16 Juil 2018 | Focolare Worldwide
« Après trois ans, me voici de nouveau à Tonadico, dans la vallée de Primiero (Italie du nord). Nous voyageons avec les amis Hindous, venus de l’Inde pour un « pèlerinage » aux sources du charisme de l’unité. Ce sont de vieilles connaissances, surtout dans le monde universitaire, avec lesquelles nous avons partagé depuis des années des moments d’études et de vie, dont le dernier en janvier de cette année, lorsque je me suis rendu à Mumbai. C’est une joie de se retrouver ensemble. Ce sont des personnes très attirées par Chiara Lubich, qui veulent approfondir leur connaissance sur son expérience mystique. Et le meilleur endroit ne pouvait-il pas être Tonadico, où Chiara en 1949 eut une expérience extraordinaire de lumière ? La rencontre commence par une profonde communion, dans un bel esprit de famille. La mystique unit les religions en profondeur. Les voies que parcourt chaque religion, avec les moyens qu’elle met à disposition, conduisent au cœur du Mystère, unique pour toutes. Les voies et les instruments sont divers, mais le point d’arrivée est le même, et c’est pour cela que dans la mystique il y a convergence et l’on se retrouve unis. Même les langages et les manières d’exprimer les croyances sont très différents, mais les symboles sont communs : le soleil, la flamme, l’or, le rien, le tout… et à travers eux, on se comprend.
Nous savons que « la Voie » est Jésus, mais Lui, d’une manière que Lui seul connaît, sait se faire « Envoyé » avec chacun et conduire tout le monde au Père. Alors nous nous souhaitons bon voyage ! » P. Fabio Ciardi est professeur à l’Institut de théologie de la vie consacrée “Claretianum” (Rome) et directeur du Centre d’Études des Missionnaires Oblat de Marie Immaculée. Il est actuellement responsable de l’Ecole Abba, Centre d’Études interdisciplinaires fondé par Chiara Lubich en 1990, avec l’aide de Klaus Hemmerle (3 avril 1929 – 23 janvier 1994), célèbre théologien et philosophe. Son but est d’approfondir le charisme de l’unité sous divers points de vue. Source : Blog F. Ciardi
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15 Juil 2018 | Non classifié(e)
Le début de la période d’illuminations majeures [de Chiara Lubich] peut être donné : le 16 juillet, en effet, arriva à Tonadico ( dans les montagnes du Trentin, au nord de l’Italie) Igino Giordani. Il logeait à l’Auberge Orsinger et devait présenter une conférence dans la salle des capucins. Giordani, « amoureux de Sainte Catherine », avait toujours cherché à pouvoir suivre une vierge, consacrée. Certain de l’avoir trouvée en Chiara, il lui fit la proposition de lui faire le vœu d’obéissance, en pensant ainsi obéir à Dieu. Il avait ajouté qu’ils auraient pu devenir saints à deux, comme François de Sales et Jeanne de Chantal. Chiara ne comprenait pas : le Mouvement n’existait pas, on ne parlait pas du tout de vœux ; et puis, elle sentait qu’elle était née pour le ‘’Que tous soient Un’’. Elle était tentée de laisser tomber ce désir de Giordani mais elle eut l’impression que ces paroles avaient leur origine dans une grâce qui ne devait pas être perdue. Elle lui répondit donc : « Tu connais ma vie : je suis ‘rien’. Je veux en effet vivre comme Jésus Abandonné qui s’est complètement annulé. Toi aussi tu es ‘rien’ car tu vis de la même manière. Et bien demain, nous irons à l’église et à Jésus Eucharistie qui viendra dans mon cœur, comme dans un calice vide, je dirai :’’Sur mon rien, fais Toi le pacte d’unité avec Jésus Eucharistie dans le cœur de Foco. Et fais de manière, Jésus, que s’exprime ce lien entre nous, que tu sais’’. Et toi, Foco, fais de même». Et ils firent ainsi. Giordani se dirigea vers la salle où il devait parler, alors que Chiara se sentit poussée à retourner à l’église. Devant le tabernacle, elle voulut prier Jésus, mais à cet instant, elle sentit qu’elle ne pouvait le faire, elle sentit être totalement entraînée dans le fils. Elle entendit prononcer sur ses lèvres : « Père ». Elle comprit que sa vie religieuse allait être différente de celle vécue jusqu’à ce moment-là : non plus adressée à Jésus, mais à côté de Lui, Frère, tournée vers le Père.
Armando Torno, ‘’PortarTi il mondo fra le braccia. Vita di Chiara Lubich’’, Città Nuova, Rome, 2011. Cit. Pages 45-46.
13 Juil 2018 | Non classifié(e)
Dans le texte suivant, publié intégralement dans la revue Nuova Umanità XXXIV ( 2012/6) 204, Chiara Lubich raconte le » pacte d’unité » scellé avec Igino Giordani (qu’elle appelait Foco) le 16 juillet 1949, prélude à l’expérience spirituelle et mystique de cet été-là. « Cinq ans étaient passés depuis le début de notre Mouvement et nous avions déjà compris et fait nôtres quelques points fondamentaux de la spiritualité comme Dieu Amour, la volonté de Dieu, voir Jésus dans le frère, le commandement nouveau, Jésus abandonné, Jésus au milieu, l’unité… Et depuis quelque temps nous étions concentrés sur la Parole de Dieu que nous vivions avec une intensité toute particulière. Le Mouvement n’avait pas alors de grandes structures et les diverses œuvres n’existaient pas non plus, aussi toute notre attention était-elle centrée sur la vie de l’Évangile. La parole de Dieu pénétrait profondément en nous au point de transformer notre mentalité. Il en était de même chez ceux qui entraient en contact avec nous. Cette mentalité nouvelle qui se formait progressivement en nous, s’exprimait comme une divine contestation de la manière de penser, de vouloir et d’agir du monde. Et en nous, elle entraînait une réévangélisation. […] Nous vivions ces expériences quand Foco vint nous voir à la montagne. Foco, qui était épris de sainte Catherine, avait cherché depuis toujours une vierge qu’il puisse suivre. Et il avait l’impression de l’avoir trouvée parmi nous. C’est pourquoi, un jour, il me fit une proposition : celle de me faire un vœu d’obéissance car, ce faisant, il pensait obéir à Dieu. Il ajouta aussi que de cette manière, nous pouvions nous sanctifier comme saint François de Sales et sainte Jeanne de Chantal. Sur le moment je ne compris pas la raison du vœu d’obéissance ni cette unité à deux. À l’époque, l’Œuvre n’existait pas et il n’était pas question de vœux. De plus, je n’étais pas à l’aise dans cette proposition d’unité à deux car je me sentais appelée à vivre « Que tous soient un ». En même temps cependant je reconnaissais que Foco était sous l’effet d’une grâce, qu’il ne fallait pas entraver Je lui répondis donc à peu près ceci : « Il se peut que ce soit une vraie inspiration de Dieu. Il faut donc en tenir compte. Mais cette unité à deux ne me dit pas grand-chose, car tous doivent être un ». Et j’ajoutai : « Tu connais ma vie. Je suis ‘rien’ ». « Je veux vivre, en effet, comme Jésus abandonné qui s’est complètement anéanti. Toi aussi tu es ‘rien’ parce que tu vis de la même manière ». « Eh bien, demain, nous irons à l’église et je dirai à Jésus Eucharistie qui viendra dans mon cœur comme dans un calice vide, puisque je suis rien : ‘Sur mon rien, fais un pacte d’unité avec Jésus Eucharistie qui vient dans le cœur de Foco. Et fais en sorte, Jésus, que naisse entre nous le lien que tu as prévu' ». Puis j’ai ajouté : « Et toi, Foco, fais de même ». » Continue sur : Centre Chiara Lubich
13 Juil 2018 | Non classifié(e)
Dieu n’est pas un personnage lointain, qui ne se laisse approcher que si l’on est passé avant en salle d’attente. Il écoute avec une attention particulière ceux qui sont particulièrement pauvres, particulièrement petits, particulièrement humbles. (Du livre Choisi pour les hommes, p. 113) Plus j’ai de choses à faire, plus j’ai besoin de temps pour la prière. Alors voilà ce que je découvre : lorsque j’utilise, je « perds » mon temps pour rester en Dieu, survient une sorte de « multiplication miraculeuse du temps » : grâce au temps donné à Dieu, il m’arrive d’avoir plus de temps à ma disposition ou au moins, un temps meilleur, plus disponible, plus dense d’amour à donner aux autres. Le temps devient comme un collier de perles, fait de nombreux moments précieux que l’on peut vivre, et de tout porter à sa pleine réalisation dans le recueillement et le dévouement aux autres. (Du livre Choisi pour les hommes. Pp. 109-110). On pourrait définir “grain de sel” de la prière chrétienne le point où la distinction caractéristique de ce qui est chrétien apparait plus claire et évident : c’est-à-dire le fait que dans la prière tournée vers Dieu, le frère est toujours présent, l’autre ; dire-moi du priant inclut toujours un dire-nous. (Du livre Choisi pour les hommes. Pp. 114). Il est bon quelquefois de ne rien vouloir d’autre que de rester en silence. Uniquement à ce moment-là, de fait, nous remarquons combien de courants de pensées, d’impressions, d’idées traversent notre esprit. Nous sommes comme immergés dans une marée montante, qui incessamment nous éloigne de nous-même, ne permettant pas d’arriver jusqu’à nous. Pour la prière il n’est pas déterminant que nous arrivions à ce silence absolu. Elle peut même être « juste » si, malgré tous nos efforts, nous n’y arrivions pas. De fait, d’une manière ou d’une autre, nous comprenons que même au sein de ce courant flou, confus, privé de perfection et d’intégrité, je suis de toute façon moi-même, moi qui me sentais aban-donné à moi-même, moi, celui qui fuit constamment à lui-même. Alors nous pouvons dire : je n’ai pas de pouvoir sur moi, je ne me connais pas moi-même, je ne me possède pas, mais toi, en moi au plus profond de mon moi le plus intime, tu me connais et tu me scrutes, tu sais qui je suis et ce qui est bien pour moi, et tu me réponds par ton oui, tu t’adresses à moi et tu me dis : Tu. (Du livre Das Wort fur uns, pp. 91s) Source : Klaus Hemmerle, « La lumière au sein des choses, méditations pour chaque jour », Città Nuova, 1998.
10 Juil 2018 | Focolare Worldwide
« Les murs divisent les nations, les cultures et les personnes. J’ai grandi face au mur qui sépare les États-Unis et le Mexique. Je m’appelle Noé Herrera et je suis né dans une ville du Mexique dont le nom, Mexicali, va pour le Mexique et la Californie. Dès mon plus jeune âge, je me demandais pourquoi il était si difficile de traverser la frontière avec les États-Unis. Ces deux pays ont beaucoup de traits communs dans leur culture, comme la nourriture, la langue et même des aspects de l’économie. J’ai beaucoup d’amis des deux côtés et beaucoup de gens comme moi vont et viennent du Mexique aux États-Unis et vice-versa. Toutefois, j’ai vu combien cette frontière représente des motifs de grandes souffrances pour nos pays. Je l’ai vu dans les nombreuses familles qui sont séparées, chez les migrants qui luttent pour trouver un meilleur futur, dans les nombreux préjugés que nous avons créés. Et pourtant j’ai vu que les gens sont indifférents à cette situation. Pourquoi ? Parce que nous nous sommes habitués à voir cette division ». « Je n’ai pas eu la même expérience que Noé avec le mur, je peux dire qu’il est plus facile de traverser la frontière en venant des États-Unis vers le Mexique, que vice-versa. Je m’appelle Josef Capacio. Je viens d’une ville du sud de la Californie, San Diego, proche de la frontière. Moi aussi j’ai vu la division aux États-Unis, mais par chance, j’ai appris, depuis que je suis tout jeune, à vivre pour l’unité. Au cours des années, une nouvelle perception du monde a fait son chemin en moi. En grandissant, exposé à la multiculturalité, non seulement je la tolère, mais je l’ai faite mienne ! Je pense que c’est la raison pour laquelle, Noé et moi sommes devenus des amis. Je ne suis pas seulement Josef, américain, né dans une famille émigrée des Philippines, et lui, Noé, de la grande descendance mexicaine. Nous sommes tout cela et autre chose encore. Nous sommes deux citoyens du monde. Et je n’oublierai jamais comment nous nous sommes rencontrés. Après avoir passé une année loin de la maison, et fréquenté une école de formation pour les jeunes des Focolari en Italie, j’étais enthousiaste à l’idée de rentrer à la maison et de soutenir nos initiatives en Californie. Un ami m’a suggéré d’unir nos forces pour un projet à Mexicali. En toute honnêteté, au départ, j’étais réticent. Toutefois, je me suis mordu une lèvre et je l’ai écouté. Fort heureusement, après avoir rencontré Noé, je me suis décidé à y aller avec quelques amis. Cette journée, on ne peut la décrire avec des mots. C’était génial ! ». « L’objectif était celui de montrer notre vision du monde uni à travers une course simultanée le long des deux côtés du mur. Il y avait environ 200 personnes, de chaque côté avec un unique message :’’Nous pouvons être séparés par un mur, mais nous sommes ensemble pour construire un monde uni ‘’. Beaucoup de gens de tous les âges, ont adhéré et depuis lors, cela devient un rendez-vous annuel dans lequel nous avons impliqué les gouvernements locaux, des deux côtés. Après ce premier grand événement, notre objectif est devenu plus visible. Josef et moi-même, avec d’autres amis, de nos pays respectifs, avons eu beaucoup d’opportunités de travailler ensemble pour plusieurs activités sociales, mais aussi, dans le temps, nous avons développé des rapports de fraternité et de réelle amitié, avec nos voisins au-delà de la frontière. J’ai découvert que nos valeurs, nos objectifs et notre vision du monde, sont très semblables. Nous sommes tous égaux et je peux aimer son pays comme le mien ». « J’ai pris cette photo pendant un de nos événements, qui m’a inspiré cette pensée :’’ Il existe, pour différentes raisons, des frontières physiques, géopolitiques, économiques ou de sécurité. Mais dans nos cœurs, il n’y a pas de barrières. Nous sommes un seul peuple et nous voulons un monde uni !’’ Ceux qui ont eu le privilège de voir notre planète de l’espace, parlent souvent de cette nouvelle perception de la vie humaine, sur terre. De là-haut, il n’y a pas de frontières. Elles s’évanouissent. Elles sont invisibles. Inexistantes. Les raisons pour lesquelles nous continuons à faire la guerre deviennent petites. Un astronaute a même dit :’’De là-haut, c’est clair que sur terre, nous sommes une seule et unique humanité’’ ».