Mouvement des Focolari

Un héros désarmé. Revivons l’événement

Une après-midi dédiée à Igino Giordani (1894-1980) homme politique, écrivain, journaliste, cofondateur du mouvement des Focolari. Le dimanche 18 avril 2021, au Centre international des Focolari de Rocca di Papa (Rome, Italie), Igino Giordani a été commémoré, 41 ans après sa mort. Personnalité étoffée et multiforme, Igino Giordani était homme politique, membre de l’Assemblée Constituante, puis du Parlement italien, journaliste, écrivain, et cofondateur avec Chiara Lubich du mouvement des Focolari. Au cours de l’événement, retransmis en direct et enrichi de quelques témoignages, une sculpture dédiée à Igino Giordani par l’artiste Peter Kostner a été présentée, ainsi que le livre biographique édité par Alberto Lo Presti « Igino Giordani. Un eroe disarmato » (éd. Città Nuova), préfacé par le Président de la République Italienne, Sergio Mattarella. https://www.youtube.com/watch?v=G5IIH96JNww

Igino Giordani, un héros désarmé

Igino Giordani, un héros désarmé

Le dimanche 18 avril, en direct (streaming) on célèbrera le 41ème anniversaire de la mort d’Igino Giordani, homme politique qui a inspiré l’engagement social et les choix idéaux de nombreuses personnes, écrivain et journaliste, cofondateur du mouvement des Focolari. L’événement comportera la présentation de sa dernière biographie ainsi que l’inauguration d’une sculpture honorant sa mémoire. Homme de dialogue, animé d’une foi profonde, promoteur de la fraternité universelle, artisan de paix, homme politique, journaliste: Igino Giordani (1894-1980) est tout cela et bien plus encore. Le 18 avril 2021 marquera le 41e anniversaire de sa mort et, à cette occasion, le Centro Igino Giordani    organise un événement en sa mémoire. Au fil du temps Giordani continue à susciter l’intérêt de personnes de tous âges, de toutes origines géographiques, politiques, culturelles et nous invite à nous engager pour construire une société meilleure. L’événement sera diffusé en live streaming (https://live.focolare.org/) depuis le Centre International du Mouvement des Focolari (Rocca di Papa, Italie) le dimanche 18 avril 2021 à 15h30 (heure italienne) avec la possibilité de le suivre en italien, anglais, français, espagnol et portugais. Journaliste et écrivain, Igino Giordani  a joué aussi un rôle très important dans la politique italienne au lendemain de la Seconde Guerre mondiale. En effet, il a apporté une contribution précieuse en jetant les bases de la République italienne naissante, dans le contexte délicat de ce pays à peine sorti des deux  guerres mondiales. Il a également été membre de l’Assemblée Constituante. Giordani a témoigné de la politique vécue au service de la paix et pour une société plus juste. Dans cette optique, il y aura quelques témoignages de ceux qui ont traduit la sagesse de Giordani en projets de loi ou en initiatives politiques en faveur du dialogue et du bien commun, ou de ceux qui ont compris quels choix il est juste de faire pour s’opposer aux politiques qui menacent la paix entre les peuples. Au cours de l’événement sera présentée sa dernière biographie éditée par Alberto Lo Presti (éd. Città Nuova Italie), intitulée « Igino Giordani. Un eroe disarmato », avec une préface du Président de la République italienne Sergio Mattarella. Cette biographie qui permet de retrouver le sens d’un engagement politique et social authentique. Aussi passionnante  qu’un roman. « Sa foi débordante, – écrit Mattarella en parlant de Giordani – sa cohérence évangélique, la ferveur avec laquelle il a lutté pour l’équité sociale, la liberté, la paix ont secoué de nombreuses consciences et favorisé l’action et la pensée, aussi bien au cours des années sombres du fascisme que durant celles de la reconstruction démocratique. »  « Ce fut un bâtisseur de paix dans le dialogue entre les personnes, entre les confessions religieuses, entre les peuples et les États.  – Mattarella poursuit – Il pensait que l’Europe, après avoir été le théâtre de guerres dévastatrices, pouvait devenir un continent de paix. Il voulait que son pays devienne un pont. Et lui-même s’est efforcé d’être un pont pour nous rapprocher, nous relier, nous recomposer. » Une sculpture qui lui est dédiée par l’artiste Peter Kostner sera également inaugurée. L’œuvre, qui sera placée dans le jardin du Centre international des Focolari, représente Giordani assis sur un banc : au cours des dernières années de sa vie il s’asseyait souvent  sur un banc dans ce parc. Lors des rencontres internationales qui se déroulaient au Centre, de nombreux jeunes et adultes venaient le saluer et lui parler. Et le banc devenait un lieu de rencontre et de dialogue. Au cours de l’événement, des témoignages rappelleront ces conversations au cours desquelles Giordani écoutait avec humilité et patience, tout en donnant des conseils tirés de sa fructueuse expérience de vie et enrichis par le charisme de l’unité.

                                                                                                       Lorenzo Russo

 

L’expérience du Ressuscité en chacun de nous

Lorsque nos efforts sont animés par l’amour pour Jésus crucifié dans le moment présent et que nous expérimentons immédiatement ce que Dieu veut de nous dans le moment suivant, nous pouvons expérimenter la plénitude de la vie du Ressuscité en nous. […] l’expérience du Ressuscité avec l’irradiation des dons de Son esprit – lumière, paix, amour, consolation, ardeur, vie etc. – est possible ; pas seulement lorsque se réalise l’unité de deux ou plusieurs personnes unies au nom de Jésus, mais c’est une expérience que peut faire chaque personne même seule. Le moyen, le prix : étreindre Jésus Abandonné dans le moment présent. A la lumière de cette expérience extraordinaire, en approfondissant la Sainte Ecriture et l’enseignement de l’Eglise, nous avons vu que cela correspond à la vérité. Mais quel Jésus Abandonné – comme nous le disons -, doit-on étreindre dans le moment présent ? Celui que requiert la vie chrétienne qui, afin de pouvoir suivre Jésus, demande de renoncer à soi-même et de prendre sa propre croix. Il faut donc dire ‘’oui’’ et embrasser avec élan chaque souffrance qui se présente (notre propre croix), mais aussi chaque effort que nous coûte le renoncement à nous-mêmes, la lutte contre notre égoïsme, les désirs de la chair – comme on dit –(les excès de nourriture, impuretés, querelles. jalousies etc.) pour laisser triompher l’amour dans notre cœur. Voilà, lorsque nos efforts sont aimés par amour pour Jésus crucifié, dans le moment présent et que, tout de suite après, nous vivons ce que Dieu veut de nous dans le moment suivant, nous pouvons expérimenter la plénitude de la vie du Ressuscité en nous, même si nous sommes seuls. Sa lumière se fraye un chemin dans le cœur de chacun de nous. Sa paix nous envahit, l’amour s’allume ainsi que la consolation, la sérénité, le Paradis. Tout change en somme, notre âme s’habille de neuf. […] C’est ce que nous voulons faire durant ces […] jours : aimer Jésus Abandonné toujours, tout de suite, avec joie, non seulement dans les souffrances quotidiennes, mais dans l’effort pour vaincre notre moi. Lorsque Foco, peu de temps après avoir découvert l’Idéal, écrivait dans un poème : « Je me suis mis à mourir et ce qui arrive n’a plus d’importance pour moi, je me suis mis à trouver mon bonheur dans le cœur Désolé de Jésus… », il voulait exprimer vraiment cela : mourir à soi-même pour trouver son bonheur avec Jésus, mourir avec Lui Abandonné pour vivre avec Lui Ressuscité. Donc nous aussi, rappelons-nous ce verset : « Je me suis mis à mourir… » et acceptons dix fois, cent fois par jour la mort de notre moi pour donner a ceux que nous rencontrons la joie de se trouver face au Ressuscité.

Chiara Lubich

  (d’une conférence téléphonique, Rocca di Papa, 3 novembre 1983) Extrait de : Chiara Lubich, Conversazioni in collegamento telefonico, Città Nuova Ed., 2019, pag. 135. * Nom confidentiel donné par Chiara Lubich à Igino Giordani.  

Des hommes de Dieu en dialogue avec tous

Après l’assemblée générale du Mouvement des Focolari, se sont tenues les assemblées de certaines de ses branches : celles des focolarines, des prêtres diocésains membres du Mouvement et des Volontaires de Dieu. Le thème commun était l’orientation vers le dialogue à tous les niveaux. L’Assemblée générale du Mouvement des Focolari a eu lieu du 24 janvier au 7 février 2021. Les postes de la Présidente, du Coprésident et des organes exécutifs ont été renouvelés et les lignes directrices d’orientation et d’action pour les six prochaines années ont été définies. Par la suite, les Assemblées des focolarini et des focolarines, des prêtres focolarini et des Volontaires de Dieu se sont tenues, toutes en ligne. Focolarini et focolarine. L’Assemblée des focolarini du 9 au 13 février était composée de 121 membres répartis sur 5 continents, dont un focolarino anglican de Londres, un copte orthodoxe du Caire et un musulman d’Algérie. Dans son rapport sur les six dernières années, le Centre International des Focolari a partagé avec une grande franchise les défis, les aspects douloureux mais aussi les développements très prometteurs de la vie des Focolari dans le monde. Le document final caractérise le focolarino comme un homme de Dieu à l’écoute permanente du cri de l’humanité d’aujourd’hui. Flavio Roveré du Brésil a été reconfirmé comme responsable. Au même moment, 136 focolarines se sont rencontrées. A partir de la question de leur responsable  sortante, Agnes van Zeeland, à savoir si le temps n’est pas venu de « sortir » davantage vers le monde et ses blessures, un dialogue passionné s’est engagé. La nouvelle dirigeante, Noreen Lockhart (Grande-Bretagne), a été décrite par le coprésident Jesús Morán comme « une personne qui a le dialogue dans le sang, habituée à résoudre des conflits ». Les prêtres Focolarini. Du 1er au 5 mars, l’Assemblée des prêtres focolarini s’est tenue avec 74 participants, dont quelques invités, comme un ministre de l’Église luthérienne suédoise. Revenant sur les mots clés de l’Assemblée générale 2014, « Sortir – Ensemble – Préparés de manière appropriée », le responsable,  le père Antonio Bacelar a présenté dans son rapport les étapes franchies, les processus initiés, les perspectives à développer, comme la nécessité d’agir de plus en plus en réseau avec toutes les vocations du Peuple de Dieu. Dans le document final, qui se veut être « une carte de navigation », le dialogue fondé sur l’écoute de l’Esprit Saint apparaît comme une priorité. Le père Antonio Bacelar (Portugal) a été réélu pour un second mandat comme responsable central des prêtres focolarini. Les volontaires de Dieu. Les deux Assemblées des Volontaires femmes et des Volontaires hommes de Dieu se sont tenues du 17 au 21 mars – un total de 356 participants étaient présents en ligne. Les mots « courage et en avant » adressés par la nouvelle Présidente des Focolari, Margaret Karram, aux deux Assemblées, soulignent la vocation particulière des volontaires à affronter les défis futurs de l’humanité pour changer le monde selon « la loi » de l’amour évangélique. Le point de départ des deux documents finaux était l’invitation du pape François à l’Assemblée générale à « être une expression vivante du charisme fondateur et à rester fidèle à la source originelle en s’efforçant de la repenser et de l’exprimer en dialogue avec les nouvelles situations sociales et culturelles ». Juan Ignacio Larrañaga, un volontaire espagnol, et Fanny Bava, italienne, ont été élus comme nouveaux responsables.

Lorenzo Russo

Arthur George Baum, un frère exceptionnel

Arthur George Baum est parti pour le ciel le 4 février 2021 à l’âge de 92 ans, à Ausburg (Allemagne). Il est né le 18 mai 1928 à Hinckley, une ville du comté de Leicestershire, au cœur de l’Angleterre. Célibataire, volontaire de Dieu et membre du Centre international des volontaires des Focolari, il a travaillé pendant de nombreuses années à Radio Vatican où l’on garde un bon souvenir de lui. Au cours du dernier mois de sa vie, il se trouvait dans une maison de convalescence à la suite d’une opération : il s’était fracturé le fémur en tombant. Il a été l’un des premiers Volontaires de Dieu et a fait partie du premier noyau du Centre international des Volontaires. Il faisait preuve, bien sûr, de cet humour propre aux anglais, mais il était aussi très ordonné,  pour ainsi dire comme un allemand… et précis comme un Suisse ! Mais il était surtout capable de surmonter les obstacles à la façon des italiens. A propos de son humour, son ami Hector Lorenzo (lui aussi volontaire de Dieu) raconte  qu’il le conservait même dans un état physique inquiétant. Un soir, après 23 heures, Hector entend le téléphone sonner : « C’est Arthur, j’ai une hémorragie à la jambe.» Hector court aussitôt chez son ami, accompagné de sa femme et de son fils, et, une fois dispensés les premiers soins , il  appelle immédiatement les services d’urgence. Avant de monter dans l’ambulance, Arthur soulève les couvertures qui le protègent du froid et confie à Hector : « Tu sais, il me manque quelque chose. » Hector lui demande : « Quoi ? » Et lui de répondre : « Mon chapeau ! » Depuis une dizaine d’années, il menait une existence heureuse en Allemagne. Ceux qui le connaissent  savent qu’il aimait les vents forts d’Irlande et du nord de l’Angleterre, qu’il était ému par une simple fleur, qu’il chantait des tyroliennes et quelques airs d’Elvis Presley, qu’il appréciait le  silence des églises gothiques ou le chant grégorien, qu’il aimait prendre un vin chaud en hiver et qu’il fabriquait en petite quantité de  » l’hydromel  » qu’il dégustait très volontiers avec ses amis. Il aimait aussi  partager avec eux du goulasch chaud et des plats orientaux. Il  veillait à ce que l’unité soit pleine au sein du noyau des volontaires : il était toujours le premier à aimer chacun pour susciter un amour réciproque, et trouvait toujours le moyen d’engager un dialogue  profond et empreint de miséricorde. Hector raconte : « Ayant partagé avec lui la vie du Centre des volontaires et habitant avec ma famille à côté de son appartement, nous avons beaucoup reçu de sa personnalité exceptionnelle et de son témoignage évangélique. Notre fils, Juliàn, dit : « Arthur est son nom, mais on pourrait l’appeler Humilité, Générosité, Accueil. »  Arthur était un homme distingué, habité par une foi profonde, sa parole avait du poids. Il savait passer des réflexions sérieuses à une saine ironie pour distinguer les attitudes constructives de celles inutiles ou nuisibles. Son sourire éloquent exprimera toujours sa gratitude.

                                                                                                     Lorenzo Russo