Mouvement des Focolari

Rétablir le dialogue entre les États-Unis et l’Iran

Le Mouvement Politique pour l’Unité et New Humanity encouragent la création d’un comité trilatéral de haut niveau entre les représentants spéciaux des États-Unis, de l’Union européenne et de l’Iran, avec pour mandat de rétablir le dialogue entre les États-Unis et l’Iran. L’appel a été envoyé à Josep Borrell, (Haut Représentant de l’UE), Seyed Mohammad Ali Hosseini (Ambassadeur d’Iran à Rome) et Lewis M. Eisenberg (Ambassadeur des Etats-Unis à Rome). Voici le texte : Le Mouvement politique pour l’unité exprime sa grave préoccupation face à l’escalade du conflit entre l’Iran et les États-Unis. La politique internationale, avec ses institutions, mais aussi avec ses organisations non gouvernementales, a la responsabilité particulière de mettre son action au service de la paix et des droits des peuples. Seul le dialogue international et la diplomatie – celle résiduelle, celle qui suscite l’espérance contre toute espérance – peut encore prendre des initiatives dans la logique de la paix. C’est l’un des plus grands défis du XXIème siècle. Le chemin vers une solution doit exister et il nous est montré par les valeurs humaines et la docilité des cœurs. « Nous ne voyons plus le visage de l’homme : l’homme qui souffre, qui est limité, tourmenté et finalement massacré sur les champs de bataille », affirmait le député Igino Giordani, dans un vibrant discours au Parlement italien. Nous sommes appelés à voir, à redécouvrir le visage de l’homme pour dire non à la guerre, à tout acte de guerre. Mais pour parvenir à la paix, la diplomatie et la négociation sont indispensables, sans se lasser, car la guerre et le terrorisme sont la grande défaite de l’humanité. C’est pourquoi nous proposons et appelons à la création d’un comité trilatéral de haut niveau entre les représentants spéciaux des États-Unis, de l’Union européenne et de l’Iran, avec pour mandat de rétablir un dialogue significatif et de parvenir, en fin de compte, à une solution pacifique du conflit. Mario Bruno                                                                                       Marco Desalvo Président – Mouvement Politique pour l’Unité                 Président – New Humanity NGO contact: Mario Bruno +39 334 998 0260 Texte pdf

Trente (Italie) : 7 décembre 1943 – 7 décembre 2019

76 ans après ce fameux 7 décembre 1943, Paolo Balduzzi nous emmène à Trente pour visiter certains lieux des premiers temps de Chiara et de la communauté des Focolari. Aujourd’hui, la ville où tout a commencé porte dans son tissu social et civil, des signes et des pratiques d’une mentalité de fraternité qui, de là, a atteint les extrémités du monde. https://vimeo.com/378573918

Un vrai capitaine Dernier adieu à Albert Dreston

Le 30 août 2019, par une journée ensoleillée de cette fin d’été, Albert Dreston nous a quittés après 52 ans passés à Loppiano (Italie), la cité-pilote internationale des Focolari où il il était professeur, théologien, focolarino et, depuis des générations, grand promoteur du football. Dès les premières années de sa vie son histoire est tout, sauf simple. Né en Rhénanie en 1939, il perd son père à l’âge de six ans pendant la Seconde Guerre mondiale. Malgré sa douleur, il fait sa première grande découverte de Dieu au milieu des larmes : « Soudain – dit-il – une force et une voix en moi, comme si Dieu me disait :  » Tu n’es pas orphelin, je suis ton père « . A partir de ce moment, mon père ne m’a plus jamais manqué, je ne me suis plus jamais senti seul. » Quand il était jeune, on avait dû lui enlever un rein et il semblait qu’il ne pourrait pas vivre longtemps. Mais, comme souvent, la disposition intérieure à tout quitter permet aussi le premier pas vers la révélation d’un grand « trésor ». C’est ainsi qu’en 1957, à Münster, lors d’une rencontre avec quelques focolarini, il est profondément touché par la présence de « Jésus au milieu, fruit de l’amour réciproque. » C’est alors qu’il oriente sa vie sur le chemin de l’Idéal de l’unité qui l’aidera à vivre ses épreuves et ses problèmes de santé un esprit nouveau. L’année suivante, Don Foresi et Chiara donnent leur accord pour qu’il entre au focolare et quelques années plus tard, c’est Don Foresi lui-même qui lui dit qu’une fois terminées ses études Bibliques, il ira enseigner à Loppiano, la première Mariapolis permanente. Nous sommes en 1967, Albert a 28 ans, sa santé physique s’améliore et à Loppiano le sport est considéré comme un élément essentiel pour la relation avec les autres, l’accueil et la connaissance mutuelle. C’est dans ce contexte qu’une nouvelle étape commence pour ce jeune enseignant au milieu de jeunes en provenance du monde entier. Au cours de ses années au service de la cité-pilote, il n’a jamais cessé d’être un point de référence. Il enseignait en classe tout comme sur le terrain de sport, grâce à sa passion pour le football, à la clarté de ses cours et à son amour évangélique. On ne peut pas dire que c’était le champion du jeu raffiné, ni même un grand buteur. Il était plus que cela. Ces dernières années, âgé de plus de 75 ans, il arrivait qu’il n’ait pas envie de jouer, mais il était là, 30 minutes en avance, pour accueillir les joueurs et et les placer sur le terrain qui porte aujourd’hui son nom. Il avait assurément un charisme particulier, il était toujours dans les temps, capable au cours d’un seul match, d’ être le gardien du terrain, l’entraîneur, l’arbitre, le juge de touche, l’avant-centre et surtout le directeur sportif… car il fallait d’abord composer les équipes et il savait toujours trouver parmi les africains, les asiatiques ou les brésiliens deux bons défenseurs. Pour toutes ces raisons, à Loppiano, Albert Dreston incarnait le foot, c’était un vrai capitaine, parce qu’il était le coéquipier de tous, y compris de l’équipe adverse. Une authentique… »légende » à lui tout seul ! Prononcer son nom aujourd’hui, c’est ouvrir tout grand le livre des du Mouvement des Focolari, une histoire peuplée d’êtres chers, de vies précieuses. C’est s’attarder sur le chapitre d’un homme qui, sous les formes les plus diverses, a su offrir son temps pour aider les autres. Ces dernières années, on pouvait se demander s’il pourrait continuer à jouer au foot, si le temps n’était pas venu pour lui d’organiser une dernière partie d’adieu, de mettre ses chaussures au placard et de clore cette aventure en beauté. Certains se sont risqués à le lui suggérer délicatement. Naïves tentatives de notre part! Albert, avec son habituelle détermination d’outre-Rhin, nous a répondu : « Je passerai directement du terrain de sport au terrain sacré (cimetière).» Et, d’une certaine manière, c’est ce qui s’est passé. Il nous a dit adieu un vendredi. Comme d’habitude, tout à fait dans les temps : pour les dernières convocations la veille du match, pour composer les équipes et continuer à renvoyer la balle… au milieu des Champs Élysées. Bons matchs de foot au paradis, capitaine …. et merci !

Andrea Cardinali

Une année révolutionnaire

Chiara Lubich a affirmé à différentes reprises, que travailler pour établir des rapports de paix dans le monde est un fait révolutionnaire. Une nouvelle décennie s’ouvre, elle coïncide aussi avec le centenaire de la naissance de la fondatrice des Focolari. « Sais-tu qui sont les artisans de paix dont parle Jésus ? C’est ainsi que Chiara Lubich commence son commentaire à la Parole de Vie du mois de février 1981. Une question qu’elle adresse aussi à nous aujourd’hui plus que jamais, en cette Journée internationale de la paix. Celui qui œuvre pour la paix crée et établit des liens, aplanit les tensions – explique Chiara. Nous découvrirons ainsi que les occasions pour être de réels artisans de paix sont infinies. https://vimeo.com/333138318

Burkina Faso : En mission au pays des hommes intègres

Burkina Faso : En mission au pays des hommes intègres

Une des plus beaux aspects de notre travail à la rédaction de focolare.org est la relation avec les personnes et les communautés des Focolari dans le monde. A l’occasion de ces fêtes de Noël nous tenons à remercier ceux d’entre vous qui nous envoient des nouvelles, ils permettent ainsi à la vie du charisme de l’unité de devenir une inspiration pour beaucoup. Dans cet esprit, le courriel du Père Domenico De Martino, 36 ans, originaire de Naples (Italie), en mission actuellement au Burkina Faso, a été un vrai cadeau car il ouvre les portes à une portion du monde qui vit un moment difficile, où la paix, la dignité et la liberté religieuse sont sérieusement menacées, région à l’écart des radars des médias internationaux. Au cours des cinq dernières années, le Burkina Faso a été touché par la violence de groupes extrémistes qui ont causé la mort de centaines de personnes, par une vague d’enlèvements et par la fermeture de nombreuses écoles et églises. Cette violence a entraîné un déplacement massif et continu de populations des régions touchées vers la capitale et les grands centres urbains. Selon les dernières informations des Nations Unies, depuis le début d’octobre, 486 360 personnes déplacées à l’intérieur du pays ont été enregistrées, soit plus de deux fois qu’en juillet, et les chiffres n’arrêtent pas d’augmenter. Certains parlent même d’un million de personnes déplacées. Le père Domenico fait partie de la Communauté Missionnaire de Villaregia. Son premier contact avec les Focolari remonte à l’âge de 12 ans lorsqu’il lit pour la première fois la Parole de Vie, le commentaire mensuel aux Écritures dans l’esprit du charisme de l’unité, commencé par Chiara Lubich il y a plus de quarante ans. C’est en rendant aux missionnaires qu’il le trouve. « A 17 ans, j’ai écrit à Chiara Lubich pour lui demander de m’indiquer une parole de l’Évangile qui pourrait être une lumière pour ma vie et parce que je voulais partager avec elle mon parcours de la quête de ma vocation. Je garde précieusement sa réponse dans ma Bible et de temps en temps je la reprends. La parole qu’elle m’a donnée est : « Si quelqu’un m’aime, il gardera ma parole et mon Père l’aimera ; nous viendrons à lui et nous établirons chez lui notre demeure  » (Jn 14, 23). Une Parole exigeante et forte dont j’essaie de comprendre toujours plus le sens pour ma vie. En 2012, je suis ordonné prêtre après une année d’expérience au Pérou, à Lima ». Le père Domenico est en mission à Ouagadougou, capitale du Burkina Faso, depuis deux ans et s’implique dans des projets de promotion humaine. « Burkina Faso signifie littéralement ‘la terre des hommes intègres’. La famille et le sens de la communauté figurent parmi les valeurs du peuple burkinabé. Nous avons créé une école d’alphabétisation qui compte aujourd’hui 160 élèves ; la plupart sont des filles et des jeunes mères qui n’ont pas pu étudier. Nous avons également activé un projet pour les femmes qui ont lancé de petites activités productrices qui leur permettent de joindre les deux bouts : il y a beaucoup de candidatures et la sélection n’est pas toujours facile. L’Evangile et le désir de s’immerger dans ce peuple nous guident dans les choix. Ces derniers mois, les cours ont repris dans les écoles de la capitale ; on ne peut malheureusement pas en dire autant des autres régions du pays. Dans le nord, le nord-est et le nord-ouest du pays, de nombreuses écoles ont été incendiées par des groupes terroristes et, à la fin de l’année scolaire dernière, plusieurs enseignants ont été tués. Le procédé est toujours le même : les bandits ou les terroristes surgissent dans les villages, prennent tout – le bétail et les récoltes – vident les petites boutiques et cherchent ensuite les enseignants en leur disant que s’ils ne partent pas, ils seront les prochaines victimes à moins qu’ils n’enseignent l’arabe ou ce qu’ils appellent ‘la vraie religion’. J’ai eu l’occasion de parler à certains enseignants qui, malgré cette situation de crise, doivent se rendre à leur travail dans ces provinces car l’État ne peut pas leur permettre de cesser leurs activités, mais ils ont la peur au ventre. Même si notre région est calme, nous essayons d’être proches de nos gens, en partageant les peurs et les angoisses. En septembre dernier, lors d’une attaque à une base militaire, 40 soldats ont perdu la vie, dont 3 de nos jeunes paroissiens. Nous étions particulièrement proches de l’un d’eux, le fils aîné d’une famille que nous connaissons bien. Lorsque nous sommes allés les trouver pour leur présenter nos condoléances, face à sa veuve et à ses deux enfants détruits par la douleur, je n’ai pu donner de réponse au pourquoi de tant de haine et d’horreur. En croisant les yeux de Jean, le père du jeune homme tué, ses paroles me reviennent sans cesse : ‘Vous, les prêtres, vous êtes le signe de Dieu pour nous ; nous pouvons tout vous demander parce que vous nous donnez la parole de Dieu, sa consolation et sa volonté’ ; je n’ai pas pu faire autre chose que lui serrer la main, sans rien pouvoir lui dire, seulement lui faire sentir que Dieu leur est proche. Dans cette situation de grave instabilité, un signe d’espérance est la communion croissante entre les différentes Églises chrétiennes et les personnes d’autres religions, en particulier les musulmans, avec lesquels nous nous réunissons dans la prière et invoquons la paix de Dieu ». Un autre signe d’espoir que le père Domenico nous a partagé est le projet de soutien aux frais scolaires des enfants. A ce jour, 96 enfants en ont bénéficié. « Nous avons été choqués de constater que de nombreux enfants n’ont pas d’acte de naissance et qu’ils n’existent donc pas pour l’État et pour le monde. Les situations que nous rencontrons sont complexes et nécessitent un accompagnement sur plusieurs fronts. Il est beau de voir comment un projet réalisé en mettant Dieu au centre conduit à une compréhension et une gestion plus profonde car nous regardons la personne dans sa globalité. Nous nous organisons pour obtenir des certificats de naissance et cela nous permettra de rendre la dignité aux enfants de nos quartiers ». Entre les lignes, nous comprenons que le père Domenico pourrait nous partager encore beaucoup de choses et ses paroles pleines d’amour pour le peuple burkinabé nous rapprochent de cette terre. « La communion nous aide à être Église au vrai sens du terme, les pieds sur terre et les mains dans la pâte, pour tous les enfants de Dieu qui sont dans l’épreuve et dans le besoin », conclut le père Domenico.

Stefania Tanesini