22 Mar 2022 | Non classifié(e)
Est-il possible d’imiter le Père en pratiquant un amour qui va jusqu’au pardon ? C’est en effet compliqué, mais la véritable condition qui nous permet de faire un si grand geste est d’avoir reçu dans la vie « la grâce de la honte », comme le dit le pape François, et la joie conséquente d’avoir été pardonné. Un chemin mystérieux sur lequel le Carême nous demande de marcher, pour qu’à la fin nous puissions profiter de paysages merveilleux. Blessures guéries Un jour, une personne m’a lancé un reproche que, selon mon orgueil, je ne méritais pas. Pendant un certain temps, ce manque de respect a brûlé en moi. J’ai été tentée de limiter la relation, je ne voulais plus rien avoir à faire avec cette personne indésirable, mais cela n’aurait pas été cohérent avec mon choix de vivre l’Évangile. Comment pourrais-je guérir cette blessure ? Je me suis tournée vers Jésus et j’ai immédiatement pensé : « Ne fais pas aux autres ce que tu ne voudrais pas qu’on te fasse ». Pendant des jours, j’ai mis en pratique ce conseil avec les personnes que je côtoyais, y compris celles qui m’avaient fait du tort, et à la place des pensées négatives, j’ai senti quelque chose guérir en moi : un sentiment de soulagement que seul le pardon peut procurer. (R. – Italie) L’amour inconditionnel Depuis quelque temps, les querelles entre ma femme et moi s’étaient intensifiées. Allez savoir pourquoi, il a suffi d’un petit désaccord, d’un mot déplacé, d’un rien pour que nous commencions à élever la voix, à ressasser de vieilles histoires. Un soir, alors que l’atmosphère était devenue électrique, notre fille de neuf ans s’amusait à lancer des avions en papier depuis l’escalier de l’étage. Elle souriait et son petit frère semblait s’amuser comme un petit fou. Intrigué, j’en ai pris quelques-uns et les ai montrés à ma femme. En regardant de plus près, chacun des avions était décoré de cœurs et de messages tels que : « Nous vous aimons tellement », « Vous êtes les plus beaux parents du monde » et « Nous voulons vous entendre chanter ». Lorsque ma femme les a lues, des larmes ont coulé sur son visage. Nous nous sommes regardés avec honte, puis nous nous sommes embrassés, promettant de trouver notre unité dans ce « oui » d’amour que nous nous étions promis depuis des années. (M. – Portugal) La première étape Depuis mon adolescence, mon père et moi ne pouvions pas nous supporter. Ma mère en souffrait, mais ne voyait aucune solution pour notre famille. Lors d’un voyage à l’étranger, je me suis confiée à un ami engagé dans un mouvement catholique qui, dans les cas difficiles, avait l’habitude de se poser la question suivante : « Si je n’aime pas cette personne, qui l’aimera à ma place ? » Je suis rentrée de ce voyage en gardant précieusement ces mots forts et, étrangement, je me suis souvenue de tant d’occasions manquées où j’aurais pu faire un geste d’amour envers mes parents. Pour me racheter, j’ai commencé par de petites choses, de simples services liés à ma compétence, que j’avais l’habitude d’éviter… Bref, quelque chose a changé en moi. Des décennies ont passé depuis, et maintenant que j’ai une famille et des enfants, je comprends l’importance de faire le premier pas, comme si la joie de l’autre ne dépendait que de moi. (R.T. – Hongrie)
Propos recueillis par Maria Grazia Berretta
(extrait de Il Vangelo del Giorno, Città Nuova, année VIII, n°2, mars-avril 2022)
21 Mar 2022 | Non classifié(e)
Dans le Notre Père, Jésus nous invite à demander à Dieu de pardonner nos offenses comme nous pardonnons aussi à ceux qui nous ont offensés. C’est la Parole de vie que nous essayons de mettre en pratique en ce mois de mars 2022. Notre amour pour nos frères et sœurs doit être empreint de miséricorde, allant jusqu’au pardon. Jésus affirme que c’est toujours nous qui devons prendre l’initiative pour que la bonne entente soit constante, pour maintenir la communion fraternelle. Jésus pousse ainsi le commandement de l’amour du prochain jusqu’à sa racine la plus profonde. En effet, il ne dit pas : « si tu te souviens que tu as offensé ton frère », mais : « si tu te souviens que ton frère a quelque chose contre toi ». Pour lui, le fait même de rester indifférents face au désaccord, même lorsque nous n’en sommes pas responsables, est déjà un motif pour que Dieu ne nous accepte pas bien et nous rejette. Jésus veut donc nous mettre en garde, non seulement contre les plus graves explosions de haine, mais aussi contre toute expression ou attitude qui, d’une manière ou d’une autre, dénote un manque d’attention, d’amour envers les frères. (…) Nous devrons chercher à ne pas être superficiels dans nos relations, mais à fouiller dans les recoins les plus secrets de notre cœur. Nous tâcherons aussi d’éliminer la simple indifférence ou tout autre manque de bienveillance, toute attitude de supériorité, de négligence envers quiconque. Évidemment, nous chercherons à réparer toute impolitesse, toute manifestation d’impatience, par une excuse ou un geste d’amitié. Et si parfois cela ne semble pas possible, c’est alors le changement radical de notre attitude intérieure qui comptera. Une attitude de rejet instinctif de l’autre sera remplacée par une attitude d’accueil total, d’acceptation complète de l’autre, de miséricorde sans limites, de pardon, de compréhension, d’attention à ses besoins. En agissant ainsi, nous pourrons offrir à Dieu tous les dons que nous voudrons. Il les acceptera et en tiendra compte. Nous approfondirons notre rapport avec lui et nous arriverons à cette union avec Dieu qui est notre bonheur présent et futur.
Chiara Lubich
(Chiara Lubich, in Parole di Vita, Città Nuova, 2017, p. 283 – Parole de vie de février 1984)
17 Mar 2022 | Non classifié(e)
Un projet d’échange culturel fait tomber les barrières entre les migrants haïtiens et la communauté de La Romana en République Dominicaine. La République Dominicaine est un pays situé au milieu de la mer des Caraïbes. Elle partage le territoire de l’île d’Hispaniola avec Haïti. Historiquement, elle a un intérêt culturel pour tout le continent américain puisque c’est là que Christophe Colomb a débarqué lors de son premier voyage. Les deux pays partagent des racines culturelles et historiques mais présentent également des contrastes qui les séparent depuis des siècles. Haïti est le pays le plus pauvre des Amériques. L’instabilité politique et la violence interne ont poussé des milliers de personnes à émigrer vers d’autres pays. Chaque année, des milliers de migrants traversent la frontière entre Haïti et la République dominicaine en quête d’un avenir meilleur, ce qui crée des tensions entre les deux nations. « On estime à 2 millions le nombre d’Haïtiens en République dominicaine. Ils viennent principalement pour travailler dans la culture de la canne à sucre car il y a plusieurs usines sucrières ici », explique Modesto Herrera, un médecin qui fait partie de la communauté des Focolari en République Dominicaine. Bien qu’il existe un échange mutuel entre ces peuples voisins, il subsiste également des tensions latentes et des discriminations à l’encontre des Haïtiens vivant en République Dominicaine. L’un des principaux obstacles est la langue car en République Dominicaine, la langue est l’espagnol tandis on qu’on parle le créole à Haïti. Il y a quelques années, la communauté des Focolari de La Romana a lancé un projet visant à créer des liens de fraternité avec les migrants haïtiens vivant dans les villes proches. « Nous travaillons dans la paroisse où se trouve un Batey, c’est une petite communauté peuplée principalement d’Haïtiens », explique Sandra Benítez, une femme d’affaires. Bien que la plupart n’aient jamais visité le Batey parce qu’il s’agit d’une zone éloignée de la ville où vivent principalement des migrants haïtiens, ils ont décidé, avec des jeunes et d’autres membres de la communauté, de briser la barrière qui les avait divisés pendant des années et ont commencé à se rendre visite pour apprendre à se connaître. Peu à peu, ils ont découvert que la communauté haïtienne avait besoin d’être intégrée dans la société. La Romana est connue pour son industrie textile. « Nous avons vu le potentiel des jeunes et nous avons décidé de travailler dans l’industrie textile » explique Cristian Salvador Roa qui enseigne la couture à la communauté haïtienne. Il ajoute : « J’éprouve une grande satisfaction à voir qu’un jeune ne gaspille plus sa jeunesse mais qu’il tire le meilleur parti de sa vie en faisant quelque chose de productif ». « Le meilleur témoignage que nous puissions donner est que, face à la barrière de la langue et des prédispositions sociales, nous découvrons, lorsque nous brisons cette barrière, la grande richesse que nous trouvons dans une culture et dans la coexistence humaine avec une autre personne », conclut Concepción Serrano, ingénieur industriel.
Clara Ramirez
https://www.youtube.com/watch?v=1pjphk3Q_IY&list=PL9YsVtizqrYv2ebAtB_j8KTB-hL0ZRid7&index=2
14 Mar 2022 | Non classifié(e)
Tout passe, même la vie. Seul l’Évangile restera pour toujours car il ne subit pas l’usure du temps. Aujourd’hui, 14 mars 2022, à 14 ans de la disparition de Chiara Lubich, nous publions ce passage dans lequel elle confie l’Évangile à ceux qui la suivent sur la voie de l’unité. Une invitation à vivre la Parole dans toutes nos actions quotidiennes. Une pensée revient constamment dans mon âme : « À ceux qui te suivent ne laisse que l’Évangile. Si tu agis ainsi, l’Idéal de l’unité restera. Il est évident qu’à l’époque où tu vis et où les autres vivent, les idées, les phrases, les slogans qui mettaient l’Évangile en prise avec l’époque moderne ont été utiles. Mais ces pensées, ces maximes, presque des « paroles de vie », passeront. Lorsque l’unité entre les chrétiens sera sur le point d’être réalisée, on ne parlera plus d’œcuménisme. Lorsqu’une certaine unité sera rejointe dans le monde, on ne parlera plus d’homme-monde[1] comme un idéal à suivre. Lorsque le monde en majorité athée aura été pénétré par la réalité de Dieu, l’athéisme ne viendra plus autant en évidence. La spiritualité de l’unité elle-même, qui est aujourd’hui un remède pour notre époque, lorsqu’elle aura atteint son but, sera mise aux côtés de toutes les autres qui sont les différents charismes que Dieu a donnés à son Église tout au long des siècles. Ce qui reste et restera toujours, c’est l’Évangile qui ne subit pas l’usure du temps : « Les cieux et la terre passeront, mais mes paroles ne passeront pas » (Mt 24,35). Ici, il s’agit de toutes les paroles de Jésus. Je comprends que nous devons sans aucun doute adhérer de toutes nos forces au temps, à l’époque dans laquelle nous vivons et suivre les inspirations particulières que Dieu nous donne, pour porter le Royaume de Dieu et le former en nous et en ceux qui nous ont été confiés. Mais nous devons le faire avec ce sens du transitoire avec lequel nous vivons la vie, en sachant qu’existe la Vie éternelle d’où est venu l’Évangile annoncé par Jésus. Dans notre cœur, nous devons mettre au deuxième rang toutes les idées, les façons de faire utiles, mais non évangéliques et renouveler constamment notre foi dans l’Évangile qui ne passe pas.
Chiara Lubich
(Chiara Lubich, in La Parola di Dio, Città Nuova 2011, p. 112-113) [1] L’expression – créée par Chiara Lubich dans ses conversations avec les jeunes – se réfère à l’impératif d’élargir notre cœur et notre esprit à la mesure donnée par Jésus Abandonné, afin de devenir des personnes capables de contribuer efficacement à l’unité du monde (cf. C. Lubich, Lettre ouverte aux jeunes, entretiens avec les Gen2, tome 1p.48).
9 Mar 2022 | Non classifié(e)
Les 11 et 12 mars 2022, au cœur de Florence (Italie), se tiendra le Congrès intitulé « Le Concile Vatican II et le charisme de l’Unité de Chiara Lubich », un événement né de la collaboration entre le Centre Chiara Lubich et l’Institut universitaire Sophia; il pourra être suivi en live streaming en italien et en anglais. Les 11 et 12 mars 2022, Florence, berceau de la Renaissance, sera le cadre du colloque intitulé Le Concile Vatican II et le charisme de l’Unité de Chiara Lubich. A partir d’une analyse attentive de l’événement conciliaire, le Congrès se propose d’aller au cœur de ce parcours itinérant, un moment qui, après avoir été fixé dans l’histoire, se réalise dans le temps. Deux journées intenses ouvriront, grâce à la présence de nombreuses personnalités et autorités, un chemin d’investigation et d’approfondissement, mettant en évidence le lien vital entre le charisme de la fondatrice des Focolari et Vatican II. Trois sessions avec des titres significatifs : Une coïncidence chronologique et kairologique : un Concile et un charisme ; la Parole devient Église ; l’Église devient Parole. Vincenzo Di Pilato, professeur de théologie fondamentale à la Faculté de théologie des Pouilles, et Florence Gillet du Centre Chiara Lubich, théologienne et spécialiste de la fondatrice des Focolari, parmi les voix de cette conférence, répondent à quelques questions sur l’événement. Prof. Di Pilato, sur quoi, en particulier, ce moment d’échange peut-il faire la lumière ? Selon l’intention initiale, la conférence devait avoir lieu dans le cadre du centenaire de la naissance de Chiara Lubich (1920-2020). Cependant, en raison de l’urgence sanitaire mondiale, elle a été reportée à aujourd’hui. L’objectif était et reste d’explorer la réciprocité féconde entre le charisme de l’unité et les deux Constitutions promulguées par le Concile Vatican II sur la Révélation de Dieu et de l’Église : Dei Verbum et Lumen Gentium. Dans quelle mesure les deux documents ont-ils trouvé dans l’expérience ecclésiale suscitée par le charisme de l’unité leur lieu fécond d’interprétation et de développement ? Et vice versa : dans quelle mesure la floraison de la vie ecclésiale promue par le charisme de l’unité a-t-elle été rendue possible par l’horizon ouvert par l’événement extraordinaire du Concile ? Ce sont les questions de base qui accompagneront le dialogue dans la salle entre les participants. Cependant, il faut se rappeler que Vatican II a réaffirmé cette unité essentielle entre les dons hiérarchiques et charismatiques (cf. Lumen Gentium, n° 4). Jean-Paul II et Benoît XVI sont allés jusqu’à parler de la « co-essentialité » de ces dons, tandis que récemment le Pape François a souligné combien l’action de l’Esprit Saint produit une « harmonie » entre les différents dons, appelant les agrégations charismatiques à l’ouverture missionnaire et à la synodalité. Dr Gillet, à partir de quelles questions êtes-vous partie pour organiser cette conférence ? On peut se demander s’il n’est pas trop audacieux de mettre en parallèle deux événements aussi différents. Quel rapport peut-il y avoir entre un Concile œcuménique réunissant 3000 évêques et de grands théologiens aux visions prophétiques pour l’Église et un charisme donné par une jeune femme vingt ans plus tôt, qui a donné naissance à une Œuvre répandue dans le monde entier ? Pour répondre à cette question, notons d’abord l’harmonie d’origine : l’Esprit Saint qui veut parler au monde au seuil du troisième millénaire. Il s’agit ensuite de deux événements en cours, qui devront se rendre l’un l’autre de plus en plus fructueux : le Concile Vatican II n’a pas encore été pleinement concrétisé, même si sa mise en œuvre est désormais significativement engagée dans le processus synodal voulu par le Pape François. Il nous réserve encore des surprises. Même le charisme de l’unité n’a pas encore révélé tout son potentiel, il doit être traduit en vie dans le peuple de Dieu, bref, il n’en est qu’à ses débuts comme l’a dit le Pape lors de sa visite à Loppiano en 2018. Prof. Di Pilato, comment pouvons-nous relire le charisme de l’Unité de Chiara Lubich à la lumière de ce qui se passe dans le monde aujourd’hui ? Si la pandémie semblait être le contexte sinistre dans lequel la conférence aurait dû initialement se tenir, la décision de la reporter nous a soudainement catapultés dans un autre scénario qui n’est pas moins dramatique. En ce sens, l’expérience paradigmatique de Chiara Lubich et de ses premières compagnes à Trente pendant la Seconde Guerre mondiale nous offre une clé de lecture de la conférence. Chacun sait le rôle que la Parole de Dieu a joué pour ces jeunes femmes à une époque marquée par l’effondrement d’idéaux dans lesquels elles avaient grandi. La lumière qui a émergé des pages du petit Évangile qu’elles emportaient avec elles pendant les bombardements les a guidées à guérir leurs blessures physiques et existentielles pour inspirer des millions de personnes dans le monde et pour les impliquer dans la réalisation du rêve de Dieu : la fraternité universelle, « que tous soient un ». Et c’est la Parole de Dieu traduite en engagement social en faveur des pauvres et des plus démunis qui a généré une Église vivante, comme leur évêque d’alors a pu le confirmer avec étonnement et grande joie. Aujourd’hui encore, alors que tout semble s’écrouler à nouveau sous les coups de boutoir d’une politique myope et de courte mémoire, il ne nous reste que la Parole de Vie, seule capable de régénérer l’Église. Et c’est sur ce témoignage de vie que l’Église pourra devenir pour le monde entier une Parole de paix et d’unité qui fait autorité. Pour suivre l’événement en direct en streaming : https://live.focolare.org/firenze202
Maria Grazia Berretta
COMMUNIQUÉ DE PRESSE
Dépliant du programme en anglais