5 Juil 2017 | Focolare Worldwide
On voyage pour différents motifs: curiosité, soif de connaissance, esprit d’aventure, pour trouver des réponses ou pour se connaître soi-même. Mais pas Gianni Ricci, auteur avec Delfina Ducci d’un livre édité par Città Nuova, Le long chemin de « se faire un », qui a parcouru de nombreux kilomètres. Une « vie de voyage », pourrait-on dire, mais pour aborder les infinies modulations de l’humanité souffrante. Né à Ripalta Cremasca, dans le nord de l’Italie, dans une famille simple mais digne, il grandit dans l’authenticité des valeurs chrétiennes. À vingt ans, il connaît l’idéal de l’unité de Chiara Lubich, qui révolutionne son modèle de vie chrétienne, si bien qu’il comprend que le focolare est la route à parcourir pour toute sa vie. En 1964, il part pour Loppiano (Florence, Italie), cité-pilote naissante du Mouvement, où il travaille pendant plus de vingt ans avec un grand dévouement. Après Loppiano, son adhésion aux plans de Dieu l’amène à partir d’abord pour la Turquie, pour suivre les développements de la communauté naissante, ensuite au Liban, Terre sainte, Algérie, Jordanie, Irak, Égypte, Syrie, Tunisie, Maroc… « Tant de changements inattendus en moi! Je suis en Turquie. Qu’est-ce qui me manque ici, d’occasion et de grâce, pour me faire saint? Ici, il y a beaucoup de travail à faire. » Gianni Ricci, globe-trotteur dans l’âme, note tout ce qu’il rencontre, peut-être en glissant sur les difficultés rencontrées, spécialement dans la relation avec des peuples aussi divers. Même en montrant la tragédie des guerres, qui causent des blessures profondes dans la population et atténuent les espérances d’un possible futur de stabilité et paix, il ne cherche pas de solutions ou de possibles explications dans l’histoire. Il vit simplement près des personnes qu’il rencontre, avec un cœur libre et ouvert vers une humanité « élargie », qui parle la même langue du cœur et de la souffrance. « Fin janvier 1986, avec Aletta (une des premières focolarines), il entreprend le premier voyage d’Istanbul à Ankara et d’ici à Beyrouth, au Liban. L’aéroport est presque détruit par les bombes! Le Liban est écrasé par la guerre civile […]. Les contrôles sont implacables, les autorités suspectent tout le monde. Chaque poste de contrôle est occupé par des factions différentes. Après huit jours, Gianni repart pour Istanbul. Au long des 120 km qui séparent Beyrouth de la frontière avec la Syrie, il traverse 13 postes de contrôle. Au premier, il risque sa peau. Gianni s’arrête devant une guérite, où un soldat armé jusqu’aux dents qui lui demande ses papiers. Il les lui montre et repart. Quelques mètres plus loin, un jeune lui ordonne de retourner en arrière, lui faisant remarquer que le garde a son fusil pointé sur lui et n’a pas donné la permission d’avancer. Il n’a pas appuyé sur la gâchette, grâce à Allah, il lui dit. » Ce n’est pas un récit politique, mais purement et « simplement » humain. L’humanité dont il parle n’a pas de couleurs ou de langues, n’a pas de passeports, frontières, lois ou traditions. Dans chaque lieu où il est envoyé, Gianni prend particulièrement soin des relations avec les Églises locales, avec l’Islam, avec le monde juif, ayant l’exigence de soutenir toutes les personnes qu’il rencontre à vaincre leur peur, l’incertitude du lendemain, la tension provoquée par la guerre. Une succession de souvenirs dans la perspective de l’unité. C’est la « logique » qui meut encore Gianni, observateur surpris des choses de Dieu. Les citations sont tirées de « Le long chemin de ‘se faire un’ ». Expériences au Moyen-Orient, Città Nuova, 2016.
4 Juil 2017 | Focolare Worldwide
Chaque vie contient en elle-même une espérance. Également dans le tunnel obscur de la dépendance, on peut allumer une lumière. En 1983, dans la ville de Guaratinguetá, dans l’État de San Paolo (Brésil). Nelson Giovanelli se rapproche d’un groupe de toxicomanes, encouragé par le Père Hans Stepel, franciscain allemand. Le jeune Nelson gagne leur confiance. Un d’entre eux, Antonio Eleuterio, demande de l’aide pour sortir de l’engrenage de la drogue. Ce sont les premiers pas de la grande famille de la Fazenda da Esperança. En 1989, Iraci Leite et Lucilene Rosendo deux jeunes filles de la même paroisse, suivent l’exemple de Nelson, quittent tout pour se consacrer totalement à cette nouvelle mission. En 2007, le pape Benoît XVI visite la communauté de Pedrinhas, au Brésil, lieu proche du sanctuaire de Aparecida. Depuis lors, la proposition de vie de la Fazenda da Esperança commence à se diffuser dans le monde entier. Les acteurs des actuelles 118 Fazende, disséminées dans 17 pays, sont des personnes volontaires, souvent rescapées d’un passé de drogue et d’alcool, qui après un cheminement de désintoxication, ont senti l’appel de Dieu à devenir à leur tour, porteurs d’espérance pour ceux qui sont précipités dans cette même obscurité. Les premiers jours de mai 2017, 60 volontaires de différentes Fazende du monde, se rendent à Assise, la citadelle de Saint François et Sainte Claire et, à Loppiano (Italie), pour commencer une nouvelle ‘’mission d’espérance’’ tout au long des routes d’Europe. Pendant deux semaines, à côté d’eux, il y aura aussi le groupe international Gen Rosso. Allemagne, fin mai. Quelques participants du groupe racontent : « Chaque matin, une caravane d’autos, et de minibus part en direction d’une nouvelle destination, dans une zone de 400 kilomètres : des écoles, des communautés, des groupes, des prisons. Les jeunes de la Fazenda partagent leur vie tourmentée, suscitent des interrogations, répondent à des questions. Mais surtout, ils allument l’espérance : s’ils ont réussi à s’en sortir, pourquoi pas moi ? Ce sont des histoires de drogue, de désespoir, de solitude, de peur, de crimes, de prison. Quand le noir est total, une lumière s’est allumée dans leur vie : Dieu m’aime, comme je suis, dans l’état dans lequel je suis réduit. A quoi s’agripper pour renaître ? A la ‘’Parole de Vie’’, à l’amour réciproque, pain quotidien pour se relever et repartir ». Un message puissant, qui voyage au son des paroles, mais aussi au rythme de la musique et sur des pas de danse, se faisant toujours plus entraînants. Cela suscite d’abord une simple curiosité, puis des moments de suspension. Ensuite l’hésitation disparaît et fait place à un grand sourire sur les lèvres de beaucoup de jeunes. Jusqu’aux moments d’échanges profonds. « Aujourd’hui aussi l’annonce de l’espérance a trouvé une brèche dans beaucoup de cœurs ». La tournée ‘’Every Life Has Hope’’ parcourt des kilomètres, à travers villes et régions diverses, témoignant de la présence de Dieu dans l’aujourd’hui de la société, et la possibilité pour tous, personne n’étant exclu, de recommencer. Dans la prison de Bielefeld, la ‘’caravane’’ rencontre cent détenus. A Arnsberg, ville du nord-est de l’Allemagne, les membres du Mouvement Shalom. Le jour de la Pentecôte, à Cologne, le voyage prévoit une étape dans une communauté paroissiale et l’après-midi, rencontre avec Caritas. A l’invitation de l’Évêque auxiliaire, le groupe chante la messe dans la Cathédrale, en proposant ‘’Io ero li’’ (‘’J’y étais’’), composée pour l’occasion. A Gut Hange, on fête les 5 ans de l’ouverture d’une Fazenda féminine. Et encore : visites à des structures d’accueil pour SDF, à des malades en fin de vie, rencontres avec des étudiants et avec des jeunes drogués accueillis dans une structure publique, avec une congrégation de sœurs qui se consacre à l’accueil de jeunes filles en difficultés sérieuses. La tournée fait également une étape en Belgique, auprès de la communauté de Peer, petite ville où s’ouvrira bientôt une nouvelle Fazenda. Après deux semaines intenses et joyeuses, le groupe de la Fazenda poursuit vers Berlin et la Pologne, alors que le Gen Rosso rentre à Loppiano en vue des prochaines étapes du ‘’musical Campus’’ dans les Pouilles, (sud Italie), où il y aura l’inauguration d’une nouvelle Fazenda. Encore ensemble, pour allumer une nouvelle espérance.
3 Juil 2017 | Focolare Worldwide, Senza categoria
Combien de fois faut-il pardonner ? Il y a trois ans, mon demi-frère plus âgé est venu à la maison et a offensé ma femme alors que j’étais au travail. Quand je suis rentré à la maison, je me suis énervé très fort mais ensemble, nous avons décidé de ne pas réagir. Nous avons ensuite su que la fille, qui habitait avec nous cette période-là, était retournée chez elle en disant qu’elle devait se préparer seule à manger. De plus, à notre grande surprise, mon frère a commencé à raconter aux personnes de notre communauté que nous l’avions insulté et qu’il ne nous aurait pardonné qu’après que nous lui aurions présenté nos excuses. A ce point-là, pour nous c’était trop et nous ne nous sommes plus adressés la parole pendant un an. Un jour, je me suis souvenu que Jésus nous a enseigné que nous devions pardonner jusqu’à soixante-dix fois sept fois quelle que soit la situation qui se présente à nous et jusqu’à prier pour nos ennemis. Ainsi, le dernier jour de l’an, j’ai organisé une réunion de réconciliation entre nous, avec la présence de toute la famille élargie. J’ai été le premier à parler. J’ai dit aux membres de la famille que nous n’étions pas là pour faire de longs discours, ni pour juger l’autre, mais simplement pour demander pardon à mon frère aîné et que cela nous avait attristés de l’avoir offensé. Puis je me suis levé et me suis agenouillé devant lui, geste qui voulait signifier humilité et magnanimité, deux vertus chrétiennes. Les membres de la famille, y compris mon frère, sont restés abasourdis par ce geste et personne n’osait dire une seule parole. Après un moment, il m’a dit qu’il m’avait pardonné. Nous sommes rentrés heureux et sereins à la maison, d’avoir rétabli la paix entre nos familles. (Christopher et Perpétua Idu – Afrique)
Perle de grande valeur J’étais en train de vivre un mariage réellement difficile. Mon mari, qui autrefois était un homme gentil, intelligent et cultivé, était devenu alcoolique à cause de la période qu’il avait passé sous les armes. Peu après son retour en Angleterre du front, il a repris la vie d’une manière normale mais bien vite, il a développé un ulcère duodénal qui lui faisait fort mal. Il était incurable, et bien souvent, il était incapable de travailler. C’est alors qu’il a découvert l’alcool comme anti-douleur… Il buvait énormément. J’ai vécu avec lui ce moment terrible. Cela a été un véritable traumatisme aussi bien physique que mental : je n’en pouvais plus ! J’ai demandé conseil à différents médecins et spécialistes, mais sans succès. Après quelques années, nous avons rencontré le Mouvement des Focolari. J’ai écrit à une personne envers laquelle j’avais beaucoup de respect et de confiance. Sa réponse m’a fort étonnée : « Merci d’avoir partagé avec moi ta ‘’perle de grande valeur’’… ». Comment l’énorme difficulté que nous étions en train de vivre pouvait être appelée une ‘’perle de grande valeur’’ ? Il a fallu plusieurs années pour commencer à comprendre comment je pouvais transformer la souffrance en amour, à savoir perdre tout ce que je croyais être nécessaire pour nous, être acceptés socialement, et ne plus faire semblant que tout allait bien. Au fond, il s’agissait de dire ‘’oui’’ plutôt que ‘’non’’. A la fin, je me suis ‘rendue’ permettant à Dieu de me prendre entre ses bras. Et Lui s’est manifesté. Pendant la dernière période de la vie, mon mari a fait la profonde expérience de l’amour personnel de Dieu pour lui et il n’a plus bu. Moi aussi, j’ai réussi à me libérer de la dépression. J’ai mis certainement une grande partie de ma vie pour arriver à cet objectif. Mais c’était et c’est, ma ‘’perle de grande valeur’’. (Source : New City – Londres)
1 Juil 2017 | Non classifié(e)
« En contemplant l’immensité de l’univers, la beauté extraordinaire de la nature, de sa puissance, je me suis tournée spontanément vers le Créateur de toutes choses et j’ai compris de façon nouvelle l’immensité de Dieu. L’impression en fut si forte et si nouvelle que je me serais mise aussitôt à genoux pour adorer, louer, glorifier Dieu. J’ai ressenti le besoin d’agir de la sorte comme si c’était ma vocation actuelle. Et comme si mes yeux s’ouvraient, j’ai compris comme jamais auparavant qui est Celui que nous avons choisi comme Idéal, ou plutôt Celui qui nous a choisis. Je l’ai vu si grand, si grand, si grand qu’il me paraissait impossible qu’il ait pensé à nous. Cette impression de son immensité est restée profondément en moi pendant plusieurs jours. Et maintenant, lorsque je prie en disant : « Que ton nom soit sanctifié » ou « Gloire au Père, au Fils, au Saint-Esprit », pour moi c’est tout autre chose : c’est une nécessité qui vient du cœur ». (Rocca di Papa, 22.1.87) « […] Contempler l’étendue sans fin de la mer, une chaîne de hautes montagnes, un glacier imposant ou encore la voûte du ciel constellée d’étoiles… Quelle majesté ! Quelle immensité ! Qu’à travers la splendeur éblouissante de la nature, nous remontions à celui qui en est l’auteur : Dieu, le roi de l’univers, le maître des galaxies, l’Infini […]. Il est présent partout : dans le scintillement d’un ruisseau, l’éclosion d’une fleur, la clarté de l’aube, dans le rougeoiement d’un coucher du soleil, l’éclat des cimes enneigées […]. Dans nos métropoles de béton, construites de la main de l’homme, où règne le vacarme et où bien rarement la nature nous est dévoilée. Pourtant, si nous le désirons, il suffit d’un coin de ciel qui se découpe entre les sommets des immeubles pour nous rappeler Dieu. Il suffit d’un rayon de soleil qui arrive toujours à pénétrer à travers les barreaux d’une prison. Il suffit d’une fleur, d’une prairie ou du visage d’un enfant… […] Cela nous aidera à retourner au milieu des hommes, là où est notre place, fortifiés comme sans doute Jésus l’était après avoir prié le Père toute la nuit sur la montagne, sous le ciel étoilé et qu’ensuite il revenait parmi les hommes pour faire le bien. » (Mollens, 22.9.88) Da Chiara Lubich – “Cercando le cose di lassù” – Édition Città Nuova, Rome 1992, pages 5 – 111,112.
30 Juin 2017 | Non classifié(e)
Guerres, menaces nucléaires, terrorisme. Les défis sont nombreux. Vous avez dit que l’œcuménisme est important pour la paix. Pourriez-vous nous expliquer pourquoi et comment ? L’œcuménisme est important pour la paix parce que l’œcuménisme est unité. L’unité est la paix. L’unité consiste à être un seul cœur et une seule âme. C’est s’aimer. C’est partager ses propres biens, les douleurs, les joies. Et c’est cela qui apporte la paix. Qu’est-ce que la paix? La paix n’est pas l’absence de bombardements. Ce n’est pas un compromis que l’on signe. La paix n’est rien de tout cela. La paix c’est l’unité des cœurs. L’œcuménisme sert à construire et à élargir cette unité des cœurs et , par conséquent il est au service de la paix, il contribue énormément à la paix. S’il s’ensuit que les chrétiens se présentent en étant unis, ils auront certainement un plus grand impact. Et ils réaliseront ensemble des projets de paix, aussi et surtout là où celle-ci est continuellement menacée. Ils contribueront à mettre en pratique le partage des biens dans le monde, à aider ceux qui fuient les Pays en guerre pour rechercher une vie meilleure, à les accueillir. Mais ils aideront s’ils sont unis. Et s’ils sont unis, ils permettront que s’accomplissent les pas nécessaires pour que la paix puisse advenir. Quelle contribution le Pape François est-il en train de donner au mouvement œcuménique et quel style est-il en train de communiquer aux Églises? Sa contribution je l’ai tout de suite perçue, dès qu’il est apparu à sa fenêtre et s’est présenté au monde comme évêque de Rome. Ce fut la toute première contribution du Pape au chemin œcuménique des Églises. Elle se poursuit, y compris dans son souci permanent de réforme des Églises et de l’Église dans le sens d’une plus grande collégialité et participation, tant au niveau des pasteurs que des fidèles, en allant vers une plus grande humilité réciproque et la reconnaissance des erreurs commises. C’est tout un processus qui va dans le sens du chemin œcuménique.
Les participants à la semaine œcuménique ont pris part à l’audience générale où le Pape François a parlé de Marie comme mère restée à côté de son fils jusqu’à la passion. Marie est-elle un exemple sur notre chemin œcuménique ? Je dirais que oui. Parce que Marie est mère, mère de Dieu et mère de Jésus et, donc, mère de tous les hommes. Et une mère veut certainement voir ses enfants ensemble. Elle cherche à tout faire pour qu’ils se retrouvent, reconnaissent que Dieu est venu sur terre et s’est fait homme pour eux. Elle veut qu’ils s’aiment, qu’ils ne se disputent pas, qu’ils n’entretiennent pas de rancune les uns envers les autres, mais qu’ils cherchent des façons toujours nouvelles pour se comprendre. C’est en cela que Marie nous aide. Et je crois qu’Elle nous aide précisément en restant au pied de la croix. Par sa désolation. Il me semble qu’à ce moment-là, elle-même perd son plus grand trésor et nous apprend à savoir perdre quelque chose, y compris cette richesse que possède chaque Église, mais qui est appelée à se recomposer avec les richesses des autres. Si Marie est allée jusqu’à perdre son fils, nous pouvons perdre une idée, un souvenir, une blessure que nous portons en nous, un préjudice, pour construire et devenir des artisans d’unité. De M. Chiara Biagioni Source: SIR Lire la première partie