Mouvement des Focolari

Dimension sociale du mystère pascal

Avr 9, 2017

Pasquale Foresi (1929-2015), prêtre, théologien et cofondateur des Focolari, nous introduit dans la contemplation du Dieu fait homme qui, par sa mort et sa résurrection, engendre l’Église.

20170409-01En Jésus l’homme se retrouve participant de la vie même de la Trinité, de la vie sociale de Dieu. Cette dimension sociale proprement divine, que la vie de la grâce apporte aux hommes, ne détruit pas pour autant la vie naturelle. Il y a au contraire une merveilleuse imbrication des deux. La grâce, porteuse de cette « socialité divine », engendre et permet une vie sociale, elle aussi naturellement parfaite, puisque le Christ est le fondement de l’Église visible. […] Mais quel est le point de passage du Christ à l’Église? Comment passe-t-on de la présence spirituelle de l’humanité dans le Christ à celle du Christ dans l’humanité ? Pour bien le comprendre, il faut contempler la nature humaine de Jésus, avant sa mort et après sa résurrection. Il faut méditer le mystère de sa chair d’homme mortel, mais qui après sa mort en croix devient source de vie. […] Avant la crucifixion, le rayon d’action de l’humanité du Christ est circonscrit aux limites de son corps mortel et assujetti au temps ; par sa mort et sa résurrection, sa chair devient esprit vivifiant… […] Aussi, au jour glorieux du dimanche de Pâques, quand l’Esprit pénètre et illumine  chaque partie du corps de Jésus, l’Église aussi reçoit l’Esprit Saint: elle devient le Corps du Christ. On peut dire que le Christ a offert en  semence un corps particulier, le sien,  et qu’Il ressuscite comme Corps mystique, qu’Il ressuscite comme Église. C’est pourquoi le mystère de la socialité humaine se manifeste également, de manière évidente, à travers ces événements inouïs. Le Christ, du fait qu’Il a voulu être membre de la communauté humaine, en devient le Chef. Aussi, en souffrant sur la croix, il rachète le genre humain, qui est spirituellement récapitulé en Lui, et sa chair humaine, pleinement et librement assumée, au moyen de laquelle Il a voulu opérer la rédemption, acquiert certaines dimensions de l’infini : elle est spiritualisée et devient l’image même de l’humanité totalement et universellement renouvelée. Cette chair qui fut pour l’homme un principe limitatif, devient pour Jésus, après sa Résurrection, principe d’universalisation de la vie. […]L’expression “Corps mystique du Christ”, dans un sens plus précis et défini, désigne l’Église, qui continue ici sur la terre l’Œuvre de Jésus lui-même. […] De même que le Christ, Fils de Dieu, était véritablement homme, parfaitement homme, ainsi son Corps mystique est lui aussi pleinement humain, parfaitement humain, tout autant que divin. L’incarnation est en train de poursuivre chaque jour son œuvre, jusqu’à la fin des siècles, au sein de l’Église visible. Pasquale Foresi Extrait de : Pasquale Foresi, “Teologia della Socialità”, Città Nuova 1963, p.85  

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