21 Août 2011 | Non classifié(e)
« Pour nous chaque objet doit avoir sa raison », répétait Marilen Holzhauser, une des toutes premières focolarines. Pour les premières compagnes de Chiara Lubich, le style de vie, l’aménagement de la maison et la façon de se vêtir se caractérisaient par la sobriété et le strict nécessaire. Une fleur ne consomme que ce dont elle a besoin pour vivre et révèle ainsi sa vraie beauté< La beauté devient ainsi splendeur de la vérité. L’harmonie dans les choses essentielles fait découvrir « la beauté qui sauvera le monde », et ce monde sauvera la beauté. Dans la Lettre à Diognète, on lit à propos des premiers chrétiens : « Ils vivent dans des villes grecques et barbares, suivant les cas, et tout en s’adaptant aux coutumes locales pour s’habiller et se nourrir, ils témoignent d’un genre de vie sociale admirable et sans aucun doute paradoxal ». Tout ceci se reflète dans la vie concrète de ceux qui adhèrent à l’« esprit de l’unité ». Par exemple, les « Centres Mariapolis » qui accueillent des congrès et des sessions de formation, et les cités-pilotes (22 dans le monde), sont des réalisations visant à restaurer les rapports sociaux dans leur intégrité humaine. Les créations artistiques des centres Ave et Azur, les rendez-vous de « Art’è », les œuvres d’art de peintres, de musiciens, de pianistes, de danseurs… veulent exprimer la nouveauté continuelle de Dieu, source de beauté et d’harmonie.

Dina Figueiredo, 'Eucarestia' - Hôpital S.Chiara, Trento
Chiara Lubich écrivait : « L’artiste véritable est un être d’exception. Tout le monde le ressent, même si les critiques d’art sont peu nombreux, car il y a en tout homme de l’admiration et de la fascination pour ce qui est beau. L’artiste se rapproche, en quelque sorte, du Créateur. Le véritable artiste possède sa technique de manière presque inconsciente. Il se sert des couleurs, des notes de musique, de la pierre, comme nous nous servons de nos jambes pour marcher. L’artiste se focalise au cœur de son être, où il contemple une impression, une idée, qu’il veut exprimer à l’extérieur de lui-même. De sorte que, dans les limites infinies de sa petitesse d’homme par rapport à Dieu, et donc dans l’infinie diversité des deux « créations » – si l’on peut dire –, l’artiste est d’une certaine façon quelqu’un qui recrée, qui crée à nouveau. Et les chefs-d’œuvre que d’autres hommes ont produits pourraient être une véritable « récréation » pour l’homme. Malheureusement, les véritables artistes sont peu nombreux et l’homme se recrée le plus souvent par le biais de rêveries insipides au cinéma, au théâtre, dans les variétés, où l’art occupe généralement peu de place. D’une certaine façon, par ses chefs-d’œuvre – qui sont des jouets en comparaison avec la nature, chef-d’œuvre de Dieu – l’artiste véritable nous donne le sens de l’être de Dieu et nous fait percevoir l’empreinte trinitaire du Créateur dans la nature : la matière, la loi qui la structure (presque un évangile de la nature) et la vie, qui est pratiquement une conséquence de l’unité des deux premières. Puis l’ensemble qui, en continuant à « vivre », offre l’image de l’unité de Dieu, du Dieu des vivants. Les œuvres des grands artistes ne meurent pas. C’est à cela qu’on mesure leur grandeur, car l’idée de l’artiste s’est exprimée, en un sens, de manière parfaite sur la toile ou dans la pierre pour composer quelque chose de vivant. »
16 Août 2011 | Non classifié(e)
Très chers jeunes, Pendant cette première heure, nous allons approfondir le thème caractéristique de cette Journée : « Vous avez reçu un esprit de fils » (Rm 8,15). Puis nous présenterons notre Mouvement – au moins sa section jeunes – à ceux qui ne le connaissent pas. En effet, le charisme du Mouvement des Focolari permet aux personnes de prendre une nouvelle conscience d’être fils de Dieu, aujourd’hui, suivant les plans que celui-ci a sur notre temps. (…) Ce charisme nous répète : « Vous avez reçu un esprit de fils ». Rappelons-nous les débuts du Mouvement. Sur la toile de fond de la deuxième guerre mondiale qui semait partout la destruction, une grande vérité – si l’on peut dire – nous a été révélée par l’Esprit Saint : un soleil radieux resplendit sur vous, c’est Dieu, Dieu qui est Amour, Dieu qui vous aime immensément, qui compte même les cheveux de votre tête. Il est votre Père… Il est votre Père et vous êtes ses enfants.
Une foi formidable en l’amour de Dieu pour eux a pénétré alors les premiers membres du Mouvement, foi que tous ceux qui en ont fait partie par la suite ont senti eux aussi naître avec force en eux. Cette foi leur a donné la force de risquer le tout pour le tout dans leur vie pour être fidèles à cette extraordinaire vocation : se comporter en fils de Dieu, mener une vie en union avec leur propre Père du Ciel, voir en Dieu-Père, en Dieu-Amour, l’Idéal de leur vie. Ils l’ont mis au sommet de toutes leurs pensées et ils lui ont donné la première place dans leur cœur. Ainsi, toutes leurs aspirations ont été pleinement satisfaites. Avec lui ils ont trouvé la plénitude de la joie, le bonheur. Ce bonheur auquel les jeunes de toutes les latitudes aspirent aujourd’hui comme à leur propre idéal, mais que malheureusement ils n’atteignent pas, car ils le cherchent souvent dans la possession des biens, dans l’avoir plus que dans l’être, (…) dans les divertissements ou dans de simples objectifs terrestres.
Les jeunes de notre Mouvement s’efforcent de viser haut et tout ce que d’autres pensent ne pas pouvoir atteindre, ils espèrent y parvenir et ils y travaillent. Ils peuvent témoigner au monde entier – et ils veulent le témoigner avant tout aux jeunes de leur âge, comme vous – que, parce qu’ils s’efforcent de vivre en fils de Dieu, ils possèdent le talent par excellence, une force intérieure supérieure, une confiance nouvelle, qui les aide à voir réalisables les buts que les jeunes poursuivent aujourd’hui. De plus, sachant que Dieu ne les a pas seulement créés eux et l’univers, mais qu’il est présent dans l’histoire et la conduit, nos jeunes sont convaincus qu’il a des projets merveilleux aussi sur chacun d’eux. Alors tandis que la plupart des jeunes d’aujourd’hui pensent uniquement à l’avenir immédiat, prennent seulement des décisions à court terme et renvoient les choix les plus décisifs, nos jeunes programment leur vie, mais ils ne le font pas uniquement de leur propre chef. Ils s’efforcent d’harmoniser leur comportement avec l’action de la providence de Dieu dans le monde. Par conséquent, ils s’efforcent de se conformer à sa divine volonté et ils la vivent de façon radicale, conscients de s’être engagés avec tous les autres dans une merveilleuse aventure divine.
14 Août 2011 | Non classifié(e)
Le psalmiste dit : « Apprends-nous à compter nos jours et nous obtiendrons la sagesse du cœur » (Ps 90,12). Une telle sagesse nous enseigne à reconnaître ce qui ne passera jamais et la part d’éternité qui se manifeste à travers le temps. Elle guérit les peurs, dissout les angoisses, comble les vides, ouvre notre cœur vers le prochain. « La maladie m’a guérie – écrit une maman – elle m’a amenée à une vision complète de l’existence que le cours de ma vie m’avait enlevée. Maintenant, il me semble que je sais aimer ma famille ». Les biographies de ceux qui nous ont précédés sur la terre sont charité qui se perpétue dans le temps. Elles permettent aussi que le message de leur existence nous rejoigne. C’est la communion des saints. Cet aspect met en lumière le rapport de l’homme avec la Vie, mais aussi avec la Mort. Chiara Lubich écrivait en 1973 : « Si aujourd’hui je devais quitter cette terre et qu’une parole m’était demandée, la dernière qui exprime notre Idéal, je vous dirais, sûre d’être comprise au sens propre du terme : “Soyez une famille.”« Certains parmi vous souffrent-ils parce qu’ils traversent des épreuves spirituelles ou morales ? Comprenez-les comme une mère, et davantage encore. Que votre parole ou votre exemple leur apporte la lumière. Ne les laissez pas manquer de la chaleur de la famille, faites-la grandir même autour ’eux.« Certains parmi vous souffrent-ils physiquement ? Qu’ils soient vos frères préférés. Souffrez avec eux. Essayez de comprendre leurs douleurs jusqu’au fond. Faites-les participer aux fruits de votre vie apostolique, afin qu’ils sachent qu’ils y ont contribué plus que d’autres.« Certains parmi vous sont-ils en train de mourir ? Mettez-vous à leur place et faites pour eux tout ce que vous voudriez que l’on fasse pour vous, jusqu’au dernier instant.« L’un de vous se réjouit-il d’une conquête ou d’autre chose ? Réjouissez-vous avec lui, pour que son réconfort ne soit pas attristé, que son cœur ne se referme pas, mais que la joie soit de tous.« L’un de vous s’en va-t-il ? Laissez-le partir, non sans avoir empli son cœur d’un seul héritage : le sens de la famille, pour qu’il l’emporte là où il lui faut se rendre.« Ne faites jamais passer une activité quelle qu’elle soit, ni spirituelle ni apostolique, avant l’esprit de famille qui vous unit aux frères avec lesquels vous vivez ».
7 Août 2011 | Non classifié(e)
Natalia Dallapiccola, la première du petit noyau initial de
jeunes filles qui ont suivi Chiara Lubich dans son aventure au focolare, raconte : « Un soir, autour d’une table, unique rescapée de quelques meubles, à la lumière d’une bougie (on n’utilisait pas l’électricité à cause du couvre-feu), Chiara lut ce passage : « Comme je vous ai aimés, aimez-vous les uns les autres. A ceci tous vous reconnaîtront pour mes disciples : à l’amour que vous aurez les uns pour les autres » (Jn 13,34-35). Ces paroles nous enflammèrent – poursuit Natalia – Nous voulions savoir quel était le désir le plus profond de Jésus, une parole qui nous dise une fois pour toutes ce qu’il voulait vraiment de nous. Et voilà que nous l’avions trouvée, la parole-synthèse, l’eurêka de notre recherche ». Elle concluait : « Alors, avant d’aller à l’école ou au bureau, avant de faire un achat, même avant d’aller voir les pauvres, avant de prier, il fallait qu’il y ait entre nous l’amour-même de Jésus, parce que c’est ce qu’il veut : voilà ce que nous nous sommes dit. Quand nous sommes sorties, nous sentions que notre vie avait changé, elle avait une saveur différente, elle avait trouvé sa raison d’être ». La vie de prière personnelle est une sève vitale pour qui adhère à la spiritualité de l’unité. La relation avec Dieu est à la base de chaque action. Mais cette vie de prière est aussi une expérience profondément communautaire : depuis les chants que l’on entonnait pendant les vacances en commun dans les montagnes du Trentin dans les années 50, aux musiques très actuelles des groupes Gen Verde et Gen Rosso, la participation vivante à la liturgie, la prière du soir dans les communautés dispersées dans le monde, les focolarini mettent en pratique la spiritualité de communion dans chacune de leurs actions. Cette communion ne se limite pas à une prière intimiste, elle a des conséquences dans la vie professionnelle et sociale. Chiara Lubich écrit : « Nous avons une vie intérieure et une vie extérieure. L’une naît de l’autre, l’une est racine de l’autre, l’une est pour l’autre la ramure de l’arbre de notre vie. « La vie intérieure est alimentée par la vie extérieure. Dans la mesure où je pénètre dans l’âme de mon frère, je pénètre en Dieu qui est en moi. Dans la mesure où je pénètre en Dieu qui est en moi, je pénètre dans l’âme de mon frère. « Dieu-moi-mon frère : tout un univers, tout un royaume… » Et encore : « Plus notre amour pour nos frères grandit, plus notre amour pour Dieu augmente ».
6 Août 2011 | Non classifié(e)
(…) De nombreux jeunes aujourd’hui se rassemblent pour récupérer cette valeur qu’est la religion, et tirent de leur collaboration des énergies de renouveau dans les opérations ordinaires, sociales, menacées par des aberrations multiples, comme l’usage homicide de l’énergie nucléaire, les tyrannies et la guerre, la drogue et la pratique de la pornographie.
On dit que la nouvelle conscience des jeunes est ‘accrochée’ par des corpuscules qui réduisent la foi à un reliquaire d’idéologies prônant la violence, forme typique de l’extériorisation de la force, sous les pressions de la superficialité. Ces corpuscules, dans un méli-mélo de politique et d’anarchisme, peuvent apprendre la substance de la foi rien qu’en observant la conduite des évêques dans les pays menacés dans leur liberté, dans leur vie même ; celle de croyants sereins et forts qui mettent en mouvement une réaction faite de convictions, quand la luxure et la terreur de dirigeants violents et entretenant la peur ont apporté la démonstration puissante que, sans la foi en Dieu, on ne vit plus : on meurt. On meurt spirituellement et souvent physiquement, comme on l’observe avec angoisse dans les pays du tiers-monde.
La tâche de l’évangélisation consiste donc à « implanter » Dieu dans l’âme (…) Si Il est tout, toutes nos actions dans notre existence, que ce soit pour nos frères ou pour nous-mêmes, se ressentiront de son inspiration.
(…) La journée alors n’est plus faite de seuls actes de travail et de rapports humains, de culte de sa propre personne ; mais elle est enrichie d’une vie intime plus élevée, celle de l’Esprit, de qui nous vient une dignité égale à la liberté qui nous est assurée par notre filiation au Tout-Puissant. Toute la journée est une intime présence de cet Esprit qui nous donne force dans les épreuves, joie dans les fatigues. De cette présence naît une évangélisation spontanée dont a besoin une grande partie de la société, laquelle n’est pas athée, mais ignore l’Evangile.
(…) L’existence du chrétien peut être regardée par lui-même comme par le plus grand nombre comme une existence extérieure pour gagner, grandir, apprendre, se divertir, et peut-être aussi une opération intérieure pour développer les vertus et s’approcher de Dieu. Mais plus il ressent le besoin de focaliser toutes les actions de la journée vers la relation à Dieu, et pour cela de les accomplir en les considérant comme différents moyens de poursuivre l’incarnation du Christ, plus il vivra.
Chacun, et donc aussi la plus humble créature, malade, misérable, impotente, peut assainir, enrichir l’humanité, fortifier ses frères. Ainsi rien n’est perdu : chaque pensée, chaque parole, chaque acte entre dans cette vision de la vie créée par Dieu, sert à fournir le matériau nécessaire à la construction de son règne ; et toute la journée prend une valeur sacerdotale, d’association faite par l’homme de la vie du ciel aux besoins de la terre.
(…) L’intériorisation du christianisme dans l’âme moderne est, par conséquent, non pas tant un problème de réformes institutionnelles (…) qu’un problème de métanoia, c’est-à-dire de renaissance quotidienne dans l’approfondissement du mystère de Dieu, où l’âme est immergée dans Sa puissance qui est l’amour.
Città Nuova, n° 13, 10/07/1977, p. 29