Fraternidad y acción política
«Déjà vous êtes émondés… » Quels sont les sarments à éliminer ? Il s’agit de retirer devant Dieu tous les obstacles au contact avec le sacré – le péché, par exemple – tout ce qui s’oppose à la rencontre avec le divin. Pour arriver à cette pureté, l’aide de Dieu est nécessaire. Déjà dans l’Ancien Testament l’homme avait pris conscience de son incapacité à se rapprocher de Dieu par ses propres forces. Il fallait que Dieu purifie son cœur, qu’il lui donne un cœur nouveau. Un très beau psaume dit : « … Crée en moi, ô Dieu, un cœur pur » «Déjà vous êtes émondés par la parole que je vous ai dite.» Selon Jésus, il y a un moyen pour être pur : sa Parole. Cette Parole, les disciples l’ont écoutée, ils y ont adhéré. Elle les a purifiés. En effet, la Parole de Jésus n’est pas comme les paroles humaines. Le Christ est présent en elle comme il est présent, d’une autre manière, dans la Cène. Par sa Parole, le Christ pénètre en nous. En acceptant sa Parole et en la mettant en pratique, on permet au Christ de naître et grandir dans notre cœur. Paul VI disait : «Comment Jésus se rend-il présent dans les âmes ? Par la communication de la Parole, c’est la pensée divine qui passe, le Verbe, le Fils de Dieu fait homme. On pourrait affirmer que le Seigneur s’incarne en nous quand nous acceptons que la Parole vienne vivre en nous.» «Déjà vous êtes émondés par la parole que je vous ai dite.» La Parole de Jésus est également comparée à une graine jetée au plus profond du cœur du croyant. Accueillie, elle pénètre dans l’homme et, comme une graine, elle se développe, grandit, porte du fruit, nous « christifie », nous rendant ainsi semblables au Christ. La Parole de Jésus, intériorisée par l’Esprit, a réellement la capacité et la force de garder le chrétien loin du mal. Tant qu’il la laisse agir en lui, il est libre du péché et donc pur. Il ne péchera que s’il cesse d’obéir à la vérité. «Déjà vous êtes émondés par la parole que je vous ai dite.» Alors comment vivre pour correspondre nous aussi à cet éloge de Jésus ? En mettant en pratique chaque Parole de Dieu, en nous en nourrissant instant par instant, en faisant de notre existence une œuvre de continuelle ré-évangélisation. Cela pour arriver à avoir les mêmes pensées et sentiments que Jésus, pour «le revivre» dans le monde, pour montrer à une société, souvent engluée dans le mal et le péché, la pureté divine, la transparence que donne l’Évangile. Puis, au cours de ce mois, si cela est possible (c’est à dire si d’autres partagent nos intentions) cherchons à mettre en pratique de façon particulière la phrase qui exprime le commandement de l’amour réciproque. Pour l’évangéliste Jean qui rapporte la phrase de Jésus que nous considérons ce mois-ci, il y a en effet un lien entre cette phrase du Christ et le commandement nouveau. Selon lui, c’est dans l’amour réciproque que l’on vit la Parole avec ses effets de purification, de sainteté, d’absence de péché, de fécondité, de rapprochement de Dieu. L’individu isolé est incapable de résister longtemps aux sollicitations du monde, alors que, dans l’amour réciproque, il trouve le milieu sain et capable de protéger son existence chrétienne authentique. Chiara Lubich *Parole de Vie publiée en mai 1982
20 mars 2012 – 25 avril 2012
« Cette année – exhorte le Saint-Père – le thème de la Journée Mondiale de la Jeunesse nous est donné par une exhortation de la lettre de saint Paul apôtre aux Philippiens : « Soyez toujours dans la joie du Seigneur ! » (Ph 4, 4). La joie, en effet, est un élément central de l’expérience chrétienne. (…) Et nous voyons combien cette joie attire fortement : dans un monde souvent marqué par la tristesse et les inquiétudes, la joie est un témoignage important de la beauté de la foi chrétienne et du fait qu’elle est digne de confiance. » En approfondissant certains aspects de la joie, Benoît XVI souligne que « Notre cœur est fait pour la joie » et que « Dieu est la source de la vraie joie ». Et il explique aux jeunes comment trouver et « garder au cœur la joie chrétienne » à travers, en outre, la vie de la Parole. Le message continue en abordant « la joie et l’amour » qui, selon Benoît XVI, sont intimement liés : « L’amour produit la joie et la joie est une forme d’amour ». Et il cite une phrase de Mère Teresa de Calcutta : « …Dieu aime qui donne avec joie. Et celui qui donne avec joie donne davantage ». Suivent deux passages qui abordent « la joie de la conversion » et le défi de trouver la « joie dans les épreuves ». « La douleur – affirme le pape – peut être transfigurée par l’amour et être mystérieusement habitée par la joie. » C’est à ce moment qu’il propose comme modèles de vie deux jeunes témoins : Pier Giorgio Frassati (1901-1925) et Chiara Badano (1971-1990). Il cite une lettre de cette dernière à Chiara Lubich, datée du 20 décembre 1989, où la jeune béatifiée confesse : « Je souffrais beaucoup physiquement, mais mon âme chantait ». Le texte se conclut par l’invitation lancée aux jeunes de devenir des « témoins de la joie », parce que, toujours selon le Saint-Père, « on ne peut pas être heureux si les autres ne le sont pas : la joie doit donc être partagée ». Texte intégral : http://www.vatican.va/holy_father/benedict_xvi/messages/youth/documents/hf_ben-xvi_mes_20120315_youth_fr.html
« Nous nous retrouvons tous ici devant la très belle effigie de la Vierge de Guadalupe, peinte au ciel, avant tout, bien sûr, par amour pour le bien-aimé peuple mexicain. Nous nous rencontrons ici, où je désirais vivement venir avec vous tous après avoir connu plus profondément cette douce Mère de Dieu et notre Mère, à travers plusieurs lectures qui m’ont surprise et émue.
Quels sentiments naissent dans notre cœur au contact de cette réalité céleste en contemplant le privilège que le monde, et avant tout le Mexique, a reçu avec l’apparition de la douce Dame ? Je crois pouvoir affirmer qu’est née spontanément en nous une profonde conviction : cette Vierge, la Vierge de Guadalupe, est étroitement liée à nous, aux membres du mouvement des Focolari ou Œuvre de Marie.
Pourquoi ? Parce que la Vierge de Guadalupe est la Vierge de l’amour et l’amour est notre spiritualité. La Vierge de Guadalupe, en effet, manifeste, explique, enseigne de manière sublime cet art d’aimer que nous avons trouvé dans l’Évangile. Nous savons que l’amour surnaturel a des exigences précises. Cet amour exige avant tout que l’on aime tout le monde. C’est pourquoi on ne regarde pas si une personne est sympathique ou antipathique, plaisante ou déplaisante, de notre pays ou étrangère, asiatique ou africaine. L’amour que Jésus a porté sur la terre, exige que l’on aime tout le monde.
Qu’a donc fait la Vierge de Guadalupe ? Elle nous a donné un exemple extraordinaire : elle a aimé les indigènes et les Espagnols. Le véritable amour, de plus, nous pousse à aimer en premier, comme Jésus l’a fait. Lorsque nous étions pécheurs, il a donné sa vie pour nous. C’est ce qu’a fait la métisse céleste. De façon inattendue, elle est apparue à un indigène, soulignant, entre autres, de cette manière, les prédilections de Jésus. À une époque où le peuple indigène vivait son terrible Vendredi Saint, elle est apparue non pas à qui dominait à cette époque-là, mais à un indigène et elle parlait sa langue. Elle n’est pas seulement apparue, elle a apporté aussi le réconfort et la joie et, avec une douceur céleste, la conversion de millions d’hommes, de l’un et de l’autre côté, à son Fils, Jésus.
L’amour surnaturel, nous le savons, ne se nourrit pas de sentiments ou d’un peu de bienveillance ou seulement de solidarité ou uniquement d’aumône. C’est cet amour que Jésus lui-même a témoigné, en se faisant un avec nous à l’incarnation puis lors de sa passion et mort.
En effet, un autre attribut de l’amour est celui de se faire un avec les autres pour les comprendre et partager leurs joies et leurs souffrances.
Cet attribut de l’amour : se faire un, est essentiel à l’inculturation si nécessaire que l’Église souligne beaucoup aujourd’hui pour pouvoir offrir une évangélisation authentique.
Marie de Guadalupe est vraiment la mère du véritable amour, la mère du se faire un. La Vierge de Guadalupe est un exemple extraordinaire et merveilleux d’inculturation, inculturation qu’elle a exprimée par sa manière de se présenter. Elle n’a pas un visage blanc comme on imagine celui de Marie de Nazareth, mais ses traits sont ceux d’une femme ni blanche ni indigène. Elle est métisse et prêche ainsi à tous la nécessité de ne jamais s’opposer, mais de toujours se fondre. Elle indique sa maternité divine, que symbolisent les rubans foncés, qui tombent sur sa poitrine, selon l’usage aztèque. En se présentant dans un habit réservé à Dieu et au roi, elle a voulu montrer que, bien que n’étant pas d’origine divine, elle était la reine de l’univers. Elle porte, à côté des rubans noirs, une petite croix indigène, pour indiquer que le centre de l’univers est le Christ, que Marie porte en son sein. Cependant cette croix est accompagnée d’une petite croix chrétienne, qui est gravée sur la broche qu’elle porte à son cou.
Son image met en évidence la présence du soleil derrière elle, mais aussi des étoiles sur son manteau, et de la lune sous ses pieds : soleil, étoiles et lune, non pas rivaux, comme on avait coutume de penser, mais en paix entre eux, coexistant pacifiquement.
Nous pourrions continuer… Et vous, qui êtes mexicains, vous auriez beaucoup plus de choses à nous dire. Cependant ce que je vous ai signalé est suffisant, me semble-t-il, pour nous faire comprendre une chose très importante : l’inculturation ne consiste pas seulement à « se faire un » spirituellement avec un autre peuple, découvrant peut-être et renforçant les semences du Verbe qui sont présentes en lui, elle consiste à adopter nous aussi, avec humilité et reconnaissance, ce quelque chose de valable que la culture de nos frères offre. L’inculturation requiert un échange de dons. C’est ce que veut nous dire la Vierge de Guadalupe. Ainsi seulement l’Évangile pourra pénétrer au fond des cœurs et y opérer sa révolution avec toutes les conséquences que cela comporte ».