24 Avr 2020 | Non classifié(e)
« La » foi » – a écrit Chiara Lubich – est la nouvelle façon de « voir », pour ainsi dire, de Jésus. »[1] Avec elle, nous pouvons L’approcher dans chaque personne et Le comprendre en profondeur, Le rencontrer au plus profond de notre cœur. Nous n’avons manqué de rien Un jour, le propriétaire de l’entreprise où je travaille a réuni le personnel et, après avoir énuméré les problèmes à résoudre, il nous a proposé de réduire nos heures de service, avec une baisse de salaire de 30 %, pour éviter les licenciements et continuer à rétribuer tous les salariés. Que faire ? Ce fut une période difficile, vu que j’ai une famille… mais comme cela permettait à un grand nombre d’entre nous de continuer à travailler, j’ai accepté. À la maison, ma femme et moi nous sommes engagés à faire confiance à la providence de Dieu et nous avons également associé nos enfants à notre prière, non seulement pour les besoins de notre famille, mais aussi pour d’autres familles en difficulté. Un des premiers signes que Dieu nous avait écoutés fut le remboursement d’une somme que j’avais prêtée à un ami il y a quelque temps et que je n’espérais plus récupérer. Maintenant que de nombreux mois ont passé, nous nous rendons compte que non seulement nous n’avons jamais manqué de rien, mais que nos enfants se sentent désormais beaucoup plus responsables. S.d.O. – Brésil Téléachat Je me trouve très fréquemment dans la situation délicate de devoir dire non à un télévendeur. Souvent, ces appels téléphoniques non désirés arrivent au moment le moins indiqué de la journée. Au fil des ans, j’ai mis en place une série de réponses : tantôt faire semblant d’avoir un accent étranger et de ne pas comprendre , tantôt prétexter d’un manque de temps en raccrochant rapidement. Cependant, chaque fois que j’ai utilisé ce genre de tactique, je me suis sentie mal à l’aise, sachant que je n’avais rien fait de positif pour cette personne qui n’avait pas d’autre choix que de travailler dans le téléachat. Que faire alors ? Refuser doucement mais fermement avant que mon interlocuteur fasse ses propositions, pour lui éviter de perdre du temps avec moi ? Mais lorsque je me souviens que la personne qui rend ce service est un prochain à aimer, je l’écoute… mais plus je l’écoute, plus je suis contrariée lorsque je dois finalement lui signifier mon refus. J’essaie d’apprendre, de lui souhaiter au moins une « Bonne journée ! » avant de terminer. C.C. – USA Percevoir l’amour Un homme de 52 ans qui s’était tiré une balle dans la tête pour des problèmes familiaux a été admis dans mon service. Par chance, son cerveau ne présentait aucune lésion, mais en revanche ses yeux avaient été été touchés. L’opération était très compliquée. Lors des visites qui ont suivi, il ne faisait que répéter qu’il voulait mourir. Après la période de soins intensifs, il a été affecté dans mon service, où je profitais de toutes les occasions pour aller le saluer. Un jour, je lui ai demandé : « Sais-tu qui est à côté de toi ? » Et lui de me dire : « Je ne vois pas, mais je pense que c’est la doctoresse qui m’a opéré. Pendant l’opération, j’ai ressenti beaucoup d’amour ». Je lui ai promis de faire tout mon possible pour sauver au moins un de ses yeux. Un espoir qui s’est confirmé quand un matin il m’a dit qu’il commençait à percevoir une lueur lumineuse. Sa vue s’est améliorée de jour en jour. Quelques mois après sa sortie de l’hôpital, il est venu me voir. C’était une personne différente : une nouvelle vie avait commencé pour lui, y compris dans son couple . Mais il a surtout tenu à me dire qu’il avait découvert la foi. Je lui ai répondu en plaisantant qu’il avait dû perdre un œil pour mieux voir! F.K. – Slovaquie
Propos recueillis par Stefania Tanesini
extrait de : Il Vangelo del giorno, Città Nuova, année VI, n.2, mars-avril 2020 [1] C. Lubich, Parola di Vita avril 1980, in eadem, Parole di Vita, édité par Fabio Ciardi (Opere di Chiara Lubich 5 ; Città Nuova, Rome 2017), p. 169-170.
23 Avr 2020 | Non classifié(e)
Une manière inattendue de vivre le centenaire de Chiara Lubich. L’intervention de Marie Voce pour l' »Osservatore Romano ». 2 avril 2020
«Célébrer pour rencontrer » est le mot d’ordre que, comme Mouvement des Focolari, nous avons choisi pour commémorer en 2020, dans le monde entier, les 100 ans de la naissance de notre fondatrice, Chiara Lubich. Jusqu’à il y a quelques semaines, ce slogan nous semblait un choix judicieux pour célébrer, sur les modalités les plus variées, la personne de notre fondatrice et le charisme que Dieu lui a donné et qu’elle a généreusement transmis. Nous espérions en effet que les personnes la rencontrent vivante aujourd’hui, qu’elles ne l’évoquent pas comme un souvenir nostalgique mais qu’elles la retrouvent dans sa spiritualité, dans ses œuvres et surtout dans son « peuple », c’est-à-dire dans ceux qui vivent, aujourd’hui, son esprit de fraternité, de communion et d’unité. Et depuis le 7 décembre 2019, nous nous sommes réjouis des très nombreux événements qui ont eu lieu dans le monde entier. Nous aurions aimé que la fête se poursuive. Mais en peu de temps, le scénario a changé et le slogan « célébrer pour rencontrer » risque de paraître anachronique : nous avons, nous aussi, suspendu toute forme de célébration ou d’événement. La pandémie causée par le coronavirus oblige de plus en plus de pays de la planète à prendre des mesures drastiques pour ralentir sa propagation : le confinement et la distance physique sont pour l’instant les instruments les plus efficaces. C’est ce que nous démontrent les indices qui nous parviennent de la Chine, que nous avons suivie avec inquiétude, pendant des semaines. Mais ici en Italie et dans plusieurs autres pays du monde, la situation est encore très grave.

© Horacio Conde – CSC Audiovisivi
Pour beaucoup d’entre nous qui vivons le confinement, c’est une expérience complètement inédite. Elle a non seulement une dimension sociale ou psychologique, mais aussi une forte répercussion spirituelle. Cela vaut pour tous, et en particulier pour les chrétiens. Une situation qui touche également au plus profond, notre spiritualité spécifique en tant que Focolari. Nous sommes faits pour la communion et l’unité. Savoir créer des relations est peut-être la qualité la plus caractéristique d’une personne qui a connu et accueilli l’esprit de Chiara. Et c’est précisément cette dimension qui semble maintenant limitée au maximum. Mais l’amour ne se laisse pas limiter. C’est la grande expérience que nous vivons en ces jours dramatiques et douloureux. Plus que jamais, je reçois du monde entier des témoignages de personnes qui mettent en œuvre la créativité et l’imagination, et qui se donnent aux autres même dans des conditions difficiles et inhabituelles : des enfants qui racontent les petits ou grands gestes d’amour pour surmonter les difficultés du confinement ; des jeunes qui se mettent en réseau pour créer un relais de prière ; des chefs d’entreprise qui vont à contre-courant pour ne pas profiter de l’urgence mais plutôt se mettre au service du bien commun, fût-ce au détriment de leur intérêt personnel. Il y a beaucoup de façons d’offrir soutien et réconfort: par la prière avant tout ; par un appel téléphonique, un message WhatsApp, un e-mail…, afin que personne ne se sente seul, ceux qui sont chez eux, mais aussi les malades et ceux qui font le maximum pour guérir, consoler et accompagner ceux qui subissent les conséquences de cette situation. Et puis il y a des messages de solidarité qui nous aident à ouvrir grand nos cœurs au-delà même de l’urgence coronavirus, comme celui des jeunes de Syrie qui, malgré leurs conditions dramatiques, trouvent la force de penser à nous, en Italie. Ce sont les jeunes qui nous enseignent que ces expériences partagées sur les réseaux sociaux peuvent se multiplier, car le bien aussi peut être contagieux. À travers ces témoignages, une conviction a mûri en moi : le centenaire de Chiara Lubich n’est pas suspendu et le mot d’ordre « Célébrer pour rencontrer » est plus actuel que jamais. C’est notre Père du Ciel, ou peut-être Chiara elle-même, qui nous invite à vivre cette année jubilaire d’une manière plus profonde et plus authentique. Au-delà des conditionnements, et même dans l’impossibilité où nous sommes de célébrer l’Eucharistie ensemble, nous redécouvrons la présence de Jésus, vivante et forte dans l’Évangile vécu, dans le frère que nous aimons et parmi ceux qui – même à distance – sont unis en son nom. Mais de manière toute particulière, notre fondatrice nous fait redécouvrir son grand amour, son époux : Jésus Abandonné – « le Dieu de Chiara » –, comme aime le définir Mgr Lauro Tisi, l’archevêque de Trente. C’est le Dieu qui est allé jusqu’à la limite, pour accueillir en Lui toute expérience de limite et la valoriser. C’est le Dieu qui s’est fait périphérie pour nous faire comprendre que, même dans l’expérience la plus extrême, nous pouvons encore Le rencontrer. C’est le Dieu qui a pris sur lui toute sorte de douleur, d’angoisse, de désespérance, de tristesse, pour nous apprendre que la souffrance acceptée et transformée en amour est une source inépuisable d’espoir et de vie. Tel est le défi de cette urgence planétaire : ne pas fuir, ne pas chercher seulement à survivre pour arriver au but sains et saufs, mais bien nous enraciner dans le présent, en regardant, en acceptant et en affrontant chaque situation douloureuse – personnelle ou concernant d’autres – pour en faire un lieu de rencontre avec « Jésus Abandonné » et trouver, dans l’amour pour Lui, la force et la créativité pour construire des relations de fraternité et d’amour aussi dans cette situation difficile. Pour Chiara, chaque rencontre avec « l’Époux », avec « Jésus Abandonné », était une fête, une célébration. En le rencontrant – j’en suis convaincue – nous la rencontrerons également parce que nous apprendrons, comme elle-même a essayé de le faire, à regarder chaque situation avec le regard de Dieu. Peut-être pourrons-nous, nous aussi, refaire l’expérience de Chiara et de ses compagnes, qui ne s’étaient « pratiquement » pas rendu compte de la guerre ni du moment où elle avait pris fin car, prises par Dieu et par son amour, elles sentaient que la réalité qu’elles vivaient, l’amour concret qui circulait entre elles et beaucoup d’autres personnes dans leur ville, était plus fort que tout. Nous ne savons pas combien de temps durera cette urgence : peut-être des semaines ou des mois. Mais cela passera. Et le monde que nous trouverons au bout du tunnel, nous le construisons maintenant.
Maria Voce
Source Osservatore Romano – https://www.vaticannews.va/it/osservatoreromano/news/2020-04/radicarci-bene-nel-presente.html
22 Avr 2020 | Non classifié(e)
Regina Betz est décédée à l’âge de 99 ans le 17 mars. Focolarine allemande, elle était professeure de sociologie, pionnière du mouvement des Focolari en Allemagne et en Russie, passionnée d’œcuménisme et d’engagement pour le renouveau chrétien de la société, Elle était toujours pressée. Depuis que je connais Regina, j’entends son pas accéléré. Non pas celui de qui se sent poussé ou poursuivi, mais plutôt le pas de quelqu’un qui a un but à atteindre et qui ne veut pas perdre de temps. Si, au contraire, elle s’arrêtait à toi, elle était pleinement présente : avec ce regard intelligent et vif, avec ce sourire sans équivoque, canaille, qui illumine toute ta journée. Regina Betz a eu beaucoup à faire dans sa vie. Elle naît à Göttingen (Allemagne) dans une famille catholique. Elle est l’aînée de deux garçons et elle grandit dans une région à majorité luthérienne où l’on vit un œcuménisme naturel, renforcé par la résistance commune au nationalisme hitlérien. Elle passe, la Seconde Guerre mondiale en Italie, elle s’installe à Rome, après avoir étudié l’économie sociale de 1955-1958, pour travailler au Conseil pontifical pour les laïcs. C’est là qu’elle découvre le mouvement des Focolari et qu’elle est frappée par « une lumière et une force » comme elle l’écrira plus tard dans un de ses livres1). Pour en découvrir le secret, elle participe à la Mariapolis de 1958 et découvre – comme elle le raconte – « des chrétiens qui vivent volontairement l’unité » et le modèle d’une « société nouvelle et humaine ». « J’avais enfin trouvé ce que je cherchais depuis longtemps. Je chantais de joie ». De retour en Allemagne, où il n’y a pas encore de focolare, elle poursuit son travail dans l’Église et effectue d’importants voyages en Asie et en Amérique du Sud. En 1966, elle fait partie des Volontaires du mouvement des Focolari lorsqu’elle reçoit l’invitation à enseigner la sociologie à l’école de formation de Loppiano (Italie), où elle se sent encouragée à entrer – à l’âge de 46 ans – comme consacrée au focolare. De 1968 à 1990, elle est professeure de sociologie à Ratisbonne (Allemagne) et est collaboratrice de « l’Institut pour les Églises orientales », ce qui lui permet de rencontrer les chrétiens d’Europe de l’Est et de faire des voyages dans divers pays des Balkans, en Bulgarie et en Roumanie. Elle est particulièrement impressionnée par l’enthousiasme des jeunes communistes, animés par leur amour pour les plus petits. En 1989, on lui propose un poste dans le milieu universitaire à Moscou, ce qui permet d’ouvrir le focolare. « La vie à Moscou s’est avérée être une vie d’ensemble: ensemble au focolare, ensemble avec tant de Russes qui venaient connaître notre vie. J’ai découvert l’âme russe, pleine de générosité et de cordialité. J’ai fait l’expérience d’une grande hospitalité où tout était partagé. Pas de structures mais beaucoup d’amis ». La floraison de la vie autour du focolare a cependant un prix. Comme elle me l’a confié personnellement, Regina tenait à ce qu’en parlant d’elle après sa mort, la partie « sombre » de sa vie soit également partagée. Elle écrit dans son journal de l’époque: « Je n’ai plus rien à donner mais c’est une consolation de savoir Jésus avec moi dans le trou … Pour moi, chaque instant est fatiguant, j’ai peur et je n’arrive pas imaginer que je puisse encore conclure quelque chose ». En 2008, Regina retourne en Allemagne, à la cité œcuménique d’Ottmaring. Ce sont des années empreintes de relations avec les personnes les plus variées, qu’elle suivait par des visites et des milliers de lettres manuscrites pleines de sagesse. Elle était attentive aux événements de l’Eglise et de la société et en parlait. Et même lorsque ses forces diminuent, elle reste fidèle à la Parole de Vie personnelle que Chiara Lubich lui avait donnée : « Quiconque veut sauver sa vie, la perdra ; mais quiconque perd sa vie à cause de moi l’assurera (Mt 16,25) ». « Combien de fois ai-je tout quitté pour recommencer ailleurs à zéro ! Et combien j’en ai retiré : combien d’expériences, combien de connaissances sur la vie des pays et des cultures, combien de relations avec d’innombrables personnes ». Le 17 mars, Regina Betz a terminé sa course et a tout quitté définitivement. Je suis sûr qu’elle a trouvé une vie inimaginable.
Joachim Schwind
1) Regina Betz, Immer im Aufbruch, immer getragen, Verlag Neue Stadt, München 2014.
20 Avr 2020 | Non classifié(e)
Cet écrit de Chiara Lubich aborde un sujet que la pandémie actuelle a beaucoup mis en évidence : la souffrance. Il nous aide à y saisir une mystérieuse présence de Dieu et à voir que rien n’échappe à son amour. Ce regard authentiquement chrétien insuffle l’espérance et nous encourage à faire nôtre toute souffrance : celle qui nous touche directement, comme la souffrance de ceux qui nous entourent. (…) La souffrance ! Elle nous investit parfois tout entiers, d’autres fois, elle nous effleure, mêlant dans nos journées l’amertume à la douceur. La souffrance : une maladie, un malheur, une épreuve, un événement douloureux… La souffrance ! Comment la considérer (…), elle qui est toujours prête à se manifester au cœur de chaque existence ? Comment la définir, comment l’identifier ? Quel nom lui donner ? Qui parle à travers elle ? Si nous regardons la souffrance avec des yeux humains, nous sommes tentés d’en chercher la cause en nous, ou bien en dehors de nous, par exemple dans la méchanceté humaine ou dans la nature, ou en autre chose […]. Il y a peut-être du vrai dans tout cela, mais si nous nous limitons à cette vision des choses, nous passons à côté de l’essentiel. Nous oublions que Dieu se tient derrière la toile de fond de notre vie et que, dans son amour, tout ce qu’il veut ou permet est pour notre bien, pour quelque chose de plus grand. C’est pour cela que les saints reçoivent directement de la main de Dieu chaque événement douloureux qui les frappe. Il est impressionnant de voir qu’ils ne se trompent jamais en cela. Pour eux la souffrance est la voix de Dieu et rien d’autre. Immergés comme ils le sont dans l’Écriture, ils comprennent ce qu’est et ce que doit être la souffrance pour un chrétien. Ils voient la transformation que Jésus y a opérée, et comment il l’a transformée d’élément négatif en élément positif. Jésus lui-même devient l’explication de leur souffrance : Jésus crucifié. Ils arrivent même à la considérer comme pouvant être aimée, voire une bonne chose. C’est pourquoi ils ne la maudissent pas, mais la supportent, l’acceptent, l’étreignent. Ouvrons du reste le Nouveau Testament et nous en aurons la confirmation. Saint Jacques ne dit‑il pas dans sa lettre : « Prenez de très bon cœur, mes frères, toutes les épreuves par lesquelles vous passez[1] » ? La souffrance peut même devenir un motif de joie. Jésus, après nous avoir invités à prendre notre croix pour le suivre, n’affirme-t-il pas : car « Celui qui aura perdu sa vie (et c’est bien là le comble de la souffrance) la sauvera[2]. » La souffrance est donc espérance de Salut. Pour Paul elle est même un motif de gloire, le seul que l’on puisse avancer : « Pour moi, non, jamais d’autres titres de gloire que la croix de Notre Seigneur Jésus-Christ[3]. » Oui, la souffrance, pour ceux qui la considèrent d’un point de vue chrétien, est une grande chose. Elle nous donne la possibilité de compléter en nous la Passion du Christ, pour notre purification et pour la rédemption d’un grand nombre. Que dire alors à nos proches qui sont aux prises avec la souffrance ? Quel souhait formuler pour eux ? Comment nous comporter à leur égard ? Approchons-les avant tout avec un immense respect : même s’ils n’en sont pas conscients, ils sont en ce moment visités par Dieu. […] Assurons-les de nos prières et de notre soutien afin qu’ils parviennent à prendre directement des mains de Dieu ce qui les tourmente et les fait souffrir, et qu’ils puissent l’unir à la Passion de Jésus, en le faisant fructifier au maximum. Aidons-les à prendre conscience de la valeur de la souffrance. Et rappelons-leur le beau principe chrétien de notre spiritualité, selon lequel une souffrance, si l’on y reconnaît le visage de Jésus crucifié et abandonné, peut se transformer en joie.
Chiara Lubich
(D’une conférence téléphonique, Rocca di Papa, 25 décembre 1986) Extrait de : “Natale con chi soffre”, in: Chiara Lubich, Conversazioni in collegamento telefonico, p. 265. Città Nuova Ed., Roma 2019. [1] Jc 1, 2. [2] Mt 10, 39. [3] Ga 6, 14.
18 Avr 2020 | Non classifié(e)
En Italie, la célébration du « Village pour la Terre » se transforme en un marathon multimédia
Tout est interconnecté. C’est la clé qui unit les célébrations du 50e anniversaire de l’Earth Day, le 22 avril, à la pandémie de coronavirus qui défie l’humanité aujourd’hui. En cette Journée pour la Terre, l’urgence sanitaire soulève une communauté mondiale qui réclame des modèles économiques et sociaux plus justes. Les célébrations ont lieu à l’occasion du 5e anniversaire de l’Encyclique Laudato Si du Pape François sur le thème de l’écologie intégrale. Le web accueillera des événements dans 193 pays. En Italie, le Village pour la Terre qui se tient selon la tradition à la Villa Borghese, à Rome, se transforme en un marathon multimédia en direct sur la Rai Play et avec des incursions dans d’autres diffuseurs. Nous en avons parlé avec Pierluigi Sassi, président de Earth Day Italia. Le 50e anniversaire de l’Earth Day a lieu, alors que l’humanité est confrontée au défi du coronavirus qui nous amène à revoir nos priorités, nos valeurs et nos objectifs… Aujourd’hui plus que jamais, nous ressentons l’urgence de changer le modèle économique et social qui a régi le développement au cours des dernières décennies et nous voulons donner un message d’espoir, offrir une clé de lecture qui met en évidence la centralité de l’homme et la nécessité de respecter la planète. Nous avons attiré l’attention du monde sur ces questions et c’est ce que fit la décisive Encyclique du Pape François Laudato Si sur le principe de l’écologie intégrale. Une sensibilité mondiale s’est créée aujourd’hui, mais il faut passer à l’action. Le coronavirus alimente cette exigence de changement.

VILLAGGIO PER LA TERRA, Earth Day Italia, Villa Borghese, Roma 21 avril 2018
© Lorenzo Gobbi/Smile Vision Srls
Ce qui ressort de l’observation du développement de la pandémie, c’est l’interdépendance des problèmes et des solutions, élément clé dans la bataille pour la protection de la terre… Le grand concept que le Pape a transmis au monde est qu’il n’y a pas une question environnementale, une question sociale et une question économique, mais qu’il y a une question humaine dans laquelle tous ces facteurs sont interdépendants. Cette conscience devient opérationnelle quand on se rend compte qu’il suffit de peu de choses pour qu’une crise sanitaire comme celle-ci mette en lumière des problèmes qui semblaient déconnectés. L’importance des relations humaines et de l’engagement en faveur de la solidarité économique et sociale apparaît ici. Cette journée a une portée mondiale. Quel est le lien entre les célébrations en Italie et celles dans d’autres pays ? Le coronavirus nous a tous obligés à numériser les célébrations en les mettant sur le Net. Nous avons vu qu’en créant un marathon numérique, de nombreuses connexions ont été créées. C’est la beauté d’un pas en avant qui, presque miraculeusement, dans l’urgence, s’est produit dans un esprit d’unité, et qui aujourd’hui, dans les 193 pays où la Journée de la Terre est célébrée, nous fait sentir plus reliés et nous amène à unir nos efforts pour un plus grand respect de l’homme et de la planète. Comment se dérouleront les célébrations en Italie? Nous avons organisé un marathon multimédia appelé « OnePeople, OnePlanet » pour rappeler que nous appartenons à une seule famille humaine et que nous vivons sur une unique planète. Nous le réaliserons avec de nombreux partenaires médiatiques dont la Rai qui le diffusera intégralement de 8 à 20 heures sur Rai Play, mais aussi par des insertions dans d’autres médias, dans des conteneurs Rai et par des connexions internationales avec de nombreux pays où nous parlerons de peuples indigènes, de déforestation, de la beauté de notre planète.
Claudia Di Lorenzi
16 Avr 2020 | Non classifié(e)
Comment est née l’idée de créer l’Institut universitaire Sophia et comment s’est-il développé jusqu’à ce jour : la portée culturelle du charisme de l’unité de Chiara Lubich ? L’Institut universitaire Sophia (IUS) est né comme un patrimoine spirituel chrétien en dialogue constant avec les principes sur lesquels les civilisations des peuples ont prospéré et se sont développées. Il est situé à Loppiano (Italie), une cité-pilote des Focolari qui, depuis sa fondation en 1964, est un lieu de formation pour les familles, les jeunes et les adultes, à un style de vie basé sur l’Évangile.
Le professeur Piero Coda, Doyen de l’Institut universitaire depuis sa naissance jusqu’en février 2020, explique comment ce projet a été mené à bien au fil des ans. Prof. Coda, comment Chiara Lubich a-t-elle eu l’idée de créer une université ? « Le père Casimiro Bonetti est le capucin qui accompagnait Chiara au début des années 1940. Lors de l’inauguration de l’université en 2008, il m’a confirmé qu’elle avait cette intuition depuis le début ; l’idée est dans l’ADN du charisme de l’unité car il s’agit d’un charisme qui libère une culture, une vision concrète de la personne humaine et du monde. Le départ a été donné concrètement après le rodage dans les années 90 de l’école Abbà qui a commencé avec Chiara à étudier la portée culturelle du charisme en puisant dans l’héritage lumineux du Paradis de 1949 ». Quand est-elle née et comment s’est-elle développée ? « Dans un premier temps, l’université est née avec l’Institut Supérieur de Culture adressé aux Gen (les jeunes du mouvement des Focolari). Il a été inauguré le 15 août 2001 par Chiara avec un discours qui en constitue sa charte. Vu le succès de l’expérience et sous l’impulsion de représentants de la culture tels que Stefano Zamagni, Président de l’Académie pontificale des Sciences Sociales, la planification d’un véritable Institut universitaire a commencé en 2005, sous une forme originale, selon l’idée née du charisme. Il a été érigée par le Saint-Siège le 7 décembre 2007 ».
Quel est le lien avec le Saint-Siège ? « Eriger une université, qui ne soit pas immédiatement reconnue par un Etat mais par l’Eglise catholique avec son souffle universel, a été un choix médité de Chiara. Cela signifiait aussi pour elle la reconnaissance, du fait que le charisme de l’unité, comme les grands charismes de l’histoire chrétienne (de Benoît à Dominique et à François, à Ignace de Loyola et à Don Bosco), est un charisme dans lequel l’Église reconnaît la réalisation d’un projet de formation humaine et sociale qui exprime l’Évangile. Avec l’extension ensuite du « processus de Bologne », la reconnaissance bilatérale des diplômes au niveau européen et au-delà, à laquelle l’Eglise participe, des scénarios viables pour l’institution ainsi née ont été envisagés ». Comment a-t-elle évolué au fil des ans ? « Sophia est née et elle s’est développée en marchant sur trois jambes : celle de l’enseignement et de la recherche au niveau universitaire ; celle de l’expérience formatrice partagée dans la vie communautaire entre enseignants et étudiants de toutes les cultures ; celle de la relation avec les expressions concrètes de l’incarnation des valeurs inhérentes au charisme de l’unité dans les différents domaines de la vie sociale, politique et économique. À tous ces égards, de grands progrès ont été réalisés. Il suffit de dire, par exemple, que nous avons commencé avec un seul diplôme et qu’il y en a maintenant quatre : le programme original de la « culture de l’unité » s’est épanoui dans les domaines théologique et philosophique, économique et politique, de l’éducation, du dialogue et de la communication ». Qu’est-ce que Sophia aujourd’hui ? « Sophia est aujourd’hui une confirmation importante, un espoir certain, un investissement stratégique, une confirmation de la valeur et de la pertinence de l’intuition de Chiara. Un espoir que la recherche du nouveau modèle culturel que le changement d’époque nous demande n’est pas une utopie. Un investissement pour promouvoir avec sérieux et vision le développement, non seulement culturel, du charisme de l’unité et de son impact historique ». Dans le passé, il y a toujours eu un Doyen, aujourd’hui il y a un Recteur, qu’est-ce que cela signifie pour l’université ? « Le fait que le département des études du Vatican et l’université aient souhaité ce passage souligne la validité du chemin parcouru et constitue une reconnaissance de l’accès de l’Institut au statut d’Université. On peut également voir un écho de ce que le Pape François nous a dit lors de l’audience du 14 novembre dernier : « Je suis heureux du chemin que vous avez parcouru en ces douze années de vie. En avant ! Le parcours ne fait que commencer » ».
Lorenzo Russo