du frère tel qu’il a été prêché par le Christ il y a plus de deux mille ans et que notre Chiara nous a rappelé si justement». (Elena D. – Italie)
4 Juin 2013 | Focolare Worldwide
Ribeirão Preto, nouveau pôle de technologie, 700 000 habitants. Ces dernières années, nombreuses sont les personnes qui migrent des autres États du Brésil à la recherche de travail. De nouveaux immeubles surgissent, abritant chacun des milliers de personnes. C’est le cas de la paroisse du Père Luis, où, en avril 2011, s’est construit un grand immeuble résidentiel, pouvant accueillir 4000 personnes. Avec les paroissiens, il a décidé de faire le premier pas vers les nouveaux habitants, encore avant qu’ils arrivent, pour qu’ils sachent immédiatement à qui s’adresser. Le Père Luis se souvient: « Au même moment avait lieu la béatification de Jean-Paul II, dont la vie, pour nous, représente tout ce que nous désirons pour notre communauté: ouverte au dialogue avec tous, accueillante, prête au pardon ». Ils décident donc de se remettre à sa protection, « en essayant de calquer la nouvelle communauté sur la vie de l’Évangile, selon la spiritualité de l’unité de Chiara Lubich« . On part du dialogue et on arrive à partager ses propres biens: « Nous nous réunissions dans un des appartements de l’immeuble. Mais le nombre de participants augmentait, donc nous avons loué une petite salle. Elle allait ensuite devenir notre chapelle où, avec la permission de l’évêque, nous avons la présence constante de Jésus Eucharistie. Pour pouvoir payer le loyer de ce local, les membres de la communauté ont commencé à faire une communion des biens« .
Des activités rémunérées sont aussi nées, par exemple une coopérative qui récolte des matériaux recyclables. Le bénéfice est divisé en deux parties: pour qui y travaille et pour le loyer du local. D’autres ont commencé à vendre des hot-dogs, donnant une partie du bénéfice pour les dépenses de la chapelle. Le prêtre continue: « La vente de hot-dogs se passe dans un quartier fréquenté aussi par des dealers. Les vendeurs de hot-dogs essayent de porter avant tout l’amour envers le prochain, en accueillant chacun et en rappelant la parole de Jésus: « J’avais faim et vous m’avez donné à manger ». Le résultat est que beaucoup se sont approchés de la chapelle et participent aux activités qui s’y déroulent. » Et encore, le café après la messe le dimanche matin: « La messe finie, nous mettons une table dehors, avec du café, du thé, des gâteaux… Les personnes s’approchent et parlent de beaucoup de sujets. C’est un beau moment d’échange d’expériences, de connaissance réciproque et de partage de difficultés et de joies. » « Dans la chapelle, nous commençons aussi un travail de catéchèse, où nous faisons en sorte que les enfants non seulement connaissent Dieu, mais aussi qu’ils se sentent aimés par Lui, également dans les conditions de vie difficiles dans lesquelles ils se trouvent parfois. Chaque mois, nous nous rencontrons avec ceux qui veulent participer et animer la communauté. Ce sont toujours des moments joyeux de dialogue intense et de fraternité. » Le travail du Père Luis et de ses paroissiens est absorbant, mais fructueux. Comment aller de l’avant? « Nous voulons continuer – conclut le prêtre – parce que nous voyons que l’aide réciproque grandit, et les personnes sentent que l’immeuble est vraiment la maison de tous. »