Mouvement des Focolari

La quintessence de la charité

Juil 13, 2020

Être confinés a souvent mis notre charité à l'épreuve. En effet, il n'est pas facile de vivre enfermé dans une maison et de se retrouver au coude à coude. Lorsqu’on est proche, physiquement, on se heurte aux limites les uns des autres et cela nous demande un "surplus d'amour", qui est : « tout supporter ». Il est consolant de savoir que Chiara Lubich, elle-même, dans sa vie de communauté, a rencontré ce type de difficultés.   

Être confinés a souvent mis notre charité à l’épreuve. En effet, il n’est pas facile de vivre enfermé dans une maison et de se retrouver au coude à coude. Lorsqu’on est proche, physiquement, on se heurte aux limites les uns des autres et cela nous demande un « surplus d’amour », qui est : « tout supporter ». Il est consolant de savoir que Chiara Lubich, elle-même, dans sa vie de communauté, a rencontré ce type de difficultés.         […] L’autre jour j’ai pris en main un livre […] qui a pour titre : Il segreto di Madre Teresa  (Le secret de Mère Teresa), de Calcutta. Je l’ai ouvert un peu au hasard, au chapitre intitulé : « Une mystique de la charité », que j’ai lu ainsi que d’autres. Je me suis plongée dans cette lecture qui m’a beaucoup intéressée. Tout ce qui concerne cette personne me touche personnellement : elle dont l’amitié m’a été, des années durant, très précieuse et qui sera prochainement béatifiée. L’aspect extrêmement radical de sa vie, de sa vocation me saute aux yeux. J’en suis impressionnée, j’en éprouve presque de la crainte, mais surtout cela me pousse à vouloir l’imiter selon l’engagement caractéristique, radical, que Dieu me demande. […] Animée de cette certitude, j’ai repris en main nos Statuts, certaine que c’est là que je pourrai trouver la mesure et le genre de vie radicale que le Seigneur me demande. Dès la première page, je reçois comme un choc spirituel, car voilà que je découvre à ce moment-là quelque chose que je connais pourtant depuis 60 ans ! Il s’agit de la « norme des normes », du « préambule à toute règle » de ma vie, de notre vie : d’abord et avant tout engendrer – l’expression est de Paul VI –, puis garder, Jésus au milieu de nous au moyen de l’amour mutuel. […] Aussitôt j’ai pris la résolution de vivre cette « norme des normes » dans mon focolare pour commencer, et avec mon entourage le plus proche. Nous le savons : « Que celui d’entre vous qui n’a jamais péché lui jette la première pierre »[1]. Chez nous tout n’est pas toujours parfait : certaines paroles sont inutiles, de ma part ou de la part des autres, certains silences sont inopportuns, il y a des jugements irréfléchis, des petits attachements, des souffrances mal vécues, qui empêchent que Jésus au milieu de nous soit à son aise, quand cela ne va pas jusqu’à en empêcher la présence. Alors je comprends que c’est moi qui, la première, dois lui donner toute sa place, en aplanissant la voie, en comblant les vides. Bref, en faisant en sorte que l’ingrédient de la charité ne manque jamais ; en supportant tout, en moi et chez les autres. Car l’apôtre Paul conseille vivement de « tout supporter », un mot qui n’est pas beaucoup en usage entre nous. Supporter ne relève pas de n’importe quelle charité, mais d’une charité spéciale, de la quintessence de la charité. Je m’y mets. Cela ne va pas mal, au contraire ça marche. En d’autres circonstances, j’aurais invité sans attendre mes compagnes à faire de même. Cette fois-ci, je préfère m’en abstenir. Je sens le devoir de faire d’abord toute ma part et cela fonctionne. J’ai le cœur plein de bonheur sans doute parce que, de cette façon, Jésus revient parmi nous et il y demeure. Plus tard j’en parlerai, mais en continuant à ressentir le devoir d’avancer ainsi comme si j’étais seule. Ma joie est à son comble lorsque les paroles de Jésus me reviennent à l’esprit : « C’est la miséricorde que je veux et non le sacrifice »[2]. « La miséricorde ! », c’est bien cela la charité raffinée qui nous est demandée et qui vaut plus que tous les sacrifices car le plus beau sacrifice que je puisse faire, c’est cet amour qui sait supporter, qui sait, le cas échéant, pardonner et oublier. […] C’est cela l’aspect radical qu’il nous est demandé de vivre.

Chiara Lubich

(Extrait d’une conférence téléphonique du 20 février 2003, à Rocca di Papa.) [1] Cf. (Jn 8, 7) [2] (Mt 9, 13)

0 commentaires

Soumettre un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *


S'abonner à la lettre d'information

Mot du jour

Articles connexes

Evangile vécu : « Comme le Père m’a envoyé, moi aussi je vous envoie » (Jn 20,21)

Evangile vécu : « Comme le Père m’a envoyé, moi aussi je vous envoie » (Jn 20,21)

Jésus ressuscité donne aux disciples paix et joie et leur confie sa propre mission. L’Esprit Saint les « recrée » comme une humanité nouvelle et cette vocation, aujourd’hui, concerne non seulement chacun de nous, mais se réalise pleinement lorsque nous sommes « communauté » et soutien les uns pour les autres. C’est ainsi que l’Évangile devient vie et que la mission devient une nouvelle Pentecôte.

Liban : être des étincelles de vie

Liban : être des étincelles de vie

À la suite d’un don de 300 euros, récolté par des enfants de Rome pour l’Institut de Rééducation Audio-Phonétique (IRAP) situé à Aïn, dans la banlieue de Biakout, au nord de Beyrouth, ces enfants ont reçu une lettre de remerciement vraiment émouvante, qui nous rappelle la véritable valeur de la solidarité et la responsabilité à laquelle chacun de nous est appelé : être des graines d’espoir et de paix, même dans l’obscurité.

Chiara Lubich : parution du livre « Paradis ’49 »

Chiara Lubich : parution du livre « Paradis ’49 »

Pour la première fois en édition intégrale, parait le témoignage de l’expérience mystique de Chiara Lubich dans la collection de ses Œuvres publiée par Città Nuova. Il est disponible dès le 8 mai dans les librairies italiennes et sur les plateformes de vente en ligne. Présentation par Piero Coda, éditeur de l’ouvrage avec Alba Sgariglia.