Mouvement des Focolari
Ville pour la fraternité

Ville pour la fraternité

Città per la fraternitàA Loreto, dans le centre de l’Italie, se déroulera le 10 février prochain, le congrès national ‘’La ville, lieu de fraternité? ’’, organisé par l’Association Ville pour la Fraternité, organisme né en 2008, qui, en s’inspirant de la pensée de Chiara Lubich et de la vie du Mouvement des Focolari, regroupe actuellement environ 140 petites et grandes administrations communales afin de diffuser l’esprit d’unité dans les Collectivités locales. L’Association décerne chaque année le ‘’Prix international Chiara Lubich pour la fraternité’’, attribué à une administration (ou à plusieurs administrations avec une Commune chef de file) pour l’actualisation d’un projet  représentatif d’un ou de plusieurs aspects du principe de fraternité appliqué aux politiques publiques et favorisant la croissance d’une culture citoyenne active et inclusive. Des autorités municipales et ecclésiales participeront à ce congrès. Au cours de l’après-midi, les exposés d’Elena Granata, Professeur d’Urbanisme à l’École Polytechnique de Milan et de Marco Luppi, professeur d’Histoire à l’Institut  Universitaire Sophia, sur le thème de la fraternité vécue dans la ville.

Notre Genfest: “Yes to You”

Notre Genfest: “Yes to You”

Genfest1985_ChiaraLubichCinq ans avant, à notre retour du Genfest 1980, Andrew Basquille, Eugène Murphy et moi-même, alors étudiants au Collège Universitaire de Dublin, nous avions commencé ensemble à consacrer davantage de temps à la musique. Ce fut pour nous le début d’une grande période de créativité, qui aboutit à la composition, aussi bien commune que personnelle, de nombreux morceaux. « Yes to You », la chanson que nous avons donnée par la suite au Genfest 1985, remonte à cette époque. Voici comment elle est née. En 1981 Chiara Lubich visita la communauté de Londres, et une grande partie des membres des Focolari d’Irlande se rendit en Angleterre pour vivre cet événement. Un après-midi, tandis qu’un groupe de notre voyage était en train de déjeuner à côté du lieu où Chiara devait parler, j’ai commencé à jouer de simples accords au piano et il en sortit une mélodie avec une série d’accords, Mi -Do mineur- Fa, légèrement inhabituelle (à la guitare il ne me serait jamais venu à l’idée de l’utiliser). Joe McCarroll, un excellent chanteur compositeur, qui se trouvait tout près, s’est joint à moi en mettant sur cette mélodie les paroles “So many times that I said no” (“Ainsi bien des fois j’ai dit non”), lorsque Andrew est venu à son tour en complétant le premier couplet. Les deux jours suivants, Andrew et moi avons écrit environ trois couplets, mais nous n’avions eu aucune inspiration pour le chœur. A la fin c’est Eugène qui en a trouvé à la fois le texte et la musique, ce qui donna à la chanson une certaine emphase, en faisant chanter le chœur en Do majeur, suivi d’une merveilleuse interaction entre Fa majeur et mineur, une façon de donner vigueur et profondeur à notre choix  renouvelé de Dieu exprimé par les paroles « Yes to You ». Genfest1985On nous a demandé d’exécuter ce morceau au Genfest qui allait avoir lieu quelques mois plus tard. Nous avons alors passé beaucoup de temps en essais et répétitions pour perfectionner notre chanson. Ce jour-là, dans les coulisses, tandis que nous attendions patiemment notre tour, nous avons commencé à nous rendre compte que le temps volait. On nous a fait savoir que notre morceau avait été annulé. Quelle déception ! Tandis que je rangeais ma guitare dans son boitier, je repensais aux mois de répétitions et à tout ce travail qui venaient d’être effacés en un instant. Puis, à l’improviste, changement de décision : nous voilà tout d’un coup propulsés sur l’immense scène, sans même avoir le temps de contrôler le son, ni pouvoir nous concerter. Je n’ai même pas pu sortir ma guitare de son boitier, et me suis retrouvé avoir en main une guitare espagnole, avec des cordes en nylon, un instrument auquel je n’étais pas du tout habitué ! C’est dans ces conditions que nous avons chanté “Yes to You” au Genfest 1985: sans aucun point de repère, ni certitude, contraints de dépendre uniquement de la force de notre amour réciproque et de notre désir de mériter ainsi la présence de Jésus au milieu nous. Mon expérience au Genfest 1985 m’a permis de vérifier mon choix de vivre pour l’unité, et de voir que c’était possible. J’ai eu l’occasion de participer à de nombreux autres grands événements – festival, match de foot, concert – mais rien de comparable au Genfest. Là, aucune haine, aucune hostilité, inimitié, comme c’est le cas lorsque des équipes rivales se rencontrent pour un match. Au Genfest, rien de cette euphorie passagère provoquée par l’alcool ou la drogue qui s’invitent souvent dans les concerts ou les grandes manifestations. Au Genfest, ce grand rassemblement de jeunes, seule régnait une joie plus profonde et durable.

Padraic Gilligan

Les massacres continuent en Afghanistan

Un pays martyrisé, sans paix, où les groupes terroristes font la course à celui qui revendiquera le premier les attentats accomplis. Trois attentats en une semaine ont provoqué un nombre élevé de victimes parmi les populations civiles : on parle de plus de 150 morts entre Kaboul et Jalalabad, avec plus de 400 blessés. A Kaboul, une auberge a été prise pour cible et le second objectif qui n’a pas été atteint car le terroriste s’est fait exploser au checkpoint, était le palais du Conseil Supérieur pour la Paix. A Jalalabad, le siège de Save the Children a été assailli, organisation internationale qui travaille depuis des années dans cette région. Selon les données de l’ONU, 17 opérateurs humains ont perdu la vie l’année passée, 33 ont été blessés et 48 ont été enlevés. Le Pape François est intervenu à propos des attaques pendant l’Angelus du 28 janvier dernier : « Jusqu’à quand – s’est demandé le Pape – le peuple afghan devra t-il supporter cette violence inhumaine ? Prions en silence pour toutes les victimes et pour leurs familles, et prions pour ceux qui, dans ce pays, continuent à travailler pour construire la paix ». Le Mouvement des Focolari exprime sa proximité au peuple afghan, en souhaitant vivement une résolution de paix qui puisse apporter au plus vite la sérénité au pays.

La ville de Palerme et Chiara Lubich

La ville de Palerme et Chiara Lubich

_MG_0272Janvier 1998. Palerme se prépare au Grand Jubilé de l’année 2000, marquée par des traces de lumière et d’ombre. Une ville muette, ensanglantée par les massacres passés et récents de la mafia, mais aussi décidée à s’en sortir, en montrant son vrai visage. Janvier 2018. Aujourd’hui, le chef-lieu sicilien se présente comme une expression avancée du dialogue entre les différentes cultures européennes et le monde arabe, un avant-poste de la culture méridionale au sein du tissu européen. Une « ville mosaïque ». En présence du maire Leoluca Orlando, des autorités et de quelques représentants des institutions, le 20 janvier dernier voulait « faire mémoire » – dans le but de « s’engager » à continuer dans la même direction – d’un événement qui a représenté pour la ville une étape vers son « magnifique dessein providentiel », selon l’expression utilisé alors par Chiara Lubich. Durant les interventions qui se sont succédé, différents aspects de la vie des Focolari de ces vingt dernières années sont ressortis, tels que l’engagement dans le social et le monde scolaire, en particulier dans certains quartiers périphériques comme Ballarò, Brancaccio et le Zen. La réalisation de quelques événements a également été abordée, et la réflexion sur certains grands thèmes, comme l’œcuménisme, l’engagement envers les nouvelles générations, avec la création d’écoles de formation à la participation citoyenne, le dialogue avec des personnalités du monde économique, politique, culturel et artistique. Ces dernières années, la communauté des Focolari a donné son soutien au cheminement de toute la population qui veut construire « une ville de l’accueil et des droits », basée sur les valeurs de la fraternité et la recherche continuelle du dialogue. _MG_0316“ Le souvenir de la citoyenneté d’honneur conférée à Chiara Lubich – a affirmé le maire Orlando – est l’occasion de s’intéresser au cheminement de la ville, au nom du respect de la personne humaine et de la construction d’une communauté qui se base sur les valeurs de l’unité et de la fraternité : celles sur lesquelles Chiara a fondé son mouvement et qui aujourd’hui rassemble des millions de personnes dans le monde. Aujourd’hui ces valeurs font partie du vécu quotidien de Palerme, grâce à l’accueil et à la solidarité qui sont un terrain d’essai, mais aussi une occasion extraordinaire pour confirmer la volonté de la population palermitaine de construire une ville accueillante à dimension humaine, comme on peut le voir continuellement dans le comportement de la société civile ». Palermo_ChiaraLubichL’Archevêque de Palerme, Mgr. Corrado Lorefice, a souhaité que ce chemin de fraternité avance par le dialogue à tous les niveaux, vers un but « prophétiquement indiqué en son temps par Chiara Lubich : que Palerme puisse devenir une ville sur la montagne, point de mire de la réalisation du dessein de Dieu sur la communauté humaine ». « La célébration d’un tel événement – a-t-il ajouté – exprime la correspondance profonde qui existe entre la ville de Palerme et les valeurs contenues dans le charisme de Chiara : contribuer à la recomposition de l’unité de la famille humaine ». Maria Voce, présidente des Focolari, a envoyé un message encourageant tous les participants à « partager les nombreux fragments de fraternité qui ont pris forme ces dernières années, afin de développer l’accueil, la légalité et la paix », avec le souhait « que la ville se démarque toujours davantage par un témoignage actif sur les différents fronts du dialogue, en multipliant des initiatives qui redonnent l’espérance et valorise les talents de tous dans l’optique de l’unité ». L’adhésion à l’association « ville pour la fraternité », voulue par la commune de Palerme, engage désormais ses citoyens à s’inspirer de la fraternité universelle pour toutes décisions et action futures.  

Parole de vie de février 2018

L’apôtre Jean écrit le livre de l’Apocalypse pour réconforter et encourager les chrétiens face aux persécutions très fréquentes de l’époque. Ce livre, riche d’images symboliques, révèle en effet la vision de Dieu sur l’histoire et l’accomplissement final : sa victoire définitive sur toutes les puissances du mal. Ce livre est la célébration d’un but, d’une fin pleine de joie que Dieu destine à l’humanité. C’est la promesse de la libération de toute souffrance : Dieu lui-même « essuiera toute larme de leurs yeux […]. Il n’y aura plus ni deuil, ni cri, ni souffrance » (Ap 21,4). « À celui qui a soif, je donnerai de la source d’eau vive, gratuitement. »[1] Une telle perspective est contenue en germe dans le présent, pour ceux qui vivent dans la recherche sincère de Dieu et de sa Parole et pour ceux qui ont une ardente soif de vérité, de justice et de fraternité. Éprouver la soif, être en recherche, est pour Dieu une caractéristique positive, un bon début et il nous promet la source de la vie. L’eau que Dieu promet est offerte gratuitement. Elle est donc offerte non seulement à ceux qui espèrent lui être agréables par leurs efforts, mais à quiconque ressent le poids de sa propre fragilité et s’abandonne à son amour, certain d’être guéri et de parvenir ainsi à la vie pleine, au bonheur. Demandons-nous donc : de quelle eau avons-nous soif ? À quelles sources allons-nous nous désaltérer ? « À celui qui a soif, je donnerai de la source d’eau vive, gratuitement. » Peut-être avons-nous soif d’être acceptés, d’avoir une place dans la société, de réaliser nos projets… Aspirations légitimes, qui peuvent cependant nous pousser vers les puits pollués de l’égoïsme, nous enfermer dans nos intérêts personnels, jusqu’à nous servir des plus faibles. Les populations qui souffrent de la rareté des puits d’eau pure connaissent bien les conséquences désastreuses du manque de cette ressource, indispensable pour garantir vie et santé. Pourtant, si nous creusons un peu plus profond dans notre cœur, nous trouverons une autre soif, que Dieu même a mise en nous : soif de vivre la vie comme un don reçu à donner. Puisons donc à la source pure de l’Évangile, en nous libérant des détritus qui peut-être la recouvrent, et laissons-nous transformer à notre tour en sources d’amour généreux, accueillant et gratuit envers les autres, sans nous arrêter aux inévitables difficultés du chemin. « À celui qui a soif, je donnerai de la source d’eau vive, gratuitement. » Et si nous mettons en pratique le commandement de l’amour réciproque, nous permettons à Dieu d’intervenir de manière toute particulière, comme l’écrit Chiara Lubich : « Chaque instant où nous cherchons à vivre l’Évangile est une goutte de cette eau vive que nous buvons. Chaque geste d’amour pour notre prochain est une gorgée de cette eau. Oui, car cette eau si vive et précieuse a cela de spécial qu’elle jaillit de notre cœur à chaque fois que nous l’ouvrons à l’amour pour tous. C’est une fontaine – celle de Dieu – qui donne de l’eau dans la mesure où sa source profonde sert à désaltérer les autres, par de petits ou grands actes d’amour. Et si nous continuons à donner, cette fontaine de paix et de vie donnera une eau toujours plus abondante. Elle ne tarira jamais. Il y a aussi un autre secret que Jésus nous a révélé, une sorte de puits sans fond où nous pouvons puiser. Quand deux ou trois personnes s’unissent en son nom et s’aiment l’une l’autre de son amour même, il se tient au milieu d’elles. Et c’est alors que nous nous sentons libres, pleins de lumière, et que des torrents d’eau vive jaillissent de notre cœur. C’est la promesse de Jésus qui se réalise car c’est de lui-même, présent au milieu de nous, que jaillit l’eau qui désaltère pour l’éternité [2]. »

Letizia Magri

[1] Pour le mois de février, nous proposons cette Parole de Dieu, qu’un groupe de frères et sœurs de diverses Églises a choisi de vivre tout au long de l’année. [2] D’après Chiara Lubich, La fonte della vita, Città Nuova 46 [2002], 4, p. 7.