7 Déc 2019 | Non classifié(e)
« Donne-toi toute à moi » – 7 décembre 1943 Aujourd’hui s’ouvre le centenaire de la naissance de Chiara Lubich, qui sera célébré partout où se trouvent des personnes qui ont fait leur son « Idéal » – comme elle avait l’habitude de dire – d’unité et de fraternité universelle. « Célébrer pour rencontrer », c’est sous cet intitulé que des événements très divers verront le jour tout au long de l’année 2020. « Célébrer » parce qu’on fera mémoire d’elle, mais ce sera pour donner à de nombreuses personnes l’occasion de connaître le message qui était le sien. Aujourd’hui dans les »Gallerie » (Tunnels) de Trente, sa ville natale, aura lieu l’inauguration de l’exposition « Chiara Lubich Ville-Monde », une création remarquable réalisée par la Fondation Musée historique du Trentin et le Centre Chiara Lubich (Rocca di Papa). Pourquoi le 7 décembre 2019 et non le 22 janvier 2020, jour de l’anniversaire de Chiara, ou le 14 mars, jour de sa naissance au Ciel (dies natalis) ? Tout simplement parce que le 7 décembre 1943, Silvia Lubich est devenue Chiara, si l’on peut dire ainsi. En effet, quelques jours plus tôt, sa mère avait demandé à ses deux sœurs d’aller chercher du lait dans une ferme voisine : comme elles hésitaient à quitter la maison à cause du froid, Silvia y alla à leur place. Pendant qu’elle accomplissait cet acte d’amour, elle perçut clairement un appel intérieur : « Donne-toi toute à moi. » De retour chez elle, Silvia avait envoyé une lettre enflammée au prêtre qui l’accompagnait et celui-ci, après un entretien approfondi, l’avait autorisée à se donner à Dieu pour toujours. Ainsi, le 7 décembre 1943, avant l’aube, lors d’une messe matinale célébrée pour l’occasion, Silvia avait, dans le plus grand secret – comme elle-même le dira -, « épousé Dieu ». Trente ans plus tard, elle écrit à ce sujet : « Imaginez une jeune fille amoureuse ; amoureuse de cet amour qui est le premier, le plus pur, qui n’est pas encore déclaré, mais qui commence à enflammer son âme. Avec une seule différence : la jeune fille qui est ainsi éprise sur cette terre a dans les yeux le visage de son bien-aimé ; mais elle, elle ne le voit pas, elle ne l’entend pas, ne le touche pas, ne sent pas son parfum avec les sens de ce corps, mais avec ceux de l’âme, par lesquels l’Amour est entré et l’a envahie tout entière. D’où une joie caractéristique, difficile à éprouver à nouveau dans la vie, joie secrète, sereine, exultante. » Silvia Lubich, selon l’état civil, avait été très frappée par la réponse donnée par Claire d’Assise à saint François qui lui avait demandé ce qu’elle voulait : « Dieu ! » Cette jeune fille d’Assise de dix-huit ans, belle et pleine d’espérances, avait su mettre tous les désirs de son cœur en ce seul Être digne de tout l’amour : « Dieu. » Avec cet exemple devant les yeux, Silvia avait transformé son nom en Chiara (Claire), parce qu’elle aussi éprouvait au-dedans d’elle les mêmes sentiments. Changer de nom, c’est comme acquérir une nouvelle identité. Ce changement, désiré d’abord en son cœur, se concrétisait le 7 décembre 1943. Ce matin-là, Silvia épousa Dieu et devint Chiara. Plus tard, le 7 décembre a été choisi comme date symbolique de la naissance du Mouvement des Focolari. Grâce à cet acte de donation totale, en fait, sa première pierre avait été posée. Des années plus tard, l’Église catholique donnera à cet édifice le nom d’ «Oeuvre de Marie ». C’est avec ce nom : « Dieu », que commença la divine aventure de Chiara et avec elle aussi celle du Mouvement des Focolari. « Dieu » résume tout ce que signifie le 7 décembre pour Chiara Lubich. Il n’y a donc assurément pas de meilleure date pour inaugurer l’année du centenaire de sa naissance.
Michel Vandeleene
4 Déc 2019 | Non classifié(e)
De l’intervention d’Andrea Riccardi, fondateur de Saint Égide et ami personnel de Chiara, à la conférence de presse du 18 novembre dernier. A quelques jours de l’ouverture officielle du centenaire de Chiara Lubich, le 7 décembre prochain, nous proposons une grande partie de l’intervention d’Andrea Riccardi, fondateur de la Communauté de Saint Égide, à la conférence de presse du 18 novembre dernier. Ami personnel de Chiara, collaborateur dans la construction du cheminement d’unité des mouvements dans l’Église, il offre une réflexion sur l’humanité et l’historicité de sa figure, encore beaucoup à découvrir. Il arrive que le temps réduise les grandes figures à des « images pieuses », les rende poussiéreuses ou les fasse tomber dans l’oubli. Chiara avait un cœur plein de Sainteté, mais elle n’était pas une image pieuse, elle était une femme vraie, une femme « volcanique », une femme de la région de Trente qui s’était ouverte au monde. Elle est partie de Trente pour aller dans le monde entier ; ce fut cela l’histoire de Chiara : de Trente, à Rome, au monde. Et c’est vrai ce qui a été dit : si tu vas dans de nombreuses parties du monde, inconnues, même en Afrique, tu trouves non seulement des filles et des fils de Chiara, mais tu sens le passage de Chiara et de sa pensée. Cent ans sont passés depuis sa naissance. Cent années, c’est beaucoup. Chiara est née en 1920, la même année que Jean Paul II, qui toujours lorsqu’il la voyait l’appelait : « ma contemporaine ». Tous deux ont été touchés par le drame de la Seconde Guerre Mondiale . A Trente, Chiara l’a très fort ressenti et a porté son Charisme à maturation – si je peux m’exprimer ainsi – au cœur de la seconde guerre mondiale, dans un monde profondément divisé et déchiré par la douleur de la guerre. Chiara, selon moi, est une figure importante aussi au-dehors de l’Église car elle n’a pas été seulement une figure interne à l’Église, même si elle était profondément ancrée dans l’Église, en unité avec celle-ci, mais toujours tendue vers le monde. Elle n’a pas été une chrétienne « de sacristie », mais elle a aimé et regardé le monde. Chiara a été un personnage historique. Dans une histoire du christianisme du 20ème siècle, faite en grande partie par les hommes qui ont laissé aux femmes un coin ou l’autre de mystique ou de l’une ou l’autre expérience de charité, Chiara a été une femme qui a fait l’histoire au monde entier : mystique, charité, mais aussi politique, changement de vie, passion. C’est ainsi que je l’ai connue. Elle avait une grande capacité de rapport personnel, d’amitié : elle avait le charisme de l’amitié, personne n’était le même que l’autre. C’était une femme qui rencontrait des milliers de personnes, et pourtant, pour elle, personne n’était égal à un autre. Elle avait ensuite une grande capacité : celle de communiquer une passion. Elle a été une femme passionnée, passionnée par l’unité du monde. L’Unité est ce qui aide à comprendre son existence et sa recherche de la paix, qui est aussi œcuménisme. Elle vécut une profonde sensibilité œcuménique – plus que beaucoup d’experts en œcuménisme – et je voudrais rappeler à ce propos – son rapport avec le Patriarche Athénagoras, dont j’ai parlé aussi dans un de mes livres. Il y a aussi une lettre que j’ai publiée, dans laquelle on affirme ceci : « on dit de la demoiselle Chiara Lubich, par le fait qu’elle est femme et qu’elle n’est pas théologienne, elle se passionne dès lors facilement… », mais aujourd’hui je voudrais dire que, justement parce qu’elle n’était pas théologienne et ayant été une femme, Chiara avait compris plus que les techniciens de l’œcuménisme. Unité, c’est aussi dialogue afin de rejoindre la paix. Chiara écrit « Les enfants de Dieu sont les enfants de l’amour, ils combattent avec une arme qui est la vie elle-même de l’homme ». C’est-à-dire, la vie en tant que don, et, à travers le don de la vie, on lutte pour changer le monde et pour changer les autres et réaliser cet idéal. Chiara a été consumée par la passion pour l’idéal. Et cela me semble, personnellement, un point fondamental sur lequel il faut revenir et réfléchir. Maria Voce a parlé du fait que nous sommes dans une époque de division. J’ajouterais que nous sommes aussi dans une époque de petites passions. Chiara peut aussi être impopulaire aujourd’hui, justement parce que nous pensons en termes de divisions et vivons de petites passions. Mais je crois que cette année que vous dédiez, que nous dédions, à rappeler et à faire revivre et rencontrer Chiara Lubich est aussi une année qui remet en question les modestes passions et la résignation à un monde divisé. Chiara écrit : « Espérons que le Seigneur compose un ordre nouveau dans le monde. Lui est le seul capable de faire de l’humanité, une famille, de cultiver ces distinctions entre les peuples pour que, dans la splendeur de chacun au service de l’autre, reluise l’unique lumière de vie qui, embellissant la patrie terrestre, fait de celle-ci une antichambre de la patrie éternelle ». Je pense que célébrer ce centenaire est un service à l’humanité et aussi à la pensée un peu aride de notre temps. Son contemporain Wojtyla écrivait : « le monde souffre, surtout pour le manque de vision ». Je crois que notre monde peut refleurir grâce à une vision qui est celle de Chiara Lubich. Une seule mise en garde : lorsque nous utilisons la parole célébration, nous devons faire attention. Maria parle à juste titre de rencontre. C’est une rencontre engageante et cette rencontre, chère Maria, doit aussi être histoire. Nous devons avoir le courage de réécrire l’histoire de Chiara Lubich à son époque, afin de mieux comprendre comment son action a changé l’histoire. Je pense par exemple à l’aventure d’envoyer des focolarini dans l’Est européen et combien cela a ainsi contribué aussi à la chute du mur. Chiara n’a pas choisi de se réfugier en Occident, en acceptant le mur. Et donc, je suis certain que cette année, qui s’ouvre aujourd’hui, fera grandir la figure de Chiara dans une nouvelle rencontre avec notre temps et ne la fera pas rapetisser.
4 Déc 2019 | Non classifié(e)
Rencontre entre la Présidence de l’Action Catholique italienne et le Conseil Général du Mouvement des Focolari. Décision d’une action commune d’aide aux victimes du tremblement de terre en Albanie. Le 29 novembre 2019 après-midi, une cinquantaine de personnes, parmi les membres de la Présidence nationale de l’Action catholique, du Conseil Général du Mouvement et les responsables des Focolari pour l’Italie, se sont réunis au Centre international des Focolari à Rocca di Papa. L’entente est palpable dès le début et, au fil du déroulement de la rencontre, elle manifeste toute la richesse de la communion : « La saison est propice, l’Esprit souffle dans cette direction », dit Matteo Truffelli, président de l’Action catholique italienne (ACI). « Réunis avec d’autres réalités ecclésiales, nous expérimentons un surplus d’ecclésialité », dit Jesús Morán, co-président du Mouvement des Focolari. Suite à la prière de Mgr Gualtiero Sigismondi, assistant ecclésiastique de l’ACI, Maria Voce, présidente des Focolari, explique la vocation spécifique du Mouvement à l’unité. Matteo Truffelli a à son tour présente le point fort de son association : l’esprit missionnaire auquel le Pape François a invité l’Action catholique. Le défi de l’universalité est celui que nous voulons relever avec enthousiasme. Les deux organisations échangent leurs expériences dans différents milieux. Les Focolari retracent l’inspiration de Chiara dans les domaines interreligieux, culturels et œcuméniques. Une initiative rassemble aujourd’hui des mouvements de diverses Églises chrétiennes (évangéliques, orthodoxes et anglicans), à donner des réponses concrètes à l’Europe dans le parcours « Ensemble pour l’Europe ». Le dialogue interreligieux trouve une clé dans la fraternité humaine. Les relations avec les fondateurs de mouvements d’autres religions sont également fructueuses. A l’ère du pluralisme, le difficile défi est de gérer la diversité culturelle, le rejet de la diversité, le risque du fondamentalisme ou de l’assimilation. Il existe un large éventail d’initiatives dans les domaines politique, économique, du désarmement, environnemental, scolaire, mais nous voulons rendre aussi l’Église plus belle. Les enfants et les jeunes sont parmi les protagonistes des plus importantes questions contemporaines. En nous interrogeant sur comment concrétiser sa propre expérience de foi dans le monde du travail, l’Action Catholique a lancé le projet Fuori Sede pour les jeunes, les étudiants ou les travailleurs, qui doivent poursuivre ailleurs leur obligation. Avec le Pellegrinaggio Mariano nous pensons aussi aux adultes qui ont une affinité avec la religiosité populaire. Nous collaborons aussi avec le projet Policoro de la Conférence épiscopale italienne. A la fin de cet après-midi de communion, Matteo Truffelli propose une action commune pour soutenir la population touchée ces derniers jours par un tremblement de terre sévère en Albanie. Jesús Morán se fait le porte-parole de l’écho immédiatement positif. Les experts des deux organisations élaborent un plan d’action pour mettre en œuvre cette collaboration.
Lina Ciampi
1 Déc 2019 | Non classifié(e)
Quelle vision a-t-on, au Nord de l’Afrique, du phénomène migratoire vers l’Europe ? Dans quelle mesure est-il possible de mettre l’homme au centre, en passant ainsi d’une vision purement économique à celle humaine de la migration ? Interview faite à Pasquale Ferrara, ambassadeur italien à Alger. Selon l’UNHCR*, du premier janvier au 21 octobre 2019, ont débarqué par la mer sur les côtes européennes d’Italie, de Malte, de Chypre, d’Espagne et de Grèce, 75.522 migrants. A ceux-ci s’ajoutent les 16.322 arrivés par voie terrestre en Grèce, et en Espagne, pour un total de 91.844 personnes, dont 9.270 en Italie, 2.738 à Malte, 1.183à Chypre, 25.191 en Espagne, 53.462 en Grèce. Données qui suivent une tendance à la baisse et classent la phase d’urgence, mais ne suffisent pas à l’Europe pour engager un dialogue élargi et constructif sur le thème : la perspective de la création d’un système européen de gestion des flux est assez lointaine, et en général, la confrontation au niveau institutionnel ne tient pas compte de la perspective des pays africains. A Alger, nous avons rejoint l’Ambassadeur italien, Pasquale Ferrara : Ambassadeur, quelle vision a-t-on, au Nord de l’Afrique, du phénomène des migrations vers l’Europe ? Vu de l’Afrique, il s’agit d’un phénomène historique et structurel, surtout infra-africain, car l’écrasante majorité des mouvements de migrations et de réfugiés advient entre pays africains : plus de 20 millions de personnes vivent dans un pays différent de celui d’origine. Une autre chose, les migrations vers l’Europe qui craignent un flux incontrôlable. Ici, le cadre dans lequel lire le phénomène est seulement celui du différentiel de développement. En Europe, on fait souvent la distinction entre réfugiés politiques et migrants économiques. Mais souvent, les migrants économiques africains sont le résultat d’une très mauvaise gestion politique des états, car il y a un problème de gouvernance, d’appropriation des ressources de la part des oligarchies, d’inclusion sociale. Et donc, d’une certaine manière, ceux-ci sont aussi qualifiables de réfugiés politiques. Au-delà des migrations irrégulières, en ce qui concernent l’Afrique du Nord, il faudrait rétablir dans la région méditerranéenne, cette mobilité circulaire des populations qu’on a toujours observée au cours de l’histoire. Cela signifie par exemple, la possibilité de venir en Europe pour une période d’étude ou de travail, pour ensuite retourner dans le pays d’origine. Actuellement, ces déplacements sont soumis à l’octroi du visa, qu’il est cependant très difficile à obtenir à cause des nombreux et nécessaires contrôles. Pour de nombreuses personnes, cela représente un drame, d’où la tentation, pour celui qui reçoit le visa, même s’il s’agit de personnes ayant de bonnes intentions, c’est souvent celle de ne plus retourner dans le pays d’origine. Le visa doit être maintenu, mais, dans l’optique de favoriser la mobilité circulaire, il est nécessaire de penser à un système plus structuré. Il y a ensuite un autre facteur qui donne une impulsion à la migration, et c’est la différence en ce qui concerne la qualité des services qu’une société offre : les services de santé et ceux de la sécurité sociale en général, dont le manque de disponibilité et de qualité influence aussi celle-ci, avec d’autres facteurs comme la violence endémique, sur le sentiment d’insécurité, ou les services d’éducation et donc même celui qui ne vit pas une situation de misère absolue tente d’accoster en Europe pour donner une meilleure éducation aux enfants. Nous devrions donc plus investir dans la formation des classes dirigeantes des praticiens, des éducateurs. A Alger, même si c’est pour un nombre limité, nous essayons de le faire, en augmentant les bourses d’étude pour les jeunes algériens qui vont en Italie pour étudier la musique, l’art, la restauration, comme investissement pour leur futur professionnel. Y a-t-il une responsabilité de l’Occident dans l’appauvrissement des pays africains ? « Je serais très prudent. C’est une explication qui donne bonne conscience à certaines oligarchies afro-africaines pour décharger les propres responsabilités aussi au niveau de la gouvernance qui est douteuse dans sa légitimation et dans ses résultats. La période coloniale a beaucoup marqué l’Afrique et les responsabilités passées de l’Occident sont prouvées, mais depuis la décolonisation, 50 années au moins sont passées et il est difficile d’imputer à l’Occident les problématiques des sociétés africaines d’aujourd’hui. La qualité de la gouvernance a un poids très important. Il y a plutôt aujourd’hui, en Afrique, une présence forte de la Chine avec des programmes liés aux ressources naturelles et minérales dans presque tous les pays. La Chine considère l’Afrique comme un grand marché, mais l’échange est asymétrique à la faveur de Pékin. Toutefois, pour compenser ce déséquilibre, la Chine réalise à ses frais, des travaux d’infrastructure, des stades, des théâtres, des centres culturels pour des milliards de dollars. Dans la gestion du phénomène, l’Europe fait des pas incertains. Il manque des politiques communautaires et il semble que le principe de responsabilité partagée ne réchauffe pas les cœurs en Europe… Le choix de la solidarité ne peut pas dépendre de la bonne volonté des différents gouvernements et des différentes variations des orientations de ceux-ci. La question migratoire doit devenir une compétence exclusive de l’Union européenne en tant que telle, comme c’est le cas pour les politiques commerciales pour lesquelles les états de l’UE ont donné à Bruxelles, la responsabilité exclusive de négocier des accords avec des pays extra-européens. Aujourd’hui au contraire, d’un côté, pour une question de souveraineté nationale, les états veulent garder le contrôle sur les migrations et sur les frontières et c’est compréhensible. D’un autre côté, ils accusent l’Europe d’inertie, à laquelle ils ne donnent cependant pas les compétences nécessaires pour œuvrer efficacement. Mais passer à cette dimension décisive me semble improbable maintenant, en considérant la résistance que ce sujet rencontre vis-à-vis des politiques internes. * https://data2.unhcr.org/en/situations/mediterranean Fin 1ère PARTIE
D’après Claudia Di Lorenzi
29 Nov 2019 | Non classifié(e)
La communauté locale des Focolari et la Coordination Urgences du Mouvement, travaillent avec la Caritas et d’autres familles religieuses, pour aider les personnes touchées par le séisme. Dans la nuit du 25 au 26 novembre derniers, un violent tremblement de terre a frappé la côte nord de l’Albanie, dans la zone de la ville de Durres. À ce jour, il y a au moins 47 morts, 600 blessés et des milliers de personnes déplacées et il semble qu’il y ait encore de nombreuses personnes sous les décombres. Le séisme a causé d’énormes dégâts – des bâtiments effondrés et des centaines de personnes sans abri – il a été ressenti également dans d’autres régions d’Albanie et de la côte adriatique. La communauté locale des Focolari est engagée – avec la Caritas Albanie, les Caritas diocésaines, les paroisses et d’autres familles religieuses – à cartographier le territoire afin de recenser les maisons, les écoles, les églises et les bâtiments endommagés et à planifier des interventions coordonnées. De Tirana, ils nous ont communiqué : « Nous sommes ensemble avec la Caritas et les autres réalités et, comme toujours, nous agissons ensemble ». Nous portons une attention particulière aux villages et aux zones éloignées des grands centres urbains – inconnus des médias – qui ont pourtant subi des dégâts importants. « Créer des ponts, favoriser les circuits de communication, mettre en réseau les besoins et les ressources – soulignent-ils – est une priorité commune. » Le Mouvement des Focolari apporte un soutien concret en accueillant les familles et les personnes qui ne peuvent retourner dans leurs maisons endommagées, en leur offrant un hébergement dans les maisons d’autres familles, situées dans des zones non touchées par le séisme. On offre également la possibilité de faire une estimation technique des dommages subis. La présence des Focolari est également tangible dans l’assistance psychologique apportée aux victimes du tremblement de terre, qui souffrent également de l’état d’alerte permanent dû à la persistance des secousses. Les centres des Focolari de Macédoine ont manifesté leur solidarité et les jeunes du Mouvement s’activent également pour apporter de l’aide. Il est clair qu’un effort de coordination unanime est la priorité de ces premiers jours d’urgence, tandis que dans les mois à venir, il sera nécessaire de construire un plan de reconstruction. Le Pape François a également voulu exprimer sa proximité spirituelle et son soutien paternel aux personnes et aux territoires touchés : « Je suis proche des victimes, je prie pour les morts, les blessés, les familles – a-t-il dit à l’audience générale du mercredi 27 novembre – que le Seigneur bénisse ce peuple que j’aime tant. » ________________________________________ Les comptes courants suivants ont été activés pour ceux qui souhaiteraient apporter leur collaboration : Azione per un Mondo Unito ONLUS (Action pour un Monde Uni ASBL) (AMU) IBAN: IT58 S050 1803 2000 0001 1204 344 Codice SWIFT/BIC: CCRTIT2T À la Banca Popolare Etica Azione per Famiglie Nuove ONLUS (Action pour Familles Nouvelles ASBL) (AFN) IBAN: IT11G0306909606100000001060 Codice SWIFT/BIC: BCITITMM À la Banca Intesa San Paolo MOTIF : Emergenza terremoto in Albania (Urgence tremblement de terre en Albanie) ——————————————— Les contributions versées sur ces deux comptes courants seront gérées conjointement par l’AMU et AFN. Pour de tels dons, des avantages fiscaux sont prévus dans de nombreux pays de l’Union européenne et dans d’autres pays du monde, selon les différentes réglementations locales. Les contribuables italiens pourront obtenir des déductions sur leurs revenus, conformément à la réglementation applicable aux associations sans but lucratif, à concurrence de 10% de leurs revenus et dans la limite de 70.000,00 € par an, à l’exclusion des dons en espèces.
28 Nov 2019 | Non classifié(e)
« Célébrer pour se rencontrer » : l’ouverture du centenaire la naissance de Chiara Lubich a été annoncée à la presse. Elle aura lieu le 7 décembre prochain à Trente, avec l’inauguration de l’exposition internationale « Chiara Lubich ville-monde ».

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« Chiara est vivante. Elle est vivante à travers l’esprit qu’elle nous a donné, l’Oeuvre qu’elle a fondée et le nombre considérable de ses disciples, désormais présents dans le monde entier. » C’est avec ces mots que la présidente des Focolari, Maria Voce, a résumé l’esprit avec lequel, partout dans le monde, le mouvement se prépare à vivre l’année 2020, celle du 100e anniversaire de la naissance de sa fondatrice. Chiara Lubich est née le 22 janvier 1920 à Trente, la ville « pilote » qui accueillera de nombreux événements du centenaire, dont celui qui l’ouvrira officiellement le 7 décembre prochain avec une exposition internationale aux « Gallerie de Piedicastello » (les Tunnels de Piedicastello). Une date très symbolique, car c’est le 7 décembre 1943, en pleine Seconde Guerre mondiale, que Chiara se consacre à Dieu, donnant naissance à « la divine aventure » de sa vie et de celle de millions de personnes dans le monde. Lors de la conférence de presse qui s’est tenue à Rome le 18 novembre au Bureau de la Presse Étrangère, la Présidente a expliqué que le but de cet anniversaire – intitulé « Célébrer pour se rencontrer » – n’est pas de se souvenir de Chiara, mais de la « rencontrer » à travers ses œuvres, les témoignages de ceux qui l’ont connue , la vie des membres du Mouvement et son « message de fraternité, d’unité et de communion. » Un message qu’elle a « vécu d’abord elle-même » en nouant des relations « avec les personnes les plus diverses en termes de culture, de religion et d’ethnie », parce qu’elle était convaincue « que Dieu est notre Père à tous et que chacun est donc un frère. » Un message de fraternité universelle qui est aujourd’hui plus que jamais d’actualité « en raison des courants séparatistes, des divisions, des murs qui s’élèvent, des barrières qu’on essaie de construire et que, convaincus qu’elles peuvent être renversées, nous essayons de faire tomber. » A quelques jours du 30ème anniversaire de la chute du mur de Berlin, Andrea Riccardi, fondateur de la Communauté de Sant’Egidio, lié à Chiara par une profonde amitié spirituelle, rappelle que «L’odyssée des focolarini envoyés en Europe de l’Est a contribué à la chute du mur.» Pour Riccardi, Chiara est une « figure historique » au profil inédit : « Dans une histoire du christianisme du XXe siècle composée en grande partie d’hommes » et « qui a laissé aux femmes quelques espaces réservés à la mystique ou à la charité, Chiara a été une femme qui a marqué l’histoire à tous points de vue : non seulement dans le domaine de la mystique et de la charité mais aussi de la politique, des modes de vie, de la passion [ndt : des aspirations humaines]. » « L’unité est la clé qui permet de comprendre son existence, sa recherche de la paix, de l’œcuménisme », a-t-il ajouté, en rappelant sa relation avec le Patriarche œcuménique Athénagoras. Selon lui, même si elle n’était pas théologienne, Chiara, précisément en tant que femme, « avait davantage cerné cette question que les spécialistes de l’oecuménisme. » Dans ce monde de divisions et de petites passions, qui « souffre avant tout d’un manque de vision », dit-il en citant Saint Jean Paul II, « Chiara peut être très impopulaire », mais sa conception de la vie peut à juste titre faire « refleurir » l’humanité. La valeur prophétique de son message a été soulignée par Maurizio Gentilini, historien et chercheur, auteur de la biographie « Chiara Lubich, la voie de l’unité entre histoire et prophétie », qui sera publiée prochainement par Città Nuova. En ce qui concerne les avancées du Magistère de l’Église, observe-t-il, Chiara est, avec 20 ans d’avance, en profonde harmonie avec les perspectives et les intuitions qui seront celles de l’esprit du Concile Vatican II. De plus, « après des siècles d’herméneutique abstraite, Chiara semble donner à la Trinité une valeur empirique parce qu’elle affirme que nous sommes faits de relations » et que « Dieu, qui est Père, Fils et Esprit Saint, qui nous a créés à son image, a imprimé en nous ce désir de communion ». A l’ère de l’individualisme et du choc des civilisations, elle s’approprie ce désir et « le concrétise en prônant la nécessité du dialogue, qui devient le moyen privilégié pour contribuer à l’avènement de la fraternité au sein de la famille humaine ». Dans l’analyse de Gentilini, Chiara Lubich anticipe la nécessité d’une Église en sortie, qui trouvera « une forte impulsion dans l’Evangelii Gaudium » du Pape François, et propose le « critère de l’amour et de la miséricorde » comme guide pour l’application de toute loi, qui sera par la suite « au coeur de Amoris Laetitia ». 
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L’E xposition qui inaugurera à Trente le riche calendrier de manifestations qui auront lieu sur les cinq continents – promue par la Fondazione Museo Storico del Trentino (Fondation Musée Historique du Trentin) et le Centre Chiara Lubich – est intitulée « Chiara Lubich, Città Mondo »(Chiara Lubich ville-monde) et raconte l’histoire de la naissance et de la diffusion de son message de fraternité universelle, qui dépasse les frontières de cette première ville pour se répandre dans le monde et atteindre les autres cultures, religions, sensibilités, mais aussi celles d’aujourd’hui pour se projeter avec intensité dans le futur. Le choix du lieu est d’ailleurs significatif, explique Giuseppe Ferrandi, directeur de la Fondation : ce sont deux tunnels désaffectés, marqués par l’asphalte et le béton armé, construits au cœur du quartier pour séparer la place et la cathédrale. La rencontre de cette « périphérie » avec Chiara Lubich et son message d’unité « est fantastique ». Les détails de l’Exposition et des événements à venir peuvent être consultés à l’adresse www.centrochiaralubich.org
Claudia Di Lorenzi