7 Mar 2022 | Non classifié(e)
La Parole de Vie du mois de mars 2022 nous invite à mettre en pratique la phrase que nous répétons chaque jour dans le Notre Père : « Pardonne-nous nos offenses, comme nous pardonnons aussi à ceux qui nous ont offensés ». Mais comment peut-on pardonner ? Pardonner, toujours pardonner. Cela n’a rien à voir avec l’oubli qui signifie souvent le refus de regarder la réalité en face. Le pardon n’a aucun point commun avec la faiblesse qui consiste à ne tenir aucun compte du tort causé par crainte du plus fort que soi. Pardonner ce n’est pas affirmer qu’une chose est sans importance alors qu’elle est grave, ni dire qu’elle est bonne alors qu’elle est mauvaise. Le pardon n’est pas indifférence. C’est un acte de volonté et de lucidité, et donc de liberté. Il est accueil du frère tel qu’il est, malgré le mal qu’il nous a fait, à l’image de Dieu qui nous accueille pécheurs, au-delà de nos défauts. Pardonner signifie ne pas répondre à l’offense par l’offense, à la suite de Paul qui dit : « Ne vous laissez pas vaincre par le mal, mais rendez-vous vainqueurs du mal par le bien » (Rm 12, 21). Le pardon est l’acte par lequel nous pouvons ouvrir à celui qui nous fait du tort, la porte d’une relation toute nouvelle. C’est la possibilité pour soi et pour l’autre de recommencer à vivre, de posséder un avenir où le mal n’a pas le dernier mot. (…) C’est pourquoi il t’appartient de te comporter de cette manière en priorité avec tes frères dans la foi et ceci en famille, au travail, à l’école, dans la communauté dont tu fais éventuellement partie. Tu n’ignores pas qu’il faut souvent compenser l’offense reçue, par un acte ou une parole qui puisse rétablir l’équilibre. Tu sais que des personnes qui vivent ensemble se trouvent souvent en butte aux manquements à l’amour, par nervosité, à cause des différences de caractère ou pour d’autres raisons. Eh bien, souviens-toi que seule une attitude de pardon sans cesse renouvelée est apte à maintenir l’unité et la paix entre les frères. Tu auras toujours tendance à penser aux défauts de ceux qui t’entourent, à trop te souvenir de leur passé, à les vouloir différents de ce qu’ils sont. Il convient alors que tu prennes l’habitude de les voir avec des yeux neufs, de les considérer comme entièrement nouveaux, en les acceptant tout de suite, toujours et totalement, même s’ils ne manifestent aucun repentir. Tu vas dire : « Mais c’est difficile. » Bien entendu. Mais c’est là justement la beauté du christianisme. Tu ne viens pas par hasard à la suite d’un Dieu qui, en mourant sur la croix, a demandé pardon au Père pour ceux qui le mettaient à mort. Courage. Commence à vivre comme cela et je puis t’assurer une paix unique et une joie que tu n’as encore jamais connue.
Chiara Lubich
(Chiara Lubich, in Parole di Vita, Città Nuova, 2017, p. 218-219 – Parole de Vie d’octobre 1981)
4 Mar 2022 | Non classifié(e)
On peut vivre dans le même immeuble et être des étrangers. C’est ce qui se passe bien souvent. Il suffit d’un peu de courage et d’un simple geste pour se rencontrer réellement, un peu comme l’a fait la famille Scariolo. « La rencontre avec l’autre est un enrichissement mutuel, au-delà des cultures, des religions et des idéologies. Chaque fois, nous faisons la découverte que l’autre a été créé comme un don d’amour pour moi et moi pour lui ». C’est par ces mots qu’Adriana et Francesco Scariolo, focolarini suisses, mariés depuis 42 ans, racontent une expérience qui les a particulièrement enrichis il y a quelques mois. « Nous vivons dans le canton du Tessin, dans la Suisse italienne, et depuis un an et demi, nous vivons dans un immeuble de 13 appartements. Dans les jours précédant Noël 2021, nous avons pensé faire une tournée de vœux de Noël de porte à porte. La surprise et la gratitude des voisins étaient grandes: ‘J’étais le premier locataire de cet immeuble et il n’était jamais arrivé que quelqu’un vienne nous souhaiter un joyeux Noël’, a déclaré l’un d’eux. ‘Nous sommes musulmans, mais nous voulons aussi vous souhaiter un joyeux Noël’, a ajouté un autre. Nous avons également distribué à tous une invitation à venir célébrer la fin de l’année chez nous et leur souhaiter une excellente 2022. Le 29 décembre, nous avons donc organisé un apéritif-dînatoire avec trois familles, une musulmane et deux chrétiennes, une évangélique et une catholique, en respectant les règles de sécurité et en portant le masque. Ce fut un moment agréable où chacun a fait connaissance de manière spontanée. Le mari de la femme musulmane a dit : ‘C’est rassurant de savoir qu’il y a des voisins à qui on peut serrer la main et leur dire bonjour car cela nous fait sentir moins seuls’ ». L’aviez-vous déjà fait auparavant ? « Oui, ce n’est pas la première fois que nous essayons de créer des relations avec d’autres résidents. Tout a commencé il y a plusieurs années, lorsque nous avons entendu parler de la ‘fête des voisins’, une initiative visant à donner aux gens l’occasion de se rencontrer. Nous nous rendions compte qu’il fallait un peu de courage et d’imagination pour prendre l’initiative mais nous avons essayé. Dans un premier temps, nous avons profité de la nouvelle année pour mettre une carte de vœux dans les boîtes aux lettres, puis, en fonction de la réaction des gens, nous avons créé des liens d’amitié, organisé un déjeuner au jardin tous ensemble avant l’été. Puis nous avons dû quitter cet immeuble pour un travail bénévole à l’étranger durant 7 ans ; mais quand nous sommes revenus, nous avons voulu garder la tradition dans ce nouvel immeuble où nous sommes maintenant. Qu’est-ce qui vous a surpris dans leurs réactions ? « Voir leurs visages souriants. Ils ne s’y attendaient pas, surtout dans une période aussi délicate en raison de la pandémie. Cela nous semblait en outre un cadeau de pouvoir terminer les derniers jours de 2021 par un moment convivial après tant d’isolement, leur donner un signe d’espoir qui n’atténue pas le désir d’aimer les autres et de construire des relations fraternelles. Le 2 janvier 2022, nous attendions d’autres familles qui avaient réservé pour venir et que, en raison de l’éloignement, nous ne pouvions pas loger avec les autres. Certains ont été touchés par le covid et n’ont donc pas pu venir, mais nous avons reporté le dîner avec eux à des temps meilleurs ». Qu’est-ce que cela signifie pour vous d’aller à la rencontre du frère? « Cela signifie : tendre la main à l’humanité d’aujourd’hui par des gestes d’amour simples et quotidiens. Par exemple, aider le voisin de palier qui a parfois des problèmes avec sa télévision, écouter le couple qui vient d’avoir un bébé, dissoudre les murs d’indifférence, d’anonymat dont sont faites les relations et que la pandémie a amplifiés. La phrase de Jésus ‘chaque fois que vous l’avez fait à l’un de ces plus petits, qui sont mes frères, c’est à moi que vous vous l’avez fait !’ nous interpelle. Ainsi, chaque voisin est en réalité la personne que Jésus met à nos côtés pour qu’elle soit accueillie et aimée. Et qui est plus proche que notre voisin ? »
Maria Grazia Berretta
3 Mar 2022 | Non classifié(e)
Du 25 au 27 février 2022, plus de 3000 jeunes ont témoigné de la fraternité universelle à travers des actions locales et globales, développant ainsi une citoyenneté active. Engagement face aux grands défis de la planète, de la paix à l’environnement, en passant par la lutte contre la faim et la pauvreté.
Une volonté d’être ensemble, de se rencontrer pour construire la paix, vivre la fraternité universelle, d’agir pour l’environnement et les populations les plus faibles. Trois jours, du 25 au 27 février, pendant lesquels les Gen3, les adolescents du mouvement des Focolari, ont vécu l’atelier planétaire Hombre Mundo. Plus de 3.000 jeunes de 600 endroits dans le monde ont participé à des actions concrètes et ont été connectés par vidéoconférence en ligne pour témoigner d’un monde uni. Ils ont également pu partager des vidéos et des photos de leurs expériences sur les réseaux sociaux teens4unity. De nombreux messages de paix et de solidarité sont arrivés. Dont celui des Gen3 de Sibérie, de la ville de Krasnojarsk en Russie ; lors de leur Hombre Mundo, ils ont envoyé un message : « nous vivons pour la Paix » ; un message plein d’espoir, surtout en ces jours de conflit entre la Russie et l’Ukraine. Le programme de l’atelier planétaire était divisé en trois étapes.
Le 25 février : Notre mode de vie est l’art d’aimer : comment l’avons-nous vécu et comment pouvons-nous le vivre pendant la pandémie ? Comment pouvons-nous continuer à aimer dans le monde virtuel des médias sociaux ? « Nous avons compris, dit Samira du Congo, que nous devons nous accepter mutuellement malgré nos différences qui sont d’une énorme richesse. C’est une façon de promouvoir les valeurs et en même temps de bannir les antivaleurs ». Et Élise de France : « lors d’une réunion, nous avons été très touchés par certains chiffres concernant la mortalité infantile dans le monde, principalement due au manque d’eau potable. Nous avons donc organisé un concert afin de récolter des fonds pour le forage d’un puits au Myanmar qui fournira à vie de l’eau potable à une douzaine de familles ». Le 26 février, les jeunes ont approfondi leur engagement en faveur de l’écologie intégrale et de l’objectif « Faim zéro ». Améliorer efficacement la protection de la planète et réduire drastiquement la faim et la pauvreté jusqu’à leur disparition.
L’une des expériences relatées est celle d’une Gen3 d’Autriche pour un projet de reforestation. L’argent investi dans le projet d’arbres a été collecté lors du tournoi Fair Play qui s’est tenu à Vienne, sur le thème « Fair Play contre le changement climatique ». Environ 120 joueurs et 100 collaborateurs ont participé à cette journée. Avec l’argent collecté, nous avons pu acheter environ 1 500 arbres. Le 27 février a été consacré à la beauté de la rencontre entre les peuples et à l’engagement commun de construire un monde de paix et d’unité. Une connexion mondiale par vidéoconférence en direct a permis à plus de 3.000 jeunes connectés en 600 points de se rencontrer et de prier pour la paix. Ensuite, le récit de nombreuses expériences de paix et d’unité malgré les nombreuses difficultés. Comme celle d’une jeune fille au Myanmar, pays qui vit une situation politique très difficile : de nombreuses familles doivent quitter leur foyer et se réfugier dans des centres d’accueil. Elle voulait vraiment pouvoir faire quelque chose pour elles. « Je me suis donc rendue disponible pour aider les réfugiés qui avaient été accueillis dans l’église. Même si j’étais fatiguée, je croyais que Dieu était avec moi, qu’il me regardait et qu’il me donnait la force de continuer et d’aider les autres. Maintenant, je peux dire que c’était un moment merveilleux et magnifique pour moi, j’en garde un souvenir inoubliable ». Au Liban, Maria Sfeir, ambassadrice de la paix du Moyen-Orient, et Fouad Sfeir ont raconté comment ils avaient « intégré la culture de la paix, en éduquant nos enfants et en les élevant avec les bonnes valeurs de l’amour et du don pour construire une société meilleure, dans un environnement de non-violence et de justice ». Parmi les nombreux intervenants, citons également le Gen Rosso relié depuis l’île de Lampedusa en Italie, connue pour son accueil des migrants : « Nous sommes à Lampedusa pour soutenir ces gens merveilleux qui accueillent ceux qui sont contraints de quitter leur terre à cause de la guerre, de la faim et de la violence. Lampedusa est une île de fraternité, un port ouvert, des gens qui regardent l’horizon et se jettent à la mer pour atteindre et sauver ceux qui sont à la merci des vagues. Lampedusa : lampe, balise lumineuse qui dit terre. Un terrain qui dit maison. D’ici, nous voulons dire : gardons toujours les portes de nos cœurs grandes ouvertes ». Margaret Karram, présidente du mouvement des Focolari, a ensuite donné un message : « Vous avez construit le chantier avec votre témoignage de vie ». (…) « Ne vous sentez pas seuls, sachez que le Mouvement dans le monde entier est avec vous et vous soutient. (…) Je me sens trop souvent impuissante face au mal dans le monde : les guerres, l’injustice, la destruction de la nature. Dans ces moments-là, cela m’aide de parler avec Dieu. Cela me donne de la force et du courage de savoir qu’il est avec nous. La certitude de son amour réchauffe mon cœur, me rend capable d’aimer, de pardonner, de tendre la main pour construire l’unité avec ceux que je rencontre chaque jour. Je sens que c’est seulement de cette manière que je peux être avant tout une petite artisane de la paix ».
Lorenzo Russo
1 Mar 2022 | Non classifié(e)
Le synode 2021-2023 convoqué par le pape François est une occasion d’écouter et de dialoguer avec les autres, une occasion de redécouvrir la véritable identité de l’Église, « universelle » depuis le début. Ce parcours concerne tous les diocèses du monde, y compris la Terre Sainte. « Alors que nous nous préparons à faire route ensemble, nous sommes plus que jamais conscients qu’ en tant que disciples du Christ sur cette Terre qui est sa maison, nous sommes appelés à être ses témoins. Rappelons-nous que son plus grand désir est que nous soyons un (cf. Jn 17) » C’est ce que nous lisons dans la lettre du 26 janvier 2022 envoyée par les Ordinaires catholiques aux responsables des Églises chrétiennes de Terre Sainte concernant le Synode 2021-2023 convoqué par le Pape François et intitulé « Pour une Église synodale. Communion, participation, mission. » Désirant explicitement informer et impliquer les frères des autres communautés ecclésiales locales sur le parcours synodal articulé, commencé également en Terre Sainte, le Patriarche Latin de Jérusalem, Pierbattista Pizzaballa, qui a signé le texte, souligne l’importance de s’écouter mutuellement pour grandir ensemble sur ce chemin de communion. Un regard sur la nature missionnaire d’une Église « universelle », en particulier celle de Jérusalem, dont le patriarche avait parlé le 9 novembre 2021, lors d’une rencontre avec les mouvements ecclésiaux et les nouvelles communautés présentes en Terre Sainte après l’ouverture du chemin synodal : « Notre Église, l’Église de Jérusalem est née au Cénacle, à la Pentecôte, et elle est née, même alors, comme une Église tout à la fois universelle et locale. (…) Elle s’est enrichie, surtout ces dernières années, de beaucoup plus de charismes. Pour cette raison, votre présence ici n’est pas seulement un cadeau, un signe de la Providence (…), mais elle fait partie du désir de Dieu (…) » Les représentants des différentes instances présentes ont pu à cette occasion s’écouter, témoigner de leur propre expérience et, avec l’aide précieuse du Patriarche, mieux comprendre comment aborder le Synode au niveau local. Mgr Pizzaballa, répondant à diverses questions, a partagé ses réflexions sur la synodalité, qui « est un style – a-t-il dit – une manière d’être dans la vie, dans l’Église, mais aussi en dehors de l’Église. C’est une attitude. Et l’écoute et le dialogue en sont des expressions (…). » Il est donc nécessaire que les différents mouvements et les différents groupes travaillent en « cross-platform » (multi-plateforme) en allant au cœur de l’expérience de « communion » de l’Église universelle, une expérience qui, plus que d’autres, semble vraiment difficile à vivre en Terre Sainte. « Par communion, j’entends la conscience d’avoir reçu – poursuit-il – un don gratuit, une vie greffée dans l’autre (…) Tout cela jaillit de l’expérience de la rencontre avec Jésus. (…) après avoir rencontré le Seigneur et fait l’expérience du salut, vous comprenez que cette expérience devient complète, profonde, lorsqu’elle est partagée dans une communauté (…) » Un désir profond qui se renouvelle dans les mots de cette lettre envoyée par les Ordinaires catholiques aux responsables des différentes Églises chrétiennes de Terre Sainte et qui ouvre des horizons, soulignant aussi le désir de grandir dans la fraternité et de s’enrichir de la sagesse des autres. La possibilité « d’être ensemble » : telle est l’aspiration du chemin synodal, un moment qui a la saveur d’un repas partagé, d’une souffrance mise en commun, d’une joie que l’on est impatient de communiquer; c’est la marche des disciples d’Emmaüs qui, bien que déçus et tristes, cheminent ensemble et, en communion, se soutiennent mutuellement, jusqu’à ce que le Seigneur ressuscité vienne à eux. Une occasion à ne pas manquer, pour le reconnaître parmi nous.
Maria Grazia Berretta
28 Fév 2022 | Non classifié(e)
Approcher l’Évangile aujourd’hui signifie trouver la Parole de Dieu vivante. Chiara Lubich, à travers son expérience avec la première communauté du Mouvement à Trente, nous fait goûter les effets de sa mise en pratique. […] Si Dieu nous parle, pouvons-nous ne pas accueillir sa Parole ? La Bible nous invite à nous mettre à son écoute à plus de 1150 reprises. « Écoutez-le[1] » : le Père lui-même y invite les disciples, quand son Fils, la Parole, vient habiter au milieu des hommes. Mais l’écoute dont parle la Bible s’adresse plus au cœur qu’à l’oreille. Il s’agit d’adhérer entièrement à ce que Dieu dit, de lui obéir, avec la confiance d’un enfant qui s’abandonne entre les bras de sa mère et se laisse porter par elle. […] Cette parole fait écho à l’enseignement de Jésus. Ne déclare-t-il pas bienheureux ceux qui écoutent la Parole de Dieu et qui l’observent[2] ? Ne considère-t-il pas comme sa mère et ses frères ceux qui écoutent la Parole et la mettent en pratique[3]. […] Au terme du « discours sur la montagne » Jésus affirme encore que celui qui sait écouter la Parole est celui qui la met en pratique, construisant ainsi sa vie aussi solidement qu’une maison bâtie sur le roc[4]. Chacune des Paroles de Jésus exprime tout son amour pour nous. Devenons nous-mêmes paroles vivantes et nous constaterons, en nous et autour de nous, la puissance de vie qu’elles contiennent. Aimons l’Évangile au point de nous laisser transformer en lui et de la faire déborder sur les autres. Ainsi nous pourrons rendre à Jésus son amour. Ce ne sera plus nous qui vivrons, mais le Christ qui prendra forme en nous. Nous nous sentirons libérés de nous-mêmes, de nos limites, de nos dépendances, et surtout nous verrons se répandre la révolution d’amour que Jésus, vivant en nous, provoquera dans le tissu social dans lequel nous sommes immergés. Cela, nous en avons fait l’expérience dès le début du Mouvement, à Trente, durant la seconde guerre mondiale, lorsque nous devions nous réfugier dans les abris, n’emportant avec nous que le petit livre de l’Évangile. Nous l’ouvrions, nous le lisions et, sans doute par une grâce particulière de Dieu, ces paroles, pourtant si souvent entendues, s’éclairaient d’une lumière nouvelle. Paroles de vie, elles étaient pour nous devenues Paroles à vivre. […] Nous avons vu naître autour de nous, après seulement quelques mois, une communauté vivante composée de 500 personnes. Tel était le fruit de notre communion constante à la Parole, qui rendait notre vie dynamique à chaque instant. Nous étions ivres de la Parole, nous pourrions dire que la Parole en quelque sorte « vivait à notre place ». Il nous suffisait de nous demander : « Vis-tu la Parole ? », « Es-tu la Parole vivante ? » pour augmenter notre engagement à la vivre. Revenons à la vie de cette époque. L’Évangile est-toujours actuel. C’est à nous d’y croire et de l’expérimenter.
Chiara Lubich
(Chiara Lubich, in Parole di Vita, Città Nuova, 2017, p. 789-791) [1] Mt 17, 5. [2] Cf. Lc 11, 28. [3] Cf. Lc 8, 20-21. [4] Mt 7, 24.