Mouvement des Focolari
Canada, une journée mémorable

Canada, une journée mémorable

Comme dans les quelques pays du monde les plus étendus, les distances ici au Canada se mesurent en heures de vol. Par exemple, entre Vancouver et Toronto il y a cinq heures de vol, le même temps qu’entre Rome et la Mecque. La journée du dimanche 20 mars restera donc inoubliable, lorsque s’est retrouvée une délégation des communautés des Focolari venant de tout le pays, tant des grandes métropoles que des villes comme Whitehorse, au nord, dans des territoires peu habités aux confins des glaces de l’Alaska.

Voici pourquoi dans la salle de la Michel Power High School régnait dès le début une effervescence diffuse. Pour la première fois, la délégation de la communauté de Vancouver, à l’extrême ouest, rencontrait les personnes de Toronto ou Montréal, à l’extrême est. C’était la première fois pour tous depuis que le Mouvement est présent au Canada. Un événement historique motivé par la présence de la présidente Maria Voce.

Un panorama de la vie dans les diverses villes a montré les fruits mûris par une présence de plusieurs dizaines d’années et a fait prendre aux six cents personnes présentes une plus grande conscience de l’enracinement du Mouvement dans le territoire. Un Mouvement qui rapproche, qui réunit – nous l’avons vu dans la fête musicale de l’après-midi – des personnes provenant de contextes les plus divers et engagées dans de nombreux domaines.

Nombreux sont les immigrés – des personnes courageuses qui ont su repartir à zéro – qui ont découvert une famille plus grande, la famille spirituelle des Focolari. Les liens de solidarité tissés avec Haïti suscitent l’admiration. Dans cette île lointaine des Caraïbes, peut-être le pays le plus pauvre au monde, nombreuses sont les actions sociales développées (en raison de leur langue française commune) par les diverses communautés canadiennes.

Au cœur de la journée : rencontre avec Maria Voce et Giancarlo Faletti. Quatre-vingts minutes de questions-réponses, dans lesquelles ont été abordés de nombreux thèmes, du dialogue interreligieux au rapport avec les jeunes, de « l’après fondatrice » à la communion des biens. Tout cela dans l’optique d’une société désormais profondément marquée par la sécularisation et la laïcisation.

« Le Mouvement est né dans un contexte de forte tradition religieuse, mais il a été envoyé par l’Esprit-Saint – a assuré le co-président G. Faletti – justement pour notre époque. La sécularisation est en train de nous enlever nos sécurités, mais elle nous invite à être la réponse à ce phénomène, à devenir d’habiles annonciateurs de l’Evangile, porteurs d’une nouveauté révolutionnaire ».

Pour le troisième anniversaire du départ de Chiara Lubich, la messe présidée par Mgr William McGrattan, a été le point culminant du rendez-vous. « Dans cette célébration pour Chiara – a souligné Maria Voce – fêtons avec elle le pas que nous faisons ici aujourd’hui au Canada vers le monde uni ».

De notre envoyé Paolo Loriga

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Canada, une journée mémorable

Avec les jeunes à Toronto

C’est quelque chose de surprenant de lire l’étonnement sur le visage des jeunes du Mouvement. En fait, une grande partie de la cinquantaine du même âge qu’eux, venus pour la première fois à une rencontre avec la spiritualité de l’unité, faisait la queue de manière ordonnée pour parler avec Maria Voce. Après l’avoir entendue répondre à leurs questions, ils l’ont rejointe spontanément. Et il ne s’agit pas d’une salutation dictée par une bonne éducation. Ce qui les a poussé, c’est le désir de partager tout de suite quelque chose de profond que cette femme aux cheveux blancs, de l’âge de leur grand-mère, avait su toucher au-dedans d’eux

«Merci de m’avoir donné le sens de la souffrance», confiait un jeune étudiant d’origine philippine. «Tu as expliqué d’une façon tellement simple comment je peux dépasser la souffrance en aimant, que je me suis dit: “Je peux y arriver”», a ajouté Cheryl, blond aux yeux bleus, et une jeune  afro-canadienne: «La vie que tu nous as proposée est radicale, mais tu nous as vraiment encouragés». D’où l’émerveillement. Alma et Len nous disent: «Nous n’avons jamais rien vu de pareil, car ce n’est pas dans la culture canadienne de partager ses propres états d’âme».

La salle du Collège St Joseph a vu arriver une centaine de jeunes même de Vancouver, qui est sur la côte pacifique, et de Calgary à quatre heures d’avion. Mais ça en valait la peine. Le fil conducteur de la rencontre a été la présentation de la vie de Chiara Luce Badano, béatifiée depuis peu. Le titre ne permettait aucun échappatoire: “Héros d’aujourd’hui, saints de demain. En as-tu le courage?”. Une proposition exigeante en toute liberté, mais qui ici au Canada met dos au mur, parce qu’elle signifie aller contre tout.

En effet, ici la sécularisation a réduit, en quelques dizaines d’années, la pratique religieuse de 80 à moins de 10%. Ici une femme peut avorter pour n’importe quelle raison et à n’importe quel stade de la grossesse; depuis 2005 le mariage homosexuel a été légalisé; la religion et ses symboles sont de plus en plus écartés de la vie publique; les média deviennent intolérants envers la foi et les croyants; les droits fondamentaux de la liberté religieuse et même de la conscience sont mis en question devant les tribunaux.

Et pourtant Maria Voce, à la question s’il est possible de transformer la société, n’a pas répondu à demi mesures. «Si ce n’est pas vous qui changez le monde, personne ne le change – a-t-elle tout de suite affiché clairement – . La société nous pousse à penser que si j’avais plus, je serais plus heureuse. J’ai au contraire l’impression que les jeunes ont beaucoup de chose. Mais ils n’ont pas le bonheur, parce qu’ils ne découvrent pas que ce qui rend heureux c’est l’amour».

La présidente avait mis le feu. «Au cours de cette journée, vous avez expérimenté l’amour évangélique. Maintenant, ne vous contentez pas de moins. Ne revenez pas en arrière. Ne risquez pas de fermer la porte à Dieu». Et encore: «Lui a confiance en vous. Aujourd’hui, vous avez fait cette expérience. Portez-la aux autres. Le futur du Canada dépend de vous. Et vous n’êtes pas seuls, car les jeunes des autres pays sont vos supporters. Ensemble, c’est possible de changer le monde».

La consigne est donnée. Et ceux qui font la queue sont allés dire à cette femme, qu’ils ne connaissaient pas une heure auparavant, qu’ils adhéraient pleinement. Puis, une accolade ou une embrassade et un cliché instantané pour ne pas oublier. Et la joie cosmopolite de ces jeunes explose durant la photo tous ensemble avec Maria Voce et le co-président Giancarlo Faletti.

De notre envoyé, Paolo Lòriga

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Canada, une journée mémorable

Arrivée à Toronto

Une joyeuse délégation du Mouvement était là pour accueillir Maria Voce et le co-président Giancarlo Faletti, le 16 mars, à l’aéroport international de Toronto. L’offre d’un élégant bouquet de fleurs blanches et jaunes et le déploiement d’un drapeau canadien avec la typique feuille d’érable rouge ont constitué le point culminant de l’accueil. Puis ont suivi de nombreuses embrassades chaleureuses.

Les traits si différents indiquaient que la communauté du Focolare elle-même était une représentation fidèle de la société canadienne, multi ethnique et multi culturelle. De nombreux immigrés provenant de plus de 150 pays vivent ici. Tant de peuples, tous accueillis par une nation hospitalière, qui, en 1976, a modifié la loi qui limitait les flux des pays non européens.

L’effroyable tragédie du Japon est, de ce fait, vécue ici avec une attention particulière, justement parce que beaucoup de fils du Pays du Soleil Levant vivent ici depuis plusieurs années et font partie intégrante de la population. Il en est de même quand d’autres pays, représentés ici par les émigrés respectifs, sont touchés par de tristes événements. Cet accueil manifeste l’être authentique du peuple canadien, avec ses 34 millions d’habitants, dont 90 % vit concentré sur une bande – longue de seulement 160 km – qui court le long de l’immense ligne de frontière avec les Etats-Unis, même si, avec ses dix millions de kilomètres carrés, il est le pays le plus vaste après la Russie.

En fait de convivialité et d’intégration entre les peuples, races, cultures et religions diverses, le Canada se présente inévitablement comme un laboratoire très observé, vers lequel regardent de nombreux pays désormais assaillis par des flux migratoires, alimentés par la misère, la guerre, les régimes répressifs.

Avec ses presque cinq millions d’habitants appartenant à environ cent groupes ethniques, la ville cosmopolite de Toronto constitue un excellent lieu d’atterrissage pour une première connaissance du Canada. La présidence Maria Voce l’a traversée le jour suivant avant de se diriger vers un spectacle naturel incontestablement fascinant, distant de la ville de seulement 140 km : les chutes du Niagara, contemplées par une journée de chaude lumière.

« La définition de cette nation est : sereine, voici mes premières impressions – a commenté la femme qui a succédé à la fondatrice Chiara Lubich, décédée le 14 mars 2008 -. Les grands espaces, les étendues à perte de vue, la nature fascinante, la cordialité des personnes, la cohabitation de la diversité en font un pays qui exprime un sens profond de paix. »

Les catholiques canadiens sont environ 13 millions, soit 43 % de la population, mais il y a en fait un processus inquiétant de sécularisation qui tend à chasser la religion et tous ses symboles de l’espace public, à produire de l’intolérance dans les mass media et à rendre difficiles les relations entre l’Etat et l’Eglise.

La présence du Mouvement des Focolari et du charisme de l’unité s’insère dans ce contexte de transformation radicale. En 1961, Silvana Veronesi, une des premières compagnes de Chiara, et Giò Vernuccio s’arrêtent pour la première fois à Toronto – il y a juste 50 ans. Ils rencontrent un petit groupe de personnes. Mais c’est en 1964 que démarre la communauté du focolare, soutenue en 1967 par l’arrivée du focolare féminin, et deux ans plus tard, par le focolare masculin.

Ainsi furent les débuts. Bien connus de la communauté canadienne, qui attend de rencontrer, dans les prochains jours, Maria Voce et Giancarlo Faletti.

De notre envoyé, Paolo Lòriga

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Venezuela : Biennale d’art « Chiara Lubich »

« Je regarde l’humanité avec les yeux de Dieu » : c’est la phrase de Chiara Lubich qui a servi de point de départ aux nombreux artistes présents samedi dernier 12 mars à la Biennale de Maracaibo.

En 1949, Chiara Lubich contemplait la ville de Rome de l’après guerre dans sa  banalité, avec une humanité triste et décadente. En même temps, cependant, elle sentait qu’elle pouvait voir le monde à travers l’amour de Dieu, le voir avec les yeux de Dieu présent en elle. De cette expérience spirituelle est né un texte précieux intitulé «  La résurrection de Rome », où chacun d’entre nous  est invité à découvrir comment la présence de Dieu en nous peut transformer la réalité qui nous entoure. Ce texte a été offert à chaque artiste, afin qu’il l’utilise comme base pour sa propre création.

Le concours original organisé par l’Université Catholique Cecilio Acosta s’adressait autant aux artistes professionnels qu’aux amateurs. D’autre part, la Biennale était ouverte à toutes les disciplines et expressions artistiques : de la peinture à la sculpture, du dessin à la lithographie, de l’installation  à l’assemblage. Le prix, pour la catégorie des artistes professionnels, consistait en la possibilité de participer à une expérience de travail avec l’artiste italien Roberto Cipollone (Ciro) dans la cité-pilote internationale du Mouvement des Focolari, à Loppiano (Florence).

Précédemment, le mercredi 16 Février, l’auditorium de la même Université avait été décoré avec les œuvres d’art de la première Biennale. L’initiative était partie lors d’une conférence de Carmen Mendez, professeur à l’Université Nationale du Costa Rica, intitulée « Vers une nouvelle culture artistique ». En cette même occasion le recteur, M. Lombardi, avait affirmé qu’un des grands problèmes qu’affronte actuellement l’humanité est la banalisation de la vie, le fait de se croire tout puissant, au moment même où la planète connaît le plus de déséquilibres et de dangers. Pour le recteur, nombreux sont ceux qui ont cherché des solutions à ce problème. L’une des plus importantes est vraiment la voie de l’art, comprise comme possibilité de véhiculer la spiritualité, la beauté et la vérité.

En 2003, cette  même Université, reconnaissant la contribution spirituelle et culturelle de Chiara Lubich, décida de lui conférer un doctorat Honoris causa, et l’année suivante, d’instituer une chaire qui permette d’approfondir et de divulguer sa pensée et son œuvre. En 2009 s’est réalisée la première édition de la Biennale d’art « Chiara Lubich ».

Cette seconde édition de la Biennale s’est déroulée dans le cadre de la Place centrale de la République, qui s’est transformée pour l’occasion en un studio d’art à ciel ouvert, parce que les artistes devaient produire sur place et en direct les œuvres pour lesquelles ils concouraient. En plus des nombreux participants, beaucoup de curieux ont assisté à l’évènement qui, en outre a attiré l’attention des medias locaux qui en ont parlé avec enthousiasme.

En ligne directe avec le Japon. /2

Tochigi, 15 mars 2011

Très chers, merci de tout cœur pour votre amour et votre salut ! Je vous dis d’emblée que moi, ma famille et mes parents sommes tous vivants ! Nous habitons à Tochigi, à 300 kms au nord de Tokyo.

Le 11 mars, je faisais des courses  avec un ami, quand subitement un tremblement de terre  s’est déclaré, en s’intensifiant de plus en plus : Il s’est agi d’une secousse de degré 7 à l’échelle sismique japonaise. Au supermarché presque toutes les marchandises se sont écroulées puis la lumière s’est éteinte ! Les lampes au néon sont tombées en morceaux. Nous sommes sortis, avons attendu un peu, puis nous sommes allés prendre la voiture au parking. Les piliers étaient tous fendus. La rue était pleine de voitures et de personnes. Les feux tricolores ne fonctionnaient plus. Nous étions pris de panique. Dans la voiture, nous ressentions encore les secousses. Après presque une  heure nous sommes arrivés à la maison. Le toit était presque effondré et il s’était formé de nombreuses fissures. Dans le cimetière, les tombes étaient toutes cassées.

Mon père et mon frère, qui travaillent à  la mairie, n’avaient pas le temps de  revenir à la maison. Ils travaillent  pour les personnes de la cité, cherchant à écouter les gens, allant de maison en maison pour aider,  et allant visiter les personnes âgées qui habitent seules, etc. … Hier soir finalement, ils ont réussi à rentrer mais ce matin, ils sont déjà repartis. Un de mes amis travaille dans une entreprise, mais en cas d’accident il rejoint les pompiers. Hier, avec d’autres il a mis des sacs de terre pour endiguer le danger continu des éboulements. Ce sont des héros ! Nos voisins se sont réfugiés hier soir dans une école élémentaire voisine de chez nous. Les magasins sont fermés de même que les pompes à essence. « Tout est épuisé ». Pendant quatre jours nous avons vécu sans eau ni électricité, la lumière est revenue seulement à trois heures du matin. heureusement, nous avons de la nourriture, des lits, et la maison !

Quand est arrivé le tremblement de terre, je me suis rappelée l’expérience de Chiara Lubich pendant la guerre : Tout s’écroule, mais Dieu reste. Si j’ai Dieu, j’ai tout ! J’ai vraiment fait une expérience profonde. La famille du focolare va bien ! Les parents d’une focolarine habitent dans une ville très endommagée et elle n’arrivait pas à les contacter, mais aujourd’hui elle a su que tous vont bien. Rendons grâce à Dieu ! Dans la zone de l’épicentre habitent quelques uns de mes amis. L’une d’entre elles est sauve, mais nous ne savons pas où est sa famille … Là bas, à côté, il y a les centrales nucléaires. Il y a déjà eu une explosion avec un grand risque de radioactivité. D’après les nouvelles, le nombre de victimes devrait augmenter. Il y a eu aussi l’explosion de l’hydrogène. A partir d’aujourd’hui commencent les coupures de courant qui continueront jusqu’en avril. Pour l’instant on dénombre plus de 7200 morts et plus de 5000 disparus. Une ville a été pratiquement  rayée de la carte après le passage du tsunami. Un gymnase voisin de l’épicentre est devenu chambre mortuaire. cette situation dramatique est en train de naître un lien très fort entre tous et l’on s’aide mutuellement. Avec les voisins nous avons échangé de la nourriture, des bougies etc. Aujourd’hui, ma mère s’est proposée comme volontaire au service de la ville.

Merci encore pour vous sentir si proches et pour vos prières !

Hiromi Onuki (Redi)

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50ème anniversaire de la présence des Focolari en Amérique du Nord

Les semences de la spiritualité de l’unité du Mouvement des Focolari ont été jetées en Amérique du Nord dès les années 50. Mais c’est seulement en 1961 que naît le Focolare, lorsque trois jeunes courageux débarquent dans un quartier d’émigrés à New York, avec comme seul objectif de mettre en pratique l’Evangile. Depuis ce moment, ce style de vie s’est diffusé grâce à l’effort silencieux de centaines d’autres personnes qui les ont rencontrés et qui ont fait leur le but du Focolare: contribuer à la réalisation de la prière de Jésus “Père, que tous soient un” (Jn, 17, 21).

“J’ai été profondément touchée par ce pays, j’ai eu une belle impression”– écrivait Chiara Lubich en 1964 pendant son premier voyage à New York –“Ce pays me parait particulièrement bien concorder avec l’esprit du Focolare. Il n’y a pas d’attitude de supériorité ethnique, mais plutôt un sens clair de l’internationalité. Les choses sont simples. À la messe, j’ai prié pour le Mouvement sur ce continent et je pense  que Dieu écoute ma prière parce que je prie pour la diffusion de Son règne...’’. Chiara Lubich fera en tout sept visites aux Etats-Unis.

Pour marquer ce 50ème anniversaire, la présidente des Focolari, Maria Voce, et le co-président, Giancarlo Faletti, visitent l’Amérique du Nord pendant un mois, au cours duquel ils rencontreront les communautés et les amis des Focolari dans différentes villes des trois nations.

  • 19-20 mars à Toronto: Week-end de dialogue, célébration avec les membres des Focolari de tout le Canada, et messe solennelle célébrée par l’Evêque, Mgr William McGrattan, pour le 3ème anniversaire du départ de Chiara Lubich.
  • 21-24 mars à Montréal : Rencontre avec les évêques canadiens. Soirée du 23 avec la communauté de Montréal.
  • 3 Avril – New York: Messe solennelle de remerciement célébrée par l’Archevêque Mgr Timothy Dolan (à la Cathédrale St. Patrick).
  • 5 Avril – New York: Evénement culturel à la Fordham University.
  • 7 Avril – Washington, D.C.: E pluribus unum, programme ouvert au public, pour une communauté multiethnique et multi religieuse qui arrivent à être ensemble un seul peuple au service de l’unité (Caldwell Hall, The Catholic University of America).
  • 9 Avril – Chicago, Chicago Youth Event: Présentation de la vie de Chiara Luce Badano
  • 10 Avril –  Chicago: Meeting interreligieux.
  • 11 Avril – Chicago: Spiritualité et théologie trinitaire – présentation à la DePaul University
  • 16 Avril – Saint Domingue: Célébration avec les communautés des Focolari de la République Dominicaine et de Porto Rico.
Canada, une journée mémorable

En direct du Japon

« Chers amis,

Nous vous remercions de tout cœur de vos prières au nom de toute la communauté des Focolari du Japon. Il est difficile de décrire la tragédie que le peuple japonais vit en ce moment. Nous supposons que vous avez suivi toutes les nouvelles qui informent continuellement du danger de propagation des radiations même jusqu’à Tokyo et de la probabilité d’un autre tremblement de terre.

Nous suivons anxieusement les nouvelles en essayant de vivre moment par moment la volonté de Dieu.

Comme vous pouvez le comprendre, le Japon a maintenant grand besoin d’aide de la part du monde entier.

En premier, les aides concrètes et urgentes pour ceux qui ont tout perdu. Nous sommes reconnaissants envers tous ceux qui s’unissent à cette action de solidarité avec tous ceux du Mouvement dans le monde et avec toutes les personnes de bonne volonté. »

Lettre de Austin Im et Kumiko (Renata) Kobayashi, responsables des Focolari au Japon.

En France :

Association Humanité Nouvelle

Chez Yves POMMIER

25  domaine de la Butte à la Reine

91120 PALAISEAU

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Nous portons le Japon dans notre cœur

« Chers tous et toutes du Mouvement des Focolari au Japon.

Ici, au Centre, avec tous ceux du Mouvement dans le monde, nous suivons avec anxiété les nouvelles qui nous parviennent de votre pays qui nous est cher.

Notre cœur est là, avec vous, dans ce moment de grande douleur et d’attente due à l’horrible épreuve qui a frappé le Japon.

Les événements que vous êtes en train de vivre nous ont aussitôt fait penser au « tout s’écroulait » qui a marqué l’histoire de notre Idéal. Mais nous savons que cette destruction générale a été la toile de fond sur laquelle a surgi une nouvelle lumière pour l’humanité.

Nous ne voulons donc pas cesser de regarder en haut, de croire que Dieu Amour permet tout pour un bien plus grand. Avec cette certitude, gardons vivante notre espérance et transmettons-la à chaque prochain que nous côtoyons.

Le témoignage de sérénité et de dignité avec lequel vous, et tout le peuple japonais, vivez ces événements nous réconforte et nous fait comprendre la valeur de votre culture.

Je garde un vif souvenir de la visite que j’ai faite l’an dernier à votre belle communauté et qui m’a donné l’occasion de vous connaître. Partager avec vous cette immense douleur nous fait maintenant nous sentir encore plus une famille, la « famille de Chiara ». Ces jours-ci, où nous célébrons le troisième anniversaire de son départ pour le ciel, nous l’évoquons partout dans le monde. Elle est plus que jamais vivante parmi nous, et donc, d’une manière particulière, auprès de vous pour vous protéger et vous aider.

Soyez sûrs de mes prières et de celles de tout le Mouvement. Demandons ensemble à Dieu qu’il accueille au ciel les victimes de cette catastrophe et soutienne les survivants, en les protégeant d’autres dangers.

Je vous salue chacun affectueusement,

Maria Voce (Emmaus) »

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Terre Sainte : courage et perspectives

Que signifie pour le Mouvement des Focolari en Terre Sainte la visite de Maria Voce ?

Un grand encouragement pour tous. De nouvelles perspectives se sont ouvertes avec de nouveaux contacts, en particulier dans le monde civil et académique. Ce sont les fruits du travail de ces 33 années de vie du Mouvement ici.

L’aspect le plus important, cependant, est l’espérance que Maria Voce a donnée à tous ceux qu’elle a rencontrés. Une espérance fortifiée par l’esprit d’amour et d’unité typique des Focolari. Ses paroles restent comme un sceau dans le cœur de chacun de nous : « Vous êtes ici aussi pour tout le reste du Mouvement des Focolari. Vous avez un rôle, une mission à effectuer ici, que les autres ne peuvent pas faire. Dans la grande mosaïque qu’est notre Mouvement, je crois que vous êtes le petit morceau le plus précieux. Personne ne peut vous remplacer, c’est vous qui avez cette chance, cette grâce. »

Dans la ligne du Mouvement, des nouveautés ont-elles émergé dans un contexte aussi complexe ?

Sans doute un engagement très clair sur les divers fronts du dialogue. Il s’agit avant tout de travailler pour promouvoir toujours davantage l’unité entre tous les mouvements ecclésiaux présents en Terre Sainte. Divers évêques, ensuite, ont encouragé un engagement de notre Mouvement  dans le milieu de la pastorale des jeunes et de la famille. En outre est venue l’exigence de répondre concrètement à la demande exprimée par diverses organisations interreligieuses, d’une collaboration concrète pour répandre l’esprit de la fraternité universelle et coopérer au bien commun et à la paix entre les personnes de convictions différentes.

Enfin, nous ne pouvons pas oublier, les contacts établis avec les municipalités de Jérusalem ainsi qu’avec les autres municipalités de l’Autorité Palestinienne. En somme, la ligne de construire des ponts à tous les niveaux devient toujours plus évidente.

Maria Voce a rencontré des représentants de l’Eglise catholique, mais aussi des représentants des Eglises chrétiennes et des autres religions. Quelle est la signification de ces contacts ?

Ces visites ont été très appréciées autant par le Patriarche que par les Evêques des autres Eglises. Tous ont souligné l’importance du charisme de l’unité, de la nécessité d’une spiritualité solide et profonde également dans le domaine de l’œcuménisme. Ils ont ainsi demandé de collaborer à différents projets, soit à l’intérieur des Eglises, soit avec des organisations interreligieuses.

Ya-t-il une priorité spécifique que l’on peut dire émergeante au terme de la visite de la présidente ?

Il est difficile de dire qu’une priorité spécifique a émergé parce que tout a été important.

Maria Voce a vu la nécessité de renforcer la présence du focolare, selon la demande adressée par diverses personnalités. Elle a ensuite valorisé le projet « Sur les pas de Jésus », pour l’accueil et l’animation des groupes de pèlerins, encourageant à aller de l’avant avec la contribution de tout le Mouvement en Terre Sainte.

Enfin, un signe regardant notre terrain près de l’église de Saint Pierre en Gallicantu, adjacent au petit escalier où, selon la tradition, Jésus a prié le Père en lui demandant l’unité de tous les hommes, et que Chiara Lubich avait rêvé qu’il puisse un jour accueillir un focolare.

Maria Voce nous a confié : « Malgré les difficultés, nous ne renonçons pas ; et nous ne renonçons pas parce qu’il fait partie de notre spiritualité en un certain sens, de notre charisme ».

Pour l’instant, s’offre la possibilité de proposer le développement d’un grand parc qui pourrait être utilisé pour des rencontres en plein air ou pour d’autres circonstances.

Robert Catalano

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Une fête œcuménique en l’honneur de Chiara

Ils étaient plus de mille à être venus au Théâtre social de Trente pour la journée œcuménique internationale consacrée à Chiara Lubich, trois ans après sa disparition. « Chiara Lubich. Une vie, un charisme pour l’unité des chrétiens » : tel était le titre de la manifestation qui a réuni, le 12 mars, des participants de plus de vingt Églises. Parmi eux, des cardinaux et des évêques, des métropolites et des pasteurs, mais aussi des politiques et des représentants du monde de la culture.

Sur les estrades, dans le public et sur la scène, les visages de l’orthodoxie russe et de l’orthodoxie grecque se mêlaient aux témoignages d’anglicans, de syro-orthodoxes, de catholiques et de réformés. Les musiques d’extrême orient se mélangeaient aux chants funèbres arabes sans aucun syncrétisme, bien au contraire : les différentes identités étaient accentuées, mais la passion proposée par Chiara Lubich, depuis plus de cinquante ans, pour le « Que tous soient un », était partagée au-delà des différences. « Aux premiers temps du christianisme, la parole de Dieu vécue unissait des chrétiens de différentes Églises, a rappelé Maria Voce, présidente du mouvement des Focolari. En vivant ensemble l’Évangile, nous nous rapprochons les uns des autres. » Et elle a réaffirmé la valeur fortement œcuménique de certaines phrases de l’Évangile, qui, au fil des années, justement parce qu’elles sont « traduites en vie, ont donné un souffle nouveau au chemin de l’œcuménisme ».

Nombreux étaient les messages adressés par les autorités religieuses des différentes Églises et qui s’exprimaient sur un ton bien plus familier, comme celui de Bartholomée Ier, patriarche de Constantinople. Ses salutations prennent des marques affectueuses qui reflètent sa longue amitié qui avec les Focolari : « Chiara nous a enseigné une méthode pour recomposer la fraternité et des relations de partage sincère, capables de venir à bout de la méfiance. »

« Nos relations quotidiennes et la diffusion capillaire du dialogue ont apporté une contribution fondamentale au mouvement œcuménique », a souligné le cardinal Koch, président du Conseil pontifical pour l’unité des chrétiens, qui a tenu à exprimer une de ses inquiétudes : « l’opposition qui se manifeste parfois entre l’œcuménisme du haut et l’œcuménisme du bas ». Une critique à laquelle Maria Voce a fait écho : « Il est nécessaire que l’œcuménisme de la base et l’œcuménisme du sommet cheminent ensemble. Si les pas franchis sur le plan théologique ne s’accompagnent pas de relations de base authentiques et réciproques, ces pas n’auront pas une grande efficacité, alors que s’il y a un œcuménisme de base, les effets seront durables et importants. »

Le dialogue peut avoir des retombées y compris sur la vie des politiques, ce qu’Alessandro Andreatta, maire de Trente, a souligné à plusieurs reprises : « Nous ne pouvons pas ne pas nous mettre à l’école de cette expérience, a-t-il dit. Chiara a su se confronter avec tout le monde, et cette invitation s’adresse aussi à nous, administrateurs. » Certaines répercussions politiques et sociales de l’expérience œcuménique ont été expliquées par Eli Folonari, qui a vécu aux côtés de Chiara durant de nombreuses années, et par Gerard Pross, du mouvement YMCA, qui a présenté la manifestation  « Ensemble pour » : une contribution décisive et qui témoigne que tous les chrétiens, quelle que soit leur Église d’appartenance, s’engagent depuis environ 10 ans en faveur d’une Europe plus unie.

À partir d’aujourd’hui, une école œcuménique composée de 400 personnes approfondira la vie de la Parole et les thèmes de la journée au centre Mariapolis de Cadine, près de Trente. Un moment de célébration pour le centre Uno, qui fête le 50ème anniversaire de l’action œcuménique, et une occasion de renforcer le dialogue de la vie.

Toujours à Trente, le journaliste Franco de Battaglia a présenté son livre À Trente avec Chiara Lubich, consacré à l’endroit où le mouvement des Focolari est né. Une sorte de guide à travers des quartiers de la ville à première vue anodins, mais qui ont été le berceau de la spiritualité de l’unité.

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Un charisme de lumière

Chiara : Ce charisme où il est beaucoup question d’amour, est un charisme de lumière. Il m’a fait comprendre dès le début que nous arriverions, si l’on peut dire, dans le monde entier. Dès le début nous avions demandé cela. Un  moment important de notre histoire. C’était la fête du Christ-Roi, je me souviens, les lectures de la messe disaient : « Demandez, et je vous donnerai en héritage toutes les nations. » Et je me souviens que nous pressentions cela… Et je disais à mes compagnes : « nous arriverons dans le monde entier ». Et maintenant nous y sommes. Ce jour-là, nous avons prié ensemble, nous avons demandé d’être des instruments pour porter cet esprit d’amour et de lumière dans le monde entier.

J’étais continuellement sous l’action de cette lumière qui m’éclairait sur la façon de se comporter, sur la façon de faire, que sais-je, sur notre façon de travailler, de prier, de faire des études, de communiquer ; comment devaient être nos maisons, notre vêtement… Je recevais sans cesse des lumières au début, sur tous ces sujets-là. Puis sur l’expansion dans tous les continents. Sur la façon dont le Mouvement devait être organisé. Je savais qu’il devait être surtout un peuple dont les structures devaient être cachées, mais un peuple. Et de fait, le Pape nous appelle « peuple de Dieu ». Et tout s’est réalisé. Mais dès les premiers temps je le prévoyais et je disais à mes compagnes du premier focolare : il y aura un art nouveau, une politique nouvelle. Tout se renouvellera. Et c’est pour cela que je ne me suis pas rendu compte que la guerre était terminée, parce que le charisme me prenait tout entière et il se déversait sur le Mouvement tout entier.

Au-dessus de ma pensée s’est comme installée une lumière qui était un peu ma pensée, un peu celle d’un Autre. Le passage s’est fait en douceur… Dieu ne nous déracine pas, parce que la grâce élève la nature, elle ne la détruit pas. Et tout ce qui était prêt en moi a servi et la grâce l’a élevé. Je ne suis pas épouvantée, non ! Naturellement, je me demande parfois quelle responsabilité cela comporte. Je ne sens aucune responsabilité, parce que c’est Lui qui la porte !

Maintenant encore, tout est lumière. Je suis guidée par Dieu, par ce charisme qui est un don de l’Esprit Saint. Je vois, je dis et je communique, puis cela se réalise, mais je n’en ai pas le mérite, Dieu m’a prise comme instrument, c’est Lui qui choisit.

Nous avions à réaliser cette prière de Jésus : « Que tous soient une seule chose », que tous soient une famille, que tous soient… et c’est en train de se réaliser. Naturellement, quand je serai dans l’autre vie, les autres continueront.

Si je devais laisser un héritage par testament, je laisserais à tous Jésus présent au milieu. Aimez-vous les uns les autres comme Jésus vous a aimés, soyez prêts à mourir l’un pour l’autre, soyez une famille. Je dirais cela, c’est tout, tout est là.

Extrait de l’émission Faccia a Faccia – Interview de Chiara Lubich par Sandra Hogget, Charisma Production 2002.

Montage vidéo : Centro Santa Chiara Audiovisivi

Copyright : Centro Santa Chiara Audiovisivi

Canada, une journée mémorable

Message de Maria Voce pour le troisième anniversaire du départ de Chiara

« Chers amis, c’est de tout cœur que je vous adresse mes salutations, à vous tous et toutes, spécialement aux autorités civiles et religieuses qui participent avec vous aux célébrations du troisième anniversaire du départ de Chiara Lubich pour le ciel.

Les manifestations qui se déroulent à cette occasion en de nombreuses parties du monde sont des plus variées : dans certaines villes, on donne son nom à des rues, des écoles, des parcs ; dans d’autres, on célèbre des messes présidées par des évêques ou des cardinaux ; dans d’autres encore, on réalise des rencontres, organisées de façon capillaire dans les milieux les plus divers. A Trente, sa ville natale, le 12 mars aura lieu une journée œcuménique internationale intitulée : “Chiara Lubich : une vie, un charisme pour l’unité des chrétiens”, organisée en lien avec notre Centre Uno, qui fête ses 50 ans

Tout ceci est un merci à Dieu pour le don de la vie féconde de Chiara. Elle qui, en exhortant à l’amour réciproque entre personnes et entre peuples, a ouvert des dialogues à tous les niveaux pour contribuer à la réalisation de la paix et de l’unité de la famille humaine. Toutes les personnes dans le monde qui vivent la “spiritualité de communion” qu’elle nous a laissée en héritage en sont les témoins.

Je vous adresse mes vœux les plus sincères pour que les célébrations de ce troisième anniversaire marquent pour chacun de nous un engagement renouvelé à vivre pour que se réalise le désir de Chiara : “Je viendrai vers toi, ô mon Dieu […] avec mon rêve le plus fou : t’apporter le monde dans mes bras”.

Je suis avec vous tous pour cette évocation de Chiara, plus que jamais présente et vivante. »

Maria Voce – Emmaus

Rocca di Papa, 9 mars 2011

Canada, une journée mémorable

2e congrès international pour jeunes juristes

Ils étaient 180 jeunes juristes, de 13 pays, venus se confronter sur un sujet d’une actualité brûlante, celui du respect de la dignité de tout individu, homme ou femme. C’était le deuxième congrès international pour ce groupe, qui s’était déjà réuni en 2009, à Rome, autour du thème : le droit à la recherche de la justice.

En ouverture, ils ont entendu le message de bienvenue de Maria Voce, avocate, Présidente des Focolari, qui a été coordinatrice de Communion et Droit et qui, à cette date, se trouvait en Terre Sainte : “Il faut du courage, face à ces défis, il faut un engagement très fort, de la cohérence ; il faut aussi savoir discerner, aujourd’hui, les signes qui donnent une espérance et indiquent la voie à suivre pour construire un monde où la dignité humaine soit vraiment comprise et respectée ”. C’est Vera Araujo qui en a donné lecture, après avoir traité, en tant que sociologue et juriste, de l’importance d’une norme pour la vie en société.

Une question était en toile de fond de ce congrès : existe-t-il une dignité qui puisse servir de ‘dénominateur commun’, dans sa dimension à la fois universelle et particulière pour chaque personne humaine ? Et comment est-delle protégée ? La réponse semblait transparaître, notamment, à travers les paroles prononcées en 2006 par le Vice Président de la Cour constitutionnelle italienne, Paolo Maddalena, et qui ont été citées par Mme le prof. Adriana Cosseddu (Université de Sassari) au cours de son intervention : « La dignité définit l’essence et l’identité de l’homme en tant que tel. Sans elle, il ne peut y avoir d’égalité ni de liberté ».

Vera Araujo a ensuite invité les jeunes à regarder la situation actuelle en Afrique du Nord où la vague des manifestations et des signes de révolte touche une large partie de la population ; une population exposée à de graves difficultés économiques dues, entre autres, à l’augmentation incontrôlée des prix des produits de première nécessité ; c’est, a-t-elle dit, “la preuve que la protection demandée, et les garanties revendiquées, sont autant de demandes de reconnaissance de liberté et de dignité”.

C’est sur la base de ces idées, partagées par tous, que se sont déroulées les trois journées du congrès, des journées intenses où les jeunes se sont fortement impliqués.

5 groupes de réflexion ont permis d’entrer dans le vif du sujet :

  • dignité et Constitutions européennes
  • dignité humaine et nouvelles formes d’esclavage
  • dignité de l’embryon
  • dignité dans le système pénal et carcéral
  • dignité humaine et droit de l’environnement

Aux réflexions se sont ajoutés les témoignages de différents acteurs du monde judiciaire : de l’avocat en droit pénal au ministère public ; du consultant juridique au bénévole qui se consacre aux détenus.

Au cours de la matinée de conclusion, le prof. Vincenzo Buonomo (Université du Latran), en introduisant le discours de Chiara Lubich, en 1997, aux Nations Unies, a montré comment, au sein de la “communauté des Nations”, la dignité humaine trouve une place spécifique ; des paroles qu’il a qualifiées de prophétiques et très actuelles :…si des hommes en plus grand nombre acceptaient la souffrance par amour, la souffrance qui demande de l’amour, alors elle pourrait devenir l’arme la plus puissante pour redonner à l’humanité sa plus haute dignité”.

Canada, une journée mémorable

Renata Borlone : « Parfois, les saints passent à côté de nous… »

Son Éminence Mgr Mario Meini, l’actuel évêque de Fiesole, a parlé de joie et d’émotion lors de ses salutations ouvrant cet événement, qui est surtout : « L’accueil d’un témoignage, d’une servante de Dieu, témoin des paroles du Seigneur… Sa vie a stimulé et encouragé le mouvement et toute l’Église. Nous voulons recueillir son exemple non pas comme un trésor jalousement gardé, mais comme un exemple qui peut servir à d’autres. Parfois, les saints passent à côté de nous et nous ne nous en apercevons même pas. » Les personnes présentes étaient ainsi invitées à redécouvrir le visage quotidien de la sainteté, qui devient le service au prochain, y compris au sein de la communauté civile et ecclésiale.

« Le surnaturel naturel, à la portée de tous. » C’est par ces mots que le cardinal Paul Poupard, président émérite du Conseil pontifical pour la culture, a évoqué, lors de la messe solennelle célébrée au sanctuaire de Marie Theotokos et animée par le Gen Rosso, sa rencontre avec Renata Borlone. Renata se distinguait en ce qu’elle faisait de la sainteté non pas un objectif accessible à peu de personnes, mais une vocation possible pour chaque chrétien et dont nous avons un grand besoin  aujourd’hui.

Eli Folonari représentait la présidente du mouvement, Maria Voce, qui était en Terre Sainte ces derniers jours. Elle a raconté, émue et reconnaissante, comment elle avait vécu ses premières expériences de vie au focolare justement avec Renata en 1950 à Rome, et que fut Chiara Lubich qui  appela personnellement Renata comme responsable de la cité-pilote de Loppiano.

Une journée extraordinaire à laquelle ont participé plus de 2000 personnes venues de toute l’Italie, malgré la neige et le mauvais temps, en plus de tous ceux qui ont suivi cet événement via internet, notamment lors du moment solennel, à 15 heures. C’est à ce moment qu’a eu lieu la véritable clôture du procès, avec les scellés des trois boîtes qui contiennent toute la documentation rassemblée durant ces sept années de travail du tribunal diocésain, et qui vont à présent être remises à Rome, à la Congrégation pour les causes des saints.

La cérémonie était lourde de sens. Elle a fourni une bonne occasion de rappeler à l’attention de tous l’importance de se laisser renouveler par les paroles de l’Évangile qui sont la vie, et dont Renata Borlone a témoigné jusqu’au bout, au point de s’exclamer : « La mort est vie ! »

La matinée, qui s’est déroulée au sanctuaire également, a été un moment de fête. L’évêque émérite de Fiesole, Son Éminence Mgr Luciano Giovannetti, a célébré le baptême d’une autre Renata, qui a pour nom de famille Nembrini et qui est la dernière née de la cité-pilote des Focolari. Une transmission de consignes idéale. Faire de « son propre cœur » le vrai sanctuaire garant du message de la servante de Dieu Renata : tel est le souhait qu’il a formulé pour les personnes présentes.

La journée s’est achevée par un cadeau spécial : la comédie musicale « Marie, fleur de l’humanité » du groupe international Gen Verde. Les participants ont pu contempler Marie comme la figure d’une femme dont l’attrait traverse les siècles, dans une continuité totale entre son histoire et la nôtre, et l’image de la Mère de Jésus était présentée comme une femme du quotidien et une compagne de voyage.

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Mars 2011

Cependant, pour que son dessein s’accomplisse pleinement, Dieu demande mon accord et le tien, comme il l’a demandé à Marie. C’est la condition pour que se réalise la parole qu’il a prononcée sur toi, sur moi. Nous sommes alors appelés nous aussi à dire, comme Marie : « Je suis la servante du Seigneur. Que tout se passe pour moi comme tu me l’as dit. » Bien sûr, sa volonté n’est pas toujours facile à discerner. Comme Marie, nous devons nous aussi demander des éclaircissements pour comprendre ce que Dieu veut. Il faut écouter attentivement et sincèrement sa voix en nous, en demandant conseil – si cela nous semble nécessaire – à quelqu’un susceptible de nous aider. Mais une fois sa volonté comprise, disons ‘oui’ tout de suite. Car si nous avons compris que sa volonté est ce qu’il y a de plus grand et de plus beau pour notre vie, nous ne nous résignerons pas à « devoir » faire la volonté de Dieu, mais nous serons heureux de « pouvoir » la faire, de pouvoir coopérer à son projet pour que se réalise ce qu’il a pensé pour nous. Que pourrions-nous accomplir de meilleur, de plus intelligent ? Les paroles de Marie – « Je suis la servante du Seigneur » – sont donc notre réponse d’amour à l’amour de Dieu. Elles nous maintiennent toujours tournés vers lui, à l’écoute, dans une attitude d’obéissance, avec l’unique désir d’accomplir sa volonté pour être comme il le désire. Pourtant, ce qu’il nous demande peut parfois nous sembler insensé. Nous estimerions parfois préférable d’agir autrement, voire de prendre nous-mêmes notre vie en main. Nous aurions même parfois envie de donner des conseils à Dieu, de lui indiquer ce qu’il faut faire ou éviter. Mais si je crois que Dieu est amour, et si je lui fais confiance, je crois que ce qu’il a prévu pour ma vie et pour celle de ceux qui m’entourent est pour notre bien. Alors, je m’en remets à lui, je m’abandonne pleinement à sa volonté, je la désire de tout mon être, jusqu’à ne plus faire qu’un avec elle, sachant qu’accueillir sa volonté c’est accueillir Dieu, l’étreindre, se nourrir de lui. Rien, nous devons le croire, ne survient par hasard. Aucun événement joyeux, indifférent ou douloureux, aucune rencontre, aucune situation de famille, de travail, d’école, aucune condition de santé physique ou morale n’est privée de sens. Tout – événements, circonstances, personnes – nous porte un message de la part de Dieu, tout contribue à l’accomplissement de son dessein, que nous découvrirons peu à peu, jour après jour, en faisant, comme Marie, la volonté de Dieu. « Je suis la servante du Seigneur. Que tout se passe pour moi comme tu me l’as dit. » Comment vivre alors cette Parole ? Notre ‘oui’ à la Parole de Dieu signifie concrètement bien faire à chaque instant ce que Dieu nous demande. Etre pleinement dans cette action, en éliminant tout le reste, en abandonnant nos propres pensées, désirs, souvenirs, tout. Devant chaque volonté de Dieu, douloureuse, joyeuse ou indifférente, nous pouvons à notre tour dire : « Que tout se passe pour moi comme tu me l’as dit », ou bien, comme Jésus nous l’a enseigné dans le Notre Père : « Que ta volonté soit faite ». Répétons : « Que ta volonté soit faite » avant chacune de nos actions. Et nous accomplirons, instant par instant, petite pierre par petite pierre, la merveilleuse et unique mosaïque de notre vie, que le Seigneur a conçue depuis toujours pour chacun de nous.

Chiara LUBICH


Larges extraits du commentaire de Chiara Lubich à la Parole de vie de décembre 2002

Canada, une journée mémorable

Du Thabor à Jérusalem : conclusion de la visite en Terre Sainte

Une semaine intense, marquée par le sentiment d’avoir vécu ensemble une expérience spirituelle très forte, en communion totale avec la communauté locale des Focolari. Celle-ci a renouvelé, par sa présence sur cette terre, son engagement à construire des ponts de dialogue entre les hommes dans un esprit de fraternité universelle, objectif poursuivi par tout le mouvement.

25 février – Après la visite du Mont des Béatitudes et du Thabor, étape à Nazareth. Le Conseil général était attendu par un nombre important de représentants de la communauté des Focolari de Haïfa, Jérusalem et Bethléem. Le cardinal Miloslaw Vlk, évêque émérite de Prague, Mgr Giacinto Marcuzzo, évêque auxiliaire du patriarche latin de Galilée, ainsi que les 17 prêtres du Conseil général et deux prêtres du patriarcat, ont célébré ensemble la messe dans la basilique qui fait face à la grotte de l’Annonciation, dans un climat solennel et simple à la fois. Dans son homélie, Mgr Marcuzzo a rappelé qu’à l’occasion de la visite de Benoît XVI en 2009, la banderole qui souhaitait la bienvenue au pape portait une inscription qui voulait dire beaucoup : Bienvenue à Nazareth, là où tout a recommencé. Le oui de Marie a été le premier pas vers ce nouveau commencement de l’histoire de l’humanité, a-t-il souligné. À la fin de la messe, lors de ses remerciements aux évêques et à la communauté des Focolari, Maria Voce a renouvelé l’engagement de tout le mouvement, que Chiara Lubich avait souhaité inscrire dans les statuts, à revivre Marie pour incarner sa présence dans le monde !

26 et 27 février – Deux jours à Jérusalem. Samedi matin, rendez-vous au Kottel, le mur occidental, connu sous le nom de Mur des Lamentations, très fréquenté lors du Shabbat et qui a fourni l’occasion d’apporter une explication sur divers aspects du judaïsme ainsi que sur le sens du Shabbat. Puis le groupe s’est rendu à pied sur le terrain attenant à l’escalier romain, le point de passage entre la vallée du Cédron et l’endroit où se trouve l’entrée du Temple. D’après la tradition, c’est là que Jésus aurait prié son Père pour l’unité entre tous les hommes.

Dès 1956, à l’occasion de son unique visite en Terre Sainte, Chiara Lubich avait exprimé le désir de voir naître un jour un focolare près de cet escalier. Les responsables locaux du mouvement des Focolari ont expliqué les étapes qui ont abouti à l’acquisition du terrain juste à côté de l’escalier, et les démarches qu’ils accomplissent actuellement afin d’obtenir les diverses autorisations qui permettront de le transformer, en attendant le focolare, en un jardin-parc où auront lieu des temps forts de réflexion et des rencontres. Après la lecture du passage de l’Évangile de Jean contenant la prière sacerdotale et de ce que Chiara écrivit en 1956, une photo de groupe sur le petit escalier est venue sceller un moment spirituel très intense.

Dimanche 27 février – Journée de conclusion, avec la messe célébrée dans la petite grotte des apôtres par le cardinal Vlk et Mgr Antonio Franco, délégué apostolique pour la Terre Sainte. Ce dernier a proposé aux personnes présentes une méditation sur le sens de cette visite de Maria Voce et du Conseil général en Terre Sainte, à la lumière de la spiritualité de communion de Chiara Lubich.

Au terme de cette visite sur les lieux de la passion et de la mort du Christ, une réception organisée au Centre Notre-Dame a réuni 150 personnes autour de la présidente, du coprésident et de tout le Conseil : des membres de mouvements ecclésiaux, des personnalités de différentes Églises présentes à Jérusalem, mais aussi des juifs et des musulmans proches du mouvement. Maria Voce leur a présenté les membres du Conseil et a leur adressé ses remerciements pour ce qui avait été fait dans le cadre de cette visite et pour les activités auxquelles elle avait pu participer. Elle les a assurés qu’elle portait dans son cœur beaucoup de moments et de personnes, et qu’elle était certaine de rester dans le cœur de ceux qu’elle avait rencontrés en Terre Sainte.

Canada, une journée mémorable

Le Conseil général des Focolari en Terre Sainte


Dimanche dernier, les membres du Conseil général des Focolari sont arrivés en Israël pour débuter, comme prévu, leur semaine de pèlerinage avec la présidente Maria Voce et le coprésident Giancarlo Faletti. Entre-temps, ces derniers avaient achevé leur visite officielle aux communautés du mouvement des Focolari en Terre Sainte.

Les membres du Conseil ont été accueillis à l’aéroport Ben Gourion de Tel Aviv par des représentants de la communauté locale des Focolari, dans l’atmosphère chaleureuse qui caractérise cette culture. Puis ils se sont rendus à la Domus Galilaeae, au bord du lac de Tibériade, où ils ont passé la première partie de leur séjour en Terre Sainte. Les locaux, construits par la communauté du Chemin néocatéchumenal lors du passage au nouveau millénaire, ont été bénis par Jean-Paul II au cours de sa visite historique en l’an 2000, lorsqu’il a célébré la messe devant des milliers de pèlerins, précisément dans la vallée qui surplombe le Mont des Béatitudes. Lors de sa bénédiction de ce bâtiment tout neuf, le Pape avait dit : « Le Seigneur vous a attendus ici, sur cette montagne ! » Des paroles lourdes de sens, inscrites aujourd’hui à l’entrée et qui accueillent tous les visiteurs venus voir la Domus Galilaeae.

La rencontre entre Maria Voce et le Conseil général des Focolari et la communauté néocatéchuménale a été très chaleureuse et marquée entre autres par des moments où ils ont fait meilleure connaissance. Le 22 février, fête de la Chaire de saint Pierre, les deux communautés se sont retrouvées pour la célébration eucharistique.

Entre-temps, le Conseil du Mouvement a passé trois jours et demi rythmés par des temps de méditation, de partage d’expériences et de travail destiné à définir les perspectives et les défis que les différentes branches des Focolari doivent aujourd’hui relever dans toutes les régions du monde, ainsi que dans les milieux ecclésiaux et sociaux où le Mouvement est présent et agit.

La mission de réaliser l’unité et la communion, que Chiara Lubich elle-même avait confiée au Mouvement pour les années à venir, est apparue de façon encore plus nette.


Extraits du Journal de Chiara 1956 pour vidéo : Notre voyage en Terre Sainte

Survolant la côte toute bleue du golfe de Beyrouth, je contemplais la ville adossée à des collines. L’avion se dirigeait vers la mer pour prendre de l’altitude. Je n’imaginais pas alors quelle incidence Jérusalem et les Lieux saints allaient avoir sur moi.

Le long de la route qui mène à Jérusalem, les troupeaux sont au pâturage.

Soudain, on nous invita à descendre, les voitures ne pouvant aller plus avant. Il fallait maintenant continuer à pied. C’était une vieille rue de Jérusalem, qui montait, entrecoupée de temps en temps de marches de pierre à gravir. Cette rue était la via crucis, le chemin de croix que Jésus parcourut jadis.

La cour intérieure de la tour Antonia, le Litostrophe, est l’endroit où Jésus a été flagellé. C’est maintenant le sol de la petite église dite de la Flagellation. Des vestiges de l’époque ornent le lieu.

Voici le petit escalier, encore en bon état, à ciel ouvert, dans le vert clair des prés qu’il longe et celui plus sombre des arbres. C’est là que le Maître, le cœur plein de tendresse envers ses disciples, choisis par le ciel certes, mais oh ! combien fragiles encore et incapables de comprendre, éleva sa prière vers le Père en son nom et au nom de tous ceux pour lesquels il était venu et allait mourir.

« Père Saint, qu’ils soient un… Comme tu m’as aimé ».

Le magnifique jardin de Gethsémani me vit recueillie et attristée dans l’église bien tenue, décorée avec goût, dont les vitraux diffusent une lumière violette ; en son centre se trouve une pierre, éclairée par une lumière rouge, qui rappelle le sang de Jésus. Jésus ! Il me semblait le voir, mais je n’osais l’imaginer.

Près des murs, des tombes, des tombes, encore des tombes, et dans la vallée de Josaphat, qui donnent l’impression d’une Résurrection qui n’a pas eu lieu, parce que des milliers de pierres jonchent le sol, dressées, renversées ou brisées, fruit des guerres passées.

Les lieux se sont profondément gravés dans ma mémoire : Bethphagé, le Gallicantus – l’endroit où avait chanté le coq – le lieu de l’Assomption de la Vierge, l’endroit où eut lieu l’Ascension…

Sous le soleil oriental, Jérusalem reste pleine de lumière. Elle offre son immense esplanade, terriblement vide, où s’élevait autrefois son magnifique Temple. Vide, à part une solide mosquée qui ne peut pourtant effacer les paroles de Jésus : « De toi, il ne restera pas pierre sur pierre ».

Béthanie, j’y allai par une belle journée ensoleillée et, alors que je gravissais les ruelles qui mènent à la tombe de Lazare, il me semblait entendre les paroles de Jésus à Marthe : « Une seule [chose] est nécessaire ».

« Seigneur, si tu avais été ici, mon frère ne serait pas mort. Jésus lui dit : « Ton frère ressuscitera. » « Je sais, répondit-[Marthe], qu’il ressuscitera lors de la résurrection, au dernier jour. » Jésus lui dit : « Je suis la Résurrection et la Vie : celui qui croit en moi, même s’il meurt, vivra et quiconque vit et croit en moi ne mourra jamais » (d’après Jn 11,21-26).

Un homme descendait de Jérusalem à Jéricho, il tomba sur des bandits qui, l’ayant dépouillé et roué de coups, s’en allèrent, le laissant à moitié mort. Il se trouva qu’un prêtre descendait par ce chemin ; il vit l’homme et passa à bonne distance. Un lévite de même arriva en ce lieu ; il vit l’homme et passa à bonne distance. Mais un Samaritain qui était en voyage arriva près de l’homme : il le vit et fut pris de pitié. Il s’approcha, banda ses plaies en y versant de l’huile et du vin, le chargea sur sa propre monture, le conduisit à une auberge et prit soin de lui. Le lendemain, tirant deux pièces d’argent, il les donna à l’aubergiste et lui dit : « Prends soin de lui, et si tu dépenses quelque chose de plus, c’est moi qui te le rembourserai quand je repasserai. » Lequel des trois, à ton avis, s’est montré le prochain de l’homme qui était tombé sur les bandits ? » Le légiste répondit : « C’est celui qui a fait preuve de bonté envers lui. » Jésus lui dit : « Va et, toi aussi, fais de même. » (Lc 10,30-37)

Sous le turban blanc dénoué, des visages sombres d’hommes, plus ou moins résignés à cette vie de misère. Des visages invisibles de femmes aussi, couverts d’un voile noir

Jésus fut conduit par l’Esprit au désert, pour être tenté par le diable. « Si tu es le Fils de Dieu, ordonne que ces pierres deviennent des pains. » « Si tu es le Fils de Dieu, jette-toi en bas ». « Tout cela je te le donnerai, si tu te prosternes et m’adores. » Alors Jésus lui dit : « Retire-toi, Satan ! Car il est écrit : Le Seigneur ton Dieu tu adoreras et c’est à lui seul que tu rendras un culte. » (d’après Mt 4,1-10).

En ces jours-là, Jésus vint de Nazareth en Galilée et se fit baptiser par Jean dans le Jourdain. A l’instant où il remontait de l’eau, il vit les cieux se déchirer et l’Esprit, comme une colombe, descendre sur lui. Et des cieux vint une voix : « Tu es mon Fils bien-aimé, il m’a plu de te choisir. » (d’après Mc 1,9-12).

Entré dans Jéricho, Jésus traversait la ville. Survint un homme appelé Zachée. Il courut en avant et monta sur un sycomore afin de voir Jésus. « Zachée, descends vite : il me faut aujourd’hui demeurer dans ta maison. » « Eh bien ! Seigneur, je fais don aux pauvres de la moitié de mes biens et, si j’ai fait tort à quelqu’un, je lui rends le quadruple. » Alors Jésus dit à son propos : « Aujourd’hui, le salut est venu pour cette maison, car lui aussi est un fils d’Abraham. En effet, le Fils de l’homme est venu chercher et sauver ce qui était perdu. » (d’après Lc 19,1-10).

Et toi, Bethléem, terre de Juda, tu n’es certes pas le plus petit des chefs-lieux de Juda : car c’est de toi que sortira le chef qui fera paître Israël, mon peuple. » (Mt 2-6).

Chaque pierre me disait un mot, bien plus qu’une parole, si bien qu’à la fin mon âme était submergée, toute empreinte de la présence de Jésus.

Je me souviens très nettement que, le septième jour, j’avais complètement oublié mon pays, mes parents, mes amis, en un mot, tout. J’étais là, immobile et heureuse, spirituellement stupéfiée au milieu de toutes ces pierres, sans rien d’autre à faire que de demeurer là et adorer. Adorer, l’esprit affermi en l’Homme‑Dieu, que ces pierres m’avaient expliqué, dévoilé, chanté et exalté !

Le forum social mondial – un lieu d’espérance pour les pauvres?

«En partant de Vienne, j’ai vu les images de la Place Tahrir au Caire. En arrivant à Dakar, un journal reportait en première page l’appel d’un imam à la prière pour que se retire le président Abdoulaye Wade. Espérons qu’il s’arrête à la prière, pensais-je. Le jour suivant, la messe d’ouverture du forum social mondial, dans l’église des martyres d’Uganda. L’homélie du cardinal Théodore-Adrien Sarr avait une forte connotation à la fois spirituelle et sociale. Elle dénonçait sans demi-mesures la corruption et cela en présence d’un ministre et d’autres personnalités de la vie publique.

D’emblée, les deux événements permettaient de comprendre le climat fortement politique à l’ouverture du 11ème forum social à Dakar (6-11 février). Cependant les 70.000 participants de la marche d’ouverture se dirigeaient dans un grand ordre vers l’université Cheikh Anta Diop. Un climat solidaire et fraternel a régné durant toute la semaine, troublé en rien par les difficultés d’organisation occasionnées par les plus de 400 conférences et manifestations quotidiennes

Une des conférences s’est tenue avec ‘transform!europe’ (réseau de culture de la gauche européenne) et les Focolari. Le titre, “Crises de la civilisation: interprétations et alternatives du point de vue chrétien, interreligieux et marxiste”, voulait mettre en évidence que, désormais, le fait religieux n’est pas seulement toléré, mais désiré. Les initiatives “de convergence” ont été privilégiées, c’est à dire celles de collaboration entre différents partenaires, soit dans le sens géographique, soit comme vision du monde. Sur la scène, des représentants des Focolari arrivés d’Italie, Autriche, France, Côte d’Ivoire, Guinée-Bissau et Sénégal – de religion catholique et musulmane. Du coté de transform!europe, étaient présents Marga Ferré (Espagne) et Walter Baier (Autriche) promoteur de l’idée de préparer ensemble cet évènement. Sa constatation finale, partagée par Marga Ferré: «J’ai appris [à partir des projets des Focolari] que la solidarité part du concret, en commençant par les plus nécessiteux. Donc aucun communisme, aucun marxisme sans ce sens d’empathie ! L’option pour les pauvres est plus qu’un simple amour envers le prochain; cela veut dire voir le monde avec les yeux des plus nécessiteux.»

Il continuait: «Nous avons besoin d’une éthique et d’une morale nouvelle ainsi que de développer, dans le dialogue, le sens de la vie. Personne ne doit imposer une autorité pour faire valoir son idée et personne ne peut dicter la direction à prendre. Nous devons développer le dialogue, unissant nos forces pour transformer l’étique. Ensuite, il faut un lieu politique et un changement des lois économiques.»

Et il concluait: «Il faut de l’amour pour être capable de faire de la politique, pas seulement de façon professionnelle, c’est à dire seulement en sachant manoeuvrer les mécanismes de la politique. […] Il faut savoir se consacrer. Sans l’amour, aucun changement de structure ne fonctionne. Appelons-le comme on veut : fraternité, amour, solidarité.»

Durant le forum à Dakar, la connaissance entre les ONG présentes a pu s’approfondir avec le désir de continuer à collaborer et à marcher ensemble sur le chemin entrepris. Les organisateurs ont émis le voeux que “Dakar s’étande” sur toute l’Afrique et le monde entier.

Un fil d’espérance pour les pauvres?

de Franz Kronreif*

* délégué des Focolari, avec Claretta Dal Rì, pour le dialogue avec les personnes sans référence religieuse

Canada, une journée mémorable

Avec les maires et politiques des Territoires Palestiniens

C’est dans le contexte bien connu, et malheureusement difficile, des Territoires palestiniens que Maria Voce, présidente des Focolari, rencontre quelques hommes politiques et des administrateurs locaux, chrétiens et musulmans. Parmi ceux-ci, se trouvent notamment le maire de Bethléem, Victor Batarseh ; le ministre du  tourisme, Madame Khouloud Daibes ; M. Ziad Al-Bandak, conseiller du président pour les rapports avec les chrétiens auprès du gouvernement palestinien.

L’initiative est venue de la Fondation Jean-Paul II. Depuis 2007, à partir d’une idée du Père Ibrahim Faltas, qui a été supérieur du couvent annexe à la Basilique de la Nativité, en particulier durant la période du “siège”, la fondation a investi une énergie considérable – avec l’aide de nombreuses institutions publiques et privées, surtout italiennes (la Conférence épiscopale italienne, la Province de Trente, la Région de Toscane, l’Acli[1]…) – pour réussir, par ses programmes, à fournir connaissances, ressources et infrastructures pour le développement de la Palestine, tant au niveau individuel qu’au niveau communautaire. Le Père Ibrahim souligne l’extraordinaire complicité qui existait entre Jean-Paul II et Chiara Lubich, «au point que cette rencontre est aujourd’hui plus que nécessaire».

Maria Voce a souligné, de son côté, combien elle était heureuse de «partager avec ceux qui ont entre leurs mains les destinées du monde, notre idéal de fraternité». Une fraternité qui, en politique, signifie agir afin que les gens se sentent appréciés et soutenus par ceux qui gèrent la chose publique. En effet, comme le disait Chiara Lubich, «la politique est l’amour des amours». Le maire de Bethléem a immédiatement tenu à noter «combien les idéaux des Focolari sont aussi les nôtres». Ils sont comme des stimulants qui peuvent nous pousser à abattre les murs qui divisent ces territoires. Non pas tant, ni seulement, les murs matériels, visibles, mais surtout les murs invisibles.

Le Père Ibrahim en est convaincu : «Ici, de la douleur immense du peuple est en train de naître une génération de jeunes responsables, qui veulent la paix et qui semblent avoir aussi la capacité de gérer le pouvoir. Cependant, il faut que la communauté internationale, civile et politique, soit proche d’eux, ouvre des horizons de paix et les soutienne, notamment par des initiatives comme celles que finance la fondation, qui travaille dans le domaine de l’instruction, de la promotion du sport et de la culture, du journalisme, de l’artisanat. Certainement, des initiatives d’une paix que je qualifierais de paix “profonde”, come celles des Focolari, sont essentielles pour garder espoir».

de Michele Zanzucchi

Source Città Nuova online


[1] L’ACLI (Associazioni Cristiane Lavoratori Italiani) regroupe les associations chrétiennes des travailleurs italiens.

Canada, une journée mémorable

La Palestine, une terre où ça vaut la peine de vivre.

« Ca vaut la peine de vivre sur cette terre. » Ce sont les vers d’une composition poétique palestinienne qui sont récités sur fond de power-point et qui reprennent les événements uniques dans l’histoire de l’humanité qui se sont passés dans cette partie du monde : la naissance de Jésus, son baptême, ses miracles, jusqu’à son apparition aux disciples d’Emmaüs. C’est le morceau ( ?) qui a conclu la fête à la fin de la rencontre de la communauté de la Terre Sainte avec Maria Voce et Giancarlo Faletti . Ils étaient arrivés nombreux de Jérusalem, Haifa, Nazareth, Ramallah, Gaza (groupe accueilli avec de chaleureux applaudissements) et Bethléem, où s’est tenue la rencontre dans l’après-midi du samedi 19 février.

Cette phrase qui exprime l’âme palestinienne semble la réponse immédiate à ce que, peu de temps avant, avait dit la présidente des Focolari, dans sa réponse à la question de Ghada de Gaza qui demandait une parole pour ceux qui vivent une situation si difficile. « Je voudrais vous dire une parole d’espérance. – a dit Maria Voce – Nous avons vu votre situation, vous êtes les bien-aimés. Vous êtes particulièrement dans notre cœur. L’Œuvre de Marie est avec vous, toute l’Œuvre de Marie. »

Après une présentation de diverses expériences de familles, de jeunes et d’adultes provenant de différentes parties de la Terre Sainte, quelques images ont accompagné toutes les personnes présentes dans les différents moments de l’histoire de l’Œuvre de Marie dans cette partie du monde, à partir des photos de la visite de Chiara Lubich en 1956. Ils ont vu les premiers pas accomplis à Nazareth à la fin des années ’60, grâce au Père Armando Bortolaso, devenu par la suite évêque d’Alep. Les premières Mariapolis dans les années 70 avec Aletta Salizzoni et Guido Brini et d’autres venant du Liban. Puis, l’arrivée des deux focolare en 1977 et en 1980 ainsi que le développement des Focolari avec les nombreuses souffrances de ces dernières décennies, mais aussi avec le développement de fruits inattendus dans le dialogue à différents niveaux.

Les questions à la présidente et au coprésident ont touché plusieurs points : des problèmes typiques des jeunes, à la souffrance, du choix de sa propre voie, au désir de sainteté ravivé par la béatification de Chiara Luce. Mais elles se sont surtout concentrées sur la spécificité de ce monde : les divisions entre chrétiens, les rapports avec les musulmans et les juifs, la vie d’une minorité chrétienne qui s’amenuise toujours plus sans une apparente espérance pour le futur.

Une note d’espérance est venue aussi du Nonce Apostolique Mgr Antonio Franco, qui après avoir été présent durant toute une partie du programme, a adressé à la salle des paroles chaleureuses : « Je vous salue avec affection. Sachez que vous m’êtes chers. La présence de la présidente et du coprésident ici signifie que vous avez tout le Mouvement avec vous. J’ai expérimenté la même chose lorsque le Pape était avec nous. J’ai senti la même force. C’est comme un passage du Seigneur qui veut vous donner quelque chose. Allons de l’avant renforcés ! »

Puis la fête finale ; danses et chansons, mais aussi un message fort qui soulignait le titre de la journée et qui ressortait sur le poster de l’avant-scène : Morceaux d’une magnifique mosaïque.

De Robert Catalano

Canada, une journée mémorable

Maria Voce à l’Université hébraïque de Jérusalem

À l’Université hébraïque de Jérusalem, au siège de l’Institut Truman pour la paix, Maria Voce tient une conférence intitulée : “Le rôle du dialogue pour promouvoir la paix”.

Environ quatre-vingts auditeurs choisis sont présents, parmi lesquels le nonce, Mgr. Antonio Franco ; l’évêque auxiliaire d’Israël, Mgr. Giacinto Marcuzzo ; le rabbin David Rosen ; Mme Debbie Weissmann, présidente de l’ICCJ[1] ; des rabbins et des professeurs d’université juifs, des représentants palestiniens, des responsables de communautés et de congrégations chrétiennes : signe évident de l’intérêt, en particulier de la part de personnalités du monde hébraïque, à l’égard du mouvement des Focolari, présent depuis plusieurs décennies en Terre Sainte. Une présence faite de nombreux contacts solides, instaurés au niveau personnel avec des chrétiens, des juifs et des musulmans, mais aussi à avec des institutions et des associations engagées dans le dialogue interreligieux

Maria Voce ouvre son intervention en citant ces propos de Chiara Lubich, adressés en 1969 à un groupe de jeunes : « En voyageant à travers le monde, j’ai pu me rendre compte de l’étendue des malheurs qui le frappent. L’humanité m’est apparue comme un immense Adam blessé. J’ai vu les luttes que des peuples se font entre eux et qui sont une menace permanente de guerre. J’ai vu les problèmes sociaux non résolus. Je me souviens de Jérusalem comme d’une ville divisée. Et dans tout le Proche-Orient, il existe des foyers de guerre qui mettent constamment la paix en péril. Je me suis alors demandé : que pouvons-nous faire, nous qui portons l’idéal de l’unité ? Nous devons tout faire pour que ces frères s’aiment entre eux ; ce corps doit retrouver la santé. Il faut rendre la santé à l’humanité ».

Puis, élargissant le discours, Maria Voce présente le “dialogue de la vie”, qui est propre aux Focolari ; un dialogue « qui ne met pas les hommes en opposition entre eux, mais permet à des personnes de croyances différentes de se rencontrer, et les rend capables de s’ouvrir les unes aux autres, de trouver des points communs et de les vivre ensemble ». Elle précise que ce dialogue, « nous le faisons non pas avec les religions ou entre les religions, mais avec les personnes, quelle que soit leur religion ». Un dialogue présenté comme un “signe des temps” plus actuel que jamais, dans la “nuit culturelle” qui traverse une grande partie de l’humanité : « Nous pourrions alors dire que l’on peut espérer voir émerger de cette nuit culturelle, qui apparaît aussi comme une nuit du dialogue, une nouvelle aptitude de la personne humaine pour le dialogue ».

Un tel dialogue possède une dimension ontologique et une éthique, à laquelle Chiara Lubich a donné une épaisseur toute particulière : « Dans le dialogue interreligieux, nous nous appliquons surtout, de part et d’autre, à pratiquer la fameuse “règle d’or” – “fais aux autres ce que tu voudrais que l’on fasse pour toi” –, ce qui signifie aimer les autres. Selon le Thalmud, Hillel l’exprimait en ces termes : “Ne fais pas à ton prochain ce que tu ne voudrais pas que l’on te fasse : c’est là toute la Torah ; tout le reste n’est que bavardage. Va, et apprends”.
Cette norme, nous le savons, est présente, sous différentes variantes, dans nos traditions monothéistes nées dans cette partie du monde. Mais elle l’est également dans les autres grandes traditions : confucéenne, bouddhiste et hindoue. Nous pouvons donc tous, hommes et femmes de bonne volonté, la mette en pratique dans notre existence quotidienne ». Et Maria Voce d’ajouter : « Là où elle est devenue réciproque, la pratique de la “règle d’or” a mis en marche une véritable méthodologie du dialogue, que l’on peut définir comme l’“art d’aimer”», proposé par Chiara elle-même.

Elle conclut : « Nous ne pouvons pas nous le cacher : ce parcours est difficile et exige de grands efforts pour surmonter les obstacles, vaincre la tentation de l’égoïsme, du repli sur soi. C’est le prix à payer pour transformer la blessure en bénédiction, la mort en vie, pour faire de la rencontre avec l’autre le lieu où fleurissent la paix et la fraternité ». Et, citant encore Chiara Lubich : « La fraternité n’est pas seulement une valeur ; elle est un paradigme global de développement politique, car elle suscite des processus positifs. Après des millénaires où l’histoire nous a fait expérimenter les fruits de la violence et de la haine, nous avons tous le droit, aujourd’hui, de demander à ce que l’humanité commence à goûter les fruits de l’amour ».

Au terme de cette conversation, un long et profond dialogue s’ouvre avec l’assistance sur diverses questions : le dialogue avec des personnes n’ayant pas de conviction religieuse ; le sérieux d’un dialogue qui ne se réduise pas à de simples rapports de courtoisie ; la rec

onnaissance de l’autre ; la “règle d’or”, qui n’est pas toujours facilement applicable dans certains contextes très tendus.

« Le message délivré par Maria Voce, celui de Chiara Lubich, met en lumière la présence de Dieu dans l’autre », commente, en conclusion, le Rabbin David Rosen. Et le Rabbin Émile Moatti ajoute : « Le dialogue doit pénétrer dans les plis de l’histoire des conflits, pour devenir lui-même histoire ».

Article de Michele Zanzucchi

Source : www.cittanuova.it


[1] ICCJ (International Council of Christians and Jews) ; Conseil international pour le dialogue entre juifs et chrétiens, qui regroupe au niveau mondial 38 organisations nationales

Canada, une journée mémorable

Haïfa : soirée avec les amis des Focolari

« A Jérusalem, les maisons, les écoles, les moyens de transport, les lieux de loisirs, les quartiers que nous habitons, tout est séparé : pour les arabes ou pour les juifs. C’est vraiment difficile de vivre dans un tel milieu. »

« Je suis une fille à l’aspect européen et, vu mon apparence, on sait tout de suite que je suis juive orthodoxe. Dans notre ville, ce n’est pas toujours vu de façon positive. Je ne connais pas un mot d’arabe et j’ai été éduquée à fuir les situations où je pourrais me trouver au milieu d’un groupe de Palestiniens. »

Ces paroles de N. et J., deux jeunes de Jérusalem, l’une arabo-chrétienne et l’autre juive, décrivent les différents mondes de Jérusalem. Ils vivent l’un à côté de l’autre, se frôlent, se touchent dans cette ville, « sainte » pour tous, mais chargée d’une tension que l’on respire et que l’on sent peser sur ses épaules. Elles ont toutes deux participé à la rencontre qui s’est tenue hier soir dans une salle de la Castra Gallery, un centre commercial à la périphérie sud de Haïfa : une centaine de personnes pour une rencontre toute simple. Des juifs, des chrétiens et des musulmans sont venus, de Haïfa, de Tel Aviv, de Jérusalem, de Nazareth et d’autres villes de Galilée. Ils ont appelé cette rencontre avec Maria Voce : « Quel plaisir, quel bonheur que des frères habitent ensemble ! » (Ps133). Les nombreux intervenants ont présenté un tableau riche et varié auquel tous ont apporté leur contribution.

A Haïfa, depuis déjà quelques années, des juifs et des chrétiens se retrouvent une fois par mois pour approfondir l’Ecriture Sainte dans les traditions respectives. Il suffit de s’écouter, de chercher à comprendre le point de vue de l’autre. Sans syncrétisme. Cela porte « à une amitié vraie et sincère, toujours plus solide », si bien qu’un mois entre deux rencontres leur semble trop long !

Une jeune arabe expose le projet destiné à tisser des relations d’amitié entre étudiants des trois religions. Elle dit : « Les plus beaux moments que nous avons vécus ont été ceux des visites aux lieux sacrés de nos religions respectives : le Mur des Lamentations, le Saint Sépulcre, et la Mosquée .Cette expérience a changé ma vie ».

D’autres témoignages concernent la crise de Gaza, quand il y a trois ans, des juifs, des chrétiens et des musulmans se réunirent pour prier pour la paix. Un cas unique dans tout le territoire d’Israël. Les voix de ceux qui parlent sont émues, parce que le courage qu’il fallait manifester à cette occasion avait été énorme et allait complètement à contre courant du mode de pensée ambiant.

Des faits de la vie quotidienne, d’écoute, de découverte de celui qui-est-différent-de-soi.

Des personnes qui lancent un défi à la paix, comme l’illustrent ces paroles d’une jeune juive :

« Il est écrit dans la Mishna que Dieu ne trouve aucun instrument qui contienne sa bénédiction, sinon la Paix. Ce n’est qu’avec la paix véritable que nous obtiendrons toutes les bénédictions que le Père des Cieux veut donner à ses enfants ».

Maria Voce est visiblement émue quand elle remercie ceux qui ont parlé. Il semble évident que « rien n’est petit  de ce qui est fait par amour », comme le disait Chiara Lubich. C’est même très grand, parce qu’il s’agit là de déplacer des montagnes de préjugés. Voilà le miracle de la soirée de Haïfa.

La Présidente des Focolari souligne la dimension prophétique de ce qu’ils ont vécu pendant la crise de Gaza : « C’est une expérience qui repose sur Dieu et sur sa volonté, et sur la souffrance partagée : c’est la chose la plus précieuse aux yeux de Dieu. Elle portera des fruits qui vont durer, j’en suis sûre ». Elle souligne que cela a été une contribution importante à l’Histoire : « Des témoignages, petits mais nécessaires pour que le tableau de la paix soit complet ».

Elle raconte ensuite comment elle a rencontré durant toutes ces journées des personnes de toutes les religions, de véritables  frères et soeurs. Et elle cite l’Ecriture : « Bienheureux le peuple qui a Dieu pour Seigneur ».

La soirée se termine par un repas. Tous ont apporté quelque chose, des plats arabes et des plats kasher. On ne distingue plus ni juifs et ni arabes, ni  chrétiens ni musulmans.

Elles sont vraies les paroles de cette jeune musulmane : « Maintenant, je regarde l’autre au-delà de sa religion. Nous sommes encore un petit groupe, mais bien engagés pour que s’agrandisse  le cercle des amis ».

Roberto Catalano

Canada, une journée mémorable

Suisse : musulmans et chrétiens en dialogue

« La multiplicité est un don de Dieu », a affirmé M. Mokrani, lors de la journée interreligieuse à Baar, le 13 février 2011, où 70 musulmans et chrétiens, venus des différentes régions linguistiques de Suisse, ont expérimenté ce don.

Pour la quatrième fois, une journée de dialogue islamo-chrétien a eu lieu au centre de rencontre et de formation Eckstein. Ce sont des musulmans qui ont fait les principales interventions. En effet, deux théologiens musulmans, Adnane Mokrani, sunnite originaire de Tunisie, et Sharhzad Houshmand, chiite, originaire d’Iran, avaient fait le voyage depuis Rome. Avec Paul Lemarié, chrétien spécialiste de l’islam, ils ont apporté une contribution fondamentale à cette journée intitulée : « Un seul soleil – mille rayons. La volonté de Dieu dans le christianisme et dans l’islam ».

Unité dynamique

« Pour nous, la multiplicité est un don de Dieu qui nous aide à nous compléter », a déclaré Adnane Mokrani. « Il s’agit d’une unité dynamique qui n’annule pas les différences, mais qui montre qu’elles sont une richesse. Cette unité s’inscrit dans le plan de Dieu sur nous, sur les hommes », a souligné le théologien musulman. Et Shahrzad Houshmand a expliqué que, selon le Coran, les paroles de Dieu sont en nombre illimité et on peut en déduire que chacun de nous est une Parole de Dieu et a été créé par Lui comme un don pour les autres. »

La règle d’or

Après les conférences, il y a eu des temps de dialogue en petits groupes. « L’écoute du message transmis par les deux religions, à travers un échange réciproque, a mis en lumière, de façon positive, nos points communs et nos différences », a commenté Ornella Carù, membre du groupe ayant préparé la journée. « À partir de ce dialogue vivant et enrichissant, c’est le principe de la Règle d’or qui s’exprime sous des formes semblables dans presque toutes les religions : « Fais aux autres ce que tu voudrais que l’on te fasse. »

Les imams présents et les responsables de diverses communautés étaient très impressionnés par ce dialogue, qui a renforcé en chacun le désir de travailler ensemble pour répondre aux défis de notre société.

Au moment de se séparer, un musulman qui participait pour la première fois à une rencontre de ce genre s’est exclamé : « Je suis arrivé ici en croyant être ‘riche’, mais je me suis rendu compte à quel point j’étais ‘pauvre’, et maintenant, me voilà enrichi et libre ! »

Canada, une journée mémorable

Maria Voce a été reçue par Mgr Giacinto Marcuzzo

Aujourd’hui, 16 février, la matinée se déroule dans la bourgade d’Emmaüs, à 27 km de Jérusalem, dans la plaine vers la capitale Tel Aviv. C’est une des trois localités du même nom qui pourrait se vanter d’avoir offert la scène de son temps qui conclut l’Evangile de Luc: après la crucifixion, deux disciples de Jésus en chemin se rappellent les événements douloureux qui viennent de se passer, quand un homme les accoste et leur explique les Ecritures, les remplissant de paix. C’est “au moment de rompre le pain” – raconte l’Evangile –, que les deux disciples reconnurent qu’il s’agissait de Jésus ressuscité lui-même.

Maria Voce a été reçue par Mgr Giacinto Marcuzzo, évêque auxiliaire des Latins, titulaire du siège d’Emmaüs-Nicopolis. L’évêque lui a confié, ainsi qu’à toute la délégation du Centre du Mouvement qui l’accompagnait, les différents motifs du choix de ce siège au moment de son élection. Il s’agit d’un des douze diocèses chrétiens qui existaient aux premiers siècles en Terre Sainte, qui ramène tous les chrétiens à l’endroit où tout a recommencé après la mort de Jésus et enfin, mais pas le moindre, parce qu’encore jeune prêtre, il avait vu la destruction du village d’Emmaüs en 1967, après la Guerre des Six jours.

La présidente des Focolari, de son coté, a raconté à l’évêque un fait qui la concerne personnellement. Comme beaucoup savent, on l’appelle souvent  Emmaüs à l’intérieur du Mouvement. “C’est Chiara elle-même qui m’a donné ce nom en 1964. Elle était venue parler à un groupe de jeunes focolarines sur la réalité de Jésus au milieu de nous que réalise le passage de Matthieu 18,20 ‘Là où deux ou trois sont réunis en mon nom, je suis au milieu d’eux’, si nous nous engageons à vivre le commandement nouveau réciproquement. Avec mon enthousiasme de jeune, j’avais écrit à Chiara que je désirais donner ma vie pour réaliser cette phrase. Elle me donna alors ce nom, Emmaüs, parce que les deux disciples avaient vécu et expérimenté la présence de Jésus parmi eux.”

La rencontre a été pleine de signification, dans ce lieu unique de l’histoire de la toute première communauté de Jérusalem. La messe célébrée par Mgr Marcuzzo et concélébrée par Giancarlo Faletti, coprésident du Mouvement, a été un moment riche de communion avec des notes précieuses sur les fruits de la présence du Christ au cœur de la communauté.

Le charisme de Chiara Lubich, fortement centré sur la présence de Jésus parmi les hommes, est venu en lumière justement à cet endroit où cela s’est réalisé vitalement et historiquement.

de Roberto Catalano

Canada, une journée mémorable

Avec les représentants des différentes Eglises Chrétiennes en Terre Sainte

C’est le patriarche latin, Mgr Foud Twal, qui donne le ton aux rendez-vous que Maria Voce a durant sa visite à Jérusalem qui a débuté le 11 février dernier: «Les préoccupations des personnes sont les nôtres. On a l’impression que la montée au Calvaire n’a jamais de fin ici en Terre Sainte». Mais il ne faut pas se décourager: «L’espérance ne meurt jamais. Par exemple, je vois qu’il existe en ce moment plus d’une centaine d’associations qui regroupent des juifs, des chrétiens et des musulmans de cette région. Des personnes qui veulent toutes dialoguer. Je me rends compte que petit à petit, peut-être à cause de tant de souffrances vécues, on commence à s’appeler “proches” et non plus “ennemis”». Maria Voce reprend: «Si dans l’instinct de défense des personnes s’infiltre une miette d’amour, alors on fait un pas de plus, on avance», sans céder au désespoir. Le patriarche conclut : «ça c’est notre spécialité à nous chrétiens, semer de l’amour et aller de l’avant».

Même fond de souffrance, mais aussi de confiance, dans l’entretien que la présidente a avec l’évêque luthérien Munib Younan, président de la Fédération mondiale luthérienne: «Je me rends compte – commence-t-il – que les personnes ont la forte tentation de s’occuper seulement des choses matérielles. Non, ici il y a un besoin de Dieu». Et il précise: «Nous avons besoin d’une profonde spiritualité, pour nos enfants et pour nous-mêmes, une spiritualité profondément évangélique». Maria Voce fait remarquer comment une telle spiritualité souhaitée par l’évêque est naturellement oecuménique.

Au Patriarcat arménien apostolique orthodoxe, Maria Voce s’entretient avec l’évêque Aris Shirvanian. «Nous devons être unis pour défendre l’Eglise chrétienne – dit-il –, mais je ne peux pas dire que, pour nous arméniens, il existe des problèmes particuliers pour que nous continuions à vivre pour maintenir notre foi, notre héritage». Maria Voce souligne la grandeur de cette vocation. «Oui – reprend l’évêque – il faut se défendre, mais surtout chercher à être des “ponts” entre les Eglises, des ponts entre les religions, des ponts entre les peuples».

Accueil chaleureux, à la libanaise, à l’archevêché maronite de Terre Sainte, une communauté d’environ dix mille fidèles, surtout en Galilée, avec l’évêque Mgr Paul Nabil Sayah. L’évêque maronite souligne l’importance de la dimension pastorale de l’action des Eglises chrétiennes en Terre Sainte, en particulier dans la famille et pour la famille: «On ne donne jamais assez de place à l’éducation, qui est la vraie priorité pour nous. Avec une bonne éducation, on peut espérer arriver ensuite à la paix». Le désir de coopérer est également confirmé par Maria Voce.

Enfin, une visite de marque au patriarcat grec orthodoxe de Jérusalem, où Sa Béatitude le patriarche Theophilos III reçoit Maria Voce et ses collaborateurs. Ceux qui connaissent l’histoire savent tous les conflits qui ont opposé dans le passé les différentes Eglises présentes en Terre Sainte. Le climat s’est certainement amélioré, même s’il est encore parfois difficile de parler de “véritable oecuménisme”. Mais dans le colloque entre le patriarche et la présidente on respirait le désir “d’élever le ton de la discussion”, en s’ancrant « à l’unité des chrétiens “en Christ”, dans son amour», comme le précise Theophilos III. Maria Voce explique ce que veut dire “unité” pour les focolarini, «l’unité que Jésus a demandé à son Eglise».

de Michele Zanzucchi

Source: Città Nuova online

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Avec le Rabbin Ron Kronish

Depuis hier je me trouve à Jérusalem, avec Maria Voce. Dans son agenda très chargé, figurent des rendez-vous avec des personnes de tradition juive et musulmane. Ces rencontres ont pour but de rappeler l’engagement pour le dialogue, à tous les niveaux. Aujourd’hui a eu lieu la première de ces rencontres, avec le rabbin Ron Kronish, fondateur et directeur de l’Interreligious Coordinating Council of Israel (ICCI) [Conseil de coordination interreligieux d’Israël]. À 15 heures, nous nous retrouvons avec le Rabbin Ron Kronish. C’est un  vieil ami du Focolare, ainsi qu’il se définit lui-même. Le siège de l’ICCI (http://english.icci.org.il/) est situé dans un quartier non loin du centre de Jérusalem, sur l’ancienne route de Bethléem, encore très fréquentée et grouillante de vie. L’ICCI est une organisation fondée en 1991, le soir qui a précédé le déclenchement de la première guerre du Golfe. C’était le 16 janvier, et tout le monde en Israël portait des masques à gaz, dans un climat de peur d’une guerre imminente. À Ratisbonne, le centre que j’ai visité justement ce matin, s’étaient rencontrés dans une cave quelques hommes de dialogue qui, malgré la guerre, avaient décidé que le monde avait besoin de paix. Le centre travaille à différents niveaux, mais surtout auprès des jeunes et des femmes. Son but est en effet la formation à la paix. Il s’agit de créer une mentalité de base, afin de prendre conscience que les conflits existent – et, là, Kronish se réfère en particulier au conflit entre Israéliens et Palestiniens – des conflits qu’il n’est pas facile de résoudre, mais que l’on peut malgré tout travailler pour la paix de demain. Le slogan n’est pas tant La Paix maintenant !, mais La Paix après ! Ce sont surtout les jeunes générations qui doivent être encouragées à reconnaître l’autre, à l’écouter et à le découvrir, jusqu’à le voir non plus comme un ennemi mais comme un prochain à accepter dans sa différence. Les expériences de  ces vingt années de cours, réalisés à l’intérieur d’Israël avec des adolescents et des jeunes musulmans, juifs et chrétiens, sont d’une très grande richesse. Seuls, 5% abandonnent les cours ; les autres vont jusqu’au bout. Ceci montre leur intérêt et leur engagement, mais c’est aussi une source d’espoir car ils sont désormais des milliers à avoir bénéficié de cette vision nouvelle. En parlant avec Maria Voce, Ron Kronish ne cache pas que le monde a changé depuis 1991. La paix, alors, était proche ; il semblait possible de la réaliser. Aujourd’hui, elle est beaucoup plus lointaine. Il faut en être conscient, sans perdre l’espoir. Maria Voce a parlé elle aussi de l’engagement des Focolari dans le domaine de la formation, et a souligné la convergence d’idées et de méthode avec l’ICCI. Kronish a demandé de pouvoir poursuivre la collaboration et, surtout, de le faire avec des jeunes et des adolescents. (article de Roberto Catalano, extrait de Città Nuova: www.cittanuova.it )

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Evêques: Dieu proche de l’homme

à l’audience du 9 février, Benoît XVI les a salué avec joie: « Je suis heureux de l’opportunité que vous avez de pouvoir confronter vos expériences ecclésiales de différentes parties du monde, et je souhaite que ces journées de prières et de réflexion puissent porter des fruits en abondance pour vos communautés « . Leurs réflexions se sont faites “à la suite du charisme de Chiara Lubich qui est en profonde harmonie avec le charisme de l’évêque”, comme l’exprimait à l’ouverture le cardinal Miloslav Vlk, modérateur du congrès; et il poursuivait: “Il s’agit de savoir accueillir l’Amour de Dieu qui veut le bien de l’humanité en se faisant proche de chaque homme”. Le cardinal Marc Ouellet, préfet de la Congrégation pour les Evêques a souligné que “La spiritualité de communion, écho du Concile Vatican II entièrement centré sur l’Eglise mystère de communion…, est portée de l’avant par le Mouvement des focolari de façon charismatique”. Face aux défis qui se présentent aujourd’hui à l’Eglise, particulièrement dans les pays de tradition chrétienne antique, mais aussi en beaucoup d’autres parties du monde, les évêques ont voulu prêter leurs voix aux nouvelles réponses que l’Esprit-Saint a suscitées ces dernières années, tels la communion et la collaboration entre nouveaux et anciens charismes, le dialogue œcuménique et interreligieux et le dialogue avec la culture – dite – laïque. Le cardinal Gianfranco Ravasi, président du Conseil Pontifical pour la Culture, a mis en évidence le passage d’une société multiculturelle à une interculturelle qui sait intégrer les différentes cultures et croyances, comme le démontre l’expérience à peine commencée de “la Cour des Gentils”, expression créée par Benoît XVI faisant référence au dialogue entre foi et culture. Reflétant cette interculturalité, la table ronde qui a précédé son intervention, a mis en relation les différentes dynamiques présentes dans nos sociétés, vues sous l’angle de l’économie (prof. Stefano Zamagni), de la mystique (P.Fabio Ciardi), des rapports sociaux (prof. Vera Araújo) et internationaux (prof. Vincenzo Buonomo). Dans la continuité du thème du congrès, Maria Voce, présidente du Mouvement des focolari, a centré son intervention sur Les desseins de Dieu dans la pensée et dans la vie de Chiara Lubich. à la clôture du congrès, samedi 12 et dimanche 13 février, 25 évêques sont allés à la Citadelle internationale des Focolari, Loppiano (près de Florence), qui témoigne avec ses 900 habitants qu’une société guidée par l’Evangile est possible. Parmi les différents rendez-vous, la rencontre avec l’Institut Universitaire “Sophia”, qui en est désormais à sa troisième année de cours interdisciplinaires.

Canada, une journée mémorable

1956 : J’ai vu la Terre sainte


La pierre trouée

Survolant la côte toute bleue du golfe de Beyrouth, je contemplais la ville, récemment ébranlée pas un tremblement de terre, adossée à des collines constellées de milliers de petites maisons. L’avion se dirigeait vers la mer pour prendre de l’altitude et passer, en revenant vers la côte, au-dessus des premières montagnes de Palestine. Je n’imaginais pas alors quelle incidence Jérusalem et les Lieux saints allaient avoir sur moi.

Je ne m’y rendais pas en pèlerinage. Certes, des noms comme Bethléem, Jéricho, Jérusalem, Béthanie, ne me laissaient pas indifférente, mais le but premier de ce voyage était un devoir à accomplir.

Depuis Rome, j’étais en compagnie de quelques amis qui m’accompagnaient dans mon voyage si bien que, lorsque le bimoteur qui nous emportait de Beyrouth à Jérusalem atterrit, après un vol intrépide au-dessus des montagnes du Liban, couvertes de neige, sur laquelle se détachait le Mont Hermon, l’amie qui m’attendait nous fit monter dans deux taxis qui se dirigèrent vers Jérusalem.

La joie de nous retrouver après une longue séparation, l’échange de nouvelles de part et d’autre, m’empêchèrent de me rendre compte du chemin parcouru, quand brusquement on nous invita à descendre, les voitures ne pouvant aller plus avant. Il fallait maintenant continuer à pied.

C’était une vieille rue de Jérusalem, qui montait, entrecoupée de temps en temps de marches de pierre à gravir. Une rue misérable, large peut-être de trois mètres, où résonnaient les cris des marchands qui, de chaque côté, vantaient leur marchandise. Elle exhalait une odeur, mélange de sueur, de saleté, de peaux d’animaux, de fruits parfumés et de pâtisseries multicolores. La foule déambulait, jouait des coudes, vêtue des costumes les plus variés de l’Orient et de l’Occident. Les boutiques étaient installées sous les arcades des maisons antiques, presque dans des sous-sols, sous de vieilles voûtes qui rendaient l’atmosphère encore plus sombre. Avec la foule bigarrée, avec les mouches qui bourdonnaient autour des gâteaux, il y avait aussi chèvres et moutons. Sous le turban de couleur blanche dénoué, des visages d’hommes sombres, plus ou moins résignés à cette vie de misère. Des visages invisibles de femmes aussi, couverts d’un voile noir.

Nous montions, et tout au long de ce bazar, de temps en temps, l’ami – notre ami aussi désormais – nous indiquait une porte un peu plus propre que les autres, porte de chapelle sans doute, bien que fort peu de choses la distinguât des maisons voisines, et nous disait : « Voici une station, ici la troisième, là la quatrième… Ici Jésus rencontra Marie, là Simon de Cyrène … »

De toute évidence, cette rue était la via crucis, le chemin de croix que Jésus parcourut jadis. Et elle était demeurée une via crucis pour ceux qui y habitaient et ceux qui y passaient.

Quelques mètres plus loin, on nous annonça : « Nous sommes arrivés au sépulcre. Ici, dans cette église, à la charpente robuste, vraiment laide, se trouve ce que l’on peut imaginer de plus sacré : le calvaire et le sépulcre ».

A vrai dire, j’étais un peu préparée à affronter ce lieu, parce que la dernière partie du chemin m’avait inspiré un vif sentiment de douleur et presque d’effarement. Il me semblait que Jésus était encore entre les mains de ses bourreaux et que des luttes sans fin avaient empêché ceux qui en avaient le droit de garder, avec amour et vénération, ces pierres, ces lieux où il était passé.

Nous entrâmes. Le chemin dans l’église, je n’en garde pas souvenir. nous empruntâmes un petit escalier étroit, au marbre poli par les millions de pèlerins qui l’avaient gravi, et nous nous trouvâmes en face d’un autel. Les Grecs orthodoxes et les Arméniens pouvaient également y célébrer leurs offices.

Un guide nous montra un trou, à travers une vitre qui protégeait un rocher, et nous dit : « C’est dans ce trou que fut plantée la croix ».

Soudain, sans nous être concertés, nous nous trouvâmes tous à genoux.

Je me recueillis un instant.

Dans ce trou avait été plantée la croix… la première croix.

S’il n’y avait pas eu cette première croix, ma vie, la vie de millions de chrétiens qui suivent Jésus en portant leur croix, mes souffrances, les souffrances de millions de chrétiens n’auraient pas eu de nom, n’auraient pas eu de sens. C’est lui qui, élevé ici en croix comme un malfaiteur, donna valeur et raison d’être à l’océan d’angoisse qui envahit l’humanité en chacun de ses membres, et parfois la submerge.

Je ne dis rien à Jésus à ce moment-là. Cette pierre trouée avait tout exprimé.

J’ajoutai seulement, comme un enfant extasié : « C’est ici, Jésus, que je veux, à nouveau, planter ma croix, nos croix, les croix de tous ceux qui te connaissent et de tous ceux qui ne te connaissent pas. »

Je sortis du sépulcre avec un sentiment bien différent de celui que j’avais en entrant. J’étais confiante, pleine d’espérance : un jour peut-être ce ciel de Jérusalem, qui aujourd’hui couvre une multitude de frères éloignés les uns des autres, entendra-t-il à nouveau, si quelqu’un demande à voir un frère qui n’est encore pleinement uni, les paroles de l’ange à Marie-Madeleine : « Il est ressuscité, il n’est pas ici [76]. »


Extraits de Scritti Spirituali 1 “L’attrattiva del tempo moderno” – Città Nuova,  3° ed.1991

Canada, une journée mémorable

Voyage en terre Sainte/1

Voici la rencontre avec quelques représentants des mouvements ecclésiaux présents à Jérusalem. Ici, où la Grande Histoire a connu un nouveau départ, et où également la petite « histoire sainte » de chaque groupe cherche son espace et son chemin spécifique. Une centaine de personnes présentes, dans une salle de la Custodie de Terre Sainte, juste derrière la Nouvelle Porte.

Le Chemin Neuf, les Béatitudes et l’Emmanuel de France ; Chanson nouvelle, Fils de Marie, Œuvre de Marie et Communauté Shalom du Brésil ; Regnum Christi du Mexique ; Association Jean XXIII, Communion et libération et Focolari d’Italie (mais de dimension internationale), ont raconté avec simplicité leur aventure, chacune très originale, et en même temps très semblables. Chemins qui, pratiquement presque tous, travaillent en fin de compte dans l’accueil : ils rencontrent les pèlerins, travaillent à favoriser la connaissance de la Terre Sainte et de ses trésors (jusqu’aux dimensions œcuméniques et interreligieuses), et favorisent le tourisme dans les lieux saints. De nombreux mouvements et communautés, ensuite, se spécialisent dans l’évangélisation à travers les médias. Et les activités communes, de deux ou plusieurs communautés ensemble, ne sont pas ici l’exception.

Comme tout ce qui concerne la chrétienté, ici à Jérusalem, cette rencontre n’a cependant pas une dimension quantitative, mais qualitative. C’est la qualité des rapports qui est mise en relief. « C’est peut-être même un devoir des mouvements et des nouvelles communautés que de porter à l’Eglise catholique et plus généralement à la chrétienté l’unique primauté évangélique, celle de l’amour », explique une jeune de la communauté du Chemin Neuf.

Les mouvements présents en ces lieux depuis des décennies et d’autres présents seulement depuis quelques mois à peine se sont retrouvés. Convivialité et fraternité : telles furent les caractéristiques du rendez-vous, notées par Maria Voce dans le  récit de cet évènement.

Au cours d’un franc dialogue avec les personnes présentes, Maria Voce a décrit surtout le sens du dialogue entre mouvements et nouvelles communautés : « Ici, je me trouve face à des personnes et des groupes qui veulent témoigner de cet amour réciproque qui construit l’Eglise ».

En particulier, en répondant à une question d’un représentant de Communion et Libération, elle a dit : « Certainement, après la veille de Pentecôte 1998 », sur la place Saint-Pierre, convoqués par Jean-Paul II, « nous nous sommes sentis liés, unis par un appel du Pape qui invoquait l’Esprit Saint. Depuis ce moment-là, Chiara Lubich a perçu chez le Pape le désir que les mouvements soient davantage en communion entre eux ». Pour favoriser « cette présence charismatique qui est « coessentielle » à la dimension pétrinienne ». Ainsi, depuis lors « là où se trouve le Mouvement des Focolari, il y a aussi ce désir d’unité entre les mouvements et les nouvelles communautés ».

« Comment vivre le dialogue œcuménique et interreligieux en Terre Sainte ? » a demandé une jeune brésilienne. « Le dialogue est un style de vie – a répondu Maria Voce –, plus que quelque chose qui se fait. C’est se mettre face à l’autre dans l’amour ». En aimant de façon désintéressée, toujours, en premier, tous, même les autres chrétiens, même les fidèles des autres religions. « Pour nous, le dialogue a toujours été un dialogue entre personnes, non entre idéologies ou religions… Parce qu’il y a l’amour à l’intérieur de tous les hommes de la Terre. » Et puis « l’unité vient de Dieu, qui a seulement demandé aux hommes de s’aimer ».

par Michele Zanzucchi