25 Nov 2016 | Focolare Worldwide
L’intervention de Azeez, jeune irakien, a été accueilli par un long applaudissement. Les mille participants et plus au Congrès Gen fixent d’un regard ému son visage émacié : il raconte le drame que lui et sa famille ont vécu à Qaraqosh, une petite ville de la Plaine de Ninive, lors de l’arrivée des milices du soi-disant état Islamique. « Avant de vous raconter mon histoire – dit Azeez depuis la scène – je veux vous poser une question : n’avez-vous jamais pensé qu’un jour vous pourriez tout perdre ? Votre maison natale avec tous ses plus beaux souvenirs, vos amis, vos rêves, votre peuple ? C’est ce qui m’est arrivé… » Ses yeux laissent encore voir la douleur des moments vécus quand il a dû fuir sa ville avec sa famille en direction du Kurdistan Irakien : “Je me suis demandé pourquoi j’avais à vivre ce calvaire, mais c’est justement là qu’a commencé mon expérience, celle de me retrouver en train de vivre avec Jésus Abandonné. C’était comme me retrouver dans un film d’action où je n’étais plus en mesure de de distinguer le réel de l’imaginaire : foules qui avançaient à pied pour chercher un moyen de fuir, larmes, cris. J’étais presque pétrifié de douleur, mais je me suis dit que je pourrais peut-être redonner le sourire à ceux qui étaient à côté de moi. Il y avait avec nous une communauté de la religion Yazidi, des personnes qui avaient plus besoin d’aide parce que Isis leur avait infligé de véritables tortures. J’ai oublié mes peurs et mes angoisses pour être à leurs côtés et les soutenir”. Azeez, ainsi que ses parents, est aujourd’hui réfugié en France, un choix difficile, avec mille défis à relever, mais il ne s’est jamais senti abandonné par l’amour de Dieu qui “ de sa main invisible continue à essuyer nos larmes en soulageant nos souffrances. Nous les jeunes, nous avons un énorme potentiel pour changer le monde, en commençant par les petites choses : ou bien nous vivons pour changer quelque chose et améliorer cette terre, ou bien notre vie n’a pas de sens ».
Les paroles de Chiara Lubich adressées aux gen 2 en 1967 gardent toute leur actualité et leur dimension prophétique : « Rumeurs et nouvelles concernant la guerre attristent l’horizon de notre monde. Il se peut qu’au Moyen ou à l’Extrême-Orient un de nos amis Gen ait été ou soit en danger de mort. Notre objectif même – celui de favoriser la paix dans le monde – semble douloureusement compromis. Que faire? Ne nous décourageons pas (…) Les bombes tombent en détruisant les maisons et en tuant des personnes : l’amour se répand avec plus de rapidité pour construire une société et un monde nouveaux ». “50 ans ont passé, mais nous sommes encore de cette génération qui ne s’arrête pas – dit Gloria de l’Ouganda – et qui est toujours décidée à vivre l’idéal que Chiara nous a transmis ». Damián de l’Argentine précise :« Pour nous c’est un moment de fête. Nous avons parcouru ces 50 ans du Mouvement Gen à travers les moments les plus importants, en essayant de revivre chaque parole que Chiara nous a donnée ». Témoignages en provenance des divers continents, réflexions, dialogues, chants et musique ont rythmé la commémoration de ces années de vie de la seconde génération des Focolari, toutes vécues très intensément. Maria Voce, présidente du Mouvement, dans un message vidéo a invité les jeunes à suivre le dessein d’amour que Dieu a sur chacune et chacun, en suivant l’exemple de Jésus qui a choisi la Croix, l’amour qui va jusqu’au bout, pour être prêts à s’engager généreusement pour un monde de paix. Jesùs Morán, coprésident des focolari, au cours d’un dialogue rigoureux mais aussi très ouvert, les a encouragés à vivre un amour authentique envers leurs frères, en faisant le choix, dans ce monde toujours plus fragmenté et divisé, des plus pauvres et de ceux que la société rejette. Plus de mille jeunes repartent en prenant au sérieux la consigne prophétique de Chiara Lubich : “C’est la seconde génération qui fera retentir le cri de Jésus Abandonné jusqu’aux confins de la terre… Et dans ce cri le monde entier espérera à nouveau ». Patrizia Mazzola
24 Nov 2016 | Non classifié(e)
130 représentants de 40 communautés et mouvements chrétiens, venant de 14 pays européens, (huit langues, quatre traductions simultanées). Pour ne citer que quelques chiffres des trois journées du réseau Ensemble pour l’Europe (10-12 novembre), qui se sont déroulées au Centre International du mouvement des Focolari (Castel Gandolfo, Rome). «Il y a un an, la nouvelle des attentats de Paris nous est arrivée pendant notre rencontre annuelle qui se tenait en Hollande, se souvient Béatrice Lauenroth ; ces événements, ainsi que d’autres advenus ces derniers temps, qui portent à la fragmentation de l’Europe, nous confirment maintenant plus que jamais, qu’il est nécessaire de nous rencontrer et de travailler ensemble pour l’unité ». Un bon nombre des participants a souligné cette nécessité, comme l’allemand Elke Pechmann de l’Offensive Junger Christen : « Ensemble pour l’Europe n’est pas un luxe, ce n’est pas quelque chose en plus. C’est un investissement pour le présent et, plus particulièrement, pour le futur de l’Europe ». Quant à Larisa Musina (Trasfiguration Fellowship of Minor Orthodox Brotherhoods, St. Philaret), représentant Moscou, elle a exprimé l’importance d’approfondir la connaissance réciproque pour grandir dans le dialogue : « Nous devons élargir le dialogue entre pays de l’Est et ceux de l’Ouest ». La Suisse a fait entendre la voix des nouvelles générations : « Nous, les cinq jeunes de la JAHU ici présents – explique Selomi Zürcher – sentons que le futur de l’Europe est entre nos mains. Nous savons apprécier l’expérience et la sagesse des adultes. Et nous leur demandons d’avoir confiance en nous et de bien vouloir aussi apprendre de nous. Ainsi l’Europe de nos pères peut aussi devenir l’Europe de leurs enfants ».
A la question, suggérée par les intervenants, au cours d’échanges personnels et de travaux de groupe, de savoir comment sera le futur cheminement d’Ensemble pour l’Europe, les réponses proposées ont été concrètes. Ce sont des pas que les mouvements et les communautés en particulier peuvent faire, au cours de 2017, en faveur de leur propre pays et pour Ensemble pour l’Europe. Comme une veillée de prière la veille du 25 mars prochain, jour anniversaire des 60 ans de la signature des Traités de Rome, considérés comme l’un des moments historiques les plus significatifs du processus d’intégration européenne. A cette occasion, de nombreuses personnalités politiques européennes se rencontreront à Rome. Ensemble pour l’Europe veut y être présent, en envoyant dès maintenant aux politiciens un document « sur notre idée de l’Europe et nous souhaitons que des veillées semblables se tiennent dans les villes européennes où nous sommes présents ». Une autre initiative qui a beaucoup touché les participants : le désir de créer des espaces de rencontre et de partage. « Nous voulons favoriser la communion entre les mouvements au niveau local et offrir en plus un programme qui s’adresse à chacune des villes », ajoutent-ils. Avant de se quitter, les impressions expriment l’enthousiasme expérimenté durant les trois jours vécus ensemble : « Je voudrais que mon enthousiasme pour l’Ensemble soit contagieux auprès d’autres jeunes, et je souhaite que l’an prochain nous puissions être plus nombreux » (une jeune allemande). « De retour chez nous, nous raconterons à tous les autres mouvements en Slovénie ce que nous avons vécu ici. Nous inviterons aussi un évêque catholique et un luthérien, pour qu’ils sachent que même les laïcs se mobilisent, avec les Eglises, pour un meilleur avenir du continent » (un jeune de Slovénie). Ce congrès de Castel Gandolfo a permis une participation plus élargie, en qualifiant de « Amis d’Ensemble pour l’Europe », même des familles religieuses et de groupes charismatiques d’anciennes fondations. Le prochain rendez-vous des « Amis d’Ensemble pour l’Europe » est prévu à Vienne, du 9 au 11 novembre 2017.
23 Nov 2016 | Non classifié(e)
Une première initiative, déjà commencée en octobre (https://www.focolare.org/news/2016/10/22/vita-consacrata-svegliate-il-mondo/ ), en dit long sur la vivacité et la créativité du nouveau Centre Evangelii Gaudium (CEG) qui, bien avant l’inauguration officielle, repousse les limites avec un cours pour formateurs, animateurs, et étudiants en théologie pastorale missionnaire avec le titre »Réveillez le monde ». Ce nouveau Centre naît de la synergie entre l’Institut Universitaire Sophia (IUS) et le Mouvement des Focolari, en particulier avec les presbytères, diacres, séminaristes, religieux, consacrés, le Mouvement paroissial et le Mouvement diocésain directement engagés dans le monde ecclésial. Un Centre qui est déjà actif donc, mais qui, le 11 novembre dernier, a fêté le jour de sa sortie à la vie publique, en cueillant ainsi l’occasion de donner la raison pour laquelle il est né : donner un nouvel élan, nouveau contenu et nouvelle direction à l’œuvre de renouvellement pastoral de l’évangélisation à laquelle l’Église est appelée aujourd’hui. Engagement que le CEG entend assumer en réponse à l’invitation du pape François, en s’inspirant et en prenant le nom de son exhortation apostolique Evangelii Gaudium. A travers des cours, des congrès, des séminaires, des symposiums, des stages, des laboratoires, des rencontres spécifiques, le CEG veut être un »lieu de réflexion », solidement ancré dans le style synodal, en concentrant toutes ces impulsions spirituelles et les expériences suscitées par le charisme de l’unité de Chiara Lubich. Et il veut le faire en se concentrant sur la formation, l’étude et la recherche dans le cadre de l’ecclésiologie, de la théologie pastorale et de la mission, de la théologie spirituelle des charismes dans la vie de l’Église aujourd’hui.
Significatifs sont les objectifs du CEG, mis en évidence par la présidente des Focolari, Maria Voce, dans son message qu’elle a fait parvenir et par l’intervention du coprésident Jesús Morán : promouvoir et soutenir des projets et activités de formation dans le sillage de Vatican II, en communion avec les autres charismes présents dans l’Église, dans la perspective du dialogue œcuménique, interreligieux et interculturel. Objectifs qui ont retenu aussi toute l’attention, d’après les messages qui sont parvenus, du secrétaire général des évêques italiens, Mgr. Gantino, et du Grand Chancelier de Sophia, Mgr. Betori, archevêque de Florence. Et en guise d’ouverture des travaux du congrès inaugural, les chaleureuses salutations du card. Joao Braz de Aviz, Préfet de la Congrégation pour les Instituts de vie consacrée et de l’archevêque Vincenzo Zani, Secrétaire de la Congrégation pour l’Education Catholique. Quant au directeur de l’Institut Universitaire Sophia, le professeur Piero Coda, la tâche de décrire les intentions du nouveau Centre lui a été réservée et il a été suivi par le professeur Tiziana Merletti (déjà supérieure des Sœurs Franciscaines des Pauvres). « Le défi à relever est celui de donner une contribution à ce changement de paradigmes dans la culture et dans les relations entre les communautés ecclésiales et la société civile – déclare Piero Coda – que notre temps requiert et auquel la prophétie du pape François nous dit avec force que le moment est arrivé de se mettre en route avec fidélité et créativité ». Lors de la table ronde suivante, la confrontation de représentants du monde de la politique et du sport, comme Massimo Toschi et Damiano Tommasi, sur le passage historique préconisé de l’Église, appelée à enquêter et à cueillir les attentes et les espérances de la société d’aujourd’hui. Anna Friso
22 Nov 2016 | Focolare Worldwide
« Nous accompagnons dans la joie et avec une immense gratitude le retour d’Aletta à la Maison du Père. Il est difficile de trouver meilleur exemple lorsqu’il s’agit de “donner sa vie sans se ménager”, comme nous y invite le mot du jour ». C’est ainsi que Maria Voce fait part aux membres du Mouvement des Focolari du départ de Vittoria Salizzoni, qui s’est sereinement éteinte ce matin, 22 novembre, à quelques jours de ses 92 ans. Vittoria Salizzoni voit le jour à Martignano (Trente) le 27 novembre 1924. C’est la troisième des huit enfants de Maria e Davide Salizzoni. Elle va vivre 12 ans en France où sa famille a émigré. En 1941 elle revient à Trente et, en pleine milieu de la seconde guerre mondiale, le 7 janvier 1945, elle fait la connaissance de Chiara Lubich et sera à ses côtés pendant de nombreuses années. Aletta transmet avec plusieurs autres “l’idéal de l’unité” au Moyen-Orient où aujourd’hui de nombreuses communautés vivent la spiritualité de l’unité dans le dialogue et l’amitié vécus aussi avec des personnes d’autres religions.

Aletta Salizzoni (à droite) avec une partie de la première focolarines
Dans son message, Maria Voce invite à continuer de mettre en pratique le commandement nouveau, l’amour réciproque, afin que Jésus (la paix), soit toujours spirituellement au milieu de tous : une caractéristique qu’Aletta a toujours mise en valeur par sa seule présence. Ses obsèques auront lieu le 24 novembre août à 15h au Centre international de Castel Gandolfo.
21 Nov 2016 | Focolare Worldwide, Senza categoria
Terre où les chrétiens sont moins de 1%, l’Algérie est le premier Pays musulman à avoir accueilli, en 1966, la spiritualité de l’unité. Au cours des années de transition et de développement qui suivirent, les difficultés n’ont pas manqué dans cette région à enjeux stratégiques : la mémoire des moines de Tibhirine demeure vivante, eux dont l’exemple transcende les différences de religion et nous renvoie à l’essence de la fraternité de l’unique genre humain. « Chiara Lubich nous invitait à ne pas nous arrêter aux difficultés du moment – nous Rappelle Rosi Bertolassi, qui a été pendant 13 ans au focolare d’Alger – A ses yeux l’expérience que nous étions en train de vivre était porteuse d’espérance. Elle entrevoyait déjà la vie qui allait se développer plus tard » « Le cardinal Léon-Étienne Duval, alors archevêque d’Alger, – poursuit-elle – nous a toujours encouragées lui aussi, et aujourd’hui nous voyons en Algérie des hommes et des femmes musulmans, qui grâce à la fidélité du dialogue de la vie et de leur présence, même dans les moments difficiles, ont développé une expérience d’appartenance au Mouvement des Focolari qui leur est propre ». Comme celui de Rosi, les témoignages du début de cette aventure se succèdent. Nous sommes à Tlemcen, dans l’Ouest algérien, à environ 60 kms du Maroc, où s’est déroulée les 1er et 2 novembre derniers la fête des 50 ans du Mouvement des Focolari. C’est à partir de l’Algérie que les portes se sont ouvertes à de nombreux Pays d’Afrique du Nord et du Moyen- Orient. Étaient présents Mgr Teissier, archevêque émérite d’Alger, Mgr Vesco, évêque d’Oran, Jesús Morán, coprésident du Mouvement des Focolari, les responsables des Focolari dans les divers Pays du Moyen-Orient, entre autres la Syrie, et naturellement des personnes venues de toutes les régions du Pays. C’est précisément à Tlemcen, dans l’actuel “Centre Mariapolis Ulysse” – ainsi appelé en souvenir de Ulisse Caglioni (5 mars 1943 -1er septembre 2003), l’un des focolarini qui ont témoigné de la fraternité sans se ménager – que le 15 octobre 1966 est arrivé depuis Paris le premier groupe à bord d’une 2CV Citroën. Pierre Le Vaslot, focolarino français actuellement en Italie, s’en souvient comme si c’était hier.
Ils se trouvent tous les trois – Pierre, Ulysse et Salvatore Strippoli – devant un monastère bénédictin qu’il faut remettre sur pied. Construit au cours des années cinquante par Don Walzer (un bénédictin allemand chassé de son pays pendant la guerre pour avoir refusé d’accueillir Hitler dans l’abbaye de Beuron), le bâtiment est adossé à la montagne, à 900 mètres d’altitude. A quelques pas de la tombe du mystique Sidi Boumedienne, qui a laissé une forte empreinte spirituelle dans la région et bien au-delà. Le cadre se prête parfaitement aux rencontres, à l’accueil et au dialogue. On y respire la paix et la sérénité. Dans ce lieu, aujourd’hui connu sous le nom de « Centre Dar es Salam » (Maison pour la Paix), commence alors une aventure de présence et de vie partagée avec les habitants de la ville. Thierry Becker, alors jeune prêtre à Oran, se souvient : “C’était une joie pour nous de savoir que le monastère de Tlemcen allait revivre, mais qui sont ces focolarini ? Personne n’en avait entendu parler ! Ce ne sont ni des moines ni des prêtres, ils sont en communauté, venus ici pour vivre l’unité et la faire vivre autour d’eux. Je les ai écoutés parler de leur idéal, de Chiara Lubich dont j’ai appris à connaître la spiritualité…Ils se sont vite mis au travail. Ulysse a rapidement transformé la maison ». Suivent des années d’expériences variées et nombreuses, comme le lien créé avec l’Imam Barkat. Les focolarini l’ont aidé à sauver son jeune enfant, en le conduisant à l’hôpital en pleine nuit et en insistant auprès des médecins. Ce sera ensuite cet Imam, le papa du petit Bahi, qui ira au focolare pour donner des cours sur les Hadiths prophétiques et transmettre ainsi une juste compréhension de ces écrits spirituels ». Très touchants les témoignages des premiers jeunes qui ont commencé à fréquenter le focolare de Tlemcen au cours des années 60, parmi lesquels Mourad, Bouziane et Farouk : aujourd’hui ils sont heureux de voir leurs enfants et les nouvelles générations promouvoir cet idéal auquel ils ont été les premiers à croire ». Maria Chiara De Lorenzo