Mouvement des Focolari
Brésil, c’est parti !

Brésil, c’est parti !

Les étapes du voyage Le Brésil. est la cinquième puissance économique mondiale avec 8,5 millions de Km2 et presque 200 millions d’habitants– descendants de l’immigration européenne et asiatique, des africains arrivés au cours des siècles passés en tant qu’esclaves et des populations d’origine du lieu, en plus des immigrants du monde entier – qui parlent une seule langue : le portugais. Un pays aux dimensions continentales, avec des conditions climatiques et géographiques différentes, de grandes richesses naturelles et un fort potentiel de croissance. Un pays également marqué par de grands contrastes sociaux, qui diminuent un peu, notamment grâce aux efforts des derniers gouvernements. Ce sont les défis d’une démocratie jeune, d’une nation sortie d’une dictature militaire il y a moins de 30 ans. C’est ici qu’en 1991, Chiara Lubich, touchée par les graves problèmes sociaux, lance les bases d’une vraie révolution dans le domaine économique avec l’Économie de Communion (ÉdeC), projet aujourd’hui connu dans le monde entier. Mais ce n’est pas seulement dans le domaine de l’économie que l’expérience de vie des Focolari s’est développée.

Mariapoli Ginetta

En effet, elle a des conséquences sur le tissu social dans différents domaines : éducation, santé, politique, art, promotion humaine – comme en témoignent les expériences de Santa Teresinha et Magnificat, dans le Nordest ; du Bairro do Carmo et du Jardim Margarida, à San Paolo – ainsi que dans diverses spécialités. Un exemple est le groupe de recherche sur « Droit et fraternité », actif depuis 2009 au Centre de Sciences juridiques de l’Université fédérale de Santa Catarina. Variées sont les activités dans tous les États du Brésil : de l’école de formation politique Civitas à João Pessoa, aux actions de solidarité des Jeunes pour un monde uni et aux week-ends pour les familles dans l’État d’Alagoas ; des olympiades pour jeunes dans l’État de Rio Grande do Sul, au Projet Unicidade à la Mariapolis Ginetta, qui cette année célèbre son 40e anniversaire – seulement pour en nommer quelques-unes. Mais comment est née cette vie ? Faisons un bond en arrière. C’était l’année 1958. À Recife arrivent trois focolarini de l’Italie : Marco Tecilla, Lia Brunet et Ada Ungaro. Ils communiquent leur expérience dans des écoles, universités, paroisses, associations, hôpitaux, familles. Après un mois, ils poursuivent leur voyage : Rio de Janeiro, San Paolo, Porto Alegre et ensuite Uruguay, Argentine et Chili. À leur retour en Italie, l’avion fait une escale d’urgence à Recife à cause d’une avarie sérieuse et ils y restent quatre jours. Ils en profitent pour nouer de nombreux contacts. C’est ainsi qu’est née la communauté des Focolari dans le Nordest brésilien. Elle sera la première d’une longue série. Avec l’arrivée continue d’autres focolarini, les premiers centres du Mouvement s’ouvrent à Recife en 1959. Une grande diffusion de l’Idéal de l’unité se produit dans les métropoles et dans les villages, entre jeunes et adultes, blancs et noirs, riches et pauvres… avec une caractéristique : l’harmonie sociale. De nombreuses œuvres sociales sont accomplies comme résultat de la vie enracinée dans l’Évangile. En 1962 s’ouvre un centre à San Paolo. Naissent la Maison d’édition Cidade Nova et le journal Cidade Nova. D’autres centres éclosent : Belém, 1965 ; Porto Alegre, 1973 ; Brasilia, 1978. Aujourd’hui, il y a des centres dans presque toutes les 27 capitales des États et dans beaucoup d’autres villes. En 1965 naît, près de Recife, la première cité-pilote de témoignage du Mouvement, sous le nom de Santa Maria, pour souligner l’amour de ce peuple pour Marie. Deux ans après, naît celle de San Paolo – Araceli, aujourd’hui Ginetta, en souvenir d’une des premières focolarines qui a eu un rôle déterminant dans la diffusion et la progression du Mouvement au Brésil. Suit la cité-pilote de Belém, Gloria, pendant qu’à Porto Alegre le Centre mariapolis Arnold a une orientation œcuménique ; et la cité-pilote de Brasilia est baptisée Maria Madre della Luce. Chiara Lubich a toujours témoigné un grand amour pour le Brésil et ses habitants, « un peuple qui ressemble beaucoup à celui qui écoutait Jésus : magnifique, magnanime, bon, pauvre, qui donne tout : cœur et biens ». Sa première visite a lieu en 1961, à Recife. Elle y retournera cinq autres fois. Elle reçoit différentes reconnaissances publiques et des doctorats honoris causa. En 1998, sa dernière visite, elle inaugure le Pôle Spartaco, premier complexe entrepreneurial de l’ÉdeC dans le monde. À cette occasion, un des pères du Brésil démocratique, le professeur Franco Montoro, s’adressant à elle dans un discours tenu à l’Université publique de San Paolo (USP), a reconnu dans la pensée et dans l’œuvre du Mouvement, non seulement au Brésil, un « témoignage cohérent qui a touché des millions de personnes. Il a sauvé les droits de l’homme durant les dictatures et, durant le boom de la science, il a montré que l’éthique doit nous guider. Il a promu l’amour, la fraternité universelle ». Les membres du Mouvement s’engagent à vivre ces valeurs aujourd’hui, avec beaucoup d’autres, dans une période historique qui voit le Brésil se distinguer dans le panorama mondial et être le protagoniste d’événements comme la Journée mondiale de la Jeunesse en 2013 et la Coupe du Monde de football en 2014. Website: www.focolares.org.br/sitenacional Aperçus sur le Notiziario Mariapoli  Espace réservé    

Brésil, c’est parti !

Chiara et les religions, bâtisseurs d’unité

« Alors que nous sommes dans l’obscurité et que quelqu’un nous apporte une lumière,on ne se demande pas si c’est un homme ou une femme, un jeune ou une personne âgée », voilà comment Chiara Lubich « nous parlera de la lumière qu’elle a découverte ». Ces paroles du Grand Maître bouddhiste Ajahn Thong sont devenues célèbres lorsqu’en 1997 il l’a invitée à lui rendre visite en Thaïlande dans un monastère. Aujourd’hui ce n’est pas seulement un souvenir, mais un pas pour se lancer vers le futur, enraciné dans l’expérience ouverte de Chiara Lubich et vécu par de nombreuses personnes en passant par la diversité de chacun. « Nous nous sommes rencontrés en divers endroits du monde, découvrant que nous pouvons devenir frères. Ensemble nous sommes appelés à continuer sur cette route et en faire une réalité quotidienne. Un témoignage en chœur, une polyphonie, qui est la preuve d’un choix et d’un engagement commun », affirme Roberto Catalano, co-responsable du Centre pour le dialogue interreligieux du mouvement des Focolari. En disant cela, il a devant lui un parterre de 500 personnes rassemblées dont 250 qui ont participé aux 3 journées précédentes du congrès interreligieux à Castel Gandolfo. Parmi eux, une représentation de 20 personnes de 8 religions avait rencontré le Pape François avant l’audience générale du 19 mars: « une figure paternelle qui faisait grandir la fraternité entre nous », a commenté la théologienne musulmane iranienne Shahrzad Houshmand, qui a remis au Pape une lettre au nom des musulmans réunis au congrès organisé par les Focolari, dans laquelle ils expriment « l’amour profond et respectueux pour Votre personne et pour la main tendue plusieurs fois vers les musulmans dans le monde ». Kala Acharya, hindoue, professeur à Mumbai, relate qu’elle a accueilli avec joie l’invitation du Pape à cheminer sans s’arrêter : « pour nous aussi la joie de cheminer est plus importante que celle d’arriver à destination ». Puis à tous le pape a demandé : « Priez pour moi ». (C) CSC Media Enrichi par ce moment, le congrès interreligieux a ouvert ses portes à un après midi public. Le lieu choisi est l’Université Pontificale Urbaniana, une académie caractéristique pour son attention particulière aux cultures des peuples et des grandes religions du monde. Le titre est « Chiara et les religions », mais on pourrait aussi parler de Chiara et des croyants de divers chemins religieux. « Parmi ses grandes capacités et peut-être celle qui a eu le plus d’impact sur notre monde que les autres, a été de « savoir dialoguer », a affirmé la présidente des Focolari Maria Voce. « Chiara avait eu l’intuition que la route de l’humanité pouvait être diverse, dirigées vers la paix, mais à condition d’un changement radical de mentalité » parce que l’autre « non seulement n’est pas une menace, mais un don ». Quel est son secret ? Maria Voce l’explique ainsi : « L’amour, qu’elle, en tant que chrétienne, a découvert dans l’évangile et en Jésus, mais dont elle a trouvé la présence même dans les autres croyances et cultures ». Une proposition qui transforme un « choc possible de civilisations en une véritable rencontre d’hommes et de femmes de cultures et religions différentes ». (C) CSC Media Les réflexions du cardinal Arinze sur l’impact du charisme de Chiara sur le dialogue sont les propositions pour le dialogue interreligieux, lui qui était président du conseil pontifical pour le dialogue interreligieux et qui a connu personnellement Chiara Lubich : « les Focolarini et les Focolarines sont un peuple en chemin, en communion, en mouvement. Ils vont à la périphérie : ils sortent, ils rencontrent, ils dialoguent, écoutent et collaborent ». A la fin, une série de témoignages du monde musulman, bouddhiste, hindou et du monde hébraïque, montre une figure géométrique aux mille facettes : le Dr. Waichiro Izumita, japonais, bouddhiste du  Risho Kosei Kai ; le moine thaïlandais  Phra Thongrattana Thavorn  qui aime se faire appeler  par le nom que Chiara  affectueusement lui a donné : Luce Ardente. Il parle de sa première rencontre face à face avec Chiara : « j’ai été très impressionné par sa personne, ses yeux, sa simplicité, son attention, le respect pour ce que je suis, son écoute profonde, par l’atmosphère indicible… elle m’a parlé de sa vie chrétienne, du charisme de l’unité… je me sens moi aussi un de ses fils, non seulement pour la lumière que j’ai reçue, mais pour la passion à répandre la lumière de l’unité entre tous ». Le Rabbin David Rosen, de Jérusalem s’est exprimé ainsi : « le commandement d’aimer Dieu exige de nous de suivre l’exemple d’Abraham : faire en sorte que Dieu soit aimé aussi par les autres. Et ça on le voit dans le mouvement des Focolari ». Puis c’est le tour de l’Imam Ronald Shaheed, de la mosquée de Milwaukee, parmi les plus étroits collaborateurs de l’Imam W.D. Mohammed et Ahmer Al-Hafi, professeur de religions comparées en Jordanie : « Chiara m’a aidé à comprendre le Coran sous tous ses aspects les plus profonds. Chiara m’a fait comprendre que l’amour est l’essence de Dieu, et que la religion de l’amour est une ». Et Vinu Aram, hindoue, présidente honoraire des Religions pour la paix, raconte qu’elle a connu Chiara étant enfant, parce que « amie de ses parents », et d’en avoir découvert le message étant plus grande, dont elle s’inspire constamment dans son chemin pour « construire un monde uni, un monde où chacun puisse se sentir chez lui ».

(C) CSC Media

« Dialogue et prophétie » de Chiara Lubich qui continuent. Chiara avait un rêve ? demande une journaliste à Maria Voce, qui répond : « son rêve ? Elle l’a confié une fois : elle voulait porter à Dieu le monde dans ses bras. Nous essayons d’être ses bras pour l’aider à porter ce monde à Dieu, tout uni ». à voir  les  vidéos du congrès  sur Vimeo ;

Brésil, c’est parti !

Ensemble, en dialogue avec le monde

Congrès interreligieux 2014

«C’était déjà le désir de Chiara Lubich de réaliser un congrès de ce genre, mais cela n’a pas été possible durant sa vie terrestre » – affirme Maria Voce à l’inauguration du congrès interreligieux à Castel Gandolfo le 17 mars – « Aujourd’hui, nous en sommes certains, avec grande joie, elle nous regarde du ciel tous ensemble, comme des frères et sœurs, dans cette grande richesse de coutumes, d’ethnies, cultures, fois et traditions variées. » Un moment qu’elle définirait « solennel » pour diverses raisons, mais surtout pour le fait que pour la première fois nous nous retrouvons tous ensemble : juifs, chrétiens, musulmans, hindous, bouddhistes, sikhs, shintoïstes et membres du Tenrikyo.

Le congrès est le fruit d’un parcours, quelquefois récent mais, dans la majeure partie des cas, qui s’étend sur des dizaines d’années, qui a permis d’approfondir notre connaissance réciproque, « devenue amitié, puis fraternité ». La présidente des Focolari retrace les étapes du dialogue interreligieux des six dernières années, correspondant à son mandat, le premier après la disparition de la fondatrice. Les doutes et les anxiétés du début étaient légitimes : qu’allait-il advenir de cette expérience de dialogue après la disparition de Chiara ? Mais déjà en 2008, deux mois après l’élection de Maria Voce, s’est déroulé le congrès avec les frères et sœurs musulmans. Puis avec les religions traditionnelles africaines au Cameroun, un symposium juif-chrétien à Jérusalem et un symposium avec les hindous.

La preuve que l’expérience charismatique initiale a tracé un chemin tient dans ce que Maria Voce a exprimé ensuite : « Nous devons remercier chacune des personnes présentes dans cette salle pour leur grande foi en Dieu et pour l’amitié qui nous a liés. Nous devons surtout être reconnaissants pour le don du dialogue dans lequel Chiara nous a introduits. C’est grâce à cette confiance réciproque que nous avons pu avancer  sur la route qu’elle a tracée et grâce à  ceux qui, dans leurs croyances religieuses respectives, ont donné vie à cette expérience de dialogue : le révérend Nikkyo Niwano, l’Imam Barkat, le Dr. Aram et sa femme Minoti, le Dr. Somaiya et d’autres».

Pour la nouvelle présidente, de nombreux voyages ont suivi, dans diverses parties du monde, comme en Asie en 2010 : « J’ai été impressionnée, a-t-elle rappelé,  par les frères et les sœurs hindous et bouddhistes présents qui étaient devenus membres à part entière de notre grande famille. Ce n’était pas tant un dialogue les uns avec les autres, mais bien plutôt un dialogue où chrétiens, hindous et bouddhistes ensemble, nous nous ouvrions au dialogue avec le monde ». En 2011, à Haïfa (Israël), elle s’était trouvée « avec juifs, chrétiens et musulmans qui essaient de croire, de vivre et de prier pour la paix ». Elle confie qu’elle « a été émue  en écoutant les faits de vie quotidiens, de découverte de « l’autre différent-de-soi » de la part de personnes qui ont parié sur la paix.

Et encore, le moment vécu avec les frères et sœurs juifs à Buenos Aires ou encore la visite en 2012 à la communauté des Focolari en Algérie, formée presque entièrement de musulmans. A Tlemcen elle a trouvé « l’expression musulmane du mouvement animée par le même Idéal de Chiara. Nous sommes, en fait, devenus une seule famille ». Et cette expérience commence à se répandre même dans d’autres pays.« Il est sûr que c’est une expérience profonde, pas facile à transmettre et qui ne manque pas de susciter des points d’interrogation, affirme-t-elle. C’est un témoignage que l’unité, dans la distinction, est vraiment possible, mais il faut avoir le courage d’en faire l’expérience ».

Brésil, c’est parti !

Chiara et les Religions. En « pèlerinage vers la vérité »

Bouddhiste-chrétien Symposium à Castel Gandolfo (2012)

À Castelgandolfo ouvre la conférence entre juifs, chrétiens, musulmans, hindous, bouddhistes, sikhs, shintoïstes et membres de la Tenrikyo de plusieurs endroits du monde : 23 juifs d’Israël, USA, Argentine, Uruguay, Mexique, Europe ; 69 musulmans, shiites et  sunnites, du Maghreb et Moyen Orient, Iran, Bangladesh, Pakistan, Europe, USA ; 34 bouddhistes, des traditions mahayana et theravada, de Thaïlande, Népal, Sri Lanka, Taïwan, Corée, Japon, Italie, 19, hindou de l’Inde.

Il s’agit de quelque chose d’inédit même pour l’histoire du dialogue au sein du mouvement des Focolari. Les années passées, de fait, des symposiums ont été organisés et la connaissance et la réflexion réciproque se passaient entre le christianisme et une autre religion (islamo-chrétienne, Cristiano-bouddhiste, juif-chrétien, etc.). Or, pour la première fois, une pluralité de traditions religieuses se retrouve ensemble et mettra en valeur la richesse de ce dialogue qui est l’un des aspects les plus actuels du charisme de l’unité de Chiara Lubich, si l’on reprend son invitation à « toujours fixer le regard sur l’unique Père de tant de fils » pour ensuite « regarder toutes les créatures, comme enfants de l’unique Père ». Il s’agit d’un chemin commun de  dialogue avec les frères et sœurs de diverses croyances, une mosaïque bigarrée qui s’est composée au fur et à mesure des années et dans les communautés des Focolari éparses dans le monde. Au programme à Castelgandolfo des moments de dialogue et des témoignages s’alterneront, en groupes homogènes par religion et en d’autres séances plénières, qui permettront aux participants de s’ouvrir à trois cent soixante degrés en dépassant le spécifique de chacun, sans ignorer les inévitables difficultés rencontrées et avec les réflexions muries au cours du temps.

Face aux nouveaux défis fruit de l’histoire des peuples, de la politique et de l’économie actuelle et de  l’imaginaire collectif, la voie du dialogue interreligieux semble non seulement un pari, mais un « pèlerinage vers la vérité ».

C’est la perspective de la conférence « Chiara et les Religions. Ensemble vers l’unité de la famille humaine » qui se tiendra en l’honneur de Chiara Lubich, jeudi 20 mars à Rome, dans la grande salle de l’université pontificale Urbaniana, en conclusion d’un congrès à Castelgandolfo.

L’intention est d’offrir un témoignage public et pluriel sur Chiara Lubich. Plusieurs personnes s’alterneront dont : le moine Phramaha Thongratana Tavorn et le rév. Waichiro Izumita, bouddhiste, la dct. Vinu Aram, hindoue, l’Imam Ronald Shaheed et le prof. Amer Al Hafi, musulman, le Rabbin David Rosen, juif. Le cardinal Arinze et l’actuelle présidente des Focolari Maria Voce ouvriront la conférence.

Brésil, c’est parti !

Chiara Lubich

Le 7 décembre 1943, la jeune institutrice Silvia Lubich n’aurait jamais imaginé que, quelques décennies plus tard, autant de personnalités du monde civil et religieux (dont quatre papes) auraient prononcé des paroles si importantes sur sa personne et sur sa famille spirituelle.

Elle n’avait aucune idée de ce qu’elle allait vivre, durant les 88 années de sa vie. Aucune idée des millions de personnes qui la suivraient.

Elle n’imaginait pas qu’avec son ideal elle toucherait 182 pays. Pouvait-elle se douter qu’elle inaugurerait une nouvelle période de communion dans l’Église, et qu’elle ouvrirait des chemins de dialogue œcuménique encore jamais explorés ? Elle pouvait encore moins imaginer qu’elle accueillerait dans sa famille spirituelle des fidèles d’autres religions et des personnes sans option religieuse. Elle ne savait même pas qu’elle fonderait un mouvement.

Ce 7 décembre 1943, Silvia  n’avait en elle que les sentiments d’une belle jeune fille, amoureuse de son Dieu avec qui elle allait sceller le pacte de ses noces, symbolisé par trois œillets rouges. Cela lui suffisait. Pouvait-elle imaginer la foule de gens de tous âges, de tout milieu social et de tous les points de la terre qui l’escorteraient au cours de ses voyages en l’appelant tout simplement « Chiara » (Nom qu’elle a pris de la sainte d’Assise qu’elle admirait)? Dans sa petite ville de Trente, pouvait-elle penser que ses intuitions mystiques ouvriraient une culture de l’unité, faite pour notre société multiethnique, multiculturelle et multireligieuse ?

Chiara Lubich a devancé son époque. Dans l’Église, elle – femme et laïque – a proposé des thèmes et des ouvertures reprises plus tard par Vatican II. Dans cette société mondialisée, elle a su indiquer la voie de la fraternité universelle, quand personne ne parlait de rapprochement entre les civilisations. Elle a respecté la vie et a cherché le sens de la souffrance. Elle a tracé une voie de sainteté, religieuse et civile, que tout le monde peut pratiquer et qui n’est pas réservée à une élite.

En 1977, lors du Congrès eucharistique de Pescara, elle dit ceci : « La plume ne sait pas ce qu’elle devra écrire, le pinceau ignore ce qu’il devra peindre et le ciseau ne sait pas ce qu’il devra sculpter. Quand Dieu prend en main un être humain pour faire naître une œuvre dans l’Église, la personne qu’il a choisie ne sait pas ce qu’elle devra faire. Elle est un instrument. Et je pense que cela peut être mon cas ».

Elle dit encore : « Une fécondité et une expansion sans aucune proportion avec les forces ou le génie humain ; des croix, des croix, mais aussi des fruits, des fruits, des fruits à profusion. Et les instruments de Dieu ont, en général, une caractéristique : leur petitesse, leur faiblesse… Tandis que l’instrument travaille entre les mains de Dieu, celui-ci le forme par mille et mille moyens douloureux et joyeux. Il le rend ainsi toujours plus apte au travail qu’il doit accomplir. Jusqu’à ce que, ayant acquis une profonde connaissance de lui-même et une certaine intuition de Dieu, il puisse dire, en toute connaissance de cause : je ne suis rien, Dieu est tout. Quand l’aventure a commencé, à Trente, je n’avais pas de programme, je ne savais rien. L’idée du Mouvement était en Dieu, le projet était au ciel ».

Chiara Lubich est à l’origine du Mouvement des Focolari. Elle naît le 22 janvier 1920 à Trente, et meurt le 14 mars 2008 à Rocca di Papa, entourée de ses proches.

Au cours des jours qui suivent des milliers de personnes,  allant des simples ouvriers aux personnalités politiques et religieuses, se dirigent vers Rocca di Papa pour lui rendre hommage.

Ses funérailles  ont lieu dans la basilique romaine de St Paul hors les murs, trop petite pour contenir la foule venue en grand nombre (40000 personnes).  Benoit XVI, dans son message  définit Chiara comme « une femme de foi intrépide, humble messagère d’espérance et de paix ». Le Secrétaire d’Etat d’alors, Tarcisio Bertone  préside l’Eucharistie concélébrée par 9 cardinaux,  40 évêques et des centaines de prêtres.

Et elles ne cessent de résonner  ces paroles prononcées un jour par Chiara: « Lorsque, à la fin des temps, l’Œuvre de Marie, en rangs serrés, attendra de paraître devant Jésus abandonné et ressuscité,  je voudrais qu’elle puisse lui dire : “Un jour, ô mon Dieu, je viendrai vers Toi. […] avec mon rêve le plus fou : t’apporter le monde dans mes bras ”. Père, que tous soient un ! »

Brésil, c’est parti !

14 mars: avec Chiara Lubich

Une ample réflexion fait son chemin dans le débat actuel sur la contribution que la femme peut et doit donner à la vie de l’Eglise. C’est sur ce sujet que l’on fait souvent référence à Chiara Lubich, pour son patrimoine de spiritualité, de pensée et d’œuvres. Aujourd’hui, pour le 6° anniversaire de sa disparition, beaucoup de villes dans le monde rappellent son souvenir de manières très différentes, en s’immergeant dans son héritage. A Pretoria (Afrique du Sud) réflexions sur la contribution qu’elle a donnée au développement du dialogue œcuménique avec le Dr Kobus Gerber, Secrétaire Général de la Dutch Reformed Church, de même qu’à Melbourne et à Perth (Australie). Le thème de la famille, une des passions de Chiara, est au centre de différentes manifestations, comme à Luxembourg et à Séville (Espagne), en préparation aussi du prochain synode extraordinaire d’octobre au Vatican. A Pérouse (Italie), le maire Waldimiro Boccali dédiera une rue à la bienheureuse Chiara Luce Badano, fille spirituelle de Chiara, et Porto Alegre au Brésil va aussi dédier à Chiara une rue, où – dans la salle du Conseil communale – se fera l’exposition « Chiara Lubich, protagoniste de temps nouveaux ». Ensuite des événements d’ordre culturel, des présentations de livres, des concerts… beaucoup de communautés des Focolari, dans de petits centres comme dans les métropoles, se recueilleront pour remercier Dieu d’avoir offert Chiara Lubich comme don à l’humanité ; souvent de concert avec les évêques, comme à Sidney (Australie) avec le cardinal George Pell, à Wellington (Nouvelle Zélande) avec l’Archevêque John Dew, à Olomuc (Rép Tchec) avec  l’archevêque Jan Graubner. On parle de sa contribution au dialogue interreligieux dans le centre Noor, Centre islamique de Toronto (Canada), dans des villes d’Europe, au Moyen Orient et en Afrique. “Chiara et les Religions. Ensemble vers l’unité de la famille humaine”, sera par contre le thème de la rencontre du jeudi 20 mars à Rome, dans la grande salle de l’Université Pontificale Urbaniana. Souvenir de Chiara Lubich retracé par des personnalités de diverses religions, qui ont eu un contact personnel avec elle. La conclusion se fera par un symposium interreligieux, à Castelgandolfo, avec la participation de chrétiens et fidèles d’autres traditions religieuses, comme la juive, l’islam, l’indouisme, le bouddhisme, le shintoïsme, le sikh. Ce 6° anniversaire porte en filigrane  l’avance des phases préliminaires pour la cause de béatification de Chiara Lubich, après que le 7 décembre 2013, Maria Voce, actuelle présidente des Focolari, a signé la demande formelle  à l’évêque de Frascati, Mgr Raffaello Martinelli pour que démarre le procès.  Un pas – avait alors dit Maria Voce en s’adressant au mouvement – qui « nous invite tous à une sainteté encore plus grande, à la construire jour après jour dans notre vie, pour favoriser l’émergence de la « sainteté de peuple » vers laquelle Chiara tendait ».