Mouvement des Focolari

Chiara Lubich : pardonner comme le fait une mère

« De Jésus, nous n’entendons pas des paroles de mépris, de condamnation, mais seulement des paroles d’amour, de miséricorde », a déclaré le pape François lors de son premier Angélus, le 17 mars 2013. En effet, la miséricorde, le pardon, sont des vertus caractéristiques du chrétien que nous pouvons exercer avec chaque frère et sœur que nous rencontrons au cours de notre journée. […] Qu’est-ce qui rend la miséricorde aussi puissante et lui donne toujours le dessus sur la justice ? Et pourquoi Jésus met-il cette vertu autant en relief, au point d’en faire une condition pour notre Salut personnel ? […] Comme l’explique Jean-Paul II, la miséricorde est « la dimension indispensable de l’amour, elle est comme son deuxième nom »[1]. […] Dans la prière du Notre Père, on retrouve la même idée exprimée en d’autres termes : « Pardonne-nous nos offenses, comme nous pardonnons aussi à ceux qui nous ont offensés. » Au ciel, s’applique la loi selon laquelle nos fautes nous sont remises dans la mesure où nous remettons celles de nos frères et sœurs. Le thème de la miséricorde et du pardon est une constante de tout l’Évangile. Dans la nuit qui précède sa Passion, en prononçant son ultime prière au Père, Jésus nous fait connaître l’objectif qu’il a toujours eu devant Lui : l’unité de tous, hommes et femmes, en une grande famille qui se modèle sur la Trinité. Tout son enseignement est tendu à nous communiquer son amour d’une part et, d’autre part, à nous donner l’instrument pour réaliser la communion entre nous et avec Dieu. Et la miséricorde est justement l’ultime expression de l’amour, de la charité, car elle l’accomplit et la rend parfaite. Cherchons donc à vivre, dans toutes nos relations avec les autres, cet amour empreint de miséricorde ! La miséricorde est un amour qui sait accueillir chaque prochain, en particulier le plus pauvre et le plus dans le besoin. Un amour sans mesure, abondant, universel, concret. Un amour qui tend à susciter la réciprocité, fin ultime de la miséricorde, sans laquelle n’existerait que la justice qui est en mesure de susciter l’égalité mais pas la fraternité. De nos jours, on entend souvent parler de pardon refusé à de grands criminels. On réclame vengeance plutôt que justice. Il faut, au contraire, après avoir fait tout le possible pour que les dommages soient réparés, laisser place en nous au pardon, seul capable de guérir les traumatismes personnels et sociaux engendrés par le mal. « Pardonnez et vous serez pardonnés[2]. » Alors, si nous avons subi une offense, une injustice, pardonnons et nous serons pardonnés. Soyons les premiers à faire preuve de miséricorde, à exprimer notre compassion ! Même si cela nous semble difficile et ardu, demandons-nous, face à chaque prochain : comment sa mère se comporterait-elle avec lui ? Cette pensée nous aidera à comprendre et à vivre selon le cœur de Dieu.

Chiara Lubich

(Chiara Lubich, in Parole di Vita, Città Nuova, 2017, p. 632) [1] Dives in Misericordia, 7 [2] Lc 6, 37.

Le dialogue comme mode de vie

Le dialogue comme mode de vie

Du 31 août au 8 septembre 2022, la 11e Assemblée du Conseil œcuménique des Églises (COE) se tiendra à Karlsruhe, en Allemagne. La contribution du mouvement des Focolari, lié à la COE par une longue histoire d’amitié et de collaboration. Dans un monde déchiré par les conflits, traversé par une pandémie qui a accentué les inégalités, par une crise climatique sans précédent, caractérisé par des avancées scientifiques et technologiques qui créent souvent de nouvelles inégalités entre les personnes et les régions du monde, est-ce encore le cas de parler d’unité ? Et quelle est la contribution des chrétiens à sa réalisation ? Cette réflexion sera au centre des travaux de la 11e Assemblée du Conseil œcuménique des Églises (COE) qui se tiendra du 31 août au 8 septembre 2022 à Karlsruhe, en Allemagne. L’Assemblée, qui en est à sa onzième année, constitue le gouvernement du Conseil œcuménique des Églises (COE), se réunit normalement tous les huit ans. Aujourd’hui, 350 Églises dans 110 pays du monde entier sont membres de la COE, représentant environ 500 millions de chrétiens. Cette année, quelque 4000 personnes venues du monde entier participeront à cette session L’unité est, pour les chrétiens, la réalisation de la prière de Jésus « Que tous soient un » (Jn 17,21). Une invocation qui donne la certitude que « l’amour du Christ pousse le monde à la réconciliation et à l’unité », comme l’exprime le titre de l’événement. Les travaux de l’Assemblée partiront précisément de réflexions sur les grands défis de la planète qui ont révélé des vulnérabilités, des clivages et des injustices ethniques, économiques et sociales. Mais qui ont également mis en évidence l’interdépendance entre les individus et les peuples, la responsabilité que nous avons les uns envers les autres dans un monde où personne ne peut se sauver seul. Les Églises chrétiennes se réunissent donc ensemble pour un temps de prière et de célébration, mais aussi de réflexion et d’action. Une occasion d’approfondir leur engagement en faveur du dialogue, de l’unité visible et du témoignage commun. Le programme destiné aux délégués officiels des différentes Églises est complété par une centaine d’ateliers et de stands proposés au public par les Églises, Communautés et Institutions. Parmi celles-ci figure également la contribution du mouvement des Focolari, qui s’appuie sur son expérience du dialogue(Cf all’esperienza di dialogo) . L’équipe du Centre « Uno », le secrétariat international pour l’œcuménisme du Mouvement des Focolari, avec des représentants du Mouvement d’Allemagne, de Suisse, d’Irlande et de Roumanie, sera présente avec un stand pendant toute l’Assemblée. Le 5 septembre 2022 à 17h, elle proposera un atelier intitulé « Le dialogue comme mode de vie : méthodologie et pratique » dans lequel elle proposera aux participants une expérience de dialogue entre chrétiens de différentes Églises et entre chrétiens et musulmans. Un dialogue dans le plus grand respect de l’identité de chacun, qui privilégie la rencontre entre la théorie et la vie. La COE a été fondée le 23 août 1948 à Amsterdam, 147 Églises étaient présentes. Le dialogue comme chemin et comme caractéristique d’une vie chrétienne authentique est l’objectif principal. Le mouvement des Focolari est lié à la CEC par une longue histoire d’amitié et de collaboration, depuis la première visite de Chiara Lubich en 1967, invitée par le théologien réformé Lukas Vischer. Lors de sa troisième visite en 2002, Mme Lubich a également visité l’Institut œcuménique de la COE à Bossey. Le directeur était le Révérend Dr Ioan Sauca, qui a rappelé à plusieurs reprises l’importance de la rencontre avec Chiara Lubich pour l’Institut et comment elle avait permis de clarifier le problème du rapport entre identité et unité.

Anna Lisa Innocenti

Brésil, Mariapolis Ginetta : 50 ans de dialogue et d’unité avec la société

Brésil, Mariapolis Ginetta : 50 ans de dialogue et d’unité avec la société

La Mariapolis Ginetta a célébré son jubilé d’or le 15 août 2022. Le rêve des pionniers est désormais une réalité : un phare d’unité, de dialogue et une nouvelle société pour tous. Depuis sa genèse, l’Église catholique a cherché de diverses manières à vivre le mandat de Jésus dans la prière dite sacerdotale : « Père, que tous soient un, comme toi, Père, tu es en moi et que je suis en toi, … » (cf. Jn 17, 21). L’unité et le dialogue sont, aujourd’hui encore, à la base des actions et des théories ecclésiales. C’est précisément pendant la Seconde Guerre mondiale, dans la ville de Trente, en Italie, que Chiara Lubich, âgée de 21 ans, a compris qu’elle voulait vivre et répandre l’unité entre tous les peuples du monde, croyants et non-croyants. Au Brésil, à travers la Mariapolis Ginetta, cette mission est fructueuse depuis maintenant 50 ans. La « ville sur la montagne » En fondant le mouvement des Focolari et en se basant sur ses expériences, Chiara a estimé qu’il fallait créer des « villes sur la montagne » qui seraient visibles et lumineuses, véritables phares pour la société, où l’on pourrait vivre l’amour réciproque en communion, l’Évangile et la présence constante de Dieu. Les Focolari ont réalisé 35 Mariapolis dans le monde, appelées cités-pilotes. Trois d’entre elles sont au Brésil : la Mariapolis Santa Maria près de Recife, la Mariapolis Gloria près de Belem et la Mariapolis Ginetta, située dans l’État de São Paulo, dans le Vargem Grande Paulista, qui a célébré son jubilé d’or le 15 août, jour de la fête de l’Assomption. La Mariapolis Ginetta Fruit de la providence de Dieu, témoignée par de nombreuses actions, elle est un lieu de rencontres spirituelles et sociales pour des milliers de personnes dans le monde entier. Habitée par des familles, des personnes consacrées, des laïcs, des prêtres et même des personnes d’autres confessions religieuses, la cité phare est un espace où chaque visiteur peut faire l’expérience de Dieu. Karina Gonçalves Sobral y vit avec son mari et ses deux filles dans la communauté ; elle souligne l’importance de la spiritualité de l’unité et des valeurs contenues dans la culture locale : « La Mariapolis a pour mission d’être un lieu de rencontre, un foyer ouvert à tous. Elle l’est vraiment pour tous. Ceux qui viennent ici doivent se sentir les bienvenus. L’accueil fait partie de notre charisme ». « Au vu des différents terrains qui nous avaient été proposés il y a cinquante ans, celui de Vargem Grande semblait vraiment avoir les bonnes caractéristiques pour être un espace fécond, où nous pourrions incarner visiblement l’Idéal de l’unité. Nous nous sommes installés ici et nous célébrons aujourd’hui une étape importante », déclare Maria do Socorro Pimentel, une focolarine qui vit à la Mariapolis depuis plus de 40 ans. La présence de la fondatrice Chiara Lubich a visité la Mariapolis Ginetta à plusieurs reprises. Lors de l’un de ses voyages en 1991, impressionnée par la grande inégalité sociale de la population brésilienne, elle est particulièrement inspirée et elle crée l’Économie de communion, dont l’objectif principal est de développer un réseau d’entreprises qui partagent leurs bénéfices, en contrastant la culture de l’avoir par celle du don. La Mariapolis prend le nom d’une des premières compagnes de Chiara Lubich, la Servante de Dieu Ginetta Calliari, l’une des plus grandes promotrices de la construction de cette « ville sur la montagne » et coresponsable du mouvement naissant des Focolari au Brésil. Son corps est enterré dans le cimetière de la Mariapolis où de nombreux fidèles se rendent pour demander des grâces. Reconnaissance Déjà en mai 2022, la municipalité de Vargem Grande Paulista a reconnu le travail social et spirituel réalisé par le mouvement des Focolari dans la ville et l’importance non seulement de son Centre Mariapolis, mais de toutes les œuvres qui sont réalisées et qui concernent les enfants, les adolescents et les jeunes. Il ne faut pas oublier le travail des foyers pour les sans-abri et son système de communication qui a apporté investissement, partenariat et notoriété à la municipalité. À l’occasion de la messe célébrée lundi 15 août 2022 par Don João Bosco, évêque d’Osasco, le Pape François a envoyé la Bénédiction Apostolique écrite en signe de reconnaissance pour cette mission menée par le mouvement des Focolari dans la ville, dans l’État de São Paulo et dans tout le Brésil.

Ronnaldh Oliveira (D’après un article publié sur cancaonova.com)

 

Institut Universitaire Sophia : Le Prof. Declan O’Byrne a été nommé Recteur par intérim

Le Professeur Giuseppe Argiolas a présenté sa démission du poste de Recteur de l’Institut Universitaire Sophia « pour raisons personnelles ». Le vice-recteur en exercice, le Professeur Declan O’Byrne, a été nommé recteur par intérim et exercera son service jusqu’à la fin naturelle du mandat, à savoir janvier 2024. La Vice-Grand Chancelier, Margaret Karram, Présidente du Mouvement des Focolari, écrit à la communauté universitaire de l’Institut : « Je demande à chacun de vous la plus grande collaboration avec le Prof. Declan O’Byrne, qui a accepté la charge qui lui a été confiée par la Congrégation pour l’Éducation Catholique, afin que l’Institut Universitaire Sophia puisse continuer à assurer son service d’enseignement, de recherche et d’engagement culturel avec le professionnalisme et la diligence nécessaires. Je remercie le Prof. Argiolas pour son engagement et pour le travail accompli pour faire avancer Sophia, en particulier dans les temps difficiles comme ceux de la pandémie 2020-2022, et je confie à la responsabilité de toute la communauté éducative la réussite de la nouvelle année universitaire qui commence. » Les enseignants et le personnel de l’IUS se joignent à la Vice-Grand Chancelier pour remercier le Prof. Argiolas pour son engagement au service de l’Institut.

Chiara Lubich : comme Jésus, suivre la voie de l’amour

Lors de la 4e Journée Mondiale de la jeunesse, qui s’est tenue à Saint-Jacques-de-Compostelle (Espagne) en 1989, Chiara Lubich a présenté un thème intitulé « Jésus est le chemin ». Nous en avons choisi un extrait dans lequel elle invite chacun à mettre en action le pouvoir transformateur de l’amour, comme Jésus lui-même l’a fait. (Jésus) Fils de Dieu qui est Amour, il est venu sur terre par amour, il a vécu par amour, irradiant l’amour, donnant l’amour, portant la loi de l’amour, et il est mort par amour. Puis il est ressuscité et il est monté au Ciel, accomplissant son dessein d’amour. Tout cela par amour pour vous, pour moi, pour tous. Nous pouvons donc dire que la Voie suivie par Jésus a un nom : l’Amour. Et que pour le suivre, nous devons nous aussi emprunter cette voie, ce chemin : la voie de l’amour. L’Amour. Certains se demanderont : «Quel genre amour brûlait donc dans le cœur de Jésus ? Avec quel amour a-t-il agi ? Et quel amour a-t-il laissé ici, sur terre ? » L’amour que Jésus a vécu et apporté est un amour spécial et unique. Ce n’est pas un amour comme vous pourriez l’imaginer. Ce n’est pas, par exemple, de la philanthropie ni une simple solidarité ou de la bienveillance. Ce n’est pas seulement une amitié ni de l’affection – comme celle qu’une jeune peut éprouver pour un garçon ou une mère pour son enfant. Et ce n’est pas non plus simplement de la non-violence. C’est quelque chose d’exceptionnel ou mieux, de divin : c’est l’amour même qui brûle en Dieu. Jésus a donné à chacun de nous une flamme de cet incendie infini, un rayon de cet immense soleil. C’est quelque chose d’extraordinaire, auquel nous pensons peu, mais qui nous rendrait puissants si nous le prenions en considération. […] Nous devons faire fructifier cet amour. De quelle manière ? En aimant.

Chiara Lubich

(Chiara Lubich, L’amore al fratello, Città Nuova, 2012, p. 50)

Évangile vécu : le caractère concret de l’amour

Aimer nous pousse à sortir de nous-mêmes, à faire le bien et à nous approcher de l’autre en gagnant sur l’indifférence. Se salir les mains, s’engager, nous rappelle à quel point Dieu nous a aimés en premier et quel rêve il a placé dans nos cœurs. Dix-sept quintaux de livres En parlant avec des amis de la crise en Argentine, nous avons appris la grave pénurie de livres scolaires dans le pays. D’où l’idée d’une récolte de livres à faire circuler parmi les familles que nous connaissions. La réponse a été immédiate et généreuse. Les autres initiatives n’ont pas manqué : annonces dans les journaux, appels à la radio, interventions dans les paroisses et dans diverses associations de parents. Beaucoup se sont également impliqués personnellement dans d’autres villes. Nous avons collecté dix-sept quintaux de livres de tous niveaux scolaires pour les envoyer en Argentine par voie maritime. Il y a aussi ceux qui, en un mois, en impliquant d’autres personnes, ont récolté deux autres quintaux de livres et l’argent pour le transport. Dans certains cas, c’ était difficile, en raison du manque d’expérience, d’avoir à l’esprit certains détails importants (par exemple, des boîtes appropriées pour le transport, les procédures douanières, etc.) Mais une solution a été trouvée pour tout. Nous avons également pu dire à de nombreuses personnes ce qui nous a poussés à faire cette action : l’idéal d’un monde plus solidaire et plus uni. (S.A. – Espagne) Ensemble au service des autres Je suis infirmière dans un centre de services sociaux. Un couple défavorisé avec un bébé de neuf mois m’avait demandé des services. Ils n’avaient même pas d’argent pour le bus, la femme s’était blessée à la main et le bébé devait compléter ses vaccins. Je n’aurais pas pu répondre à leurs demandes en raison de certaines procédures très strictes, mais j’ai ressenti intérieurement l’envie de faire quelque chose pour ces prochains. Après avoir effectué une urgence, j’ai veillé à répondre à tous les besoins de la famille afin qu’elle n’ait pas à acheter des billets de bus pour un autre rendez-vous. À un moment donné, spontanément, une autre infirmière s’est portée volontaire pour s’occuper d’eux à ma place : elle a soigné la main de la dame, lui a fourni du matériel pour la suite de la médication et a également vacciné l’enfant. Elle était heureuse d’avoir pu les aider et moi aussi. (Maina – Canada)

Sous la direction de Maria Grazia Berretta

(extrait de ‘’Il Vangelo del Giorno’’, Città Nuova, année VIII, no.2, juillet-août 2022)

Chiara Lubich : imiter Marie en vivant la Parole de Dieu

En 1976, dans la rubrique « Dialogue ouvert » de la revue Cittá Nuova, un lecteur posait cette question à Chiara Lubich : « De temps en temps, je sens, comme un reproche, que je n’aime pas assez Marie, que je pense peu à elle. À ton avis, que faut-il faire pour avoir une vraie dévotion envers Marie ? » Voici sa réponse. Marie est plus proche de Dieu que de l’homme, pourtant elle est une créature comme nous, et telle devant le Créateur. D’où la possibilité pour elle d’être pour nous comme un plan incliné qui touche Ciel et terre. Pour ce qui est d’avoir une véritable dévotion envers elle – tout en magnifiant les diverses dévotions qui se sont développées au cours des siècles pour donner au peuple chrétien le sens d’un amour maternel sûr, qui pense à toutes les petites et grandes difficultés que la vie porte avec elle – je te conseillerais une voie qui fait naître dans le cœur un amour pour Marie semblable à celui que Jésus a pour elle. Si Marie a toutes ces qualités magnifiques et extraordinaires que tu sais, elle est aussi « la chrétienne parfaite ». Et elle est telle car, comme tu peux le déduire de l’Évangile, elle ne vit pas sa propre vie, mais laisse vivre en elle la loi de Dieu. Elle est celle qui, plus que tout autre, peut dire : « Ce n’est pas moi qui vis, c’est le Christ qui vit en moi. » Marie est la Parole de Dieu vécue. Donc, si tu veux vraiment l’aimer, ‘’imite-la’’. Sois, toi aussi, Parole de Dieu vivante ! Et puisque tout l’Évangile ne peut être vécu à la fois, re-évangélise ta vie en prenant au sérieux et en vivant chaque jour une des « paroles de vie » qu’il contient.

Chiara Lubich

(Chiara Lubich, Maria, Città Nuova, Rome 2017, p. 154)

Prophétie et unité pour la sauvegarde de la Création

Le V° Sommet de Halki s’est déroulé en Turquie du 8 au 12 juin 2022. Assurer ensemble l’avenir de la planète, était le titre de ce rendez-vous promu par le Patriarche œcuménique de Constantinople et l’Institut universitaire Sophia de Loppiano (Florence-Italie). https://www.youtube.com/watch?v=VBajKI9nd8M&list=PL9YsVtizqrYv2ebAtB_j8KTB-hL0ZRid7&index=1

Chiara Lubich : accepter pleinement l’autre

La parole de vie du mois d’août 2022 nous demande de toujours pardonner. Lorsque nous nous présentons devant Dieu – lors de la liturgie, dans la prière – nous devons être en harmonie avec tous. Comme le dit le pape François, nous ne pouvons pas aller nous reposer s’il existe un désaccord avec nos frères ou nos sœurs. Jésus affirme, en utilisant un langage paradoxal pour souligner l’importance qu’a pour Dieu le plein accord entre frères : si, lorsque tu vas offrir ton sacrifice, tu te souviens qu’il existe un désaccord entre toi et ton prochain, interromps ton sacrifice et va d’abord te réconcilier avec ton prochain. En effet, l’offrande du sacrifice – et, pour nous chrétiens, la participation à la messe ou au culte – risquerait d’être un acte vide de sens si nous sommes en désaccord avec nos frères. Le premier sacrifice, que Dieu attend de nous, c’est que nous nous efforcions d’être en harmonie avec tous. Dans cette exhortation, il semble que la pensée de Jésus ne présente pas de nouveauté substantielle par rapport à l’Ancien Testament. (…) Mais la nouveauté existe et voilà en quoi elle consiste : Jésus affirme que c’est toujours nous qui devons prendre l’initiative pour que la bonne entente soit constante, pour maintenir la communion fraternelle. Jésus pousse ainsi le commandement de l’amour du prochain jusqu’à sa racine la plus profonde. Il ne dit pas : « Si tu te souviens que tu as offensé ton frère », mais : « si tu te souviens que ton frère a quelque chose contre toi ». Pour lui, le fait même de rester indifférents face au désaccord, même lorsque nous n’en sommes pas responsables, est déjà un motif pour que Dieu ne nous accepte pas bien et nous rejette. Jésus veut donc nous mettre en garde non seulement contre les plus graves explosions de haine, mais aussi contre toute expression ou attitude qui, d’une manière ou d’une autre, dénote un manque d’attention, d’amour envers les frères. (…) Nous devrons chercher à ne pas être superficiels dans nos relations, à fouiller dans les recoins les plus secrets de notre cœur. Nous tâcherons aussi d’éliminer la simple indifférence ou tout autre manque de bienveillance, toute attitude de supériorité, de négligence envers quiconque. Évidemment, nous chercherons à réparer toute impolitesse, toute manifestation d’impatience, par une excuse ou un geste d’amitié. Et si parfois cela ne semble pas possible, c’est alors le changement radical de notre attitude intérieure qui comptera. Une attitude de rejet instinctif de l’autre sera remplacée par une attitude d’accueil total, d’acceptation complète de l’autre, de miséricorde sans limites, de pardon, de compréhension, d’attention à ses besoins. En agissant ainsi, nous pourrons offrir à Dieu tous les dons que nous voudrons. Il les acceptera et en tiendra compte. Nous approfondirons notre rapport avec lui et nous arriverons à cette union avec Dieu qui est notre bonheur présent et futur.

Chiara Lubich

(Chiara Lubich, in Parole di Vita, Città Nuova, 2017, pag. 282/3 – Extrait de Parole de Vie de février 1984)

Évangile vécu : Seigneur, quand mon frère commettra une faute à mon égard, combien de fois lui pardonnerai-je ? Jusqu’à sept fois ? (Mt 18, 21)

Le pardon est un exercice constant dans notre vie quotidienne et est cette expérience qui permet à l’amour de Dieu de nous remettre sur pied. Reconnaître que nous sommes pardonnés est le point de départ pour essayer d’être miséricordieux, ouvrir notre regard sur l’autre et être vraiment libre. File d’attente Satisfait d’être arrivé à temps pour le rendez-vous chez le médecin, tout à coup, dans la file d’attente, une dame me dépasse comme si de rien n’était. La rébellion monte en moi et je suis sur le point de me faire entendre, mais… à la pensée de certaines scènes de la guerre en Ukraine, je décide soudain de transformer mes droits en courtoisie, en accueil. Mais comme il est difficile de mettre de côté l’idée de ce que l’on considère comme son droit ! A la maison, je raconte alors ce qui m’est arrivé et aussi le vécu intime. Notre fille aînée, après un long silence, intervient en racontant sa dernière expérience : elle aussi était dans la file d’attente du secrétariat de l’université et, face à l’irrespect d’un étudiant impoli, elle l’a fortement réprimandé jusqu’à la honte. « Peut-être que j’avais tort », a-t-elle ajouté. Nous finissons par conclure que, petite ou grande, la guerre nous guette mais qu’il est possible de la gagner par le pardon. (F.I. – Italie) Une leçon à retenir Ma femme est enseignante et un jour, alors qu’elle était à l’école, j’étais resté à la maison pour lui faire une surprise. Je me suis mis à faire ces petits travaux de réparation et de nettoyage que parfois nous négligeons à cause des nombreux engagements. J’étais heureux à l’idée que cela lui plairait, mais dès qu’elle est rentrée, elle s’est plainte d’avoir trouvé la porte d’entrée ouverte : « Tu ne penses pas aux voleurs ? ». J’étais confus. Je ne me souvenais pas de l’avoir laissée ouverte mais je ne voulais pas récriminer ; alors même si j’étais désolé, j’ai décidé de ne pas alimenter la colère. L’après-midi, ma femme m’a demandé de parler. Elle voulait se racheter : « En voyant tout ce que tu as fait et en pensant à la façon dont je t’ai grondé pour une broutille, je me suis sentie humiliée par mon aveuglement. Par ton silence, tu m’as donné une vraie leçon ». Quelques jours plus tard, elle me confia qu’après avoir raconté à l’école ce qui s’était passé entre nous, un climat de grand respect s’était créé dans la classe comme jamais auparavant. (L.D. – Hongrie)

Sous la direction de Maria Grazia Berretta

(extrait de Il Vangelo del Giorno, Città Nuova, année VIII, no.2, juillet-août 2022)

Chiara Lubich : c’est le “comment” qui compte

« Aime ton prochain comme toi-même. » La mesure de l’amour que nous devons avoir pour chaque frère ou sœur est contenue dans ce « comme ». Dans cet extrait d’un discours adressé à de jeunes séminaristes, Chiara Lubich nous exhorte à prendre soin des autres comme de nous-mêmes. Jésus, qui est descendu du ciel sur la terre, avait l’expérience du ciel, en tant que Verbe de Dieu, et il a apporté sur la terre cette expérience, il a enseigné comment vivre sur la terre comme au ciel. En effet, iI a parlé du commandement nouveau – où l’on évoque et explique l’amour réciproque, où l’on commande l’amour réciproque -, d’un commandement qui est « le sien« , typiquement sien et « nouveau« . Et les premiers chrétiens considéraient ce commandement, cet enseignement comme la synthèse de tous les enseignements de Jésus et ils le pratiquaient de manière vraiment exemplaire. (…) Le commandement nouveau. Nous le connaissons tous, mais maintenant comment l’interprétons-nous ? Comment le vivons-nous ? Qu’est-ce qu’il signifie et quelles sont les conséquences de la mise en pratique de l’amour réciproque ? On peut bien le comprendre, si l’on comprend bien, d’abord, ce qu’est l’amour, aimer, pour le chrétien. Dès le début, l’une des choses que l’Esprit Saint nous a enseignées, à travers ce charisme, a été de comprendre que cette Parole de l’Évangile : « Aime ton prochain comme toi-même » devait être pris au pied de la lettre. Que ce « comme« , voulait vraiment dire « comme« . Alors, que ce soit moi, que ce soit toi, que ce soit toi, ou toi, c’était la même chose : aime ton prochain comme toi-même. Et nous avons compris qu’avant cette découverte, notre amour pour le prochain était bien moindre que notre amour pour nous-mêmes. Nous étions chrétiens baptisés, nous communions peut-être tous les jours, mais loin de nous l’idée d’aimer l’autre comme nous-mêmes, notre amour était uniquement centré sur nous-mêmes. Il nous fallait donc faire une conversion et prendre soin de l’autre comme de nous-mêmes. Nous l’avons fait, nous avons essayé de le faire avec chaque prochain que nous rencontrions, et une révolution s’est ensuivie. Cela semble impossible, mais l’Évangile est toujours frais : il s’agit de le comprendre. Pourquoi une révolution en est-elle née ? Parce que cette façon de faire, quel que soit le lieu où on la pratique, touche les autres, ils se demandent pourquoi, qu’est-ce qui se passe ? Qu’est-ce qu’il y a derrière ? Et ils nous donnent l’occasion d’expliquer pourquoi nous agissons ainsi, pourquoi nous faisons ainsi, nous servons ainsi, nous aidons ainsi. Et beaucoup de ceux qui nous interrogent ont le désir de commencer eux aussi, d’essayer eux aussi. C’est ainsi que, de personnes indifférentes les unes aux autres comme nous le sommes tous – même chrétiens -, ces personnes commencent à s’animer, à s’intéresser aux autres, à s’aimer, à former une communauté, donnant l’idée de ce qu’est une Église vivante, avec une seule parole vécue : « Aime ton prochain comme toi-même » car, dit Paul, « toute la loi est accomplie dans l’unique parole que voici : tu aimeras ton prochain comme toi-même ». (Ga 5,14).

Chiara Lubich

(Chiara Lubich, à un groupe de séminaristes, Castel Gandolfo, 30 décembre 1989)  

Évangile vécu : l’art de recommencer

Choisir d’aller vers son prochain, prendre du recul par rapport à ses convictions, abattre les murs de l’orgueil, signifie trouver le chemin du cœur de l’autre et, sur ce chemin, apprendre à reconnaître le sien : entrer en communion et reconstruire. Enfin amis Un camarade de classe me taquinait souvent, me mettant toujours en mauvaise posture avec les autres et surtout avec les filles. Cela a commencé à me déranger. J’ai essayé de lui dire, mais il s’est excusé, me disant qu’il n’y avait aucune malice dans ce qu’il faisait. Plus tard, j’en ai parlé à la maison et ce qui m’a surpris, c’est que mes parents ne semblaient pas être de mon côté : « As-tu essayé de le respecter davantage, de ne pas te contenter de te défendre ? » Que faire ? Lors d’une épreuve de mathématiques, une matière que je maîtrise bien, je me suis rendu compte que ce camarade était en difficulté. Je lui ai fait un signe de tête et lui ai remis les éléments nécessaires pour avancer. A la récréation, il est venu me voir, presque ému, et m’a donné la moitié de son goûter. Je ne sais pas si j’ai vraiment compris ce que mes parents voulaient me dire, mais en moi toute trace de ressentiment à son égard avait disparu. La jeune fille dont il était tombé amoureux s’est approchée de nous et, connaissant peut-être les tensions vécues, a déclaré : « C’est beau de vous voir tous les deux amis ! » Je reconnais que mes parents, qui veulent mon bien, m’aident à vivre dans la plus grande dignité. Je les ai remerciés pour leurs conseils. (R.G. – Italie) Le premier pas En Colombie, le père est le point fort de la famille, mais ces derniers temps, depuis que notre fille étudie au lycée, la relation avec elle est devenue difficile et depuis quelques temps, il y a des problèmes. Elle a un caractère fort, comme moi, mais je suis l’adulte et j’ai une certaine expérience de la vie. Un de ces derniers soirs, je l’ai vue collée à l’ordinateur alors qu’il était déjà tard. Lorsque je lui ai fait remarquer qu’il était temps d’aller se coucher, elle a répondu qu’elle devait terminer un travail. Ce qui m’a choqué, c’est qu’elle ne m’a pas pris au sérieux, en fait, pour la première fois, elle a même élevé la voix. J’ai donc débranché le modem pour qu’elle ne puisse plus surfer. À partir de ce moment-là, elle ne m’a plus du tout adressé la parole. Pendant des jours, l’atmosphère de la maison était tendue et l’air semblait irrespirable. À un certain moment, j’ai eu des doutes sur ma façon de faire et j’ai demandé à Dieu la force d’être plus calme, moins orgueilleux, de faire le premier pas vers une nouvelle relation avec elle. En remarquant ce travail, elle-même est venue me voir un jour et s’est excusée. (G.G. – Colombie)

 Sous la direction de Maria Grazia Berretta

(Extrait de Il Vangelo del Giorno, Città Nuova, année VIII, n°2, juillet-août 2022)

Corée : Des touches de lumière entre les fissures

Maddalena est une illustratrice coréenne qui, après des années, a vu son rêve matrimonial se briser. L’amour et le soutien d’autres familles lui ont permis d’affronter et de surmonter la souffrance. Aujourd’hui, Maddalena dessine une nouvelle page de sa vie, redonnant le même amour qu’elle a reçu à des personnes qui se trouvent dans des situations semblables à la sienne.

https://www.youtube.com/watch?v=fSqfaHvzXl8

Chiara Lubich : Porter sur l’autre un regard neuf

Bienveillance, miséricorde, pardon. Trois caractéristiques de l’amour réciproque qui peuvent nous aider à construire nos relations. Le don du Christ, l’unité, doit sans cesse être ravivé et traduit en comportements sociaux concrets, entièrement inspirés par l’amour réciproque. D’où ces indications sur la manière de construire nos relations : Être bienveillants, c’est vouloir le bien de l’autre. C’est se « faire un » avec lui, l’approcher complètement vides de nous-mêmes, de nos intérêts, de nos idées, des préjugés qui faussent notre regard. C’est partager ses soucis, ses besoins, ses souffrances mais aussi ses joies. C’est entrer dans le cœur de ceux que nous côtoyons pour comprendre leur mentalité, leur culture, leurs traditions et en quelque sorte les faire nôtres. C’est aussi se rendre compte de leurs besoins et savoir reconnaître les valeurs que Dieu a semées dans le cœur de tout être humain. En un mot, c’est vivre pour quiconque est à nos côtés. Être miséricordieux, c’est accueillir l’autre tel qu’il est et non comme nous aimerions qu’il soit, sans vouloir qu’il change de caractère ni qu’il partage nos idées politiques ou nos convictions religieuses. Sans chercher à lui enlever tel défaut ou telle manière de faire qui nous dérange tant. Il nous faut dilater notre cœur et le rendre capable d’accueillir tous les hommes dans leur diversité, leurs limites et leurs misères. Pardonner, c’est voir l’autre avec un regard toujours neuf. Même là où l’ambiance est bonne et sereine, en famille, à l’école, au travail, il ne manque jamais de moments de frictions, de désaccords, d’affrontements. Cela peut aller jusqu’à ne plus se parler, éviter de se rencontrer, voire à laisser grandir en nous des sentiments de haine envers ceux qui ne partagent pas nos idées. Il faut un dur effort pour regarder chaque jour nos frères et nos sœurs comme s’ils étaient complètement neufs, sans nous souvenir des offenses reçues, en couvrant tout par l’amour et par une amnistie complète, à l’image de Dieu qui pardonne et oublie. La véritable paix et l’unité s’obtiennent quand bienveillance, miséricorde et pardon sont vécus, non par une seule personne, mais à plusieurs, dans la réciprocité. Pensons au feu dans la cheminée. Il faut de temps en temps remuer la braise pour que les cendres ne l’étouffent pas. De même entre nous, il est aussi nécessaire de raviver de temps en temps l’amour réciproque, pour que nos rapports ne soient pas recouverts par la cendre de l’indifférence, de l’apathie et de l’égoïsme. Cette attitude intérieure demande à être traduite en faits concrets, en actions. Jésus lui-même a montré ce qu’est l’amour quand il a guéri les malades, quand il a nourri les foules, quand il a ressuscité les morts, quand il a lavé les pieds des disciples. Des faits, des faits : voilà ce qu’est l’amour.

Chiara Lubich

(Chiara Lubich, in Parole di Vita, Cittá Nuova, 2017, p. 787)

Autriche: Le voyage de Josef

La réponse à une invitation et le début d’une nouvelle aventure. Josef Bambas est un focolarino, un membre consacré des Focolari. D’origine tchèque, il vit à Vienne depuis quelques années. Il nous parle de ses choix, de la vie au focolare et de la joie d’accompagner de nombreux jeunes dans la recherche de leur propre voie. https://www.youtube.com/watch?v=c_rtUbMXhkw

Turquie : Prophétie et unité pour la sauvegarde de la création

Des représentants de l’Église catholique et orthodoxe se sont réunis pour une conférence sur le thème de l’écologie intégrale, inspirée par les enseignements du Pape François et du Patriarche Œcuménique Bartholomée Ier. Istanbul, Turquie : des représentants de l’ Église catholique et orthodoxe, ainsi que d’autres membres de la société civile, se sont réunis du 8 au 11 juin 2022 pour le Sommet de Halki, un congrès axé sur le thème de l’écologie intégrale. Cet événement, qui en est désormais à sa cinquième édition, a été organisé par le Patriarcat Œcuménique de Constantinople en coopération, pour la première fois, avec l’Institut Universitaire Sophia. Quatre jours au cours desquels des universitaires, des théologiens et des dirigeants, ainsi que des étudiants et des militants, ont débattu, à la recherche de nouvelles solutions pour mettre en œuvre un changement vert dans leurs sphères d’influence. L’inspiration est venue de la vision prophétique du Pape François, dans son encyclique Laudato Si, et du Patriarche Œcuménique Bartholomée Ier, également connu sous le nom de ‘’Patriarche Vert’’, précisément en raison de sa sensibilité aux questions écologiques. Quels ont été les fruits de ce Sommet ?

Laura Salerno

Pour en savoir plus, regardez la vidéo complète : https://www.youtube.com/watch?v=VBajKI9nd8M

Argentine : CLAYSS, Centre Latino-Américain d’Apprentissage et de Service Solidaire, fête ses 20 ans.

Le service d’apprentissage et de solidarité consiste à apprendre et à utiliser les connaissances acquises en classe pour transformer la réalité ; et à apprendre dans la réalité ce qui ne peut pas toujours être appris en classe. CLAYSS, basé en Argentine, a construit des réseaux et des partenariats avec des établissements d’enseignement du monde entier. Un parcours de vingt ans dans l’éducation, ce n’est pas rien. Né d’un « rêve fou » à Buenos Aires en 2002, en pleine crise économique et sociale,  CLAYSS (Centre Latino-Américain d’Apprentissage et de Service Solidaire) a étendu son action non seulement à l’Amérique latine mais aussi à de nombreux pays d’Europe, d’Asie et d’Afrique. Un large réseau construit avec des établissements d’enseignement impliquant toutes les tranches d’âge, du jardin d’enfants à l’université. Pour célébrer ces 20 premières années, 20 conférences ont été organisées dans 20 villes. À l’occasion de l’étape à Rome, à l’Université LUMSA, nous rencontrons Nieves Tapia, fondatrice et directrice de CLAYSS. « L’apprentissage par le service solidaire – explique le professeur Tapia – associe la théorie et la pratique, permettant aux enfants comme aux jeunes étudiants universitaires d’apprendre, en mettant en pratique ce qu’ils savent au service des autres. » Fin août, le XXVe Séminaire international sur l’apprentissage et le service de solidaire se tiendra à Buenos Aires, tandis que des travaux sont déjà en cours pour préparer une conférence qui se tiendra à Rome en octobre et à laquelle participeront une centaine d’universités catholiques. En effet, « Uniservitate est un programme mondial visant à promouvoir l’apprentissage et le service solidaires dans les établissements d’enseignement supérieur catholiques », explique Mme Nieves Tapia. Elle ajoute : « L’objectif est de générer un changement systémique par l’institutionnalisation de l’apprentissage et du service solidaire afin qu’ils deviennent un outil permettant aux établissements d’enseignement supérieur de remplir leur mission, d’offrir une éducation intégrale aux nouvelles générations et de les impliquer dans un engagement actif face aux problèmes de notre époque. » Le réseau mondial Uniservitate est présent dans 26 pays sur 5 continents grâce à des partenariats avec plus de 30 universités et établissements d’enseignement.

                                                                                                                                  Carlos Mana

Notre interview. Activer les sous-titres français https://www.youtube.com/watch?v=mzFTDiOJhJQ

Chiara Lubich : « Avec un cœur ouvert »

Le  » Saint voyage » que Chiara Lubich nous propose n’est pas à faire seul et détaché du monde. C’est un parcours ouvert à tous, sans distinction d’âge, de condition sociale et de choix de vie. La méthode consiste à se concentrer sur l’amour du prochain et l’amour réciproque qui nous aideront à « oublier » le monde. […] Nous sommes appelés à rester au milieu du monde et à parvenir à Dieu à travers le frère, en passant par l’amour du prochain et l’amour réciproque. En nous engageant à marcher sur cette voie originale et évangélique, nous trouverons, comme par enchantement, notre âme enrichie de toutes ces vertus. Pour cela, le mépris du monde est nécessaire. Or le meilleur moyen de mépriser quelque chose est bien de l’oublier, de l’ignorer, de ne plus en faire cas. Si le fait de penser aux autres, d’aimer les autres nous saisit complètement, nous ne nous occupons plus du monde, nous l’oublions, nous le méprisons donc, même si cela ne nous dispense pas de faire notre possible pour éloigner ses tentations lorsqu’elles nous assaillent. Il nous faut progresser dans la vertu. Mais c’est grâce à l’amour que l’on y parvient. N’est-il pas écrit : « Je cours sur le chemin de tes commandements car (par l’amour) tu m’ouvres l’esprit » (Ps 1 19,32) ? Si en aimant le prochain on se met à courir pour accomplir les commandements de Dieu, cela veut dire qu’on progresse. Il nous faut aimer le sacrifice. Aimer les autres signifie précisément de se sacrifier soi-même pour se consacrer au frère. L’amour chrétien est synonyme de sacrifice, même s’il contient de grandes joies. Il nous faut acquérir la ferveur de la pénitence. C’est dans une vie remplie d’amour que nous trouverons la principale et la meilleure des pénitences. Il nous faut renoncer à nous-mêmes. Dans l’amour pour les autres, le renoncement à soi-même est toujours implicite. Il nous faut enfin savoir supporter toutes les adversités. Beaucoup de nos souffrances ne viennent-elles pas du simple fait que nous vivons avec les autres ? Nous devons être capables de supporter chaque personne et de l’aimer par amour pour Jésus abandonné. Nous dépasserons ainsi de nombreux obstacles de la vie. Oui, aimer le prochain est une excellente manière de faire de sa vie un « Saint Voyage ».

Chiara Lubich

(Chiara Lubich, in Conversazioni, Città Nuova, 2019, p. 262)

Traduire un charisme dans la vie

Du 17 au 19 juin, les représentants des autorités locales représentant le mouvement des Focolari dans le monde se sont réunis pour s’interroger sur leur fonction et partager les bonnes pratiques et les défis à différents niveaux. Comment les Focolari sont-ils structurés d’un point de vue juridique au niveau local ? Comment les cités pilotes, les activités commerciales, les œuvres sociales présentes dans les différents pays où le mouvement existe sont-elles régulées et liées à l’esprit de fraternité qui les anime ? Dans le passé, quelqu’un a dit que le mouvement des Focolari n’est pas une réalité compliquée mais complexe ; une complexité qui a évolué au cours de près de 80 ans d’histoire et selon la diffusion des communautés dans le monde : aujourd’hui, les membres et les adhérents sont au nombre de 2 millions, présents dans 182 pays. Ce sont des chiffres qui, pour être interprétés, doivent être récupérés au niveau local, et c’est là que la complexité apparaît : dans la variété des formes associatives qui reflètent les activités du Mouvement au niveau régional. En langage technique, elles sont appelées « entités » et permettent à une association de personnes d’exister et d’opérer dans un territoire ou un pays donné. Du 17 au 19 juin, les référents des entités locales représentant le mouvement des Focolari dans le monde se sont réunis, en présence et en lien, au centre Mariapolis de Castelgandolfo (Rome, Italie) pour s’interroger sur leur fonction et partager les bonnes pratiques et les défis à différents niveaux. Markus Alig, conseiller des Focolari pour l’Europe occidentale en matière d’économie et de travail, a bien exprimé la nécessité de faire le bilan : « travailler ensemble et se confronter pour redresser les œuvres et les structures, accroître la transparence et sensibiliser les membres des Focolari des différentes communautés aux projets en cours et à l’évolution de la situation ». Partant de la vision de Chiara Lubich sur le travail, Geneviève Sanze et Ruperto Battiston, responsables pour l’économie et le travail dans le Mouvement, ont souligné sa centralité dans la pensée et la vie des Focolari. Ils ont souligné l’importance des entités qui gèrent les cités pilotes ou les œuvres sociales dans lesquelles travaillent ensemble focolarini, personnes de diverses vocations ou personnes qui ne font pas partie du Mouvement.  Un thème d’actualité également souligné par le Dicastère pour les Laïcs, la Famille et la Vie, qui a organisé en avril dernier la rencontre annuelle avec les modérateurs des Associations de Fidèles, des Mouvements Ecclésiaux et des Communautés Nouvelles, sur le thème « Les conditions de travail au sein des associations. Un service selon la justice et la charité”. Les entités : au service de la vie des Focolari dans le monde Parmi les 180 participants, certains ont retracé l’histoire et « l’état des lieux » des activités nées sous l’égide de leurs entités respectives, comme l’Ougandais Simon Petre Okello, qui a illustré NASSO, Namugongo Social Services Organization Ltd, une organisation fondée en 1999 par certains membres du mouvement, pour promouvoir des activités socio-éducatives et sanitaires inspirées des principes de fraternité. Au fil des ans, trois « bras porteurs » se sont développés : un centre de santé, un centre nutritionnel et enfin un centre socio-économique. L’organisation a ainsi permis le développement de nombreuses activités au fil des ans : un soutien éducatif continu de l’école primaire à l’université ; des cours de nutrition thérapeutique pour les enfants et les parents ; des ateliers de dentisterie, de radiologie et de maternité et une assistance aux patients avant et après les traitements. Les activités sociales comprennent également un engagement en faveur de l’environnement en partenariat avec des organisations de différents pays. Kit Roble, responsable de l’organisation des Focolari aux Philippines, a décrit un parcours, encore en cours, vers une plus grande implication et participation du conseil d’administration dans les processus décisionnels, qui prévoit l’intervention de consultants externes qualifiés dans un avenir proche. Un parcours qui a mis en évidence la nécessité d’une plus grande écoute mutuelle et d’un discernement commun pour faire face aux différents défis. Renata Dias, avocate aux Etats-Unis, a partagé également un parcours qui a conduit à distinguer les entités propriétaires des bâtiments de celles qui réalisent les activités du Mouvement, pour une distinction correcte des responsabilités, dans une logique de partage et de transparence. Les experts : entre fidélité au charisme et regard vers l’avenir Parmi les experts qui sont intervenus, le professeur Patrick Valdrini, ex-recteur de l’Université Catholique de Paris, a illustré la pertinence des expériences associatives nées des charismes ecclésiastiques, leur place dans le Code de Droit Canonique et les nouvelles perspectives possibles. Un discours qui a mis en évidence les racines spirituelles des structures juridiques nécessaires au fonctionnement des mouvements et des agrégations laïques : « Tout charisme appartient à l’Église, a expliqué le professeur Valdrini, il est inspiré par l’Esprit Saint, et pour l’offrir aux gens, il est nécessaire de créer des institutions qui rendent sa diffusion possible mais qui protègent aussi son esprit original ». La dernière journée a été consacrée à la constellation d’associations nées de la spiritualité du mouvement des Focolari et qui promeuvent l’idéal du Monde Uni. Le professeur Luigino Bruni a rappelé que ces Associations ne peuvent perdre de vue leur lien avec le charisme de Chiara Lubich, à partir duquel elles commencent à trouver la manière spécifique de l’incarner. Anne Claire Motte, juriste et canoniste française installée en Côte d’Ivoire, a choisi le mot « alliance » pour exprimer le chemin à parcourir dans le respect des différents enseignements, l’écoute, l’estime mutuelle et le plus grand respect des personnes. Nous nous sommes quittés avec l’engagement accru de nous mettre en réseau afin de continuer ensemble, en cherchant l’inspiration les uns chez les autres.

Stefania Tanesini

Nous voulons vivre pour la paix

Le 4 juin 2022 s’est tenue Global Meeting Kids Gen4, la rencontre mondiale des enfants du Mouvement des Focolari, intitulée : « Portez l’amour dans le monde et la paix viendra. » Une journée de fête, sous le signe du partage et de la joie, au cours de laquelle les plus jeunes ont renouvelé leur engagement à construire un monde meilleur. https://youtu.be/AOOZ3V3whQI

Évangile vécu : « Une seule chose est nécessaire » (Lc 10,42)

Ouvrir notre maison à Jésus, comme Marthe et Marie dans l’Évangile, alléger notre cœur des soucis en nous mettant à l’écoute. Vivre la Parole dans notre quotidien, l’incarner, est une occasion précieuse de « choisir la meilleure part ». Solidarité Il y a quelques jours, Elisa, la mère d’une petite fille à qui j’enseigne le catéchisme, m’a invité à contribuer à une collecte de nourriture et de vêtements à envoyer par l’intermédiaire de femmes ukrainiennes dans leur pays meurtri. J’ai invité d’autres de mes connaissances à y participer. La réponse est arrivée à temps et nous avons réussi en deux jours seulement – au grand étonnement d’Elisa – à confectionner des colis pour un total de 200 kg de nourriture et de vêtements. Ensuite, j’ai également été surprise par le message de remerciement que j’avais adressé à ceux qui avaient participé à cette action de solidarité, dans lequel je précisais que je transférais l’argent à un prêtre que je connaissais et qui était resté en Ukraine.  Je n’imaginais pas que plusieurs personnes me contacteraient pour apporter leur contribution ! A la fin de la journée, le montant atteint était de 1000 euros. Émue, j’ai remercié toutes les personnes. Un jeune homme m’a suggéré : « Tu te rappelles le miracle des pains et des poissons ? » Comment conclure autrement que par « Seigneur, augmente mon peu de foi » ? (Carmela – Italie) Un jeu pour petits et grands Quand les enfants étaient petits, j’avais inventé un jeu avec eux : mettre un bonbon dans un panier chaque fois qu’ils posaient un geste d’amour. Maintenant, ils sont adultes et ont des familles. Un jour, mon fils aîné m’a raconté comment ce jeu était devenu actuel pour lui : il mettait un bonbon dans un panier chaque fois qu’il parvenait à surmonter une difficulté avec son épouse, lorsqu’il maîtrisait un accès de colère, lorsqu’il arrivait à accepter une opinion complètement contraire à la sienne, quand il s’occupait d’un travail qu’elle délaissait, quand, au lieu de la juger, il l’écoutait avec attention. Remarquant les allées et venues de son conjoint de la cuisine au salon, sa femme était curieuse de savoir ce que cela signifiait. Après un certain temps il le lui a confié et elle, touchée par les astuces de son mari pour l’aimer, a voulu jouer le même jeu. Il en résulte une nouvelle approche de la vie familiale, à tel point qu’avec le temps, les enfants ont également voulu participer. Ce jeu pour enfants s’est avéré important aussi pour les adultes. (F.Z. – France) Se mettre au service Dans notre travail au ministère des Jeunes, nous essayons de travailler dans un esprit de famille, ce qui exige de nous une double tension : d’une part, éviter que les questions de politique nationale, les urgences et les grands problèmes ne nous empêchent de nouer des relations personnelles avec tous ; d’autre part, ne pas oublier à tout moment que nous sommes là pour servir la partie de la société qui nous est confiée. Donner la priorité au service aux jeunes, en particulier à ceux qui en ont le plus besoin, faire attention à la gestion des fonds publics lors de l’organisation d’une action du secrétariat, en évitant les dépenses inutiles ; faire attention lors de l’embauche de personnes, en faisant attention au professionnalisme et non aux affinités politiques ou à l’amitié, et ne pas abuser des biens de l’administration publique pour des intérêts particuliers et personnels. Comme dans la famille naturelle, la vie dans la sphère politique est faite de petites et grandes occasions de choisir et de recommencer à aimer et à servir notre peuple. (N.T. – Argentine)

Sous la direction de Maria Grazia Berretta

 (extrait de Il Vangelo del Giorno, Città Nuova, année VIII, no.2, juillet-août 2022)

Turquie : Visite au Phanar, un chemin commun vers l’unité

Le 8 juin 2022, Margaret Karram et Jesús Morán, ainsi que quelques membres du Mouvement des Focolari, ont été reçus en audience par Sa Sainteté le Patriarche Œcuménique Bartholomée Ier. La rencontre, qui s’est déroulée au Phanar, siège du Patriarcat Œcuménique de Constantinople, a porté sur l’amitié fructueuse entre le Mouvement des Focolari et le Patriarcat, née il y a 55 ans avec la visite de Chiara Lubich à son prédécesseur bien-aimé, le Patriarche Athénagoras, et sur le ‘’chemin commun’’ entrepris pour œuvrer ensemble à l’unité des chrétiens et de tous les peuples de la terre.

Maria Grazia Berretta

Lien vers la vidéo :

https://www.youtube.com/watch?v=2Y2cV4qLtC4

Chiara Lubich : L’heure de la charité

La Parole choisie pour vivre au cours de ce mois de juillet 2022 dit : « Une seule chose est nécessaire », tirée de l’Évangile de Luc. Et nous savons, aujourd’hui comme au temps de Jésus, que la charité est nécessaire, l’amour du prochain, envers tous, sans exclure personne… Dieu Amour, croire à son amour, répondre à son amour en aimant, sont les grands impératifs d’aujourd’hui. Ils sont l’essentiel de ce qu’attend la génération actuelle. Sans cela, le monde menace de courir puis dérailler, comme un train hors des rails. Découvrir ou, mieux, redécouvrir que Dieu est Amour est la plus grande aventure de l’homme moderne. Dans l’encyclique Ecclesiam Suam, Paul VI déclare : « Nous pensons… que la charité doit, aujourd’hui, occuper la place qui lui revient, la première, la plus haute dans l’échelle des valeurs religieuses et morales, et cela non seulement dans les appréciations théoriques, mais aussi dans la mise en œuvre pratique de l’existence chrétienne. Cela, nous le disons, autant de la charité envers Dieu […] que de la charité, dont nous devons, à notre tour, entourer […] le genre humain. La charité explique tout. La charité inspire tout. La charité rend toute chose possible. La charité renouvelle tout. Cela, qui de nous l’ignore ? Et si nous le savons, ne sommes-nous pas à l’heure de la charité. »

Chiara Lubich

(Lubich, Ch., Scritti spirituali/2, L’essenziale di oggi, Città Nuova, 1978, p. 160)

La nouvelle chanson du Gen Verde : We Choose Peace

La paix est un choix. C’est le message que porte « We Choose Peace » (© Gen Verde), le nouveau morceau du Gen Verde. Le groupe international nous en raconte la genèse en compagnie de Naya, une des jeunes qui a participé au clip vidéo. https://www.youtube.com/watch?v=AxXjkSsE4JY

« Stoc do » – « Je reste ici » en terre Libre

« Stoc do » – « Je reste ici » en terre Libre

Depuis 2017, ‘’XFARM Agricoltura Prossima’’ accueille sur les terres confisquées à la mafia à San Vito dei Normanni (Pouilles, Italie) les camps d’engagement et de formation organisés par ‘’Libera – Associazioni’’, noms et chiffres contre les mafias. Parmi les participants de cette année figurent des jeunes du Mouvement des Focolari. Tu les vois manipuler la terre rouge des Pouilles, dans le sud de l’Italie, tu les vois la pétrir avec de la paille, tu les vois façonner ce matériau pour créer quelque chose d’écologiquement durable. Et tu penses que ce qu’ils font a aussi le pouvoir de la métaphore. Ils ont entre 13 et 17 ans et se sont réunis à San Vito dei Normanni, aux alentours de Brindisi, pour apporter leur contribution à la renaissance d’un bien confisqué aux clans. La plupart d’entre eux sont des enfants de cette terre baignée de soleil et, en ce moment, envahie par les touristes. Mais ils sont aussi venus du Piémont et de Lombardie, où il y a peut-être encore des gens qui pensent que les mafias sont l’affaire de ceux qui vivent  dans le sud de l’Italie. Mais eux, non : ils sont descendus ici, dans le haut Salento, pour passer quelques jours de vacances d’une manière différente et contribuer au changement. Ils sont une vingtaine en tout, avec l’énergie, la légèreté et l’envie de s’amuser typiques de leur âge, ils vivent quatre jours conçus pour eux par Libera et le Mouvement des Focolari en tant que protagonistes. Quelques heures par jour, ils travaillent dans les champs des coopératives sociales qui se sont vues confier la gestion de 50 hectares d’oliveraies et d’autres structures soustraites aux boss. Et dans leur engagement authentique, on peut lire en filigrane le désir de se salir les mains, de retrousser les manches, d’être des porteurs actifs de la nouveauté, même dans une terre marquée par l’arrogance des mafias. « C’est notre terre, rendue à la collectivité », semblent-ils dire en travaillant l’argile, le sable et le limon pour construire des structures en bois conçues pour une société dans laquelle tout peut circuler. Ils sont dirigés par les jeunes du laboratoire urbain Ex Fadda et du projet XFarm, un groupe de personnes passionnées par l’économie civile, la citoyenneté active et les bonnes pratiques agricoles. Après diverses expériences en vadrouille de par le monde, ils se sont retrouvés ici, sur la terre où régnait autrefois la Sacra Corona Unita, pour expérimenter un nouveau modèle de cohabitation, pour tenter de réaliser le rêve de communautés activement impliquées dans des processus régénérateurs. Une utopie réalisée ici, à deux pas de la beauté sauvage de Torre Guaceto (Brindisi-Italie), grâce aussi à la ‘’force du Nous’’. Différentes réalités et associations, laïques et catholiques, des forces syndicales comme la Spi Cgil, contribuent à donner à ces jeunes un terrain commun où ils peuvent s’essayer à la construction d’une société plus solidaire, plus attentive à la préservation de l’environnement et à la justice sociale. « La mémoire, c’est l’espoir, l’engagement, c’est quelque chose qui nous marque et nous pousse à ne pas répéter les erreurs du passé », disent les jeunes lorsque les responsables du projet ‘’E!State Liberi’’ les invitent à réfléchir sur ce concept si central dans l’histoire du réseau d’associations créé par Don Luigi Ciotti. Une mémoire qui devient vive avec le témoignage touchant des époux Fazio, qui racontent à propos de  leur fils Michele, un jeune de l’âge de ceux qui écoutent, tué à 16 ans dans les ruelles de ‘’Bari Vecchia ‘’ parce qu’il s’est retrouvé au centre d’un règlement de comptes entre clans avec lesquels il n’avait rien à voir. ‘’Io stoc do’’, je reste là, dit Lella aujourd’hui en racontant fièrement aux épouses des chefs de la mafia qui pensaient hier quitter le quartier et la ville après le meurtre. Les Fazio sont restés, pour obtenir justice, pour donner un nom à cette terrible souffrance et ensuite pardonner à ceux qui ont tué Michele, mais aussi pour essayer de donner un avenir différent à ce morceau d’Italie souillé par le sang innocent de leur bon garçon. ‘’Nous sommes là’’, répètent ces visages propres qui, aujourd’hui, travaillent , nous rappelant qu’un monde meilleur est encore possible. Il suffit de commencer par prendre un peu de terre et d’essayer d’en faire quelque chose de beau. « Dans ses yeux, j’ai vu une lumière, un éclat que je n’avais jamais vu chez lui », a déclaré une mère en voyant son fils rentrer chez lui après le camp. « Il m’a dit qu’il n’avait jamais connu des jours comme ça »

Gianni Bianco

Chiara Lubich : Ne gardez que le nécessaire

Chiara Lubich s’est toujours adressée aux jeunes en termes très clairs. Il en a été ainsi lorsque, au Supercongrès de 1992 au Palais des glaces de Marino (Italie), ils lui ont demandé ce qu’ils devaient faire pour limiter le consumérisme. […] Nous devons vivre et diffuser la “culture du donner”. Je vous donne un conseil, à vous aussi, si vous le souhaitez : au début de l’année – même de notre année idéale, par conséquent en octobre -, vous devez, chacun de vous, faire un petit “fagot[1]” – comme nous disons – de toutes les choses superflues que vous avez. Vous n’en avez peut-être pas beaucoup, mais sûrement quelques-unes : un livre, un jouet, un crayon, un cartable que vous n’utilisez plus, un vêtement…, quelque chose, quelque chose qui vous est superflu, qui est en trop. Rassemblez ces objets et portez-les à vos centres, aux centres des Juniors pour un Monde Uni ou aux Centres Gen. Puis, comme vous êtes très ingénieux et savez lancer de nombreuses activités, organisez des petits marchés, des loteries ou tout ce que vous pouvez inventer pour faire quelque chose avec tous ces petits ‘’fagots’’ que vous recevrez et gagner un peu d’argent pour le donner aux garçons et filles qui sont pauvres. […] Vous devez garder pour vous – souvenez-vous en – seulement ce qui vous est utile, comme les plantes qui absorbent du terrain seulement l’eau, les sels minéraux et les autres choses qui leur sont nécessaires, mais rien de plus. Ainsi, chacun de nous doit garder ce qui lui est nécessaire et donner tout le reste pour le mettre en commun avec les autres. (appl.) Vous expérimenterez que si vous donnez vous recevrez un tas de choses. C’est l’expérience que fait notre Mouvement sous toutes les latitudes. Pourquoi recevrez-vous ? Parce que l’Évangile dit : « Donnez – c’est la “culture du donner” – et vous recevrez : (…) une mesure – comme si nous avions un tablier plein de blé -, une mesure bien pleine, tassée, secouée, débordante, qui sera versée dans votre tablier… » (Lc 6,38), c’est-à-dire que vous recevrez un tas de choses d’ici, de là, de Monsieur un tel, du jeune un tel, de votre professeur, de votre mère. Vous recevrez de nombreuses choses. […] Vous devez diffuser cette “culture du donner”. Vous racontez donc vos expériences, comme vous le faites déjà, justement pour vous aider réciproquement. Par exemple, vous expliquez que vous avez donné une chose et que vous en avez reçue une autre… Vous racontez ces expériences, ces épisodes, ces promesses de l’Évangile qui se réalisent vraiment. Vous les racontez ou bien vous les écrivez ou vous faites des dessins ou vous réalisez de courts vidéos ou des journaux télévisés pour les jeunes comme vous le faites déjà. Et ainsi vous faites naître en tous la mentalité de la “culture du donner”.

Chiara Lubich

(Lubich, Ch. “Ai Gen 3, 1981 – 1995’’, Città Nuova, 2006, p. 66-68) [1] En référence au tas de bois, le “fagot” (“fagotto”) désigne de façon imagée l’ensemble des objets personnels préparés et regroupés pour être mis en commun avec qui en a plus besoin.

Évangile vécu : la paix qui nous libère

Jésus, à travers sa vie, nous apporte le merveilleux message de la miséricorde de Dieu, l’Amour qui enveloppe et pardonne tout. Construire la paix signifie la réaliser chaque jour dans notre vie quotidienne et découvrir la beauté d’un ‘cadeau’ qui fait revivre les personnes et les rend libres. La paix réalisée Depuis des mois, ma sœur s’était disputée avec une amie. Pour essayer qu’elles fassent la paix l’une avec l’autre, j’ai un jour invité ma sœur chez moi. Mais avant qu’elle n’arrive, j’ai parlé du problème à ma nièce de huit ans, Sandra, et je lui ai demandé de m’aider. La petite fille a dit oui avec plaisir. Je suis allé droit au but avec ma sœur, mais il n’y avait rien à faire, elle ne voulait pas pardonner. Avant de partir, elle s’est approchée de Sandra qui était en train de jouer, lui a demandé ce qu’elle faisait à l’école et si elle avait appris à écrire : « Oui – a répondu la petite fille –  si tu me donnes une feuille de papier, je te montrerai ». Et ayant reçu le papier, elle a écrit quelque chose avec désinvolture. Ma sœur, en lisant ce que l’enfant avait écrit, est immédiatement devenue pensive et ses yeux se sont remplis de larmes. Sandra avait en effet écrit cette phrase : «  Pour vivre l’art d’aimer, il faut aimer tout le monde, aimer en premier, aimer ses ennemis… » . « Il a fallu que ce soit elle qui me dise ce que je devais faire depuis si longtemps ! » a conclu ma sœur qui est immédiatement allée se réconcilier avec son amie. (N.G. – Cameroun) Le pardon qui guérit Quand j’avais dix-neuf ans, mon père nous a abandonnés et la douleur et le ressentiment m’ont accompagnée pendant des années. Comme pour compenser ce vide, quand je me suis mariée, Nat et moi avons toujours essayé de garder notre famille unie. Les enfants respiraient cette atmosphère d’amour à tel point que, lorsque mon mari était nerveux, perdait son sang-froid et élevait la voix, il était touchant de voir comment les enfants, loin d’être effrayés, l’embrassaient, presque comme pour apaiser son agitation. Leur tendresse envers leur papa a contribué à faire fondre l’animosité en moi vis-à-vis de mon propre père; la plaie ouverte par l’abandon subi a commencé à se cicatriser. Et un jour, j’ai fortement ressenti l’envie de lui pardonner. Je l’ai fait dans mon cœur, mais ce n’était pas suffisant. Alors j’en ai parlé avec Nat et ensemble nous sommes allés le chercher. Nous l’avons trouvé et, bien que tremblant, j’ai pu me réconcilier avec lui, au nom des autres membres de ma famille également. Je n’oublierai jamais le sentiment de sérénité et de liberté que j’ai ressenti à cette occasion. (N.M.A. – Philippines) Le linge Je vis dans un quartier de petites maisons séparées les unes des autres uniquement par un mur sur lequel nous avons l’habitude de suspendre notre linge pour le faire sécher. Un jour, m’apercevant que le linge de ma voisine était déjà sec, j’ai demandé à son fils s’il pouvait l’enlever car je devais aussi étendre le mien. Ils se sont offensés et ont commencé à jurer. Sur ce mur se trouvaient deux plantes que j’avais cultivées avec beaucoup de soin. Le soir, lorsque j’ai entendu un bruit sourd, j’ai décidé d’aller voir et je me suis rendu compte que mes voisins laissaient également tomber le deuxième pot. Au fond de moi, je me suis sentie bouillir d’indignation, mais me rappelant que la terre est promise aux doux, je me suis dit : ‘’Tant pis’’. Ma belle-mère, voyant que je ne réagissais pas, a dit : « Donne-moi le bâton, je vais leur donner une leçon ». J’ai dû la convaincre d’être patiente elle aussi. Pendant un certain temps, la situation est restée tendue. Mais un jour, à la surprise générale, la voisine a frappé à la porte. Sa maison n’était plus approvisionnée en eau et elle a demandé si elle pouvait venir laver son linge chez nous. C’était l’occasion de reprendre contact et en l’accueillant, j’ai réalisé à quel point elle avait changé. (R. – Pakistan)

 Maria Grazia Berretta

(Extrait de ‘’Il Vangelo del Giorno’’, Città Nuova, année VIII, n°2, mai-juin 2022)

La famille, le visage accueillant de l’Église

La 10e Rencontre Mondiale des Familles s’est achevée : « Soyez la semence d’un monde plus fraternel » est le mandat que le Pape François a laissé à toutes les familles présentes. « L’Église est avec vous, l’Église est même en vous ! (…) Que le Seigneur vous aide chaque jour à rester dans l’unité, dans la paix, dans la joie et aussi dans la persévérance dans les moments difficiles (…) ». C’est avec ce souhait que le pape François a salué tous les participants à la dixième Rencontre Mondiale des Familles, lors de la messe de clôture du 25 juin 2022 sur la place Saint-Pierre, présidée par le cardinal Kevin Joseph Farrell, préfet du Dicastère pour les laïcs, la famille et la vie. La célébration a été précédée de journées intenses qui, abordant divers thèmes, ont mis en lumière le témoignage de nombreuses familles du monde entier ; des journées que beaucoup ont vécues dans leur diocèse créant, comme l’a dit le Pape, « une sorte d’immense constellation ». « Ce furent des moments pleins de beauté qui nous ont profondément touchés et nous avons vraiment pu faire l’expérience de l’amour de Dieu pour nous et pour chaque famille dans le monde », a déclaré Keula, membre du groupe Familles Nouvelles (FN), une émanation du mouvement des Focolari, qui est arrivée à Rome avec son mari, Rogerio, en provenance du Brésil. Le pardon, l’ouverture à la vie, l’accompagnement des enfants, le rôle des personnes âgées et l’espérance dans la providence, sont quelques-uns des thèmes abordés lors de cette 10e Rencontre Mondiale des Familles qui, au terme de l’Année de la Famille Amoris laetitia, était centrée sur l’écoute et la confrontation entre les agents de la pastorale familiale et conjugale, dans le but de développer le thème choisi par le Pape pour cette année : L’amour familial : vocation et chemin de sainteté. Parmi les étapes de ce parcours, le débat sur la coresponsabilité des époux et des prêtres dans la pastorale des Églises particulières, les difficultés concrètes des familles dans les sociétés actuelles, la préparation des couples à la vie conjugale, la formation des formateurs à une pastorale familiale pleine de défis. « Au cours de ces journées, nous avons réalisé à quel point la famille peut aujourd’hui être une force pour le monde entier », ont raconté Suse et Angelo, de la Corée. Une force qui doit être défendue et accompagnée et qui peut trouver dans l’Église non seulement une demeure accueillante mais aussi son expression. Dans la ligne des lectures proposées par la liturgie, le Pape a également évoqué, au cours de son homélie sur la place Saint-Pierre, l’importance de la liberté, « l’un des biens les plus appréciés et recherchés par l’homme moderne et contemporain », qui change de forme lorsqu’elle est vécue dans le contexte familial : « Vous tous, époux, en formant votre famille, avec la grâce du Christ, vous avez fait ce choix courageux : ne pas utiliser la liberté pour vous-mêmes, mais pour aimer les personnes que Dieu a placées à vos côtés. Au lieu de vivre comme des ‘îles’, vous vous êtes mis ‘au service les uns des autres’. C’est ainsi que l’on vit la liberté en famille ! Il n’y a pas de ‘planètes’ ou de ‘satellites’, chacun voyageant sur sa propre orbite. La famille est le premier lieu où l’on apprend à aimer ». Et c’est précisément dans le service que la famille répond à sa vocation et avance sur le chemin de l’amour familial, un amour extraverti, « toujours ouvert », poursuit le Pape François, « extraverti, capable de ‘toucher’ les plus faibles (…) : fragiles dans le corps et fragiles dans l’âme. L’amour, en fait, même l’amour familial, est purifié et renforcé lorsqu’il est donné ». Garder les pieds fermement posés sur terre, être conscients des défis de notre époque, mais toujours avoir les yeux fixés au ciel. C’est ce que contient le texte du mandat missionnaire aux familles lu par le Saint-Père à la fin de la célébration. Un véritable mandat : l’invitation à répondre à cet appel à la sainteté et à cheminer ensemble : « Soyez la semence d’un monde plus fraternel. Soyez des familles au grand cœur, soyez le visage accueillant de l’Église ».

Maria Grazia Berretta

Chiara Lubich : Dieu seul est tout !

En octobre 1946, Chiara Lubich écrit à Sœur Josefina et Sœur Fidente qui cherchent à mettre en pratique l’esprit du Mouvement naissant. Cet extrait de la lettre laisse transparaître l’enthousiasme et l’ardeur des premiers temps et nous incite, aujourd’hui encore, à donner à Dieu la première place dans notre vie. Dieu de mon âme, mon Amour, mon Tout, parle toi-même à ces deux cœurs. Parle-leur avec ta voix divine. Dis-leur que toi seul es tout et que tu habites en elles ! Dis-leur de ne pas te chercher autour d’elles, qu’elles te trouveront toujours dans leur cœur ! Tu le sais, Jésus, combien je les aime et voudrais être sans cesse avec elles. […] Dieu seul est tout ! Et cette vérité se vit dans la passion la plus grande pour la Pauvreté ! Quand t’aimons-nous, Seigneur ? Quand nous te trouvons. Quand te trouvons-nous avec certitude ? Quand nous ne comptons que sur toi, quand fous d’amour nous regardons vers les sommets et ne cherchons que toi : Dieu, notre Père ! Et maintenant que tes épouses sont dépouillées de tout et convaincues que toi seul leur suffis, maintenant seulement dis à leur cœur qu’il peut accepter aussi l’amour ardent que j’ai pour elles – de même que je l’accepte avec joie et gratitude – et le désir intense qui est le mien de faire d’elles ce que mon cœur veut être pour toi ! […] Mes petites sœurs, Votre vie, si souvent semblable à celle de Jésus vivant, travaillant, aimant dans la maison de Nazareth, comme elle peut faire du bien ! Mais ne savez-vous donc pas qu’une âme qui aime de façon que sa vie soit une vie continuelle à deux – Jésus et l’âme – fait autant que si elle prêchait à l’univers entier ? Maintenant que vous êtes dépouillées de vos misères, que vous donnerez chaque jour à Dieu, vous êtes libres d’aimer. Aimez ! Il veut vivre en vous. Et il ne souhaite rien de plus que cette vie à deux. […]

Chiara Lubich

(Chiara Lubich, in Lettres des premiers temps 1943-1949, Nouvelle Cité 2010, p. 117)

Dixième Rencontre Mondiale des Familles : appelées à nourrir l’Église

Dixième Rencontre Mondiale des Familles : appelées à nourrir l’Église

L’amour familial : vocation et chemin de sainteté. Tel est le thème de la dixième Rencontre Mondiale des Familles qui se tiendra à Rome du 22 au 26 juin 2022. Le témoignage de quelques couples de « Familles Nouvelles », une branche du mouvement des Focolari, qui participeront à l’événement. Un moment de célébration et de partage pour être embrassé par l’Eglise, « famille de familles » (Al 87) et se sentir partie intégrante de ce peuple en marche. Du 22 au 26 juin 2022, Rome accueillera la Xème Rencontre Mondiale des Familles, un événement né sous l’impulsion de saint Jean-Paul II en 1994 et repris tous les trois ans depuis lors dans des lieux différents. La rencontre, comme l’a annoncé le pape François dans un message vidéo, se tiendra cette fois sous une forme « multicentrique et étendue », pour répondre aux besoins dictés par la pandémie et au désir de très nombreuses personnes d’y participer. En effet, de nombreuses familles à travers le monde suivront l’événement dans leurs diocèses respectifs, tandis que d’autres auront la joie de vivre cet événement sur place. « C’est la troisième fois que nous participons à la Rencontre Mondiale des Familles et, chaque fois, nous en revenons toujours comblés de grâces. »

Dori et Istvan Mezaros, Serbie

Istavan et Dori Mezaros (Serbie), sont les référents du Mouvement Familles Nouvelles en Europe de l’Est et ils racontent l’importance et la joie d’être présents à cet événement.  « En 2018, à Dublin (Irlande), nous avons découvert le merveilleux trésor que le Saint-Père nous a offert avec l’Exhortation Apostolique « Amoris Laetitia », un véritable guide à utiliser quotidiennement dans la sphère familiale. Aujourd’hui, nous sommes reconnaissants à Dieu de pouvoir être à Rome, à la fois pour vivre un moment de grande joie, mais aussi pour partager avec le Saint-Père et l’Église universelle les difficultés que vit la famille. Nous voudrions comprendre comment approcher les familles, également d’une manière nouvelle, comment les accompagner, surtout lorsqu’elles souffrent. » Le thème choisi par le pape François pour cette dixième Rencontre Mondiale des Familles est « L’amour familial : vocation et chemin de sainteté ». Une vocation aujourd’hui plus que jamais mise à l’épreuve.

João Francisco e Soraia Giovàni, Brésil

« Dans notre pays, l’Argentine, la première difficulté que rencontre un jeune couple est de trouver une stabilité économique, mais la grande pauvreté, le manque de travail et l’inflation n’aident pas les jeunes dans cette recherche », racontent Liliana et Ricardo Galli qui, pendant des années, ont accompagné à différents niveaux les Familles Nouvelles en Argentine et qui sont aujourd’hui responsables de la formation des familles dans la Cité pilote internationale des Focolari à Loppiano (Italie). « De plus – poursuivent-ils – lorsque la famille s’agrandit, que les enfants arrivent et grandissent, on ne peut compter sur aucune aide institutionnelle pour accompagner les couples dans cette étape, sans oublier qu’une forte laïcité, fruit de l’individualisme et de la consommation facile, n’aide pas les jeunes à bâtir un projet. » Le défi consiste donc à soutenir la famille, à prendre en compte la dimension communautaire de son projet et à s’en occuper comme tel. Vivre en réseau avec d’autres familles aide à maintenir cet amour familial et à ne pas se sentir seuls. »

Ricardo et Liliana Galli, Argentine

« L’amour vécu dans les familles est une force permanente pour la vie de l’Église », lit-on dans Amoris Leatitia (Al 88), et pour cela, il faut veiller à ce que cette union soit soutenue, comme le racontent Joao et Soraia Giovani, responsables depuis des années de Familles Nouvelles au Brésil. « Depuis que nous nous sommes mariés, la foi nous a guidés dans notre relation avec Dieu et avec l’autre. Pour nous, le mariage est un chemin de sainteté que nous construisons chaque jour. Avec une grande joie, nous avons accueilli nos enfants et, avec d’autres familles, nous avons essayé de mettre en pratique les paroles de l’Évangile, en grandissant dans la foi. Bien sûr, les défis n’ont pas manqué pendant ces 25 années de mariage et parfois nous n’avions pas de réponses, mais le désir d’être fidèles à l’amour de Dieu a été un phare. Nous avons toujours appris à nous dire tout et, en cas de difficulté, nous savions comment demander de l’aide. Deux paroles de l’Évangile nous ont guidés jusqu’ici : « Le Seigneur fait des merveilles pour ceux qui mettent sa confiance en Lui » et « Celui qui croit en Lui ne sera pas déçu ». La grâce du mariage est merveilleuse et nous remercions Dieu pour notre vie commune. »

                                                                                                                                                              Maria Grazia Berretta

Focolare EcoPlan, une intuition puissante

Focolare EcoPlan, une intuition puissante

« Nous nous engageons à vérifier la durabilité écologique de nos structures et de nos activités (…) Nous voulons nous consacrer à la formation d’une conscience environnementale qui mène à des modes de vie plus durables ». La « conversion écologique » est l’un des objectifs fixés par les  Focolari lors de l’Assemblée Générale de 2021. En réponse à ce besoin urgent, le Focolare EcoPlan est né. « Le Mouvement des Focolari est profondément engagé dans la conversion écologique en menant des actions concrètes et en favorisant le dialogue avec tous pour la protection de notre planète », a déclaré Margaret Karram, lors de l’ouverture du cinquième Sommet de Halki il y a quelques jours. « Stimulés par notre Assemblée Générale du début de l’année 2021, nous avons décidé d’agir courageusement en créant un plan écologique au sein de nos communautés afin de provoquer des changements et de rendre nos vies et nos activités plus durables ». En effet, le 3 juin 2022 à Stockholm, le Mouvement des Focolari a pu présenter son propre document – Focolare EcoPlan – représentant l’engagement de ses communautés en faveur de l’environnement, motivé par la spiritualité qui l’anime. Il a été officiellement remis à Iyad Abu Moghli (jordanien), Conseiller principal de l’UNEP, directeur de l’initiative Faith for Earth, qui a déclaré que l’EcoPlan est « une approche écologique ambitieuse et complète ». À travers l’EcoPlan, les Focolari souhaitent amplifier, connecter et développer le travail environnemental qui existe déjà au sein du Mouvement.

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L’EcoPlan, réalisé en partenariat avec FaithInvest et EcoOne, a pour but d’encourager les membres et les communautés du Mouvement des Focolari à réexaminer leur style de vie en relation avec la protection des personnes et de la planète, à travers les différents aspects de la spiritualité de l’unité. Il représente également une déclaration publique d’engagement écologique, aujourd’hui et dans les années à venir, en réponse aux objectifs exprimés par la dernière Assemblée Générale des Focolari. Présenté à l’occasion du 50ème anniversaire du Programme des Nations Unies pour l’Environnement (UNEP), le 3 juin 2022 à Stockholm, avec d’autres plans similaires, d’autres organisations dans le cadre des Faith Plans for People and Planet, qui comprennent également les plans que la Plate-forme d’action Laudato Sì a recueillis au cours de l’année écoulée à la suite de la rencontre historique du Pape et d’autres chefs religieux le 4 octobre 2021 au Vatican. Comme première action pour aider les communautés locales du Mouvement des Focolari à développer des plans écologiques locaux en fonction de la culture des différents lieux, le Programme Seed Funding est né, grâce au soutien financier de Faithinvest, projet de financement géré directement par les jeunes. Les projets peuvent être soumis jusqu’au 30 juin 2022. Stockholm+50 Il y a cinquante ans, la Conférence des Nations Unies sur l’environnement humain s’était tenue à Stockholm. À cette occasion, il avait été souligné pour la première fois que, pour améliorer durablement les conditions de vie, les ressources naturelles devaient être préservées au profit de tous, et qu’une coopération internationale était nécessaire pour atteindre cet objectif. L’accent avait été mis sur la résolution des problèmes environnementaux, mais sans oublier les aspects sociaux, économiques et de développement. Peu après, le Programme des Nations Unies pour l’environnement (UNEP), basé à Nairobi, au Kenya, avait vu le jour. Pendant 50 ans, l’UNEP a coordonné un effort mondial pour relever les plus grands défis environnementaux de la planète. Son pouvoir rassembleur et ses recherches scientifiques rigoureuses ont permis aux pays de s’engager, d’agir avec audace et de faire progresser le programme environnemental mondial. « Nous demandons trop à notre planète en maintenant des modes de vie non durables », a déclaré le secrétaire général des Nations Unies, António Guterres. « L’histoire a démontré ce qui peut être réalisé lorsque nous travaillons ensemble et que nous donnons la priorité à la planète ». Début juin 2022, la Conférence Stockholm+50 s’est tenue comme un moment de réflexion et de relance pour l’écologie et pour le soin de la planète. Dans ce contexte, les grandes religions du monde ont souhaité exprimer leur engagement pour la planète par une déclaration interreligieuse adressée à la rencontre internationale des Nations Unies à Stockholm+50. Plus de 200 chefs religieux et représentants des religions du monde – dont New Humanity, représentant les Focolari – ont demandé, lors de la réunion de l’UNEP, que l’écocide ou la destruction de l’environnement soit considéré comme un crime international, car il porte atteinte à la vie humaine. Cela devrait avoir des conséquences pénales pour les responsables, et avoir ainsi un effet dissuasif et préventif. Grâce à l’accréditation de New Humanity en tant que conseiller de l’UNEP, à la réunion de Stockholm étaient présents pour les Focolari : Nausikaa Haupt, Christine Wallmark (toutes les deux suédoises) et Nino Puglisi (italien à Vienne).

Carlos Mana

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https://youtu.be/hOd8SsfkCsU

Mouvements et Communautés nouvelles : tesselles précieuses dans la mosaïque de l’Église

Le 20 juin 2022 s’est tenue à Rome la conférence « L’identité des Mouvements et des Nouvelles Communautés dans le parcours synodal de l’Église », organisée par l’Université Pontificale du Latran en collaboration avec l’Institut Universitaire Sophia. Accroître et approfondir le dialogue entre les dons hiérarchiques et charismatiques, entre l’Église institutionnelle, les Mouvements et les Communautés Nouvelles. Le souhait du Cardinal Marc Ouellet est que ces temps caractérisés par le chemin synodal élargissent la conscience des charismes dans toutes les communautés ecclésiales. Ces mots du Préfet de la Congrégation pour les Evêques et Président de la Commission Pontificale pour l’Amérique Latine expriment bien l’étape importante de la conférence « L’identité des Mouvements et des Nouvelles Communautés dans l’engagement synodal de l’Eglise » qui s’est tenue hier à l’Université Pontificale du Latran et promue conjointement avec l’Institut Universitaire Sophia. Au centre des interventions qualifiées se trouvaient le parcours et les questions ouvertes sur ces nouvelles expressions de l’Esprit qui demandent des réponses actualisées et capables de se mesurer à un monde en changement continu et rapide. Le Cardinal Kevin Farrell, Préfet du Dicastère pour les Laïcs, la Famille et la Vie, a identifié en quatre points les défis que ce parcours présente aujourd’hui : fidélité dynamique au charisme, unité, synodalité et esprit missionnaire : « Les nouvelles perspectives que l’Esprit Saint ouvre devant nous se présentent toujours comme des défis, quelque chose qui ne nous laisse pas tranquilles, parce que l’Esprit est dynamisme, Il est créativité, Il est vie ».

Comment, alors, mettre en œuvre la mise à jour qui doit être faite dans de multiples domaines : formation des membres, activités d’évangélisation, d’aide et de guérison des blessures les plus profondes des sociétés ?  Dans leur variété et leur complémentarité, les réponses et les contributions offertes par les représentants des Mouvements et des Nouvelles Communautés ont offert un panorama de l’état des lieux de ces réalités ecclésiales aujourd’hui. Margaret Karram, Présidente du mouvement des Focolari, a souligné que « En ce temps, où toute l’Église s’oriente vers un style synodal, nous sommes appelés à faire un pas de plus : marcher ensemble, non seulement dans nos propres réalités, mais ensemble avec tous ». Ce n’est qu’en se mettant en réseau, en étant un don pour l’Église et l’humanité, que les Mouvements découvriront aussi leur propre identité d’une manière nouvelle. Mary Healy, professeur d’Écriture Sainte (Sacred Heart Major Seminary à Détroit, USA) a mis en évidence dans la formation, l’évangélisation et la primauté de la dimension charismatique les trois principaux fruits dont les Mouvements et les Communautés Nouvelles sont devenus porteurs depuis le Concile Vatican II : des dons apportés à l’Église et à l’humanité, fondés sur la rencontre personnelle et communautaire avec le Christ. Intervenant sur le thème « Les mouvements ecclésiaux et les nouvelles communautés aujourd’hui dans le kairos du processus synodal », Mgr Piero Coda, théologien, Secrétaire Général de la Commission théologique internationale et professeur à l’Institut universitaire Sophia, a mis en évidence un défi encore ouvert : le caractère provisoire de la configuration de ces réalités ecclésiales quant à leur reconnaissance dans l’ordre canonique. Le soin de l’Église dans cette phase prélude, dans le contexte ecclésiologique dynamique actuel, à de nouvelles dispositions plus mûres.
Une représentation des Mouvements et des Nouvelles Communautés s’est ensuite vu confier la session sur « Fondation, développement et incarnation du Charisme ». Moysés Louro de Azevedo Filho de la Communauté Catholique Shalom, fondateur et modérateur général de la Communauté Catholique Shalom, a présenté l’esprit et les objectifs de cette expression ecclésiale qui est « porteuse d’un charisme dont la synthèse est la parole prononcée par Jésus lorsqu’il rencontra les disciples au Cénacle : ‘Shalom’, vers une sainteté communautaire ». Daniela Martucci, Vice-présidente de la Communauté Nuovi Orizzonti, a mis en évidence le cœur du charisme : l’écoute du cri de Jésus crucifié et abandonné dans les pauvres, les derniers et les laissés-pour-compte ainsi que le cri d’amour de l’Homme-Dieu qui ne cesse de répéter : « aimez-vous les uns les autres comme je vous ai aimés ». Iraci Silva Leite a souligné la centralité de la Parole de Dieu qui guide l’expérience de la « Fazenda da Esperança », une Parole qui « nous unit, notamment dans l’effort de vivre l’amour entre nous et de donner à ceux qui souffrent la présence de Jésus ». Michel-Bernard De Vregille, de la Communauté de l’Emmanuel, a abordé le sujet des crises qui ont traversé et traversent encore les réalités ecclésiales : « On risque souvent de vouloir opposer charisme et institution, a-t-il dit, mais le flambeau de l’Église hiérarchique et institutionnelle et le flambeau du charisme sont faits pour se rencontrer et devenir une grande et belle flamme pour illuminer le monde de la présence du Ressuscité ». Pour l’aspect de l’incarnation, le professeur Luigino Bruni, économiste, s’est concentré sur le défi « narratif » des charismes qui naissent dans une période historique qui est souvent racontée de manière typique de l’époque de la fondation. « Nous devons nous mettre à jour avec le charisme, a-t-il dit, sans perdre le contact avec son noyau fondamental. Un nouveau capital narratif naîtra du pluralisme des langues, de diverses expériences, du dialogue de différentes sensibilités : jeunes et adultes, universitaires et gens ordinaires, Église et mouvements, etc. »
L’après-midi, les travaux ont porté sur la manière dont les charismes peuvent et doivent féconder tous les aspects de la vie des membres et des communautés, du spirituel à l’organisationnel, de l’inclusion de membres de différentes vocations à la formation, à l’administration des biens et à toutes les formes de responsabilité et de gouvernance. Elena Di Bernardo, professeure de droit canonique (Institutum Utriusque luris, Université pontificale du Latran) a offert un excursus très qualifié sur les relations entre la théologie et le droit canonique, telles qu’elles se sont réalisées et ont évolué au fil du temps. « Il faut partir du principe que l’identité en soi d’un mouvement ou d’une réalité ecclésiale, observe-t-elle, est pleinement acquise lorsque tous les aspects charismatiques qui le constituent ont reçu une configuration juridique adéquate ». Au terme des travaux, le rapport de Madame Linda Ghisoni, Sous-secrétaire du Dicastère pour les Laïcs, la Famille et la Vie, intitulé « Les laïcs aujourd’hui dans l’ecclésiologie de la communion », a mis en évidence deux polarités sur lesquelles l’attention doit se porter : personne-institution et praxis-statuts. En ce qui concerne la première, elle observait que « l’institution, Mouvement ou Communauté nouvelle, sera préservée si son charisme originel, ses finalités propres où se conjuguent prière et apostolat, et surtout si le bien des personnes qui la composent est sauvegardé. Ce dernier ne peut jamais être une alternative au bien de l’institution ! ». Soulignant que l’expérience nous enseigne douloureusement que chaque fois que le ‘bon nom’ de la communauté a été préservé en sacrifiant les personnes individuelles et leurs droits, des aberrations ont été commises au détriment de l’institution dans son ensemble, elle a conclu : « La personne au centre constitue toujours un investissement dans la communauté ou le mouvement ». L’autre polarité concerne au contraire les pratiques et les statuts : s’il est vrai que « la vie anticipe sans doute toute définition normative », il est également vrai qu’il faut éviter tout légalisme ou toute diabolisation du droit, qui « loin d’être un mal nécessaire à supporter en dressant une liste d’articles, constitue un chemin de liberté pour tous : pour tous les membres et pour ceux qui sont appelés personnellement à en être les garants, en particulier pour ceux qui occupent des postes de gouvernement, à tous les niveaux ».

Stefania Tanesini

https://youtu.be/uwykF7mn3f0

Chiara Lubich : Dieu seul est tout !

En octobre 1946, Chiara Lubich écrit à Sœur Josefina et Sœur Fidente qui cherchent à mettre en pratique l’esprit du Mouvement naissant. Cet extrait de la lettre laisse transparaître l’enthousiasme et l’ardeur des premiers temps et nous incite, aujourd’hui encore, à donner à Dieu la première place dans notre vie. Dieu de mon âme, mon Amour, mon Tout, parle toi-même à ces deux cœurs. Parle-leur avec ta voix divine. Dis-leur que toi seul es tout et que tu habites en elles ! Dis-leur de ne pas te chercher autour d’elles, qu’elles te trouveront toujours dans leur cœur ! Tu le sais, Jésus, combien je les aime et voudrais être sans cesse avec elles. […] Dieu seul est tout ! Et cette vérité se vit dans la passion la plus grande pour la Pauvreté ! Quand t’aimons-nous, Seigneur ? Quand nous te trouvons. Quand te trouvons-nous avec certitude ? Quand nous ne comptons que sur toi, quand fous d’amour nous regardons vers les sommets et ne cherchons que toi : Dieu, notre Père ! Et maintenant que tes épouses sont dépouillées de tout et convaincues que toi seul leur suffis, maintenant seulement dis à leur cœur qu’il peut accepter aussi l’amour ardent que j’ai pour elles – de même que je l’accepte avec joie et gratitude – et le désir intense qui est le mien de faire d’elles ce que mon cœur veut être pour toi ! […] Mes petites sœurs, Votre vie, si souvent semblable à celle de Jésus vivant, travaillant, aimant dans la maison de Nazareth, comme elle peut faire du bien ! Mais ne savez-vous donc pas qu’une âme qui aime de façon que sa vie soit une vie continuelle à deux – Jésus et l’âme – fait autant que si elle prêchait à l’univers entier ? Maintenant que vous êtes dépouillées de vos misères, que vous donnerez chaque jour à Dieu, vous êtes libres d’aimer. Aimez ! Il veut vivre en vous. Et il ne souhaite rien de plus que cette vie à deux. […]

Chiara Lubich

(Chiara Lubich, in Lettres des premiers temps 1943-1949, Nouvelle Cité 2010, p. 117)

Évangile vécu : « C’est toi le Seigneur ! Je n’ai pas de plus grand bonheur que toi !» (Ps 16 [15], 2)

Placer Dieu au centre et être certains de ne pas vaciller. Vivre dans la plénitude ce qui est exprimé dans ce psaume, est la plus grande consolation que l’on puisse recevoir : se sentir guidé et savoir, au plus profond de son cœur, que Lui seul fait bien toutes les choses. Semences de paix Dans notre immeuble, il y avait un mécontentement croissant concernant l’administration, les réparations, le bruit. Un jour J’ai réfléchi aux paroles d’un prêtre : la paix, disait-il, commence en nous, conscients que Dieu se trouve dans la graine de la vérité ; une graine qui germe avec la charité mise en pratique dans les nombreuses situations de la vie. Nous en avons parlé en famille et nous avons eu l’idée d’apporter chaque jour de petites améliorations au bâtiment, mais sans qu’on en voie l’auteur. Par exemple, enlever les feuilles jaunes des plantes dans le hall d’entrée, les arroser, nettoyer les vitres et les cadres des tableaux dans le hall d’entrée qui n’avaient peut-être jamais été époussetés depuis qu’ils y avaient été placés. Bien sûr, c’étaient les tâches de ceux qui sont payés pour nettoyer. Lors de la première réunion de copropriété, l’administrateur a fait remarquer que depuis un certain temps, tout le monde ressentait l’environnement plus accueillant ; des idées ont émergé également sur la façon de peindre l’escalier. Lorsque j’en ai fait part aux enfants, ils ont été enthousiastes. Une contribution à l’amélioration du monde peut même commencer dans son propre immeuble. (C. – Croatie) Le fagot Depuis le début de notre mariage, tout était toujours mis en commun. Un jour, avec mon épouse, nous nous sommes assis autour d’une petite table pour organiser l’économie familiale. Au-delà des chiffres arides, chaque sortie et chaque entrée a marqué une croissance de la qualité de la relation entre nous. Nous avons également impliqué nos enfants. Depuis lors, il est devenu normal que la paire de chaussures peu utilisée soit mentionnée comme étant nécessaire à quelqu’un ou que parmi les dépenses indispensables, il y ait une somme à mettre à la disposition de personnes dans le besoin. Une autre étape a été le ce que l’on appelle le « fagot » : l’attention mis sur le don de ce qui n’est pas strictement nécessaire. Ce n’est que plus tard que nous avons réalisé l’importance de cet acte. Nous avons remarqué que nous étions entrés en relation avec ceux qui ont besoin de tout. Même un crayon, un livre, une couverture deviennent un signe de sollicitude envers les autres. Cette façon de faire a renouvelé nos vies. (L.R. – Pays-Bas) Avoir confiance J’avais perdu mon emploi, mais j’avais confiance que la Providence de Dieu me permettrait d’en trouver un autre : N’avais-je pas expérimenté de nombreuses fois « donnez et on vous donnera » (Lc 6,38) comme réponse à mes efforts pour mettre en pratique l’amour évangélique ? Le jour même, à la paroisse, j’ai raconté mon expérience chrétienne. Après avoir également mentionné que j’étais à la recherche d’un emploi, une fille présente à la rencontre m’a signalé que l’entreprise de son père cherchait justement un employé. C’est ainsi, qu’en ayant confiance, j’ai trouvé un travail. (F.I. – Italie)

Sous la direction de Maria Grazia Berretta

 (Extrait de “Il Vangelo del Giorno”, Città Nuova, année VIII, n°2, mai-juin 2022)

Nouveau site dédié à Igino Giordani

À partir du dimanche 19 juin 2022, le nouveau site réalisé par le Centre Igino Giordani sera mis en ligne. Il est dédié à la figure de cet écrivain et homme politique, cofondateur du mouvement des Focolari. Un espace complètement renouvelé, explique Alberto Lo Presti, où l’on peut rencontrer « Foco » en allant au cœur de son témoignage de vie. « Quelqu’un a dit que si l’Évangile disparaissait sur tous les points de la terre, le chrétien devrait être tel que ceux qui le voient vivre pourraient réécrire l’Évangile. Eh bien, Giordani était l’un de ces chrétiens ». Les mots de Chiara Lubich, pour décrire la figure extraordinaire d’Igino Giordani (à qui elle a donné elle-même le nom de Foco), nous permettent de saisir la beauté qui se cache derrière l’aventure devenue vie de celui qui est considéré comme le cofondateur du mouvement des Focolari. Héros du siècle dernier, engagé sur différents fronts, du politique au social en passant par le culturel, Giordani marche aussi dans le présent. Pour garder cet héritage, le Centre Igino Giordani, fondé par Chiara Lubich et incardiné dans le Mouvement des Focolari, lancera le 19 juin 2022 son nouveau site web. Alberto Lo Presti, qui dirige le centre, nous en parle. Prof. Lo Presti, comment est née l’idée de réaliser un nouveau site dédié à Igino Giordani et quelle en est la nouveauté ? Nous vivons une époque difficile à bien des égards : la paix et la guerre, la justice et les inégalités, la migration et l’accueil, le travail et le chômage… et comme Igino Giordani a abordé ces questions avec sagesse et inspiration, nombreux sont ceux qui essaient de chercher dans ses discours, ses écrits, ses témoignages, une lumière qui puisse les guider dans leurs choix actuels. C’est pourquoi nous avons décidé de revaloriser le site web, en le rénovant complètement, en l’adaptant aux graphismes et à l’opérabilité la plus moderne. De cette manière, nous mettrons à la disposition du public intéressé les principaux matériaux illustrant sa pensée et sa vie. De quelle manière la figure de Foco peut-elle faire son chemin dans le monde d’aujourd’hui et être une source d’inspiration pour les nouvelles générations ? À l’âge vénérable de plus de 70 ans, Igino Giordani était considéré comme un « mythe » par de nombreux jeunes et adolescents qui se promenaient dans les jardins du Centre international du mouvement des Focolari à Rocca di Papa, en Italie, et le rencontraient assis sur un banc. Ils aimaient parler avec lui, parler de choses profondes, ou simplement raconter quelque chose de leurs expériences. Aujourd’hui, les jeunes ont encore besoin de mythes et de héros et ils les cherchent souvent dans les endroits les plus improbables (sport, cinéma, jeux vidéo, médias sociaux, influenceurs). Rencontrer Igino aujourd’hui, c’est connaître l’histoire d’un véritable héros, qui a fait la guerre, qui a véritablement choisi la paix, qui a réellement mis au défi les puissants de rester cohérents avec leurs idéaux. On croit généralement que la jeunesse est le temps des idéaux qui, avec la maturité, sont destinés à s’effondrer. Igino est resté jeune jusqu’à la fin car, comme il aimait à le dire, « on ne vieillit jamais dans l’esprit ». S’appuyer sur son expérience, c’est écouter son enseignement : vivre pour l’idéal d’unité est la chose la plus passionnante qui lui soit arrivée. Et en plus de l’amélioration de la convivialité du site et de son nouveau graphisme, il y a aussi la création d’une page Instagram déjà en ligne, le premier canal officiel entièrement dédié à Igino Giordani (Igino_giordani_official), pour entrer en contact avec lui, un citoyen du monde et un véritable influenceur de notre temps.

Maria Grazia Berretta

Ensemble on peut se libérer de toute prison

L’art de se soutenir mutuellement ne s’apprend pas dans les livres, mais aider quelqu’un dans ses études et lui consacrer du temps pourrait être l’occasion de découvrir des merveilles et d’en cueillir les fruits inattendus, même dans un lieu comme la prison. C’est ce qui est arrivé à Marta Veracini et lui a permis de porter un regard nouveau sur elle-même. Rire à gorge déployée tandis qu’une voix au loin chuchote de ne pas déranger ; échanger des idées et des opinions en essayant de trouver la bonne concentration pour étudier et lire attentivement. C’est la scène qui se répète quotidiennement dans les amphithéâtres des universités, entre la pause-café et le prochain cours à suivre. En réalité, c’est tout cela, et bien plus encore, qui arrive à Marta Veracini, une jeune femme toscane, chaque fois qu’elle entend se refermer derrière elle les portes verrouillées de la Dogaia, la prison de Prato (Florence – Italie), Diplômée en droit et titulaire d’un master en criminologie, Marta a rejoint en 2019 le projet de service civil organisé par l’Université de Florence, grâce auquel des bénévoles aident les détenus à préparer leurs examens universitaires. Depuis lors, même après la fin de l’année, elle a continué à rendre ce service, dans ce lieu que tout le monde aurait du mal à définir comme « beau » mais qui, de manière surprenante et inattendue, est devenu un espace dédié à l’attention et à la confiance mutuelles ; un lieu où c’est la relation qui devient une « maison d’accueil » et où chacun, détenu ou non, peut enfin être lui-même. « Lorsque quelqu’un m’interviewe – dit Marta – on me demande toujours ce qu’on retire du réconfort et de l’aide apportés dans un endroit comme la prison. La vérité est que personne n’imagine vraiment combien on peut recevoir, même dans ce contexte. Le bénévolat en prison a changé ma vie, m’a permis de briser les barrières de ma timidité, de mes insécurités et me permet aujourd’hui d’afficher un sourire que je cachais auparavant. C’est moi qui dois remercier les personnes que j’ai rencontrées pour tout ce qu’elles ont fait pour moi et continuent de faire. Je suis vraiment libre avec elles. » Une vraie conquête. Il y a tellement de cellules qui peuvent nous emprisonner, qui peuvent confiner nos rêves, nos pensées, nos espoirs. L’expérience de Marta, partagée avec celle des détenus qu’elle a eu la chance de rencontrer et d’aider dans leurs études au fil des ans, est un exemple de la manière dont, ensemble, il est encore possible de prendre son envol, de sentir que l’on vaut quelque chose et, pourquoi pas, de penser à l’avenir. « Le parcours universitaire est certainement fatigant pour tout le monde – précise Marta – mais ils travaillent très assidument et c’est agréable de voir leur bonheur et leur détermination à réussir un examen. Ce sont de belles petites réalisations qui les voient également confrontés à des sujets difficiles. Beaucoup d’entre eux, par exemple, étudient le droit et certains ont déjà obtenu un diplôme. Parmi eux, des jeunes mais aussi des adultes, originaires de diverses régions d’Italie ou étrangers. C’est une joie de voir comment ils ne se fixent aucune limite, s’encouragent mutuellement et deviennent un exemple pour les autres. Pour les personnes condamnées à une longue peine, cela signifie investir de l’énergie et du temps en vue de réussir, pour leur plus grande fierté et celle de leurs familles ! Ceux qui sont libérés, en revanche, ont la possibilité de mettre à profit ce qu’ils ont étudié pour redémarrer. » Un regard d’espoir qui embrasse et se laisse embrasser. Les récits de la vie quotidienne entre les murs de la Dogaia, inclus dans le livre que Marta a écrit pendant la pandémie, « Mon ange gardien est condamné à perpétuité », sont une petite goutte d’eau dans le grand océan d’indifférence qui sépare l’intérieur de l’extérieur, un témoignage de la façon dont il est possible de briser les barrières grâce à de belles initiatives, en mettant au centre l’amour inconditionnel envers son prochain. « Je n’ai jamais voulu connaître les raisons pour lesquelles chacun d’entre eux est en prison – poursuit Marta – mais une chose est sûre, je ne les ai jamais regardés comme des monstres, juste comme des personnes qui, malgré le poids de leurs erreurs, ont les mêmes besoins que les autres, les mêmes sentiments et le même désir de relation et de partage. Des personnes qui ont une dignité comme tout le monde et grâce auxquelles j’ai aussi trouvé la mienne. Bref, des « vrais amis ». »

                                                                                                       Maria Grazia Berretta

Un nouveau regard sur le monde et sur les autres

Le Sommet de Halki V à Istanbul (Turquie) est arrivé à son terme. Quatre jours de travail sous le signe de la protection de l’environnement pour l’avenir de la planète.  À la fin du cinquième sommet de Halki, intitulé « Assurer ensemble l’avenir de la planète », nous nous sommes quittés dans une atmosphère très familière. La rencontre internationale et interdisciplinaire co-organisée par le Patriarcat œcuménique et l’Institut universitaire Sophia, inspirée par le magistère prophétique du Patriarche Bartholomée et du Pape François, a été unanimement reconnue comme un événement de l’Esprit Saint. Ce n’est pas un hasard si les jours du Sommet ont coïncidé avec ceux des deux Pentecôtes de nos Églises respectives. La confrontation sincère, l’écoute mutuelle libre et ouverte, l’échange de dons étayés par des réflexions, des recherches et des parcours ecclésiaux partagés, nous ont conduit avec étonnement à la conscience de vivre un tournant décisif pour l’avenir de la famille humaine, dans lequel chacun a une responsabilité inéluctable. Le défi et l’opportunité qui se présentent sur notre chemin commun sont certainement ceux de développer, avant tout, une éthique écologique partagée, en mettant en œuvre – en tant qu’artisans de paix et de fraternité – de bonnes pratiques dans tous les domaines : de la pédagogie à la pastorale, du social au politique et à l’économique. À cela s’ajoute l’engagement, sur un plan purement culturel, d’approfondir les parcours interdisciplinaires pour la formation de nouveaux paradigmes d’interprétation et de transformation de la réalité, en vue de vaincre la culture du gaspillage. Enfin, il est apparu clairement combien ces lignes d’action seraient inefficaces sans un engagement éducatif non élitiste qui envisage une implication ecclésiale large et convaincue. Une demande spontanée s’est manifestée pour signer un appel final adressé aux Eglises et à ceux qui s’occupent de la maison commune. L’espoir n’est pas de tout laisser derrière soi comme un beau souvenir, mais de reconnaître que nous avons devant nous un horizon de lumière qui exige une conversion du regard qui part du cœur et se nourrit de la sagesse évangélique. « La culture écologique, nous rappelle le pape François, ne peut pas se réduire à une série de réponses urgentes et partielles aux problèmes qui sont en train d’apparaître par rapport à la dégradation de l’environnement, à l’épuisement des réserves naturelles et à la pollution. Elle devrait être un regard différent, une pensée, une politique, un programme éducatif, un style de vie et une spiritualité qui constitueraient une résistance face à l’avancée du paradigme technocratique. Autrement, même les meilleures initiatives écologiques peuvent finir par s’enfermer dans la même logique globalisée. Chercher seulement un remède technique à chaque problème environnemental qui surgit, c’est isoler des choses qui sont entrelacées dans la réalité, et c’est se cacher les vraies et plus profondes questions du système mondial » (Enc. Laudato Si’, n° 111).

Vincenzo Di Pilato (Photo : Alfonso Zamuner, Noemi Sanches e Nikos Papachristou)

Chiara Lubich : Mon unique bien

La parole de vie de juin 2022 « C’est toi le Seigneur ! Je n’ai pas de plus grand bonheur que toi » nous propose de reconnaître Jésus dans toutes les circonstances de la vie, surtout dans les moments les plus difficiles, de souffrance physique ou spirituelle. Jésus dans son abandon s’est fait pour nous accès au Père. Lui, il a fait sa part. Mais pour bénéficier d’une grâce aussi grande, chacun de nous doit aussi faire sa petite part, qui consiste à s’approcher de cette porte et à la franchir. Et comment faire ? Lorsque la déception nous envahit, lorsqu’un traumatisme, un malheur imprévu ou une maladie absurde nous blessent, nous pouvons toujours nous souvenir de la douleur de Jésus, qui a incarné toutes ces épreuves et mille autres encore. Oui, il est présent en tout ce qui a goût de souffrance. Chacune de nos douleurs est un aspect de son nom. Essayons alors de reconnaître Jésus dans toutes les angoisses, les difficultés de la vie, dans toutes les obscurités, dans nos tragédies personnelles et celles qui touchent les autres, dans les souffrances de l’humanité qui nous entoure. Elles le représentent, parce qu’il les a faites siennes. Il suffira de lui dire, avec foi : « C’est toi, Seigneur, mon unique bien[1] » ? il suffira de faire quelque chose pour soulager ses souffrances dans les pauvres et les malheureux, pour aller au-delà de la porte, et y trouver une joie encore jamais éprouvée, une nouvelle plénitude de vie.

Chiara Lubich

(Chiara Lubich, in Parole di Vita, Città Nuova, 2017, p. 605 – Parole de Vie d’avril 1999)   [1] Ps 16 (15), 2.

Les rêves de Dieu peuvent être ralentis, mais pas arrêtés !

Les rêves de Dieu peuvent être ralentis, mais pas arrêtés !

Hier, le 8 juin 2022, s’est ouvert en Turquie le 5ème sommet de Halki, organisé conjointement par le Patriarcat de Constantinople et l’Institut Universitaire Sophia. Nous avons fait un rêve… Oui, c’était en janvier 2019 et une délégation de l’Institut universitaire Sophia (IUS) rendait visite au Patriarche œcuménique Bartholomée dans le Fanar, le quartier historique grec de l’actuelle Istanbul (Turquie). À cette époque, nous avions également été accueillis avec une belle cordialité par le métropolite Elpidophoros de Bursa, alors abbé du Monastère de la Sainte-Trinité sur l’île de Halki et professeur à l’École de Théologie de l’Université de Thessalonique (il allait devenir ensuite archevêque d’Amérique au mois de mai suivant). Nous avons ressenti une profonde communion avec lui d’où est né le désir d’organiser ensemble une École d’été à Halki avec des étudiants et des enseignants catholiques et orthodoxes, sur le thème de l’écologie, si cher aux deux Églises sœurs de Rome et de Constantinople. La pandémie n’a réussi qu’à la retarder, mais aujourd’hui ce rêve est devenu réalité. Nous sommes le mercredi 8 juin 2022, il est 18h30 et nous nous trouvons une fois de plus dans la «  reine des villes » – comme on appelait, non sans raison, la splendide ville de Constantinople – et le Patriarche Bartholomée a adressé un message intense et éclairant aux participants, étudiants et conférenciers de tous les continents aux expériences interdisciplinaires et œcuméniques très variées. Il était accompagné de Mgr Marek Solczynski, nouveau nonce apostolique en Turquie, de Mgr Vincenzo Zani, Secrétaire de la Congrégation pour l’Éducation Catholique, de l’archevêque Elpidophoros lui-même et de Margaret Karram, présidente du Mouvement des Focolari et vice-chancelière de l’IUS. « Tout est dans une relation d’amour », a notamment déclaré Margaret Karram, rappelant le destin d’unité inscrit dans l’univers que les hommes et les femmes sont appelés à favoriser par l’action et la pensée, aujourd’hui plus que jamais, audacieuses, prophétiques. Le titre du cinquième Sommet de Halki, organisé conjointement par le Patriarcat de Constantinople et l’IUS, qui a débuté le mercredi 8 juin, l’indique clairement : « Soutenir ensemble l’avenir de la planète ». Ce n’est pas une coïncidence si le Patriarche Bartholomée a voulu mettre l’accent sur deux mots dans ce titre : ‘futur’ et ‘ensemble’. Le premier rappelle le fort lien intergénérationnel inhérent au respect de l’environnement dans lequel nous vivons ; le second, en revanche, l’approche interdisciplinaire à laquelle on ne peut déroger, à adopter face à l’immensité et à la complexité des problèmes écologiques. « Il devient évident », a déclaré le Patriarche, « que seule une réponse coopérative et collective – de la part des chefs religieux, des scientifiques, des autorités politiques, des institutions éducatives et des organisations financières – sera en mesure d’aborder efficacement ces questions vitales de notre époque ». À la fin de son discours, il a ensuite abordé deux concepts très chers à la théologie et à la spiritualité orthodoxes : ‘Eucharistie’ (dans le sens d’une « action de grâce » pour le don de la création) et ‘ascèse’ (comprise comme une « maîtrise de soi » des passions consuméristes). Le Patriarche nous a toutefois invités à considérer ces concepts non pas simplement dans un sens liturgique ou monastique, mais comme différentes façons de parler de la communion. « Et c’est ici que la vision de notre frère le Pape François, a-t-il admis avec émotion, coïncide avec la vision du monde que nous proposons et promulguons depuis plus de trente ans . Nous sommes tous deux convaincus que ce que nous faisons à notre monde, « nous le faisons aux plus petits de nos frères et sœurs » (Mt 25, 40), tout comme ce que nous faisons aux autres, nous le faisons à Dieu lui-même (cf. Mt 25, 45). Ce n’est pas une coïncidence si, immédiatement après avoir publié l’encyclique sur l’environnement Laudato Si’, l’encyclique suivante du pape François était ‘Tous Frères’ ». En effet, il existe de nombreuses déclarations conjointes du Pape et du Patriarche – ainsi que de l’Archevêque de Canterbury – sur l’urgence de la durabilité environnementale, l’impact social et l’importance de la coopération mondiale. C’est ce qu’écrit également le Pape François dans Laudato Si’ : « Lorsque l’importance d’un pauvre, d’un embryon humain, d’une personne handicapée… n’est pas reconnue dans la réalité elle-même, les cris de la nature elle-même ne seront guère entendus. Tout est lié » (n. 117). Et le Patriarche de préciser en la replaçant dans son contexte : « Des liens entre nous et l’ensemble de la création de Dieu, entre notre foi et notre action, entre notre théologie et notre spiritualité, entre ce que nous disons et ce que nous faisons ; entre la science et la religion, entre nos convictions et toute discipline ; entre notre communion sacramentelle et notre conscience sociale ; entre notre génération et les générations futures, entre nos deux églises, mais aussi avec d’autres églises et d’autres communautés de foi ». Oui, tout est relié par un lien que seul l’amour réciproque entre les personnes peut rendre visible pour chaque homme et chaque femme de cette merveilleuse planète terre.

 Vincenzo Di Pilato (Foto: Alfonso Zamuner)

“Seed Funding Program” : une occasion d’agir localement

“Seed Funding Program” : une occasion d’agir localement

Appel à projets à impact écologique adressés aux communautés locales du mouvement des Focolari. Règles et conditions de participation. Les propositions seront acceptées jusqu’au 30 juin 2022. https://youtube.com/shorts/PPgfzteJGDo En quoi consiste le projet ? « Le programme de microfinancement vise à soutenir et à encourager des initiatives significatives et prometteuses dans différentes parties du monde, en vue de la création de plans écologiques locaux/nationaux pour les personnes et la planète au sein des communautés des Focolari. L’objectif principal est de construire des plans écologiques locaux au sein des communautés des Focolari afin de cheminer ensemble vers une écologie intégrale. Notre inspiration Le monde est confronté à une crise sociale et environnementale complexe. L’encyclique Laudato Si’ du pape François explique que le cri des pauvres est sensiblement interconnecté avec le cri de la planète. Nous ne pouvons pas considérer notre relation avec la nature comme séparée de la fraternité, de la justice et de la fidélité envers le prochain. Chiara Lubich, fondatrice du mouvement des Focolari, a affirmé que c’est en commençant par les petits problèmes locaux que se forme une conscience morale capable de s’attaquer aux problèmes à l’échelle mondiale. En fait, a poursuivi Chiara, ce qui manque, ce ne sont pas les ressources techniques et économiques, mais un supplément d’âme, c’est-à-dire un nouvel amour pour l’humanité, pour que nous nous sentions la responsabilité envers tous. Participez ! Le Seed Funding Program est à la recherche d’initiatives intergénérationnelles dirigées par des jeunes (initiatives en cours ou à venir) qui visent à un changement de notre mode de vie personnel et communautaire, en envisageant une relation durable entre la nature et les êtres humains, tout en travaillant dans un contexte local. 10 projets seront sélectionnés et financés jusqu’à une valeur de 1000 euros. Un jury international et interdisciplinaire sélectionnera les projets en fonction des critères suivants : 1. Le projet doit être orienté vers une écologie intégrale (favorisant les personnes et la planète) ; 2. Le projet doit impliquer des efforts intergénérationnels avec des jeunes jouant un rôle significatif dans la direction et la mise en œuvre de chaque projet ; 3. Le projet doit impliquer la communauté locale (éventuellement au niveau national) 4. Le projet doit montrer comment les valeurs spirituelles motivent l’action écologique (éventuellement avec une dimension œcuménique et interreligieuse). Soumettez votre écoplan et entrez sur ce chemin que nous parcourons ensemble ! https://www.new-humanity.org/fr/project/seed-funding-program/ Afin de participer, vous devrez peut-être remplir certaines informations cruciales. Ne manquez pas le cadre du plan et l’appel à projets. Appel à projets Cadre du plan La date limite pour soumettre votre candidature est le 30 juin 2022. Vous saurez si votre projet a été retenu pour recevoir un financement de démarrage le 15 juillet 2022. Une fois le financement accordé, vous vous engagerez à prendre les premières mesures dans le cadre de votre projet entre juillet et septembre 2022 et nous aimerions voir votre premier rapport à la fin du mois d’octobre 2022. Pour plus d’informations, n’hésitez pas à nous contacter à l’adresse ecoplan@focolare.org Pour plus d’informations sur le plan de foi pour les personnes et la planète, consultez le site https://www.faithplans.org/

Les jeunes et l’œcuménisme

Les jeunes et l’œcuménisme

En Amérique latine, la majorité de la population appartient à l’Église catholique romaine mais la relation entre les différentes Églises se développe depuis un certain temps. Le travail partagé dans le domaine social permet aux chrétiens de trouver de plus en plus d’espaces pour une véritable unité. L’un des moments les plus forts est la semaine de prière pour l’unité des chrétiens, célébrée dans l’hémisphère sud autour de la fête de Pentecôte. Les jeunes prennent de plus en plus l’initiative de mener des actions concrètes.  Les jeunes ont toujours été attirés par ce qui est inconnu, par ce qui est différent d’eux, par tout ce qui représente quelque chose de nouveau, même dans le domaine religieux; ils sont de plus en plus ouverts à ceux qui ne sont pas de leur propre église. C’est une expérience menée par Ikuméni, un atelier destiné aux jeunes chrétiens d’Amérique latine (ou latino-américaines) appartenant à différentes églises et traditions chrétiennes. « Dès le premier jour, j’ai compris que cela allait être un défi personnel pour chacune des personnes présentes, à commencer par moi, qui fréquente quotidiennement des personnes majoritairement catholiques, comme moi.  Dans ce cours, tout était nouveau et chaque participant venait d’une église différente », raconte Carolina Bojacá, une jeune Colombienne du mouvement des Focolari. Des jeunes chrétiens de différentes traditions deviennent compagnons de route dans cette formation qui constitue une expérience sans précédent dans le domaine œcuménique. À partir d’une foi commune en Christ, chacun se prépare à servir, que ce soit dans le domaine du développement durable, de la paix ou de l’aide humanitaire. « En août 2021, j’ai assisté, sous forme virtuelle – poursuit Carolina – à une formation pour les jeunes sur les bonnes pratiques œcuméniques et interreligieuses. Dès le début, une très bonne atmosphère s’est créée entre tous et nous avons ressenti une forte envie de nouer des relations et de mieux nous connaître… En abordant chaque question, nous nous sommes également rendu compte que, pour avancer, nous devions souvent nous défaire des préjugés ou des idées préconçues qui se créent souvent au sein d’une communauté et qui ne nous permettent pas d’ouvrir notre esprit et notre cœur pour accueillir l’autre. Ce n’est qu’ainsi qu’il est possible de découvrir la beauté de ce qui nous unit mais aussi les différences qui font de nous ce que nous sommes en tant que Église ou réalité, sans que cela ne soit un obstacle pour travailler ensemble à un monde plus fraternel. Au fil des mois, nous avons appris à nous connaître et nous avons eu notre première rencontre en face à face. C’était vraiment agréable de voir nos relations se renforcer, de pouvoir s’embrasser, prier, dialoguer et découvrir la diversité et la richesse de chacun, y compris la mienne ». Les jeunes qui suivent cet atelier se préparent au service commun. Comme le dit le document Servir le monde blessé du Conseil œcuménique des Églises et du Conseil pontifical pour le dialogue interreligieux. Les chrétiens doivent maintenant ressentir l’urgence d’un témoignage commun : les chrétiens ensemble au service, s’impliquant également avec les personnes d’autres religions dans une solidarité interreligieuse. Carolina et son groupe ont également retroussé leurs manches : « En décembre, avec une autre fille du mouvement des Focolari qui participait également au cours, nous avons voulu apporter des cadeaux à une communauté indigène déplacée par la violence, dans la banlieue de Bogota. Nous avons proposé l’idée à tout le monde et la réponse a été très positive : beaucoup ont donné quelque chose et ont assuré leurs prières, montrant que, même si nous appartenons à une église différente, ce qui nous motive est cet amour inspiré par Jésus qui est notre modèle commun. Pour terminer notre formation, poursuit Carolina, chacun de nous a dû raconter ses activités lors d’une réunion en présence qui a eu lieu à Buenos Aires, en Argentine. Nous avons rencontré les participants du cours Ikuméni, mais nous avons également eu la présence de membres d’autres religions qui ont joyeusement partagé leurs pensées et leurs actions concrètes. C’était un moment spécial de pouvoir nous ouvrir également au dialogue interreligieux ». Une expérience totalement nouvelle ; un témoignage de la fraternité qui se construit à partir de l’effort de chacun et du grand désir de se connaître et de faire de grandes choses, tous ensemble. « Même si le cours est terminé, conclut Carolina, ce n’est que le premier pas pour répondre à un appel personnel et continuer à renforcer nos relations, afin de pouvoir nous entraider dans ces actions qui dilatent nos cœurs et continuer à travailler pour que le monde uni devienne une réalité ».

Carlos Mana

Chiara Lubich: « Ma nuit n’a pas d’obscurité »

En 1976, lors de la première école des Gen, Chiara Lubich a répondu aux questions de nombreux jeunes membres des Focolari venus du monde entier. Faisant référence à ce qu’elle vivait à l’époque, elle a déclaré ce qui suit. J’ai lu une petite page, que vous avez peut-être lue vous aussi. […] Elle dit ceci : « Jésus abandonné, étreint, serré contre soi, consumé en un avec nous, nous, consumés en un avec lui, devenus douleur avec lui, douleur, voilà comment on devient Dieu, l’Amour. » Cette phrase m’a particulièrement touchée, parce que ce sont des écrits que j’ai faits alors que j’étais dans une phase d’illumination, lorsque j’écrivais des choses plus grandes que celles que je pouvais vivre, ou [disons que] je les vivais également, mais de façon plus limitée. Plus j’avance, et plus j’en découvre la valeur et la profondeur. […] Cela m’a plu et l’Esprit saint m’a touchée sur [ce fait de] « ne pas être deux : moi et Jésus abandonné, c’est-à-dire moi et la souffrance qui me submerge, moi et le doute qui me vient, moi et le reconnaître et puis, petit à petit l’étreindre, et dire à Jésus… » Autrement dit mettre quelques minutes [à le faire]… Non ? tchac ! [tout de suite] ! « Devenus douleur avec Lui, douleur », vouloir uniquement cela, « Voilà comment on devient Dieu », comment on devient Dieu ! « l’Amour », l’Amour ! Ensuite […] je venais juste de recevoir une carte de Loppiano du Père Mario Strada, à laquelle il avait joint – en plus de sa carte, de son message -, quelques photos de sa nouvelle petite église de Cappiano – me semble-t-il -, avec de très belles fresques. Sous l’une d’elles était écrite cette phrase : « Nox mea – ma nuit – obscurum non habet », « ma nuit n’a pas d’obscurité. » Elle m’a énormément plu, c’est comme si le Seigneur me l’avait envoyée, car – je me suis dit – c’est ce que je veux vivre. Dès que la douleur survient, je dois l’étreindre avec une telle rapidité, je dois la serrer contre moi, je dois la consumer en un, […] devenue douleur avec lui, douleur, voilà comment on devient, non pas la douleur, mais l’Amour, Dieu. […] J’ai vu, Gen, qu’en la vivant toute la journée, c’est une cure reconstituante d’Idéal inimaginable, oui, inimaginable, car on commence le matin, peut-être es-tu…qui sait… un peu fatiguée, tu n’as pas dormi la nuit, voilà, la fatigue, ah ! c’est magnifique ! « ma nuit n’a pas d’obscurité », autrement dit, cette souffrance n’existe pas, parce que je l’aime, [Lui]. Je me lève, je rencontre peut-être des difficultés ou des problèmes tout de suite, quelqu’un me dit « Chiara, il faut que je te dise quelque chose ». En moi : « C’est magnifique Jésus, nous y sommes. Je t’étreins, je te serre contre moi, devenue avec toi, douleur », je me fais tout de suite [un]… « Ma nuit n’a pas d’obscurité ». Et on continue ainsi toute la journée. Je crois que oui…je crois qu’en vivant simplement cela, on avance davantage spirituellement en une semaine, qu’en plusieurs mois, en vivant d’une autre manière. […] [C’est valable] pour tout ce qui cause une souffrance, le mal aux pieds te fait un peu souffrir, le froid aussi, une réponse pas très gentille te fait un peu mal, cela te coûte de devoir aller faire quelque chose, cela te fait mal… Voilà, Il est tout de suite là ; […] au point de pouvoir toujours proclamer le soir, lorsqu’on se couche : « Jésus, ma nuit n’a pas eu d’obscurité. » […] on ressent vraiment…on peut le dire – maintenant, que Dieu le confirme – [on ressent] que ce n’est pas nous qui vivons, mais c’est l’Amour qui vit en nous, c’est Dieu. […]

Chiara Lubich

(Grottaferrata, 2 juin 1976, à l’école Gen) https://www.youtube.com/watch?v=y16jD70KxRI

La musique en action. Le Gen Rosso en Bosnie-Herzégovine 

La musique en action. Le Gen Rosso en Bosnie-Herzégovine 

Un voyage pour apporter la solidarité aux migrants qui quittent leur pays à cause de la guerre et des persécutions. La musique du Gen Rosso dans le sillage du partage et de la fraternité.  « Nous sommes confrontés à tant de problèmes mais avec vous, avec ce genre d’activité, nous nous sentons poussés à aller de l’avant ». Ce sont les mots d’un migrant qui a fui le Pakistan en raison des problèmes qui affligent le pays. Aujourd’hui, il se trouve, comme des milliers d’autres migrants, dans un camp de réfugiés à Lipa et Borići en Bosnie-Herzégovine et a pu rencontrer le Gen Rosso. Du 4 au 8 mai 2022, en effet, le groupe artistique international est retourné pour la deuxième fois sur les lieux de la ‘’route des Balkans’’, où transitent chaque jour des migrants qui fuient leur pays à cause de la guerre ou des persécutions. Solidarité et dignité pour les migrants, susciter leur espoir d’un monde meilleur, renforcer leur estime de soi et respirer ensemble l’atmosphère de la famille : tel était le but du voyage organisé avec l’aide du Service Jésuite des Réfugiés (JRS), qui fournit un hébergement et une aide essentielle aux demandeurs d’asile et aux migrants. « Nous sommes déjà venus ici en octobre 2021 », explique Michele Sole, l’un des chanteurs, « et c’était un sentiment positif que de revenir dans des lieux familiers ». Cette fois-ci, nous sommes allés dans un camp de réfugiés plus grand, à Lipa, où nous avons rencontré d’autres réfugiés et ce qui est toujours étonnant, c’est de voir comment des sourires et un accueil sans préjugés peuvent faire la différence et illuminer leurs visages ! » Des gestes de bienvenue, des petits cadeaux dans les brefs moments passés avec eux, ont offert aux uns et aux autres, une lueur de joie et de lumière. Une autre étape fut celle de la visite de l’école ‘’Jean-Paul II’’ de Bihać et la rencontre avec une centaine d’enfants qui ont pu participer à des ateliers de danse et de chant et assister à deux concerts du Gen Rosso. Pendant ces journées, aux côtés des élèves et de leurs parents, certains migrants originaires du Pakistan, d’Afghanistan et d’Iran ont également pu participer activement aux événements artistiques. « C’était notre façon d’essayer d’intégrer tout le monde et de faire l’expérience de combien est important et inimaginable, le don du partage fraternel avec cette partie souffrante de l’humanité », a ajouté Michele. « Je ne sais pas ce qui m’est arrivé ce matin, a déclaré une musulmane présente, mais j’ai senti que votre musique est entrée en moi et je me suis sentie émue et chanceuse d’être ici . » «  Merci, merci beaucoup, pour la passion et l’espoir que vous nous avez donnés », dit un jeune Afghan, «  le chant était très beau ». A l’ensemble des messages de joie et d’espérance s’ajoute celui du directeur de l’Institut de Bihać : «  Le concert était quelque chose de spécial. Nous espérons sincèrement nous rencontrer à nouveau. C’était un grand honneur et un plaisir pour nous de vous recevoir dans notre école ».

Lorenzo Russo

Urgence en Ukraine : distribuer l’espoir

Urgence en Ukraine : distribuer l’espoir

Nous avons rencontré le père Vyacheslav Hrynevych, directeur de Caritas-Spes Ukraine, qui est de passage à Rome, et il nous a expliqué ce qu’ils font pour soutenir la population aujourd’hui, en pensant aussi à demain. « Le plus difficile est qu’on ne voit pas la fin de cette guerre. Au cours des deux dernières semaines, j’ai visité nos centres à Tchernihiv, Kharkiv, Getormel et les villages environnants : il y avait là-bas des gens pauvres avant la guerre, mais aujourd’hui ils le sont encore plus, également à cause de l’expérience de la guerre. C’est aussi pourquoi nous voulons organiser un accompagnement psychologique et spirituel que nos bénévoles qui arrivent sur place peuvent offrir à ces personnes. » Le Père Vyacheslav (Wenceslas) est le jeune directeur de Caritas-Spes Ukraine, il a un sourire rassurant et l’énergie nécessaire pour endurer et continuer à aider la population dans le contexte de ce conflit. En visitant les différents centres et villes, il a été frappé par certaines scènes, comme celle du métro de Kharkiv, transformé en une ville souterraine parallèle : « Des gens vivent dans le métro, ils se sont organisés, explique-t-il, il y a un point de distribution de nourriture, avec des horaires pour le petit-déjeuner, le déjeuner, le dîner, il y a un accueil médical, mais les gens, y compris les enfants, vivent dans les wagons. Et lorsque nous avons proposé d’organiser l’évacuation, ils ont répondu qu’ils voulaient rester, parce que c’est leur ville, elle est importante pour eux. Cela se produit dans toutes les stations et lorsqu’il manque quelque chose d’un côté, par exemple un produit tel que du sucre, on l’obtient en rejoignant une autre station voisine, par les tunnels de connexion. C’est une belle image de l’organisation du peuple ukrainien, mais en même temps l’effrayante visiod’une ville en guerre. » Dans les centres, en plus de la distribution des repas pour la journée, de nombreuses activités sont organisées : les uns restent avec les enfants, d’autres offrent un soutien psychologique, sans oublier ceux qui distribuent des vêtements, tout le monde est mobilisé. Au moment où nous demandons des nouvelles des enfants, le père Wenceslas nous dit qu’il est frappé par le fait qu’ils semblent avoir accepté la guerre, mais sans en comprendre le caractère tragique et brutal. Un enfant, nous dit-il, nous a expliqué, de manière simple, la différence entre le bruit de la pluie et celui des bombardements. Pour eux et leurs familles, le soutien psychologique est important et le sera même après : « Je pense que 80 % des enfants, si ce n’est plus, sont séparés de leurs pères qui sont en guerre, les femmes et les enfants sont à l’extérieur du pays ou dans des abris. Un jour, nous devrons faire quelque chose pour réunir ces familles. Je suis au contact de cette situation depuis 2014. Même à ce moment-là, lorsque les hommes sont revenus, ils n’étaient plus les mêmes, ils souffraient du syndrome post-traumatique. C’est un grand défi, une tâche qui prendra des années et des années. » Lorsque nous l’interrogeons sur la fin de la guerre, le père Wenceslas ne sait pas comment nous donner une réponse précise: « La guerre ne se termine pas avec la signature d’un accord de paix, elle reste dans les mémoires, ainsi que les bombardements dont nous nous souviendrons toute notre vie, les images hideuses, les familles séparées, les amis disparus… La guerre se terminera par le pardon et nous devons y travailler lentement, avec un grand examen de conscience… » Puis, reprenant un fil d’espoir : « J’attends le moment où je pourrai rentrer chez moi et jouer au football à cinq avec mes amis. Ce sera un temps de paix. Lorsque les gens pourront prier dans les églises sans les sirènes. Lorsqu’ils entreront dans les églises pour prier,  pour la messe et non des actions humanitaires ou pour distribuer des médicaments, comme c’est le cas maintenant. Mais c’est difficile à dire en ce moment, la situation est tellement mouvementée et on ne peut voir aucun signe, aucune perspective. » La guerre détruit la vie des gens, et le père Wenceslas est reconnaissant qu’en ce moment, le mouvement des Focolari ait choisi d’être à leurs côtés : « Voir les visages de personnes qui, de manière très belle, vivent le charisme du mouvement des Focolari, me donne beaucoup d’espoir. Avec ceux d’entre eux qui vivent en Ukraine et collaborent avec Caritas-Spes, nous faisons un excellent travail, du matin au soir, avec beaucoup de respect. Je voudrais aussi remercier ceux qui ne peuvent pas aider financièrement, mais qui sont proches de nous par la prière, merci. Même dans cette guerre, nous faisons l’expérience de l’amour de Dieu. »

                                                                             Riccardo Camillieri et Stefano Comazzi

Pour ceux qui souhaitent contribuer : Action pour un Monde Uni ONLUS (AMU) IBAN : IT 58 S 05018 03200 000011204344 à Banca Popolare Etica Codice SWIFT/BIC: ETICIT22XXX Action pour les Familles Nouvelles ONLUS (AFN) IBAN : IT 92 J 05018 03200 000016978561 chez Banca Popolare Etica Codice SWIFT/BIC: ETICIT22XXX Motif du paiement : Ukraine Urgence

Chiara Lubich : La Trinité en nous

Si nous traduisons en vie les paroles de l’Évangile, les commandements de Jésus, en particulier l’amour réciproque, La Trinité viendra demeurer en nous. Comment le chrétien peut-il parvenir à contenir Dieu en soi ? Quel est le chemin pour pénétrer dans cette profonde communion avec lui ? C’est l’amour envers Jésus. Un amour qui n’est pas simple sentimentalisme mais qui se traduit en vie concrète et, précisément, dans l’observance de sa parole. C’est à cet amour du chrétien, vérifié dans les faits, que Dieu répond par son amour : La Trinité vient habiter chez lui. (…) Quelles sont les paroles que le chrétien est appelé à observer ? Dans l’Évangile de Jean, l’expression « mes paroles » est souvent synonyme de « mes commandements ». Le chrétien est donc appelé à observer les commandements de Jésus. Cependant il ne s’agit pas tellement d’un catalogue de lois. Tous ces commandements sont en effet résumés dans ce que Jésus a illustré en lavant les pieds à ses apôtres : le commandement de l’amour réciproque. Dieu commande à chaque chrétien d’aimer l’autre jusqu’au don complet de soi, comme Jésus l’a enseigné et fait. (…) Comment arriver au point où le Père lui-même nous aimera et où La Trinité viendra demeurer en nous ? En mettant en pratique de tout notre cœur, de façon radicale et avec persévérance, l’amour réciproque entre nous. C’est là, principalement, que le chrétien trouve aussi le chemin de la profonde ascèse que le crucifié exige de lui. C’est en effet par l’amour réciproque que fleurissent dans son cœur les différentes vertus. C’est là qu’il peut évaluer avec certitude sa propre sanctification. Enfin, c’est dans l’amour réciproque que Jésus est présent, ressuscité, dans le cœur des chrétiens et au milieu d’eux.

Chiara Lubich

(Chiara Lubich, in Parole di Vita, Città Nuova, 2017, p. 262/3 – Parole de Vie du mois de mai 1983)

Familles en crise et monde de la séparation : l’aide des Familles Nouvelles

La sphère des couples en difficulté, des personnes séparées et des personnes séparées qui vivent de nouvelles unions est un cri de détresse qui appelle à l’aide. Le Mouvement Familles Nouvelles, une ramification des Focolari, a mis en place des parcours de soutien pour ces familles. Il existe de nombreux couples en difficulté qui, à cause de malentendus, de perte de dialogue, de froideur dans la relation, en arrivent à la décision la plus radicale : la séparation. Des familles en crise qui éclatent, des séparations et de nouvelles unions qui se forment. Souvent, les problèmes de couple, petits ou grands, ne peuvent être résolus seuls et nécessitent une aide extérieure. Depuis quelques années, le Mouvement des Familles Nouvelles prend soin de ces familles qui se sentent « différentes » simplement parce qu’elles n’ont pas eu un parcours linéaire dans la vie. Françoise et Jean (noms fictifs) sont la preuve que, malgré les imperfections de la vie, on peut toujours former une famille. Au cours de son adolescence, Françoise fait la connaissance des Focolari et découvre le seul idéal qui vaille la peine d’être vécu : Dieu-Amour. Le temps passe, ses amies se fiancent, se marient, certaines se consacrent à Dieu, mais pour elle, il n’y a toujours pas d’avenir certain. Entre-temps, elle obtient son diplôme mais ses parents se séparent. « Je vis cette douleur pour une famille que je découvre après presque 30 ans, différente de ce que j’avais imaginé », dit-elle. « Pourtant, l’amour est possible même après tant d’années, car je l’ai vécu dans l’idéal ! ». Entre-temps, Françoise a changé de ville pour poursuivre son rêve professionnel. Un soir, une amie insiste pour qu’elles sortent avec d’autres amis à une fête de village. C’est ainsi qu’elle rencontre Jean, mignon et gentil… mais il est séparé et père de deux enfants. « Non merci ! Je réponds à ses appels, mais quand il m’invite à sortir, je suis contrariée parce que je ne veux pas et ne peux pas avoir une liaison avec un homme séparé. Comment pourrais-je concilier ma vie, mon identité chrétienne avec quelqu’un comme lui »? Avec le temps, l’histoire prend forme, mais son cœur s’agite de plus en plus. « Connaissant la pensée de l’Église sur ces unions, je vais à la messe mais je décide de ne plus communier car je ne me sens plus digne. Je décide de partager cette histoire avec le prêtre qui me connaît depuis toujours. Et ainsi nous nous confions à Marie ». L’histoire continue. « Je sens que mon histoire avec lui est peut-être ‘ma voie’, ajoute Françoise, mais ce qui me fait souffrir c’est surtout l’idée de ne plus pouvoir recevoir Jésus dans l’Eucharistie. Toutefois, si c’est l’indication de l’Église, je la respecte et je vais de l’avant. Je reste donc fidèle à la messe du dimanche, même si elle est privée de l’Eucharistie. En 2016, elle reçoit une invitation des Familles Nouvelles à participer à une rencontre à Rome pour les couples séparés en nouvelle union. « Jean et moi adhérons à la proposition. D’un côté, j’ai peur de la réaction qu’il pourrait avoir, de l’autre, je pense que c’est une opportunité pour nous. Ce sont trois jours intenses. Je vois Jean impliqué et très heureux. Je me sens ‘à la maison’ avec la personne qui est importante pour moi, même si elle n’est pas canoniquement parfaite. Jean emporte avec lui le sentiment d’être une partie vivante de l’Église. Non pas marginalisé à cause d’un mariage brisé, mais membre d’un corps vivant et non plus isolé ou exclu. « J’ai dit à Jean que la famille que je voulais dans ma vie devait être construite sur l’amour que nous avions vécu durant ces jours, dans cette mesure et cette dimension, et que s’il partageait également ma pensée, alors nous pourrions nous marier. Un mariage civil, mais la famille qui est créée doit avoir ce sceau : l’amour réciproque qui nous a été révélé ». « En septembre 2017, nous nous marions dans la commune. Je pense que mon grand désir de jeunesse d’aller dans le monde s’est réalisé le jour de notre mariage où toutes les générations et les cultures étaient représentées, où il y avait des gens de différents milieux, croyants et non-croyants, mais tous heureux de pouvoir partager notre joie. Depuis des années, nous faisons partie d’un groupe de Familles Nouvelles où il y a des couples qui vivent la même réalité que nous, et cela nous donne l’occasion de nous exprimer librement sans crainte d’être jugés. Ainsi, nous ne nous sentons plus ‘de série B’, mais pleinement acceptés et reconnus comme famille. Ce groupe nous aide dans notre cheminement de couple à ne pas nous renfermer, à maintenir le dialogue entre nous en partageant avec d’autres couples, à cultiver des relations positives et de belles amitiés ».

Lorenzo Russo

Évangile vécu: « A ceci tous reconnaîtront que vous êtes mes disciples » (Jn 13,35)

Aimer les autres en générant du bien, en dépassant les limites objectives que la vie nous impose, au-delà de nos préjugés, en brisant les barrières pour construire des liens fraternels. C’est le mandat du commandement nouveau donné par Jésus, le signe distinctif du chrétien : la réciprocité dans l’amour. Deux crêpes Nous sommes deux couples mariés chrétiens et nous sommes pauvres. Il y a peu de temps, nous avons appris qu’une jeune fille du Burundi, elle aussi pauvre, avait planté un arbre et en récoltait maintenant les fruits pour aider les ceux qui ont faim. Il ne nous était jamais venu à l’esprit que nous pouvions faire quelque chose pour ceux qui sont dans le besoin. Le revenu de notre famille couvre à peine nos dépenses mensuelles, et nous attendions toujours le jour où nous aurions quelque chose de « superflu » à donner. Mais l’exemple de cette jeune fille ne nous a pas laissé tranquilles, au contraire, il nous a beaucoup encouragés à mettre de côté le produit de la vente de deux crêpes par jour, puisque nous tenons une petite boutique dans notre quartier. Maintenant, à la fin de chaque mois, nous avons toujours un petit fonds pour les autres, et même si c’est une petite chose, cet acte d’amour nous aide à mener notre activité avec plus de soin. Quelqu’un, ayant entendu parler de notre expérience, a fait remarquer que ce geste ressemble à l’offrande de la veuve que nous connaissons dans les Évangiles. Oui, c’est le cas, et nous en sommes très heureux. (R.J.O. – Kenya) Un hommage floral Dans notre village, il y a peu de pharmacies. Je n’aimais pas aller dans celle qui était la plus proche de chez moi parce que la pharmacienne avait des manières acerbes et semblait toujours en colère. Comme je n’étais pas la seule à avoir cette impression négative, j’ai décidé de ne plus aller dans cette pharmacie. Mais un dimanche à la messe, en écoutant le prêtre parler de l’amour de l’ennemi, elle, la pharmacienne, m’est venue à l’esprit. Connaissant son prénom, j’ai profité de sa fête pour lui apporter un bouquet de fleurs. A ce simple geste, elle a été presque émue et a révélé ainsi une gentillesse inhabituelle. Pour moi, c’était la confirmation d’une phrase de saint Jean de la Croix : « Là où il n’y a pas d’amour, mets de l’amour et tu trouveras de l’amour ». Une loi évangélique qui s’applique à toutes les situations. Après ces fleurs chez la pharmacienne, quelle que soit la situation difficile qui se présente, je mets en pratique la devise de ce saint et l’effet est assuré. Même mes enfants savent maintenant que pour surmonter toute difficulté dans les relations, il faut plus d’amour, et il est agréable de se raconter ces petites ou grandes victoires quotidiennes. (J.K. – Serbie) A bras ouverts Mon mari est catholique, je suis évangélique. Nous avons appris à nous accepter mutuellement dans notre diversité. Lorsque notre fille a été baptisée dans l’église catholique, le pasteur luthérien était également présent, et depuis lors, une amitié s’est développée entre eux, qui a donné lieu à diverses initiatives : prières communes, manifestations pour la paix, service de visites aux malades… Je suis responsable des activités œcuméniques au sein de mon conseil paroissial, mais par amour pour la paroisse catholique, je consacre également du temps à la collecte de fonds pour Caritas. Depuis l’ouverture d’un centre d’accueil pour les réfugiés politiques (principalement des musulmans de Tunisie, de Libye, de Roumanie, de Bosnie et du Kosovo), la coopération entre les chrétiens catholiques, évangéliques et orthodoxes s’est intensifiée. Un couple d’amis roumains partis dans leur pays nous a confié temporairement leur fille, et nous avons également « adopté » une famille musulmane en difficulté. Faire des besoins des autres les nôtres est un véritable atout pour notre famille. (Edith – Allemagne)

 Maria Grazia Berretta  

(extrait de Il Vangelo del Giorno, Città Nuova, année VIII, n.2, mai-juin 2022)

Chiara Lubich : faire l’expérience de Jésus au milieu de nous

Dans ce texte, Chiara Lubich raconte comment le Pacte d’amour réciproque, avec ses premières compagnes, les a amenées à faire l’expérience de la présence de Jésus au milieu d’elles. Nous aussi, nous pouvons vivre la même expérience à condition de mettre à la base l’amour réciproque. Un jour on m’a demandé d’expliquer comment nous avions compris pour la première fois la présence de Jésus au milieu de nous, unis en son nom. Pour être fidèle à l’Esprit Saint, j’ai répondu à cette question en commençant par décrire les étapes de notre histoire qui ont préparé ce moment. Quand, par exemple, nous, les premières focolarines, risquions de mourir sous les bombardements, et que nous nous sommes demandé s’il existait une volonté de Dieu qui lui tenait particulièrement à coeur, afin de la vivre au moins pendant les jours qui nous restaient. J’ai ensuite expliqué comment le commandement nouveau de Jésus, l’amour réciproque vécu à la mesure même de l’amour de Jésus, qui a donné sa vie pour nous, nous avait apporté la réponse. Puis j’ai parlé du Pacte : « Je suis prête à mourir pour toi », « toi pour moi » ; etc. et je me suis étendue plus longuement, bien sûr, sur ce qui en a découlé. Rappelez-vous ! Nous avions constaté en nous un changement positif radical, comme si un filet nous avait élevées vers le ciel. Nous faisions l’expérience toute nouvelle d’une paix unique, comme nous ne l’avions jamais expérimenté auparavant (c’est en ces termes que nous l’avons décrite et que nous continuons à le faire). Une lumière donnait sens à tout ce qui nous arrivait. Une volonté ferme venait se substituer à la nôtre, persévérante dans ses résolutions tandis que la nôtre était inconstante. Une joie sans égale jaillissait, pleine de fraîcheur. Une ardeur et un zèle nouveaux, sans mesure, nous habitaient. J’ai aussi expliqué que nous nous étions alors demandé ce qui pouvait entraîner un tel effet. Nous nous l’étions expliqué ainsi : à ce moment-là, Jésus s’était rendu spirituellement présent parmi nous, car nous étions unies en son nom, c’est-à-dire en son amour. Cette paix, cette lumière, cette ardeur, cette joie, etc. en étaient la preuve. Car, s’il est présent, tous ces effets sont là. Sinon, ne nous faisons pas d’illusions : il n’est pas là. J’ai conclu en disant que nous avions donc compris qu’il était présent alors même que nous faisions l’expérience de sa présence. Il ne s’agit pas, en effet, de croire en sa présence uniquement en faisant un acte de foi, d’y adhérer parce qu’Il l’a dit. Non ! Quand Jésus est parmi nous, sa présence est tangible. Nous pouvons en faire l’expérience. C’est là la beauté et la grandeur de cette présence particulière à laquelle nous sommes appelés.

Chiara Lubich

(Chiara Lubich, Conversazioni, Città Nuova, 2019, p. 580/1 – Extrait du message de la téléréunion du 16 décembre 1999)

Deuxième édition – « Une ville ne suffit pas »

Deuxième édition – « Une ville ne suffit pas »

Des prix et quelques mentions d’honneur ont été décernés pour la deuxième édition du concours pour les écoles, qui a impliqué cette année plus de 3000 élèves de 144 classes. Jeudi 19 mai a eu lieu la cérémonie de remise des prix du Concours National « Une ville ne suffit pas, Chiara Lubich citoyenne du monde », qui en est à sa deuxième édition, promu par le Centre Chiara Lubich en collaboration avec le Ministère italien de l’Éducation, la Fondation du Musée historique du Trentin et Humanité Nouvelle du Mouvement des Focolari.

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L’auditorium du siège international du Mouvement des Focolari a accueilli un certain nombre de classes venues de diverses régions d’Italie, qui ont visité pour l’occasion le Centre Chiara Lubich et la maison où Chiara a vécu. D’autres écoles étaient connectées par visioconférence, comme la classe 3A du collège ‘’Aldeno Mattarello’’ de Trente, qui a suivi la cérémonie depuis l’hôtel de ville en compagnie du maire. « Je pense à ce que Chiara Lubich avait demandé à la ville de Trente : être et devenir une ville en feu. Cela signifie être une ville qui se passionne pour l’autre. – a déclaré le maire de Trente, le Dr Franco Ianeselli – Grâce aux nombreuses actions civiques que nos jeunes accomplissent, je peux dire qu’ils sont ardents. En tant que municipalité, nous avons inscrit dans notre statut la référence d’une ville qui s’ouvre, qui rencontre les cultures, qui se consacre à la confrontation. Nous savons combien cela est important, surtout en cette période de guerre. Mais nous sommes tous conscients que cette aspiration, cette mission, doit être dans les institutions, certes, mais elle doit aussi faire partie des actions de chacun de nos citoyens. Alors encore une fois, merci beaucoup pour cette belle initiative ». Le concours de cette année a connu un nombre considérable de visites sur les médias sociaux et a touché environ trois mille élèves dans les salles de classe !

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Au total, 314 contributions ont été reçues sous forme de travaux individuels, de petits groupes ou de classes, provenant de presque toutes les régions d’Italie. Le concours a impliqué 14 écoles primaires pour un total de 33 classes (68 productions), 28 collèges pour un total de 49 classes (102 productions), 39 lycées pour un total de 62 classes (144 productions). « L’objectif du concours semble avoir été atteint chez tous : faire connaître la figure de Chiara Lubich, son engagement et son témoignage pour la construction de la paix, de la fraternité et de l’unité entre les peuples », a expliqué Alba Sgariglia, coresponsable du Centre Chiara Lubich. «  Nous avons beaucoup apprécié la variété des expressions utilisées par les élèves : jeux, dessins, bandes dessinées, courts textes écrits avec des réflexions et des expériences personnelles, interviews, journaux intimes, articles de journaux, chansons, poèmes, powerpoints, vidéos ». Ils expriment tous l’engagement, l’imagination, l’enthousiasme. Il était vraiment difficile de faire des choix. Par conséquent, nous souhaitons également mentionner toutes les œuvres qui n’ont pas été récompensées mais qui méritent d’être mentionnées ! À ceux qui n’ont pas pu être présents, nous adressons notre invitation à venir à Rocca di Papa pour visiter les lieux où Chiara Lubich a vécu et le centre qui lui est dédié ».

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Le Ministère de l’Éducation a également accepté le projet cette année, ce qui permet de publier l’appel à candidatures pour toutes les écoles primaires et secondaires pour l’année scolaire 2021-2022. « Le Ministère soutient et encourage divers concours destinés aux étudiants et aux écoles italiennes », expliquent le Dr Roberto Frisone et le Dr Francesca Di Giugno, qui ont pris la parole lors de la cérémonie de remise des prix au nom du Ministère. Pour quel motif avons-nous décidé de soutenir ce concours ? Honnêtement, nous ne connaissions pas Chiara Lubich et nous avons été intrigués, nous avons été frappés par le fait qu’elle parlait de manière laïque de valeurs communes à tous et qu’on pouvait en parler dans les écoles et aux étudiants avec la clarté avec laquelle Chiara en a parlé au monde. C’est un message positif à transmettre aux écoles, c’est pourquoi nous l’avons partagé ». Le premier prix de la section primaire a été attribué à la 5A de la ‘’Scuola Paritaria SS. Sacramento’’ de Vermicino. Ils ont mis au point un jeu de société appelé « clair obscur». « Le professeur nous a beaucoup parlé de ce projet parce que c’est quelque chose qui nous aide à grandir », explique Lara de 5A. Elle nous fait participer à différents concours, mais celui-ci nous a particulièrement passionnés car il parlait de l’amour porté des autres. Nous avons commencé par regarder le film « Chiara Lubich, l’amour vainc tout ». Une forte émotion a commencé. Alors, en pensant au célèbre jeu de l’oie, nous avons imaginé un jeu sur un grand plateau que nous avons appelé « clair obscur »: la partie claire représente la lumière qui bat l’obscurité pour que nous restions toujours heureux. Il y a plusieurs cases avec des phrases qui nous aident à stimuler l’amour et l’amitié : ‘Essaie de faire un câlin à une personne malade’ ou bien ‘aime l’ennemi’ ». Le premier prix de la section secondaire du 1er degré a été attribué à l’école ‘Giosuè Carducci’ de San Cataldo (Caltanissetta) pour le projet multimédia intitulé ‘un monde sans pauvreté’. Le premier prix de la section secondaire deuxième degré a été attribué au lycée classique d’État ‘A.D’Oria’de Gênes pour son élaboration multimédia ‘Koinonia’ représentant une entreprise inspirée des valeurs de l’économie de Communion. Toutes les productions seront bientôt disponibles sur le site www.centrochiaralubich.org.

 Lorenzo Russo

Le Mouvement des Focolari publie au niveau international les mesures sur la protection des mineurs et des personnes vulnerables en reponse a l’enquete independante de GCPS Consulting

C’est une étape capitale qui s’ouvre en vue du renforcement et de l’élargissement des mesures de prévention, de formation, de réparation et d’évaluation des responsabilités, afin de rendre justice à toutes les victimes et d’instaurer dans tous les secteurs du Mouvement une culture de la primauté de la charité, de la dignité de la personne, de la sécurité et de la transparence. « Ce que nous présentons aujourd’hui est une première réponse aux recommandations indiquées par le rapport de GCPS Consulting sur les cas d’abus sur des mineurs par un ancien membre des Focolari en France. Nous sommes conscients que ces premières mesures ne sont pas exhaustives, mais elles s’inscrivent dans la dynamique d’une démarche déterminée de réorientation de la vie et des activités du Mouvement, où l’enfant et la personne, dans toute leur complexité, sont au centre de toute l’attention, de la protection, du processus de réparation et de renaissance. » C’est par ces mots que Margaret Karram, Présidente des Focolari, présente le parcours que le Mouvement est en train d’entreprendre, grâce notamment aux recommandations de GCPS Consulting. Ces mesures s’ajoutent aux Lignes directrices pour la Protection des Mineurs et des Personnes Vulnérables (en vigueur dans le Mouvement des Focolari depuis 2014 et actuellement en phase de révision, sur la base des normes internationales), et aux cours de formation sur les questions de protection, à destination des membres du Mouvement. « Avant tout, et c’est le plus important – explique la Présidente – je tiens à m’adresser à toutes les victimes d’abus sexuels, en particulier en France : je vous remercie personnellement et au nom du Mouvement, car le courage de vos témoignages, l’expression de votre souffrance, sont pour nous le point de départ fondamental de ce chemin de purification, et je veux également remercier la communauté française du Mouvement pour son courage face à une telle souffrance. La Commission disciplinaire centrale, dont nous annonçons aujourd’hui la constitution, sera chargée d’évaluer les responsabilités des dirigeants du Mouvement impliqués dans des cas d’abus, afin de faire toute la lumière et de rendre justice aux victimes. À la base de cette démarche de renouvellement, nous plaçons avant tout l’Évangile, que nous voulons remettre au centre de notre action, a conclu Margaret Karram ; en outre, les graves défis auxquels l’humanité est confrontée aujourd’hui requièrent une actualisation de la spiritualité de l’unité afin qu’elle puisse être toujours plus un instrument de fraternité et de paix. » Les mesures énoncées ci-dessous seront mises en oeuvre à court, moyen et long terme et sont considérées comme les plus urgentes et nécessaires pour engager le Mouvement sur la voie de la réparation et d’un nouveau départ positif.

  • Les victimes au centre : la demande personnelle de pardon de la Présidente

Les personnes qui ont subi des abus occupent dans ce processus une place centrale et prioritaire. En conséquence, l’écoute, la demande de pardon, l’offre d’aide et le processus de réparation en constituent le point de départ. Margaret Karram a pris contact personnellement avec les victimes en France là où il était possible de le faire et dans le respect de la confidentialité. Son souhait est de les rejoindre toutes, en respectant toujours leur volonté de maintenir l’anonymat.

  • Un réseau pour l’accueil et l’écoute des victimes

Les Commissions nationales pour le bien-être et la protection des mineurs et des personnes vulnérables seront renforcées (là où elles sont déjà présentes et opérationnelles) ou créées avec la présence de professionnels dans les domaines du soutien psychologique, juridique, pédagogique et éducatif. Ces commissions sont indépendantes des organes de gouvernement du Mouvement des Focolari et ont pour tâche de recevoir des signalements, des témoignages et d’engager les procédures d’enquête. Les commissions nationales pourront offrir un service supplémentaire : un point d’écoute et de premier accueil pour toute personne souhaitant communiquer son expérience d’abus, de violence, de malaise ou d’expérience traumatisante de toute nature, y compris – si la demande en est faite – des conseils pour un suivi ultérieur. À cet égard, des points d’écoute sont déjà actifs dans plusieurs pays, comme en France, en Allemagne et dans quelques autres pays.

  • Élaboration d’un protocole pour l’indemnisation des victimes d’abus sexuels commis au sein du Mouvement des Focolari

Un protocole pour l’indemnisation des victimes est en cours d’élaboration.

  • Institution d’une Commission disciplinaire

Une Commission disciplinaire centrale sera constituée, composée en grande partie de professionnels externes, dans le domaine du droit et de la psychologie, afin d’évaluer la responsabilité des responsables du Mouvement des Focolari dans la gestion des abus sexuels, spirituels et d’autorité. Elle fonctionnera sur la base d’un Code disciplinaire qui sera élaboré en accord avec la Commission et qui établira les principes éthiques et les sanctions.

  • Publication d’un rapport annuel au niveau mondial

Un rapport sera publié chaque année sur le travail effectué par la Commission Centrale pour le Bien-être et la Protection des mineurs (CO.BE.TU), relatif aux cas d’abus et aux mesures de prévention et de protection des mineurs.

  • La protection relève de la responsabilité de tous les membres du Mouvement

Pour renforcer la reconnaissance de sa responsabilité, le Mouvement considère qu’il est obligatoire pour chaque membre du Mouvement, y compris les mineurs euxmêmes et ceux qui souhaitent s’y associer, de suivre un cours de base sur la protection des mineurs et des personnes vulnérables, organisé par les Commissions nationales pour le bien-être et la protection des mineurs.

  • Cours de formation pour les responsables

Des formations obligatoires sont en cours d’élaboration pour préparer les dirigeants – à quelque niveau qu’ils soient appelés à intervenir – à mettre en oeuvre des formes de coresponsabilité, une plus grande transparence dans les processus de décision, l’alternance des fonctions, l’accompagnement des personnes, à la lumière de la distinction entre la sphère de gouvernance et la sphère de la conscience.

  • Parcours de réflexion et de formation pour les communautés du Mouvement des Focolari

Les communautés des Focolari, sous leurs différentes formes, doivent favoriser le nécessaire processus de discernement, de dialogue ouvert et de compréhension des dynamiques relationnelles correctes. Suite à la publication de l’enquête indépendante de GCPS Consulting, de nombreux groupes et communautés du Mouvement ont déjà mis en place des moments d’échange et de dialogue sur les questions d’abus. Le Mouvement encourage de telles démarches avec le soutien d’experts et de professionnels, lorsque cela est nécessaire ou demandé, en tenant compte des différentes sensibilités culturelles.

 Rocco Femia

Contacts du porte-parole en France : Rocco FEMIA : porte-parole@focolari.fr Contacts presse : presse@focolari.fr